Mythes vs réalité du métier de coach professionnel·le
Résumé en 10 secondes
- Mythe : le coaching serait “un peu comme une thérapie” et consisterait à donner des conseils.
- Réalité : le coaching vise surtout le “comment”, avec un cap sur aujourd’hui et demain, et la personne trouve ses propres réponses.
- Écart marquant : devenir coach, c’est aussi devenir entrepreneur, avec la prospection, l’argent et la gestion.
- Difficulté inattendue : apprendre à ne pas dire oui à tout (“l’appât irrésistible”) et à prendre soin de son énergie.
- Peu visible de l’extérieur : la supervision et l’intervision pour ne pas exercer seul et garder une écoute “propre”.
Pourquoi le métier de coach professionnel·le est souvent idéalisé
De l’extérieur, le coaching a une image “belle” et attirante. Un métier d’écoute, de sens, de déclics. On imagine une activité libre, pleine de rencontres, où l’on aide et où l’on se sent utile au quotidien.
Beaucoup projettent aussi une reconversion nette, une nouvelle identité. Or, la réalité est souvent plus subtile. On change de cadre, pas forcément de moteur. Comme le dit Nicole Levy (coach professionnelle certifiée) dans une phrase qui recadre tout :
« J’ai eu la surprise, et je le raconte parfois, de me rendre compte avec le temps que je fais le même métier qu’avant. C’est-à-dire que je dis à mes clients : Allez-y, osez, s’il y a un problème, je suis là. Donc, je croyais avoir fait une reconversion. J’avais envie de frimer, mais pas en fait. Je fais la même chose qu’avant, mais pas avec le code cible. »
Mythe n°1 : “Le coach donne des conseils (et c’est un peu une thérapie)”
Ce qu’on imagine
On se dit souvent que le ou la coach va dire quoi faire. Qu’il ou elle va “réparer” ce qui ne va pas. Et qu’on va revivre son passé pour comprendre les causes, comme dans une démarche thérapeutique.
La réalité sur le terrain
Le coaching n’est pas une thérapie. La démarche se centre plutôt sur le comment : comment faire autrement, comment décider, comment avancer. Le passé peut apparaître, mais l’objectif reste d’aider la personne à bouger ici et maintenant.
Et surtout : la solution ne vient pas du coach. Elle vient de la personne accompagnée. Le coaching ressemble à une conversation structurée, avec des outils, qui permet à quelqu’un de “trouver par lui-même”. C’est moins spectaculaire… et souvent plus efficace.
Ce que ça change concrètement
- Au quotidien : vous ne “déléguez” pas vos décisions. Vous apprenez à décider en vous appuyant sur ce que vous comprenez de vous-même.
- Côté motivation : ça évite l’effet “on m’a dit de faire ça, mais je n’y arrive pas”. Quand la personne formule sa propre réponse, elle l’incarne mieux.
- Côté choix pro : vous cherchez un accompagnement qui vous met en mouvement, pas une autorité qui tranche à votre place.
Mythe n°2 : “Coach, c’est la liberté totale : on vit facilement du métier”
Ce qu’on imagine
On imagine une activité fluide. Des clients qui arrivent vite. Des tarifs “naturels”. Une liberté confortable, presque immédiate.
La réalité sur le terrain
Vivre du coaching est possible, oui. Mais la trajectoire n’est pas uniforme. Les tarifs varient fortement selon les publics (particuliers, PME, grandes entreprises, dirigeants). Et il y a un point clé : vous construisez votre grille dans le temps, en lien avec le marché… et avec ce que vous vous sentez capable de demander.
Autre réalité : si vous exercez en indépendant·e, vous avez deux métiers. Coach, et entrepreneur. Il faut parler d’argent, faire de la prospection, gérer. Sans ça, même un excellent coach peut se retrouver en difficulté.
Et le démarrage prend du temps. Pas forcément parce que “vous n’êtes pas bon·ne”, mais parce qu’il y a mille choses à mettre en place (modèle de contrat, cadre, offre, réseau) et une confiance à construire.
Ce que ça change concrètement
- Sur votre rythme : vous ne pouvez pas remplir vos journées de séances dès le départ (et ce n’est pas souhaitable).
- Sur votre sérénité : travailler le rapport à l’argent devient une compétence centrale, pas un détail.
- Sur votre stratégie : vous choisissez une “pâte” de développement (bouche-à-oreille, rencontres, actions bénévoles, réseaux), plutôt que de vous forcer dans une méthode qui vous vide.
Ce que personne ne dit avant de commencer
- Le métier pousse dans vos retranchements. Vous travaillez avec l’humain, donc avec l’écho que ça crée en vous.
- Vous avez besoin d’un cadre de soutien. Intervision et supervision évitent l’isolement et aident à garder de la clarté.
- Prendre soin de soi n’est pas optionnel. Enchaîner des séances “de 8h à 20h” n’est pas soutenable. Il faut organiser ses créneaux et sa récupération.
- L’entrepreneuriat est un apprentissage. Prospection, gestion, argent : ça se travaille, surtout si vous n’avez pas de modèle autour de vous.
- Le danger de l’“appât irrésistible”. Dire oui à tout, accepter trop bas, ou accepter une personne avec qui “ça ne colle pas”, peut fragiliser votre démarrage.
Le vrai déclic : quand la réalité devient acceptable (ou enthousiasmante)
Le basculement arrive souvent quand on arrête de chercher une version idéalisée du métier, et qu’on accepte sa mécanique réelle : rencontrer, tester, ajuster. Une idée commence par “Et si ?”. On la met à l’épreuve. On rencontre des personnes. On vérifie. Et, petit à petit, ça devient une évidence.
Il y a aussi un autre déclic : comprendre que la justesse du métier se mesure dans les transformations concrètes, pas dans le fantasme. Quand une personne arrive “emmêlée”, et repart plus sereine, plus claire, plus alignée, le métier prend un relief particulier. Nicole le dit avec des mots très simples, qui disent bien ce qui nourrit :
« On fait ce métier pour ça. Tous ceux qui connaissent ce métier le diront. On fait ce métier pour les moments de bascule, l’épiphanie, la découverte, la réalisation, la prise de conscience, quand les gens, tout d’un coup, ils sont bien. »
À ce moment-là, le métier cesse d’être un fantasme pour devenir un choix.
À qui la réalité du métier de coach professionnel·le correspond (ou non)
Profils qui semblent s’y retrouver
- Les personnes qui aiment la variété (individuel, collectif, ateliers, publics différents).
- Celles et ceux qui ont une vraie curiosité de l’autre et une capacité d’écoute engagée.
- Les profils à l’aise avec un peu d’impertinence : poser les questions qui “chatouillent”, sans agresser.
- Celles et ceux qui acceptent l’idée d’apprendre aussi un métier d’entrepreneur.
- Les personnes qui aiment travailler avec une troupe (intervision, supervision), et qui ne veulent pas exercer en vase clos.
Profils pour qui le mythe risque de s’effondrer rapidement
- Celles et ceux qui veulent “sauver” les autres : la posture d’aide doit être claire et “nettoyée”.
- Les personnes qui cherchent un métier sans exposition au sujet argent (tarifs, inconfort, ajustements).
- Celles et ceux qui espèrent une installation immédiate, sans phase de construction.
- Les personnes qui ne se sentent pas prêtes à dire non et risquent de tomber dans l’appât irrésistible.
Ce que le terrain apprend avec le recul
- La clarté se cultive. Aider les autres à voir clair demande aussi d’aller chercher de la clarté en soi (supervision, échanges, retours).
- Le bon développement n’est pas la panique. La “peur du manque” se sent. Construire des rencontres, parler avec enthousiasme, laisser le bouche-à-oreille travailler peut être plus juste.
- La qualité passe par le rythme. Pour garder une écoute disponible, il faut organiser ses séances, ses pauses, et des temps de sport ou de récupération. Le métier ne se fait pas “contre” votre corps.
Choisir la ligne de crête : aider sans se perdre
Un premier geste simple pour confronter le mythe à la réalité : rencontrez des coachs et posez des questions très concrètes. Comment ils et elles trouvent des client·es. Comment ils fixent leurs tarifs. À quoi ressemble une semaine type. Et comment ils se font superviser.
Vous pouvez aussi tester à petite échelle : accompagner dans un cadre d’école, participer à des actions bénévoles pour “mettre le pied à l’étrier”, et observer ce que ça fait en vous. L’énergie que ça donne. La fatigue aussi. Le petit battement de cœur quand vous sentez que vous êtes à votre place.
Ce n’est pas une question de rêve, mais d’ajustement. La réalité n’est pas un problème quand elle est choisie.








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