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Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous et merci d'être avec nous pour ce nouveau live en coulisses avec Anne. Bonjour Anne.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Bonjour Marine.
Marine (Chance)
Merci beaucoup de donner 30 minutes de ton temps pour nous présenter le métier de Chief of Staff. Pour ceux qui sont dans ce live et qui ne connaissent pas encore Chance, je vais vous recontextualiser un peu tout ça. Chance, c'est un bilan de compétences et une communauté d'entraide pour vous aider à trouver votre voie professionnelle ou à réajuster ce qui doit l'être si jamais il y a des choses qui ne vont plus dans votre travail. Quand vous faites le parcours, il y a une première partie introspection et ensuite, il y a l'exploration. Dans l'exploration, on vous invite à explorer le champ des possibles des différents métiers. Et là, c'est ce qu'on va faire aujourd'hui avec Anne pour le métier de Chief of Staff, qui est un métier qu'on voit de plus en plus maintenant, mais qui est assez récent comme appellation, si je ne dis pas de bêtises. Pour certains, c'est un peu une boîte noire. Même moi, je crois que je n'ai pas tous les contours. Donc, chérie, tu me me raconte aujourd'hui. Pour commencer, est-ce que tu peux nous dire un peu qui tu es, ton parcours pro et comment tu en es arrivée à exercer le métier de Chief of Staff ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Oui, bien sûr. Merci déjà de me donner l'occasion d'être ici. Et bravo pour ce que vous faites. Moi qui suis ça depuis quelques années maintenant. Je suis assez admirative et plutôt fan de tout votre travail, donc bravo pour ça. Moi, j'ai commencé, j'ai fait des études de droit à ASSAS et en fait, avant d'être diplômée, pour être tout à fait honnête, mon père m'a dit: Tu sais, la politique, c'est pas mal. Ça ouvre plein de portes, ça permet de se construire un réseau. Je me suis dit: Super, c'est ça que je vais aller faire. Donc, j'ai commencé à bosser à l'Assemblée nationale pour un député que j'ai rejoint à l'époque. Puis, j'ai rejoint les équipes de Bruno Le Maire dans le cadre de la campagne de la primaire de la droite et du Centre. Et quand on a perdu, ça, c'était fin 2016, les différentes écuries, donc des candidats à la primaire, ont tout ou partie rejoint les les équipes de François Fillon pour la présidentielle. Donc, je me suis retrouvée là et j'étais l'adjointe de quelqu'un de super qui s'appelle Myriam Lévy, qui avait été la dire com de François Fillon à Massignon pendant cinq ans.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Et moi, je m'occupais des porte-paroles et d'essayer, en tout cas, de cadrer et de les aider dans leurs interventions médiatiques, notamment. Donc ça, c'était une belle aventure. Quand on a perdu la campagne, je me suis demandée ce que j'allais faire et ce n'était pas évident de retrouver quelque chose avec autant de dynamisme, avec autant d'intention cité et ça, c'était super important pour moi. J'ai 28 ans à ce moment-là. J'ai passé plusieurs années en politique et là, c'est un peu le trou noir. J'aurais aimé qu'on ait de chance à ce moment-là, parce que c'était une petite traversée du désert qui a duré six mois, jusqu'à ce que je rencontre quelqu'un qui s'appelle Marion Dériotor et qui avait monté une boite de conseil en com qui s'appelle Elan, qui avait été rachetée par un groupe américain qui s'appelle Edelman. Ça a donné Elan Edelman. Elle m'a proposé de la rejoindre pour deux choses. Une première, d'abord, c'était m'occuper avec elle de la practice accompagnement de dirigeants qui était l'équivalent d'une practice de chief of staff externalisé. Je l'ai rejoint fin 2017. Je suis restée trois ans avec elle et au bout d'un an, je suis devenue justement sa chief of staff.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Donc, j'avais une double expérience de chief of staff. J'avais d'un côté une dizaine, douzaine de patrons pour lesquels j'étais chief of staff en externe. Donc, je m'occupais de leur stratégie de prise de parole, de rencontre, qui on voit, selon quelles priorités, pourquoi, comment, qu'est-ce qu'on leur dit et sur quels sujets on se positionne. Et dans le même temps, avec elle, pour elle, en interne, c'était une boite de 120 personnes à l'époque. Et là, un petit peu les mêmes sujets: sur quand on se positionne, pourquoi, comment, etc. Donc ça, c'était mes premières expérience, je dis ça au pluriel, mes premières expériences de chef of Staff. J'ai vu beaucoup de choses et ça, c'était vraiment canon parce que je bossais pour des clients de secteurs hyper variés, aussi bien dans l'agro que dans les services, que dans la tech. Donc, j'avais une dizaine, douzaine de patrons que j'accompagnais quasiment au quotidien. Donc ça, ça m'a permis de voir tout un tas de choses. Et j'ai fait une rencontre, justement, dans le cadre des clients que j'avais, quelqu'un qui s'appelle Olivier de Panafieux, qui était à ce moment-là patron d'un cabinet de conseil qui s'appelle Roland Berger, donc je sais qui je suis aujourd'hui.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
J'ai rejoint Olivier en 2020, Olivier et Roland Berger, mais c'est vrai, quand on est Chief of staff, je ne sais pas si tu t'en es aperçu, mais on parle vraiment du patron souvent avant de parler de la boite. Dans mon cas, j'ai rejoint Olivier en 2020, notamment pour être Chief of staff en parallèle d'autres sujets.
Marine (Chance)
J'adore. Rocamboolesque comme parcours. C'est génial parce que ça illustre ce qu'on voulait aussi dire chez Chance, c'est qu'en fait, c'est aussi beaucoup de rencontres, la vie professionnelle et la bonne rencontre qui va nous ouvrir une nouvelle porte. Donc, n'hésitez pas, tous ceux qui nous écoutent, à provoquer ces rendez-vous téléphoniques, ces dej, ces cafés, parce que Outre le fait que c'est toujours passionnant d'écouter les gens nous raconter leur métier, ça peut aussi créer des déclics. Pour parler un peu de ton métier, concrètement, essayer d'expliquer à ceux qui nous écoutent. Chief of staff, concrètement, une semaine type de Dan, ça ressemble à quoi, l'émission, au quotidien.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Peut-être un tout petit disclaimer avant ça. Je ne suis plus Chief of staff. Je l'ai été pendant un an et demi chez Berger. Je n'ai arrêté de l'être quand le patron, Olivier, dont je parlais, est parlé. Moi, j'ai pris d'autres fonctions aujourd'hui, mais tellement amoureuse du métier, tellement en admiration et proche des gens qui l'exercent. Et comme tu le disais, c'est une tendance hyper lourde qui s'implante dans les entreprises françaises. Et en fait, c'est assez rare d'avoir des nouveaux métiers comme ça qui s'implantent de manière aussi forte dans les entreprises françaises. Il y a eu quelques tentatives avec, on l'a vu, le Chief Happiness Officer, notamment, etc. Des choses qui ont pris, mais de manière un peu ponctuelle, je dirais. Le Chief of taff, il s'ancre durablement dans les entreprises françaises. Et en fait, sentant cette tendance monter, connaissant moi-même, je crois, assez bien le métier pour l'avoir exercé deux fois et pendant plusieurs années. Je me suis dit que c'était super de pouvoir faire une étude sur le sujet. Donc, un cabinet de conseil, c'est un petit peu aussi notre métier, c'est notamment de faire des études, d'aller chercher des sujets et de les éclairer.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Et c'est ce que j'ai fait. Donc, j'ai fait une étude il y a un an sur le sujet et puis, sentant un vrai besoin de créer, d'animer, de fédérer la communauté de Chief of Staff. Il y a à peu près 1 000 Chief of staff en poste aujourd'hui. Quand je dis que c'est une tendance lourde, je crois que ça se litre assez bien. On a monté aujourd'hui, et c'est aussi à ce titre-là que j'interviens, c'est qu'on a monté aujourd'hui chez Roland Berger avec l'Institut Choisele, un club Chief of Staff dont je parlerai tout à l'heure. Pour revenir à ta question, une journée, une semaine type de Chief of Staff, c'est extrêmement variable. En fait, c'était intéressant de faire cette étude sur le métier de Chief of Staff. C'est qu'en fait, un chief of staff, il n'y a pas deux chiefs of staff qui se ressemblent dans le sens où il y a autant de fiches de poste de chief of staff qu'il y a de chief of staff en poste. Et de la même manière, il y a autant de chief of staff qui a de dirigeants et qu'il y a d'entreprises. Ça va dépendre de la personne, de ses appétences, de ses compétences.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Ça va dépendre du dirigeant, de ses besoins à un instant T, de lui aussi, ce qu'il a à gérer, de ses priorités. Et ça va dépendre de la phase dans laquelle se trouve l'entreprise. Si c'est dans une phase de transfo, le chief of staff va être évidemment attaché à ces missions-là. Si c'est dans une phase de restructuration, de la même manière. Si c'est en phase d'hyper croissance. Dans mon cas, si je parle de ce que je connais bien, moi, j'étais vraiment aussi bien sur des enjeux internes que des enjeux externes. Sur les enjeux internes, je te donne un exemple. On a fait tout un plan de transfo du cabinet qui a duré 18 mois. On a construit 25 chantiers avec une feuille de route, des KPI et des porteurs. Là, une fois qu'on pense le projet, il s'agit de se dire comment on va le mettre en œuvre, avec qui, et ensuite de suivre le déroulé, de faire une sorte de PMO du projet. Ça, c'était notamment pour la partie interne. Moi, j'ai la chance d'être au comité de direction, donc il y avait aussi l'organisation de ces comités de direction. C'est d'ailleurs une des missions qu'on retrouve quasiment systématiquement dans les sujets de postes des chiefs of staff, c'est l'organisation des comex, des Codir, parfois des boards, quand il y a des boards, ce qui n'est pas notre cas, Ça, c'est pour la partie interne et sur la partie externe, c'est vraiment le rayonnement, la visibilité du dirigeant, mais aussi du cabinet, de l'entreprise, et le dirigeant au service, finalement, du cabinet.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Là, c'est un petit peu ce que je disais tout à l'heure. En réalité, c'est: qui est-ce qu'on voit ? De quoi on parle ? Pourquoi ? Selon quelles priorités ? Comment on se positionne par rapport aux autres ? Et puis, finalement, quelles feuilles de route on déroule ? Et puis, comment on se positionne pour l'avenir ?
Marine (Chance)
Comment tu le traduis en français ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
C'est une bonne question. En fait, Chief of staff, ça s'inspire du directeur de cabinet, donc en politique. Et en fait, on peut dire directeur de cabinet, moi, je pense que dans la pratique, un chief of staff, c'est vraiment l'intersection du directeur de cabinet qui gère le fonds et du chef de cabinet qui aussi a un enjeu à gérer l'agenda et surtout les priorités. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'un chief of staff travaille rarement seul. Il y a généralement, en grande majorité des cas, un ou une executive assistante qui va être là pour aider justement à gérer l'agenda en coordination avec le chief of staff qui, lui, va établir les priorités du dirigeant.
Marine (Chance)
Ok, hyper intéressant. Et je t'avoue que moi, naïvement, il y a quelques années, la première fois que je voyais ce titre, chief of staff, je me disais: OK, c'est celui qui gère le staff. Parce que c'est vrai que c'est un peu un faux ami. Alors que quand je t'entends, oui, effectivement, on est sur du directeur de cabinet, on est sur bras droit du CEO. Il y a un peu de dire comme aussi.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Oui, il peut y avoir. Pardon de te couper. Ce qu'on a vu dans le cadre de l'étude, c'est qu'il y a différents idéotypes de chief of staff. Le plus courant, celui qui revient le plus, c'est celui du sparring partner, qui aide et qui challenge le dirigeant. En fait, un chief of staff, il est vraiment là pour challenger. Il est là pour aider le dirigeant, il est là pour doubler son train de cerveau disponible, il est là pour le seconder aussi, pour le relayer sur tout un tas de sujets. Et ça, c'est devenu de plus en plus important parce qu'un dirigeant, tu as dû remarquer ça comme moi, on demande de plus en plus de choses, on attend de plus en plus de choses, qu'il soit gestionnaire, visionnaire, leader, communicant, porte-parole. Ça fait vraiment beaucoup et les journées, elles ne font que 24 heures. Avoir un chief of staff, avoir quelqu'un qui peut jouer justement ce rôle de sparring partner, c'est hyper important.
Marine (Chance)
Hyper clair. Merci beaucoup et ça répond Regardez effectivement la question de Fabienne qui était: Quelle est la différence avec responsable de com ? Il y a des frontières qui se touchent. N'hésitez pas dans le chat si vous avez d'autres questions plus précises sur le métier. Moi, j'en ai une autre pour toi. Chez Chance, on dit qu'un travail, c'est quatre piliers. Le premier, c'est le métier, ce que tu viens de nous expliquer. Le deuxième, c'est la finalité, c'est le sens que tu trouves dans ton travail. Est-ce que tu peux nous partager, bien que c'est évidemment subjectif, le sens que toi, tu y trouves dans ton travail ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Je pense qu'un chief of staff, le sens qu'il trouve dans son job, c'est le sens de la boite. Parce qu'un chief of staff est tellement lié au dirigeant, qui est tellement lié à l'entreprise, qu'en fait, il n'y a pas un sens différent, il n'y a pas une mission différente pour le chief of staff que pour le patron, que pour l'entreprise. Ça, c'est la première chose, donc c'est très variable. Je pense qu'après, ça, c'est la dimension peut-être macro. À titre peut-être personnel, moi, le que j'ai trouvé, le sens très personnel que j'ai trouvé, c'est vraiment un accélérateur de carrière. C'est vraiment un job, un poste qui permet d'avoir une vision vraiment 360 de ce qui se passe dans l'entreprise, de comment les décisions sont prises et de pourquoi et comment on fait les choses. Et à titre encore plus personnel, je pense que côtoyer un dirigeant... On ne peut pas être chef of taf si on n'admire pas le dirigeant pour lequel on bosse. Donc, côtoyer quelqu'un au quotidien une dizaine, voire plus d'heures par jour, quelqu'un qu'on admire et qui a un poste comme ça, ça donne aussi les bons et les mauvais exemples. Je dis avec beaucoup d'humilité, mais c'est vrai que ça nous donne aussi l'opportunité de faire des choix, de prendre ce qu'on trouve bon, de le garder et puis aussi de se dire: OK, ça, par contre, je le laisse de côté.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
C'est vrai que moi, à titre personnel, c'était un accélérateur à la fois de carrière, mais en même temps très perso de personnalité. J'ai vu des trucs et à l'inverse des trucs qui m'ont vraiment marqué positivement et à l'inverse, de ce que je me suis dit: Ça, ce n'est pas forcément nécessaire.
Marine (Chance)
Merci, c'était hyper clair. Je reviens au troisième pilier qui est l'environnement de travail. Ça rejoint la question de Mabruca dans le chat: Quelles sont les qualités essentielles à avoir pour travailler comme Chief of staff ? Quand je t'entends, la première qui me vient en tête, c'est la résistance au stress. Mais je serais ravie que tu nous dises, pour toi, c'est quoi les compétences clés pour être Chief of staff ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Je pense que déjà, la toute première chose, c'est que pour être Chief of Staff, il faut nécessairement avoir un super fit avec son dirigeant. C'est pour ça, moi, je vois beaucoup de Chief of Staff en ce moment, ou des gens qui veulent devenir Chief of Staff. Et vraiment, la première chose que je leur dis, c'est: Ne cherchez pas une entreprise, ne cherchez pas un job, cherchez un dirigeant. Parce qu'on est étroitement lié au dirigeant quand on est Chief of Staff. Donc ça, c'est la première chose. Quand on est Chief of Staff, il faut être à fond, en fait. Franchement, sans y aller par quatre chemins, on a besoin d'être à fond. Je pense qu'il y a vraiment un besoin d'être hyper dynamique, très problem solver, parce qu'il va vous arriver tout un tas de trucs dans l'usage. Vous êtes franchement rarement prêt à ça. J'ai plein de chefs of staff qui prennent leur poste et ça a été mon cas. Moi, je donne un exemple, il ne m'en voudra pas, mais je suis arrivé chez Berger, en plus en plein Covid, et ça faisait non pas trois mois que j'étais là parce que tu sais, quand tu arrives dans un poste, tu dois savoir mieux que moi d'ailleurs, je crois, normalement, moi, je n'ai pas connu ça, mais normalement, tu as les 100 jours pour dresser des constats, travailler un plan.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Non, moi, j'ai eu 24 heures. Il a débarqué dans mon bureau 24 heures après mon arrivée et il m'a dit: Ton plan, il est où ? Moi, je le veux dans une semaine. Ça, c'était une bonne mise en jour, mais je pense que ça reflète aussi bien le métier de Chief of taff, c'est être capable de s'adapter, être à fond, savoir prendre des sujets, savoir gérer les sujets, savoir les prioriser, parce qu'il se passe peut-être tellement de trucs, at some point, on a vraiment besoin de se dire: OK, ça, c'est P1, ça, c'est P2. Ça, je le gère aujourd'hui, ça, ça peut attendre demain. Il y a aussi une dimension très soft skills dans le sens où on a vraiment besoin de savoir créer du lien avec les gens. Le dirigeant, il manque malheureusement souvent de temps pour faire les liens avec les équipes, pour faire redescendre les infos. Et le chief of table a aussi vraiment ce rôle-là. Voilà ce que je dirais.
Marine (Chance)
Est-ce qu'il y a des compétences plus techniques ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Oui. Ce qu'on a vu dans l'étude, et c'est assez intéressant, c'est qu'un chief of table sur deux qui sort soit du conseil en strat, soit de la finance, Un chef of staff a besoin d'avoir des hard skills, des compétences analytiques. Un chef of staff est souvent appelé pour faire des plans strat. Il y a vraiment un besoin d'avoir des hard skills. C'est pour ça que le conseil ou la finance, typiquement, sont des bons backgrounds, peuvent être en tout cas des bons backgrounds.
Marine (Chance)
Toujours pour continuer sur le pilier environnement. Est-ce que l'exercice du métier peut beaucoup varier selon le la structure dans laquelle tu l'exerces ? Et en termes d'équilibre vie pro/vie perso, qu'est-ce que tu peux nous dire sur le sujet ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Sur les structures qui font varier les jobs de chief of staff, oui, évidemment. Évidemment, et c'est vraiment énorme. On n'a pas le même job, même si on a le même intitulé. Un chief of staff dans une startup et un chief of staff dans un grand groupe, ça n'a rien à voir. Ce que j'ai pu voir, c'est qu'un chief of staff, par exemple, dans une startup, c'est effectivement le bras droit, le couteau suisse. J'ai beaucoup de chiefs of staff, par exemple, qui m'ont dit qu'en arrivant à leur job de chief of staff dans une startup ou une scale up, du reste, ils avaient dû pallier l'absence, je ne sais pas, du CFO ou du dire comme pendant deux mois, pendant trois mois, le temps que ce soit trouvé. Il y a vraiment cette notion de couteau suisse et du chief of staff qui va pouvoir aller sur un sujet, puis sur un autre. Il y a une structuration pas tout à fait claire, mais qui fait aussi beaucoup l'attrait du job puisqu'on est sur des profils qui sont hyper curieux, qui ont très envie. Ça, c'est pour la partie peut-être plus petite structure. Dans les grands groupes, ce que je vois, c'est que la dimension de chief of Staff, elle est beaucoup plus politique dans le sens où il y a vraiment davantage un enjeu de fluidifier les relations, de faire passer les infos.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Il y a un couloir de nage qui est beaucoup plus défini. Par exemple, il y a de plus en plus de grands groupes aujourd'hui. Si je te parle un peu de chiffres, il y a deux tiers de dirigeants du CAC 40 qui sont aujourd'hui accompagnés par un staff. Il y a de plus en plus de comex. On a 10, 15, 20 membres du comex qui sont chacun accompagnés par un chef of staff aussi. Dans ces boîtes-là, ça veut dire qu'on a des fiches de postes et des rôles qui sont beaucoup plus claires, des couleurs de nage qui sont beaucoup plus définies et des missions qui sont donc très différentes. Il y a moins cette notion de couteau suisse.
Marine (Chance)
Ok, super clair. Merci beaucoup. J'arrive au quatrième pilier, les impératifs, où on trouve notamment la question de la rémunération, sans dire évidemment la tienne, et sachant que ça peut aussi beaucoup varier selon les structures, les profils. Mais est-ce que tu peux nous donner un peu des fourchettes au différents niveaux de carrière pour avoir une idée ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Bien sûr. Et on n'a pas répondu. Je vais revenir peut-être tout de suite, commencer par ça, sur l'équilibre vie pro/vie perso. En fait, moi, je vais être hyper honnête. Je parle du job et je l'adore. Et ça a été incroyable. Et tu Pour rien de moins, je changerais ce que j'ai fait. Par contre, ce n'est pas que ça, c'est aussi super dur. Moi, j'ai frôlé le burn out à deux reprises en plusieurs années. Et ce qui m'a fait tenir, c'est justement la mission que je m'étais donnée, les enjeux qu'il y avait que je trouvais vraiment passionnants. C'est un métier qui peut être très dur, dans lesquels on a des phases vraiment de rush. Et ça, c'est bien de le savoir en prenant le job. Il y a ce côté génial, central, parce qu'on a accès à des infos, à des rendez-vous, à des gens qui sont très brillants et auxquels on n'aurait pas accès si on n'était pas dans ce rôle-là. D'ailleurs, j'ai constaté qu'il y avait un truc qui commençait à exister, c'est un peu le blues du chief of staff. Quand on arrête d'être chief of staff, moi, j'ai plusieurs copains qui m'ont dit: Oh là là, mais je n'ai plus accès aux mêmes infos, je ne suis plus au comex, je ne suis plus au board.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Je me suis dit: Ouah. Et du coup, je me sens un peu moins importante, donc ce n'est pas facile d'y revenir. Mais ça vient avec un coup. Moi, j'ai appelé ça quand j'y étais le coup caché, qui est ce côté très shiny, qui est top, mais il ne faut pas négliger et avoir en tête qu'il y a un coup caché, c'est dur, tu bosses dur. Moi, je m'arrêtais rarement avant 21, 22, 23 heures. Les week-ends, ça n'arrivait juste pas que je coupe mon ordi pendant 48 heures. Pour autant, on l'accepte, on ne l'accepte pas. Et peut-être un truc qui est important aussi à dire, c'est que Chief of Staff, ce n'est pas un métier qu'on fait toute sa vie. C'est un métier, généralement, qu'on fait entre deux et trois ans, peut-être quatre, parfois plus, mais rarement. La moyenne, c'est entre deux et trois ans, donc c'est aussi un choix qu'on fait. Sur ton autre point des rémunérations, oui. Dans l'étude, ce qu'on a vu, c'est qu'un Chief of Staff junior peut commencer entre 50 et 70 cas, donc quelqu'un qui sort d'études. Dès qu'on commence à avoir deux, trois ans d'expérience et suivant les entreprises, on est rapidement entre 70 et 100 cas.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Mais bien sûr, tout ça, ça dépend des structures. De mémoire, on avait noté que la fourchette de 100 à 150, c'était à peu près un tiers des chefs of staff. Mais là, il commençait à être assez expérimentés. C'était plutôt entre sept et dix ans d'expérience. Et après, on passait facilement la barre des 154 dès lors qu'on est effectivement chief of staff de CEO dans un grand groupe avec dix ans ou plus d'expérience. C'est un métier, de la même manière qu'il y a autant de fiches de poste que de chief of staff en poste et que les missions varient énormément en fonction, comme je le disais, des profils, des dirigeants, des entreprises, les salaires, en vrai, c'est la même chose. Donc, ça se répond sur ce point-là, c'est cohérent.
Marine (Chance)
Il y avait une question. On y a un petit peu répondu sur les bons backgrounds, mais en tout cas, ceux qui nous écoutent et qui sont peut-être dans une envie de réorientation, toi, quand tu es recruté ou de ce que tu vois dans le club, quels sont un peu les conseils que tu pourrais donner pour ceux qui aimeraient se orienter vers ce poste ? Dans le cadre d'un entretien, qu'est-ce que tu leur recommandes de mettre en avant ? Qu'est-ce que vous allez aimer pour les recruter ? C'est quoi ce qui est important d'avoir quand on veut postuler à ce type de poste ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Il y a un énorme jeu autour, justement, des soft skills. C'est la fiabilité, la confiance qui va pouvoir développer. Donc, avant toute chose, avant le background, avant la formation, avant tout le reste, c'est le fit avec le dirigeant. C'est vraiment ça. Donc, en fait, j'ai Je me suis dit: Je vais te dire que tout est possible et je vois de tout. Alors bien sûr, on ne va pas se mentir, et ce n'est d'ailleurs pas mon cas, on voit beaucoup de personnes issues de grandes écoles de commerce, de personnes issues de grandes écoles de commerce ou de Sciences Po qui deviennent Chief of Staff, mais pas que. Donc, je n'ai pas envie d'avoir une réponse limitante parce que moi-même, j'ai fait du droit, donc je n'ai pas cette formation-là. J'ai été Chief of Staff plusieurs fois. Tout est possible. Le principal sujet, c'est vraiment d'avoir le bon fit avec le dirigeant et de savoir un petit peu ce dans quoi on s'engage et d'y aller pour les bonnes raisons.
Marine (Chance)
Merci. N'hésitez pas si vous avez des dernières questions qu'on pourra prendre avant la fin. Peut-être Anne, si tu veux nous parler en quelques minutes du club que tu as créé Oui, avec plaisir.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Pour moi, c'est un peu mon give-back parce que la fonction m'a tellement apporté que je trouve vraiment sympa de pouvoir permettre justement au Chief of Staff de se retrouver. Je produis pas mal de contenu. On a un club qui s'appelle le Club Chief of Staff qui est ouvert à tous. Il n'y a rien de payant, il n'y a pas de sélection, donc c'est pour qui veut joindre. Aussi bien les Chiefs of Staff en poste que les anciens Chiefs of Staff, que les aspirants de Chiefs of Staff. On a fait une page, donc il y a deux moyens pour le rejoindre si les rencontres et les contenus et les newsletters intéressent les gens qui nous écoutent. Il suffit de taper Chief of staff, Roland Berger. Si tout va bien, on tombe sur une page web, une page de notre site qui met un lien vers un formulaire pour s'inscrire au club. Le club, c'est plusieurs choses. C'est d'une part des événements, des événements généralistes. On en a fait un, le club est récent, on l'a lancé il y a à peu près six mois. On a fait un premier événement avec Matthias Wischra, qui est ancien Chief of Staff, qui est le patron de Sciences Po aujourd'hui, qui a été directeur de cabinet, lui, dans le public, avant de rejoindre Danone, dans le sens SNCF, puis Danone, puis donc Sciences Po.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Lui, c'est rigolo et je déjeunais avec elle hier, il a gardé la même Chief of staff dans ces trois entreprises différentes. Comme quoi, il y a vraiment des passionnés. Quand je vous parle de fit et de confiance, quand ça marche, ça marche et il peut que ça dure. On en fait un deuxième courant octobre et puis un la troisième cour en novembre. Il y a des événements. Je publie aussi des contenus. Il y a cette première étude dont j'ai parlé, qui est sortie en début d'année, qui est aussi disponible sur le site. J'ai lancé la semaine dernière une série digitale d'épisodes de vidéos qui durent entre deux et trois minutes chacun et qui viennent chacun mettre en avant un profil de Chief of Staff. Ce qu'on voit qui est assez amusant, c'est qu'il n'y a pas deux vidéos qui se ressemblent parce qu'il y a tellement de profils différents. Ça, c'est envoyé en newsletter tous les Vas-y. Et puis après, des rencontres. Moi, je passe pas mal de temps à rencontrer des Chief of Staff ou des aspirants de Chief of staff. Donc, il ne faut pas hésiter aussi à m'écrire sur LinkedIn, c'est le plus simple.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Et je prends toujours le temps soit de répondre, soit de voir les gens ou les deux d'ailleurs. Et puis, il m'arrive aussi beaucoup de mettre les uns en contact avec les autres en fonction des sujets, des appétences. Et ce qu'on voit, c'est que la communauté et les chefs of staff qui la composent sont hyper ouverts et vraiment désireux d'aider parce qu'on a tous, en tout cas la plupart, et j'espère que demain, ce sera moins le cas, quand on prend un job de chief of staff, on est quand même un petit peu perdus, un peu seuls. C'est un truc dont on n'a pas parlé, mais la solitude du chief of staff, elle existe de la même manière que la solitude du dirigeant existe. Le chief of staff peut rapidement être perçu comme la tour de contrôle, l'œil de Moscou du dirigeant et donc susciter un peu de méfiance, voire de la défiance. Il peut être assez difficile finalement de trouver sa place. Et là-dessus, je vous invite à regarder justement la vidéo que j'ai publiée lundi sur LinkedIn, qui met en avant Marc-Antoine Bordet, qui est chief of staff chez Natixis et qui passe un message juste génial.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
C'est que lui, c'est le plus jeune Chief of staff chez Natixis. Avec la persévérance, la confiance et les contacts qui vont bien, il s'est fait vachement bien accepter. Il raconte son histoire et c'est vraiment hyper inspirant.
Marine (Chance)
Trop chouette, hyper intéressant. Je vais aller regarder la vidéo, ça donne envie. Je vous ai mis dans le chat, pour ceux qui sont là, le lien vers le club Chief of staff. Vous pouvez le prendre maintenant dans le chat si ça vous intéresse, parce qu'après, dans quelques minutes, ça va fermer la fenêtre. Je vous ai mis aussi le LinkedIn d'Anne, donc Horté-Diano. Si vous voulez la contacter pour des questions sur le métier, parce que je vois que vous en aviez beaucoup. Il y en a qui te demandent, Anne, même si tu m'as un peu dit avant quand on lance la conférence. Tu disais que le Chief of staff, c'est une période dans la vie, tu ne le fais pas toute ta vie. Du coup, les gens demandent dans le chat: On fait quoi comme métier après ? Ça, c'est la question qu'on donne à Alice. Et Fabienne dit: Et toi, Anne, de quoi avez-vous envie pour aller l'après ?
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Trop bien. Deux choses sur la première question. Chief of staff, comme je disais, c'est un tremplin de carrière. La plupart du temps, 80% d'écart pour craner un job opérationnel dans la même boite ensuite. Exemple, un chief of staff, demain, peut devenir directeur de la strat dans la boite. Un chief of staff peut demain devenir directeur des ventes. J'ai un copain qui était chief of staff dans une grosse boite. Il Il a quitté son job de Chief of Staff. Il est devenu... Il a pris la tête d'une région, d'une grosse région, d'une BU. Ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est que je lance une étude dans les tous prochains jours, justement, pour mieux comprendre ça, comment on prépare le job d'après, ce qu'on fait après, avoir des infos hyper concrètes pour plus d'exhaustivité. Je vous invite à suivre notre actu et on va sortir une étude spécifiquement dédiée au sujet dans les prochains mois, je pense courant fin novembre, à mon avis. Fin novembre, début décembre. En ce qui me concerne, moi, je fais plutôt du business maintenant, justement du business développement. Donc, chief off-table, ça mène à tout, mais surtout ce en quoi on a envie de croire pour la suite.
Marine (Chance)
Oui, j'ai l'impression, en tout cas en t'entendant, que tu peux globalement faire tout ce que tu as envie de faire après. Parce que vous avez des personnalités qui sont hyper tout-terrain et bosseur et persévérant. Donc, a priori, tout est possible.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Avec cette bonne rencontre, tout est possible, je crois.
Marine (Chance)
Ça me fait une super transition. Pour le mot de la fin, je viens de vous mettre dans le chat le lien vers la communauté Chance. Donc, en fait, ce que vient de faire Anne avec nous aujourd'hui, c'est de l'entraide. C'est-à-dire qu'elle a accepté de donner 30 minutes de son temps pour aider celles et ceux qui se posent des questions ou qui veulent découvrir de nouveaux métiers. Merci beaucoup Anne de nous avoir donné ces 30 minutes, évidemment bénévolement, je précise, pour aider toutes celles et ceux qui voulaient découvrir ce métier. En plus, plein de ressources vu que tu es fondatrice du club. Donc c'est génial. On ne pouvait pas rêver mieux pour représenter le métier de Chief of Staff. Je vois que tout le monde se dit merci dans le chat. Et vous qui nous écoutez aussi, vous pouvez rejoindre la communauté sur le lien et aider les autres aussi en témoignant sur vos métiers. Parce que l'idée, c'est de créer une grande communauté. Anne le fait avec Chief of Staff. Nous, l'idée, c'est de le faire avec tout le monde pour qu'on puisse tous s'entraider les uns les autres, s'ouvrir des portes, partager des carnets d'adresses, etc, pour ouvrir le champ des possibles professionnels.
Marine (Chance)
Un grand merci à toutes et tous. Merci beaucoup Anne, c'était une super chouette rencontre.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
Merci à vous, c'était canon. Et n'hésitez pas à me contacter, je suis avec plaisir entièrement dispo pour ceux qui se poseraient des questions sans aucun problème.
Marine (Chance)
Merci beaucoup.
Anne Corteggiano (Chief of staff)
À bientôt. Merci, à bientôt. Au revoir.












