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Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouveau live métier avec Camille. Bonjour Camille.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Bonjour.
Marine (Chance)
Moi, c'est Marine, je travaille chez Chance. Pour celles et ceux qui ne nous connaissent pas, on a un bilan de compétences et une communauté d'entraide pour aider chacun à trouver sa place dans le monde du travail ou à réajuster ce qui doit l'être dans son travail. L'idée du live, c'est qu'il soit interactif. Donc surtout, n'hésitez pas au fur et à mesure à poser des questions. On y répondra avec plaisir. Et donc là, on va explorer le métier de capitaine de police avec Camille. Donc, j'ai hâte parce que c'est vrai que c'est un métier qu'on connaît un peu tous et toutes par les séries télé, mais c'est chouette d'avoir un témoignage terrain. N'hésitez pas dans le chat à nous dire d'où vous nous écoutez. Je sais qu'il y a des gens de France et d'ailleurs. Et aussi les raisons pour lesquelles vous êtes là. Est-ce que c'est de la curiosité ? Est-ce que c'est parce que vous songez é é éventuellement à exercer ce métier ? C'est toujours chouette de savoir les raisons pour lesquelles vous êtes Ça, c'est ça. Pour commencer, Camille, est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours et comment tu es arrivé à exercer le métier de, peut-être pas d'ailleurs dès le début, de capitaine de police ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, bien sûr. Moi, j'ai toujours voulu être dans la police depuis que je suis petite. C'est quelque chose qui est venu comme ça. Je n'ai pas de membre de ma famille qui m'a attirée dans la police. C'était vraiment une envie personnelle. Pour ça j'ai passé le bac et après le bac, j'ai fait des études de droit pendant cinq ans à Paris. Et suite à ça, j'ai passé le concours d'officier de police. Il faut juste savoir, je précise, pour être dans la police, il y a plusieurs voies pour rentrer. Moi, je suis officier, c'est un niveau bac+3, mais il y a aussi les gardiens de la paix qui sont eux niveau bac et après, commissaires qui sont bac+5. Pourquoi ? Moi, je suis rentré entre les deux, le concours d'officier. Et à l'issue, Donc, du concours, il y a un an et demi d'école de police où on est dans un centre, on vit là-bas, on y vit pendant un an et demi. Il y a des stages quand même qui sont exercés sur le terrain aussi de façon régulière et on apprend la procédure, comment être policier. Et suite à ça, il y a une liste de postes qui tombe à la fin de la formation.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Et en fonction du classement dans l'école, on choisit son poste de sortie d'école. Donc, Moi, en sortie d'école, j'ai été affectée en commissariat dans le 94, où j'ai fait un peu des petites enquêtes. Je voulais faire des enquêtes, donc moi, j'ai fait une carrière qu'on appelle judiciaire, parce que dans la police, on peut être plus voie publique, donc terrain, ou plus investigation et enquête, c'est ce que moi, j'ai choisi. Donc, j'ai commencé comme ça. Après, je me suis spécifiée, j'ai été plus à l'antiterrorisme dans un service judiciaire un peu plus poussé. Après ça, j'ai été à la brigade des fugitifs, toujours en enquête. Et là, maintenant, je suis en poste à Londres, un poste qu'on appelle officier de liaison. On fait le lien pour les grosses enquêtes entre la France et le Royaume-Uni.
Marine (Chance)
Génial, passionnant. Quand tu as commencé, on comprend que tu t'es spécialisée enquête plutôt que thérapie. Tu dis si j'ai des bêtises.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Non, c'est ça.
Marine (Chance)
Est-ce que tu peux nous raconter c'est quoi un peu le quotidien ou une semaine type de comment ça se passe quand on est enquêteur ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
L'intérêt, justement, d'être enquêteur, c'est de ne pas avoir de semaine type. Ça dépend vraiment du service dans lequel on se trouve, puisque la police, c'est quand même Le gros avantage, c'est que ce n'est pas un métier. Il y a vraiment en fonction de là où on est et ça peut être vraiment très différent. Et on peut changer de fonction. Moi, c'est ce que j'ai fait. J'en suis à mon quatrième poste. Donc vraiment, ça permet d'avoir quand même un panel hyper large et de faire des choses très, très différentes. Donc ça dépend vraiment la semaine type. Mais bon, pour parler des services judiciaires un peu plus poussés qui sont un peu ceux où on fait des enquêtes importantes. Alors évidemment, on a beaucoup de temps derrière les ordinateurs. Les enquêtes, ça ne se fait pas que dehors avec une loupe à chercher des indices. Ce n'est pas exactement comme ça. Bien sûr, il y a une partie extérieure. Donc quand il y a un événement, que ce soit à un domicile ou quelque ou quelque chose comme ça, on sort, on rassemble les preuves, bien sûr, avec la police technique et scientifique. On fait aussi ce qu'on appelle des surveillances.
Camille Fournier (Capitaine de police)
On fait des interpellations, on fait des perquisitions, mais il y a beaucoup de temps qui est passé à écrire, à faire des recherches depuis notre bureau. Il faut savoir qu'on fait ce qu'on appelle des procès-verbaux. Donc, tout ce qu'on fait sur le terrain ou en enquête au service, on le met sur papier. Donc ça aussi, ça prend beaucoup de temps. On est en contact avec les juges et à la fin, on leur donne notre procédure. Donc, il y a beaucoup de choses qui sont écrites et ça prend un certain temps. Donc en vrai, dépendant bien sûr des services où on va, mais moi, globalement, j'avais 70% de bureaux et 30% de terrains pour les services que moi, j'ai choisis. Ça peut être beaucoup plus. Il y a des services qui sont 100% terrain et des services qui sont 100% bureau.
Marine (Chance)
Hyper intéressant. Tu es spécialisée sur des types Un cas de particulier ou c'est vraiment tout ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Aujourd'hui, oui, je suis spécialisée dans ce qu'on appelle la criminalité organisée. Avant, j'étais spécialisée dans la recherche des fugitifs et encore avant dans le terrorisme. Bien sûr, il y a plein de branches et en fonction du service où on est, on peut avoir des degrés de spécialisation plus ou moins poussés. Quand on parle de commissariat, par exemple, comme j'ai commencé, on traite tout. C'est très large parce que c'est tout ce qui vient. Ça peut être un vol de sac à main, ça peut être une agression sexuelle, ça peut être plein de choses différentes. Et après, plus on se spécialise. Après, il y a des services au niveau du département où là, on se spécialise un peu plus. On peut choisir les stupéfiants, on peut choisir les violences aux personnes. Et après, quand on est encore plus spécialisé dans ce qu'on appelle les brigades centralisées, là, on fait vraiment un type d'enquête très précis, comme moi, ce que j'ai fait avec le terrorisme ou avec les fugitifs, et aujourd'hui, la criminalité organisée. Mais ça, c'est vraiment un choix personnel. Si on a envie de tout traiter et de faire un panel plus large, il y a plein de services qui proposent de faire OK, c'est passionnant.
Marine (Chance)
Je vois qu'il y a une question de Lena qui demande: Est-ce que c'est plus ou moins difficile d'accéder à certaines branches ? Est-ce qu'il y a aussi des classements ou des candidatures ou c'est ouvert ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
C'est une très bonne question. Pour passer justement d'un service, ce qu'on appelle un service à l'autre, il n'y a pas du tout de... Sauf les services très spécifiques qui sont par exemple le RAID et la BRI, les services d'intervention, il n'y a pas d'autres examens. Une fois qu'on est dans la police, moi, une fois qu'on est officier, j'ai accès à tous les postes d'officier Je peux aller à la brigade fluvial, à la brigade canine, je peux être CRS, je peux être officier d'enquête, il n'y a pas d'examen complémentaire. La condition, par contre, c'est que c'est comme des entretiens. On se présente Deux fois par an, il y a ce qu'on appelle des postes qui sont proposés. C'est une liste qui tombe. On a tous accès, tous les gens de la police ont accès, on regarde et en fonction de notre ancienneté, on peut postuler sur tel ou tel poste. Et donc après, quand on a trouvé un poste qui nous intéresse, on postule et on fait un entretien avec avec les autres qui sont intéressés par le poste, des autres officiers, des autres services et après, on est retenus ou pas retenus. C'est comme ça que ça fonctionne.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Mais il n'y a pas de qualification particulière à avoir. Une fois qu'on a eu le concours, après, on a accès à tout.
Marine (Chance)
Ok, super intéressant. Et ça répondait aussi effectivement à la question de Rosanne qui demandait comment on accède aux différents services. J'ai une question de Lucile qui demande: Comment tu arrives à détacher ta vie pro de ta vie perso, vu ce que tu vois dans le quotidien qui ne doit pas toujours être facile ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, c'est important aussi de parler de ça. Je pense que c'est une bonne question. Je vais être honnête, ce n'est pas tous les jours facile. C'est vrai que c'est des métiers qui sont très, très prenants, qui demandent beaucoup d'énergie et beaucoup de temps, en particulier les services que j'ai choisis, parce que moi, j'ai choisi de l'investigation Et l'investigation, ça implique d'avoir un emploi du temps qui n'est pas calé. C'est pour ça qu'on n'a pas vraiment de semaine type, parce que moi, vraiment, on peut m'appeler le samedi à 2h00 du matin parce qu'on a besoin de moi sur quelque chose. Donc oui, c'est sûr, c'est difficile de de séparer vie pro et vie perso. Il faut en avoir conscience. Une fois qu'on le sait, après, c'est des choix. Et il faut aussi savoir qu'il y a des services qui ne sont pas du tout comme ça. Il y a des services où, par exemple, si j'étais à la bac du commissariat du deuxième ralentissement de Paris, j'aurais des horaires, je ferais 9h00, 17h00 et après, c'est terminé, je rentre chez moi. Il y a cet aspect-là au niveau temporel, mais il y a aussi évidemment l'aspect émotionnel qui rentre en compte parce que c'est sûr qu'on fait des choses difficiles, on voit des choses difficiles.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Et après, c'est ne pas hésiter à partager avec ses collègues parce qu'on vit tous la même chose, mais souvent, il faut en parler. Si on a besoin d'aide, il ne faut pas hésiter à le signaler. Dans la police, il y a des services qui sont mis en place pour soutenir, pour aider. Il ne faut pas hésiter à y recourir. Et après, c'est un cheminement et il faut sentir quand ça dérape un peu.
Marine (Chance)
Ok, super. J'ai une question de... Merci beaucoup, très clair, sur le fait que oui, ça impacte et que du coup, il faut en avoir conscience J'ai une question de Sophie qui demande: Est-ce le niveau d'études qui prime pour accéder au concours ou est-ce que c'est le secteur dans lequel on fait ces études ? Est-ce que, par exemple, il faut forcément avoir fait du droit ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Non, pas du tout. Le concours, il est par niveau d'études, donc bac+0, bac+3, bac+5. Ça peut être n'importe quel niveau d'études. Après, il faut quand même savoir qu'en tout cas pour officier et commissaire, le concours, c'est quand même orienté droit Il y a une dissertation de procédure pénale, de la culture G et après, il y a des matières en option aussi, de l'anglais, des choses comme ça. Mais il y a quand même une grosse partie procédure pénale. Moi, j'ai fait du droit pénal, mais j'avais un collègue, par exemple, lui, il a fait une licence en histoire et il a eu le concours, donc il n'y a pas de règle.
Marine (Chance)
Ok, super. Avec ces live métiers en coulisses, on essaye justement de donner une de la vraie réalité terrain des métiers, parce que souvent, on a des fantasmes et des idées reçues, positives ou négatives, sur des professions. Je sais bien que la question est subjective, mais toi, est-ce que tu peux nous donner ? C'est quoi le sens que tu y trouves ? C'est quoi ce qui t'anime et ce que tu aimes particulièrement ? Et à l'inverse, les côtés qui sont moins sympa pour toi, moins confortables.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, c'est vrai que le métier de policier, effectivement, par exemple, c'est très fantasmé. Je pense que c'est important de rappeler qu'il y a une partie fantasme qui est réelle, bien sûr. Il y a ce côté très prenant où on est très stimulé parce qu'on fait des choses, forcément, qui ont du sens, concrètes. C'est-à-dire que moi, c'est ça que j'y ai trouvé vraiment. C'est que moi, quand on est dans la police, on a accès aux victimes, aux mises en cause. On est en contact des gens et on voit clairement et concrètement ce qu'on peut apporter. Et ça, c'est c'est quelque chose de vraiment bien. Il y a le côté enquête, tout ça, sortir, bien sûr, ça existe, c'est présent et c'était aussi pour ça que j'y suis allée. Et il est là, je l'ai trouvé, donc c'est une réalité. Mais par contre, tout ce qui n'est pas fantasmé et qui existe, et oui, tu as raison, c'est bien d'en parler, c'est qu'il y a un côté... Ce n'est pas toujours ce à quoi on s'attend. Je pense que les gens, quand ils viennent à la police, ils ont beaucoup Ils s'attendent à... On s'attend à des choses et quand on les vit, ce n'est pas toujours la même chose.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Ce n'est pas la même chose de voir à la télé une interpellation ou quelque chose et de la vivre concrètement. Il y a des choses qui sont difficiles à faire, des choses qui sont frustrantes parce qu'on ne peut pas... La police, c'est comme beaucoup de métiers, il n'y a pas énormément de moyens, donc on ne peut pas toujours faire. On ne peut pas tout le temps faire comme on veut. Ça, c'est vraiment les côtés qui ont été difficiles pour moi à appréhender. Parce que moi, je m'attendais un peu comme dans les films où il y a quelque chose, on a tout l'argent qu'on veut pour faire une enquête, c'est facile. Et en fait, non, ce n'est pas du tout comme ça. On n'a pas suffisamment de budget pour les véhicules, pour le matériel pour faire les enquêtes. Et donc on est confronté à ça, c'est une réalité. Et donc ce n'est pas toujours évident. Et ça, ce n'est pas toujours mentionné et c'est vraiment un aspect qui est moins facile. Et aussi, je dirais, ce qui moi aussi a été difficile, je trouve, c'est le faire... On est un métier qui est très au centre de l'actualité.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Et ça, c'est difficile aussi parce que tout le monde parle de la police, tout le monde a son avis sur comment on fait notre travail, comment on pourrait le faire mieux, pourquoi on ne le fait pas bien. Et ça, c'est un aspect que je n'avais pas du tout envisagé et qui est assez difficile à gérer parce que On a l'impression de faire notre travail comme on peut et on a beaucoup de gens qui parlent de nous et parfois des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent et c'est difficile.
Marine (Chance)
Ça me rappelle, je pense que c'est peut-être quelque chose qui est très lié au métier de la fonction publique. Juste avant toi, on a eu un live avec Rosen qui était professeur des écoles et où pareil, tout le monde a son avis sur comment on doit donner des cours. Donc, effectivement, je comprends que ça puisse être dur de recevoir tous ces commentaires sur ton métier au quotidien. Je vois une très bonne question de Lena en tant que femme, est-ce que c'est plus difficile dans un métier plus masculin ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
La police, c'est un métier masculin. Ça, c'est encore... La majorité masculine, en tout cas, une certitude. Du coup, oui, je pense que comme dans tous les métiers qui sont plus masculins, en tant que femme, ça fait une différence, bien sûr. Parce que moi, j'avais le sentiment, peut-être erroné, mais j'avais le sentiment qu'effectivement, il fallait que je fasse plus, peut-être, pour pouvoir être légitime. On ne me l'a pas fait ressentir. On ne m'a jamais dit: Tu es une femme, donc il faut faire comme ça. Mais moi, j'avais le sentiment, quand on est dans un métier d'hommes. En plus, moi, je suis rentrée en police, j'étais jeune, j'avais 25 ans. Et puis, quand on rentre officier, on a un poste de commandement directement. Donc moi, je commandais des équipes. Donc oui, bien sûr, c'est difficile d'asseoir sa légitimité. Et la police, c'est un métier qui fonctionne beaucoup comme ça, qui fonctionne beaucoup sur la légitimité qu'on a à occuper le poste qu'on a en fonction de son expérience, de la façon dont on est. Et oui, je dirais que c'est plus compliqué en tant que femme. Après, tous les métiers évoluent évolue. La police aussi, il y a de plus en plus de femmes et surtout de plus en plus de femmes en postes de direction.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Ça change beaucoup. Et ça, je le sens aussi. Moi, ça fait 10 ans que je suis dans la police maintenant, donc j'ai un petit recul. C'est en évolution, vraiment. Je pense que par rapport à ce qu'on a pu connaître avant où il n'y avait vraiment que des hommes, ça a évolué. Mais on l'a en tête. Je ne sais pas comment ça se passe aujourd'hui pour les nouvelles sorties d'école. Est-ce qu'il y a encore des choses ? Moi, je sens qu'il y a une vraie évolution.
Marine (Chance)
Ok. Merci beaucoup. Je vois que les questions continuent qui a été refuée dans le chat. Il y en a une de Lucille et de Anaëlle qui sont un peu similaires. On te remercie pour cette superbe présentation. Jolie. Merci. La question, c'est quelles sont les qualités, les savoir-être les plus importants pour être capitaine de police ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Les plus importants, je pense que c'est... En vrai, comme dans beaucoup de métiers, c'est le côté humain. En tant que capitaine, c'est très important parce qu'on dirige des gens. Et c'est très important d'avoir un côté humain fort parce qu'on dirige des équipes qui vivent des choses fortes qu'on ne ressent pas forcément comme eux le ressentent. Donc vraiment, il faut être à l'écoute. Ça, c'est très important. Ne pas négliger ces effectifs, être vraiment attentionné et à l'écoute de ce qu'ils ont à dire. Et la police, c'est un métier qui ne parle pas beaucoup, donc aussi encourager les gens à communiquer. Quand on voit que quelqu'un ne va pas très bien ou où il y a des choses qui sont difficiles, vraiment pousser à la communication. Donc ça, je dirais que c'est vraiment important. Après, il faut avoir le sens de l'organisation parce que très vite, on peut être dépassé. Il faut avoir la motivation, l'envie de bien faire et de rester droit dans ses bottes et d'aller là où on veut aller. Parfois, ce n'est pas toujours évident. Je pense que c'est ça les qualités principales. Après, chacun apporte son côté personnel et humain et c'est ça qui fait la force de tous les métiers, mais d'une autre en particulier, je pense.
Marine (Chance)
C'est une question qui est importante, même si parfois, elle est un peu tabou en France. Sans évidemment nous dire ton salaire, est-ce que tu peux nous donner des ordres de grandeur de quand tu commences, quand tu montes d'un grade pour avoir une idée de la rémunération ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui. Nous, nos salaires, c'est les salaires de fonctionnaires, donc ils sont publics, il n'y a pas de problème. Pour officier de police en sortie d'école, c'est autour de 2 000 €. Et après, ça évolue en fonction de l'ancienneté dans la police. Je crois que tous les un an et demi, on prend ce qu'on appelle un échelon, donc on gravite les échelons. Et plus on gravite les échelons, plus le Le salaire augmente. Et après, moi, je suis capitaine. Je suis sortie d'école, j'étais lieutenant. Et au bout d'un moment, quand on a passé suffisamment d'échelons, on passe ce qu'on appelle des grades. Donc capitaine, et après, moi, ce sera commandant. Et le salaire évolue en fonction de ça. En sachant que l'évolution, elle se fait à l'ancienneté, donc il n'y a pas de démarche particulière à faire. Mais dans la police, on a ce qu'on appelle des sanctions administratives qui peuvent parfois empêcher d'avancer et de prendre des échelons. Voilà Mais globalement, si on fait son travail correctement et qu'on n'a pas de problème, l'évolution, elle se fait naturellement.
Marine (Chance)
Ok. Chez Chance, il y a des personnes qui viennent pour réajuster ce qui doit être dans leur travail. Donc parfois, ça implique pas de changer de métier. Parfois, si. Si jamais des personnes qui nous écoutent ou nous regardent après en replay veulent éventuellement se lancer dans la police, est-ce que tu penses que c'est un milieu qui est assez ouvert pour des profils en reconversion professionnelle qui ont eu une autre vie avant ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, je pense, parce que maintenant, il y a vraiment une ouverture de la police pour ça. Après, il y a des limites d'âge pour passer les concours, il me semble, par contre. Évidemment, je ne les ai pas en tête, donc je ne peux pas le dire là parce que je ne me souviens pas. Mais je pense que c'est de plus en plus une possibilité, oui. Et en sachant que même au sein de la police, il y a des évolutions. Nous, par exemple, il y a des policiers, des fois, qui passent le concours de magistrats ou des douanes. Il y a des réorientations qui se font et qui sont possibles. Je ne cache pas que moi, est-ce que depuis que je suis dans la police, j'ai rencontré des... Bien sûr, il y a des gens qui ont fait des choses avant, mais souvent, c'est quand même un métier dans lequel on s'engage un peu tôt. Alors, est-ce que c'est par rapport à cette histoire d'âge pour le concours ? C'est possible, oui. Mais il y a des gens, moi, j'ai rencontré des gens dans ma carrière qui avaient fait autre chose avant et qui ne sont pas rentrés directement dans la police.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Moi, je connaissais, par exemple un journaliste, il est rentré à plus de 30 ans en officier de police. Bien sûr, ils sont très ouverts et ça n'empêche pas d'avoir le concours. Et même, ça permet d'avoir des approches différentes. Et je pense que la police, à un moment, cherchait des profils très similaires. Et maintenant, ce n'est plus une réalité. Je pense qu'il y a vraiment une envie d'avoir plus de profils différents. Moi, je pense que ce serait une chance d'avoir... C'est une chance, c'est le cas de le dire, d'avoir des gens qui viennent d'horizons différents et qui peuvent qui peuvent apporter quelque chose.
Marine (Chance)
Et dans le cas d'une mutation comme toi à l'étranger, c'est le même principe que tu nous as expliqué, c'est tu as candidaté pour un poste ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Exactement pareil, c'est ça. J'ai regardé la liste, tous les postes qui sont sortis, il y Il y a des postes à l'étranger qui sont proposés comme des postes partout en France et dans les domptoms. Et j'ai postulé sur le poste Londres et on était une dizaine de candidats, je crois. Mais ce n'est pas le cas tout le temps. Des fois, quand on postule sur des postes, on est le seul candidat ou des fois, il y en a deux. Là, c'est juste que les postes étrangers sont un peu plus attrayants, on va dire. Donc il y a un peu plus de monde qui postule. Mais oui, c'est pareil, j'ai fait des entretiens et après, il y a le chef du service, en l'occurrence, qui m'a choisi, mais c'est le même fonctionnement et je devrais faire pareil quand je voulais changer, parce que les postes à l'étranger, c'est les seuls qui sont limités dans le temps. Là, je peux le faire que pendant quatre ans, donc après, je devrais rentrer en France, retourner dans la police en France et je vais devoir faire pareil. Je vais devoir faire des entretiens et trouver un service qui veut bien le voir.
Marine (Chance)
Ok. Donc oui, ce n'est pas comme, par exemple, les professeurs des écoles qui peuvent subir l'affectation. Toi, tu postules, tu choisis ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, vraiment. Ça, c'est vraiment quelque chose qu'il faut savoir. Après, c'est pareil, il y a plus de gens qui veulent aller à Montpellier que de gens qui veulent aller en Creuse. Donc, quand on postule sur un poste, forcément, après, il y a beaucoup plus de candidats en fonction des endroits et du poste qu'on demande. Donc ça, il faut l'avoir en tête. Ce n'est pas parce qu'on veut aller à Montpellier qu'on va aller à Montpellier. Il y a beaucoup de gens en sortie d'école. Souvent, en plus, on est affecté, logiquement, enfin pas logiquement, mais on est affecté à Paris ou banlieue parisienne. Et après, on a quand même un contrat minimum de rester au moins deux ans dans un poste. Donc, il y a quand même des... Tout n'est pas automatique. Il faut avoir les postes. Il y a certains endroits, il y a beaucoup de gens qui veulent y aller, d'autres beaucoup moins. Donc, tout dépend de ce qu'on cherche. Moi, ça m'est arrivé de postuler où j'étais la seule candidate et ça m'est arrivé où il y avait plusieurs personnes. Donc forcément, on ne peut pas avoir toujours ce qu'on veut, même si c'est beaucoup plus, je pense, fluide que les professeurs où je crois que c'est un système de points et d'ancienneté.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Non, dans la police, ce n'est pas comme ça. On peut vraiment avoir quelque chose de large et ça, c'est aussi un vrai avantage.
Marine (Chance)
Ok Je vois une question d'Ali Son pour savoir est-ce qu'il y a des ponts avec la DGSE, DGSI ou c'est des choses différentes ? Ou tu peux aussi postuler ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Ça fait partie La DGSI, ça fait partie de la police, donc on peut postuler à la DGSI. Il y a des postes ouverts. La DGSI, il y a des policiers et des non- policiers. Et la DGSE, c'est quelque chose à part. Donc, je ne peux Je ne peux pas en plus trop parler parce que je ne connais pas, mais en tout cas, ce n'est pas ça. Mais la DGSI, il y a plein de postes occupés par des policiers. Bien sûr, c'est possible de travailler là-bas.
Marine (Chance)
Ok, merci. Il y a Rosanne qui demande, dans nos deux questions: Si la condition physique est importante pour rentrer dans la police ? Et l'autre question, c'est: Quel autre poste ou service tu aimerais évoluer dans l'avenir, si tu sais ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, c'est une bonne question. La condition physique, il y a une Il y a une épreuve sportive, je ne l'ai pas précisé, mais il y a une épreuve sportive pour rentrer dans la police, quel que soit le concours qu'on fait, qu'on soit commissaire ou garde à la paix, il y a une épreuve de sport qui est assez difficile et c'est éliminatoire. Je crois que c'est si on est en dessous de 5, on ne peut pas accéder au métier. Je connais des gens qui n'ont pas pu avoir le concours à cause de la presse sportive, donc c'est important d'avoir les bonnes conditions pour passer le concours. Après, il n'y a pas de suivi, donc ce n'est pas obligé de faire du sport 15 fois par jour, sauf bien sûr, une fois de plus, les services spécialisés d'intervention où là, c'est obligatoire et ça fait partie de leur quotidien. Pour passer le concours, oui. Après, non. C'est toujours mieux d'être en forme quand on se retrouve dans une situation où il faut courir. Souvent même, ça arrive souvent même. Ça dépend des métiers qu'on exerce, évidemment, mais c'est toujours mieux d'avoir une bonne condition physique parce qu'il y a un côté physique de notre travail qui est très présent, c'est sûr.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Et qu'est-ce que j'envisage pour la suite ? Je ne sais pas, parce que moi, ça fait un an que là, je suis sur ce poste. Donc, j'ai encore normalement trois ans à faire, mais je vais réfléchir. Moi, je vais rester dans les enquêtes parce que je n'ai jamais fait que ça. Donc, je ne me verrai pas demain devenir CRS ou aller sur la voie publique en uniforme. Parce que moi, je ne suis pas en uniforme, je suis en tenue, ce qu'on appelle civile. Donc, je suis habillée comme ça. Donc, je resterai là-dedans. Après, dans quels services ? Je pense que je m'orienterai peut-être vers un service sur les mineurs, qui est tout ce qui est agressions sexuelles, les viols sur mineurs. C'est quelque chose qui m'intéresserait, donc je vais réfléchir Je vais réfléchir à ça, mais rien n'est fait. Il faut voir où il y aura aussi des postes ouverts. En fonction de ça, je m'orienterai d'une façon ou d'une autre.
Marine (Chance)
Est-ce que, par exemple, mais peut-être que tu ne peux pas, tu nous dis s'il y a le secret, mais est-ce que tu pourrais nous donner un exemple d'enquête ? Par exemple, je ne sais pas si c'est un vol de sac à main ou si c'était une autre que tu as en tête ou tu ne me disais plus que de le dérouler jusqu'au moment où tu arrives à trouver la personne. C'est quoi le taux de réussite et peut-être de frustration d'enquête qui arrive à aboutir.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Là, je ne suis pas gelée. Ça marche parce que je ne me vois plus. Non, c'est parfait. Ok, ça va être juste moi. Oui, bien sûr. Quand il y a une enquête, prenons un vol de sac à main ou un cambriolage, par exemple. Quand il y a un cambriolage, la première étape, c'est la victime vient déposer plainte au commissariat. On va sur les lieux du cambriolage avec la police technique et scientifique qui nous accompagne. On prend les empreintes, on recense les objets volés. La police technique et scientifique prend de l'ADN des objets où les voleurs ont potentiellement pu laisser de l'ADN. Tout ça part en analyse. Nous, on fait ce qu'on appelle une enquête de voisinage. On va poser des questions aux voisins, voir s'ils n'ont pas vu des choses qui pourraient être suspects en fonction de l'heure de l'événement. S'il y a des caméras de vidéosurveillance, on peut analyser des caméras de vidéosurveillance. Si jamais quelqu'un les a vues, on peut faire des auditions de des auditions non. On les convoque au commissariat et on leur pose des questions. S'il y a une voiture avec une plaque de matriculation, on peut faire des recherches à partir de ça, par exemple.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Il y Il y a plein de possibilités après pour trouver les auteurs. Souvent, la police technique et scientifique nous aide et quand ça parle et qu'il y a une empreinte digitale qui a été laissée ou d'un cheveu, quelque chose comme ça, ça nous permet de remonter jusqu'à l'auteur ou les auteurs. Et après, si on a une désidentification, on monte une petite équipe et on va interpeller l'auteur à son domicile. On le place en garde à vue. Après, on fait les interrogatoires, on pose des questions. Et donc, à l'issue, On rend compte de notre enquête au procureur et le procureur nous dit ce qu'il souhaite faire, donc du mise en cause. Est-ce qu'il souhaite une audience au tribunal ? Est-ce qu'il souhaite pour le moment le relâcher ? Après, il y a plein de possibilités sur l'issue. Donc, globalement, c'est ça le déroulé d'une enquête.
Marine (Chance)
Ok. Et par curiosité, c'était quoi l'épreuve sportive pour le concours ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
L'épreuve sportive, il y a deux épreuves. Il y a ce qu'on appelle le test Luc Léger, où en fait, il faut... Je ne sais pas s'il y a deux... On court d'un point à un autre en suivant des bips et les bips sont lents au début et s'accélèrent. Et la deuxième épreuve, c'est un parcours sportif. Donc, il y a des cerceaux, une poutre, je ne me souviens plus. Il faut faire le petit parcours sportif le plus rapidement possible et on a une note en fonction de la rapidité.
Marine (Chance)
Ok. Et une dernière question parce qu'on va arriver malheureusement à la fin du live, ça passe très vite. De Anaëlle, tu as un petit peu répondu, mais peut-être que tu On va donner des proportions. Annaëlle demande: Détends bilingues Français/anglais. Est-ce que les postes internationaux sont courants en France ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, courant. Disons qu'on a dans énormément de pays, pas tous, mais quasiment tous les pays du monde, on a des représentants de police qui sont placés. En fait, en fonction du pays, ça peut être un fonctionnaire de police, deux ou trois. Nous, par exemple, ici à Londres, on est quatre, mais la majorité des pays... En Europe, c'est deux ou trois. Et après, plus loin, c'est un seul fonctionnaire de police. Mais ça dépend vraiment des pays. C'est très varié. Il y a des postes à Hong Kong, il y a des postes à Singapour, à New York. Et après, quand on parle anglais, bien sûr, c'est un avantage, mais ce n'est pas garanti parce que c'est des postes qui sont suffisamment demandés. Mais oui, on a pas mal de postes à l'étranger.
Marine (Chance)
Et est-ce que tu as des postes internationaux en France, par exemple, qui sont en charge de faire la coordination avec les autres pays ?
Camille Fournier (Capitaine de police)
Oui, bien sûr. On a Interpol qui est basé à Lyon. Donc ça aussi, c'est assez intéressant. Il y a des gens du monde entier, forcément, qui travaillent dans les locaux à Lyon. Après, sinon, il y a des services politiques d'entreprises français. Il y en a deux à Nanterre qui sont chargés de... Moi, c'est mes coordonnateurs et quand j'ai besoin de quelque chose, par exemple, je me retourne vers eux. Ils sont basés en France, mais ils gèrent la coopération internationale.
Marine (Chance)
Ok, super intéressant. Super intéressant. Merci beaucoup Camille pour ton partage.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Merci à vous de m'avoir écouté.
Marine (Chance)
C'est passé super vite et c'est un métier passionnant. On pourrait rester des heures. Je vois que dans le chat, pareil, tu as beaucoup de merci pour ton partage. Avec plaisir. Et encore merci d'avoir donné 30 minutes de ton temps pour les autres.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Pas de souci. Merci à toi Marine.
Marine (Chance)
Merci à tous. À bientôt.
Camille Fournier (Capitaine de police)
Au revoir.
Marine (Chance)
Au revoir.
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