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Ariane Grumbach, Diététicienne

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Transcription complète

Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue pour ce nouveau live métier avec Ariane. Bonjour Ariane.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Bonjour. Bonjour à toutes et à tous.

Marine (Chance)

Moi, c'est Marine, je travaille chez Chance et je suis heureuse aujourd'hui de découvrir avec vous la voie professionnelle et le métier de diététicienne. L'idée et le but de ce live, c'est que ce soit interactif. Donc n'hésitez pas à poser des questions dans le chat, à nous dire d'où vous nous écoutez aussi et aussi pourquoi vous êtes là. Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que c'est parce que vous envisagez peut-être cette voie professionnelle ? Voilà, n'hésitez pas à nous dire. Dans cette semaine, on a plus de 50 métiers qu'on explore. L'idée, justement, c'est de vous permettre d'ouvrir le champ des possibles, de s'inspirer, de créer des déclics, de découvrir des métiers qu'on connaît de près ou de loin. Comme diététicienne, je pense qu'on a tous nos idées reçues ou nos fantasmes. Là, l'idée, justement, c'est de pouvoir avoir la réalité de terrain avec quelqu'un qui l'exerce et qui nous le partage. Bonjour à tous, je vois que vous êtes plein. Ariad, pour commencer, est-ce que tu peux nous raconter un peu pourquoi tu as choisi ce métier et comment tu y es arrivée à l'exercer ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Je pense que jamais je n'aurais imaginé exercer ce métier. Ce n'est absolument pas un rêve d'enfant. Moi, j'étais une bonne élève, mais sans aucune vocation. Donc, j'ai suivi une filière de bonnes élèves. J'ai fait une prépa, j'ai fait une J'ai fait une grande école à HEC. Je n'avais toujours pas d'idée de ce que je voulais faire. Ensuite, j'ai passé du marketing. J'ai passé 10 ans chez Air France à faire du marketing. À un moment donné, j'ai eu envie de partir pour ne pas y passer ma vie. J'ai fait ensuite 10 ans dans le conseil sans être très heureuse. Et donc, à ce moment-là, je sentais qu'il fallait passer à autre chose. J'ai fait un bilan de compétences. Ce n'est pas lui qui m'a amené au métier de diététicienne. Ce que j'avais identifié, c'est que je voulais m'occuper de l'humain. C'était l'humain qui m'intéressait, l'accompagnement humain. À l'époque, je ne sais pas, chance, n'existait peut-être pas. Moi, je suis allée faire la liste des métiers de l'ONICEP et je suis tombée sur diététicienne. Et là, c'était bingo. C'est-à-dire que c'était l'humain et par ailleurs, et ça, je l'avais quand même conscientisé, mais pas pour un métier, j'aimais beaucoup manger, je m'intéressais beaucoup à la nourriture, à l'alimentation, j'étais très gourmande.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Et là, tout à coup, c'était un métier qui pouvait mêler les deux. Donc, j'ai décidé de... C'était une espèce de révélation et je me suis tout de suite renseignée sur les études. C'était un BTS. Je me suis lancée dans les études et avec l'idée, c'est peut-être particulier, que je n'avais pas de plan B. C'était tellement une révélation et ce que je voulais faire que je me suis lancée tête baissée dans les études en continuant à travailler en parallèle et puis avoir mon diplôme et ensuite à m'installer. Parce que j'avais identifié qu'ayant travaillé 20 ans en entreprise, je ne voulais pas retomber dans une vie salariée en hôpital. Par exemple, j'avais envie de travailler en libéral, donc j'ai installé mon cabinet et donc ça fait 15 ans maintenant.

Marine (Chance)

Génial, j'adore. Parce que je découvre en même temps que vous la vie d'avant Dariane, que je ne connaissais pas. Je trouve ça super inspirant, notamment pour toutes les personnes qui nous écoutent et qui sont, pour ceux en tout cas, qui sont dans le parcours chance, en train justement de faire ce bilan de compétences pour se poser les bonnes questions. Du coup, c'est génial. Tu vas pouvoir nous expliquer comment ça s'est passé. Une fois qu'on a le eureka et qu'on se dit: Je sais que c'est ça, j'y vais, comment tu as réussi à passer du salariat à créer ton entreprise en libéral et à progressivement réussir à en vivre ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

En fait, je n'avais pas d'économie. Les études de diététique, c'est en train de changer un petit peu, mais pour l'instant, c'est toujours un BTS de deux ans avec beaucoup de stages. Comme c'est un BTS où il y a un examen et on peut garder ces notes plusieurs années si on n'a pas l'examen du premier coup. Donc, je visais peut-être que ça allait me prendre plusieurs années, donc je n'en ai parlé à personne. C'était vraiment un secret, même pour mes collègues plus proches. Donc, j'ai fait les stages sur mon temps libre. J'ai réussi à avoir un congé sans un congé sans sol pour faire des stages. Pendant deux ans, j'ai travaillé en faisant les études par correspondance par le CNED, ce qui est quelque chose de difficile parce que diététicienne, ça ne paraît pas comme ça et c'est un métier qui n'est pas hyper valorisé. J'en parlais encore récemment, mais c'est un programme hyper lourd, très scientifique, avec beaucoup de biologie, de pathologies. C'est extrêmement vaste, très lourd. Donc, j'imagine je n'imaginais pas du tout y arriver d'un coup parce que je travaillais le soir et le week-end. Et puis, miraculeusement, j'ai eu le diplôme du premier coup.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Et à ce moment-là, je suis allée voir mon boss. J'étais consultante, j'étais manager dans un cabinet de conseil et je suis allée voir mon boss en me disant: Je veux faire... Je m'étais renseignée sur un vif Internet, les possibilités d'Internet. J'avais découvert le temps partiel pour création d'entreprise. Les pouvoirs publics, à l'époque, s'étaient rendu compte que le congé pour création d'entreprise, c'était difficile pour les gens parce que ça voulait dire ne plus avoir de revenus. Donc, ils avaient mis en place ce temps partiel pour création d'entreprise. On pouvait prendre à 20, 30, 40, 50%. Et l'intérêt de ça, c'est que, sauf s'il y a vraiment beaucoup de gens qui le font à la fois, l'entreprise ne peut pas refuser. Et ça, c'était hyper important parce que mon entreprise n'était pas spécialement favorable à ce type de démarche. Ils n'ont pas pu refuser. Je suis passée à mi-temps en 2008. L'autre intérêt de ça, c'est qu'on a, je crois, un an d'exonération de charges URSAS. Donc, j'ai démarré comme ça en même temps. J'ai trouvé un cabinet et j'ai commencé vraiment tout petit à avoir vraiment... J'ai continué à me former. Après, on reparlera peut-être du métier.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Moi, le BTS de diététique ne correspondait pas à la façon dont je voulais pratiquer. Donc, j'ai tout de suite fait d'autres formations à côté. Donc, j'ai continué à me former. Et puis, par bouche-à-oreille, j'ai commencé à avoir quelques patients. J'ai lancé un blog au même moment pour essayer de me faire connaître, faire connaître ma démarche. Et puis, ça s'est fait très progressivement. Et pendant un an et demi, j'ai continué à mi-temps et je voyais bien que je n'arrivais pas à mettre toute l'énergie que je voulais dans le développement de mon activité. Donc, au bout d'un an et demi, je suis partie. J'ai pu faire une rupture conventionnelle et donc je suis partie. Et à partir de ce moment-là, j'ai été à plein temps et là, mon activité s'est beaucoup mieux développée.

Marine (Chance)

Génial. Effectivement, quand on a peur de se lancer ou pour plein de raisons financières ou autres, c'est effectivement une méthode des petits pas qui demande beaucoup d'investissement parce que tu travaillais et que tu avais les cours à côté. Mais c'est aussi une manière de se rassurer et de baliser le terrain.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Tout à fait. Je travaillais, je m'étais un petit peu désengagée en termes d'investissement de mon travail. J'essayais des fois, j'arrivais à faire un aller-retour à l'heure du déjeuner pour faire une consultation, à partir tôt le soir pour faire des consultations en fin de journée, même sur les jours où j'étais censée travailler. J'ai essayé de mettre mon énergie dans ma nouvelle activité parce que c'était ça qui m'intéressait. Mais à un bout d'un moment, j'ai bien vu que ça ne suffisait pas. D'ailleurs, quand tu parles de rassurer, je crois que c'était surtout mon compagnon qu'il fallait rassurer, qui lui disait: Ouh là là ! Non, ne faut pas t'en aller encore. Nathan, c'est trop dangereux, c'est trop risqué.

Marine (Chance)

Oui, parce qu'on C'est très vrai. Souvent, les autres projettent leur propre peur sur nous-mêmes. Ça, c'est quelque chose qu'on voit dans le parcours chance pour réussir à vraiment démêler ce qui est à soi, ce qui n'est pas à soi, et on travaille sur ce qui est à soi. J'ai effectivement dans le chat plusieurs des personnes qui nous disent qu'elles sont en train de faire des BTS diététiques, donc tu vois qu'ils suivent la voie que tu nous racontes. Est-ce que tu peux nous raconter un peu le quotidien de ton métier ? Je ne sais pas si c'est une journée ou une semaine type, pour qu'on puisse un peu aller avec toi dans c'est quoi le quotidien d'Ariane.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Je disais, le BTS diététique, c'est un BTS avec beaucoup des régimes, du comptage de calories, etc, qui n'était pas la façon dont je voulais pratiquer. Moi, j'ai vraiment une approche très globale du comportement alimentaire. Je reçois beaucoup de personnes qui ont un peu déréglé leur relation à l'alimentation, ont fait beaucoup de régimes, perdus du poids, repris, perdus, ce qu'on appelle du yoyo. Effectivement, mes journées J'ai des journées qui sont assez différentes parce que j'ai des journées où j'ai beaucoup de consultations. Donc, j'ai des consultations qui sont assez longues. Une première consultation, ça dure une heure, une heure et quart parce que je vais vraiment aller à fond dans l'histoire alimentaire de la personne, ses habitudes de sa façon de manger, qu'est-ce qu'elle est venue chercher, de quoi elle a besoin pour après l'accompagner de façon vraiment très personnalisée. Et puis après, j'ai des consultations de suivi qui durent plus trois quarts d'heure. Donc, j'ai des journées où j'ai beaucoup de consultations, où j'essaie toujours de ne pas trop les charger parce que ça demande beaucoup d'attention et de présence et d'écoute. Et puis après, il y a d'autres moments. Là, par exemple, juste avant le live, j'ai fait une intervention en entreprise sur le thème bien bien manger, concilier vie professionnelle et bien manger.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Donc, j'ai comme ça de temps en temps, des interventions dans des entreprises ou des organismes auprès des salariés pour leur donner un petit peu des réponses très concrètes par rapport à la problématique de bien manger. Et puis, j'ai des journées que je réserve un peu plus calme où je vais garder du temps pour moi, soit pour travailler sur ma newsletter, faire rencontrer des gens, déjeuner avec des personnes du monde alimentaire au sens large, aller à des congrès. La semaine dernière, j'intervenais à un congrès à Dijon. Là, je pars à un congrès à Tours. Et ça, c'est quelque chose que j'ai découvert, puisque j'avais été salariée 20 ans et que maintenant, j'adore, c'est la liberté de m'organiser comme je veux. C'est-à-dire que c'est ça qui est intéressant quand on choisit un métier libéral, et notamment ce métier de diététicienne, c'est qu'à la fois, on On a la liberté de choisir comment on veut le pratiquer parce qu'on peut se spécialiser. Il y a des personnes qui vont se spécialiser dans les enfants, dans les sportifs, dans faire des ateliers de cuisine. On peut essayer vraiment d'avoir une approche très diverse de ce métier. Et puis, c'est la liberté aussi d'organiser son temps comme on le veut.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Pour moi, j'adore les consultations parce que c'est d'une incroyable diversité. Parce que chaque personne est unique. Je me rappelle dans une formation, avoir rencontré une diététicienne qui disait: Oh là là ! Qu'est-ce que c'est ennuyeux ce métier. Parce que me racontent parfois mes patientes, c'est-à-dire qu'elle écoutait un peu la personne et puis elle lui donnait une feuille toute faite en disant: Voilà comment il faut manger. Donc, effectivement, si on fait ça, c'est très répétitif. Mais si on considère que la nourriture, c'est quelque chose de très intime et très personnel et que chaque personne est différente avec son histoire, à chaque fois, c'est une nouvelle personne qui se présente et un nouvel accompagnement. Donc c'est extrêmement varié et passionnant.

Marine (Chance)

Quand je t'entends, ça me faisait penser à un peu thérapeute de la nourriture.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Oui, moi, j'ai Non, je ne suis pas psychologue. On avait réfléchi des fois avec des collègues à trouver un autre mot que diététicienne, puisqu'on a une approche de la diététique qui n'est pas très classique. C'est pour ça que moi, je dis toujours diététienne gourmande, diététienne du plaisir de manger, diététicienne anti-régime pour ne pas être trop cataloguée dans la question de la privation. Mais j'ai fait effectivement beaucoup de formations et une formation auprès du groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids, plein de formations avec des thérapeutes pour avoir vraiment une compréhension la plus globale possible du comportement alimentaire Mais en connaissant mes... Par exemple, je vais travailler peut-être sur le côté émotionnel de la nourriture. Mais quand on creuse ça et qu'il y a vraiment derrière des traumatismes, des problèmes affectifs, des problèmes relationnels, des problèmes psychologique plus profond, ça va se faire avec l'accompagnement d'un psychologue. Ce n'est pas moi qui vais m'occuper de ça, mais j'essaie vraiment de tirer les fils pour aider la personne à comprendre vraiment sa relation à la nourriture.

Marine (Chance)

C'est passionnant de t'écouter raconter ton approche. Je vois que dans le chat, c'est également partagé. Rachida qui dit: Très jolie approche. Il y a Valérie qui demande: Quelle autre formation tu as faite, justement, pour compléter ton arsenal ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

C'est ce que je disais, moi, j'ai eu mon diplôme à l'automne 2007. Début 2008, j'ai fait cette formation du GROU, le Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids, qui est un organisme avec des médecins, des psychiatres, des infirmières qui a une approche vraiment globale du comportement alimentaire qu'ils appellent le bio-psychosensoriel, où on travaille sur l'écoute des sensations alimentaires, sur les émotions, sur vraiment la globalité du comportement alimentaire faire. Et puis après, j'ai fait des formations sur le goût, sur la dégustation, sur la pleine conscience, parce que c'est très important. Si moi, je prône le plaisir, le plaisir, il est aussi dans le fait de prendre le temps d'apprécier ce qu'on mange. On parle beaucoup de la pleine conscience, mais ça peut s'appliquer à l'alimentation. J'ai fait aussi un petit peu des formations de ce qu'on appelle les thérapies actes, qui sont des thérapies d'acceptation et d'engagement où on va travailler sur l'aspect émotionnel qui est souvent présent dans le fait de manger. Et puis de travailler sur ce qui est important pour la personne. Parce que c'est important aussi dans l'approche que j'ai de détacher de: Je veux perdre du poids, je veux peser tel ou tel ou tel ton de kilo, mais pourquoi je veux le faire ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Qu'est-ce que je recherche, c'est quoi l'idée en changeant sa façon de manger. Ça passe vraiment par comprendre la personne dans sa globalité. Donc j'essaie toujours de faire des formations qui vont m'aider là-dessus. Là, j'ai fait une petite de formations sur le sommeil parce que le sommeil, c'est quelque chose dont je parle très souvent parce que c'est vraiment un des éléments qui peut complètement dé régler le comportement alimentaire, le manque de sommeil. C'est très compliqué la relation à l'alimentation, donc j'essaie toujours de trouver des formations qui vont me permettre d'encore mieux pouvoir comprendre et accompagner les personnes.

Marine (Chance)

Passionnant. Et effectivement, je confirme, je le note chez moi, le sommeil a un impact. On demande dans le chat: Ces formation-là que tu as rajoutée au fur et à mesure, combien de temps ça dure environ ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Moi, j'ai mon diplôme depuis 15 ans. Quand j'avais fait la formation du gros, c'était une formation en présentiel qui était le week-end, je pense que c'était deux jours par mois, quelque chose comme ça. Maintenant, c'est une formation qui est en partie en ligne et en partie avec des événements. Après, je me forme aussi avec eux, ils font des formations complémentaires. Et après, souvent, c'est des formations. Là, je parlais du sommeil, ça, c'est une formation en ligne. J'ai un collègue qui fait vraiment des super formations en ligne à des prix très raisonnables, donc ça, c'est vraiment intéressant. Sinon, en général, les formations, c'est très souvent sur des deux jours, mais Vendredi, samedi, par exemple.

Marine (Chance)

Oui, fait pour les adultes qui travaillent, effectivement. Il y a une question de Émilie: Faut-il rédiger des recettes ou donner des proportions ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Ça dépend vraiment de l'approche qu'on veut avoir. Moi, je ne rédige pas forcément de recettes, mais souvent, comme je travaille sur le comportement alimentaire, je travaille aussi sur toute la question de l'organisation, comment on va faire pour bien manger au quotidien. Donc, je ne vais pas forcément, moi, faire des recettes, mais je peux donner des idées. Je donne des conseils de livres éventuellement, je donne des conseils de blogs de cuisine, éventuellement, j'envoie quelques recettes de certains blogs par rapport à des besoins qu'a la personne. Imaginons par exemple une personne qui soit veut des recettes très rapides ou veut essayer d'avoir une alimentation plus végétale et qui n'a pas l'habitude de ça, je vais glaner quelques recettes et lui envoyer, mais ce n'est pas Ce n'est pas des recettes que moi... Moi, je peux donner des idées simples d'assemblage, mais c'est plutôt des recettes que je vais aller glaner à droite, à gauche et que je vais proposer à la personne.

Marine (Chance)

Très clair. Merci beaucoup. Il y a une question de Capucine. Quand on se lance, est-ce que tu as des conseils pour développer le réseau ? Est-ce que c'est pertinent, par exemple, de rejoindre les différentes associations de diététiciens, diététiciennes ? Ou quel autre conseil tu pourrais donner à ceux qui se lancent aujourd'hui ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Effectivement, je pense que c'est intéressant d'échanger avec des collègues, de se sentir soutenu, de sentir qu'il y a d'autres qui vivent la même chose. Moi, j'avais adhéré au début à la FDN, qui est l'Association française des diététiciens nutritionnistes. Et puis, finalement, il y avait des réunions, possibilité de s'intégrer dans des projets, un congrès. Puis, au bout de quelques années, j'ai senti que ça ne me correspondait pas ou je n'arrivais pas à y... Après, c'est toujours on prend et on reçoit, donc je n'arrivais pas à y mettre de l'énergie, donc j'ai arrêté. Il y a une autre association qui s'appelle l'ADL, qui est pour les diététiciens libéraux. Après, moi, ce que j'ai fait pas mal, c'est qu'on faisait ce qu'on de la covision avec des collègues, c'est-à-dire que c'est comme une supervision, mais entre collègues, où on se parlait de nos cas de patients, de problèmes qu'on rencontrait pour essayer de se donner des conseils, se soutenir. Je crois que c'est très important quand on a une pratique libérale, de ne pas rester isolé, mais d'avoir trouvé des moyens par des associations, par les personnes qu'on rencontre dans les colloques, dans les congrès, d'avoir un réseau de personnes avec qui on peut échanger pour parler de de ces questionnements, de ces difficultés.

Marine (Chance)

Je sais que tu as plusieurs médias. Peut-être que tu veux nous en parler là pour celle de- Oui, parce que je n'ai pas répondu complètement sur le fait de se faire connaître.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

En fait, c'est très varié. Il faut accepter que ça prenne un peu de temps. Récemment, il y a une personne qui m'a demandé si elle pouvait avoir un certain revenu dès la première année. Et moi, je crois que ça prend quand même un petit peu de temps parce que... J'avais J'ai lancé mon blog. Et puis après, j'ai essayé de me faire connaître localement auprès des médecins, des différents intervenants du domaine médical qui étaient autour de moi. Ça, ça a un petit peu marché au début, puis plus trop. Après, il y a le bouche-à-oreille. Le bouche-à-oreille, ça prend du temps, mais ça a vraiment un effet. Et puis, effectivement, moi, j'ai développé ma présence sur Internet. C'est aussi pour faire passer des messages. Par exemple, il y a quelques années, j'avais lancé un podcast, donc c'était pour faire passer des messages pour défendre la diversité corporelle des femmes. Mais après, je vais être sur Instagram. À un moment donné, j'étais sur Twitter. C'est aussi avoir de la visibilité qui va à la fois faire passer un discours et de temps en temps, peut-être faire venir des personnes. Je pense qu'Internet joue un rôle et un rôle d'accélérateur, mais ça ne fait pas tout.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Après, c'est vraiment le bouche-oreille, se faire connaître. Après, il y a des personnes aussi... Moi, j'ai des collègues qui n'ont pas envie de faire que du libéral, donc qui ont un temps partiel dans une clinique, dans un hôpital, pour avoir un peu une sécurité financière aussi.

Marine (Chance)

Ça me fait une bonne transition, effectivement, avec une autre question: est-ce qu'il existe des postes en salariés ? Et si oui, dans quel type de structure ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Je crains malheureusement que ça ne se développe pas beaucoup. On connaît le des difficultés du système de santé. Il y a des postes quand même... Je n'ai pas de chiffre récent, mais je pense qu'à peu près, je ne pense pas loin de deux tiers des diététiciens, diététiciennes travaillent en milieu hospitalier Italien. Le libéral, c'est vraiment marginal. Je pense peut-être que les postes diminuent, mais il y a quand même... Je crois qu'on est à une époque où il y a beaucoup de diététiciennes qui partent à la retraite, donc il y a probablement des remplacements en hôpital ou dans des cliniques privées. J'ai une collègue qui travaille dans une clinique psychiatrique où elle travaille avec des gens qui ont des difficultés psychologiques, mais à les aider sur le plan alimentaire. J'ai une autre collègue qui travaille dans une clinique et spécialisée dans la chirurgie, puis une bariatrique qui est la chirurgie bariatrique, la chirurgie de l'obésité. Donc, accompagne les patients en amont et en aval de la chirurgie pour essayer que le résultat soit efficace. Après, il y a un certain nombre de diététiciennes qui travaillent dans les sociétés de restauration collective pour définir les repas, mais je ne suis pas sûre que ce soit passionnant parce qu'il y a tellement de problématiques budgétaires sur les repas.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Je ne sais pas. Après, il y a plein de possibilités. Moi, j'avais fait mon stage au Sofitel diététique à Quiberon et donc il y avait des diététiciennes qui travaillaient là, au Sofitel diététique. Il y a aussi des diététiciennes, souvent dans tous ces établissements, un peu de thalassothérapie, ce genre de choses pour accompagner les personnes sur le plan alimentaire. C'est intéressant, ça peut être éventuellement par les stages, de savoir de quelle façon on a envie de pratiquer et après d'essayer de trouver un environnement qui convienne.

Marine (Chance)

Oui. Mais effectivement, quand on t'entend, on voit que c'est vraiment dans le lien avec la personne que toi, tu es là où est-ce que tu préfères faire.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Tout à fait.

Marine (Chance)

Dans les autres questions, je regarde. Hélène demande: Au bout de combien de temps avez-vous réussi à en vivre ? Et est-ce que vous avez perdu un niveau de vie par rapport à votre vie d'avant ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Je gagnais très bien ma vie avant et j'ai décidé volontairement que ce n'était pas si important. Donc, je gagne beaucoup moins d'argent qu'avant, mais je suis beaucoup plus heureuse. Après, on n'aura pas le temps d'en parler. Moi, j'étais déjà avant dans une logique un petit peu de moindre consommation, de simplification de mon mode de vie. Donc, j'avais commencé à dépenser moins. Et puis, comme j'ai fait des congés sans soldes au moment où je me suis formée, j'avais commencé à gagner moins, parce que j'avais pris trois mois de congés sans soldes, donc sur une année, c'est significatif. Et puis après, j'ai On commençait à mi-temps, donc tout ça, mon revenu, il a progressivement diminué, donc je me suis habituée. Souvent, quand on me pose la question, je me dis: Ça dépend vraiment des contraintes qu'on a. Moi, je n'ai pas d'enfant. J'étais propriétaire de mon appartement, ce qui veut dire que ma flexibilité financière était quand même importante. Et quand on est très épanoui et heureux dans son métier, on a aussi moins besoin de compensation, par ailleurs, dans des achats. Donc, effectivement, un revenu qui est moindre, mais qui est suffisant. Mais après, au départ, il faut effectivement prendre en compte les contraintes personnelles, familiales qu'on a pour savoir combien d'argent on a besoin.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Moi, j'avais quand même un petit peu le chômage au début, mais je pense qu'on m'avait dit 3 à 5 ans et je pense que ça, moi, j'ai dû le voir en vivre, je pense au bout de... Au moment où le chômage s'arrêtait, au bout de peut-être quatre ans, quelque chose comme ça, je dirais. Et puis après, il y quand même des aléas avec le COVID, etc. Quand même, la vie d'indépendante n'est pas un long fleuve tranquille. En plus, il y a quelque chose qui reste compliqué, c'est que quand on a une très bonne année, on a beaucoup de charges. Donc l'année d'après est moins bonne et donc après, on a moins de charges. Donc c'est difficile d'avoir vraiment une régularité.

Marine (Chance)

C'est vrai que c'est quelque chose qu'il faut savoir pour voir à quel point pour soi, c'est important ou pas.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Aussi se clarifier, mais ça peut-être, c'est fait dans les accompagnements, quels besoins de sécurité on a. C'est-à-dire que moi, je n'ai pas... Je J'apprécie énormément la liberté que j'ai dans ce métier. On m'a plusieurs fois posé la question si j'avais quand même des angoisses, etc. Et en fait, moi, je vois vraiment les bons côtés.

Marine (Chance)

Oui, et hyper inspirant aussi. En tout cas, moi, ça me parle ce que tu racontes sur C'est aussi un mode de vie qu'on choisit et quels sont vraiment les coûts incompressibles qu'on ne peut pas enlever.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Exactement.

Marine (Chance)

Parce que souvent, c'est très subjectif. J'ai besoin absolument de tant d'argent et en faisant concrètement l'exercice de quelles sont les charges incompressibles, à savoir le loyer, le prêt immobilier, etc. C'est de combien j'ai besoin.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Exactement, c'est très important. Après, c'est ça. Maintenant, ça fait 15 ans et de toute façon, j'étais dans une démarche après de pour diverses raisons de simplification. Donc, je n'achète plus énormément de vêtements, je sors moins. Et c'est des choses qui ne me coûtent pas du tout parce que c'est vraiment ça correspond à la façon dont j'ai envie de vivre.

Marine (Chance)

J'ai une question de Précilia sur ce que vous pensez des zéticiens qui font des consultations par visio. Et du coup, toi, Ariane, c'est quoi ton ratio ? Est-ce que tu en fais ? Tu n'en fais pas ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Dès que j'ai commencé, j'ai quand même été assez visible sur Internet du fait de mon blog, des réseaux. Et donc, j'étais contactée des fois par des personnes en province et dès lors, j'avais commencé à faire des consultations par téléphone, mais j'avais une règle qui, comme c'était déjà en province, si vous venez à Paris, on fait une consultation en face à face et après, je les suivais par téléphone, mais ce n'était pas énorme. Au moment du COVID, donc j'ai eu un grand... Les gens étaient... J'ai vraiment eu une partie de 2020 catastrophique. Et puis j'ai une amie qui est coach, qui m'a dit: Pourquoi tu n'essayes pas les consultations par Zoom. Et c'est vrai qu'au début, j'étais un peu réticente. Et puis j'ai dit: J'essaye. Et en fait, je l'ai développé. Et alors c'est étonnant parce que je suis quand même... Je trouve que c'est la magie d'Internet, c'est qu'aujourd'hui, j'ai à peu près, selon les mois, 30, 35% de consultations par Zoom et avec des personnes de langue française du monde entier. Et je suis toujours étonnée de savoir comment elles ont entendu parler de moi. Et des fois, c'est par Instagram, par bouche-à-oreille, par un podcast.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Et donc oui, maintenant, c'est devenu un petit peu incontournable, je crois. Et c'est un métier qu'on peut faire sans difficulté par Zoom. Ce n'est pas le cas de toutes les professions médicales ou paramédicales. Mais là, j'observe que la relation qu'on a avec la personne va être à peu près équivalente et l'accompagnement peut être vraiment de la même qualité, même même à distance.

Marine (Chance)

Oui, c'est vrai que je pense que le COVID a pris un certain pragmatisme et on s'est rendu compte que, comme les psychologues d'ailleurs, qu'en visio, même si évidemment, c'est toujours génial de pouvoir se rencontrer, la visio reste une alternative qui fonctionne quand même assez bien. Tout à fait. Je vois que l'heure tourne vite. C'est la frustration de ces live.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

C'est que c'est 30 minutes, c'est court.

Marine (Chance)

Pour celles et ceux qui voudraient te contacter après le live, Ariane, je ne veux pas éclore chez ton nom de famille, si tu veux le dire, toi.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

J'ai un site qui est juste arianegreimbac. Com. C'est très simple. Là, vous pouvez trouver mon blog si vous voulez lire d'autres choses avec recherche par mots clés. Et puis, je suis sous mon nom sur Instagram, sur LinkedIn, sur un petit peu tous les réseaux, mon prénom et mon nom, Ariane Grimbac.

Marine (Chance)

Et j'imagine que pour ta newsletter dont tu nous parlais, on peut trouver le lien sur le site internet ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Oui, tout à fait. Tout à fait sur le site internet, sur Instagram. Comme c'est une newsletter qui est... Un intérêt et un inconvénient, newsletter, c'est censé être quelque chose d'un peu intime, mais c'est une newsletter qui est sur Substack. L'intérêt de Substack, c'est que les newsletters restent disponibles et donc, même quand elles sont parues, on peut les lire, même si on n'est pas abonné.

Marine (Chance)

Oui, tout à fait. Exact, il y a l'historique. Si tu as encore deux, trois minutes, Ariad ?

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Oui, Bien sûr.

Marine (Chance)

La dernière question que j'avais pour toi, c'est, même si tu y as un peu répondu, quel est le sens que tu trouves dans ton métier qui fait que ça vibre énormément chez toi ? Et à l'inverse, quels sont les côtés un peu moins sympa ? Parce qu'on ne va pas se mentir, dans chaque métier, il y a des choses positives et d'autres qu'on aime moins. C'est quoi chez toi ? Tu peux commencer par le négatif pour finir sur le positif.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Le négatif, je dirais que vraiment, le métier me passionne. Le seul négatif, je dirais, qui est lié au Covid, c'est de devoir relancer les gens pour que... Deux choses négatives qui sont tout le temps que prend. Soit la relance pour que les gens payent leur consultation quand c'est à distance. Et puis, tout le temps... Je n'ai aucune envie d'être sur Doctolib pour diverses raisons, mais tout le temps, des gens qui veulent changer leur rendez-vous, repositionner des rendez-vous, les annulations, les reports, etc. Toute cette logistique-là est un petit peu pénible et finit par prendre du temps. Le sens que j'y trouve, il a évolué. Au début, j'étais vraiment dans cette défense du plaisir de manger. Je voyais plein de personnes malheureuses par rapport à l'alimentation, de les réconcilier avec la nourriture. C'était ça qui était très important de faire sortir les personnes des régimes de la privation, etc. Au fur et à mesure, s'est développé aussi quelque chose qui est plus féminin féministe qui est effectivement de défendre la diversité des corps, de voir que toute l'obsession mentale que ça peut représenter la nourriture, d'apaiser les femmes par rapport à ça, de les réconcilier avec leur corps, avec la nourriture, ça leur permet de vivre bien, de mettre leur énergie ailleurs, d'accepter de ne pas correspondre à tous les diktats de la société.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Ça, ça a renforcé, ça a donné encore un autre sens à mon travail.

Marine (Chance)

Super sens. J'adhère beaucoup et je trouve ça génial, effectivement, de pouvoir revisiter tous les diktats autour de la nourriture pour que ce soit un plaisir et plus l'inverse. Merci Ariane, c'était passionnant de t'écouter.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Merci beaucoup.

Marine (Chance)

Merci pour ton temps. N'hésitez pas à retrouver Ariane sur les réseaux. Je vois que tout le monde te dit merci dans le chat pour ton temps, tes conseils, ta vision.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

Merci beaucoup pour l'écouter, les échanges.

Marine (Chance)

Merci, à bientôt.

Ariane Grumbach (Diététicienne)

À bientôt. Au revoir. Au revoir.

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