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Écrivain : salariat, indépendance, entrepreneuriat, quel modèle choisir ?

Résumé en 10 secondes

  • Le métier d’écrivain peut se vivre sous plusieurs cadres : emploi salarié en parallèle, activité indépendante, ou posture plus entrepreneuriale autour du livre.
  • Chaque modèle change le quotidien : sécurité, autonomie, temps disponible, pression financière et place de l’écriture ne se répartissent pas de la même façon.
  • Le choix du statut influence l’énergie créative : écrire demande du temps long, de la régularité et un espace mental protégé.
  • Il est possible de changer de modèle : temps plein salarié, congé sans solde, freelance partiel, période dédiée à l’écriture.
  • Aucun modèle n’est meilleur en soi : le bon cadre dépend de votre besoin de stabilité, de liberté, d’équilibre et de votre rapport au risque.

Comprendre les trois grands modèles d’exercice du métier d’écrivain

1. Le salariat pour le métier d’écrivain

Pour un écrivain ou une écrivaine, le salariat ne signifie pas toujours “être salarié pour écrire des romans”. Il prend souvent une autre forme : garder un emploi rémunérateur en parallèle de l’écriture.

Ce modèle donne un cadre structuré. Les responsabilités sont définies. Le revenu tombe régulièrement. L’écriture peut alors exister à côté, dans des plages choisies : le soir, certains jours, ou pendant une période aménagée.

Ce cadre apporte le plus souvent trois appuis solides :

  • La sécurité financière, précieuse dans un métier où les revenus du livre peuvent être faibles ou incertains.
  • Un rythme extérieur, qui structure les semaines et évite parfois de tout faire reposer sur le projet d’écriture.
  • Un collectif, quand le travail salarié permet de garder des échanges, une équipe, des objectifs partagés.

Mais ce modèle demande aussi de faire de la place. Écrire un roman demande souvent plus qu’une heure volée par-ci par-là. Il faut parfois négocier avec son agenda, son énergie, sa famille, son employeur, et accepter que l’écriture avance au long cours.

2. L’indépendance pour le métier d’écrivain

L’indépendance, dans ce métier, peut prendre plusieurs formes. Elle peut passer par des périodes en freelance pour dégager du temps d’écriture. Elle peut aussi correspondre à la vie d’auteur ou d’autrice, avec un contrat d’édition, un à-valoir et des droits calculés sur les ventes.

La grande différence tient au rapport au temps. L’écrivain indépendant organise davantage ses journées. Il peut choisir de concentrer son énergie créative le matin, de relire l’après-midi, de chercher des informations, de corriger, d’envoyer son manuscrit.

Thomas Barthuel, écrivain et COO, décrit très concrètement cette bascule entre emploi, freelance et écriture : “Quand j’ai écrit ce roman, j’ai pris un moment, trois mois de congé sans solde où je faisais deux jours de freelance et les trois jours, en fait, j’écrivais. Et puis après, pendant la phase de recherche des éditeurs, j’étais aussi sur un modèle plutôt trois jours de freelance, deux jours d’écriture.”

Ce modèle donne de l’air. Il permet d’entrer plus profondément dans l’histoire, de rester avec ses personnages, de ne pas couper l’élan trop vite. Mais il déplace aussi la charge mentale. Les revenus dépendent davantage de l’activité réelle. Les périodes creuses peuvent peser. Il faut savoir tenir son cadre sans que quelqu’un le tienne pour vous.

3. L’entrepreneuriat autour du métier d’écrivain

L’entrepreneuriat, pour un écrivain, ne se résume pas à créer une entreprise. Il peut désigner une posture : piloter son activité, ouvrir des portes, contacter les bonnes personnes, faire exister son livre, prendre une part active dans la suite.

Dans le parcours d’un roman, cela peut vouloir dire :

  • sélectionner des maisons d’édition selon leur ligne éditoriale ;
  • envoyer son manuscrit par plusieurs canaux ;
  • chercher des contacts humains dans les maisons ;
  • relancer avec tact ;
  • participer à la visibilité du livre quand la promotion reste limitée.

Cette posture demande une vision plus globale. L’écrivain ne fait pas seulement “produire un texte”. Il apprend aussi à porter son projet, à repérer les opportunités, à accepter que la qualité du manuscrit ne suffise pas toujours à tout déclencher.

C’est un modèle plus exposé. Il demande de décider, d’oser, de frapper à plusieurs portes. Il peut créer de belles ouvertures, mais il augmente aussi la charge mentale.

Ce que chaque modèle change concrètement au quotidien pour le métier d’écrivain

L’organisation du travail change immédiatement selon le modèle choisi.

En salariat, l’écriture se glisse autour d’un cadre déjà posé. Les journées sont souvent prises par l’emploi principal. L’écriture demande donc des créneaux protégés : tôt le matin, le soir, un jour libéré, ou une période de congé sans solde.

En indépendance, l’écrivain peut construire une journée plus adaptée à son énergie. Par exemple : écrire le matin, relire ensuite, chercher des informations plus tard. Ce rythme peut soutenir la créativité, à condition de rester régulier.

Dans une posture entrepreneuriale, le quotidien ne se limite pas à écrire. Il faut aussi préparer les envois, suivre les réponses, chercher des contacts, comprendre le fonctionnement des maisons d’édition, participer à la vie du livre. Le temps se fragmente davantage.

Le rythme et les horaires ne pèsent pas de la même manière.

  • Salariat : rythme stable, mais temps d’écriture plus contraint.
  • Indépendance : rythme plus libre, mais discipline personnelle indispensable.
  • Entrepreneuriat : rythme plus mouvant, avec des tâches d’écriture et des tâches de développement.

Le niveau de pression varie aussi.

Le salariat protège davantage sur le plan financier, mais peut créer une frustration si l’écriture manque de place. L’indépendance libère du temps, mais rend les revenus plus variables. L’entrepreneuriat ouvre des possibilités, mais oblige à porter plusieurs responsabilités en même temps.

La place du collectif diffère.

Le salariat garde un environnement d’équipe. L’indépendance peut isoler. L’édition apporte parfois un regard professionnel fort, notamment lors de la réécriture, mais l’écriture reste souvent solitaire. Dans une posture plus entrepreneuriale, le collectif se construit par réseau, rencontres, échanges, lecteurs et lectrices de confiance.

Le rapport à la décision devient plus personnel quand l’autonomie augmente. Il faut choisir quand s’arrêter, quand envoyer, quand retravailler, quand passer au texte suivant. Personne ne peut complètement décider à votre place du moment où le manuscrit est prêt.

Sécurité, liberté, risque : les arbitrages clés pour le métier d’écrivain

Le métier d’écrivain oblige à regarder en face trois besoins qui tirent parfois dans des directions différentes : la stabilité, la liberté et le développement.

La stabilité financière est souvent mieux servie par le salariat ou par une activité parallèle. C’est un point important, car l’économie du livre reste incertaine. Un contrat d’édition peut inclure un à-valoir, puis un pourcentage sur les ventes. Mais ce montant ne garantit pas toujours de quoi vivre durablement.

La liberté d’action augmente avec l’indépendance. Vous pouvez organiser vos phases d’écriture, tester un rythme, prendre plusieurs jours d’affilée pour avancer. Cette liberté peut réveiller le petit battement de cœur du métier : celui qui dit que vous êtes au bon endroit, dans votre histoire, avec assez d’espace pour l’écouter.

Le potentiel de développement devient plus fort quand vous acceptez une posture active : chercher les bons interlocuteurs, faire lire, retravailler, renvoyer, communiquer, recommencer. Cette dynamique peut ouvrir des portes. Elle demande aussi de supporter les silences, les refus, et les délais longs.

Un arbitrage revient souvent : vaut-il mieux avancer lentement avec un cadre stable, ou dégager plus de temps en acceptant davantage d’incertitude ? Il n’y a pas de réponse universelle. Il y a votre énergie, vos contraintes, vos proches, vos finances, votre besoin de créer.

Changer de modèle au cours de sa carrière d’écrivain : une option réaliste

Le modèle choisi aujourd’hui n’a pas vocation à vous enfermer. Dans ce métier, les transitions peuvent être progressives. Elles se construisent par étapes, plutôt que par rupture brutale.

Une personne peut commencer par écrire en parallèle d’un emploi salarié. Puis prendre un congé sans solde. Puis passer quelques mois en freelance pour garder un revenu tout en libérant des jours d’écriture. Puis revenir à un temps plein salarié si le moment l’exige.

Ces mouvements ne sont pas des échecs. Ils peuvent être une manière saine de protéger à la fois l’écriture et la vie concrète.

  • Salariat vers indépendance : possible quand le besoin de temps d’écriture devient plus fort et qu’un cadre financier temporaire existe.
  • Indépendance vers salariat : possible quand la stabilité redevient prioritaire, ou quand une nouvelle phase de vie demande plus de sécurité.
  • Salariat vers entrepreneuriat : possible quand l’envie de porter plus largement son activité d’auteur ou d’autrice grandit.

L’enjeu n’est pas de choisir une fois pour toutes. L’enjeu est d’ajuster le cadre au moment de vie, au projet en cours, et à la place réelle que l’écriture peut prendre.

Ce que ces modèles demandent humainement dans le métier d’écrivain

Quel que soit le modèle, l’écriture demande une autonomie forte. Il faut s’asseoir, revenir au texte, produire, relire, couper, recommencer. Personne ne peut écrire le roman à votre place.

La discipline compte beaucoup. Se fixer un nombre de mots peut aider. Mille mots, mille cinq cents mots, ou moins : le chiffre importe moins que la régularité. Additionnées jour après jour, les pages apparaissent.

Le doute fait aussi partie du chemin. Il peut bloquer, ralentir, pousser à recommencer sans finir. Le passage à l’action devient alors un appui.

“Je me suis dit peut-être que oui, peut-être que je ne suis pas au niveau pour le monde extérieur, ou en tout cas pour être publié. Peut-être que mon histoire ne sera pas bien, mais je me le dois à moi-même. Donc voilà, en fait, ça a fait sauter tous les verrous et je le faisais pour moi.”

Cette phrase dit quelque chose d’essentiel. Le métier d’écrivain demande de composer avec l’incertitude sans lui laisser toute la place. Il demande aussi de décider : continuer, envoyer, retravailler, accepter un regard extérieur, puis avancer encore.

Les compétences transversales les plus utiles sont simples à nommer, exigeantes à pratiquer :

  • organiser son temps ;
  • tenir un cadre personnel ;
  • gérer l’incertitude ;
  • demander des retours ;
  • supporter la lenteur ;
  • protéger son énergie créative.

Points de vigilance selon le modèle choisi pour le métier d’écrivain

Salariat : une sécurité qui peut réduire la flexibilité

Le salariat protège. Mais il peut limiter les longues plages d’écriture. Si vous avez besoin de plusieurs jours d’immersion pour entrer dans une histoire, ce modèle peut demander des aménagements : congé sans solde, temps partiel temporaire, ou périodes dédiées.

La dépendance à une structure compte aussi. Votre disponibilité dépend du poste, de l’employeur, du rythme de l’équipe et des responsabilités déjà prises.

Indépendance : une liberté qui demande de tenir debout seul

L’indépendance donne de l’espace. Elle permet d’écrire plus longtemps, de suivre une intuition, de rester dans l’élan. Mais elle peut isoler. Elle rend aussi les revenus plus variables.

Ce modèle demande une vraie lucidité financière. L’écriture est un métier passion, et l’économie peut rester précaire. Mieux vaut regarder les chiffres tôt, sans dramatiser, mais sans se raconter d’histoire.

Entrepreneuriat : une énergie d’ouverture, avec plusieurs responsabilités

La posture entrepreneuriale peut aider à créer des occasions. Elle pousse à chercher des humains plutôt que de tout attendre d’un service anonyme. Elle invite à oser un mail, à demander un contact, à faire connaître son texte.

Mais elle ajoute des responsabilités. Il faut écrire, relire, envoyer, suivre, se rendre visible, accepter que la promotion ne repose pas entièrement sur les autres. Cette charge peut être stimulante. Elle peut aussi fatiguer si elle n’est pas cadrée.

Quel modèle choisir pour le métier d’écrivain selon vos priorités ?

Voici une grille de lecture simple. Elle ne décide pas à votre place. Elle vous aide à mettre des mots sur ce qui compte le plus maintenant.

  • Si votre priorité est la stabilité, le salariat ou une activité rémunératrice parallèle peut offrir un socle rassurant. L’écriture avance alors dans un cadre plus sécurisé, même si le temps disponible est plus rare.
  • Si votre priorité est l’autonomie, l’indépendance peut mieux convenir. Elle permet d’organiser vos journées autour de l’énergie d’écriture, à condition d’accepter des revenus moins prévisibles.
  • Si votre priorité est l’impact ou la création d’occasions, une posture entrepreneuriale peut être utile. Elle aide à porter le livre au-delà du manuscrit : contacts, envois, visibilité, échanges.
  • Si votre priorité est l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle, le meilleur modèle sera peut-être hybride. Par exemple : un emploi stable, puis des périodes aménagées pour écrire plus intensément.

Le bon choix dépend aussi de votre manière d’écrire. Certaines personnes avancent un peu chaque jour. D’autres ont besoin de longues immersions. Certaines écrivent tôt, avec un café, pendant quatre ou cinq heures. D’autres relisent le soir. Votre statut doit servir votre fonctionnement, pas l’écraser.

À quel moment envisager un changement de statut dans le métier d’écrivain ?

Un changement de statut devient pertinent quand le cadre actuel ne soutient plus le projet ni la personne qui le porte.

Quelques signaux peuvent alerter :

  • Un besoin de liberté : vous sentez que l’histoire demande plus de temps continu.
  • Une lassitude du cadre : l’organisation actuelle laisse trop peu d’espace à l’écriture.
  • Une envie de construire : vous voulez porter davantage votre activité d’auteur ou d’autrice.
  • Des contraintes personnelles nouvelles : famille, fatigue, finances, déménagement, rythme de vie.
  • Une frustration qui grandit : ne pas écrire devient plus lourd que le risque de s’y mettre vraiment.

Avant de basculer, il peut être plus doux de tester un cadre intermédiaire. Un jour libéré. Un congé limité. Une période freelance. Une routine de trois mois. Ce test donne des informations concrètes : votre énergie, votre discipline, votre rapport à la solitude, votre besoin de sécurité.

Tenir sa ligne d’écrivain sans se perdre en route

Choisir un modèle pour exercer le métier d’écrivain, ce n’est pas seulement choisir un statut. C’est choisir une manière de durer.

Un premier pas simple consiste à lister vos critères non négociables. Par exemple : un revenu minimum, deux matinées d’écriture par semaine, une pièce calme, un temps familial protégé, une date d’envoi du manuscrit, un nombre de mots réaliste.

Ensuite, comparez une semaine type dans chaque modèle. Pas en théorie. En vrai. Où écrivez-vous ? Quand relisez-vous ? Quand gagnez-vous votre vie ? Quand vous reposez-vous ? Qui devez-vous prévenir ? Quel espace mental reste disponible ?

Vous pouvez aussi échanger avec une personne qui écrit sous un autre cadre que le vôtre. Une conversation suffit parfois à ouvrir une porte. Elle rend le choix moins abstrait, plus incarné.

Et si vous hésitez, testez avant de basculer. Un cadre intermédiaire permet souvent de sentir si le cœur suit. Ce petit battement intérieur compte. Il ne remplace pas les chiffres, mais il rappelle pourquoi vous faites de la place à l’écriture.

Le bon modèle n’est pas celui qui rassure le plus sur le papier, mais celui qui permet de durer sans se renier.

Comprendre les trois grands modèles d’exercice du métier d’écrivain·e

1. Le salariat pour le métier d’écrivain·e

Logique générale : vous travaillez dans une structure, avec un cadre, des responsabilités définies, et une rémunération stable. Pour beaucoup d’auteur·rices, l’écriture cohabite avec un poste salarié.

Ce que cela apporte le plus souvent :

  • Sécurité : un revenu régulier, utile quand les revenus d’un livre restent incertains.
  • Cadre clair : des horaires, des repères, un quotidien structuré.
  • Collectif : une équipe, des échanges, moins d’isolement.

2. L’indépendance pour le métier d’écrivain·e

Caractéristiques fréquentes : vous vous organisez vous-même. Vous assumez la responsabilité directe de votre activité et vos revenus dépendent de ce que vous produisez et vendez (ou des missions que vous acceptez en parallèle).

Ce que ça change dans la tête : plus de liberté, mais aussi plus de charge mentale. Vous gérez les creux, les pics, et l’incertitude.

3. L’entrepreneuriat pour le métier d’écrivain·e

Spécificités : vous pilotez une activité au sens large. Vous ne faites pas “que” produire : vous gérez aussi la stratégie, la visibilité, l’organisation, parfois plusieurs sources de revenus. Le risque économique est plus exposé, et la dimension “décision” prend plus de place.

Ce que chaque modèle change concrètement au quotidien pour le métier d’écrivain·e

Sur le papier, un statut rassure ou fait rêver. Dans la vraie vie, c’est votre semaine type qui décide.

Organisation du travail

  • Salariat : l’écriture se place avant, après, ou entre les plages “fixes”. Le défi : protéger des créneaux d’écriture malgré l’agenda déjà plein.
  • Indépendance : vous construisez vos journées. C’est une force… si vous arrivez à vous donner un cadre.
  • Entrepreneuriat : vous jonglez entre création et pilotage. Vous écrivez, mais vous planifiez aussi, vous arbitrez, vous relancez.

Rythme et horaires

  • Salariat : rythme souvent régulier côté emploi, et écriture “par blocs” (soir, week-end, congés).
  • Indépendance : horaires modulables, mais tentation de travailler tout le temps, ou difficulté à démarrer sans contrainte externe.
  • Entrepreneuriat : alternance de sprints (lancement, promo, deadlines) et de périodes de production plus calmes… quand vous réussissez à les protéger.

Niveau de pression

  • Salariat : pression liée à l’emploi, mais parfois moins de pression directe sur “vendre” votre livre.
  • Indépendance : pression liée aux revenus variables. Le temps libre n’est jamais totalement “gratuit”.
  • Entrepreneuriat : pression plus globale : revenus, choix stratégiques, visibilité, décisions à prendre vite.

Collectif vs autonomie

  • Salariat : plus de collectif au quotidien, plus de règles.
  • Indépendance : plus d’autonomie, risque d’isolement si vous n’organisez pas des points d’appui.
  • Entrepreneuriat : autonomie forte, mais besoin de s’entourer (partenaires, prestataires, allié·es) pour tenir.

Rapport à la décision

  • Salariat : vous décidez dans un périmètre donné.
  • Indépendance : vous décidez de votre organisation et de vos priorités, parfois au jour le jour.
  • Entrepreneuriat : vous décidez aussi du cap : quoi construire, pour qui, et comment durer.

Sécurité, liberté, risque : les arbitrages clés pour le métier d’écrivain·e

Le cœur du choix, souvent, tient en trois mots : sécurité, liberté, risque. Et ce trio n’a pas la même saveur selon votre moment de vie.

Ce que chaque modèle privilégie généralement

  • Stabilité financière : plus simple à sécuriser avec le salariat, ou une combinaison salariat + écriture.
  • Liberté d’action : plus accessible en indépendant·e, à condition d’assumer l’irrégularité.
  • Potentiel de développement : souvent plus fort quand vous multipliez les leviers (logique entrepreneuriale), mais avec plus d’exposition.

Arbitrages personnels fréquents

  • Confort vs incertitude : dormir tranquille ou parier sur vous.
  • Cadre vs autonomie : être porté·e par une structure ou construire la vôtre.
  • Prévisibilité vs opportunités : routine solide ou portes qui s’ouvrent… sans garantie.

Peut-on changer de modèle au cours de sa carrière dans le métier d’écrivain·e ?

Oui. Et c’est même souvent le chemin le plus réaliste : avancer par paliers, tester, ajuster.

Salariat → indépendance

Une forme courante : négocier du temps (moins d’heures, une journée gagnée, une période dédiée) ou basculer temporairement sur des missions.

Indépendance → salariat

Possible aussi : pour retrouver un cadre, une sécurité, ou un collectif. Cela peut redonner de l’espace mental pour écrire.

Salariat → entrepreneuriat

Ça arrive quand l’écriture s’accompagne d’un projet plus large : développer plusieurs activités, structurer une présence, créer une dynamique sur le long terme.

Des transitions souvent progressives

Dans la pratique, on voit souvent des modèles hybrides : un “socle” stable d’un côté, et des phases d’écriture plus intenses de l’autre.

Thomas Barthuel (écrivain & COO) décrit une articulation très concrète : « J’ai encore une activité salariée en parallèle puisque je travaille dans une start-up scale-up… j’ai des phases d’écriture qui vont être un peu plus poussées et où je vais faire que ça… et puis le reste du temps, le soir, un petit peu plus en réflexion. (…) Pour écrire ce roman, j’ai pris un moment, trois mois de congé sans solde où je faisais deux jours de freelance et les trois jours, j’écrivais. »

Ce que ces modèles demandent humainement pour le métier d’écrivain·e

Peu importe le statut, l’écriture vous demande quelque chose de très simple à dire… et parfois dur à tenir : revenir au texte.

Compétences transversales souvent nécessaires

  • Autonomie : avancer même quand personne ne vous attend “au bureau” de l’écriture.
  • Gestion de l’incertitude : accepter que tout ne se valide pas tout de suite (idée, texte, diffusion, ventes).
  • Organisation personnelle : créer des rituels, protéger des créneaux, tenir une discipline réaliste.
  • Capacité à décider : couper, réécrire, envoyer, relancer, et parfois accepter d’être “au bout” de ce que vous pouvez faire seul·e.

Points de vigilance selon le modèle choisi pour le métier d’écrivain·e

Salariat : attention à la place réelle laissée à l’écriture

  • Moindre flexibilité : l’emploi du temps fixe peut étouffer la régularité d’écriture si vous ne protégez pas vos plages.
  • Dépendance à une structure : votre marge de manœuvre dépend des règles, du poste, de la charge.

Indépendance : attention à l’isolement et aux revenus variables

  • Isolement possible : sans collectif, la motivation peut s’éroder.
  • Revenus irréguliers : la création peut devenir “coincée” entre deux urgences financières.

Entrepreneuriat : attention à la charge mentale et aux rôles multiples

  • Charge mentale élevée : vous portez l’ensemble du système.
  • Responsabilités multiples : production, décisions, organisation, présence… avec le risque de moins écrire au final.

Quel modèle semble le plus adapté selon ses priorités pour le métier d’écrivain·e

Pensez cette partie comme une grille de lecture. Pas comme une injonction.

Si votre priorité est la stabilité

Le salariat (ou un mix salariat + écriture) peut offrir une base solide. Utile si vous voulez écrire sans dépendre immédiatement des ventes, et si votre moment de vie demande de la prévisibilité.

Si votre priorité est l’autonomie

L’indépendance donne de l’air pour organiser vos journées autour de l’écriture. En échange, vous apprenez à gérer l’irrégularité, et à vous créer un cadre.

Si votre priorité est l’impact ou la création

Une logique entrepreneuriale peut vous permettre de développer un projet plus large, avec davantage de leviers. Mais elle vous demandera de tenir une vision et de gérer plus de paramètres.

Si votre priorité est l’équilibre vie pro / vie perso

Ce n’est pas un statut qui “garantit” l’équilibre. C’est votre capacité à négocier, ritualiser, et communiquer sur votre temps d’écriture. Parfois, un modèle hybride marche mieux qu’un grand saut.

À quel moment envisager un changement de statut pour le métier d’écrivain·e

On ne change pas de modèle “pour faire comme il faut”. On change parce que quelque chose pousse de l’intérieur… ou parce que la réalité ne tient plus.

Signaux fréquemment déclencheurs

  • Besoin de liberté : vous étouffez dans un cadre trop serré.
  • Lassitude du cadre : l’énergie part ailleurs que dans le texte.
  • Envie de construire : vous avez besoin d’un projet plus large que l’écriture seule.
  • Contraintes personnelles nouvelles : temps, famille, fatigue, priorités qui bougent.

Tenir la ligne de crête : écrire, vivre, durer

Votre statut n’est pas une étiquette. C’est un outil pour créer les conditions dans lesquelles vous écrivez vraiment.

Si vous voulez un premier pas simple, faites-le en trois mouvements :

  1. Listez vos critères non négociables (temps d’écriture, revenu minimum, besoin de collectif, énergie disponible).
  2. Comparez une semaine type en salariat, en indépendant·e, en mode “projet” plus entrepreneurial. Sur du concret : vos matinées, vos soirées, vos week-ends.
  3. Testez un cadre intermédiaire avant de basculer (une période dédiée, une organisation par phases, un aménagement temporaire).

« C’est un métier passion… ça reste une économie précaire… on a souvent d’autres activités en parallèle et il faut bien ménager tout ça », dit Thomas. Le bon modèle n’est pas celui qui rassure le plus sur le papier, mais celui qui permet de durer sans se renier.

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