Formations, diplômes et passerelles possibles pour devenir fondatrice·fondateur d’une newsletter (média) : le cas d’un média féministe

Résumé en 10 secondes

  • Plusieurs formations peuvent mener à la création d’un média : commerce, sciences politiques, économie… et parfois un parcours “non-linéaire”.
  • La reconversion peut passer par un “projet test” mené à côté, le temps de comprendre son sujet et son public.
  • L’expérience terrain compte autant que le diplôme : écrire, publier, être lu·e, ajuster, recommencer.
  • Le diplôme peut aider, mais il ne garantit ni le modèle économique, ni la résistance à l’exposition, ni l’aisance sur la durée.
  • Certaines étapes demandent un engagement personnel fort : solitude, gestion, incertitude financière, pression.

Les principales voies de formation pour créer et diriger une newsletter (média)

1) Les formations initiales les plus fréquentes

Quand on pense “média”, on imagine souvent une école de journalisme. En réalité, des parcours très variés peuvent y mener, surtout quand le projet combine analyse, écriture, stratégie et entrepreneuriat.

Voici des exemples de cursus qui peuvent servir de base solide :

  • Sciences politiques : pour comprendre les enjeux publics, structurer une pensée, apprendre à argumenter.
  • Économie : pour analyser des mécanismes, lire des chiffres, tenir une logique de modèle et de financement.
  • Sciences humaines au sens large (sociologie, littérature, etc.) : pour prendre du recul, raconter le monde et outiller son regard.

Ces formations apportent souvent trois choses concrètes :

  • Un cadre : des méthodes, des deadlines, des lectures, des travaux à rendre.
  • De la légitimité : utile quand on doit convaincre des partenaires, des financeurs, parfois même soi-même.
  • Des premières compétences transférables : recherche, synthèse, écriture, présentation orale.

Mais elles ont aussi une limite classique : elles ne “font pas” le média à votre place. Le cœur du métier se construit ensuite, au contact du public, et dans la répétition.

Rebecca Amsellem (fondatrice & dirigeante de la newsletter Les Glorieuses, essayiste) raconte un parcours qui mélange détours et apprentissages, sans plan figé : « Après le lycée, j’ai fait une prépa école de commerce que j’ai arrêtée au bout d’un mois parce que j’ai détesté. (…) j’ai intégré Sciences-Po à Toulouse. (…) Après, j’ai fait un master en économie internationale à Paris 1 et j’ai enchaîné sur une thèse en économie de la culture et des musées. (…) Et en fait, j’ai créé la newsletter des Glorieuses quand j’étais encore en thèse. (…) Je l’ai faite (…) pour continuer à avoir un contact avec les personnes à l’extérieur, pour avoir un projet un peu plus dans l’immédiateté que la thèse, parce qu’au final, la thèse, on pond quelque chose au bout de trois ans. Alors que la newsletter, là, c’était toutes les semaines. »

2) Ce que ces formations peuvent ne pas couvrir

Dans un projet de newsletter-média, vous allez aussi devoir toucher à des zones très “pratiques” : rythme éditorial, diffusion, croissance, revenus, administratif. Ce n’est pas toujours appris à l’école. Et ça peut surprendre, même quand on aime profondément écrire et analyser.

Formation continue et reconversion : tester avant de “basculer”

La reconversion vers un média (newsletter ou autre) peut se faire de façon progressive. L’idée n’est pas de “tout quitter” du jour au lendemain, mais de créer des conditions pour apprendre vite, sans se mettre en danger.

Ce que la reconversion implique souvent

  • Du temps : écrire, publier, relire, corriger, recommencer.
  • Une remise à plat : accepter de ne pas tout maîtriser au début.
  • Un apprentissage progressif : audience, ligne éditoriale, régularité, retours.

Dans les faits, on peut “tâter le terrain” en lançant une première version simple : une newsletter régulière, envoyée à un petit cercle, puis élargie par le bouche-à-oreille.

Créer des conditions matérielles pour essayer

Une reconversion, ce n’est pas seulement une question de motivation. C’est aussi une question de ressources. Dans certains cas, un dispositif de transition peut donner de l’air : de quoi tester un modèle, chercher des partenaires, structurer une activité.

Le rôle réel du diplôme quand on lance un média

Un diplôme peut aider. Mais il ne fait pas tout. Et ce n’est pas grave : dans ce métier, la preuve se fait beaucoup par le “faire”.

Ce que le diplôme permet souvent

  • Ouvrir des portes : premiers jobs, premières missions, premières rencontres.
  • Rassurer : un employeur, un financeur, un partenaire, ou un public.
  • Structurer une pensée : utile pour produire une analyse claire et tenir une ligne.

Ce qu’il ne garantit pas

  • La maîtrise du terrain : publier toutes les semaines, gérer les retours, rester constant·e.
  • La solidité économique : trouver des revenus, facturer, relancer, budgéter.
  • L’aisance avec l’exposition : se montrer, prendre la parole, encaisser la critique.

Salariat, indépendant, entrepreneuriat : des attentes différentes

Dans l’entrepreneuriat média, le diplôme rassure parfois moins qu’un résultat visible : une publication régulière, une audience, une crédibilité éditoriale, une capacité à tenir sur la durée. En clair : ce que vous produisez devient votre “carte de visite”.

L’expérience terrain : le vrai accélérateur

Dans une newsletter-média, l’expérience se construit par la répétition et l’ajustement. Vous apprenez en publiant. Vous progressez en écoutant les réactions. Vous clarifiez votre place en tenant le cap.

Les formes d’apprentissage les plus structurantes

  • La pratique régulière : écrire chaque semaine, même quand ce n’est pas “parfait”.
  • Le bouche-à-oreille : comprendre ce qui se partage, ce qui touche, ce qui revient.
  • Les essais/erreurs : accepter les désabonnements, les creux, les ajustements.
  • La montée en responsabilité : passer de “j’écris” à “je dirige un média”, avec tout ce que ça implique.

Le terrain, c’est aussi apprendre la mécanique de diffusion. Au démarrage, on part souvent de très simple : demander autour de soi, puis laisser le contenu circuler.

Passerelles et évolutions rendues possibles par la formation (et par le projet)

La formation n’est pas une fin. C’est un levier de transition. Elle peut vous aider à bouger d’une position à une autre, sans vous enfermer.

Des transitions réalistes dans ce type de parcours

  • Évolution de rôle : passer de “rédiger” à “diriger”, puis à “structurer une équipe”.
  • Changement de format : d’une newsletter unique à plusieurs newsletters (avec des lignes différentes).
  • Passage à l’indépendance : transformer un projet “côté” en activité principale, si un modèle se construit.

Dans un média, vous pouvez aussi faire évoluer votre métier au fil du temps : écrire, interviewer, prendre la parole en public, animer des conférences. Et vous pouvez décider ce que vous gardez au centre, parce que c’est là que le sens et l’énergie reviennent.

Ce que les parcours de formation ne montrent pas toujours

Se former donne des repères. Mais certaines réalités se découvrent seulement “dans” le travail.

Des réalités qui peuvent surprendre

  • La charge invisible : comptabilité, factures, relances, budgets.
  • La responsabilité : payer des salaires (même quand ce ne sont pas les vôtres).
  • La pression et la solitude : tenir un cap, décider, encaisser.
  • L’exposition : parfois stimulante, parfois difficile à vivre.

Rebecca met des mots très concrets sur ce décalage entre le cœur du métier et ce qui pèse : « Des choses qui sont plus compliquées, c’est la comptabilité. Ça me gonfle. (…) d’aller chercher, de relancer les clients pour les factures impayées. (…) Faire les budgets. (…) Tous les trucs de factures. Envoyer les factures, vraiment, ça ne m’intéresse pas. (…) Et sur le côté financier (…) c’est une petite source d’angoisse quand même. Surtout quand on a des salaires à payer qui ne sont pas les nôtres. »

À quoi être attentif avant de s’engager dans une formation

Avant de vous lancer (dans une formation ou dans un projet), posez des questions simples. Elles vous éviteront de vous raconter une histoire trop lisse.

  • La durée réelle : combien de temps avant de publier quelque chose de régulier ?
  • L’équilibre de vie : quand et où allez-vous écrire ? avec quel rythme tenable ?
  • Le coût et la rentabilité : comment financer la période de test ? combien de temps pouvez-vous tenir ?
  • Les conditions d’exercice : quelle part de “gestion” êtes-vous prêt·e à assumer ?

Un bon signal : quand votre plan inclut à la fois l’envie (le sujet, l’écriture, l’impact) et le concret (le temps, l’argent, l’organisation).

À qui ces parcours peuvent convenir

Il n’y a pas de profil unique. Mais certains traits rendent le chemin plus fluide.

Profils souvent à l’aise

  • Personnes autonomes : capables d’avancer sans cadre parfait.
  • Profils en transition : prêts à tester, ajuster, apprendre en marchant.
  • Personnes qui aiment la pratique : écrire, publier, analyser les retours, itérer.

Profils pour qui cela peut être plus exigeant

  • Personnes très sensibles à l’exposition : la visibilité peut peser, selon les contextes.
  • Personnes qui ont besoin de certitudes rapides : un média se construit souvent sur un temps long.
  • Personnes qui détestent la gestion : il faudra soit apprendre un minimum, soit s’entourer.

Tenir la ligne de crête : apprendre, faire, rencontrer

Un premier pas simple, accessible, et souvent décisif : tester le métier avant de vous engager lourdement. Écrivez une première newsletter. Fixez-vous 4 envois. Demandez à 10 proches de la lire et de la transférer si ça résonne. Observez ce qui vous donne de l’énergie.

Et si vous hésitez entre “me former” et “me lancer”, gardez cette boussole : la formation ouvre la porte, la pratique vous fait entrer.

Se former, c’est ouvrir une porte. Le parcours se construit ensuite, pas à pas, entre apprentissage, pratique et rencontres.

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