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Camille (Chance)
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau live métier qui est aujourd'hui le premier live de cette dernière journée de live métier cette semaine. L'objectif aujourd'hui est de découvrir le métier de David, qui est CEO d'une entreprise spécialisée en logiciel RH. David nous a prévenu qu'il aurait potentiellement 5 minutes de retard. Donc n'hésitez pas à vraiment nous poser toutes les questions que vous voulez en amont du tchat. En attendant qu'il arrive, d'ailleurs, j'aimerais bien savoir où vous êtes tous basés. N'hésitez pas à l'indiquer dans le chat, le temps qu'il arrive. Tout le monde n'est pas encore en ligne, donc on va attendre encore cinq petites minutes. On commencera un poil en retard.
Camille (Chance)
Est-ce que tout le monde m'entend bien ce matin à 9h03, un vendredi ? Est-ce que tout le monde est là ? Bonjour Nathalie. Merci beaucoup. On m'entend bien, on attend encore un petit peu, on laisse les gens arriver. C'est un peu tôt. Je vous laisse prendre votre café, vous vous installez confortablement. Bonjour Nathalie. Bonjour.
Camille (Chance)
Ok, il est 9h05. En attendant que David arrive, je vous propose de prendre toutes vos questions, si vous en avez, sur Chance, principalement, puisque aujourd'hui, moi, je suis Camille. C'est moi qui animerai ce live. Je travaille chez Chance depuis trois ans maintenant sur toute la partie recrutement interne de Chance. Le but de ce live, c'est vraiment que ce soit interactif. Donc n'hésitez pas à poser toutes vos questions. L'idée, c'est que moi, Je les pose à notre invité quand il arrivera. Mais en amont, si vous en avez sur l'organisation de Chance, sur la façon dont notre équipe travaille, n'hésitez pas. Je vous avais demandé lorsqu'on s'est connecté d'où vous veniez. N'hésitez pas. Moi, ça m'intéresse de savoir d'où vous nous écrivez aujourd'hui. Je suis là pour répondre à toutes ces questions. Bonjour David.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Bonjour.
Camille (Chance)
Comment ça va ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Ça va, ça va. Vous avez du retard.
Camille (Chance)
Pas de souci, ce sont les aléas du vendredi matin. Bienvenue dans ce live. On a traité un truc qui arrive progressivement, donc ne vous inquiétez pas, je pense que vous n'êtes pas le seul à être un petit peu en retard. Merci Nathalie, donc bienvenue qui est en haute scène. David, vous êtes basé où, vous ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je suis à Paris.
Camille (Chance)
À Paris, super. De mon côté, je suis normalement à Paris, mais là, je me suis délocalisé dans le Sud-Ouest. Je pensais que j'aurais du soleil. C'est un échec flagrant. Voilà, voilà. Aujourd'hui, l'idée, c'est de parler de vous, David, de votre expérience comme CEO d'une entreprise spécialisée en logiciel RH. Pour commencer, pour celles et ceux qui ne connaissent pas Chance, nous nous sommes une communauté d'entraide professionnelle, une méthode pour aider à chacun de trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société. On a plusieurs programmes d'accompagnement. Le plus connu, c'est notre bilan de compétences. Dans cette méthode, justement, on vous propose à un moment de vous confronter à la réalité des métiers. L'idée, c'est vraiment d'enlever les idées reçues, les fantasmes, positifs ou négatifs, qu'on peut tous avoir sur certaines voies professionnelles. Je ne vous cache pas que c'est assez puissant. On le voit, ces live métiers ont une résonance particulière. Et l'idée, c'est justement d'arriver à se projeter ou non. Donc, ce que l'on fait dans le programme, on le fait durant ces live métiers en direct. Avant de commencer, David, est-ce que vous pouvez nous parler rapidement de votre parcours ?
Camille (Chance)
Comment est-ce que vous en êtes arrivé là ? Qui êtes-vous ? Qu'avez-vous fait jusqu'à présent ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Oui, d'accord. David L'Escur. J'ai 39 ans. Je suis marié, j'ai eu trois enfants. Je suis ingénieur de formation. J'ai bossé, j'ai fait pas mal de choses dans ma carrière. J'ai J'ai commencé par faire de la recherche en physique, pas très longtemps, une année. J'ai fait du conseil en stratégie pendant trois ans. Ensuite, j'ai bossé dans le fast-food comme responsable opérationnel. Je ne me suis pas mal sur le terrain. On peut en parler si besoin. Ça, c'était fin 2015, début 2016. J'ai basculé ensuite dans le secteur de la tech. Je suis devenu DAF, donc un métier que je n'avais jamais exercé. C'était un site de e-commerce qui était en train de péricliter et dont j'ai fait la fermeture. C'était assez rapide pendant un an environ. Ensuite, j'ai monté une boite de téléconsultation médicale qui s'appelle Care pendant trois ans, à peu près deux ans et demi, disons, que j'ai revendue. C'était ma dernière expérience avant celle où je me trouve actuellement. Après cette revente, je ne voulais pas repartir de zéro, donc j'ai qui est de reprendre une société. Ce que j'ai fait en reprenant aujourd'hui GHS, où je me trouve depuis deux ans et demi, trois ans maintenant, qui est un éditeur logiciel de paie spécialisé sur des secteurs...
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Enfin, de paie et gestion sociale au sens large, pour des secteurs où il y a beaucoup de contrats courts, donc notamment le monde culturel, c'est la plupart de nos clients.
Camille (Chance)
D'accord. Ok. Donc, Kev, c'est vous ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je n'étais pas tout seul. On était cinq cofondateurs.
Camille (Chance)
Super. Merci beaucoup. Et du coup, Nous avons Séverine qui est fan de ce fameux logiciel de paie. Merci Séverine et bonjour. Comment est-ce que vous en êtes arrivé à devenir CEO de cette entreprise, de ce logiciel de paie, finalement ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
De cette entreprise, il y a un facteur chance parce que mon idée, c'était de reprendre une société au sens... Je ne savais pas laquelle, disons. Je savais que je voulais reprendre un éditeur logiciel. Ça, c'était sûr, puisque c'est un secteur qui, intellectuellement, me plaît. J'aime bien réfléchir sur les problématiques produits et me creuser la tête sur ce genre de sujet. Je connais bien aussi, donc c'est un peu rassurant quand on reprend une société. J'ai monté ma reprise sur un schéma un peu particulier qui s'appelle un Search Fund. Un Search Fund, c'est une manière de reprendre une entreprise qui consiste à rassembler une quinzaine ou une vingtaine d'investisseurs qui vont parier sur vous avant de parier sur une cible. Ils vont vous financer la phase de recherche, un maximum de deux ans de phase de recherche, pour que vous leur présentiez des cibles. Donc moi, j'ai cherché, en l'occurrence un peu moins de deux ans, j'ai cherché pendant un an plutôt. J'ai discuté avec un certain nombre de sociétés et Je me suis très bien entendu avec le dirigeant historique de GHS qui est parti à la retraite aujourd'hui. Et puis, la société elle-même me plaisait, il y avait des perspectives de développement intéressantes.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Donc c'est un peu comme ça que mon choix s'est fait. J'ai fini par avoir Au bout de mon premier cycle de recherche, j'avais, je pense, deux, trois cibles qui étaient intéressantes, mais je n'avais pas tellement de doute sur le fait que je m'entendais beaucoup mieux avec les gens chez GHS et que c'était là que je voulais aller. Instinctivement, c'était ça que je voulais faire.
Camille (Chance)
Ok, super. Merci beaucoup. Moi, j'ai quand même envie de vous demander comment vous connaissez Chance.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Alors, je connais Clémence.
Camille (Chance)
Vous avez triché.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je suis désolé.
Camille (Chance)
Non, pas du tout, au contraire. Pour ceux qui sont dans dans le chat, Clémence, c'est notre cofondatrice et l'une de nos Product Managers, puisqu'elle s'est elle-même reconvertie en faisant le parcours Chance. Vous savez que c'est un peu notre pub interne, Clémence, aujourd'hui. Nous avons une première question, merci Mélissa, qui vous demande comment fonctionne Care, votre boite, d'avant ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Comment ça marche ? Ça marche bien. J'ai un peu moins de nouvelles puisque tous mes associés sont partis maintenant. Mais disons qu'on a démarré à cinq sur une thèse qui était de proposer de la téléconsultation médicale à des expats. Et moi, quand je suis parti, on était une centaine sur une thèse qui était de la téléconsultation médicale en France. Donc ça s'est vite développé, comme ça peut être le cas de startup. Il y a toujours un facteur chance aussi. Il faut bien exécuter exécuté, c'est sûr. On a levé des fonds et donc tout ça s'est bien passé. La boite existe évidemment toujours aujourd'hui. Elle emploie toujours une centaine de personnes. Elle a été rachetée par un consortium anglais d'EUI Santé. Le moteur de tes consultations est utilisé dans d'autres pays maintenant et la boite est quasi rentable, je crois. C'est plutôt un succès. Je ne suis pas resté autant que je l'aurais voulu. Et mes associés, un peu pareil, puisqu'il y a eu un peu des turbulences sur la gouvernance avec le fonds d'investissement qui était avec nous. Mais malgré tout, je suis content que ça fonctionne toujours et que ça fonctionne bien.
Camille (Chance)
Super. Merci beaucoup. Et aujourd'hui, GHS, vous êtes combien ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
On est 45 maintenant.
Camille (Chance)
45. D'accord. Ok, super. Vous êtes basé à Paris ? Ouais.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
C'est une très différente de la startup. C'était aussi ça que je cherchais. Moi, je voulais un peu partir du monde des fonds d'investissement startup et quitter ces sociétés au développement un peu fou. On se concentre essentiellement sur la ligne de revenus. Dghs, c'est une boite qui a 40 ans, qui est rentable. Donc, il faut gérer non seulement la ligne chiffre d'affaires, mais aussi tout ce qui est en dessous. Notamment parce qu'il y a de l'intéressement et de la participation et que je m'efforce de préserver ce montant pour les salariés, pour qu'ils touchent une proportion d'intéressement et de participation en nombre de mois de salaire qui fasse pas des hauts et des bas tous les ans. Et puis, ce qui est différent aussi par rapport à une jeune boite, c'est que 40 ans, il y a une forme de force de l'histoire qui crée une culture dans la boite qui est forte, qui n'est pas juste écrit sur les murs. C'est un truc qui existe parce qu'il y a des gens qui sont là depuis 30 ans dans la boite. Ça Si cette culture correspond, c'est super parce qu'on vient tous les jours au boulot en étant certains que ça va matcher.
Camille (Chance)
Génial. Trop bien, merci beaucoup. On commence à avoir nos premières questions. Merci Amaury. Bonjour Amaury, qui demande: En tant que CEO, comment trouvez-vous l'équilibre entre l'envie d'être sur tous les sujets et l'autonomie des équipes ? Question hyper importante.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
C'est une très bonne question. Moi, je suis ingé, j'aime bien creuser les trucs et tout. Mon challenge en tant que dirigeant, c'est de toujours trouver un point d'équilibre entre ne pas être la reine d'Angleterre, c'est-à-dire le truc qu'on sort pour décorer quand on a besoin et qui ne sait rien de ce qui se passe, et ne pas être non plus tout le temps sur le plan et les ralentir. Je ne suis pas dans le micromanagement, donc de toute façon, ce n'était pas une question qui se posait, mais malgré tout, même en voulant s'informer, ne serait-ce que s'informer et donner son avis, on peut ralentir les choses alors que les gens sont suffisamment malins pour avancer. Ce n'est pas facile et ce qui est sûr, c'est que ça évolue au fil de l'eau. Quand j'ai repris la société, il y avait 30 personnes, l'équipe tech et produits n'étaient pas structurés, donc je m'impliquais énormément. Maintenant, on est 45 et une bonne partie de ces 15 personnes en plus, c'est des gens dans l'équipe tech et dans l'équipe produits. Donc moi, j'ai complètement changé de positionnement. Je participe quand on m'appelle. Une fois par semaine, je prends des nouvelles, en gros.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je ne sais pas s'il y a une méthodo, mais il faut arriver à percevoir par des petits signaux qu'on n'est plus correctement positionné, qu'on est en train de se décaler par rapport au positionnement optimal et arriver à se repositionner. Ces signaux, c'est par exemple des réunions où on se dit: Là, je ne sers à rien, il y a des trucs que je ne comprends pas ou à contrario, je pose trop de questions et je vois bien que ça ralentit les gens. Ça, c'est un Un signal qui dit qu'on est peut-être un peu trop investi ou à contrario, si on n'arrive plus à suivre ce qui se passe et qu'on découvre des choses lors de réunions générales, là, ce n'est pas bon signe non plus, donc il faut se réinvestir un peu. Il faut en permanence se réajuster. En permanence, c'est réajusté. En permanence, c'est presque toutes les semaines.
Camille (Chance)
Ok. Finalement, rester plutôt en hauteur, laisser l'autonomie, mais garder un minimum de monitoring parce qu'on ne sait jamais.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Ça dépend des sujets. Le rôle de CEO, c'est un peu... En tout cas dans une boite de la taille de GHS, c'est être là où on a besoin et pas s'imposer là où il n'y a pas besoin. Il y a quand même des endroits où il y a besoin que je sois opérationnel, donc je le fais volontiers parce que ça m'intéresse. Il faut repérer les sujets où il y a besoin, les sujets où il n'y a pas besoin. C'est ça le job. Il faut aussi créer des sujets. C'est aussi ça le rôle. Il faut créer des sujets sur lesquels au début, il y aura besoin parce que personne ne va les prendre, c'est normal. Il faut initier la chose. Je ne sais pas, je vous donne un exemple. On lance un projet d'intelligence artificielle pour assister les personnes au support. Au début, c'est moi qui l'ai lancé. C'est normal, c'est moi qui ai vu les prestataires. J'ai fait un peu de tri et puis quand j'avais fini mon tri, j'ai commencé à impliquer d'autres personnes.
Camille (Chance)
Ok. Super, merci beaucoup. Là, on a deux questions qui sont finalement assez liées. On a la première qui est une question de Nathalie qui vous demande: Comment vous est venu le fait de devenir CEO ? Et Mélissandre qui vous demande: Là, ce serait plutôt potentiellement pour care. Comment est venu le déclic de créer votre entreprise ? Quel a été le cheminement ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Être CEO, moi, j'ai toujours eu du mal à bosser avec des gens en dessous de moi. C'est assez simple. Dans mon caractère, j'ai du mal. J'ai du mal à pas être libre de ce que je fais quand je le fais. Ce n'est pas pour avoir le pouvoir parce que j'aime bien discuter. Je n'aime pas prendre des décisions tout seul, ça, pas du tout. Mais par contre, j'aimerais vraiment être libre d'orienter la boite, de m'organiser à titre personnel, de bosser comme j'ai envie, quand j'ai envie, sur les sujets dont j'ai envie. Donc ça partait de là. Ça partait pas mal de là. J'ai toujours eu aussi dans l'idée, un peu à long terme, de me sécuriser financièrement pour me dire: Je n'aurais pas qu'une seule vie et je pourrais peut-être plus tard faire des métiers qui ne seront pas du tout rémunérateurs si j'ai envie. C'est quelque chose que je ferais probablement. L'idée de créer une boite, c'était aussi un peu ça. C'était de dire: Si ça marche, si ça ne marche pas, j'aurais une expérience intéressante de CEO, donc un job qui m'intéresse. En l'occurrence, chez Kair, je n'étais pas CEO, j'étais CEO, mais j'étais à un poste de direction, j'étais-En gouvernance.
Camille (Chance)
En gouvernance.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
J'étais en gouvernance. Et si ça marche, potentiellement, j'en retire de l'argent que je pourrais mettre de côté pour me dire: Le jour où j'ai envie de faire un job qui est moins aliénateur, je suis sécurisé. C'était un peu ça mon idée aussi.
Camille (Chance)
Ok, merci beaucoup. Super clair. Séverine vous demande: Quelle compétence pensez-vous indispensable à un bon CEO et quel est votre Mon prochain projet ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Mon prochain projet, pour l'instant, c'est GHS. Ça fait trois ans que j'ai repris. Je n'ai pas de plan de carrière à long terme. J'irai un peu là où j'ai envie, quand j'en ai envie. Tant que GHS me plaît, j'ai l'intention d'y rester. Donc ça peut bien durer 10 ans, 15 ans. On verra, je ne sais pas. Je n'ai pas du tout de plan de sortie, en tout cas à court terme. Et Quelles sont les qualités ? Je dirais que franchement, ça dépend vachement du contexte. Moi, j'ai l'impression qu'il faut être assez polyvalent. Il faut être capable de ne pas micromanager, donc il faut être capable d'accorder sa confiance. Il faut être capable de se remettre en question en permanence, qu'on fasse la discussion qu'on a eue tout à l'heure sur le bon positionnement. Et puis Il faut être un peu courageux parce qu'il y a quand même souvent des moments difficiles. Typiquement, il peut y avoir des discussions difficiles avec des gens, il peut y avoir des décisions à prendre. Il y a des moments où il faut prendre son courage à deux mains. C'est à peu près ça, je pense.
Camille (Chance)
C'est déjà pas mal. Oui. Est-ce que Nathalie vous demande si vous pensez que CEO est le dernier métier ou la dernière fonction que vous occuperez dans votre carrière professionnelle ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je ne pense pas. Je n'ai pas de boule de cristal, mais je ne pense pas, non. Il y a plein d'autres choses qui m'intéressent. Je ne pense pas que je retravaillerai dans une entreprise si ce n'est pas en tant que CEO. Ça, c'est probable. Ou alors vraiment en tant qu'expert sur un truc, mais pas dans la hiérarchie. Ça, c'est possible, CEO de GHS pendant longtemps, CEO d'une autre boite. Sinon, je pense que je ferais un métier que j'exercerais peut-être de manière un peu plus un peu plus solitaire ou en tout cas où la hiérarchie est moins importante. Je m'étais toujours dit que peut-être je pourrais reprendre la recherche et l'enseignement. C'est une option.
Camille (Chance)
Ok, super, merci. Justement, Amaury nous demande: Sauf erreur de sa part, vous parliez d'un parcours d'ingénieur. Pourquoi CEO et pas CTO ? Est-ce que c'était simplement l'opportunité ou ça vous plaisait plus ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Ça s'est un peu fait... J'ai l'impression que je n'ai rien choisi. Déjà, j'étais en En école d'ingé' entre 2005 et 2009. La tech, la data, c'était quand même moins important qu'aujourd'hui. Je suis sorti d'école, l'iPhone it. Il faut juste remettre ça en perspective. Donc en fait, faire de la tech en école d'ingé, c'est devenu glamour juste quand je suis sorti, moi. Il y avait un peu déjà. Je dois dire qu'à l'époque, j'étais plus intéressé par les sciences fondamentales que par faire du code. Donc, je l'ai pas étudié. J'aurais pu m'y mettre après, mais ça s'est pas fait parce que j'aime bien manager quand même. Je dois pas être trop mauvais et donc j'ai été porté vers des postes de management. Et du coup, je n'ai jamais matériellement eu le temps de me dire: Tiens, si je prenais un mois pour apprendre à coder. Ce que je ferais peut-être plus tard, d'ailleurs, on verra.
Camille (Chance)
On ne sait pas. Peut-être sur votre prochain challenge, après avoir été CEO de GHS. Et Sarah vous demande quelle est la chose que vous aimez le plus dans votre métier et votre plus gros challenge.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Qu'est-ce que j'aime le plus dans mon métier ? C'est une bonne question. J'aime bien discuter avec mes associés, avec mon CoDir, et même avec un autre comité plus élargie. Il y a une super équipe ici. Il y a vraiment une très bonne ambiance. Moi, je suis comme un poisson dans l'eau chez GHS, et donc j'adore discuter avec les gens ici, des projets qu'on est en train de déployer, des projets qu'on va lancer. C'est hyper intéressant parce que je sais aussi que ça va se faire. Ce n'est pas des discussions en l'air. On est une petite boîte, donc les choses, elles sont faciles à actionner. Quand on discute d'un truc qui nous emballe, on sait qu'on va finir par le faire. Ça, c'est cool. Le plus gros challenge Il y en a plusieurs, des challenges. Il y a un challenge qui est de maintenir ça, déjà, parce que comme on se développe, on recrute et donc il ne faut pas se rater sur les recrutements. Il y a un challenge d'ordre commercial parce qu'on aimerait bien développer un peu plus la société sur d'autres niches au-delà des niches sur lesquelles on est très présent. Nous, on est très présent sur le spectacle, la prod' audio, l'événementiel.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Et à la marche, quelques autres secteurs, on aimerait bien s'y développer plus. Et ça, ce n'est pas facile. Moi, je n'ai pas un background commercial important. L'adn de GHS, ce n'est pas ça non plus. Donc, on se rend compte qu'il va falloir, si on veut le faire, il va falloir s'organiser autrement pour pas perturber ce qu'on fait en ce moment. Donc, c'est un challenge d'ordre un peu personnel sur la partie commerciale et stratégique aussi.
Camille (Chance)
Ok, merci beaucoup. Dans la même lignée, Séverine, ne vous inquiétez pas, je n'oublie pas votre question, mais Yohanna vous demande comment est-ce que vous gérez la charge mentale qui incombe au poste de CEO ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je ne suis pas d'un naturel stressé, donc ça va. Je suis si jalouse. Comment ?
Camille (Chance)
Je suis jalouse, j'adorerais ne pas être trop stressée.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Ça se passe bien aussi, donc c'est facile. La boite, je la gère correctement, elle gagne déjà de l'argent, elle gagne toujours. Elle se développe Il y a un truc auquel je me suis habitué, c'est que quand on dirige une boite, que ce soit Caire ou GHS maintenant, il n'y a pas vraiment de vacances intellectuelles. On y pense tout le temps. Il faut être prêt à ça. Moi, je me suis habitué maintenant. Maintenant, une fois qu'on a dit ça, j'ai arrêté de me stresser inutilement sur des trucs sur lesquels je n'ai pas la main maintenant. J'y pense, j'y réfléchis tout le temps, mais ça tourne en arrière-plan et c'est tout. Je me suis habitué.
Camille (Chance)
Trop bien. Merci beaucoup. Moi, j'ai quand même une question pour vous. Est-ce que dans votre parcours, vous avez eu des rencontres marquantes ? Si oui, lesquelles ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Oui, j'en ai eu quelques unes. De quoi je peux vous parler ? Déjà, la reprise de société et surtout la manière dont je l'ai fait. Quand on veut reprendre une boite en France, historiquement, dans les autres pays d'ailleurs, soit on fait tout seul avec son argent, mais moi, je n'en avais pas assez pour reprendre une boite comme GHS, soit on fait avec un fonds d'investissement. Et là, le risque avec un fonds d'investissement, le fonds prend en général 90% du capital et donc on n'est pas vraiment chez soi. Et du coup, ça me convenait qu'à moitié parce qu'il y a un risque quand même important. Et donc c'est à ce moment-là que j'ai rencontré, ou plutôt re-rencontré, quelqu'un avec lequel j'avais bossé il y a presque une dizaine d'années dans le conseil, qui était la première personne à avoir monté un Search Fund en France, qui venait de reprendre sa boite. Ça faisait quelques mois qu'il l'avait repris. Il m'a mis le pied à l'étrier sur ce modèle en m'expliquant comment ça marchait et en m'expliquant les avantages de ce modèle. Je pense que je le remercierai jamais assez parce que je Sinon, je ne serais pas là.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je serais ailleurs, probablement, mais je n'aurais pas pu reprendre l'AHS de la manière dont je l'ai fait et d'une manière qui me convient parfaitement, parce que sans rentrer dans les détails, en gros, on a une gouvernance collégiale. On est près Il y a une vingtaine d'actionnaires dans la boite, donc il n'y a pas d'actionnaire majoritaire. Moi, je suis le plus gros, mais je ne peux pas décider tout seul. On décide ensemble, il y a une intelligence collective. Ça crée un peu de frottement quand il faut prendre des décisions tous ensemble. Heureusement, ce n'est pas le cas tous les jours. Je trouve que c'est un modèle qui est super pour la reprise et c'est grâce à cette personne que j'ai pu le faire.
Camille (Chance)
Super, merci. Du coup, c'est magnifique. Ça me fait un lien avec la question de Séverine qui demande comment se passe une campagne de levée de fonds internationale.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Ça dépend pourquoi. Pour une startup, ça se passe que vous allez prendre vos slides et votre idée, et puis les résultats que vous avez peut-être déjà, et aller parler à des fonds d'investissement spécialisé en des ventures capitales, donc des fonds de VC. Il y en a plein à Paris, pas forcément nécessaire d'aller ailleurs. Suivant le stade où vous êtes, vous allez plutôt... Il y a les fonds où les investisseurs, les business angels, sont spécialisés par une étape de développement de la boite, donc Suivant là où vous êtes, vous allez parler aux personnes qui investissent à cette étape. Pour moi, ce que j'ai fait pour la reprise, c'est assez différent. Si vous voulez reprendre une boite avec un fonds, il y a des fonds aussi qui investissent dans des deals de reprise ou dans des boites rentables. Ce n'est pas du tout les mêmes que les fonds de venture capital, donc il faut aller parler à ceux-là. Moi, pour ce que j'ai fait, le Search Fund, il y a une communauté d'investisseurs. On va rassembler, ce que je disais, une quinzaine ou une vingtaine d'investisseurs pour initier la phase de recherche, le véhicule de recherche, le Search Fund, le fonds de recherche.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
On va d'abord rassembler deux, trois investisseurs autour Moi, c'était des amis, des anciens collègues, cette personne dont je vous ai parlé. Ensuite, on va aller voir des gens qui connaissent le modèle, mais qui vous connaissent pas, vous, en France. Et puis, ailleurs où il y a d'autres investisseurs qui connaissent ce modèle. C'est essentiellement en Espagne et aux États-Unis.
Camille (Chance)
D'accord. Ok, super. Merci beaucoup. C'est très clair. On aura trois autres questions et après on arrêtera. On va pousser un petit peu après la demi. Nathalie vous demande: entre être ingénieur et être CEO Avez-vous l'impression d'un écart énorme dans votre quotidien au niveau de la charge de travail et de la demande d'être CEO ? Ou est-ce que c'est finalement un peu un mythe ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Je n'ai jamais vraiment exercé mon métier d'ingénieur. J'ai été chercheur, mais je ne sais pas si ça n'a pas duré très longtemps. Oui, c'est le grand écart, c'est sûr. Je ne fais pas du tout ce que font mes camarades promo qui sont ingés chez Saint-Gobain ou chez Thales. Ça n'a rien à voir. Je réfléchis quasiment plus sur des problématiques qui impliquent des sciences fondamentales. Je réfléchis sur des sujets où il y a un sens analytique important parce qu'on réfléchit sur l'architecture produit, sur des choses comme ça, mais ça n'a rien à voir. Donc, Cet aspect-là me manque un peu parce que j'aime bien ça. C'est pour ça que je n'exclus pas un jour d'y retourner. Pour ce qui est de la charge de travail, au début, c'était très important parce que quand on arrive dans une boite où il y a un dirigeant qui part, même s'il fait une phase de transition où on ne connaît pas les gens, on ne connaît pas... Je connaissais un peu le métier d'éditeur logiciel, mais on ne connaît pas le secteur, là, c'est un peu intense. Les six premiers mois, disons, sont assez intenses. Maintenant, ça va, je suis en régime stationnaire, on a recruté, donc je suis beaucoup moins impliqué que sur un sujet opérationnel.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
On en revient sur le sujet de tout à l'heure, sur la remise en question. Parfois, ça peut être un peu déstabilisant parce qu'on se dit: Si je ne fais rien, tout va bien, ça va quand même tourner. Alors oui, ça va tourner, mais pas longtemps et puis avec moins de perspectives. Mon rôle, c'est devenu ça. Ma charge de travail en termes d'horaire, je la maîtrise complètement. C'est C'est juste que j'y pense en permanence.
Camille (Chance)
Ok, super. Très clair. Merci beaucoup David. Et du coup, dernière question de la part de Mélissand. Quelle est votre plus grande satisfaction personnelle ou réussite de votre parcours pro ? Est-ce que vous avez vu ? Est-ce que vous avez une anecdote à nous partager ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Une anecdote ? J'aurais dû y penser avant. Je suis hyper content d'avoir repris GHS. Et l'anecdote, c'est qu'on s'est tellement bien entendus avec l'ancien dirigeant, qu'on est resté copains malgré les années qui nous séparent. Lui, il a ouvert un resto dans Paris. Donc, j'y vais souvent. J'y vais souvent parce qu'il me le permet, finalement, ça le fatigue, il en a marre. Il l'a gardée pendant deux ans. Je suis hyper fier d'avoir réussi à pérenniser la boite et l'ambiance qui existait, qui m'a plu quand je l'ai reprise. Au-delà des résultats financiers et des chiffres.
Camille (Chance)
Ok, super. Merci beaucoup. Je vois que Nathalie est en train de taper, mais pour terminer ce live... C'était super. Merci Nathalie pour votre message. Pour terminer ce live chez Une chance, vous le savez peut-être, David, pour nous, le sens, c'est un alignement de quatre piliers et pas uniquement la finalité d'un travail. C'est l'alignement de votre métier, de la finalité de votre métier, de votre environnement de travail et de vos impératifs personnels. Du coup, moi, j'ai envie de vous demander, pour terminer ce live, quel sens trouvez-vous dans votre vie professionnelle ?
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Il y a quatre piliers, c'est ça ? Tu peux redire ?
Camille (Chance)
Il n'y a pas de souci. Votre métier, votre environnement de travail, la finalité de votre métier et vos impératifs personnels. Le sens, c'est l'équilibre des quatre.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
La finalité de mon métier, on ne sauve pas le monde, mais ce qui est cool, c'est que nos clients, ils sont sympa quand même. On est dans un secteur qui est assez sympa et ils sont hyper contents en général quand on leur parle. Ça, c'est cool parce que la finalité, c'est un peu de faire en sorte qu'ils soient contents et ils nous le rendent bien parce que quand on les voit, ils sont contents de nous voir, parce que quand on organise un truc, ils viennent, parce que je sais qu'au support, ils ont des places pour aller voir des trucs et tout, c'est assez sympa. Il y a un échange de bons procédés. J'ai un peu oublié. Mon métier à moi de CEO, mon métier me plaît. J'aime bien les gens avec lesquels je bosse. J'aime bien manager, pas que ça, mais ça me plaît. C'est un bon mélange. Moi, ce que je cherchais dans le métier de CEO, c'est être libéré de la hiérarchie et de pouvoir bosser sur plein de sujets différents. Donc, je bosse sur des sujets très analytiques. Je fais un peu de data. Je bosse sur des sujets complètement soft, de RH.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Donc, ce mélange me plaît. Je maîtrise complètement mon emploi du temps. Donc, pour ce qui est des impératifs personnels, ça va. J'ai quand même un minimum de charges de travail, mais je veux dire, on s'en sort bien. Il y en a quand même trois enfants, donc ça réclame un peu d'orga, mais je pourrais pas avoir la même fluidité dans mon rythme de vie perso si j'étais salarié. Je veux dire, salarié à un niveau de direction dans une grosse boite, j'aurais beaucoup plus de contraintes. Et j'ai oublié un pilier, c'était...
Camille (Chance)
Impératif personnel, environnement de travail, vous venez d'y répondre.
David Lescure (CEO & repreneur d'un éditeur de logiciel dans le secteur RH)
Environnement de travail, j'ai oublié.
Camille (Chance)
C'est 40 pour l'imperatif. Non, mais c'était super clair. Merci beaucoup David. Pour terminer, du coup, on arrive à la fin de ce live. Donc merci encore David d'avoir pris vraiment une demi-heure de votre journée qui, je pense, est très bien remplie. Pour toutes ces informations, c'était hyper intéressant. Merci à toutes les personnes qui ont assisté à ce live. Je finirai par vous parler quand même de la communauté Chance et d'Initiatives 3 Minutes pour les autres, qui peut apporter un coup de pouce à une personne qui en a besoin. Je vous mets le lien dans le chat. N'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter. L'idée, c'est vraiment de créer une vague de solidarité professionnelle. Donc c'est aussi important et ça passe par ces live métiers. J'ai terminé. Merci encore David et je vous souhaite une très bonne journée. Bonne journée. À tous. Au revoir. Au revoir.
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