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Claire Hincelin, Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale

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Transcription complète

Charlotte (Chance)

Bonjour tout le monde. Je pense que nous sommes en ligne. Bonjour Claire. Bonjour à toutes et à tous.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Bonjour.

Charlotte (Chance)

Bonjour Myriam. Bonjour Maude. Je vois Louise. Bonjour Bérénice, Christelle, Justine. Et je vois que vous êtes nombreuses à vous connecter. Bonjour Hubert aussi, Stéphanie, Mathilde. Bienvenue à toutes et à tous. On est ravis avec Claire de vous avoir parmi nous pendant ces 30 minutes de live. Bonjour Valérie, Lorène, bienvenue tout le monde. Je suis ravie aussi. Merci Claire pour votre temps, pour ces 30 minutes que vous nous offrez aujourd'hui pour nous parler de votre métier de directrice de cafés associatifs et d'espaces de vie sociale. Donc merci beaucoup pour tout cela. J'aime bien aussi démarrer ces live métiers pour simplement vous demander depuis quelle ville, quelle région vous nous écoutez aujourd'hui. Pour ma part, je suis en Auvergne, dans le Cantal. Je vois Valérie qui nous dit qu'elle est en Alsace. Bonjour Lucille, bienvenue. Je vois Maud à Bordeaux, Hugo dans les Landes, Élise à Toulouse, Aix-en-Provence, Lille. On a une belle représentation de la carte. La Rochelle, Narbonne, Paris, Valenciennes. Super. Claire, vous êtes à Paris aussi, Je vois Stéphanie Paris aussi. Toulouse, super. Je vais pouvoir vous passer rapidement la parole, Claire. En tout cas, n'hésitez pas à poser vos questions au fur et à mesure du live.

Charlotte (Chance)

Vous avez le chat qui est disponible pour cela et je partagerai vos questions à Claire qui y répondra en tout cas au fur et à mesure. Donc n'hésitez surtout pas à poser toutes vos questions et bienvenue à toutes celles et ceux qui nous rejoignent petit à petit. Peut-être pour commencer rapidement en introduction et pour celles et ceux qui ne connaissent pas Chance, nous sommes une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour aider chacun et chacune à trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société. Nous avons plusieurs programmes d'accompagnement. Le plus connu, c'est le bilan de compétences. Au sein de cette méthode, à un moment, on vous propose justement d'aller vous confronter à la réalité des métiers pour pouvoir enlever les fantasmes positifs comme négatifs que chacun, chacune peut avoir sur des voies professionnelles et c'est assez puissant. Et c'est vrai que c'est en écoutant un ou une professionnelle parler de son métier qu'on se rend compte de si ça résonne, de si ça nous énergise ou si, au contraire, on ne se projette pas. Et c'est vraiment l'invitation que l'on fait lors de cette semaine de Live métier. L'idée, c'est vraiment d'explorer ensemble plus de 50 métiers.

Charlotte (Chance)

Aujourd'hui, on a beaucoup de chance de vous avoir clair pour nous parler justement de votre métier. Je vais pouvoir vous passer la parole peut-être pour nous parler de votre parcours, de comment vous en êtes arrivée à ce métier et nous parler du métier de directrice aujourd'hui de ce café associatif et de l'espace de vie sociale. Merci encore pour votre temps.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Bonjour, merci à vous toutes et tous qui nous écoutez. Je commence par mon parcours, c'est ça ?

Charlotte (Chance)

C'est très bien, oui, volontiers.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Juste, la partée, c'est que je pense qu'il n'y a pas un parcours type pour faire ce type de métier qui est de toute façon un petit peu foufou. Moi, mon parcours universitaire, c'est que j'ai commencé, à l'époque, ça s'appelait un DESS. C'est l'équivalent d'un Master 2 en développement territorial. Et puis, j'ai beaucoup dans des associations, toute ma carrière, à des postes de sensibilisation du public, programmation, communication. Et habitant à Paris, je me suis rendu compte que les Parisiens, ils aimaient bien les écoles parisiennes et que moi, mon master d'Angers, ça ne suffisait pas. Donc, à 30 ans, j'ai démissionné, j'ai repris les études et j'ai refait un master de communication au SELSA, qui est une grande école de communication nationale. Je me suis dit: Comme ça, les Parisiens seront contents. Moi, je viens de la campagne. Voilà. Et effectivement, les Parisiens sont très contents que j'ai un master du SELSA. Ça permettait quand même d'asseoir un peu tout ce que moi, je savais faire, mais qui n'était pas reconnu officiellement. Je trouve qu'en France, contrairement à d'autres pays, les recruteurs attendent quand même les diplômes qui vont à côté des compétences. Donc, ça a rassuré tout le monde.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

J'ai fait ce master. J'ai travaillé ensuite pendant cinq ans comme responsable de communication dans une ONG. Et puis, il y a quatre ans, on m'a proposé ce poste. Je connaissais cette association. Pourrait venir en moi en tant que cliente du restaurant. Et donc, on m'a proposé de reprendre la direction de ce poste, oui, il y a maintenant quatre ans et j'ai accepté le défi. Je ne regrette pas parce que c'est vraiment une très belle association. Par contre, c'est vrai que c'est un défi. Cette association, pour vous la décrire en cinq minutes, c'est à la fois un café associatif et un espace de vie sociale agréé par la CAF. Ça a été créé par une habitante du quartier qui voulait donner un petit peu de son temps pour aider les personnes qui avaient besoin d'aide juridique. Elle l'a toujours imaginé dans un café-restaurant qui, à l'époque, s'appelait table d'hôtes. Nous, on est très reconnu pour nos activités sociales, un peu moins pour notre activité de café. Notre objectif, c'est vraiment la lutte contre l'exclusion et l'isolement et la création de liens sociaux de proximité. Faire se retrouver dans notre lieu des gens qui ont des profils socio-économiques très différents, des âges très différents.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Ça va de 6 ans à 94 ans maintenant, je crois, Robert. Et donc, pour parvenir à créer du lien social, on utilise différentes méthodes, appuyées par une équipe de trois salariés et une centaine de bénévoles. On fait aussi bien de l'aide administrative, de l'initiation informatique, des cours de français pour les adultes, de l'aide aux devoirs pour les enfants, des ateliers parentalité, mais aussi des ateliers de loisirs, de couture, de tricot, de sophrologie, de gym douce. On travaille aussi beaucoup sur l'accès au répit, au répit parental et aussi au répit pour les enfants. On organise des week-ends, des vacances, des journées, parce que les vacances, l'accès aux loisirs, à la culture, ne doivent pas être réservés qu'à ceux qui ont l'accès à l'information et le budget pour. On a vraiment une multitude d'activités pour, au final, permettre à chacun de retrouver ou retrouver sa place dans l'assaut, dans le quartier, puis dans la société. Donner les clés à chacun de se sentir bien et moins seul aussi. On a un agrément CAF. On a aussi d'autres agréments parce qu'on accueille différents publics. Comme je vous disais, on est très reconnu pour notre activité sociale. Ici, c'est rempli tout le temps.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Je disais tout à l'heure à Charlotte en blaguant que je me suis enfermée à clé pour faire ce zoom, pour être sûre qu'on me dérange pas parce que c'est un lieu de vie. Donc forcément, il y a toujours du monde et c'est normal et c'est ça qui est bien. Et donc, on a aussi une activité de café, restaurant associatif. Donc, c'est là que le bas blesse un peu. Le restaurant, il tournait toujours qu'avec des bénévoles. Il n'y avait pas de poste de salarié dessus. Et l'année dernière, à Noël, on a décidé de le fermer parce que ça devenait vraiment trop compliqué. Après la crise Covid. L'association Effectivement, ça s'appelle tout autre chose. Pardon. Après la crise Covid, on a perdu pas mal de bénévoles qui étaient des bénévoles historiques de l'association, qui sont partis en province ou autres. La conjoncture économique, qui a fait que... Bref, on a connu pas mal de freins, donc on a décidé d'arrêter l'activité de restauration. On est toujours cafés, donc on a des bénévoles qui viennent nous faire des gâteaux frais. On a des très bons gâteaux, toujours. Ça sent toujours très bon chez nous. Mais effectivement, c'est là que le bât blesse, c'est qu'il faut absolument qu'on trouve comment se servir de notre cuisine.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

On est dans le neuvième arrondissement de Paris, donc ça veut dire qu'on paye très cher de loyers et qu'on a la chance d'avoir une cuisine professionnelle dans cet arrondissement. Donc, il faut absolument qu'on trouve comment la rentabiliser, parce que l'idée de cette association et de cette partie café-restaurant, c'était que cette partie puisse financer une partie des coûts de de l'association une partie des activités sociales. Comme vous le savez sûrement, c'est de plus en plus compliqué financièrement pour toutes les associations. Nous, on a la chance d'avoir cet outil qui pourrait nous permettre d'avoir des ressources propres. Là, on est en train de travailler. On se fait accompagner pour voir comment on peut se servir de cette cuisine pour avoir une part de ressources propres.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup Claire pour cette présentation et cette introduction. Est-ce que vous pouvez nous parler peut-être de vos missions du quotidien ? Qu'est-ce que c'est que d'être directrice de ce café, de cet espace de vie ? Comment s'organisent vos journées ? J'imagine que... Je pensais à la journée type, mais en fait, j'imagine qu'elle n'existe pas.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Non, c'est ça que je me va aussi.

Charlotte (Chance)

C'est ça qui est chouette, absolument. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur les journées, peut-être une semaine chez tout autre chose ? Comment ça se passe pour vous ?

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Effectivement, la vie dans l'association, elle varie beaucoup en fonction du jour, de l'heure. Ce ne sont pas les mêmes publics qu'on accueille. Ce n'est pas la même ambiance, ce n'est pas la même atmosphère. Le matin, c'est souvent plus calme, l'après-midi, plus bruyant. Et on a des locaux qui sont très beaux, très accueillants, mais avec un seul bureau qui ferme. Donc c'est vrai que travailler sur des dossiers qui demandent un petit peu de concentration, ce n'est pas facile. Donc, c'est génial parce qu'effectivement, il n'y a pas une journée qui se ressent semble. Mais par contre, il m'arrive très souvent de me dire: Super, il est 18h00, je n'ai pas commencé ma journée. J'ai fait plein de choses, mais je n'ai pas fait mon travail de direction. Qui consiste quand même, normalement, principalement à chercher des financements. En tout cas, nous, vu notre modèle économique actuel, il faut... Notre gros challenge, c'est réussir à trouver des fonds, toujours. Donc, c'est là-dessus que j'essaie de passer le plus grand de mon temps en ce moment, maintenant, on est une petite association, on a des bénévoles qui gèrent les activités, mais en tant que directrice, je vide les poubelles, je passe un coup d'éponge ici, j'aide Madame Machin à photocopier son attestation.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Il faut savoir tout faire, il faut être polyvalent, il faut aimer ça, il faut aimer le contact avec les gens, avec des gens très variés. Je pense que, à mon avis, ce qu'il faut en premier, c'est savoir gérer les priorités, parce qu'en fait, c'est que ça, au quotidien. On est interrompu toute la journée puisque c'est un lieu de vie, donc il faut à la fois réussir à faire son travail de direction, c'est-à C'est-à-dire tout ce qui est administratif, financier, RH, recherche de fonds, etc. Mais il faut aussi être disponible, pas rester dans sa tour d'ivoire. Donc, il faut savoir à chaque fois gérer entre s'enfermer dans son bureau, double tour comme je viens de le faire, et quand même trouver le temps pour aller vers les gens, les rencontrer, échanger avec eux, pouvoir les aider, savoir déléguer. Du coup, c'est l'une des principales qualités, je pense qu'il faut avoir. Un bon sens du relationnel et une capacité à trancher, à prendre des décisions rapidement, même si on est d'accord, on n'est pas médecin, il n'y a jamais de danger de vie ou de mort. Mais en tout cas, le fait d'avoir une association dans laquelle La vie est là et bouillonne, fait qu'on peut très vite se laisser accaparer et très vite passer sa journée à aller discuter avec madame machin, aider madame truc à faire ceci, aider monsieur.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Et au final, passer trop de temps à ça et pas assez sur l'essentiel du métier de direction, qui est quand même sur une petite structure, en tout cas comme la nôtre, la recherche de fonds et la gestion financière. Il y a toute une partie hyper agréable. Je vous avoue, il y a quand même un petit stress. Je pense qu'il faut savoir gérer le stress parce que... Après, toutes les associations ne sont pas pareilles et ne fonctionnent pas pareilles, mais on a cette chance extraordinaire d'être très libre, très libre dans ce qu'on peut faire. À partir du moment où on trouve l'argent, on peut se lancer. Mais ça veut dire qu'il faut savoir quand même se mettre des limites, à la fois en termes de temps passé à son travail et sur la gestion de nos missions à nous. Parce que c'est hyper facile de gérer l'emploi du temps des autres, de dire aux autres, au membre de l'équipe: Il faut que tu passes plus de temps là-dessus, là-dessus, là-dessus, moins de temps là-dessus. Mais alors quand c'est nous, on se fait C'est des fois plus dur de réussir à cadrer son temps de travail.

Charlotte (Chance)

Merci. Je pense que c'est important d'avoir toutes ces informations parce que ça fait aussi partie des impératifs du métier. Je reviens peut-être un tout petit peu en arrière sur... Le mot formation n'est pas correct, mais comment est-ce qu'on fait pour devenir directeur ou directrice d'un café ? Est-ce que vous, vous avez des conseils ? Je pense notamment aux personnes qui nous écoutent qui peut-être souhaiteraient prendre la direction d'un café, d'un espace de vie. Est-ce qu'il y a un parcours ou alors est-ce que vous avez des idées de formations qu'on peut faire dans le cadre peut-être d'une réorientation, d'une reconversion pour arriver justement à diriger un espace, un lieu de vie Peut-être que ça va décevoir pas mal de personnes qui nous suivent, mais moi, par exemple, je n'ai pas du tout...

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

J'ai un profil de communicante, mais pas de marketing. Et en fait, là, la survie financière des associations est tellement fragile que je pense que des capacités en développement, en collecte de fonds, en marketing, sont vraiment des atouts majeurs pour des potentiels recruteurs sur ce type de poste. Moi, à la base, je ne savais pas faire tout ce qui était sur la fiche de poste. En même temps, elle était comme ça. Pour un salaire, c'est comme ça. C'est le jeu. Mais il y a des choses qui s'apprennent sur le tas. Il y a des choses qui doivent être en vous. Par exemple, ce sens de la communication, forcément, quand on tient à l'autre vis, il faut l'avoir. L'envie d'échanger avec des populations extrêmement différentes, ça, c'est quelque chose qui ne s'apprend pas, qui doit être inné. Par contre, il y a plein de choses qui s'apprennent sur le tas. Moi, ce que je voulais vous dire, c'est que s'ils ont choisi mon profil, c'est parce que j'avais un profil de communicante, justement. Parce qu'ils se disaient que l'association avait un grand besoin de communication, notamment sur toute la partie café-restaurant. Ils ont tout à fait raison.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

On est nuls en com. Moi, j'ai trop honte de dire: J'ai fait un master com au SELSA. On est nuls en com, on n'en fait pas, mais parce que dans la réalité, je n'ai pas le temps de faire cette communication. Parce que sur une si petite équipe, sur une asso qui Il y a autant de choses. Il y a tellement de choses à gérer au quotidien que même si on sait que la communication, c'est essentiel, il y a aussi d'autres choses à faire en même temps. Nous, là, par exemple, on va essayer de trouver un stagiaire en communication pour nous aider. Parce que moi, je vois bien que je sais faire, mais juste, je n'arrive pas à trouver le temps pour. Et que c'est vraiment les enjeux. Quand on dit comme ça, c'est vrai que c'est funky, il y a plein de gens qui me disent: Il est génial ton travail. Et c'est vrai, parce que j'adore cette association, mais il y a quand même un gros stress financier et de vrais enjeux de récolte de fonds. Donc, c'est pour ça que je me dis que des profils qui sont issus de filières marketing, où maintenant, il y a des...

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Sur tout ce qui concerne la recherche de financement privé, notamment, et autres, je pense que ce sont des profils qui peuvent intéresser des associations. Et ce n'est pas du tout qu'on a perdu notre militantisme. C'est juste que je pense qu'il y a des choses qui s'apprennent, que la situation est difficile et que donc il faut savoir. Moi, je me fais aider par des bénévoles qui sont des professionnels du marketing et c'est vraiment une grande aide. Ils ont des automatismes que moi, je n'ai pas forcément, par exemple. La communication de marketing, ce n'est pas tout à fait la même chose.

Charlotte (Chance)

Oui, absolument.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Même si ce n'est pas loin. Donc, ce n'est pas qu'il faut avoir une démarche commerciale, mais finalement pas loin.

Charlotte (Chance)

Oui, en tout cas, la recherche de financement est quand même super importante. C'est une grosse partie du job.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Oui, c'est ça. Et ensuite, la gestion des ressources humaines, qu'elles soient salariées ou bénévoles. C'est savoir mobiliser, fédérer des gens qui sont extrêmement différents, avec des profils différents, qui viennent dans l'association pour des raisons différentes. Tous les bénévoles ne viennent pas pour les mêmes raisons. Il y en a qui viennent vraiment pour aider l'association financièrement dans ses activités, etc. Il y a d'autres bénévoles qui viennent pour céder eux parce que ça leur fait du bien d'être bénévole. C'est toutes ces petites nuances qu'il faut réussir à faire matcher.

Charlotte (Chance)

Merci beaucoup Claire pour cette réponse. Vous avez une C'est la question de Louise, justement, qui vous demande: Quelle est l'organisation avec les bénévoles qui tiennent le café ? Sont-ils formés ? Ça, c'est sa première question. Et à combien de personnes tournez-vous pour assurer le service ?

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Nos bénévoles, ils sont formés par nous. Non, en fait, maintenant, on commence de mieux en mieux à s'organiser. Donc on organise une réunion par mois d'accueil et de formation d'information, justement, de nos nouveaux bénévoles. Parce qu'on s'est rendu compte que les bénévoles qui venaient donner des cours de français, ils ne savaient pas tout ce qu'on faisait d'autre comme activité. C'est un exemple, où des bénévoles qui venaient faire de l'aide administrative, ils ne savaient pas qu'à côté, on avait des actions de parentalité, etc. Donc maintenant, on oblige tous nos bénévoles, tous les nouveaux, à participer à cette session dans laquelle on leur représente les valeurs de l'association: son historique, ses missions, ses objectifs, son fonctionnement, etc. Ensuite, les bénévoles nous disent: Au vu de cette présentation, moi, je préférais faire ci, faire ci, faire ça. J'ai tant d'heures à donner à l'association. Ma collègue, Cristina, les accueille. Et là, effectivement, on les forme, on leur montre un peu le fonctionnement du café, si c'est sur le café qu'ils veulent agir ou de l'aide au devoir. En fonction des activités, souvent, on leur propose de venir pour voir, déjà, voir si ça leur plaît, si ça les intéresse.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Et puis après, on les forme parfois comme on peut, parce que nous aussi, on fait beaucoup de beaucoup de débrouilles. Il y a plein de choses sur lesquelles on peut s'améliorer. On fait tout pour que nos bénévoles se sentent bien, mais c'est vrai que comme toute structure, on peut encore s'améliorer, c'est sûr. Voilà un peu sur l'accueil et la formation des bénévoles. Il y avait une autre question, c'était quoi ?

Charlotte (Chance)

Oui, la deuxième partie de la question de Louise était plutôt sur: à combien de personnes, justement, tournez-vous pour assurer le service ?

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

C'est un vrai souci parce que justement, on n'a pas assez de personnes présentes physiquement, régulièrement, longtemps dans l'association. Là, cette année, on a eu la chance d'avoir un volontaire en service civique sur la partie café. Et ça a été super pour lui, il était content. Moi, j'étais très ressissante pendant longtemps sur les services civiques. C'est mon côté un peu militant. Je dis: Oui, on a arrêté les emplois jeunes. À la place, on a mis des services civiques, ils sont payés trois fois moins, etc. Mais En fait, ça fait trois ans maintenant qu'on accueille des services civiques. Ça dépend juste des profils qu'on choisit. Nous, de nos expériences, en tout cas, on voit que nos services civiques, ils sont arrivés en septembre un peu fragiles, un peu timides, etc. Et que cet asso, le fait qu'on rencontre ici des gens différents au quotidien, qu'on puisse un peu faire des choses différentes, vraiment, on voit la différence et ça les fait grandir et ça les aide. Je me dis finalement maintenant que oui, ce service civique, il leur sert à eux et il nous sert à nous aussi. Donc, on a un volontaire en service civique qui n'est pas là à temps plein, mais qui déjà fait une bonne base pour la partie café.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Et après, j'aurais du mal à vous dire, parce que justement, nous, ce qu'on chercherait, c'est des gens qui viennent très régulièrement, par exemple, qui disent: Moi, je viens tous les lundis matins pour tenir le café. Dans la réalité, vu qu'on a une activité sociale qui est très développée, qui fonctionne très bien, mais une activité de café qui n'est pas connue, souvent, il s'ennuie parce qu'il n'y a pas 50 clients à l'heure. Ce n'est pas Starbucks. C'est pour ça que là, on attend de travailler mieux sur notre projet de café-restaurant, d'avoir un projet un peu plus défini pour ensuite travailler aussi toute notre stratégie de communication envers des bénévoles. Et puis une stratégie de communication pour faire connaître notre activité de café, justement parce que nous, on est très connu des gens qui sont en situation précaire ou autre du quartier, mais pas forcément par des gens qui auraient un pouvoir d'achat et qui pourraient venir en café. D'ailleurs, ça me fait penser que face à ce constat, depuis septembre, on a changé notre carte et on s'est dit: Il faut qu'on soit un vrai café associatif et solidaire. Donc, depuis septembre, on a décidé que toutes les boissons étaient à un euro ou plus pour ceux qui le peuvent.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Ce qui permet aux gens qu'on accueille quand même en majorité ici de pouvoir s'offrir... On n'a jamais vendu autant de chocolat chaud que depuis, ils sont à un euro, on ne va pas se mentir. Mais c'est le jeu. Et au moins, tout le monde peut s'offrir un jus de fruit, un sirop, un chocolat chaud, etc. Et ça marche parce que ceux qui ont le plus de moyens, en général, ils mettent toujours un peu plus en don. Et on a fait ça parce qu'avant, quand le restaurant était ouvert, on avait un système de café-repas suspendu, que les gens qui venaient manger au restaurant, c'était des gens qui avaient un certain pouvoir d'achat. Ils payaient leur repas à un tarif tout à fait normal pour le quartier. Et souvent, ils donnaient plus. Donc on avait toujours une enveloppe pour des gens en situation précaire pour leur offrir un repas, un café, etc. Et quand on a fermé le restaurant, on s'est dit: Il n'y a plus d'enveloppe là. Donc, comment on fait pour avoir toujours cette part sociale solidaire ? Ça a été notre proposition qui fonctionne bien pour l'instant.

Charlotte (Chance)

Super d'avoir trouvé justement cette haute proposition pour venir palier au café suspendu. Merci beaucoup Claire. J'espère que ça répond à votre question Louise. Claire, vous avez une question de Caroline qui est très intéressante et qui concerne les perspectives d'évolution, que ce soit de la structure, mais aussi de votre poste. Est-ce qu'il y en a ? Et si oui, quelles sont-elles ?

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Alors c'est vrai que je suis tentée de dire dans l'idéal, effectivement, ce serait bien qu'on arrive à essaimer des tout autres choses un peu partout. Mais là, pour l'instant, notre modèle économique, il est tellement fragile que tant qu'on n'a pas réglé ça, on ne peut pas se dire: On va faire un tout autre chose ailleurs. Et puis d'un autre côté, c'est mon côté un peu utopiste, mais si on était une société un peu plus bienveillante et altruiste, etc, j'ai envie de dire des Tout autre chose, il ne devrait pas y en avoir. Parce qu'il devrait y avoir... Nous, on pallie quand même beaucoup au manquement des services publics, ici. C'est-à-dire que souvent, les gens vont à la mairie parce qu'ils ont besoin qu'on les aide sur ci, sur ça, et la mairie les envoie directement chez Tout autre chose. Je viens de dire, ça concert, oui, mais normalement, on ne devrait pas avoir besoin. Il devrait y avoir des gens derrière le guichet, à la poste, à Pôle emploi, France Travail, à l'URSSAF, partout. Et Vu qu'on déshumanise et qu'on supprime tous les postes partout dans tous les services publics, les gens sont perdus, donc il y a besoin de tout autre chose.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Et en même temps, on n'a pas de financement de l'État. On n'a que des subventions de la ville de Paris et de la CAF et après d'autres financeurs, mais on n'a pas de financement étatique. Alors après, sur les perspectives, franchement, je ne sais pas, je ne me suis pas encore posé la question. Ce qui est sûr, c'est que ça apprend une polyvalence assez folle. Et que ce n'est pas du tout de l'orgueil. Ce n'est pas ça, mais c'est juste que je me dis: Franchement, vu tout ce que j'ai appris à faire en acceptant ce poste de dingue, j'ai quand même pris ce poste en pleine crise Covid. J'étais moins bien payée qu'avant, j'avais moins de congés qu'avant et je fais des heures folles. J'ai un homme à la maison qui m'a dit: Tu es sûr que tu as envie de prendre ce poste ? Et moi, je dis: Oui, j'adore cet asso, elle est géniale. Et je ne regrette pas cet asso, elle est géniale. C'est vrai que ce n'est pas de l'orgueil, mais je me rends compte que j'ai quand même appris beaucoup de choses et je me Si un jour, j'ai envie de changer, ça servira bien ailleurs.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup Claire pour ce partage. Je vois que l'heure tourne. Il est déjà 17h42, ça passe vite 30 minutes. Vous y avez peut-être un peu Je vous ai répondu, mais Marion vous demande: Quels sont vos partenaires financiers ? Quel est le type de partenaire qui vous suive financièrement ? Comment vous êtes rémunérée ?

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Nos deux gros partenaires financiers historiques sont la et la ville de Paris. Mais ça, ça ne suffit pas, parce qu'on a un gros loyer, notamment. On a des salaires qui sont vraiment petits, notamment les salaires de nos animatrices qu'on essaye d'augmenter, qu'on a réussi à augmenter, mais c'est vraiment compliqué. Et donc après, c'est ma mission, c'est d'essayer. Là, on essaye vraiment d'aller vers des financements privés, mais on n'y arrive pas parce qu'on n'a pas les contacts, on n'arrive pas à rentrer dans les entreprises. On se dit: Ces agents, ils peuvent nous faire des dons, ça ne leur coûte rien. Ils sont défiscalisés à 60% et on n'arrive pas à rentrer dans les entreprises, on n'arrive pas à avoir de contacts. Donc là, ce qu'on a fait, je vous le dis, si ça peut intéresser d'autres, on verra si ça marche, mais en tout cas, on s'est dit: Puisqu'ils ne répondent pas à nos appels à dons, les entreprises, on va organiser un after work sur le mécénat de compétences et le bénévolat. Comment concrètement s'impliquer dans le neuvième arrondissement ? Et on se dit que peut-être avec cette porte d'entrée, c'est pas ça la phrase.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Mais peut-être que comme ça, on arrivera plus facilement à rentrer dans les entreprises et après avoir des gens qui viennent faire du bénévolat, puis qui nous aident dans leurs entreprises à contacter les services RSE ou autres, ceux qui s'occupent des fondations ou simplement de mécénats.

Charlotte (Chance)

Super, merci beaucoup Claire. Et merci Marion pour votre question. Et Marion vous remercie et elle dit: En effet, le mécénat de compétences est un très bon moyen. Donc merci pour le partage, Claire. Je vois qu'il nous reste une minute. Est-ce que vous avez peut-être un conseil, un petit mot de la fin pour des personnes qui souhaitent, qui s'intéressent peut-être à ce métier, qui souhaitent se lancer, qui souhaitent rejoindre aussi peut-être un café associatif, un espace de vie ? Est-ce que vous avez un petit mot de la fin avant que l'on se quitte ?

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Non, sauf qu'effectivement, il y a pas mal de cafés associatifs ou autres tiers-lieu qui se montent et c'est très bien et c'est parfait que nous, on peut toujours partager nos retours d'expérience. En revanche, je vous dis, on n'est pas les meilleurs sur la partie financière pour l'instant. Ça va venir, mais pour l'instant, on est encore très fragiles. Et que je me dis: Effectivement, il faudrait s'aimer et n'hésitez pas à vous lancer. Je vous dis, c'est l'initiative d'une avocate du quartier qui a monté ça il y a dix sept ans et ça marche. Je crois que c'est une dame que j'admire beaucoup parce que tout le monde n'a pas le courage de monter une telle association. Qui plus est en ce moment avec le contexte actuel. Je ne sais pas trop quelles sont les opportunités de postes, mais effectivement oser en créer ou en tout cas les formations... C'est horrible parce que je me dis: On va croire que je suis une grosse capitaliste, mais en tout cas, une formation marketing, c'est vrai que ça peut bien aider. C'est utile.

Charlotte (Chance)

Merci Claire. En tout cas, il y a un joli partage, un joli message d'Élise qui vous dit: J'adore vos concepts au sein de votre association. Continuez ce que vous faites et je vous souhaite le meilleur, surtout niveau financement. Et pour ce projet de cuisine, quand je viendrai à Paris, je passerai vous voir avec grand plaisir. Avec plaisir. C'est très chouette. Merci beaucoup Elise pour ce message de fin. Un immense plaisir clair. On vous souhaite aussi plein de courage. N'hésitez pas à nous écrire si on peut en tout cas faire quelque chose, relayer l'association quelque part. On se fera un plaisir, en tout cas chez Chance, de le faire. Merci pour votre temps. Valérie, je vous remercie aussi pour votre dynamisme. Merci à toutes et à tous pour votre présence. Encore merci Claire pour votre temps. Si certains, certaines souhaitent rejoindre la communauté d'entraide de Chance et l'initiative 3 minutes pour les autres pour peut-être apporter un coup de pouce professionnel à des personnes qui en ont besoin ou alors être aidé pour des personnes qui ont des questions encore sur des métiers, etc. Je vous mets le lien de la communauté qui est gratuite à toutes et tous, donc n'hésitez pas.

Charlotte (Chance)

Si certains, certaines souhaitent la rejoindre. Merci beaucoup tout le monde. Merci encore Claire pour ce temps précieux.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Merci à tout le monde.

Charlotte (Chance)

Vous allez pouvoir ouvrir la porte de votre bureau et faire re-rentrer la vie dans le bureau.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Merci à vous tous et tous.

Charlotte (Chance)

Au revoir. Merci encore pour votre temps. À bientôt, Claire. Merci beaucoup.

Claire Hincelin (Directrice d'un café associatif & Espace de Vie Sociale)

Au revoir tout le monde. Merci, au revoir.

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