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Charlotte (Chance)
Je crois que nous sommes en ligne. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Arthur. Ravi de t'avoir avec moi en cette fin de journée pour nous parler de ce super métier de boulanger. Merci d'être parmi nous. Bonjour Daphné, Alice, Lucile, Marion. Je vois Kola, Daniela. Bonjour à toutes les personnes qui sont en train de se connecter. Peut-être à Avant de démarrer, n'hésitez pas à nous mettre sur le tchat d'où vous nous écoutez. On aime beaucoup savoir d'où tout le monde nous écoute. Pour ma part, je suis dans la région d'Auvergne. Je ne sais pas ce qu'il en est pour toi, Arthur.
Arthur Charton (Boulanger)
Déjà, bonjour à toutes et à tous. Puis, merci de m'avoir convié à cet événement. Et pour ma part, je suis dans la région Île-de-France, du côté de Maison Alfort, dans le 94, pour ceux qui y situeront.
Charlotte (Chance)
Ok, génial. Je vois que Marion est à Poissy. Daphné est à Toulouse. Donc, merci à toutes et tous pour votre présence. Et merci encore à toi, Arthur, d'avoir répondu oui pour donner 30 minutes de ton temps. Sachez que le but de ce live est qu'il soit le plus interactif possible. Donc, n'hésitez vraiment pas à poser toutes vos questions au fur et à mesure et je les redistribuerai à Arthur qui vous répondra au fur et à mesure du live. Et peut-être pour commencer en introduction, pour toutes les personnes qui ne connaissent pas forcément Chance, nous sommes une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour aider chacun à trouver sa place dans le monde du travail et dans la société. Et on a plusieurs programmes d'accompagnement. Et le plus connu, c'est le bilan de compétences. Et durant ce bilan de compétences, on propose aux gens qui suivent le bilan d'aller se confronter à la réalité des métiers, justement pour en apprendre plus. Et c'est assez puissant, car c'est vrai que c'est en écoutant un professionnel ou une professionnelle parler de son métier qu'on se rend compte si ça nous énergise ou si, au contraire, on ne se projette pas.
Charlotte (Chance)
Et c'est ce qu'on vous propose de faire, justement, cette semaine, explorer ensemble plus de 50 métiers. Et aujourd'hui, à 17h18, c'est ton métier, Arthur, qu'on explore. Et du coup, je vais te laisser la parole peut-être pour nous parler dans un premier temps de ton parcours, de ce qui a fait que tu en es arrivé à ce métier de boulanger, et peut-être après, nous en dire plus sur ce métier. Merci encore pour ton temps.
Arthur Charton (Boulanger)
Pas de souci, avec grand plaisir. Moi, il faut savoir que je suis fils et petit-fils de boulanger. Du coup, j'ai eu la chance très jeune d'être vraiment en immersion dans le travail de boulanger. Ce qui m'a poussé à ce métier, finalement, c'est vraiment l'appétence pour le côté très pratique et manuel du métier. C'est vraiment ce qui m'a attiré. Il faut savoir aussi que j'ai commencé très jeune, à l'âge de 15 ans, donc sorti de collège. J'ai commencé à arriver sur le monde du travail, finalement, par le biais de l'apprentissage. Ce qui fait que j'ai commencé assez tôt. C'est un âge où c'est un peu délicat de se placer sur le monde du travail, de s'aiguiller vers qu'est-ce qui peut nous intéresser, nous plait, etc. Et moi, j'avais cette chance d'être au cœur du métier par l'intermédiaire de mon lien familial et ça m'a beaucoup facilité les choses. Et c'est un petit peu comme ça que je me suis retrouvé en boulangerie.
Charlotte (Chance)
Génial. Merci pour cette introduction. Et qu'est-ce que c'est que ce métier de boulanger ? Est-ce que tu peux nous en parler ? Est-ce que tu peux aussi nous parler peut-être de tes journées ? J'imagine qu'elles ne se ressemblent pas. Est-ce que tu peux nous parler de ton quotidien, de tes missions ? Qu'est-ce que tu fais dans le cadre de ce métier ?
Arthur Charton (Boulanger)
Bien sûr. Il faut savoir que j'ai un petit peu évolué professionnellement. En gros, Ça fait maintenant 17 ans que je suis dans le milieu de la boulangerie, on va dire. Et j'ai commencé vraiment comme boulanger artisan classique traditionnelle. Donc typiquement, la petite boulangerie qu'il peut y avoir au coin de votre rue, dans votre quartier, etc. Ensuite, je me suis orienté un petit peu dans le milieu de la meunerie. La meunerie, c'est vraiment tout ce qui est fabrication de farine et fourniture de farine. Et là, du coup, les missions changent un petit peu. C'est-à-dire que j'avais toujours le titre de boulanger, mais mon rôle, c'était d'accompagner les clients, en l'occurrence les clients artisans de boulanger, pour les aider à faire évoluer un petit peu leur méthode de travail, les aider à utiliser au mieux la farine qu'on pouvait commercialiser. Et actuellement, moi, je travaille toujours en meunerie et je suis toujours en tant que boulanger, vraiment, mais je suis rattaché au service qualité du moulin pour lequel je travaille. Mon métier au quotidien, c'est actuellement vraiment de contrôler la qualité des farines qui sont envoyées chez nos clients, que ce soient des artisans ou des industriels de la boulangerie.
Arthur Charton (Boulanger)
Je peux vous parler d'une journée type aussi bien dans l'artisanat plutôt que boulanger-démonstrateur ou plutôt dans le contrôle qualité qui est ce que je fais actuellement. J'ai vu un petit peu tous les pans du métier. Je trouve que c'est ce qui peut être intéressant aussi, c'est que le métier, au final, est assez large et il y a pas mal de gens qui peuvent ne pas connaître tous les aspects qu'on peut avoir, parce qu'on se vient vraiment de l'artisanat jusqu'à l'industrie, avec pas mal de variables entre les deux. Pour vous décrire un petit peu une journée typique dans l'artisanat, c'est peut-être ce qui vous parlera le plus dans un premier temps. En gros, la première contrainte dans l'artisanat, c'est de satisfaire le client. La satisfaction du client, ça passe par avoir des rayons achalandés, que ce soit en petits pains, en viennoiserie, en baguette, etc, à l'heure d'ouverture fixée par la boutique. Ce qui fait que même si le métier a pas mal évolué, notamment ces dernières années, avec tout ce qui est utilisation du matériel avec du froid, etc, qui permet un petit peu de différer les heures de travail. Généralement, on a quand même tendance à commencer plutôt tôt.
Arthur Charton (Boulanger)
Il faut savoir qu'en général, la journée d'un boulanger, ça commence aux alentours de 4 à 5 heures du matin, puisque la plupart des boutiques ont des horaires d'ouverture situés entre 7 et 8 heures après, en fonction de la zone d'implantation. Par exemple, en région Île-de-France, les horaires sont un petit peu décalés, puisque les gens ont tendance à commencer plus tard et travailler plus tard. Là où dans des milieux un petit peu plus ruraux, on en tendance à commencer un petit peu plus tôt, mais dans les grandes lignes, on peut compter aux alentours de 4 à 5 heures du matin. Et en général, la journée du Blanchet, elle va commencer tout simplement par la division des pâtes qu'il aura préparées la veille. C'est-à-dire que c'est un métier qui se déroule généralement sur deux jours où à J-1, on va avoir tout ce qui est étapes de peser les ingrédients, farine, levure, sel, eau, etc. Pour ensuite enchaîner avec le pétrissage, l'action de mélanger les ingrédients pour former une pâte. Ensuite, on va laisser cette pâte reposée pendant environ 24 heures et le lendemain, vers 4h00, 5h00 du matin, on va commencer par diviser cette pâte en différents morceaux en fonction de la taille des pièces qu'on veut faire.
Arthur Charton (Boulanger)
Pour une baguette, par exemple, ça va être aux alentours de 330, 350 de 150 grammes. Ensuite, on va façonner la baguette, la laisser lever pour qu'elle prenne du volume. Et enfin, la mise au four avec la fameuse green, qu'on appelle la signature du boulanger, qui va donner cet aspect caractéristique à la la guette et la cuisson. Et après, on va avoir tendance à repréparer les pâtes pour le lendemain, en gros, pour faire vraiment très simple. Après, pour tout ce qui est partie viennoiserie, c'est un petit peu le même principe. On la veille, on laisse reposer et on façonne et on cuit le lendemain. C'est vraiment un métier qui se fait sur la durée.
Charlotte (Chance)
Génial. Merci beaucoup Arthur pour ce partage. Tu as déjà une question de Daphné qui te demande si le métier de boulanger en tant que tel, c'est beaucoup de sacrifices au niveau de la famille, des amis, notamment en termes d'impératifs de travail, que ce soit des horaires peut-être décalés, du travail quand les autres sont en Est-ce que tu peux peut-être nous parler un petit peu de cet aspect impératif du métier ?
Arthur Charton (Boulanger)
Tout à fait. C'est une bonne question et j'ai envie de dire, il n'y a pas une réponse vraiment explicite, que ce soit oui ou non. J'ai envie de dire, ça dépend énormément du contexte. Comme je disais, il n'y a pas deux boutiques qui se ressemblent exactement. Par exemple, typiquement, une boutique en centre-ville qui va fonctionner énormément, par exemple, avec une clientèle de bureaux et qui va faire, par exemple, énormément de snacking, etc, aura tendance à être ouverte du lundi au vendredi, mais pourra être fermée les samedis et les dimanches. Ce qui, pour des zones un petit peu plus rurales, ne sera pas le cas. Ou en milieu rural, on a beaucoup de boulangeries qui font une énorme part de leur chiffre d'affaires le dimanche. Et du coup, c'est difficile dans cette configuration de se priver d'une grosse partie du chiffre d'affaires. Il faut savoir qu'il y a beaucoup de boulangeries qui travaillent le samedi et le dimanche. Et du coup, dans ce type de configuration, effectivement, ça peut être un petit peu délicat de concilier une vie de famille. Même chose pour ce qui est des horaires. Il n'y a pas une règle absolue, mais de manière générale, la plupart des boulangers commencent quand même relativement aux alentours de 4, 5 heures.
Arthur Charton (Boulanger)
Mais il y a également des postes de journée qui existent, notamment sur tout ce qui est travail de la viennoiserie, puisque la viennoiserie, en gros, on peut pétrir, façonner en journée et cuire sur demande tout au fil de la journée, ce qui va permettre aux touriers, généralement, de travailler plus sur des horaires de journée, voire même légèrement décalé, notamment pour des contraintes d'espace, notamment en tout ce qui est centre-ville, etc, où on a des espaces un petit peu plus réduits en termes de superficie. On aura des postes de tourrier qui vont plutôt embaucher quand les premières équipes de boulangerie auront tendance à terminer aux alentours de 10, 11 heures du matin. Là, on sera plutôt sur des postes de journée et avec également la possibilité de ne pas travailler les samedis et les dimanches. Pour tout ce qui est jour férié, là encore, il n'y a pas de configuration qui se ressemble. Il y a des boutiques... Moi, par exemple, j'ai travaillé, à titre d'exemple, dans des boulangeries artisanales en Alsace. Et en Alsace, typiquement, il y a beaucoup de boulangeries qui sont fermées à Noël et le jour de l'An. Mais parce qu'il y a une réglementation un petit peu spécifique dans d'autres régions, par contre, il y a beaucoup de boutiques qui seront ouvertes et qui feront une grosse part de leur de chiffres aux périodes charnières.
Arthur Charton (Boulanger)
Donc tout ce qui est Saint-Nicolas, Noël, Nouvel An, Pâques, etc. Et du coup, des pics d'activités qui vont nécessiter de potentiellement travailler, voire plus travailler à ces périodes-là. Donc, il y Il y a des alternatives qui existent maintenant. Moi, à titre personnel, maintenant, avec le métier que je fais, j'ai des horaires beaucoup plus standards. Je commence par exemple en général à 7h00 du matin et aux alentours de 15h00, à peu de chose près, j'ai terminé ma journée. Mais quand j'ai commencé ma carrière et pendant mes dix premières années, je pouvais commencer aux alentours de 3 à 4 heures du matin, travailler les samedis et les dimanches et avoir par exemple le lundi en jour de repos. Il y a également des entreprises qui proposent de plus en Maintenant, ça se démocratise, justement pour attirer un petit peu de nouveaux profils, d'avoir le dimanche et une autre journée dans la semaine en jour de repos. Moi, actuellement, je ne travaille jamais les samedis, dimanches. J'ai cinq semaines de congés payés, plus de semaines de RTT. Il y a un petit peu toutes les configurations qui peuvent exister, mais effectivement, c'est quand même un métier, même si ça tend à se développer, qui peut entraîner un petit peu des sacrifices personnels pour répondre simplement aux demandes de la clientèle.
Charlotte (Chance)
Merci beaucoup, Arthur, pour ta réponse très complète. Je vois Yoris, peut-être pour compléter cet aspect impératif qui te demande quel est le salaire d'un boulanger et peut-être le temps de travail moyen. Si tu as une fourchette, tu...
Arthur Charton (Boulanger)
Aucun problème. Le salaire moyen, pareil, il peut y avoir de grosses variables en fonction de l'expérience de la zone de travail. En Île-de-France, les salaires ont tendance à être plus élevés. Ça dépendra aussi de votre niveau de qualification. Si vous êtes plutôt néophyque dans le métier, si vous avez des diplômes, puisqu'il faut savoir qu'il y a quand même plusieurs diplômes en boulangerie. On commence avec un CAP. Il peut y avoir tout ce qui est BP, mention complémentaire et ça peut aller jusqu'au brevet de maîtrise qui est une équivalentité dans ce bac+2. Donc, en fonction de son profil, de ses responsabilités aussi. Par exemple, si vous êtes responsable de production, forcément, vous aurez une charge de pression un petit peu supérieure, potentiellement un volume horaire un peu plus flexible, mais vous pourrez prétendre à des salaires plus plus important. Pour vous donner un ordre d'idée, pas plus tard que ce matin, j'ai demandé à un de mes amis, qui est chef d'entreprise, qui a sa propre boulangerie, qui recrute actuellement sur la région Alsace. Pour que vous puissiez un petit peu situer au niveau du coût de la vie, etc. Et en fonction du profil, on sera pour un poste avec des heures de nuit et avec deux jours de repos par semaine, dont le dimanche en fixe.
Arthur Charton (Boulanger)
En gros, toutes les semaines, vous aurez deux jours. Ça peut être le dimanche et le lundi ou un autre jour à définir selon votre convenance. Vous aurez une fourchette entre 28 et 35 k bruts annuelles avec des heures de nuit. En région Île-de-France, par exemple, typiquement Paris-intra-Muros, si vous êtes dans une boutique un petit peu si je veux, est-ce que vous avez une bonne expérience, etc. ? On peut aller sur des fourchettes beaucoup plus élevées, on peut facilement arriver à des 40 ou 45 k en brut annuel et avec des volumes horaires plus importants. Il faut savoir aussi qu'en boulangerie artisanale, en général, on part sur des contrats de 39 C'est très rare d'avoir des contrats à 35 heures. On sera sur du 39 heures et en général, sur les périodes de fortes activités, puisque l'activité est rarement parfaitement linéaire, comme je vous expliquais, sur les périodes de fêtes et de fortes activités, il y aura en général facilement possibilité d'avoir des volumes d'heures supplémentaires.
Charlotte (Chance)
Super. Merci beaucoup Arthur pour toutes ces précisions. Tu as aussi une question de Yoris qui te demande: Quel conseil tu pourrais donner à quelqu'un qui est intéressé par une reconversion, justement, dans la boulangerie ? Est-ce que tu as des idées de formation, d'école, éventuellement de stages ? Est-ce qu'il y a des choses que tu pourrais partager et recommander aux personnes qui nous écoutent et qui veulent se lancer vers ton métier ?
Arthur Charton (Boulanger)
Déjà, il faut savoir que quand j'étais démonstrateur, j'ai accompagné beaucoup de personnes, justement, qui souhaitaient faire des reconversions. Il ne faut vraiment pas vous mettre en Je reviens très loin là-dessus. Moi, justement, j'avais un a priori très positif vis-à-vis des personnes issues de la reconversion, puisqu'elles peuvent avoir justement un regard neuf sur le métier et apporter beaucoup de nouveauté et de fraîcheur. Donc vraiment, si vous avez envie de vous reconvertir, vous ne mettez pas de barrière à ce niveau-là. Ensuite, pour ce qui est de la formation, avec vos comptes de formation, vous pouvez financer des formations, notamment dans les écoles de boulangerie. Je vais en citer quelques unes, je ne fais pas de pub, je ne travaille pas pour eux, mais il peut y avoir notamment l'École de la boulangerie à Paris, qui est financée C'est par les Grands Blancs de Paris. Vous pouvez aussi avoir Ferrandi. Il y a également l'INBP, pour vous donner un ordre d'idées de durée de formation. Pour vous donner un ordre d'idée de durée de formation, pour un CAP, un BP à l'INBP, vous serez sur une formation à temps plein d'un an. Pour moi, c'est un petit peu le service minimum.
Arthur Charton (Boulanger)
Après, j'aurais tendance à conseiller aux gens qui souhaitent se reconvertir, même si la finalité de votre projet, c'est d'avoir votre propre boutique. C'est: Faites déjà une formation d'un deux ans, vraiment en école. Vous aurez un cadre scolaire avec des formateurs qui vont vraiment vous apprendre les bases du métier. Et ensuite, n'hésitez pas à faire quelques postes dans différentes boutiques. Ça vous permettra d'acquérir une expérience plutôt variée. N'hésitez pas à changer également de faire, par exemple, six mois dans une entreprise, puis six mois dans une autre. Ça vous confrontera à la réalité du métier et ça vous aidera à vous faire votre propre opinion aussi sur qu'est-ce qui vous plaît vraiment, qu'est-ce qui peut être un frein pour vous. Parce que comme je l'ai expliqué précédemment, il n'y a pas deux boutiques qui travaillent de la même manière. Il y en a qui commencent très tôt, d'autres plus tard. En fonction aussi de qu'est-ce qui vous plaît dans le métier. Tout simplement, il y a certains types de produits, certains types de gammes qui pourront vous attirer plus que d'autres. Donc je pense que c'est vraiment important de ne pas s'arrêter simplement à une formation scolaire, même si c'est pour moi la base, et de ne pas hésiter, justement, à peaufiner un petit peu son expérience en intégrant différentes entreprises derrière.
Charlotte (Chance)
Génial. Merci beaucoup, Arthur. Je vois aussi une question de Marion qui te demande: Aujourd'hui, avec ton évolution de métier, quelles sont tes missions ? Peux-tu nous parler d'une journée type ? Tu en as un petit peu parlé tout à l'heure. Peut-être que Marion vient d'arriver, peut-être rapidement.
Arthur Charton (Boulanger)
Pas de souci, j'essaie d'être rapide. En gros, je travaille pour un moulin. Donc le moulin fabrique de la farine et moi, mon rôle, c'est de tester la farine. Donc chaque journée, je récupère les échantillons de farine produites par le moulin. Ça peut être une farine pour faire une baguette de tradition, des croissants, des guns, de la brioche, etc. Je récupère ces échantillons aux alentours de 7h00. Je les récupère, je les référence. Ça, c'est très important parce que vraiment, je suis rattaché à l'équipe qualité, donc il faut avoir un suivi strict. Et je vais lancer les panifications. Je vais faire des essais, par exemple une farine à croissant. Là, je vais faire des croissants avec et je vais noter et rapporter tout ce que je constate. Est-ce que la farine est conforme ? Est-ce que j'obtiens le résultat attendu avec la farine ? Ensuite, je vais synthétiser tous ces résultats, les intégrer dans des fiches qu'on conserve pour la traçabilité, etc. S'il y a des problématiques, on a des réunions de qualité avec les différents services, que ce soit la production, les laboratoires. Et tous ensemble, on va échanger pour savoir est-ce que la farine est conforme ou pas et si elle ne l'est pas, quelles solutions on va pouvoir apporter pour la corriger, pour pouvoir la libérer et l'envoyer en clientèle.
Arthur Charton (Boulanger)
Voilà pour faire un petit résumé simple. Après, j'ai aussi une partie où je vais en clientèle, notamment en emploi chez des clients industriels C'était quelques-uns, pour vous donner un ordre d'idée. Harris, Pasquier, ça peut être également Bimbo. C'est tout ce qui est pain, burger pour McDonald, Burger King, etc. Et où là, vraiment, on est sur des lignes industrielles et on vérifie que la farine répond aux exigences du client, pour faire quelque chose de synthétique.
Charlotte (Chance)
Super. Merci beaucoup, Arnaud. Je crois que... Non, ce n'était pas Arnaud, c'était C'était Marion qui posait une question. Daphné, question bête, mais dans une année de formation, tu apprends à la fois à faire différents pains, mais apprends-tu aussi tout ce qui est viennoiserie ?
Arthur Charton (Boulanger)
Il faut savoir que la partie boulangerie, ça englobe également la viennoiserie. Donc, si vous faites une année de formation, par exemple, année NBP ou faire un 10, etc, vous aurez aussi bien l'aspect pain que l'aspect viennoiserie. Et dans le pain, j'inclue également tout ce qui est pain spéciaux, différentes variantes, etc. Par contre, ce que vous ne ferez pas ou que vous allez vraiment survoler, c'est la partie pâtisserie. Ça, c'est vraiment deux choses distinctes, la boulangerie qui inclue également la viennoiserie et la pâtisserie, même s'il y a quelques petits trous en commun. Vous aurez vraiment deux formations différentes à faire si les deux métiers vous intéressent.
Charlotte (Chance)
Super. Merci beaucoup Daphné pour votre question. Et ce n'est d'ailleurs pas du tout une question bête. Je pense que c'est important de de le savoir, notamment quand on se lance dans une formation. Et Arthur, peut-être une question: est-ce que tu peux nous parler de ce qui te fait vibrer, toi, au quotidien ? Quelles sont les choses que tu prends plaisir à faire dans le cadre de ton métier ? Et peut-être, à l'inverse, les difficultés, peut-être, du métier que tu rencontres dans ton quotidien pour avoir peut-être un Un équilibre entre les deux, ce qui te plait, ce qui t'énergise et puis à la fois, peut-être, les côtés difficiles comme il y en a dans chaque métier.
Arthur Charton (Boulanger)
Dans chaque métier, bien sûr. Ce qui me plaît vraiment le plus, moi, c'est l'aspect très concret du métier. Et ça, ça a été le cas au temps quand j'étais dans l'artisanat que présentement, on contrôle qualité. En fait, on a vraiment cet aspect où on visualise, où on peut vraiment palper ce qu'on fabrique tout simplement, puisqu'on démarre avec des ingrédients de base: farine, eau, levure, sel, etc. Et on arrive vraiment sur un produit fini qui est totalement différent. Et du coup, il y a vraiment, je trouve en tout cas personnellement, une forte valeur ajoutée de la part de celui qui fabrique le pain. Et ça, c'est quelque chose qui m'a toujours beaucoup plu. Ensuite, c'est vraiment un métier très sensoriel. On on touche la pâte, on la façonne, etc. Et moi, que ce soit à 15 ans, quand je fais comment c'est dans le métier ou actuellement, c'est toujours quelque chose qui est très important et qui me plaît énormément dans ce métier. C'est vraiment le côté très concret, très manuel, et c'est quelque chose dont, honnêtement, je ne pourrais pas me passer. Après, en aspect un petit peu plus négatif, mes débuts dans le métier, clairement, les horaires et les contraintes de travail, ce n'est pas évident.
Arthur Charton (Boulanger)
Quand on a 15 ans, on commence à travailler de nuit, on a ses copains qui peuvent être au lycée, etc. Et on se retrouve à pas avoir de congés scolaires, à avoir des vacances pas forcément quand on le veut, mais aussi quand c'est possible de les prendre dans l'entreprise. Ça, c'est quelque chose qui a été un petit peu difficile au démarrage. Et de la même manière, quand on avance un petit peu dans la vie et avec une vie à deux, de famille, etc. Ça peut être des contraintes un petit peu difficiles à surmonter, d'être tout le temps en décalage. Ça a d'ailleurs été une des sources de motivation pour moi de me diversifier un petit peu de mon activité professionnelle pour quelque chose d'un petit peu plus souple au niveau des horaires et des contraintes. Ça, c'est vrai que ça peut être un aspect un petit peu difficile du métier, tout ce qui est contraintes, horaires, etc.
Charlotte (Chance)
Super. Merci beaucoup, Arthur, pour cette réponse encore super détaillée. Je Je vois que l'heure tourne un tout petit peu. Est-ce que tu aurais un conseil ou des conseils à donner à des personnes qui souhaiteraient se lancer dans ce métier ? Qu'est-ce que tu pourrais leur partager pour se lancer le plus sereinement possible ?
Arthur Charton (Boulanger)
Déjà, de prendre le maximum d'infos possible, parce que c'est vrai que notamment, maintenant, avec tout ce qui est émission de télé, ça a été très médiatisé, que ce soit la boulangerie ou la pâtisserie. Du coup, on peut avoir un regard parfois un petit peu biaisé. Je pense que c'est vraiment important, dans la mesure du possible, de confronter l'image qu'on a du métier avec la réalité. Ne pas hésiter non plus à se lancer parce que vraiment, c'est un beau métier et il y a vraiment beaucoup de choses à voir dedans. Il y a mille et une façons de travailler. C'est un métier très gratifiant, je trouve. Donc vraiment, n'hésitez pas à vous lancer. Par contre, de manière impérative, je vous dirais vraiment, faites-vous aider, n'hésitez pas à vous former au début, à solliciter des professionnels. Il y a beaucoup de professionnels qui seront vraiment ravis de partager leur expérience ou de nous donner des conseils, etc. Il y a énormément d'écoles de boulangerie qui ont des partenariats avec des patrons déjà installés et qui font des systèmes de stage comme ça où vous allez passer quelques mois à l'entreprise. Et franchement, il n'y a pas de meilleure réalité que le terrain pour se faire une idée du métier.
Charlotte (Chance)
Génial. Et est-ce que peut-être, est-ce que je peux noter éventuellement quelques écoles, formations par écrits, peut-être, pour donner quelques idées aux personnes qui souhaiteraient se lancer ? Pour garder des choses ? Bien sûr.
Arthur Charton (Boulanger)
En premier lieu, j'aurais tendance... Pour le jeune public, évidemment, ce sera les CFA, mais pour un public un petit peu plus âgé, ce sera tout ce qui est INBP, par exemple, l'Institut National de Boulangerie-Pâtisserie, qui se trouve à Rouen, en l'occurrence. Il y également Ferrandi. Ferrandi qui est une école assez connue. Pareil, tous ces métiers de bouche, ils ne sont pas uniquement spécialisés en boulangerie, mais ils proposent des formations et c'est plutôt pertinent, à mon avis. Il y a également l'École de boulangerie-pâtisserie. Ça, ça se situe à Paris. Il y a également, j'ai oublié son nom, une école de boulangerie à Aurillac également, qui fait des plutôt bonnes choses. J'ai déjà eu l'occasion d'avoir des stagiaires issus de cette école et qui étaient plutôt satisfaits de leur formation. Si je peux citer quelques noms. C'est ceux-là qui me viennent en tête le prime abord.
Charlotte (Chance)
Super, génial. Merci beaucoup. Merci beaucoup, Arthur. Je ne sais pas s'il reste quelques petites questions. Il nous reste deux minutes avant de conclure, donc n'hésitez pas. Je sais que... Est-ce que j'avais vu ? Oui, je n'avais pas vu la question de Yoris. Est-ce que durant ces différentes formations, on peut travailler en parallèle dans une boulangerie ? Je cette question dans l'idée d'avoir un revenu le temps de cette formation et continuer tout simplement à pouvoir vivre en parallèle de ma formation.
Arthur Charton (Boulanger)
Ça dépendra notamment de votre âge. Si vous êtes plutôt jeune, il y aura énormément d'aide et de financement pour faire un apprentissage, donc il y aura une alternance entre scolarité et période en entreprise, mais malheureusement, quand on est un petit peu plus âgé, plus âgé, je parle au-delà de 18 ans, 20 ans, plus on est âgé, plus les aides sont et du coup, ce sera plus difficile de trouver un patron en alternance pour faire un apprentissage et avoir un revenu quand on a 25, 30 ans que quand on en a 18. Après, toutes les écoles de formation, tout ce qui est INBP, etc, vous aurez des phases en entreprise, mais qui ne seront malheureusement pas rémunérés. C'est vrai que si vous n'avez pas de CPF ou de choses comme ça, ça peut être un petit peu un frein, j'avoue, effectivement.
Charlotte (Chance)
Ok, merci beaucoup Arthur. Je pense qu'en effet, c'est bon à savoir. Je vois Gaïa qui est en train peut-être de nous partager une question. Je vois quelqu'un en train d'écrire, donc n'hésitez surtout pas. En tout cas, merci Arthur pour ton temps précieux. Avec plaisir. Merci pour ces 30 minutes. Je pense que c'est un métier qui intéresse beaucoup de monde. Donc merci beaucoup. Merci à toutes et tous aussi pour les questions. Je vois Gaia qui dit qu'elle souhaitait simplement vous remercier. Donc, te remercier, Arthur. Avec plaisir. Merci Arthur. Merci à toutes les personnes qui ont été présentes en cette fin d'après-midi. Merci également pour vos questions. Et encore merci Arthur pour ton partage. Et peut-être Pour toutes les personnes qui souhaitent rejoindre la communauté d'entraide professionnelle de Chance, nous avons mis en place une initiative qui s'appelle 3 Minutes pour les Autres, pour vous permettre, si vous le souhaitez, d'apporter un coup de pouce dans le cheminement professionnel de de quelqu'un et également de demander un coup de pouce professionnel, que ce soit pour en savoir plus sur un métier, pour obtenir un stage. Je pense à toutes les personnes qui peut-être se reconvertiront vers ce métier, qui ont besoin d'un stage, etc.
Charlotte (Chance)
Sachez que vous pouvez rejoindre la communauté d'entraide. C'est gratuit et c'est fait pour ça. Je vous mets dans le chat juste le lien pour rejoindre cette belle communauté d'entraide professionnelle. Merci encore tout le monde. Merci encore à toi, Arthur, pour ton temps et toutes ces belles informations sur ce chouette métier.
Arthur Charton (Boulanger)
Merci beaucoup pour l'invitation. Et merci à toutes celles et ceux qui ont participé au live.
Charlotte (Chance)
Merci beaucoup. Je vous souhaite une très bonne fin de journée et à très bientôt. Merci encore, Arthur. À bientôt tout le monde. Au revoir. Au revoir.
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