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Fanny Millat, Coach sportive et sapeur pompier

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Nicolas (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue sur ce live métier en coulisses. Bonjour Fanny. Tu as ? Bonjour. Tu as accepté généreusement de nous donner 30 minutes de ton temps pour nous parler de ton activité, à la fois de coach sportive et de sapeur pompier volontaire. Donc, merci encore. Je suis très content de pouvoir animer cette conversation avec toi, d'autant qu'on se connaît un peu. On a été collègues dans une ancienne vie, dirons-nous. Merci encore d'être avec nous. Pour me présenter rapidement, je suis Nicolas, je travaille chez Chance au sein de l'équipe Produit. Je participe à la conception de nos services et je serai à l'animation pour ce live. Toutes les questions sont les bienvenues pendant ce live. L'idée, c'est vraiment que ça soit interactif. Donc n'hésitez pas à nous poser des questions au fur et à mesure quand elles arrivent, si jamais vous en avez. En fonction des réponses de Fanny, je me ferai le plaisir de relayer vos questions auprès de Fanny en temps et en heure. Et du coup, on a toute une trame, on va la suivre et ensuite, ça sera interactif. En attendant, on va attendre un petit peu que les gens se connectent.

Nicolas (Chance)

Je vous propose de vous échauffer un petit peu les doigts et de nous dire peut-être dans le tchat d'où vous nous écoutez, d'où vous nous suivez. Pour ma part, je suis à Paris, dans les locaux de Champs, dans une box. Fanny, tu peux nous dire où tu es ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Je suis chez moi, dans ma cuisine. Je suis du côté de Nantes, un peu perdue dans la campagne. Il y a quelque temps, on a déménagé avec mon conjoint avant d'étais à Paris et on s'est dit que c'était cool d'avoir un jardin, finalement.

Nicolas (Chance)

Oui, c'est vrai que c'est pas mal, le jardin. N'hésitez pas aussi à nous dire dans le chat ce qui vous amène ici ? Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que vous envisagez une carrière professionnelle dans le coaching sportif ou de devenir un sapeur-pompier ? Pour commencer, Je vais présenter rapidement le champ. Si vous ne nous connaissez pas, nous sommes une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour aider chacune et chacun à trouver sa place dans le monde du travail. On a plusieurs programmes d'accompagnement et le plus connu, c'est le bilan de compétences. Pendant le bilan de compétences, on a notamment une phase qu'on appelle la phase exploratoire dans laquelle on invite nos talents à aller découvrir des métiers et à se confronter également à la réalité de ces métiers, parce que ça permet notamment de lever un peu les qui peuvent être positifs comme négatifs, qu'on peut avoir quand on imagine une voie professionnelle. En écoutant quelqu'un qui, justement, fait ce métier, c'est super inspirant parce que ça permet vraiment de découvrir son quotidien et ça peut nous permettre de nous projeter ou non. C'est un peu ce qu'on propose depuis le début de la semaine avec chance, puisque depuis lundi, on a entamé une série de 50, justement, live métiers qui permettent de découvrir 50 métiers à nos spectateurs.

Nicolas (Chance)

Je te propose de commencer, Fanny. Est-ce que tu peux nous parler, pour commencer, de ton parcours ? Comment tu en es venue à être, et coach sportive et sapeur pompier ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Les 30 minutes pourraient me prendre déjà tout le temps pour expliquer mon parcours. J'avoue qu'il est un petit peu, ce qu'on appelle atypique. Je pense que je rentre vraiment dans cette case, pour le coup. Parce que quand on est petit, on nous dit: Tu veux faire quoi plus tard ? Et moi, déjà, en maternelle, je disais plus tard, je vais être pompier. Sauf que j'ai quand même 30 ans et puis il y a plus de 20 ans, une fille qui veut faire pompier, non, tu ne vas pas être pompier, je ne vas pas faire un métier de garçon. Donc très vite, en grandissant, je me suis dit: D'accord, je ne fais pas pompier. Apparemment, ce n'est pas pour les filles. Donc, j'ai fait tout mon cursus de manière classique et je me suis orientée vers les grandes études. J'ai fait un DUT en publicité, je suis partie à l'étranger pour ma licence, J'ai fait une école de commerce. Finalement, tu es revenu dans le digital. Là, on était collègues avec Nicolas. J'ai fait quelques années là-dedans et dès mon master, dès mon alternance, je me suis dit: Non, mais je ne ferai pas ma vie là-dedans.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Il me manque vraiment un truc. À la fin de la journée, qu'est-ce que j'ai fait concrètement ? J'ai fait un tableur Excel et un PowerPoint et ça me change la vie de personne. Ça va finir sur un serveur et il ne se passera plus jamais rien. Je me disais: Mais non, je ne peux pas de faire toute ma vie à me dire: Il ne se passera rien de plus. Ce n'était pas concret. Je ne voyais pas l'impact que je pouvais avoir auprès des gens et ça, ça ne m'allait pas. Donc, j'ai quand même fait une année ou deux, j'ai changé beaucoup de boulot. Je crois que je n'ai jamais gardé un poste plus de deux ans. Même si j'étais dans des belles boîtes, j'ai vraiment fait des super projets. Ma dernière mission était pour Sentsio Labs. Donc, en termes de technique informatique, c'était bien, bien, bien. Et le client final pour qui je travaillais, c'était l'Élysée. Je me dis, j'avais 26 ans, je crois. C'était le top. Je ne pouvais pas rêver mieux. Si, si. Ça, ça ne m'allait pas. Ces PowerPoint de fin de journée, même si j'adorais mes équipes, ça ne l'est pas. Donc, ça faisait déjà quelques années que je me disais: Il faut que je change, il faut que je fasse quelque chose.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Et moi, ce qui me motivait à me lever le matin, c'était de me dire: Le soir, je vais aller au sport. Le soir, plus particulièrement, je vais avoir un cours collectif. Je vais être avec des gens et puis avoir ce coach en en face de moi qui va avoir une aura, mais dingue, qui va me communiquer sa bonne humeur. Et même si, justement, j'ai passé une journée pourrie à faire un PowerPoint, c'est ça qui va faire que la journée sera top. Et je me suis dit: Je rêve d'avoir l'impact de ce coach. Cette personne, je veux avoir le même impact qu'il y a pour moi, pour d'autres. C'était un peu la révélation. Et je me suis dit: À un moment, il faut le faire. J'ai la capacité de le faire. Je vais m'entraîner pour ça, je vais y arriver. Ce n'était pas évident. Donc, j'ai quand même passé mon diplôme, c'était un BPGEPS, activité de la forme, mention cours collectif et altérophilie musculation. Inutile de préciser que quand on passe d'un master avec des belles références à: Je veux devenir coach sportif, revenir à un niveau bac, retourner sur les bandes d'école, ce n'est pas tout le monde dans l'entourage qui comprend.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Il y a eu en général, les amis qui étaient hyper compréhensifs, qui voyaient bien que c'était ma passion, que j'adorais ça, qui disaient: Mais c'est génial que tu oses le faire. C'est du temps, c'est de l'investissement, c'est remettre tout en question. Donc les amis plutôt: Waouh, c'est génial. Je rêverais de pouvoir faire pareil. Et la famille beaucoup plus en panique à dire: Pourquoi tu fais ça ? Tu as tout pour réussir. Tu es très bien partie. Pourquoi tu veux t'arrêter là ? Il y a même des gens un peu plus durs qui disaient: Pourquoi tu gages ta vie ?

Nicolas (Chance)

Là, ça fait mal.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

C'est une année difficile, la reconversion pro. Moi, j'avais 26, 27 ans quand je l'ai fait. Il ne faut pas oublier qu'il y en a, ils sortent du bac, ils ont 18 ans, donc il y a un petit peu un choc là-dessus, une confrontation qui se passe, mais je savais où je voulais aller. Et je l'ai réussi.

Nicolas (Chance)

Bravo.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Ça, c'était en 2019 que j'étais diplômée. Là, l'année dernière, je me suis dit: Il me manque encore un truc. En parallèle, je suis déjà devenue un moment. Et puis, histoire que ce soit encore plus difficile, je vais me rajouter sapeur pompier volontaire.

Nicolas (Chance)

T'aimes les défis ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Là, je ne cache pas que maman et sapeur pompier, Là, c'est compliqué. Mais l'idée, c'est quand on en a envie, quand les planètes sont à peu près alignées, il faut y aller. Et en fait, on trouve toujours un moment de se dire: Ce n'est pas le bon moment. Ma La première reconversion à chaque fois, c'était: Je ne vais pas le faire maintenant, je suis sur une bonne mission. Je ne vais pas le faire maintenant. Je vais peut-être changer de boulot. Je vais trouver enfin un truc qui me plaît. Je ne vais pas partir maintenant. Et finalement, le projet de réflexion de reconversion, je crois qu'il m'a pris au moins trois ans.

Nicolas (Chance)

Ok. Ça faisait déjà trois ans quand tu étais encore dans ton activité précédente, avant que tu te décides à te lancer dans le sport. Qu'est-ce qui t'as justement fait basculer de C'est le moment ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Plein de choses. Pour faire ma reconversion, le BPGEPS, c'est un diplôme qui est payant. À Paris, étrangement, il est plus cher qu'en province. C'est un diplôme qui se fait normalement en alternance. En province, c'est la norme l'alternance. À Paris, en tout cas, quand moi, je l'ai fait, la norme, c'était le stage alterné. Ça veut dire qu'il faut payer un diplôme à peu près 9, 10 000 € et qu'il faut pouvoir vivre, parce que stage alterné, c'était quoi ? 200, 250 € ? On ne vit pas à Paris avec ça. Donc, en fait, ça a été aussi beaucoup de calcul. Ok, il faut que je puisse autofinancer mon diplôme. Il faut que je puisse avoir suffisamment pour m'en sortir financièrement. Et en faisant mes petits calculs, je me suis rendu compte qu'en fait, j'avais mes droits au chômage qui s'ouvraient au bout de trois ans d'activité, mais il ne fallait pas que je démissionne. Et finalement, un peu heureusement, ça Ça ne se passait pas très bien dans ma dernière boite et j'ai réussi à faire en sorte que ce soit eux qui rompent ma période d'essai. Et grâce à ça, ça m'ouvrait mes droits complets au chômage.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Parce que les financements par Pôle emploi des changements de carrière... Passait un temps, il y avait pas mal de créneaux, ils étaient plutôt généreux et avec le temps, ils ont vraiment resserré et ils prennent très, très peu de projets. Donc moi, en gros, je réfléchis, je réfléchis. Puis finalement, si je tiens encore un petit peu, si je me débrouille, je pouvais m'en sortir confortablement. Parce que comme je n'avais pas trop de soutien de ma famille, il fallait que je m'en sorte toute seule.

Nicolas (Chance)

Quand tu dis soutien, c'est à la fois, tu nous évoquais tout à l'heure le côté les doutes déjà de ta famille sur la reconversion. Tu parles aussi de soutien, on Du coup, morale et financier, c'est ça ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Ouais, les deux. Et le BPJF, ce n'est pas un diplôme facile. On a beau être sur un niveau bac, elle dure 10 mois, je crois, vraiment, la formation. Celle-ci, elle était plutôt intense et que j'avais choisie, mais pendant dix mois, on ne fait que ça. C'est minimum... Je crois que j'avais fait les calculs une fois, je l'ai tapé sur 20 heures de pratique sportives par semaine. En plus de tous les cours d'anatomie, de physio, il faut s'accrocher. J'ai toujours dit: J'ai eu plus de mal à obtenir mon BPGS que d'obtenir mon master.

Nicolas (Chance)

Oui, OK. Je profite pour relayer quelques questions qu'on a dans le chat qui sont liées à tes études. On a Estelle qui Ça demande combien cela prend en études. Est-ce possible de le faire le soir ? De ce que je comprends, tu l'as fait en alternance. Je vais te laisser répondre.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Moi, à mon époque, il n'y avait que le BPGEPS, mais ça dépend des options qu'on prend. Si c'est pour être coach en salle de sport, il faut en général deux qualifications: celle de cours collectif et celle pour être, ce qu'on appelle, sur le plateau cardio muscu. On peut faire que l'un ou l'autre. La plupart des salles, en général, cherchent les deux. Ça veut dire double option et c'est quand même pas mal de taf. Ce n'est pas possible celui-ci en diplôme du soir. C'est une année complète où on ne fait que ça. Après, quand on veut faire des choses un peu plus spécifiques, et je pense notamment quand on veut être coach dans une vraie spécialité, professeur de yoga, là, c'est le cas. C'est juste une formation qui peut même se faire à distance, donc sur le soir. Ces 200 heures de formation, je crois, minimum, pourraient être certifiées par l'organisme qui s'appelle le yoga Alliance. Mais là, on ne pourra pas, par exemple, si c'est donner des cours de step qu'on a envie ou les cours de renforcement traditionnels, là, ça ne sera pas possible. Depuis peu, il y a une autre option qui est possible que le BPGEPS, qui seappelle le CQP.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Le CQP, il était possible de le faire avant que sur l'option cours collective. Et là, ça fait, je crois, à peu près un an qu'il y a aussi l'option, justement, coaching muscu. Le CQP, juste une option, il dure trois mois. Donc, ce n'est vraiment pas le même investissement. Par contre, je crois que ce n'est pas possible en alternance. Et le CQP, CQP, entre la théorie et la pratique, il y a souvent un monde, c'est pour que ce soit uniquement une activité complémentaire. On ne peut pas, quand on fait un CQP, de mémoire, faire trop d'heures et plutôt pour cumuler deux activités. Ça a peut-être changé, ça, par rapport à 2019. J'avoue que ça, j'ai un doute. Parce que quand je pense à mes collègues qui viennent de passer leur CQP, ils ne font que ça, donc ça a dû changer. Le CQP est un peu moins complet, mais on se retrouve finalement avec des personnes, quand elles sont bien investies, ils sont quasiment autant compétents. Mais bon, ça dépend toujours de la personne, évidemment. Donc, le soir, pas possible, sauf si c'est que pour faire une spécialité.

Nicolas (Chance)

Ok. On a aussi des questions qui rejoignent un peu, justement, tes deux mondes, le côté sportif et le côté pompier. D'ailleurs, je dis pompier, est-ce qu'on dit pompier ? Je ne sais pas.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Je crois qu'on dit pompier, mais je trouve ça moche. Alors, on dit pompier.

Nicolas (Chance)

Ça marche. Oui, du coup, c'est Laura qui demande: Est-ce que tu peux devenir pompier sans BP Geps ? La voie volontaire peut-il en Pompier, on peut y aller comme ça.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

C'est ouvert vraiment à n'importe qui. Là, j'ai des collègues, il y en a, il va être mécanicien, il y en a une, elle est institutrice. On ne regarde pas le diplôme pour être pompier volontaire. Pour être pompier pro, c'est pareil. Il n'y a pas de condition de niveau. Je crois que peut-être juste le niveau bac, ils demandent. Après, ce n'est pas les mêmes critères de recrutement entre pro et volontaire. Je pourrais rentrer un petit peu en détail là-dedans si ça intéresse.

Nicolas (Chance)

Ça a l'air d'intéresser les gens, Yohana qui demande notamment: Il y a des questions sur les conditions d'entrée. Est-ce qu'il y a des épreuves physiques ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Ok. Pour le parcours, C'est la cour volontaire. Il y a des épreuves physiques. L'épreuve du luxe léger, donc de la course entre deux paliers, et il y a un palier minimum à atteindre. Je reviendrai pas là-dessus. Ensuite, il y a l'épreuve de la chaise, où on reste assis, contre un mur, il faut tenir le plus longtemps possible. Pareil pour le gainage en planche, tenir le plus longtemps possible. Traction.

Nicolas (Chance)

Oh là là ! C'est dur ça.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Ce n'est pas éliminatoire. Traction et pompe. En fait, plus on tient, plus on fait longtemps, mieux c'est. De manière générale, les pompiers volontaires, en ce moment, ils galèrent un petit peu sur les recrutements. La seule chose qui va être vraiment éliminatoire, c'est si au luxe léger, le palier est trop bas. Et dans ce cas-là, c'est soumis à avis médical. J'ai des filles avec qui là, je fais ma formation, elles n'ont pas passé une traction. Elles sont quand même là. Par contre, elles se rendent compte que là, en formation, sans conditions physiques, elles sont couchées au bout de trois jours. Là, moi, je Je me dis que même si j'ai un bébé qui ne fait pas toujours ses nuits, je suis un peu fatigué, mais la semaine prochaine, je suis de retour à l'entraînement. Il ne faut pas oublier que la bouteille qu'on a sur le dos quand on part sur une intervention feu, plus l'équipement, parce que c'est des tenues qui sont lourdes, c'est à peu près 20 kilos. Une intervention feu, ça peut durer plusieurs heures. Donc, il faut en être conscient. Même quand on part sur un secours à la personne, brancarder une personne en surpoids, la soulever par terre à deux, quelques centimètres, quand on est trois, il faut le faire.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Il y a un minimum de conditions physiques à avoir et même si ce n'est pas à la sélection du concours, ça sera nécessaire pour la suite. Sinon, on est cassé au bout d'une intervention de deux heures et c'est dommage parce que l'engagement de sapeur-pompier, plus loin, on mieux sait, parce qu'on peut évoluer et que c'est là où c'est aussi intéressant. Voilà pour le concours, donc, volontaire. Pour les pros, il a changé, je crois, il y a à peu près deux ans. Il n'est pas facile. C'est un parcours où on est lesté. Selon les casernes, ça va des kettlebells ou des bouteilles ou des tuyaux à porter. Il fait à peu près 20 kilos et il faut courir avec, passer dessus, dessous, dérouler des charges, tirer des charges, pousser des charges. Quelque chose de très concret, en réalité, avec le terrain d'une mission pompier sur une intervention feu, il faut faire le meilleur temps. Il y a aussi de la nage. C'est pour ça que je vais passer le concours pro. Ok. Je crois qu'il y a de la course en plus.

Nicolas (Chance)

Merci beaucoup. On a quelques questions. Je pense que les gens s'interrogent, et d'ailleurs moi aussi, sur comment est-ce que tu jongles entre tes différentes activités ? Est-ce que tu peux nous raconter peut-être une semaine type et comment se répartit ton temps entre les activités sportives, ton côté coaching sportif et ton côté sapeur-pompier ? Et en plus, tu as évidemment une vie perso à côté.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

C'est Pas facile tous les jours. Pour être tout à fait honnête, je suis devenue maman il y a un an et j'ai commencé les sapeurs-pompiers quand mon fils, c'était en janvier, donc il avait neuf mois, je crois, quelque chose comme ça. Pas évident. J'aurais dû attendre un peu plus parce que la formation de sapeur-pompier volontaire, c'est en général des phases d'une semaine de formation. Il y en a qui sont plus ou moins cool, mais comme je disais, en général, c'est physique. Tout le monde ressort rincer de la formation. Des fois, c'est même tellement dur parce qu'il y a de la pression. On imagine qu'on est sur des intères. Donc, le stress de: Attention, la peste au sein de l'arrêt cardiaque, qu'est-ce qu'on fait ? Attention, il faut la transporter. Oh là là, il ne faut pas la taper. Et puis, on nous donne plein d'infos. Moi, je crois que j'ai pleuré à la fin de ma première semaine de formation. Là, en février, tellement que j'étais rincée. Quand c'est une semaine de formation comme ça, c'est 100% dédié, je ne peux rien faire d'autre. Je rentre le soir, j'ai envie de passer une heure et qu'on me fasse aller me coucher.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Quand c'est en semaine normale, je vais être en journée sur mes coachings. Je vais en caler deux, trois. J'ai mes entraînements perso en plus. Et maintenant, ce que j'essaie de faire au maximum, c'est de garder mes soirées. C'est l'avantage de ne plus être en salle de sport et d'être 100% en coaching à domicile. Je ne fais qu'une ou deux soirées comme ça. Après, je vais avoir mes gardes. En volontaire, chaque plazier va avoir son fonctionnement. Celle où je suis, moi, c'est une semaine de garde, donc ça commence le vendredi soir à 19h00. Je suis chez moi, donc c'est de l'astreinte, tout le week-end, pendant 48 heures non-stop. Et ça va se terminer le lundi à 7h00 du matin. La journée, je fais mon taf normal. Ma garde reprend à 19h00 le soir. Donc, je fais toute la nuit d'astreinte et ça va se terminer à 7h00 du matin. Et c'est comme ça tous les jours de la semaine, jusqu'au vendredi matin, du coup, 7h00. Et c'est la nouvelle équipe qui prend le relais à 19h00. Ça, c'est mon minimum d'heures. Il y a des casernes, ça va être toutes les semaines, deux jours, deux nuits.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Donc, le lundi soir, la garde commence à 19h00 et se termine à 7h00 du matin. Et le soir reprend à 19h00 et termine à 7h00 le lendemain matin. La semaine d'après, ça va être le mercredi, jeudi, la semaine d'après, le jeudi, vendredi. Moi, c'est une semaine dédiée. C'est un petit peu costaud. Après, quand il y a des casernes de volontaires, selon la ville où on est, moi, je suis au milieu de la campagne. Les inter de nuit, il n'y en a pas tant que ça. Là où je sors plus, c'est le week-end. Pour l'instant, en plus, je sors que sur du secours à la personne. Je n'ai pas terminé mon parcours dédié à l'incendie ou à la protection des biens et des services. Sur un week-end, faire quatre, cinq sorties, c'est normal. Il y a des fois où on va avoir beaucoup d'inter plutôt en journée. Mais comme moi, je travaille, ce n'est pas moi qui prends ces inter-là. En fait, si je suis disponible, je suis censé mettre sur mon appli: Je suis disponible sur un créneau deux heures et si le bip sonne sur ces deux heures, j'y vais. Là, si je n'avais pas fait la conférence ce matin, je me serais mise en disponibilité alors que ce n'est pas ma semaine de garde.

Nicolas (Chance)

Ok. Tu indiques que tu es disponible et du coup, c'est à toi de te rendre à la caserne quand il y a quelque chose ? Oui.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Ça, c'est mon fonctionnement de ma caserne, donc en astreinte. Il y a aussi des casernes où on est avec des pros. Les pros, c'est des gardes de 12 à 24 heures. C'est des gardes postées. On est à la des casernes et on vit comme des pros pendant ce créneau-là. En général, c'est dans des plus grosses villes, donc ça peut décaler pas mal sur une gare de 12 heures, ce que je fais, moi, des fois, sur une semaine, eux, ils le font sur une journée. Et en parallèle, comme c'est des pros, eux, ils révisent tout le temps leurs gestes. On refait tout le temps des mises en situation et ils font aussi de l'entraînement. Il y a en général des petites salles de sport dans les casernes. Il y a aussi des lits parce qu'il y en a, ils ont besoin de dormir et de récupérer après certaines inter. Mais on est pro, entre guillemets, le temps d'une garde.

Nicolas (Chance)

Ok. Et tu parlais d'entraînement. On a une question de Loana, du coup. Est-ce que vous avez des entraînements ensemble ou est-ce que vous voulez les faire en parallèle des interventions ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

En général, les casernes, nous, en volontaire, il y a souvent un créneau fixe où c'est tous les mardis soir, on se retrouve à la caserne et on s'entraîne. Mais il faut être dispo à ce moment-là. Et puis un entraînement semaine, c'est le minimum. Là, pour ceux qui sont en train de faire la formation avec moi, qui ne s'entraînaient pas avant, la plupart, s'ils n'étaient pas inscrits dans une salle de sport, ils l'ont fait. Ils se sont rendus compte que d'avoir le dos fracassé au bout de trois jours, c'était compliqué. Donc l'entraînement avec les pompiers, oui. L'entraînement perso, encore plus. Il faut vraiment se prévoir, je pense, au moins deux séances/semaine. Et puis faire en fonction de ses forces et ses faiblesses. Quand on s'entraîne avec tout le monde, on suit le groupe et puis basta. Si on se rend compte que c'est le cardio qui ne suit pas, il faut s'entraîner sur le côté pour ça.

Nicolas (Chance)

D'accord. Et la formation du coup, côté pompier, ça dure combien de temps ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

C'est à peu près un an. Quand on est volontaire, c'est dispatché. On va avoir une semaine de formation tous les deux mois, tous les mois, ça dépend. Je réfléchis juste. Là, moi, j'ai commencé en janvier. Janvier l'année prochaine, normalement, ça devrait être terminé. Mais on peut l'étaler plus. Si jamais on a des contraintes perso ou quoi que ce soit, moi, je leur ai dit: Je pense que j'ai commencé ma formation trop tôt, c'est un peu compliqué. Ils m'ont dit: Pas de souci. Si tu veux faire la suite de ton parcours feu un peu plus tard, ce n'est pas grave. En attendant, je fais du secours à la personne et c'est tout et je ferai la partie incendie plus tard. En fait, un engagement, c'est cinq ans minimum et on a trois ans pour faire toute la formation initiale. Donc, s'il faut répartir pour X ou Y raisons, qu'on se rend compte que c'est difficile de tout combiner ou que les dates de formation ne se tombent jamais quand il faut, ça s'étale. Il faut juste bien tout faire à la fin des trois ans, sinon il faut tout recommencer.

Nicolas (Chance)

Ça marche.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Et les pros, c'est pas moi, je crois.

Nicolas (Chance)

Et peut-être une question aussi. Les pompiers, c'est assez masculin comme environnement, non ? Est-ce que tu Comment est-ce que tu t'abordes ça quand tu arrives là-bas ? Est-ce que c'est facile ou pas de s'intégrer, de prendre ces marques ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Chez les volontaires, c'est 40% de femmes. Donc, on est pas mal. Chez les pros, je crois que c'est un petit peu moins. Macazen, on n'est pas sur les 40%, clairement. Ce n'est pas quelque chose qui me gêne plus que ça parce que informatique, coaching sportif, ce n'était déjà pas hyper féminin comme domaine.

Nicolas (Chance)

Tu choisis les domaines, toi. Voilà.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Mais il faut un peu s'adapter. C'est sûr que ce n'est pas tout à fait le même environnement. Moi, ce que je fais toujours, c'est au début, je suis très en retrait, je regarde comment ça fonctionne, comment se jouent les interactions. Et puis, au fur et à mesure, je m'attaque de plus en plus, mais je n'arrive pas avec ma personnalité: Ça y est, coucou, je suis là. Pas trop long genre.

Nicolas (Chance)

Ok. On a que ça. Ça vient un peu plus sur le côté coaching sportif, on a Ingrid qui redemandait si tu pouvais nous redonner le nom exact du BPGEPS que tu as fait.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Moi, j'ai fait AF, activité de la forme. D'accord. Moi, ça fait AG2F aussi, Ça change. Tous les deux ans, ils se disent: Ça va changer, c'est plus sympa.

Nicolas (Chance)

Ingrid, toujours, tu as quelqu'un qui demande quel salaire on peut atteindre en moyenne en tant que coach sportif.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Ça dépend énormément. C'est très Sur Paris, je n'étais qu'en autoentrepreneuriat et je faisais 100% cours collectif. Je prenais deux, trois créneaux dans la journée où j'enchaînais deux, trois cours co. Je réfléchis mon dernier mois, avant de déménager en autoentrepreneuriat. Là, je n'ai pas le calcul. Une fois que j'ai enlevé toutes mes charges, j'étais à 3 000 à peu près. Quand je suis arrivé, par contre, sur le secteur nantais, ce n'était pas la L'autoentrepreneuriat, il n'y avait quasiment pas. Les salles, elles étaient quasiment déjà staffées comme il faut. Et en fait, la norme pour travailler en salle, c'est le CDI en plein ou mi-temps. Ça va faire un petit peu bizarre de rechercher un CDI. J'aimais bien, moi, l'autoentrepreneuriat. Et j'avais pris au début un peu ce qui se présentait. Je me suis retrouvée dans des salles qui ne me correspondaient pas forcément. Et j'ai finalement trouvé un CDI temps plein en me disant: Je vais passer par cette case-là parce que je trouve rien d'autre, parce que j'ai envie de faire mon métier. Et puis, je savais que je voulais acheter ma maison et avoir un enfant plus tard. Donc, je me suis dit: La sécurité avant tout.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Là, je vais être honnête, c'était super mal payé. J'étais super déçue de voir l'investissement que c'était. Donner quatre, cinq heures de cours par jour, c'était une norme. Et les cours, ce n'est pas que des petits cuisses abdos fessiers et des petits yoga. Il y avait ce qu'on appelle des cours de de pump, de cycling ou en termes de cardio et de renfo. Franchement, il fallait envoyer. Je rentrais le soir, j'étais exténuée. Et à ce moment-là, c'était 1 500 seulement pour autant d'investissement et...

Nicolas (Chance)

Ça Ça m'a fait mal.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

C'est pour ça que là, je suis repassée en autoentrepreneuriat et je suis quand coaching à domicile.

Nicolas (Chance)

D'accord.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Depuis pas longtemps. Et des calculs que j'ai pour l'instant, en gros, aujourd'hui, je vais être honnête, je ne bosse pas beaucoup. Entre les pompiers et mon fils, j'ai fait un choix de me dire: Tant pis si je gagne moins. Je crois que je suis sur une dizaine d'heures de travail semaine, mais que je dois tourner autour des 1 000 €. Donc, ma ratio, elle est quand même bien faite. Je sais que là, je viens de lancer mon service de coaching à domicile en deux, trois mois à peu près. Je suis déjà à ça. Le bouche-oreille, se faire connaître, le réseau, je sais que ça va aboutir à plus. Il faut se bouger.

Nicolas (Chance)

Ça rejoint une question d'Estelle dans le un chat qui demande quel coaching tu fais et à quel type de population tu t'adresses ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Très large. Coaching, je vais avoir en client aussi bien une personne, elle a 76 ans et elle a des gros problèmes de santé et elle a une fonte musculaire. Elle, le but, c'est déjà de rebouger et de sentir que ses jambes la tiennent, elle a des gros soucis d'équilibre. Là, c'est des petits exercices, c'est se remettre en confiance, c'est déjà bouger pour cette personne. Je vais avoir un couple de docteurs qui a mal au dos tout le temps parce qu'ils sont assis toute la journée. Eux, c'est du yoga que je fais avec eux. Je vais avoir un jeune cadre dynamique qui veut progresser en cours de sa vie. Et une jeune maman, enfin, jeune maman, plus autant que ça, mais une maman qui, sa fille agrandit, maintenant elle se dit: Allez, je reprends du temps pour moi. Il y a une petite perte de poids à et puis se sentir mieux dans sa peau. Voilà. Les exemples, je pense, les plus divers que j'ai. Et en parallèle, j'ai aussi des interventions d'entreprises des fois.

Nicolas (Chance)

Ça marche. Je prends juste deux dernières questions et le temps file, donc il va bientôt falloir qu'on conclue le live. Je prends deux dernières questions rapides. Kim qui demande: Est-ce qu'on peut faire la formation secours à la personne sans faire parcours feu ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Je ne crois pas. Je ne crois pas. Je pense que la seule façon de d'y arriver, c'est en intégrant ce qu'on appelle le 3SM. C'est la partie médicale des pompiers, donc quand on est infirmier ou médecin. Je crois qu'eux, ils n'ont pas le parcours feu.

Nicolas (Chance)

D'accord.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Merci. Sinon, pour faire que du secours à la personne, en tant que bénévole, ils vont chercher à la protection civile et à la Croix-Rouge.

Nicolas (Chance)

D'accord. J'espère que ça répond à votre question, Kim. Laura, dernière question du coup. Quelles sont les différences, si elles entre les taches pompier-femme versus pompier-homme, notamment dans la différence musculaire, à cause de la différence musculaire ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Il n'y a pas.

Nicolas (Chance)

Pas de différence ?

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Il n'y en a absolument pas. Après, les collègues, ils ne sont pas bêtes. Quand, justement, on va devoir déplacer une personne en surpoids, là, j'ai eu le cas encore récemment, la personne, elle devait faire peut-être une centaine de kilos, on sait que tout le poids de la personne est situé au niveau du bassin. Ils ne m'ont pas fait porter le bassin et ils m'ont mis plutôt au niveau de la tête. Du coup, là, c'est du secours à la personne. Quand il y a du port de charge lourde et du moins lourd, oui, on va quand même mettre sur ce qui est un petit peu moins lourd. S'il faut déplacer les tuyaux, oui, on ne te met pas à gros tuyaux, mais à ceux qui sont un peu plus petit. Parce qu'il faut aussi être stratégique. On sait qu'on va perdre du temps si on le met sur un machin qui pèse 50 kilos. Je déplacerai moins vite que mon collègue qui en fait 100 et qui a plus de facilités. C'est plutôt une question de logique sur l'intervention et une question de ressources. Mais normalement, on est censé tout faire pareil homme et femmes.

Nicolas (Chance)

Super. Écoute, notre live touche à sa fin. Je Je voudrais vraiment à te remercier encore Fanny pour le temps précieux que tu nous as dédié et toutes les informations que tu as pu partager avec nous aujourd'hui. Avant de nous quitter, je voulais parler d'une initiative qui nous tient à cœur et qu'on vient de lancer chez Chance, qui qui s'appelle 3 minutes pour les autres. C'est un service d'entraide professionnelle qui est gratuit et qui permet d'accéder à toute une communauté d'entraide. En vous inscrivant, vous pouvez recevoir chaque semaine une liste personnalisée de 10 personnes à qui vous allez pouvoir donner un coup de main professionnel si vous le souhaitez. C'est très simple, ça prend vraiment trois minutes par semaine et ça peut changer des vies. Et ça marche dans les deux sens. Vous pouvez à la fois demander de l'aide et être aidé vous-même en rédigeant une demande d'aide. Je vous colle juste dans le chat, le lien si vous souhaitez vous inscrire. Justement, ça permet d'avoir ce genre de conversation avec une multitude de personnes qui peuvent s'interroger sur différentes voies professionnelles. Merci encore Fanny pour son temps. Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis.

Nicolas (Chance)

J'espère que ça vous a beaucoup aidé. Bonne journée à tous.

Fanny Millat (Coach sportive et sapeur pompier)

Au revoir.

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