Elena Gomez, Animatrice artistique en clinique

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Camille (Chance)

Bonjour Elena. Bonjour à tous.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Bonjour.

Camille (Chance)

Je ne sais pas s'il y a déjà des gens-ci. On a une petite douzaine, trentaine de participants. Bonjour, moi, je suis Camille, la Talent Acquisition Manager de Chance. C'est avec moi que tu vas faire ton live aujourd'hui, Elena. Pour rappel, auprès de tout le monde, aujourd'hui, l'idée, c'est de faire une conversation, d'échanger autour de ton métier. Si ça te convient, je vais te laisser déjà te présenter et me dire ce que tu fais exactement. Elena, c'est bon ? Oui.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Mon prénom, c'est Elena. Je suis actuellement animatrice artistique en clinique psychiatrique. Donc, j'interviens auprès de personnes avec des profils très variés. Ça va de la dépression à l'addiction, en passant par des profils vraiment des problèmes neurologiques OK.

Camille (Chance)

En quoi exactement ça consiste et pourquoi ce choix de métier, finalement ? Comment en es-tu arrivée là ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

En quoi ça consiste ? Je propose chaque jour, du lundi au vendredi, des ateliers différents par demi-journée. Mes horaires sont fixes. Je suis en CDI, donc je travaille de 9h00 à midi, puis de 14h00 à 17h00. Et donc, chaque jour, je propose des ateliers différents, en sachant que je suis assez libre dans le choix de mes ateliers par rapport à la clinique. J'en parle à la directrice des soins à chaque fois avant de proposer une nouvelle activité, mais il me laisse assez libre dans le choix. Je peux vous citer quelques exemples d'ateliers. Je fais mosaïque, peinture, chorale, équithérapie. Et là, dernièrement, avec les beaux jours qui Quand j'arrive, j'ai remis en place les ateliers créatifs en nature.

Camille (Chance)

Ok. En quoi ça te touche exactement ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Les ateliers créatifs en nature ? Oui. On sort, on a la chance d'être à la campagne, soit à pied, soit je prends le véhicule pour une petite balade. Et puis on trouve un lieu qui convient à tout le monde. Et puis, moi, j'ai une grosse malle avec plein de matériel, donc aquarelle, crayon, feutre, fusain. Et on passe une petite heure dans la nature et les peuvent expérimenter plein de choses.

Camille (Chance)

Génial. Et du coup, pourquoi ce choix de métier, finalement ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

C'est un choix transitionnel, ce n'est pas un réel choix. J'ai répondu à une offre d'emploi en sachant que dans mon parcours, j'ai une licence d'art plastique. J'ai été huit ans dans l'enseignement, mais c'est ma licence d'art plastique qui m'a permis d'accéder à cet emploi. Je n'ai pas de titre d'art thérapeute, je n'ai pas de diplôme d'art thérapeute. Même si ça peut s'assimiler à l'art thérapie, j'ai un peu moins le côté psychologie.

Camille (Chance)

D'accord. Ok. Et finalement, tu disais que ça a C'est plus tu es arrivée vers ce métier, mais qu'est-ce que tu as finalement fait comme formation ? Tu as eu une formation en plus de ta formation en art, tu as fait d'autres choses ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

J'ai été enseignante pendant huit ans, donc j'ai eu un master en J'ai fait une formation, une licence d'art plastique, puis j'ai enchaîné tout de suite sur un master Enseignement.

Camille (Chance)

Ok, super. Du coup, on a actuellement déjà des questions. Je vais juste en poser peut-être une dernière. Pour l'instant, en tout cas. Tu es basée où, actuellement ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Alors là, je suis dans le nord de la Seine et Marne.

Camille (Chance)

D'accord. Du coup, ma question, c'était plus aujourd'hui, tu interviens en clinique. Donc, j'imagine Tu me dis que tu ne fais pas particulièrement, par exemple, des ateliers en visio, à distance, ce genre de choses, ou ça t'arrive éventuellement ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Non, jamais. C'est vraiment un métier qui m'est tombé dessus. J'ai quitté l'enseignement, donc j'ai cherché des offres d'emploi et puis je suis tombée sur celle-ci et de fil en aiguille. La seule chose qui me faisait un peu peur, c'était le public que je ne connaissais pas du tout. Mais je n'ai pas cherché spécialement à développer d'autres choses pour l'instant en tout OK, super.

Camille (Chance)

Alors, Emilie nous demande si c'est difficile d'allier atelier d'art et pathologie.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Alors, pour certaines pathologies, c'est compliqué. J'ai la chance de travailler dans une clinique où les patients sont stabilisés, donc j'ai très peu de débordement. Après, pour certaines pathologies comme l'autisme ou des pathologies un peu particulières comme ça, effectivement, on est en constante adaptation face au patient. On a une base de données où chaque soignant, tous les intervenants de la clinique peuvent mettre des transmissions sur les patients. Et donc, quand on a un doute ou un questionnement sur un patient, on peut aller voir cette base de données. On est très entouré aussi par l'équipe de soignants. C'est une constante adaptation. Tous les patients sont différents. Pour certains, effectivement, c'est un peu compliqué. Il faut faire preuve de beaucoup de patience.

Camille (Chance)

Ok. Morgane te demande si ton métier s'exerce plutôt en libéral ou en salarial.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Moi, je suis salarié dans une clinique privée, mais je sais que j'ai des collègues qui interviennent dans cette même clinique, mais sous forme de libéral. Donc, elles exercent en clinique, vraiment dans un cabinet à part. Il y a vraiment plusieurs modulations possibles.

Camille (Chance)

Ok. Et elles te demandent également si les art thérapeutes sont des profils recherchés par les différentes structures.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Dans le public, je pense que c'est un peu plus compliqué par rapport à la rémunération, etc. Dans le privé, je pense que ça peut être un atout. Après, il faut essayer de taper aux portes, pas hésiter à aller se présenter auprès des différentes structures. Je pense que ça peut être recherché, effectivement.

Camille (Chance)

Ok, super. Attends, j'ai perdu mon chat. Excuse-moi. Rébecca te demande si ce n'est pas aux indiscrets qu'elle ait le salaire net pour un temps plein. Et alors moi, j'aimerais rajouter: Quel est le salaire net quand tu commences ? Et est-ce qu'il y a une évolution de salaire ou non ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Alors moi, c'est un petit peu particulier parce que je viens de l'enseignement. Donc quand je suis arrivée, j'ai négocié mon salaire pour avoir à peu près le salaire équivalent. Donc là, si je parle en net, actuellement, je touche aux alentours de 1750 €. Et au niveau de l'évolution, c'est dur à dire pour moi parce que ça fait Ça fait pas assez longtemps que j'exerce ce métier. Mais oui, je pense qu'il y a toujours moyen de demander une revalorisation salariale.

Camille (Chance)

Flavie aimerait savoir si tu souhaites effectuer une formation d'art thérapeute et si tu as besoin de cette formation pour encadrer ce public ou pas.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Je pense que ça peut être vraiment un plus pour encadrer le public, parce que c'est vrai que moi, je débarquais dans ce milieu et je ne connaissais pas du tout, très peu, les pathologies, les choses comme ça. Je pense que ça peut être un réel plus de faire la formation d'art thérapeute. J'ai envisagé de la faire. Je ne me suis pas renseignée à fond non plus, mais de ce que j'ai compris sur les sites de formation certifiés en art thérapie, il faut soit avoir déjà une première expérience en psychologie, soit avoir une première expérience dans l'art dans le sens où il faut être exposé, ou prouver qu'on a un pied dans l'art.

Camille (Chance)

Ok, merci beaucoup. Sarah pose deux questions qui étaient du coup... Qui sont intéressantes. La première, elle aimerait savoir à quel point ressemble ta semaine type Et la deuxième, elle voulait savoir, est-ce que tu étais enseignante en arts plastiques ? Avant, tu étais enseignante sur autre chose.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

J'étais professeur des écoles, donc je balayais un peu tout, dont les arts plastiques. Et concernant la semaine type, en fait, j'ai une autre collègue animatrice. Et donc on met en place un planning à la semaine, justement, pour que les patients aient des repères le lundi matin, c'est telle activité, etc. Donc là-dessus, également, On est assez libre, mis à part pour l'équithérapie où on a un intervenant extérieur. On est assez libre de manier notre planning à notre sauce. Donc, concernant la semaine type, c'est assez répétitif, mais sans être lassant pour en tout cas, dans le sens où on va proposer chaque lundi matin tel atelier, chaque lundi après-midi tel atelier. On va essayer de rassurer les patients dans le sens à ce qu'ils aient un repère. Les semaines sont parfois ponctuées de réunions avec les psychiatres. Donc, c'est souvent le matin chez nous et j'ai des petits temps quand même où je peux remodifier le planning, justement imprimer des choses nécessaires.

Camille (Chance)

D'accord. Ok. Émilie aimerait savoir quelle est la différence entre professeur des écoles et animatrice artistique. Quels sont les avantages et quels sont les inconvénients ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Professeur des écoles, c'est C'était un métier avec beaucoup de stimulation dans la journée. Les enfants étaient toujours, après nous, ce qui est logique, mais c'était très fatigant dans le sens où il faut être tout le temps sur le qui-vive. En arrivant dans le métier d'animatrice artistique, j'ai trouvé que ça s'était apaisé, vraiment, de ce point de vue-là, puisque ce n'est pas du tout le même public. Déjà, ce sont des adultes, donc pour la plupart, ils sont autonomes, mis à part quelques patients qui ont des pathologies particulières qui vont demander notre présence un peu plus que d'autres. Mais ça reste un patient, deux patients, trois patients maximum pendant l'atelier, contrairement à une classe où on a 25 enfants qui sont à notre Ils demandent parfois. Et je ne sais plus la deuxième partie de la question.

Camille (Chance)

La deuxième partie de la question, c'était surtout les avantages et les inconvénients de chaque métier.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Je dirais que le côté professeur des écoles, l'avantage, c'est que le quotidien est très, très varié. Le gros inconvénient, c'est le travail à la maison, que je n'ai pas du tout retrouvé dans le côté animatrice artistique Au niveau travail à la maison, on peut si on en a envie, mais moi, en arrivant, je me suis dit que pour le moment, en tout cas, je bloquais sur le travail à la maison et je fais tout sur mes heures de travail. Les inconvénients au niveau de la clinique, je dirais qu'il y a certaines pathologies, certaines histoires de vie qui peuvent un petit peu toucher ou bouleverser. Il faut réussir à faire la part des choses et à ne pas hésiter à en parler à ses collègues aussi. On a des collègues psychologues, psychiatres qui sont à nos côtés, donc pas hésiter à en parler s'il y a un patient qui nous a un peu chamboulé ou des paroles ou des choses comme ça.

Camille (Chance)

Pour rebondir là-dessus, quelles sont les rencontres qui t'ont marquée, justement, dans ton métier aujourd'hui ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Les rencontres. Je dirais qu'il y a ma cadre de santé, donc mon N+1, qui est très qui arrive à communiquer incroyablement avec les patients de manière très humaine et très douce, qui arrive à calmer toutes les situations et donc qui est très inspirante. Ok.

Camille (Chance)

Merci beaucoup. Morgane demande si tu adaptes tes ateliers selon les pathologies de tes patients et si tu vois des évolutions au fil des ateliers.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

En sachant que je propose des ateliers ouverts, donc Très peu d'ateliers sur l'inscription. Les patients sont libres de venir, d'aller. Ils peuvent rester 10 minutes ou 1 heure et demie si ça leur va. J' Ils m'adaptent dans le sens où ils sont assez libres. Je propose, par exemple, on va dire n'importe quoi, le mardi après-midi, ces peintures. Si un patient me dit: J'aimerais faire plutôt du dessin ou autre chose, je Je m'adapte dans ce sens-là, ils sont assez libres. Pour moi, c'est vraiment un cocon pour eux. Le but, c'est qu'ils soient bien dans l'atelier. Donc, au niveau de l'évolution, c'est assez difficile. Encore Comme ça, la deuxième fois, ça dépend des pathologies parce que certains patients vont voir leur traitement changer au cours du séjour. Donc, le comportement, forcément, va évoluer avec. Donc, disons que je vois plus des des changements de cet ordre-là. Et sur les séjours longs, effectivement, on va voir des patients qui évoluent positivement. Pour la plupart, oui. Donc ça, c'est intéressant aussi à voir. Et puis, on crée aussi du lien avec les patients. Donc ça, c'est intéressant. Ok.

Camille (Chance)

Julien a anticipé une question que j'avais aussi. Est-ce que tu peux nous partager certaines interactions que tu as avec tes patients par l'intermédiaire de l'art ? Et est-ce que toi-même, tu pratiques artistiquement en même temps que les patients ? Ou est-ce que tu restes en watchtower, entre guillemets, auprès des patients ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Comment ça se passe, finalement ? Du point de vue de l'échange avec le patient pendant la création, moi, je ne fais pas d'interprétation ou d'analyse de ce qu'ils produisent, parce que justement, je n'ai pas ce côté art thérapie. Si eux veulent s'exprimer, ils peuvent. Je suis à l'écoute. Certains aiment beaucoup justement parler de ce qu'ils font, essayer d'analyser, savoir ce que moi, j'y vois. Donc, voilà. C'est assez marrant parfois, les discussions qu'on peut avoir. Pour ma part, ça dépend vraiment de l'atelier et des patients qui sont présents. S'ils sont beaucoup dans la demande, je vais être avec eux à leur côté. Par exemple, cet après-midi, c'était mosaïque. Ils étaient beaucoup dans la demande pour couper les tesselles, etc. À d'autres moments, je suis plus en observatrice. Là, Certaines fois, oui, je me permets justement de tester des nouvelles choses pour qu'ils puissent voir aussi ce qui est disponible dans l'atelier. Ça permet aussi de ramener de nouveaux matériaux ou des choses qui étaient un petit peu oubliées, ou laissées de côté.

Camille (Chance)

Ok. Pour rester dans le pratico-pratique, finalement, est-ce que tu peux nous décrire un atelier type ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Un atelier type... On va prendre un atelier créatif libre. Le matin, c'est ce que je propose généralement parce qu'ils viennent d'émerger, donc pour la plupart, c'est tranquille le matin. Je mets à disposition tout ce qu'il faut sur la table, donc crayon de couleur, feutre, ciseaux. Ils font du collage, certains. Donc, je mets à disposition. Ils arrivent vraiment échelonnés. Mes habitués arrivent vraiment à l'ouverture. Des fois, j'ai une file d'attente devant l'atelier au moment de l'ouverture.

Camille (Chance)

Au bout d'un succès.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

En sachant que j'ai une petite salle, donc je peux accueillir huit personnes maximum. Ils arrivent. Moi, j'imprime chaque matin une liste avec les noms des patients, comme ça ensuite, je peux faire mes transmissions et partager quel patient a fait quoi, ou bien je note un comportement particulier ou autre. Et donc, j'accueille chaque patient. Là, je lui demande: Est-ce qu'il veut Qu'est-ce qu'il veut pratiquer ? Et puis, il y en a certains qui sont habitués depuis longtemps, donc ils savent dans quel placard se trouve telle chose. Donc eux, je les laisse gérer tout seuls. Mes ateliers durer environ une heure et demie, deux heures. C'est vraiment très variable. Suivant les patients, s'ils ont besoin d'aide, je vais les aider. Sinon, je les laisse vraiment gérer tout seuls. Il y a des discussions qui peuvent se faire, des interactions Finalement, de journée type, aucune journée ne se ressemble. C'est un peu ça, oui. Selon qui va être présent à l'atelier ou pas. Et en sachant que je ferme... Je vous disais que mes horaires, par exemple, le matin, c'est 9h00 midi. Je ferme l'atelier à 11h30 pour me permettre justement d'avoir ce petit temps de transmission sur notre logiciel, ou bien de ranger l'atelier, parce que souvent, il y a du bazar un peu éparpillé par partout des patients. Ceux qui sont aptes à ranger, nettoyer eux-mêmes, ils le font, mais il y en a qui ne sont pas forcément aptes, donc il y a toujours un petit moment de rangement.

Camille (Chance)

Pour combien de temps est-ce que tu accompagnes les patients que Dans la globalité, dans le cas de la clinique ou dans le cas d'un atelier, est-ce que ça peut être un atelier ponctuel ou est-ce que c'est quelque chose de suivi dans le temps ? Comment ça se passe ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

C'est assez particulier parce que, encore une fois, les ateliers sont ouverts, donc c'est vraiment propre aux patients. J'en ai qui viennent une fois, ça ne leur convient pas spécialement, donc je ne les revois pas spécialement. Et puis, j'ai des patients, là, par exemple, qui sont là depuis bien sept, huit mois. Donc, que je suis vraiment sur une longue période, qui reviennent régulièrement. Après, ce n'est vraiment pas des rendez-vous donnés. Donc, je peux les voir vraiment tous les jours pendant un mois et puis plus du tout pendant deux semaines. Et puis, ils reviennent petit à petit. Et c'est là aussi que justement, un patient qui venait tous les jours, on va aller voir: Tiens, là, ça fait un moment que je ne l'ai pas vu. Qu'est-ce qui se passe ? Donc, on peut aller voir sur les transmissions. On a des assistantes sociales dans la clinique, donc peut-être que c'est quelque chose sur le plan social ou personnel. C'est assez intéressant de suivre l'évolution de tout ce petit monde.

Camille (Chance)

Merci beaucoup. Je vais encore poser deux questions plus pratico-pratiques. Rebecca, elle voulait savoir si tu participes au staff avec les soignants ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Certes. Ils ont des réunions 100% soignants et on a ce qu'on appelle les synthèses, avec le psychiatre référent, en sachant qu'on doit avoir six ou sept psychiatres dans la clinique. Et donc, chaque semaine, on a deux, trois synthèses. C'est vraiment variable selon les semaines. Et donc, on participe à la synthèse qui dure une heure. Et donc là, il y a vraiment le paramédical et le médical qui peuvent discuter autour d'un patient ou de plusieurs patients, suivant les difficultés rencontrées de chacun.

Camille (Chance)

Ok. Et en termes de... Comment ça se passe en termes de congés ? Puisque si je remonte un petit peu dans les questions, c'est Rebecca qui demandait si tu étais revenue à un nombre de congés correspondant au privé, c'est cinq semaines par mois ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Oui.

Camille (Chance)

Ok. Merci.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Et pour revenir à cette question, il y avait la différence, faire la différence entre professeur des écoles et clinique. En tant que professeur des écoles, je ressentais vraiment le besoin des vacances, tandis que là, je le ressens beaucoup moins. La fatigue se fait beaucoup moins ressentir, je trouve. D'accord.

Camille (Chance)

On sent peut-être parce qu'il y a plus de passion et parce que tu aimes ce que tu fais et que tu es à l'aise, même si tu aimais être enseignante des écoles.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Je pense aussi qu'il y a le fait que ce sont des adultes et qu'il y a moins de sollicitations aussi et moins de préparation, moins de travail à la maison Sur la journée, c'est vraiment moins fatigant, si je compare au métier de professeur des écoles.

Camille (Chance)

Ok. J'ai deux questions qui sont relativement liées. Julien demande si on peut imaginer faire ce travail en n'ayant pas de connaissances ni de pratiques préalables dans les arts, puisque tu parlais tout à l'heure de mosaïques, par exemple, de céramiques, ou autres que seulement dessin, peinture, écriture. Est-ce qu'on peut faire ce métier seulement ? En se disant: J'ai envie de le faire, je peux le faire en étant autodidacte ? Ou est-ce que tu penses qu'il faut vraiment quand même une vraie fibre artistique en ayant déjà fait avant ou pas du tout ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Je pense que c'est bien d'avoir quand même une spécialité. Pas forcément artistique, purement pratique, mais on parlait d'écriture, ça peut être l'écriture ou autre. Je pense que c'est bien d'avoir un domaine quand même où on est plus à l'aise. Moi, j'ai fait une licence d'art plastique, mais je ne maîtrise pas tout parfaitement ce que je propose. Après, on apprend sur le tas et je pense qu'il n'y a pas de souci. À partir du moment où on est curieux et que c'est quelque chose qui nous intéresse, je pense que c'est un métier qui est faisable aussi à ce moment-là.

Camille (Chance)

Merci. Émilie, en lien avec cette question, demandais quelles sont les qualités et les compétences pour ce métier, d'après toi ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

La patience, le contact humain, la tolérance, je dirais, parce qu'on a beaucoup de pathologies qu'on ne rencontre pas forcément dans le quotidien ou des choses qui peuvent impacter. L'imagination plus peut-être que la créativité, parce qu'on ne va pas vous demander, vous, de créer forcément, mais peut-être plus d'imaginer des ateliers ou d'être inventif au niveau de ce que vous proposez. Le travail d'équipe. Voilà. Je dirais que c'est les principales.

Camille (Chance)

Déjà pas mal. Moi, j'avais une question: est-ce que tu as eu des hésitations à faire ce métier ? Et si oui, quelles ont été tes hésitations majeures ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Quand j'ai passé l'entretien, j'ai découvert par moi-même qu'il s'agissait d'une clinique psychiatrique parce qu'au début, c'était décrit comme un EPAD sur l'annonce. Donc, en faisant mes recherches avant l'entretien, j'ai découvert que c'était une clinique psychiatrique et donc j'y suis allée quand même. Lors de l'entretien, mes supérieurs actuels m'ont décrit vraiment une quasi totale liberté de proposition dans les ateliers que je pouvais faire. Et donc ça, c'est vraiment ce qui m'a donné envie. Le seul point d'hésitation, c'était le public, les adultes, le public psychiatrique, parce que c'est un milieu que je ne connaissais pas du tout, que je découvrais. Elles m'ont proposé de faire une semaine en binôme avant de me positionner sur le poste. Ça m'a permis de découvrir ce point d'interrogation.

Camille (Chance)

Oui, tu as eu quand même une petite formation où tu n'as pas lâché dans la nature en te disant: Vol de tes propres ailes, ce sera super. Y a-t-il une réponse sur le nombre de semaines de congés payés ? Oui, Rébecca. Du coup, c'est cinq semaines de congés payés. Une autre question, du coup, pour moi. En fait, chez Chance, aujourd'hui, Chance estime qu'avoir du sens dans son travail, c'est aligner quatre piliers. Donc, que sont le métier, la finalité, l'environnement et les impératifs personnels. Moi, j'aimerais bien savoir quel sens tu trouves dans ta vie pro, aujourd'hui.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Le sens que je trouve au niveau de la finalité, déjà, c'est le bien-être des patients. Quand je vois des patients qui ont terminé leur séjour et qui viennent nous dire au revoir à nous, les animatrices, et qui nous disent: Vous m'avez permis de remonter une pente. Ça, c'est vraiment... Ça fait chaud au cœur. Au niveau du Le métier en lui-même, je dirais que la liberté qu'on me donne dans les propositions, c'est ce qui m'importe et c'est très bien. Et la variété de ce que je peux proposer. Au niveau de l'environnement, petit bémol parce que je suis quand même dans une structure à but lucratif. Je suis dans le privé, donc voilà. Après, de mon point de vue, moi, animatrice, je le ressens moins que les soignants, quand même. Et au niveau des impératifs personnels, je voulais réduire mon travail à la maison. J'ai réussi à le faire et j'ai réussi à maintenir à peu près mon salaire.

Camille (Chance)

Ok, Merci beaucoup. On va encore prendre quelques questions puisqu'on me dit dans l'oreillette que j'ai un petit peu de temps derrière, donc on va en profiter. Sarah voudrait savoir s'il est possible de faire des immersions pour se rendre compte de la réalité du métier ou pas, étant donné que ça reste dans un milieu médical, clinique, sécurisé ? Comment ça se passe ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Bonne question. Je pense que ça doit être possible. Il faudrait contacter les cliniques ou les lieux dans lesquels vous voulez observer. Ça doit être possible puisque pendant les ateliers, normalement, il n'y a pas de révélation de secret médical ou autre. Ce n'est vraiment pas une séance de thérapie. Je pense que ça doit être possible pour quelqu'un d'extérieur de venir observer comment ça se passe, effectivement.

Camille (Chance)

Dans ton quotidien, Rébecca rebondit en demandant si tu fais des gros ou en fonction des besoins ou des pathologies de tes participants, finalement, de tes patients, on peut dire ça comme ça, ou si, tu l'as précisé tout à l'heure, mais j'ai un petit doute, ou si c'est vraiment à la volonté de chacun et du coup, c'est vrai que c'est mélangé, il n'y a pas forcément de groupes spécifiques. Comment ça se passe ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Il y a vraiment une totale liberté. C'est ce qui est bien aussi. La porte est ouverte, chacun peut rentrer. Je ne fais pas de groupes. On a eu une fusion récemment, donc on a presque triplé le nombre de patients qu'on pouvait accueillir. À ce moment-là, on a eu un petit peu peur de devoir justement réduire, faire des groupes limités dans le temps. Finalement, c'est assez fluide dans l'utilisation des salles et dans les propositions d'activités. Donc, on peut encore proposer des groupes hétérogènes.

Camille (Chance)

Ok, merci beaucoup. Est-ce que dans les participants, quelqu'un d'autre a une question ? C'est le moment. J'ai un petit peu de temps. Sinon, est-ce que toi Elena, tu aimerais nous partager quelque chose en attendant les autres questions ? Notamment, je pense à un Un moment qui t'a marquée dans un des ateliers que tu as pu faire, un moment qui t'a vraiment touchée ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

J'ai récemment une patiente qui était là depuis plusieurs mois, qui est partie, qui avait du mal à écrire et à lire. Il m'a demandé de rédiger une lettre pour l'ensemble du personnel, une lettre de remerciement. Donc, j'ai fermé l'atelier un petit peu plus tôt et puis, ça a été un petit moment de tête à tête avec cette patiente qui était très touchante. Elle remerciait vraiment toute la clinique. Elle disait qu'elle ne s'était jamais sentie aussi bien depuis son enfance. C'était vraiment un beau moment qui restera dans ma mémoire.

Camille (Chance)

Un petit moment d'éternité, on va dire.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

C'est ça.

Camille (Chance)

Ouh là, du coup, nous avons plein de questions. Alors, Emilie demande si tu es créative et si oui, est-ce que tu le fais à côté de ton travail ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Alors, c'est quelque chose, que j'avais un peu laissé de côté pendant que j'étais enseignante, par manque de temps. Et donc là, effectivement, je suis en train de reprendre et j'ai dans l'idée, peut-être dans un avenir plus ou moins proche, de me lancer dans l'artisanat.

Camille (Chance)

Ok merci. Quels sont les ateliers qui sont les plus plébiscités, demande Émilie.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Mosaïque et équithérapie, je dirais.

Camille (Chance)

Équithérapie, c'est avec les chevaux ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

C'est ça. Donc équithérapie, on a un centre équestre qui a cinq minutes en voiture de notre clinique et donc on y va une fois par semaine et les patients sont ravis.

Camille (Chance)

Ok. Alors, est-ce que tu as du temps de préparation sur place ? Tu l'as évoqué tout à l'heure. Donc, tu arrives un petit peu plus tôt, tu fermes un petit peu plus tôt pour ranger, pour préparer, etc. Mais en termes de volume horaire par semaine, qu'est-ce que ça te donne ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Alors, ce n'est pas toujours du temps de préparation. Les transmissions, ça me Je le prends suivant les jours entre une petite demi-heure et 15 minutes, suivant les jours. Pour le temps de préparation, je le prends, par exemple, ce matin, il a beaucoup plu ici et je devais faire l'atelier créatif en nature. Et donc j'ai annulé l'atelier à cause de la météo. Je l'ai reporté à demain après-midi, en croisant les doigts. Et j'ai profité de ce temps, justement, pour organiser, mettre en place de nouvelles choses, modifier le planning que j'avais à modifier, faire tout mon petit travail administratif en retard. Donc, en volume horaire sur la semaine, si je faisais une moyenne, je prendrais entre trois quart d'heure, une heure, on va dire, par semaine. Donc c'est assez léger au niveau de la préparation.

Camille (Chance)

Et finalement, au total, tu es aux 35 heures aujourd'hui ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Oui.

Camille (Chance)

Ok. Alors Morgan, je suis désolée, je ne vois que la moitié de ta question. J'ai un petit bug sur les questions, mais comment est-ce que ton métier est perçu à l'extérieur ? Parce que c'est un métier qui n'est pas connu, finalement.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Quand j'annonce ce que je fais, les gens sont souvent très étonnés. C'est surtout, je pense, le côté psychiatrie qui pose question. Moi-même, quand je suis arrivée dans ce milieu, j'avais plein de préjugés. Donc Je pense que c'est surtout ce côté-là qui pose question et qui, pas qui choque, mais qui impressionne. Voilà, c'est le mot. À part ça, c'est Je ne sais pas. Je ne pense pas qu'il y ait plus de perception que ça.

Camille (Chance)

Ok. Pascal te demande si tu as des lectures, des guides ou des vidéos sur le sujet à conseiller.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Non, désolée. Je n'ai pas... Désolée.

Camille (Chance)

Ce n'est pas grave. Et enfin, Rébecca te demande si tu as répondu à une offre d'emploi pour trouver ce poste ou si c'était une candidature spontanée.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

J'ai répondu à une offre d'emploi. Mais je regarde là, justement, pour changer de région et j'en trouve très peu. Donc, je pense que ça doit être assez rare. Donc, ne pas hésiter à toquer aux portes, à se présenter et à faire des candidatures spontanées, je pense.

Camille (Chance)

Ok. Et du coup, Pascal, en termes de lecture de guides ou de vidéos, c'est vrai qu'en fait, c'est un peu compliqué. C'est un métier qui était pratico-pratique et très opérationnel, finalement très terrain. Est-ce que tu penses que si quelqu'un comme Pascal envoie un mail à... Tu envoies un mail à toi ou envoie un mail à un de tes collègues pour se renseigner. C'est envisageable ou pas du tout ?

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Bien sûr. Je peux laisser mon mail d'ailleurs, si vous voulez, il n'y a pas de souci, vous pouvez me contacter. Après, je Je pense qu'il faut avoir la fibre humaine, le contact humain, beaucoup. Et puis, comme je disais tout à l'heure, être imaginatif et réussir à avoir la communication facile avec les gens pour m'être à l'aise.

Camille (Chance)

Ok, super. Merci beaucoup. Écoute, on a fait le tour. Merci beaucoup, Elena. Je rappelle aux participants que du coup, nous avons fait ce live dans le cadre d'une opération que nous faisons cette semaine chez Chance. Je vais vous mettre le lien vers les autres live de la semaine également si ça vous intéresse. Du coup, Elena a gentiment proposé d'envoyer son mail également à ceux qui pourraient être intéressés. N'hésitez pas et merci beaucoup à tous pour vos questions, pour votre enthousiasme. Merci Elena d'avoir pris le temps, surtout. Et n'hésitez pas, toute l'équipe de Chance est à dispo. Également pour toi. Elena, si tu as besoin.

Elena Gomez (Animatrice artistique en clinique)

Merci.

Camille (Chance)

Merci à tous. Au revoir.

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