Formations, diplômes et passerelles pour devenir journaliste et animatrice·teur TV

Résumé en 10 secondes

  • Plusieurs routes peuvent mener au métier de journaliste et d’animatrice·teur TV, y compris sans école de journalisme.
  • La reconversion est possible si vous construisez des preuves concrètes (formats, interviews, sujets, régularité).
  • Le terrain fait la différence : tester, itérer, monter en intensité, apprendre en faisant.
  • Un diplôme peut aider… mais ne remplace pas l’aisance, la préparation et la capacité à créer une “bulle” avec un·e invité·e.
  • Certaines étapes demandent un engagement personnel fort : oser se montrer, encaisser le manque de feedback, continuer quand c’est flou.

Les principales voies de formation pour le métier de journaliste et animatrice·teur TV

1) Les formations initiales les plus fréquentes

Dans l’imaginaire collectif, on associe souvent ce métier à une école de journalisme. C’est une voie classique : elle apporte un cadre, des méthodes, et une première légitimité. Elle peut aussi faciliter l’entrée dans des rédactions où les codes sont déjà installés.

Mais il existe une autre réalité : certains parcours démarrent ailleurs, puis bifurquent. Un cursus initial peut être “hors journalisme”, tout en devenant une base utile si vous apprenez à la transformer en compétences d’interview, de narration et de compréhension des sujets.

« Alexia Borg (Journaliste & Animatrice TV) : À la base, je ne suis pas du tout journaliste. C’est plutôt l’inverse. Je suis chef d’entreprise depuis huit ans… Je fais une école de commerce… Je suis arrivée à la télé de façon pas classique… je n’ai pas du tout fait d’études de journalisme non plus. »

Ce que ce type de formation initiale peut apporter, concrètement : une capacité à structurer, à comprendre un secteur (ici, RH et technologie), à construire une offre, à tenir une activité dans la durée. Et parfois, une matière éditoriale : un “territoire” de contenu clair, qui vous distingue.

Ce que ces voies peuvent avoir comme limites

Quand vous n’avez pas la formation “attendue”, une pression peut apparaître : comparaison, doute, impression de devoir prouver deux fois plus. Pas forcément sur vos sujets… mais sur votre légitimité.

2) La formation continue et la reconversion professionnelle

La reconversion vers le journalisme ou l’animation TV peut passer par une stratégie très progressive : créer un format, le tester, le répéter, le faire évoluer, puis aller frapper aux bonnes portes avec des éléments concrets.

Dans ce type de trajectoire, l’apprentissage se fait souvent en marchant : vous prenez une marche (un article), puis une autre (de la vidéo), puis une autre (un plateau), jusqu’à atteindre un niveau “diffusable”. Ce n’est pas magique. C’est une suite de décisions, parfois inconfortables.

La formation continue peut aussi servir à ajouter une casquette utile, au service de votre manière de travailler. Par exemple, se former au coaching pour mieux écouter, mieux questionner, mieux faire émerger ce qui compte chez l’autre.

« J’ai passé ce diplôme de coach certifié, RNCP niveau 2, qui a duré neuf mois. Ça a été très dur… Ce n’est pas une petite formation. »

Ce que cela implique généralement : du temps (ici, neuf mois), une vraie exigence, et une remise à plat. Vous n’êtes plus seulement dans l’envie : vous acceptez la discipline. Et vous transformez ce que vous apprenez en pratique (par exemple via un podcast, des interviews, des sujets traités régulièrement).

Le rôle réel du diplôme dans le journalisme et l’animation TV

Le diplôme peut jouer plusieurs rôles. Il peut rassurer. Il peut donner un cadre. Il peut aussi aider à franchir certaines portes, surtout dans des environnements où “la formation” fait office de filtre.

Mais le diplôme ne garantit pas l’aisance sur le terrain. Il ne garantit pas non plus la capacité à tenir une émission, à choisir des sujets, à inviter les bonnes personnes, et à créer les conditions d’une discussion qui va au fond.

Et il y a une autre dimension très concrète : selon votre statut, le rapport au diplôme et à la progression change.

  • En salariat, vous pouvez chercher des repères, des retours, un cadre de montée en compétences.
  • En indépendant·e, vous pouvez facturer des prestations, négocier, construire votre place par la valeur livrée et la régularité.
  • En entrepreneuriat, vous créez parfois vous-même le “terrain de jeu” (format, studio, média), puis vous amenez la preuve là où vous voulez travailler.

Dans certains contextes, le plus dur n’est pas de “ne pas avoir de diplôme”. Le plus dur, c’est de progresser sans feedback structuré.

L’expérience terrain comme levier central pour devenir journaliste et animatrice·teur TV

Le terrain, c’est là où le métier se muscle. Parce que vous devez faire avec le réel : la caméra, le rythme, la préparation, le stress des invité·es, le timing, la clarté des questions.

Les formes d’apprentissage qui reviennent souvent dans les trajectoires “par la pratique” :

  • Créer un média ou un format pour publier régulièrement (articles, puis vidéos).
  • Interviewer en conditions réelles : sur un événement, puis sur un plateau.
  • Monter en responsabilité progressivement : d’abord à deux, puis seule·e.
  • Faire face aux imprévus et continuer (ex. changement de contexte, arrêt des événements).

Dans cette logique, la légitimité ne tombe pas du ciel. Elle se fabrique. Vous la sentez quand vous tenez votre rôle, quand l’échange prend, quand l’invité·e se détend, quand vous “savez” quelle question poser ensuite.

Passerelles et évolutions rendues possibles par la formation

Les passerelles existent, surtout si vous vous appuyez sur un domaine où vous avez déjà une crédibilité : RH, technologie, santé, finance, éducation… Cela peut devenir votre spécialité, votre angle, votre signature.

Voici des transitions qui peuvent devenir accessibles quand on combine formation (au sens large) et preuves terrain :

  • Du conseil vers la production de contenu : vulgariser, structurer, rendre utile.
  • Du web vers l’antenne : commencer sur les réseaux, puis diffuser plus largement.
  • De l’interview vers l’animation d’émission : choisir des sujets, choisir des invité·es, tenir un format.
  • Du coaching individuel vers un format “scalable” : podcast, interviews d’expert·es, sujets de développement personnel.

Ici, la formation sert d’outil de transition. Pas de trophée. Pas de “fin”. Elle vient soutenir une nouvelle façon d’être utile et d’exercer.

Ce que les parcours de formation ne montrent pas toujours du métier de journaliste et animatrice·teur TV

La pression de la légitimité

Quand vous n’êtes pas “journaliste de formation”, vous pouvez porter une pression supplémentaire : celle de vous demander si le travail est “au niveau”, surtout quand les retours sont rares.

Le manque de feedback et la progression en solo

Dans certains environnements, la culture du feedback peut être faible. Vous faites, vous livrez, et vous n’avez pas toujours de repères pour ajuster. Cela peut créer une forme de solitude professionnelle : vous avancez, mais vous ne savez pas toujours ce que vous devez garder, changer, renforcer.

La charge mentale : se regarder… puis choisir de regarder l’autre

Il y a aussi ce que peu de formations enseignent vraiment : la capacité à sortir de l’auto-jugement pour se remettre au service du message. Oser apparaître, même imparfaitement, parce que l’enjeu est plus grand que l’image.

« En fait, à partir du moment où on commence à se dire : Je ne vais pas le faire parce que je ne m’en sens pas capable, qui on prive ?… Ça veut dire que je vais, moi, me dire que je ne vais pas donner la parole à certains exposants… Donc, je prive qui ? C’est eux que je prive. Donc, je me suis dit : Je vais arrêter d’être égoïste… Au bout d’un moment, il faut arrêter de se regarder. »

À quoi être attentif avant de s’engager dans une formation

  • La durée réelle : une formation sérieuse peut être longue et exigeante (et ce n’est pas un défaut).
  • L’équilibre de vie : si vous cumulez plusieurs casquettes, le temps devient votre ressource n°1.
  • La pratique incluse : cherchez ce qui vous met en situation (interviews, sujets, production régulière).
  • Les conditions de progression : qui vous fait des retours ? À quelle fréquence ? Avec quelle bienveillance et quelle exigence ?
  • Le modèle d’exercice : salariat, piges, prestation facturée, entrepreneuriat… cela change le quotidien et la manière de “montrer sa valeur”.

À qui ces parcours peuvent convenir

Ces parcours peuvent bien convenir si vous :

  • êtes à l’aise avec l’autonomie et l’initiative (créer un format, le tenir, le faire évoluer) ;
  • aimez apprendre “par couches” : un article, puis une vidéo, puis un plateau ;
  • avez envie d’aller au fond des sujets, pas seulement de suivre l’actualité ;
  • savez vous mettre au service des autres : faire émerger une parole, une vision, une idée utile.

Ils peuvent être plus exigeants si vous avez besoin d’un cadre de feedback régulier, d’un accompagnement très structuré, ou si l’exposition (caméra, regard des autres) vous freine fortement. Ce n’est pas un verdict. C’est un point de départ : mieux vous le voyez, mieux vous pouvez choisir votre chemin.

Choisir de se montrer, sans se perdre

Un premier pas simple : testez un mini-format sur un sujet que vous maîtrisez déjà. Une série de 3 interviews, par exemple. Puis faites-vous un retour précis : qu’est-ce qui était clair, qu’est-ce qui était flou, où avez-vous réussi à créer une vraie conversation ? Si possible, demandez à une personne de confiance de vous faire un feedback concret.

Ensuite, clarifiez votre boussole : avez-vous besoin d’un diplôme pour vous sentir autorisé·e, ou d’un terrain pour vous sentir vivant·e ? Souvent, ce n’est pas “l’un ou l’autre”. C’est le bon dosage.

Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.

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