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Marine Lecomte, Assistante sociale

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Gaelle (Chance)

Peut-être. Bonjour, bonjour à tous. Est-ce que tout le monde est content ? On a eu des petits soucis de connexion, d'où le léger retard, mais du coup, on finira vers 18h40. Ça va un peu décaler, si ça va à tout le monde. Déjà, bienvenue dans ce live de métier, sur le métier d'assistante sociale avec Marine. Et merci beaucoup Marine pour avoir accepté de prendre un peu de temps avec nous pour partager la réalité de votre métier. On est très content de vous avoir. Est-ce que déjà, les gens qui sont là, ça nous Ça m'intéresse de savoir un peu d'où vous venez, d'où vous vous connectez et qu'est-ce qui vous amène, qu'est-ce qui vous intéresse aujourd'hui ? Est-ce que c'est parce que vous êtes curieux de découvrir ce métier ? Est-ce que c'est parce que c'est un sujet que vous avez en tête, mais vous n'osez pas vous lancer ? D'autres raisons, vous pouvez un peu nous dire d'où vous venez. Poissy, très bien. Justement, le but du live, c'est qu'il soit interactif, donc n'hésitez pas à poser toutes les questions que vous avez dans le chat. On pourra les poser à Marine au fur et à mesure et elle pourra y répondre.

Gaelle (Chance)

On prendra les questions au fur et à mesure. Trop bien. Harle. Moselle, superbe, il y a des gens dans un peu partout. Très bien. Déjà, je vais commencer par une petite intro. Moi, je m'appelle Gaëlle, comme je disais, et je travaille chez Chance, qui, pour Ceux qui ne connaissent pas, est une communauté d'entraide professionnelle et c'est aussi une méthode pour permettre à chacun de trouver sa place dans le monde du travail. On a plusieurs programmes, notamment le plus connu, c'est un bilan de compétences. Et l'idée de cette méthode, une partie de la méthode, c'est d'aller se confronter à la réalité d'un métier, notamment pour pouvoir enlever tous les préjugés, les fantasmes qu'on aurait sur ce métier et remettre un peu des éléments de réalité derrière différentes voies professionnelles. C'est exactement pour ça qu'on est là aujourd'hui. Cette semaine, on organise 50 live métiers pour découvrir 50 métiers différents. Aujourd'hui, on est avec Marine et on va explorer un peu plus la réalité de son métier. Voilà, donc n'hésitez vraiment pas à poser toutes vos questions. On est là pour y répondre. Déjà, Marine, je vais vous poser une première question assez simple. Pour commencer, c'est: est-ce que vous pouvez nous parler un peu de votre parcours ?

Gaelle (Chance)

Comment vous en êtes arrivée à ce métier d'assistante sociale, sachant que vous n'êtes pas vraiment assistante sociale aujourd'hui. Votre poste a évolué, mais vous allez me raconter tout ça. Si vous pouvez nous en dire un peu plus.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Ok. Bonjour tout le monde. J'espère que je ne suis pas en décalé. Je ne suis pas Je veux bien sûr que ma connexion soit parfaite, mais bon, à priori, vous m'entendez. Ok. Alors du coup, moi, à la base, j'étais partie sur des études d'infirmière. Mon projet, c'était de travailler avec les enfants et en général, en tout cas à ce moment-là, quand on disait qu'on voulait travailler avec des enfants, on nous orientait très passivement vers le métier de puéricultrice, sans nous dire qu'il y a plein d'autres métiers vers lesquels on peut se tourner quand on veut travailler avec les enfants. Donc, j'ai entrepris une école infirmière, puisqu'avant d'être puéricultrice, il faut faire les trois ans d'études infirmières. Je me suis rendu compte Dès la première année, que ce n'était pas un métier qui allait me correspondre. Je n'étais pas trop... Moi, les soins techniques et tout, ce n'était pas ce qui me plaisait le plus. Je trouvais qu'il n'y avait pas assez de contacts avec le patient. En tout cas, pour moi, ça Ça ne veut pas dire que le métier d'infirmière ne peut convenir à personne loin de là. Donc, j'ai des études en deuxième année.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Comme j'avais validé la première année, j'ai obtenu le diplôme d'aide-soignante. En fait, le métier Et être soignante était une façon d'attendre le temps de réfléchir au métier que je voudrais faire. Et donc là, je suis allée me renseigner au CIO, auprès de professionnels et tout ça. Comme je travaillais au sein d'un hôpital en tant qu'aide-soignante, j'avais été rencontrer les assistantes sociales du service et d'autres. Et voilà, du coup, j'ai passé le concours d'assistante sociale. À ce moment-là, il y avait encore un concours avec deux euros et un écrit. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et donc, j'ai eu le concours. Voilà.

Gaelle (Chance)

Et donc, juste après le concours- Si, si, si, ça répond. Merci beaucoup. Ça a toujours quand même été des métiers en lien avec le soin et l'accompagnement. C'est Ça, je pense que celle-là va être quand même un fil rouge dans votre carrière. Une fois que vous avez le concours, vous avez travaillé dans quel type de structure et quel type de public ? Est-ce que c'est la même chose que ce que vous faites aujourd'hui C'est différent.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Quand je suis sortie des études, j'ai été travailler au sein d'un hôpital. J'ai fait de l'hôpital de jour d'addiction, de la gérontopsie Ensuite, j'ai fait deux ans en polyvalence de secteurs. C'est les assistantes sociales qui travaillent dans les services sociaux. En général, les gens C'est ça. Ils connaissent peut-être ça sous le nom de CCAS. Ça a plusieurs appellations selon d'où on vient. À Paris, ça s'appelle les EPS, les Espaces Parisiens de Solidarité. C'est-à-dire qu'on intervient sur un secteur bien défini pour tout public, que ce soit sur de l'accès au droit, de la prévention de l'enfance, donc à faire des signalements si jamais on constate qu'il y a un danger au sein d'une famille. Ça peut être accompagnement dans l'insertion professionnelle, droit aussi au niveau de l'immigration, donc accompagner pour faire des types de séjour et tout ça. Ça peut être très, très large. Donc ça, pendant deux ans. Ensuite, du coup, j'ai fait une pause pour des raisons personnelles et je suis arrivée à Paris. Donc là, ça va faire quatre ans. Et à Paris, j'ai exercé dans la protection de l'enfance. Dans divers procédés, la protection de l'enfance, c'est un sacré champ. J'ai exercé dans différentes mesures.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Et là, actuellement, Je suis passée coordinatrice de parcours au sein d'un dispositif d'appui à la coordination. Ceux qui viennent hors Paris connaîtront peut-être plus ça sous le nom de Clic ou Maya, si jamais ça parle à certains. En fait, je travaille auprès de personnes âgées, personnes en situation de handicap. Je n'ai plus vraiment cette casquette assistante sociale dans le sens Pardon, la caméra s'est coupée. Dans le sens où je ne fais plus d'accompagnement comme j'ai pu le faire sur du long terme. Je fais vraiment un travail de coordination. Donc, je vais à domicile évaluer la situation des personnes en perte d'autonomie et ensuite, je les aide à mettre en place un plan d'aide et à contacter les professionnels compétents pour intervenir. Et une fois que tout ça est mis en place ou si la personne refuse mon intervention ou si je ne peux pas intervenir pour quelques raisons que ce soit, du coup, moi, je clôture mon intervention. C'est des interventions plutôt courtes comparées à la protection de l'enfance où on peut y être pendant des années. Je suis désolée, je n'arrive pas à réactiver la caméra.

Gaelle (Chance)

Ce n'est pas grave, on vous entend. Je pense que c'est plus important le micro que la caméra. Ce n'est pas grave, on va rester comme ça. Les aléas du direct. Là, il y Il y a beaucoup de questions, là, je vois. Juste pour finir sur ça et après, on prendra des questions. Là, si je comprends bien, le métier de coordinatrice de parcours, c'est quand même beaucoup plus global. Vous accompagnez les personnes dans un peu un parcours de vie ou une trajectoire un peu plus holistique, j'ai envie de dire. C'est ça, c'est moins ponctuel, en fait. Si je dois un peu C'est mitigé parce qu'à la fois, on a quand même plusieurs accompagnements.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Effectivement, il n'y a pas ce côté ponctuel. Ou alors c'est une coordination avec plusieurs acteurs ? Oui, c'est la coordination avec plusieurs acteurs. En fait, coordonner les actions qu'on met en place.

Gaelle (Chance)

Ok, ça marche. Il y a beaucoup de questions sur le concours. Je crois que ça intéresse beaucoup nos auditeurs. Il y a Stéphanie qui demande combien d'années d'école après avoir eu le concours et Carole qui n'était pas sûre s'il fallait passer en concours, mais c'est Je crois que... Voilà, votre caméra est revenue. Ici, il fallait passer un concours. En gros, il y a des questions autour du concours et d'après, combien d'années d'école ?

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Il n'y a plus de concours. Je ne saurais pas vous dire, je Je ne voudrais pas vous dire de bêtises, mais là, il n'y a plus de concours. Je sais que maintenant, les admissions se font via Parcoursup, pour ceux qui sont nt d'études. Et pour ceux qui feraient une reconversion, il faut qu'ils contactent directement les écoles qu'ils souhaitent intégrer pour voir avec les écoles quel est le processus pour pouvoir entrer dans cette formation. Et selon les établissements, il peut y avoir un jury d'admission. Oui, c'est ce que- Mais a priori, ce n'est pas dans tous les établissements.

Gaelle (Chance)

Ok, donc ça dépend vraiment des établissements. Il faut contacter au cas par cas les établissements Voilà. Ça marche. Du coup, comment devenir assistante sociale ?

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Aujourd'hui, le nombre d'années d'études.

Gaelle (Chance)

Je crois qu'il y a un petit décalage, pardon.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Je vais couper la caméra, je pense qu'il y aura moins de décalage.

Gaelle (Chance)

Effectivement.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Je disais, le nombre d'années d'études, c'est trois ans. Trois ans d'études. Après, selon le parcours qu'on a, il peut y avoir des aménagements durant les études. Je pense que si on a fait, admettons, une licence sociologie ou des études un peu sur le volet social, je pense qu'il y a un aménagement, donc pareil, à se renseigner au niveau de l'école. Je suis désolée Gaëlle, j'ai oublié votre deuxième question.

Gaelle (Chance)

Non, c'était ça. C'était sur Comment devenir assistante sociale aujourd'hui ? Vous y avez répondu.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Ok.

Gaelle (Chance)

Je vois d'autres questions qui sont... Axelle qui demande: Comment gérez-vous le stress et les défis émotionnelle liée à ce métier ? C'est vrai que ça va aussi avec, je pense, l'équilibre vie personnelle/vie professionnelle. C'est un métier qui est assez exigeant émotionnellement. Il y a des questions autour de ça.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

D'accord. Déjà, je pense qu'il y a une part personnelle. Moi, je sais que j'ai réussi à trouver un équilibre vie professionnelle/vie personnelle qui me convient. J'ai toujours été dans des des postes et des structures dans lesquelles j'avais quand même pas mal de congés. Je ne suis pas à plaindre sur les congés. Autant le salaire, on sait très bien qu'on ne fait pas ce genre de métier vraiment pour le salaire. Même si moi, j'arrive à m'y retrouver quand même. On peut toujours essayer de négocier avec l'ancienneté et tout ça, il y a des choses possibles. Mais par contre, au niveau des congés, j'ai toujours été satisfaite. Comme je suis quelqu'un qui aime beaucoup voyager, c'est une façon mine de rien de prendre du recul, d'avoir des espaces libérés, de ne pas avoir la tête dans le guidon tout le temps. Une équipe bienveillante aussi. Je pense que c'est super dans tous les métiers, mais encore plus dans des métiers du social et du soin. Pouvoir se reposer, parfois se décharger aussi au niveau de l'équipe, au de la hiérarchie. Il y a des structures qui mettent en place aussi des groupes d'analyse de la pratique. Ça, c'est l'occasion de pouvoir échanger sur sa pratique professionnelle, se questionner aussi sur les situations Qu'est-ce qui nous a marqué, comment on les a gérés ?

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Je trouve qu'il peut y avoir aussi un travail personnel à l'extérieur, peut-être par une psychanalyse, une psychothérapie. Chacun trouve les moyens qui peuvent convenir, mais on travaille... En fait, on est notre propre outil de travail. On n'est pas des robots, donc même si, effectivement, l'idée, c'est de mettre autant que possible son affect et tout ça à distance. On est humains, il y a des situations qui nous touchent plus que d'autres. Il y a des situations sur lesquelles on est en difficulté. Ça nous renvoie à des choses personnelles, à un parcours de vie. Et de pouvoir déjà en avoir confiance et pouvoir essayer de les mettre à distance, travailler sur qu'est-ce que ça vient véhiculer chez nous. Je trouve qu'il ne faut pas hésiter à se questionner sur soi et trouver des outils, que ce soit dans le milieu professionnel et personnel, pour avoir des espaces.

Gaelle (Chance)

C'est très important, effectivement, d'essayer de trouver des moyens de rester équilibré et, comme vous dites aussi, d'avoir d'autres sources de ne pas être trop… de venir dans le guidon, des collègues, des voyages, d'autres choses aussi. Je pense que c'est très parlant. Il y a d'autres questions ? Carole qui demande, je ne sais pas si vous aurez la réponse, mais comment bien choisir son école ? Y en a-t-il des plus réputés que d'autres ?

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Non, j'aurais du mal à vous dire. Je sais qu'il y a des écoles qui proposent aussi en parallèle validation de licence. Donc peut-être voir déjà est-ce qu'on veut valider en parallèle autre chose, en sachant que ça demande peut-être plus de travail aussi, faire en fonction de la ville dans laquelle on se sent bien. Moi, à la base, quand je passais les concours, j'ai plutôt choisi en fonction des villes, en fonction du prix aussi. Il y a des écoles privées qui coûtent plus cher. Je pense que ça va être en fonction de ses ressources personnelles, de là où on envisage d'être en études. Ça peut aussi, si ça peut donner un outil en fonction des lieux de stage, j'aurais tendance, mais peut-être que je me trompe, à penser que forcément, à Paris, il y a une multitude de services différents dans lesquels on peut exercer. Et donc, si on a soif de découvertes, je trouve que les grandes villes peuvent être intéressantes dans ce sens-là. Mais en même temps, il y a aussi une pénurie d'assistantes sociales et donc, il faut aussi, en tant que stagiaire, pas venir compenser la pénurie. Je trouve qu'il faut choisir déjà une ville dans laquelle on se sent bien.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Penser aussi au budget, s'il faut financer un logement en parallèle des études. Il y a le côté personnel. Et après, sur les écoles, est-ce que vous voulez une plus petite promo, une promo plus grande ? Peut-être c'est un peu des outils qui peuvent vous aider à choisir.

Gaelle (Chance)

Ok, super, merci. C'est quand même très éclairant sur la question à se poser. Là, je continue. Il y a pas mal de questions. Pour vous, mais j'essaie quand même de répondre. Je prends une petite passion des personnes dans le chat. Puisque vous l'évoquez, quel est le salaire de départ ? Peut-être nous donner des fourchettes, je ne sais pas, mais ça m'intéresse, Tiffany.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Difficile à déterminer. Je crois que quand j'ai commencé, je Je ne sais pas là comme ça, mais je ne me souviens même plus trop. J'aurais tendance à dire peut-être 1400 net au départ, mais ça peut être moins aussi. Il ne faut pas...

Gaelle (Chance)

Ça dépend de la structure aussi, j'imagine.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Oui, ça dépend de la structure. Une association, ils auront peut-être moins de moyens que la fonction publique, mais encore que la fonction publique, il y a des différences selon le département dans lequel on est. Là, grosso modo, avec sept ans d'ancienneté reprise, mais en réalité un peu plus, j'arrive à un peu plus de 2 100.

Gaelle (Chance)

Ok.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Pour donner une idée. Mais je vous dis, moi, je suis dans du privé. Dans la fonction publique, je pense qu'on perçoit un peu mieux.

Gaelle (Chance)

D'accord. Stéphanie qui demande: Quel métier... C'est C'est compliqué comme question, mais quel métier, pour vous, se rapproche le plus d'assistante sociale sans passer par trois années d'études ?

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Je ne suis pas calée, non. Surtout les métiers du social, parce que c'est ESF, elles ont trois ans. Non, il y a moniteur éducateur, mais là, on est plus sur un volet éducatif, donc accompagnement au quotidien et tout, mais je sais que ça ne demande pas trois années d'études. Après, peut-être si les trois années d'études posent un souci, c'est peut-être plutôt de songer à faire une VAE, validation par acquis d'expérience. Et là, par exemple, moi, je sais qu'actuellement, j'ai une collègue qui, elle, a commencé au secrétariat, qui vient de passer coordinatrice, qu'on appelle coordinatrice d'appui, et son projet est de devenir assistante sociale. Donc, elle est en train de progressivement de monter un peu les échelons et elle va pouvoir faire une VAE. Donc, peut-être d'aller dans une structure qui permet ça.

Gaelle (Chance)

Ok, oui, des passerelles.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Ouais. Ça marche. Il existe aussi des BTS, je sais, mais je sais qu'il y a aussi un DU des carrières et sociales, mais je crois qu'il se fait sur deux ans. J'aurais peur de vous dire des bêtises.

Gaelle (Chance)

Ok. Axelle qui nous demande: Quel type de reconnaissance ou de valorisation aimeriez-vous voir pour les assistants sociaux ? Je ne sais pas si c'est économique ou politique. Je ne sais pas si vous êtes à la question.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Oui, ça, c'est très large. Forcément qu'on aimerait un salaire... Une baguette magique. Comment ?

Gaelle (Chance)

Si vous aviez une baguette magique, qu'est-ce que vous choisiriez ?

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Forcément un salaire plus à la hauteur quand même de ce qu'on fait. Après, Comme je dis, moi, j'arrive à m'y retrouver parce qu'à côté de ça, j'ai des congés et pour moi, ça n'a pas de prix. Je me suis toujours dit: Je préfère avoir plus de congés et moins de salaire. Donc, en fait, ça dépend comment chacun s'y retrouve. Forcément, plus de moyens, là, il ne faut pas se leurrer. Les écoles ont de plus en plus de mal à trouver des étudiants assistants sociaux. Je ne sais pas pourquoi ce métier est autant déserté. Je pense qu'on souffre aussi des clichés, des reportages des idées... Comment on dit ?. Oui, et puis même des raccourcis, des raccourcis de pensée.

Gaelle (Chance)

Une assistante sociale, c'est des enfants.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Une assistante sociale, elle va être là pour faire les papiers. Non, il y a une multitude d'endroits dans lesquels on peut travailler. Il n'y a pas que de la protection de l'enfance, il n'y a pas que de l'administratif. Vous voyez, moi, je suis assistante sociale, mais je suis passée coordinatrice. On peut devenir un jour chef de service. Il y Il y a des belles perspectives, mais je pense qu'on souffre un petit peu de tout ça. J'ai l'impression que... J'ai l'impression d'être vieille, pas du tout, mais que les générations recherchent plus de reconnaissance par le salaire aujourd'hui. Et du coup, forcément, les métiers du social, on ne va pas gagner le même montant qu'un commercial, par exemple. Mais après, c'est le sens qu'on y trouve. Moi, j'y trouve un sens, j'y trouve des perspectives et je sais que mon salaire finira par augmenter. Il augmente déjà, mais la reconnaissance, ce serait des moyens humains, plus de salaire, mais en même temps, je n'ai pas envie d'en être à arrêter ce métier pour le moment pour ça, sinon je crois qu'on n'en finirait pas.

Gaelle (Chance)

Justement, à propos du sens, c'est intéressant ce que vous dites parce que chez Chance, on travaille beaucoup sur la question du sens, le sens au travail en disant qu'un travail, ce n'est justement pas qu'un métier, vous venez de le dire, mais ça peut être aussi une finalité. Quelle fin, quelle mission je me donne ? Dans quoi je mets mon énergie ? Quel environnement ? Quel type d'entreprise ? Quelle culture d'entreprise ? Mais aussi quels impératifs ? Qu'est-ce qui est important pour moi ? Vous en parliez, les horaires. Avoir une vie, pouvoir faire d'autres choses à côté. Si vous deviez un peu parler de ça, Quel sens vous donnez aujourd'hui ? Où est-ce que vous trouvez du sens dans votre travail ? Vous l'avez évoqué, mais c'est intéressant si vous pouvez détaillir un peu cette partie.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Le sens, il y a déjà une utilité sociale. Forcément, on fait quelque chose dans lequel on est investi. On donne de sa personne, mais encore que... Moi, je sais que j'apprends à ne plus donner. Je trouve qu'on n'est pas non plus dans le don de soi. Au début, je pense qu'on est un peu dans cette idée: Je vais aller sauver. Je vais peut-être aller aussi des fois réparer mon histoire. Je pense qu'on ne choisit pas les métiers par hasard. Et petit à petit, on apprend qu'on ne pourra pas mettre toute cette énergie là-dedans et qu'il faut apprendre à ne pas être dans ce don de soi, mais pour autant, on garde une utilité. Donc, le sens, je trouve que déjà, il est à ce niveau-là. Le sens que j'y trouve, je vous ai dit, moi, c'est dans l'adaptation des horaires. J'ai toujours eu des horaires assez flexibles. Donc, ça, c'est quand même un confort personnel. Le sens aussi, je trouve qu'il passe par le travail d'équipe. En tout cas, moi, personnellement, dans mes travails d'assistante sociale, je travaillais en équipe. Donc, on est individuellement sur les situations, mais on a une équipe avec laquelle on échange.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Il y a un chef de service, une direction et tout ça. Donc ça, en tout cas, moi, je m'y retrouve bien. Après, je trouve l'autonomie. Pour moi, le sens, je le trouve là aussi. Je trouve que c'est un métier dans lequel on est relativement autonome. Il n'y a personne derrière nous pour nous dire: Est-ce que nos entretiens sont bien ou pas ? Je trouve qu'il y a un certain libre arbitre quand même, dans l'idée de garder une éthique quand même. Mais même quand on se répartit, désolé, ce n'est pas très beau, mais quand des fois, on se répartit les situations. Là, par exemple, dans mon travail actuel, tous les mardis matins, on a une réunion, on présente toutes les situations et de là, on est plusieurs coordinatrices et on voit déjà laquelle peut prendre des situations et lesquelles nous parlent plus. Je trouve que dans le travail social, naturellement, on va aller sans s'en rendre compte mais plus vers des situations qui nous animent, des structures qui nous animent. Je trouve qu'on construit un peu avec ce qu'on est, on va naturellement vers ce qui nous plaît.

Gaelle (Chance)

Oui, hyper inspirant ce que vous dites.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Tant mieux.

Gaelle (Chance)

Il y a une question de Stéphanie et je voulais vous poser la même question, donc ça tombe bien. C'était quelles sont vos missions quotidiennes ? Si vous voulez nous faire une journée type, je ne sais pas s'il y en a une, justement, vu ce que vous venez de dire, mais quelles sont les missions sur lesquelles vous pouvez être amené en tant que coordinatrice à à participer, que vous pouvez être amené à faire ?

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Puis alors, coordinatrice, ce n'est pas purement assistante sociale.

Gaelle (Chance)

En tant qu'assistante sociale, je ne sais pas quelle est la question de Stéphanie.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

En tant qu'assistante sociale, Ça va dépendre. Admettons, en protection de l'enfance, c'est soit des situations qui nous viennent à travers le juge des enfants. Donc, on a une ordonnance du juge des enfants. On doit répondre à des objectifs bien précis sur en général un an de mesure. Et dans tout ce temps-là, le quotidien, ça va être de rencontrer les parents, de rencontrer les enfants, de mettre en place des activités par enfant pour recréer le lien par enfant, de faire des visites médiatisées, s'il y a une ordonnance de visites médiatisées dans certains cadres. En tant qu'assistante sociale de secteur, ça va être assurer des permanences dans lesquelles on va avoir peut-être quatre rendez-vous qui vont s'enchaîner et donc les personnes vont arriver avec leurs problématiques du moment. J'ai un impayé d'électricité, je subis des violences conjugales. Ça peut être très varié. Ça peut être rythmé par ses permanences, tout comme on peut faire des visites à domicile. Ça, il faut bien l'avoir en tête qu'en tant qu'assistante sociale, on fait beaucoup de visites à domicile. On peut avoir autant des accompagnements ponctuels, quelqu'un qui arrive pour une demande d'aide financière, tout comme quelqu'un qu'on connaît depuis quatre ans parce qu'il a des difficultés à gérer son budget et que ça ne se fait pas d'un coup, d'un seul, parce que derrière, il y a des problématiques autres et qu'il faut déjà désamorcer ces problématiques.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

C'est rythmé aussi par l'accompagnement individuel, mais aussi par les réunions, les réunions d'équipe, les synthèses partenariales aussi. Donc, parler d'une situation sur laquelle on a besoin de se poser entre partenaires, de discuter d'objectifs communs, d'actions communes. Et donc là, on se réunit entre professionnels, on en échange. Ça peut être aussi beaucoup de rédactions, notamment en protection de l'enfance. On rédige beaucoup de rapports aux juges des enfants. Mais là, par exemple, moi, en tant que coordinatrice, je fais des signalements aussi pour les personnes vulnérables qui ont besoin d'une mesure de protection. Vous voyez, il y a un volet administratif où il va falloir: OK, on voit la personne, mais derrière, il faut traiter la demande, donc récupérer les documents et tout ça, et voler, visiter à domicile, travailler en partenariat et tout ça.

Gaelle (Chance)

Oui, il y a aussi un volet juridique, j'ai l'impression.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Oui, il y a le volet juridique. Déjà, nous, on est régie par par des lois, la protection de l'enfance, la lutte contre les exclusions. Il y a énormément de lois. Et puis oui, être en mesure. En fait, une de nos missions premières en tant que gestionnaire sociale, c'est l'accès aux droits. Donc, quand bien même la demande ne nous paraît pas adaptée, on se doit d'informer la personne de ses droits et de lui laisser la possibilité d'y accéder. Après, on n'est pas décisionnaire de: Est-ce qu'elle aura le droit à une aide financière, par exemple ? Ça, on n'est pas décisionnaire, mais on se doit de transmettre les informations nécessaires.

Gaelle (Chance)

Ok, ça marche. On va peut-être avoir une dernière question parce qu'il est 38. Stéphanie qui nous demande: Pouvez-vous nous résumer les trois années d'école, matières, stages, peut-être juste globalement, les matières. Je ne sais pas que vous avez les trois années d'école.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Il y a quatre domaines de compétences. Il y a tout ce qui est politique, sociale, partenariat, tout ce qui est pratiques professionnelles, donc comment on se positionne. Je sais qu'il y en a un sur le mémoire et l'autre, je ne sais plus. Désolée. En cours, il peut y avoir de la sociologie, de la psychologie, des politiques sociales, de la pratique professionnelle, donc des techniques d'entretien. Comment est-ce qu'on fait pour être dans une écoute active ? Comment on accueille la personne ? Des cours aussi au niveau de l'éthique, de la déontologie, parce qu'on est soumis au secret professionnel. Au niveau des stages, la première année, c'est un stage d'observation plutôt cours et au niveau de la deuxième et troisième année, là, c'est des stages longs, donc rémunérés. Il y a un stage dans lequel on doit faire une intervention collective, c'est-à-dire mener un projet collectif, mettre en place, soit aller voir ce qui se passe sur un territoire et établir un diagnostic de territoire, soit ça peut être moi, par exemple, j'avais organisé des vacances dans un centre social, donc avec les habitants du quartier, on avait Notre projet, c'était d'organiser les vacances, donc mobiliser les habitants, peut-être qu'ils aillent vendre des choses pour pouvoir financer leurs vacances.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Et on a un stage qui est centré sur l'accompagnement individuel, donc plus que je viens de décrire. On a un mémoire à rendre, on a plusieurs écrits à rendre, des oraux aussi à la fin.

Gaelle (Chance)

Ok, très clair, très complet. On va devoir conclure, mais moi, j'ai trouvé ça passionnant. Merci.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

J'espère que ça a pu éclairer et en même temps, donner le plus d'informations possible.

Gaelle (Chance)

Oui, j'ai l'impression que vous avez quand même répondu à pas mal de questions. Les gens dans le chat ont même trouvé ça très enrichissant. Juste pour conclure, je vous parle très rapidement d'une initiative qu'on vient de lancer chez Chance, qui s'appelle 3 minutes pour les autres. C'est gratuit. L'idée, c'est qu'en vous inscrivant, gratuitement, vous recevez chaque semaine une liste de 10 personnes personnalisées à qui vous pouvez donner un coup de pouce professionnel, c'est-à-dire parler de votre métier. C'est des gens qui ont des questions sur un métier comme ce qu'on vient de faire là, ou alors qui ont besoin de réseaux parce que, par exemple, ils changent de voie ou ils n'ont pas de réseau. Donc c'est donner du réseau à des gens qui n'ont pas. Et c'est une initiative qui prend trois minutes par semaine. On consulte les 10 profils et on choisit de les aider, si on peut ou pas. Et ça marche dans les deux sens. Ça veut dire que vous pouvez aider, mais aussi être aidé avec cette initiative-là. Donc c'est tout nouveau. On vient de lancer ça il y a un mois. Je vous mets le lien dans le chat si jamais ça vous intéresse.

Gaelle (Chance)

Et c'est toujours sur le même principe d'entraide professionnelle. Je vous dis merci beaucoup Marine pour votre temps. C'était vraiment passionnant. Merci à vous. Ça aurait éclairé plein de gens aussi qui nous écoutent.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

J'espère aussi. Au revoir.

Gaelle (Chance)

Bonne soirée. Au revoir. Bonne soirée.

Marine Lecomte (Assistante sociale)

Au revoir tout le monde.

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