Formations, diplômes et passerelles pour devenir entrepreneuse et investisseuse (business angel / VC)

Résumé en 10 secondes

  • Plusieurs points d’entrée peuvent mener aux métiers d’entrepreneuse et d’investisseuse : conseil, grandes entreprises, innovation, investissement.
  • La reconversion est possible, surtout si vous apprenez “sur le tas” et que vous construisez votre réseau avec méthode.
  • L’expérience terrain (voir des dossiers, échanger avec des fondateur·rice·s, investir petit) pèse souvent autant que le diplôme.
  • Le diplôme peut aider à ouvrir des portes, mais il ne garantit ni la maîtrise du métier, ni l’aisance dans l’action.
  • Certaines étapes demandent un engagement personnel fort : temps, énergie, prise de risque, et constance.

Les principales voies de formation vers les métiers d’entrepreneuse et d’investisseuse

Ces métiers ne suivent pas un couloir unique. Vous pouvez y arriver par une accumulation d’expériences, de “moves” assumés, et d’apprentissages très concrets. Dans les parcours observés, on retrouve souvent une logique : construire des bases (analyse, gestion, stratégie), puis se rapprocher de l’écosystème (innovation, startups, investissement), puis apprendre en faisant.

1) Les formations initiales les plus fréquentes

Des bases “analyse + business” qui servent longtemps

Les métiers d’investisseuse et d’entrepreneuse demandent de lire une situation vite, de poser un diagnostic, de décider, puis d’assumer. Dans les parcours, on retrouve souvent des débuts dans des environnements très formateurs, qui apprennent à structurer et à exécuter.

Sarah Huet (entrepreneure & investisseuse) raconte un démarrage très “formation par le cadre” :

« Je ne viens pas de l’entrepreneuriat, je n’ai pas commencé du tout... Mon premier métier, ce n’était pas entrepreneur. J’ai commencé en Big Four, donc j’étais consultante pendant plus de cinq ans chez KPMG, chez Deloitte. Après, j’ai eu toute une partie de ma carrière en corporate. J’ai bossé chez Thales, puis j’ai bossé chez LVMH. (…) J’ai rejoint une équipe qui commençait à se monter sur le digital (…) On pourra revenir sur comment j’ai réussi à faire ce premier move, qui était complètement 360. (…) Je pense, dans la vie, c’est que j’ai beaucoup de culot. Il n’y a à peu près rien qui me fait vraiment peur. »

Ce que ces débuts apportent concrètement

  • Un cadre : méthode, rigueur, capacité à présenter une recommandation claire.
  • De la légitimité : utile pour convaincre, obtenir un premier poste “pivot”, ou être crédible auprès d’un écosystème.
  • Des compétences transférables : finance, organisation, compréhension des enjeux de croissance, capacité à travailler avec des dirigeant·e·s.

Leurs limites possibles

Ces bases ne suffisent pas à elles seules pour “savoir investir” ou “savoir entreprendre”. Le passage se fait quand vous vous exposez à la réalité : des projets imparfaits, des décisions avec incertitude, des relations humaines à haute intensité. Et quand vous acceptez de faire un pas de côté (un “360”) vers un nouvel environnement.

2) La formation continue et la reconversion professionnelle

Reconversion : apprendre en avançant, pas en attendant “le bon moment”

La reconversion vers l’investissement (business angel, véhicule d’investissement) ou vers l’entrepreneuriat se joue souvent en deux temps :

  • Se rapprocher de l’écosystème : rencontrer des personnes, comprendre les codes, assister à des échanges, suivre des projets.
  • Entrer par une première expérience : mentorat, participation à un projet, investissement “petit”, rôle opérationnel en startup, ou mission liée aux talents et à la croissance.

Ce que ça implique, concrètement

  • Du temps : les transitions maturent. Trouver un sujet, une idée, une personne avec qui construire peut prendre des années.
  • Une remise à plat : accepter de ne pas tout maîtriser au début, et d’apprendre par itérations.
  • Un apprentissage progressif : à force de voir des projets, de poser des questions, de se faire challenger.

Un point clé ressort : vous pouvez avancer même sans “avoir l’idée” tout de suite, à condition de rester en mouvement et de multiplier les occasions d’apprendre.

Le rôle réel du diplôme dans ces métiers

Ce que le diplôme permet souvent

  • Accéder à des postes qui exposent à la stratégie, à la finance, à la croissance.
  • Rassurer des employeurs, des partenaires, parfois des client·e·s.

Ce qu’il ne garantit pas

  • La maîtrise du terrain : lire un dossier, comprendre un marché, sentir une équipe, décider.
  • L’aisance relationnelle : savoir activer un réseau, créer de la confiance, tenir dans la durée.

Selon le cadre : salariat, investissement, entrepreneuriat

  • En salariat, le diplôme peut être un sésame d’entrée, surtout au début.
  • En entrepreneuriat, votre crédibilité se construit aussi par les résultats, la qualité du service, et la confiance créée.
  • En investissement, une partie du “métier” s’apprend par exposition répétée aux dossiers, et par l’expérience collective (comités, analyses, retours).

L’expérience terrain comme levier central

Apprendre à investir en pratiquant

L’investissement early stage se comprend rarement dans les livres uniquement. Vous progressez quand vous faites : étudier un dossier, écouter un pitch, poser des questions, confronter vos intuitions à des chiffres, puis suivre l’histoire après l’investissement.

Dans ce type d’apprentissage, commencer petit peut être une stratégie intelligente : un ticket modeste, puis une montée progressive. Le vrai gain, au début, c’est moins “le rendement” que l’accélération de compréhension.

Le “faire” construit la légitimité

La légitimité vient quand vous devenez utile : un bon retour sur un dossier, une mise en relation pertinente, un conseil actionnable, une capacité à challenger sans écraser. C’est valable aussi côté entrepreneuriat : votre produit, votre service, votre façon d’accompagner parlent pour vous.

Passerelles et évolutions rendues possibles par la formation

Du corporate à la tech, puis à l’investissement

Une passerelle fréquente consiste à se rapprocher des sujets tech/digital, puis à entrer dans l’écosystème investissement via des rôles connexes : innovation, accompagnement, mentorat, talents, croissance.

De l’investissement “à côté” à une compétence durable

Une autre passerelle consiste à investir en parallèle de son métier principal, au sein d’un groupe. Vous montez en compétence en collectif, vous partagez l’analyse, vous progressez par répétition.

« Le métier d’investisseuse, oui, ça, ça prend beaucoup sur le tas, à force de voir des decks, des pitchs, des dossiers, des BP, etc. (…) C’est cette intelligence collective de rejoindre un groupe (…) qui est géniale. »

La formation comme outil, pas comme finalité

Dans ces trajectoires, la “formation” ne se limite pas à un diplôme. Elle inclut :

  • les rencontres régulières avec des personnes du métier,
  • les projets concrets,
  • les responsabilités prises progressivement,
  • les retours francs (ce qui marche, ce qui ne marche pas).

Ce que les parcours de formation ne montrent pas toujours

La charge de travail… même quand c’est un “side project”

Investir en groupe, structurer un véhicule, analyser des dossiers : tout cela prend du temps. Même sans en faire son métier principal, l’engagement peut être réel, avec des rendez-vous réguliers et des temps longs d’analyse.

La pression de la décision et la réalité du risque

Dans l’early stage, une grande partie des projets n’aboutissent pas. Ça fait partie du cadre. La formation utile, ici, c’est aussi d’apprendre votre rapport au risque : ce que vous êtes prêt·e à perdre, et ce que vous voulez apprendre.

Le décalage entre “titre” et “quotidien”

“Investir” fait rêver. “Entreprendre” aussi. Le quotidien, lui, ressemble souvent à : trier, lire, appeler, vérifier, douter, décider, recommencer. C’est là que vous découvrez si vous aimez vraiment le jeu.

À quoi être attentif avant de s’engager dans une formation

  • La durée réelle : ce qui compte, c’est le temps jusqu’à vos premières situations concrètes (projets, dossiers, responsabilités).
  • L’équilibre vie personnelle / formation : surtout si vous apprenez en parallèle d’un travail.
  • Le coût et la rentabilité : financière, mais aussi en énergie. Une formation utile vous met en mouvement, pas seulement “au courant”.
  • Les conditions d’exercice : temps disponible, niveau de risque accepté, place du réseau, besoin d’autonomie.

À qui ces parcours peuvent convenir

Profils souvent à l’aise

  • Personnes autonomes, capables d’apprendre en marchant.
  • Profils qui aiment rencontrer, demander, relancer, construire des relations de confiance.
  • Personnes prêtes à tester : un projet, un investissement modeste, une implication dans un collectif.

Profils pour qui cela peut être plus exigeant

  • Celles et ceux qui ont besoin d’un cadre très stable et d’une visibilité totale avant d’agir.
  • Celles et ceux qui n’ont pas envie (ou pas la place) de consacrer du temps au réseau et aux échanges réguliers.
  • Celles et ceux pour qui la prise de risque financier, même limitée, est trop inconfortable à ce stade.

Choisir la liberté… et le prix de l’engagement

Un premier pas simple : rencontrez une personne qui investit déjà (ou qui a monté un projet), et demandez-lui de vous décrire une semaine “normale”. Ensuite, testez à petite échelle : rejoindre une startup, contribuer à un projet, ou investir un montant que vous êtes prêt·e à perdre, juste pour apprendre.

Et gardez un repère intérieur : quand vous avancez vers un terrain qui vous ressemble, vous le sentez. Pas comme une certitude parfaite, plutôt comme un petit battement de cœur qui revient quand vous êtes à votre place.

Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.

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