Grégory Pouy, Créateur du podcast VLAN

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Carole (Chance)

Salut Grégory. Bonjour à tous. Je ne t'entends pas.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Tu ne m'entends pas ?

Carole (Chance)

Si, ça y est, je t'entends. Tu vas bien ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Oui. Et toi ?

Carole (Chance)

Pardon, j'ai un petit problème de technique. Il faut que je me connecte d'ailleurs. On peut commencer la conversation. Il faut que je bouge d'endroit. On a une semaine de live. Bienvenue à tous. C'est une semaine où on enchaîne toute la semaine pour faire découvrir les coulisses de 50 métiers en cinq jours. Je suis très heureuse de discuter avec Grégory aujourd'hui, non seulement parce que c'est un ami de très, très longue date. On a arrêté de compter. Et surtout parce que moi, j'ai le plaisir d'observer la multiplicité de ses actions, tout ce qu'il fait et en fait, toutes ses différentes transitions. Il a créé la raison pour laquelle on voulait qu'on discute avec lui aujourd'hui. Beaucoup d'entre vous ont voulu être présents pour parler de ce métier de podcasteur. Je ne sais pas si vous suivez Greg sur les réseaux, mais Greg a posté ce matin ou hier son papier, sa tribune sur: Fini les métiers fantasmes. C'est aussi l'objet de notre conversation aujourd'hui. C'est pour décrypter les coulisses du métier de podcaster, parce que tout le monde veut être podcasteur, mais très peu réussissent à en faire un métier qui marche autant et qui en vient quasiment une source de revenus.

Carole (Chance)

Je veux bien que tu nous racontes ça tout à l'heure. Je veux juste commencer par... Tu as beaucoup de fans qui commentent en tchat.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Oui, je vois.

Carole (Chance)

Tous les fans sont en train de se manifester. Olivia est là. Ce qui serait bien, c'est juste pour commencer, que tu nous expliques pourquoi ton papier sur les fantasmes et pourquoi tu voudrais éclairer les dessous du sujet podcaster. Pendant ce cas-là, je vais bouger d'endroit, mais ne vous inquiétez pas, on continue.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

En fait, le papier, il n'est pas tant sur les fantasmes du métier de podcaster, il est sur le fantasme du changement de vie en un clic, en fait. Parce que ça, ça n'existe pas. Je ne sais pas si c'est un métier de podcaster. Je pense que c'est un métier de créateur que je fais depuis 18 ans maintenant. Donc, c'est pas lié à Vlan, en fait, en réalité. Avant ça, j'avais créé un blog en 2005, donc c'est vieux, un blog de marketing. Et puis, quand j'ai lancé Vlan, en fait, à la base, c'était donc un podcast de marketing. Et l'idée, c'était de se dire finalement, moi, je suis pas la personne qui écrit le mieux, donc je pense que la voix, ça me correspond plus. Et j'aime pas trop voir en image, donc du coup, je voulais pas faire de la vidéo. Et j'ai essayé avec Aurélien un petit peu. On a fait deux, trois live sur Facebook à l'époque, avant Vlan. Et donc, j'ai lancé Vlan. Je n'avais pas d'idée de business model derrière. Pour moi, le but, c'était de partager et de manière un peu égoïste, de rencontrer des gens brillants et puis aussi de trouver des clients pour pouvoir continuer à faire mon métier en groupe.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

C'était vraiment ça l'idée. Et après, ça a bougé et après, j'ai changé de vie. En fait, c'est un cheminement qui s'est fait sur six ans, mais l'objectif à l'origine, c'était quand même de partager et pas d'avoir un business model. Donc, je ne suis pas du tout à faire du podcast mon métier, comme je n'avais pas fait du blog mon métier. C'est plus pour moi et encore aujourd'hui, finalement, c'est vrai que Vlan génère des revenus aujourd'hui, mais pour moi, ce n'est pas exactement un métier. C'est plus une manière pour moi d'exprimer ce que je veux faire, d'avoir un impact, que je ne le considèrerai pas. Je me présente assez peu comme un podcaster, en général. Je me présente plus comme un analyste culturel et j'explique les différentes choses que je fais. Je ne sais pas si tu m'entends encore.

Carole (Chance)

Oui, je t'entends tout à fait. J'ai bougé d'endroit, je voulais vous épargner mon nouveau lieu.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Bienvenue à la maison. Le métier de Grégory, à la base... Le métier de Grégory, à la base, c'est le marketing. J'ai fait beaucoup de stratégies marketing et j'ai fait beaucoup de...

Carole (Chance)

Donc, à la base, tu as été...

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Je vais répondre à la question de Noémie en attendant. Est-ce qu'on doit être forcément super à l'aise à l'oral ? C'est une très bonne question. Moi, j'ai cette facilité-là. Pour le coup, je suis quelqu'un de très timide dans la vraie vie. Donc, je vais pas me la ramener. Par contre, quand tu sais après de quoi tu parles, la voix se... Voilà, c'est plus facile de parler, c'est plus facile de poser des questions que de parler en général. Donc je pense qu'il faut être relax. Je sais pas s'il faut être à l'aise techniquement. Je sais pas si on fait la différence entre les deux, mais il faut être à l'aise de poser des questions et de s'intéresser aux autres. Ce qui n'est pas le cas de tous les podcasteurs d'ailleurs. Moi, je pose beaucoup de questions, je suis pas là pour parler de moi, je suis là pour parler des autres. Est-ce que la voix se travaille ? Sans doute, mais je l'ai pas fait. Je n'ai pas travaillé ma voix particulièrement. Et le track Noémie, c'est normal. C'est juste que... En fait, on a tous forcément le complexe de l'imposteur. Mais la réalité, c'est qu'on ne demande pas de devenir expert en quoi que ce soit.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

On demande juste de t'intéresser et de travailler au préalable pour poser les bonnes questions à la bonne personne. Donc, en fait le track de se lancer, en réalité, il est uniquement pour toi. Et puis, en plus, au début, le podcast, il n'est pas forcément très connu. Donc, en vrai, même si c'est un échec, admettons, même si les premiers épisodes ne sont pas terribles, Dieu sait que les premiers épisodes de Vlan n'étaient pas terribles, ce n'est pas très grave en réalité. C'est plus un truc d'ego par rapport à soi-même, mais finalement, les autres ne sont pas au courant, donc il n'y a pas de problème.

Carole (Chance)

Il y a une question. J'ai vu que tu répondais directement en question. Merci. Il y a une question sur les rencontres où tu as eu éventuellement des déclics, des conseils pour se faire connaître, une stratégie. Moi, je voulais juste apporter une question que tu as un peu évoquée tout à l'heure, mais j'aimerais qu'on revienne dessus. Tu sais, toute cette mode d'influenceurs qui font des contenus. Donc toi, tu te définis comme un créateur de contenus. Je sais que tu as une opinion là-dessus. Ce qui serait intéressant, c'est que tu démystifies ça aussi. On voit des gens qui, finalement, vivent de leur métier de créateur de contenus et qui publient les choses sur Instagram. Est-ce que tu peux partager l'autre versant.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Je crois que ce qu'il faut comprendre, pour la petite histoire, c'est vrai que ça fait 18 ans que je crée du contenu, que j'ai été CEO d'une boite qui faisait de l'influence marketing en 2006. C'était vraiment au tout début de l'influence, il y a 17 ans. Ou 16 ans. Il faudrait que je fasse le calcul un peu mieux. 15 ans précisément. Et en fait... Alors d'abord, je pense que quelqu'un qui crée du contenu comme ça en ligne, c'est-à-dire qui se met en avant d'une manière ou d'une autre, c'est quelqu'un qui a une blessure narcissique. C'est-à-dire qu'en fait, s'il n'y a pas la blessure narcissique, en vrai, c'est quand même très pénible de créer du contenu. Parce qu'en vrai, ça demande énormément de travail. Ça demande de se... Même si moi, je ne le fais pas trop, mais je parle plus pour les Instagramers ou les Youtubeurs. Ça demande quand même de parler beaucoup de soi. Ça suppose de se prendre des shitstorms de temps en temps quand même. Ça veut dire que la vie des influenceurs, c'est quand même de rester derrière leur téléphone. Ça veut dire aussi, et parce que moi, je l'ai vu, beaucoup de gens abandonnent très rapidement.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

En fait, la majorité de gens, ils abandonnent très vite parce que en vrai, c'est vraiment beaucoup de travail de créer du contenu. Ça demande en particulier une régularité. C'est facile de créer cinq, six épisodes de podcasts ou de poster comme ça sur Instagram, mais d'avoir du contenu de manière régulière. En fait, c'est du taf. Et en plus, ce qui est extrêmement stressant quand on est créateur de contenu ou influenceur, je pense plutôt aux influenceurs, quand c'est ta seule source de revenus, tu as peur que ça s'arrête. Et ça va s'arrêter en réalité. C'est-à-dire que... De mon expérience, en tout cas, sur les 18 ans, je pense que j'étais là depuis le début au final, ce que je vois, c'est en particulier sur Instagram, ça va, ça vient. C'est-à-dire qu'en fait, les gros instagrameurs, c'est pas ceux qui se sont lancés en 2017 ou les gros blogueurs, c'est pas ceux qui se sont lancés en 2005, c'est ceux qui se sont lancés après. Et même ceux-là, quelque part, leur influence, elle a pris un coup dans l'aile. Donc en fait, c'est un métier qui est très instable, la création de contenu. C'est pour ça que moi, en ce qui me concerne en tout cas, je me considère pas et je n'ai pas envie de me considérer comme un podcaster parce que je n'ai pas envie que ce soit ma seule source de revenus.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Ce n'est pas que je n'ai pas envie que ce soit ma source de revenus, ça m'a permis de changer vraiment, de changer de vie. Ça m'a permis de me donner du temps financièrement pour pouvoir vraiment ajuster ma posture et tout. Mais je n'ai pas envie que ça soit ma seule source de revenus parce que je sais que c'est instable. Et ça, c'est important aussi de se le dire. Mais ce qu'il faut dire sur les influenceurs, c'est qu'il faut les imaginer dans leur vie et ils sont toute la journée sur leur téléphone au final. Parce qu'ils répondent à leurs commentaires, ils répondent à tout le monde. Tout le monde ne répond pas en MP, mais ils répondent et ils passent du temps à regarder les interactions. Donc c'est un peu compliqué quand même aussi.

Carole (Chance)

Merci beaucoup. Donc là, il y a des questions sur les revenus. Quelles sont les autres sources de revenus ? Si on remonte dans le chat, il y avait des questions également sur: Est-ce que tu fais toi-même le montage ou tu passes par agence ? Comment tu as fait pour te faire connaître ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

La première, c'est les sources de revenus. Moi, mes sources de revenus, ça a toujours été le conseil et les conférences. Enfin, pas toujours, mais depuis que je suis indépendant, donc depuis 12 ans. Donc, je fais toujours ça. Je fais des conférences et du conseil. C'est assez marrant d'ailleurs, parce que maintenant, comme j'ai ce podcast, les gens me disent: Non, mais tu sais, il va falloir que tu parles tout seul, pas que tu poses des questions. Je fais: Oui, non, mais... Je pense que j'en ai fait à peu près 10 000 de conférences, je dois pouvoir parler tout seul. Mais les gens, ils ont oublié que j'étais capable de le faire. Donc ça, c'est aussi un petit bémol par rapport au podcast. Les gens, ils vous mettent dans des cases en général. Mais voilà, moi, je fais du conseil et des conférences. Et maintenant, en fait, ça a complètement bougé, parce qu'avant, je faisais du conseil et des conférences sur le marketing, marketing digital. J'étais prof, entre autres à HEC Dauphine de marketing digital. Et aujourd'hui, je fais des conférences sur le leadership, donc c'est lié au deuxième podcasting. Et je fais des conférences sur l'évolution de la société, sur les impacts pour les entreprises, parce que je crois beaucoup au rôle des entreprises.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Donc en fait, ce que j'essaie de faire, c'est d'abord d'aider les gens à être un peu plus sereins à travers la vente en comprenant le moment dans lequel on est en train d'évoluer. Et de l'autre côté, j'essaie d'aider les entreprises à accélérer leur transformation par le leadership, parce que je pense que c'est par là que ça va passer et pas par la réduction de l'empreinte carbone de l'entreprise. Donc, j'essaie de les faire bouger de cette manière-là et donc je fais des conférences et du conseil pour ça. Donc voilà. Ensuite, sur le montage, en fait, dans les rencontres importantes, tu me demandais, Carole, il y a Pierre-Henri Samion, qui est quelqu'un que j'ai rencontré il y a 2012, donc il y a 11 ans. Et Pierre-Henri Samion, en fait, on a travaillé ensemble, et il se trouve qu'il est dans un studio d'enregistrement depuis... Voilà, c'est un passionné de son. Et c'est lui qui m'a aussi mis le pied à l'étrier du podcast, même si j'avais vu des podcasts quand je vivais à New York. C'est pour ça que je voulais faire un podcast, mais c'est vraiment lui qui m'a accompagné sur le sur le matériel et puis après sur le montage, sur le mixage des épisodes.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Et en fait, aujourd'hui, c'est toujours lui qui monte et qui mixe. Enfin, lui et son équipe, qui monte et qui mixe les épisodes. Et ça, c'est une rencontre importante de ma vie, parce que c'est lui aussi qui m'a donné le courage d'abandonner le marketing. Je ne lis pas les questions en même temps, pardon.

Carole (Chance)

Non, mais tu as couvert beaucoup de questions. La question qui a suivi, c'est: comment tu fais ? Comment tu as démarré ? Comment tu as fait pour avoir une audience ? Et ensuite, il y a une question sur les pauses que tu as fait pendant ces 18 ans.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Les pauses ?

Carole (Chance)

Est-ce que tu as fait des pauses ? Est-ce que tu t'es arrêté pendant ces 18 ans ? Là, la question, c'est pour prendre du recul.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

D'abord, il y avait quoi ? Il y avait les pauses. Avant ça, c'était... Tu m'avais demandé quoi ? Je ne me souviens plus, pardon, je l'ai oublié.

Carole (Chance)

Je t'avais demandé comment ça a commencé. Comment tu arrives pour avoir une première audience.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

L'audience. En fait, l'audience... Alors, moi, je suis pas un exemple très intéressant dans ce sens-là, parce que quand j'ai lancé mon blog en 2005, c'était le début des blogs. Et donc, je suis devenu le plus gros blog de marketing en France, mais en vrai, il y avait pas non plus des tonnes de blogs de marketing en France. Donc voilà. Et du coup, ça m'a donné énormément de visibilité. Ça m'a permis de créer une communauté. Et en fait, quand j'ai lancé Vlan, c'était aussi tout au début de la tendance des podcasts en France. Enfin, tout au début, la vraie grosse tendance, parce que les podcasts, ça qui existe depuis la création de l'iPod, mais ça a vraiment pris en 2017 et j'avais déjà une audience, j'avais déjà une communauté. Donc, cette communauté, elle m'a suivi sur le podcast. Donc ça, ça m'a beaucoup aidé. Et ensuite, moi, je n'ai pas trop... C'est très compliqué d'ailleurs de ne pas céder aux sirènes de l'audience. En fait, qu'est-ce qu'il faut pour faire de l'audience ? Il y a quelqu'un qui a posé une question sur les niches. Les niches, c'est une très bonne idée. Vraiment, je pense qu'aujourd'hui, en particulier, où il y a beaucoup de podcasts qui existent, c'est une très bonne idée d'aller sur une niche particulière, vraiment spécifique.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Mais il y a des choses que les gens aiment et il y a des choses que les gens n'aiment pas. Ce que les gens aiment, c'est les célébrités. Je ne sais pas. En général, pas. Ce que les gens aiment, c'est le développement personnel.

Carole (Chance)

Quand même, tu reçois des personnes sur Vlan qui ne sont pas des célébrités, mais qui sont quand même des gens très connus.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Non, des gens connus, oui, mais des gens connus, des gens respectés, mais pas des gens avec un million de followers sur Instagram. Non. Et ça, c'est très très intéressant quand tu veux vraiment booster ton audience, de recevoir des gens qui ont beaucoup de followers sur Instagram parce que tu as quand même toutes les chances qu'à un moment donné, ils partagent le truc et que du coup, ça te booste ton contenu. Ou des gens, des célébrités, tu vois, par exemple, je n'en sais rien, David Guetta, je sais pas trop qui. Moi, je n'ai pas vraiment accès à David Guetta, mais il y a quand même des gens connus que je connais dans ma vie. Mais sauf que sur Vlan, ça n'a pas trop de sens. Donc, je ne cède pas à ces sirènes là. Les gens connus, les gens aiment bien, je le sais. Les gens aiment bien le développement personnel parce qu'en fait, les gens sont un peu perdus. Il y a une pandémie de santé mentale, donc je sais très bien que ça marche bien. Et par contre, je vais traiter des sujets comme les migrants, comme l'islam, qui sont des sujets qui n'intéressent personne, je le sais, parce que je le vois dans les stats.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Et en même temps, je le fais parce que pour moi, c'est essentiel. Donc, j'essaye de pas trop céder aux sirènes de l'audience et je le fais un petit peu quand même. Donc, je traite de temps en temps des sujets qui sont un chouia plus léger. Et ça, ça compte. Et donc, comment on construit une audience ? Parce que c'est la question à l'origine. En fait, ce qu'il faut accepter, et ça, c'est très difficile, c'est que ça prend du temps. Ça prend du temps de construire une audience et après, il faut la conserver. Ça, c'est très dur aussi. Et pour la conserver, justement, quand il y avait cette sorte de pause, il ne faut pas trop faire de pause. C'est-à-dire que moi, je n'ai jamais raté un épisode en six ans, je n'ai jamais raté une semaine. Ça n'est jamais arrivé, en fait. Ça n'arrive pas. Il n'y a pas une semaine où il n'y avait pas d'épisode. Même l'été. L'été, je fais des redifs, parce que de toute façon, il y a tellement d'épisodes qui sortent que je fais des best of, en fait. Je fais vraiment un truc avec les meilleurs épisodes.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Mais non, même si je devais diffuser l'été, je diffuserais l'été, bien sûr. De toute façon, j'ai tellement d'épisodes d'avance que... Et ça, sur le blog, j'ai fait plus de pauses, mais sur le podcast... Et puis le blog, il a vachement évolué au fur et à mesure des 18 ans où je l'avais. Aujourd'hui, je le tiens plus du tout. Mais le secret, quand même, c'est pas faire trop de pauses. Tu poses des questions, tu avances, tu chemines dans ta tête, mais tu pauses pas.

Carole (Chance)

Justement, pour Chance, tu sais, la définition du sens, c'est un alignement avec ces quatre piliers. On en a suffisamment parlé. Le fait que tu n'es pas juste un alignement avec ton métier, il y a aussi un alignement avec ton environnement, tes impératifs et ta finalité. Ce qui serait intéressant, c'est dans ton métier actuel de producteur de contenu, en quoi tu as trouvé du sens ? Quel sens tu y trouves, toi ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Moi, je crois que le sens de ma vie, c'est quand même... D'abord, pourquoi j'ai arrêté de faire du marketing et pourquoi je fais ce que je fais aujourd'hui, c'est-à-dire d'accompagner des boites dans la transformation ? C'est parce qu'en fait, j'avais l'impression que je m'inscrivais en faisant du marketing à un revers de mon époque. C'est-à-dire que l'époque, continuer à faire du marketing, à vendre plus, promouvoir une quelconque croissance, c'était m'inscrire à l'opposé de mon époque. Donc ça, il est hors de question. Donc, en ça, je trouve que j'ai du sens. C'est-à-dire que je participe à mon niveau, à l'évolution de la société dans le sens qui me semble le meilleur, c'est-à-dire dans le sens du vivant. Donc ça, ça me donne du sens. Et moi, vraiment, de manière assez générale, comme je viens d'un milieu assez défavorisé, où finalement, on n'avait pas trop accès aux bouquins, on n'avait pas trop accès à quoi que ce soit. Et tu vois bien qu'il y a un entre-soi intellectuel parisien qui n'est pas accessible, en fait. Parce que c'est dit avec des mots compliqués, parce que les questions sont complexes, alors du coup, les réponses sont complexes. L'environnement est assez chiant dans l'absolu, je trouve.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Et du coup, moi, j'ai voulu vraiment libérer ça. C'est-à-dire, en fait, tu peux très bien avoir des conversations très intéressantes avec des gens passionnant, sans leur poser des questions très compliquées, que tout le monde comprend, plus ou moins, mais quand même plutôt tout le monde. Et ça, en fait, pour moi, ça a beaucoup de sens. Donc voilà. Après, par rapport aux quatre piliers dont tu parles, bah du coup, mes journées au quotidien, en fait, déjà, elles se ressemblent pas, donc ça, c'est assez chouette. Et en plus, enfin moi, mon métier, c'est quand même de parler avec des gens brillants, de comprendre ce qu'ils me disent, de le partager avec un maximum de gens, et après de le raconter à d'autres personnes, donc de mâcher tout ça, de l'ingérer, de l'intégrer, et puis après de le ressortir à des gens pour que ça soit encore plus compréhensible en conférence. Donc voilà, ça c'est mon travail. Donc c'est plutôt... Enfin moi je trouve ça incroyable. Ça me finance ma vie et je n'ai pas d'ambition de devenir multimillionnaire, donc ça va très bien de ce côté-là. Je travaille, mais je n'ai jamais vraiment la sensation de travailler, donc c'est quand même hyper agréable.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Bien sûr qu'il y a des moments où j'aurais envie de juste rien faire, mais la réalité, c'est que ce n'est pas ennuyeux. Pour moi, en tout cas, de lire des livres, de parler avec des gens passionnants, je ne peux pas dire que ça m'ennuie à aucun moment, ce n'est pas possible. Donc, je trouve ça génial. Mon environnement de travail, c'est chez moi, donc ça il faut faire attention. Je pense que c'est pas valable pour tout le monde, mais c'est aussi parce que je rencontre beaucoup de gens à l'extérieur, donc j'ai cette chance-là. Mais c'est vrai que travailler chez soi, c'est très particulier. Ça suppose aussi de prendre un appartement dans lequel tu te sens bien. Je pense que c'est très important ça. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui se rendent pas compte que travailler chez soi ça peut être vraiment destructeur, on se sent seuls, etc. Donc ça accentue la solitude. Ça peut accentuer le fait de se replier sur soi aussi, ce qu'a fait le COVID un peu sur tout le monde. Je crois que j'ai couvert les quatre, non ? Le métier, la finalité, l'environnement, les intérêts.

Carole (Chance)

Oui, tu as couvert les quatre. La finalité, l'environnement, les impasse. La finalité, l'environnement opératif. Quelles sont les parties moins agréables ? Donc, Adeline pose la question dans le chat. Quelles sont les parties que tu aimes moins ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Les parties que j'aime moins sur mon métier ? La compta.

Carole (Chance)

Oui, tu es indépendant.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Oui, je suis indépendant, donc toute la partie paperasse, ça ne m'intéresse pas trop. Qu'est-ce que je n'aime pas dans mon métier ? Franchement, il n'y a pas grand-chose.

Carole (Chance)

À part la compta.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

J'imagine que... Je réfléchis. Il y a forcément des tâches réperbatives, mais c'est des tâches plutôt administratives. Ce n'est pas mon métier en tant que tel. Par exemple, moi, faire des présentations PowerPoint, j'adore ça. Tu vas construire tout un argumentaire pour pouvoir expliquer aux gens. Et ça me prend du temps, mais j'aime bien le faire. J'aime bien faire des conférences, j'aime... Non, franchement, il n'y a pas de grosses tâches qui m'ennuient.

Carole (Chance)

Adine et Noémie te suggèrent de déléguer ta compta.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

J'aime quand j'ai un comptable. Mais bon, il y a quand même des trucs que tu dois faire. Tu ne peux pas tout sortir. Même mes impôts, je ne les fais pas moi-même, mais il y a un moment donné...

Carole (Chance)

Denis te demande cette question sur la légitimité. Comment as-tu fait pour te sentir légitime sur le sujet du leadership quand tu fais des conférences ? D'où vient ta légitimité ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Ma légitimité, je n'en ai pas à l'origine. Marketing, oui, parce que c'était mon métier depuis six ans quand j'ai lancé mon blog et que quand j'ai lancé mon blog, je me disais: C'est juste un CV amélioré. À priori, il n'y avait pas vraiment... Je me suis posé la question, évidemment. Je me suis dit: Qu'est-ce que je vais pouvoir raconter, moi, particulièrement ? Je me suis dit: Finalement, c'est comme un CV. Et puis les gens qui le lisent, s'ils trouvent ça intéressant, c'est cool. S'ils trouvent pas ça intéressant, c'est pas grave. Et après, sur le leadership, où je n'ai absolument aucune légitimité, pour le coup. En fait, elle vient tout simplement du fait de discuter avec des gens qui, eux, ont de la légitimité. Et en fait, l'air de rien, j'apprends. En fait, ce que j'ai appris pendant ces années, c'est que tu peux devenir expert de ce que tu veux. C'est-à-dire qu'en fait, si tu passes du temps, suffisamment de temps à lire des livres, à essayer de les résumer, à poser des questions intéressantes, à discuter avec des gens intéressants, à la fin, tu deviens pertinent sur le sujet. Donc, en fait, au début, tu n'en as pas de pertinence.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Et donc, tu as complètement ce complexe de l'imposteur. Mais moi, je n'ai pas de complexe de l'imposteur a priori, parce que je me dis: Moi, je ne fais que poser des questions. Je ne suis pas en train de dire que je suis un expert du leadership. Je suis en train juste de poser des questions à des gens qui savent. Il n'y a pas de raison d'être... Enfin, je veux dire n'importe qui a le droit de poser des questions. Donc, en fait, je n'ai pas de raison, finalement, d'avoir un complexe de l'imposteur. C'est plus problématique quand je commence à faire des conférences sur le sujet, alors que moi-même, je suis pas un leader de boite, finalement. Mais ce que je fais, quand je fais des conférences sur le sujet, c'est que je reprends ce que j'ai appris sur mon podcast. Comme le général Vincent Deportes, nanana, comme Hubert Joly, nanana, ou comme... Ça, peu importe, mais je vais reprendre ce que j'ai appris, finalement. Donc, je vais partager ce que j'ai appris. C'est ce que fait un professeur, par ailleurs.

Carole (Chance)

Exactement, tu as raison. Est-ce que tu as fait un TEDx ? Il me semble que oui.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Oui, j'ai fait un TEDx dont le titre est: La réalité toxique de la course au bien-être. Et c'était un truc qu'on m'a proposé, j'ai accepté de le faire et c'était une expérience. C'est beaucoup de travail parce qu'il faut apprendre par cœur son petit sujet. Et puis après, il faut le jouer parce que pour le coup, c'est mis en scène. Il ne faut pas avoir l'impression de réciter. Mais j'ai pu partager un truc qui me tenait à cœur autour de la course. Parce que je vois des gens autour de moi qui cherchent l'équilibre. Je voulais faire partie de cette idée qu'il n'y a pas d'équilibre. Il n'y a que de l'harmonie. Et en fait, je vois des gens qui cherchent des solutions rapides pour ralentir.

Carole (Chance)

On approche de la fin de notre conversation. Ca serait intéressant que tu racontes ta philosophie là dessus en deux mots, du il n'y a pas d'équilibre, il y a de l'harmonie ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Oui, on est venu me chercher, Noémie. En fait, au début, on cherche l'équilibre parce qu'on se dit: J'ai envie d'avoir d'un côté une vie où il se passe des milliards de choses et dans le même temps, j'ai envie de prendre du temps, d'aller lentement. Ça ne marche pas, ça n'existe pas. Donc du coup, la réponse, c'est de souvent optimiser. Ça ne marche pas non plus. Ou alors de s'intéresser au développement personnel pour être plus performant. Ça ne marche pas non plus d'optimiser son développement personnel. Et en fait, cette histoire d'harmonie, c'est de dire qu'il y a, cest l'exemple que je prends dans le Ted, mais je trouve que c'est assez juste, un écosystème, et on est des écosystèmes, donc la planète, c'est un écosystème, nous, nous sommes des écosystèmes, c'est un système qui est en déséquilibre permanent. Un peu comme quand on quand tu vois un bébé qui marche, quand tu vois un bébé qui marche, un bébé, un enfant d'un an, il titube, c'est compliqué. En fait, il est en déséquilibre permanent, mais il avance. Et en fait, c'est parce que c'est une harmonie. Si tu devais demander à une biche qui se fait manger par un lion, est-ce que ça, c'est de l'équilibre ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Elle va te dire non. Elle parle pas la biche, mais si elle pouvait parler, elle te dirait non. Mais par contre, c'est une harmonie. En fait, l'harmonie, c'est quelque chose qui, toi, te convient à ce moment-là de ta vie. Et je trouve que ça fonctionne... Moi, je trouve ça plus juste de chercher l'harmonie que de chercher un équilibre où, par définition, on est en déséquilibre en permanence. Je crois que c'était ça le message que je voulais faire passer. Et puis après, dire: Il faut essayer de se sortir de cette quête de la performance permanente ou dans laquelle on est beaucoup, de sortir de l'image que les autres ont, de se donner la liberté soi-même, etc. C'est les messages que je voulais faire passer.

Carole (Chance)

C'est un message très inspirant. J'imagine que ça a inspiré la plupart des gens qui nous écoutent. J'ai eu plein de commentaires de ce sens-là. Adeline, Greg a écrit un bouquin qui s'appelle Insoutenable paradis.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Pas de développement personnel. En fait, pour tout dire, Adeline, je voulais écrire un bouquin sur... J'en ai fait un post d'ailleurs, hier, avant-hier, où j'explique à quel point le développement personnel est une perversion du capitalisme. Si je devais écrire un bouquin, ce serait plutôt pour critiquer le développement personnel que pour aller dans le sens du développement personnel. Mais disons que ce que je n'aime pas dans le développement personnel, c'est le mot développement. C'est l'idée d'avoir plus, toujours plus. Et en fait, ce n'est pas le bon terme. Et surtout, quand on regarde l'histoire de ce que c'est que le développement personnel, finalement, ça part du self-care dans les années 60, une réponse au capitalisme, parce que les gens sont éreintés physiquement, psychologiquement par le capitalisme. Donc, ils ont besoin qu'on prenne soin d'eux. Donc, ça s'appelle le self-care. Ça a après été repris par les mouvements noirs américains dans les années 70. Et puis, c'est devenu ce qu'on appelle le développement personnel par la psychologie positive. Et en fait, ça a été une réponse de capitalisme. Ça a été de dire: Vous avez un problème avec le système ?

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Bouge pas, je vais te vendre une solution. Et en fait, aujourd'hui, c'est un business qui représente plus de 250 milliards de dollars. C'est un tiers des bouquins vendus en librairie en France. En fait, c'est beaucoup de bullshit, pour le coup. Parce qu'en réalité, quand il s'agit de développement personnel, ce n'est pas la question de savoir et de comprendre. Ça, tout le monde est capable de réciter plus ou moins les accords Toltèques, mais c'est d'intégrer. Et en fait, quand j'en parle, par exemple, il y a un épisode que j'ai fait avec Marion Dupuy, où elle dit, elle a passé 18 ans dans un temple bouddhiste, elle dit: En fait, dans les temples bouddhistes, on ne vous apprend pas les quatre accords Toltèques. On vous dit de prendre un truc et de s'y tenir et de l'intégrer vraiment profondément. Et cette intégration, c'est-à-dire vraiment le descendre. Et moi, je vois beaucoup ça dans les gens qui font beaucoup de développement personnel. En fait, ils ont quand même envie de l'entendre, de le comprendre, de l'intégrer. Enfin, non pas de l'intégrer, mais de le comprendre, donc de le réciter. Donc, ils peuvent vous donner des leçons, etc. Mais ils n'intègrent pas.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Et du coup, ce n'est pas authentique, ce n'est pas vrai. Et le développement personnel, je trouve qu'ils se servent beaucoup sur cette vague à essayer de trouver des solutions qui n'en sont pas. Donc, si je devais faire un bouquin, ce serait pas super.

Carole (Chance)

Super. Merci. On devrait faire un autre live. Je sais pas ce que vous en pensez avec Greg. On pourrait faire un deuxième événement avec vous tous. Pardon, on a des séances qui s'enchaînent, des lives qui s'enchaînent. Encore merci Greg. Merci à tous d'avoir été là et d'avoir posé des questions. Vous pouvez suivre Greg sur Instagram ou sur LinkedIn. Et moi, je pense qu'il pourra répondre à vos messages sur Instagram ou LinkedIn si vous en avez suite à cette conversation. Merci à tous. Merci Greg.

Grégory Pouy (Créateur du podcast VLAN)

Merci beaucoup, Merci à tous.

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