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Juliette (Chance)
Bonjour.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Bonjour Juliette.
Juliette (Chance)
Bonjour Lily, enchantée. Bonjour à toutes et à tous. Nous sommes ravis d'animer ce live ce soir avec toi Lily, qui est directrice générale dans la tech. On va pouvoir te poser toutes les questions sur ton parcours et comment on en est arrivé à avoir ce poste. Un grand merci à toutes et à tous de vous connecter. Ce est organisé dans le cadre de la Semaine des métiers en coulisses, organisé pour la communauté Chance, afin que toutes les personnes qui s'interrogent sur les métiers ou différentes carrières professionnelles ou projets professionnels puissent se renseigner. Un grand merci Olivier de prendre le temps de nous partager ton parcours. La première question que je vais te poser, et ensuite je laisserai nos participants et participantes poser des questions et réagir dans le chat. La première question, ça serait sur ton parcours. Quelles ont été les grandes étapes qui t'ont amené jusqu'à ce poste que tu occupes aujourd'hui ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Déjà, merci beaucoup de m'inviter à partager un peu mon expérience. Merci Juliette. Juste en préambule, je trouve ça vraiment chouette ce que vous faites chez Chance. J'ai des amis d'ailleurs qui sont passés par le parcours. C'est une boite avec une mission très juste. Donc merci. Pour répondre à ta première question sur mon parcours, j'ai eu un parcours assez classique, entre guillemets. En nt du bac, j'ai fait une école de commerce post-bac qui m'a permis d'avoir pas mal de stages différents, des stages que j'ai surtout faits dans le milieu du... Déjà à cette époque-là, dans le milieu du retail, dans la mode, à la fois en marketing et en commercial. Il y a quand même des similitudes avec ce que je fais aujourd'hui et je vais y venir. Un point assez intéressant aussi, c'est qu'en nt du bac, j'étais quand même déjà assez Je viens d'une famille qui travaille dans le cinéma et qui ne m'ont pas poussée à faire des études en particulier. Donc, je me posais quand même pas mal de questions déjà à cette époque-là et c'est en échangeant avec des gens. On m'a parlé d'école de commerce post-bacc avec beaucoup de concret, beaucoup de stages et je sentais que j'avais quand même beaucoup besoin de ça.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Donc, j'ai fait cinq ans d'études et j'ai fini mes cinq ans par un stage chez Sarenza à l'époque. Donc, première expérience dans la tech, Sarenza, pour rappel, qui qui... Vous avez peut-être le jingle en tête. Complètement. Qui était une entreprise qui vendait des chaussures en ligne. Donc, je m'occupais de la partie plutôt achat. Mais l'expérience tech m'a beaucoup plu. C'est une boite qui allait très vite avec un management très transparent aussi, donc c'était très agréable. On m'a proposé un CV à ce moment-là, donc première expérience. Et à ce moment-là, j'ai refusé et j'ai eu une grosse remise en question. Je suis partie faire une école de théâtre pendant un an. Je pense que c'est un peu le temps dont j'avais besoin, que je n'avais pas pris finalement à la sortie du lycée. Donc, j'ai fait un an d'école de théâtre. Et puis là, autre rencontre et je sais que c'est un fil conducteur aussi. Je prends peut-être des questions que tu vas me poser après, mais j'ai rencontré quelqu'un qui bossait dans la tech aux États-Unis et qui m'a dit: On veut monter une succursale en France, il y a un vrai besoin. Je sais que tu es dans ton projet de théâtre en ce moment, mais est-ce que ça t'intéresse de bosser avec moi à temps partiel ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
C'est que j'ai fait. J'avais le théâtre le matin. L'après-midi, je travaillais avec lui sur ce projet de développement commercial à Paris. Et le soir, j'étais serveuse pour payer mon école de théâtre, donc c'était assez rock'n'roll. Finalement, j'ai quitté le théâtre et j'ai commencé mon expérience pro en tant qu'océante exécutive, puis ensuite, Head of Sales. On s'est vite retrouvés. On était deux, puis trois, puis cinq, puis six à développer le bureau parisien. Je suis partie en Angleterre ensuite après monter la C'est pour ça que j'ai fait la recette de cette boite-là à Londres, donc à 25 ans, monter le bureau là-bas. Et puis, au bout de six ans, j'ai été contactée par le fondateur d'EncoreStore, la boite dans laquelle je suis actuellement. Ça fait presque quatre ans que je suis chez Encore Store en tant que general manager France. Là, j'ai occupé déjà quatre postes différents, puisque je suis arrivé 15ᵉ employé et maintenant, on est presque 300 employés. C'était une réponse assez longue à ta première question, excuse-moi, mais ça donne un peu un aperçu de mon parcours qui a été très marquée par les rencontres que j'ai faites aussi.
Juliette (Chance)
Hyper intéressant. Merci beaucoup pour toute cette explication et cette présentation. Du coup, qu'est-ce qui t'as fait bifurquer sur cette année de théâtre entre finalement Sarenza, où tu étais presque lancée dans la vie active. Et ce besoin de faire cette année de théâtre entre ces expériences professionnelles ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Ça ne sort pas de nulle part. J'avais déjà fait 10 ans de théâtre en passion à côté. C'est quelque chose qui me plaisait beaucoup. Je le voyais vraiment comme une libération. J'ai une grosse partie de ma famille en Angleterre qui sont dans le théâtre aussi. Donc, ça ne it pas de nulle part. Mais j'avais aussi la réalité que c'est un métier qui n'est pas évident. Et puis, ce n'est pas un métier Je suis arrivée dans une école où beaucoup de gens se voyaient en haut de l'affiche, etc, alors que je connaissais quand même bien la réalité derrière. Comment j'en suis arrivée à l'AS ? J'avais envie de tester. J'avais envie de... Je trouvais que c'est quelque chose qui me plaisait, que c'était vraiment une passion. Mais plutôt la question Pourquoi j'en suis sortie ? C'est un: je me suis rendu compte que c'était plutôt une passion plutôt qu'une vocation professionnelle et que surtout, si je pouvais pas m'y délier à 1 500%, ça ne servait à rien. Et moi, je fonctionne beaucoup comme ça aussi. J'ai besoin d'être vraiment pleinement dans mon expérience pour l'apprécier et pour réussir.
Juliette (Chance)
Super. C'est hyper intéressant parce qu'on me parle souvent déjà de la question du sens au travail. Et parfois, finalement, le sens, on n'est pas obligé de l'avoir au travail, mais par un projet à côté, ce qu'on appelle les side projects, ou une passion, ou un passe-temps qui devient ensuite une passion. Et finalement, c'est ce qui s'est un peu passé, j'ai l'impression, pour toi avec le théâtre. Tu as voulu tester et tu t'es rendu compte: Non, ça restera uniquement cette passion, ce projet à côté, parce qu'il y avait déjà de l'intérêt. Ok. C'est ça. Hyper intéressant. Je voulais savoir, parce que tu as pas mal évolué, Il y avait cette première entreprise avec la personne que tu as rencontrée. Est-ce qu'il y a des rencontres comme ça qui ont été marquantes, au-delà de la personne que tu as rencontrée pendant cette année de théâtre qui t'a fait monter aussi tout le développement commercial ? Est-ce qu'il y a d'autres personnes comme ça qui t'ont marquée ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Oui, il y a eu cette première personne qui d'ailleurs était un camarade de promo de l'école que j'avais fait. On avait bossé ensemble sur des projets à l'école, donc comme quoi le réseau aussi dans ces écoles-là fonctionne bien, mais on ne se connaissait pas direct, personnellement. Ensuite, une autre rencontre marquante, ça a été quand même avec Pierre-Louis Lacoste, qui est le fondateur d'EncoreTor, qui aujourd'hui reste presque un mentor aussi pour moi. Il a une vraie passion du wholesale, du commerce de gros, qui est le secteur dans lequel évolue EncoreStore. Encorestore, en quelques mots, qui est une marketplace qui met en relation des commerçants indépendants et des marques. Il m'a parlé de ce projet. Moi, je travaillais déjà dans le secteur du wholesale, mais on répondait vraiment à une petite entité vraiment très luxe sur la mode. Il y avait plein d'autres secteurs à aller chercher, donc j'avais déjà vu le besoin. Lui, il est venu me parler de son projet. J'ai vu le boulevard et l'opportunité qu'il y avait à développer Encore Soir. Je dirais que Pierre-Louis m'a bien aidé à arriver chez Encore Soir, évidemment, mais après, il m'a accompagné dans mon développement et m'a beaucoup aidé à monter en compétence sur un poste commercial, après sur un poste un peu plus stratégique.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Et puis après, deuxième rencontre, je dirais, j'ai eu également l'ancienne DG de Joomia, qui était chez Encore Soir, qui s'appelle Fanny Pons, qui a été manager aussi chez Encore Store, qui était VP market. Donc le VP market, c'est lui qui gère les différents GM. Aujourd'hui, chez Encore Store, il y a un GM pour la France, donc mon poste, il y a un GM pour l'international aussi. Et puis après, il y a toute la partie service client, la partie stratégique et le VP market va s'occuper de tous ces postes-là. Fanny, elle, m'a beaucoup appris aussi en leadership. Elle m'a beaucoup aidé à monter en compétences là-dessus. Je dirais, ces deux personnes-là à court terme, il y en a évidemment plein d'autres.
Juliette (Chance)
Ok, super. Est-ce que pendant cette... J'ai l'impression que Quand encore encore encore, c'est quand même allé très vite, cette expérience. Est-ce qu'il y a eu parfois des moments de doute, au-delà d'EncoreStore également, sur tout ton parcours, des moments où tu as eu l'impression que c'était vraiment charnière, des moments de doute, où tu as dû prendre des décisions importante ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Oui, évidemment, forcément. Et je pense qu'il y aura toujours un job sans moments de doute. Je ne sais pas si ça existe ou alors partagez-le-moi. Il y en a eu. Déjà, je suis arrivée dans une boite où on était 15, où j'ai eu la chance d'arriver après une première levée de fonds, donc il y avait aussi tout à construire et ça, c'était hyper excitant. Là, il fallait aller vite. Il fallait aussi prouver aux investisseurs qu'on pouvait aller assez vite. Sauf que recruter des gens, ça prend du temps. On se pose un peu des questions: Comment on fait ? Là, on est passé par des prestataires, on a bossé avec des freelances pour accélérer aussi. C'était hyper intéressant. Il y a eu des doutes quand je suis partie en Angleterre. On a une boite qui est très agile et moi, je suis moitié anglaise et On m'a demandé d'aller ouvrir le bureau de Londres pour EncoreStore également, comme c'est quelque chose que j'avais déjà fait avant. Là, pareil, on se retrouve sur une feuille blanche. Il y a tout à construire et on ne sait pas si ça va fonctionner, donc il faut y aller progressivement. Il Il faut aller voir ce qui se passe, il faut aller y retrouver les bons prestataires, que ça soit un bureau, que ça soit légal, que ça soit tout ça.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
C'était très intéressant, mais il y a toujours des moments de doute, de remise en question. Même en ayant fait tout ça, aujourd'hui, nos challenges sont... Il faut qu'on aille positionner encore Start comme un vrai outil du quotidien pour les commerçants et on a encore un boulevard à aller chercher. Ok.
Juliette (Chance)
Merci beaucoup. Et du coup, justement, aujourd'hui, à quoi ensemble tes journées en tant que General Manager France ? Tes journées et aussi un peu les grandes missions et activités que regroupe ce poste.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Oui, bien sûr. Je pense que c'est important de repréciser ce qu'il y a derrière ce mot general manager qui peut faire un peu peur et peut être un peu fourre-tout aussi. Pour définir un petit peu mon métier et les grandes missions qui s'y rattachent. Et d'ailleurs, en préambule, la définition, je pense, de General Manager de France, de general manager, elle peut varier aussi d'une entreprise à une autre. J'ai déjà l'exemple d'une autre entreprise en tête où le GM est représentant du pays, mais il ne va pas manager des gens, alors que chez Encore Store, pour le coup, j'ai une vraie mission managériale. Donc mes missions sont effectivement... J'ai une équipe d'une vingtaine de personnes qui sont à la fois sur la partie commercial. Pour nous, commercial, c'est acquisition de marques sur Encore Store, donc vraiment un rôle presque similaire à un rôle d'Aid of Sales là-dessus. Et ensuite, il y une partie plutôt marketing, qui est: comment est-ce qu'on fait pour aller faire grossir, dans le jargon anglais, la brand awareness, la notoriété d'EncoreStore sur le territoire français ? Là, ça passe par des partenariats, ça passe par des prises de parole, ça passe par de la communication, ça passe par des salons, tout ça.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Mon rôle consiste à définir en lien avec les équipes centrales, puisqu'il y a aussi une équipe centrale chez EncoreStore qui travaille sur la stratégie, quelle est meilleure stratégie en fonction de notre maturité sur notre pays et respecter évidemment le cadre financier. J'ai ce qu'on appelle un PnL, profit and loss, où je dois respecter ça et proposer des itérations et des choses qu'on peut faire à notre niveau pour accélérer et surtout respecter ce canal-là.
Juliette (Chance)
Merci. Merci beaucoup pour toute cette exhaustivité. On a une première question de Guillaume. Qui, déjà, te dit félicitations pour ce poste et qui te demande quelle serait finalement la suite après ce poste-là. Et est-ce que cette expérience au sein d'EncoreStore et tout ton parcours n'a pas fait naître une envie d'entreprendre par toi-même ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
C'est une question qu'on m'a déjà posée. Et aujourd'hui, je ne créerai jamais une boite si ça répondait pas vraiment à quelque chose auquel je crois à 1 500% et à un vrai, vrai besoin. Aujourd'hui, je n'ai pas trouvé exactement J'ai des idées, donc oui, pourquoi pas ? Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, en bossant dans une boite, et c'est ma deuxième expérience où j'ai un peu ce rôle d'intrapreneur, où je suis arrivé dans deux boites assez tôt, finalement, dans le process de croissance. C'est un rôle qui me plaît aussi beaucoup puisque le soir, on peut aussi dormir plus tranquillement. Il y a moins ce côté: c'est ma boite et ce côté qui peut être un peu plus empiété un peu plus sur sa vie privée. Moi, j'ai une vraie importance entre vie privée et vie pro. Donc peut-être, oui, je ne l'excuse pas, mais aujourd'hui, j'aime bien ce rôle d'entrepreneur et je pense que ma prochaine expérience serait encore dans une entreprise où je peux continuer sur un rôle de GM.
Juliette (Chance)
Ok, d'accord. Donc, ce serait plutôt la suite, donc continuer sur un rôle de GM, mais au sein d'une autre entreprise. Ou est-ce qu'il y a d'autres postes ? Par exemple, tu disais que tu aurais été rattaché à la VP marketing, c'est ça ? Oui, tout à fait.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Aujourd'hui, ça fait deux ans et demi que je suis sur ce poste de GM. Je pense que j'ai encore à apprendre pour continuer d'ajouter des becs là-dessus. Je me suis posé un petit peu les questions sur est-ce qu'il y a eu des doutes, moi, à mon niveau, déjà être GM assez jeune, être une femme, tu le disais un petit peu en préambule aussi, c'est des questionnements que je me suis posé. Il y a toute une confiance que tu as à gagner sur ce poste-là, mais je sens que là, j'ai encore une petite marge de progression. Tous les sujets P&L, les sujets de leadership, je me sens à l'aise dessus, mais j'ai encore à progresser là-dessus. Et puis après, quand tu parles sur un parcours un peu classique, il y a effectivement le VP market dans une entreprise tech qui va superviser en plus du commercial et du marketing sur plusieurs pays. Ça, ça peut être une évolution. Tu peux aussi faire une évolution plutôt horizontale à prendre des sujets plutôt central marketing, stratégique, service client. Tu rentres dans un autre scope, mais qui peut répondre à ces problématiques-là. Dans d'autres entreprises ce qu'on appelle des CRO, donc Chief Revenue Officer, qui vont s'occuper de tout ce qui touche sur le revenue.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
C'est une autre appellation de VP market aussi. Il y a différentes évolutions possibles, mais pour ma part, j'ai encore, je pense, quelques années sur ce poste-là pour monter encore en compétence.
Juliette (Chance)
Ok. L'opportunité que tu as chez EncoreStore, tu dis que c'est la rencontre avec Pierre-Louis Lacoste. Je me suis plus sûr du prénom, C'est ça. C'est ça. Pierre-louis Lacoste, le fondateur d'Encorestar. Ils t'ont chassé ? Est-ce que Pierre-Louis Lacoste, tu le connaissais de ton réseau ? Comment ça s'est passé finalement ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Il m'a chassé sur LinkedIn. Donc, LinkedIn, ça marche. Il m'a chassé sur LinkedIn directement. Et puis, à ce moment-là, je me posais des questions. Ça arrivait juste au bon moment. Je crois beaucoup la bonne personne au bon moment et c'est exactement ce qui s'est passé. Entre autres moments, on s'est rencontrés. Le moment où j'ai rejoint l'entreprise, il y a quand même eu presque quatre, cinq mois. À l'échelle d'Encore Start à l'époque, c'était beaucoup, puisque quand il m'a contactée, ils avaient un projet de boite et je suis arrivée, j'étais déjà la 15ᵉ employée. Donc, c'est comme ça que ça s'est passé.
Juliette (Chance)
Ok, merci. On a une question de Marie-Camille. Selon toi, pour être un bon manager, il faut-il avoir une réelle expertise dans les tâches de ses équipes ? Ou est-ce qu'on peut manager des personnes si on est, ce qui est déjà très bien, un bon gérant ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
C'est une très bonne question, je trouve, pour te répondre. Je pense qu'il y a une certaine légitimité importante à avoir. Si tu veux manager des gens en ayant fait un métier qui est leur métier, je pense que tu apparais comme plus légitime, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire à proprement parler. Pour te donner un exemple, moi, je suis passée plus par une carrière commerciale où j'ai été à la fois chasseur, donc j'ai fait de la chasse et de ce qu'on appelle la carence exécutive, mais j'ai aussi fait de l'accompagnement de clients Je manage aujourd'hui des équipes commerciales, mais je n'ai jamais eu un rôle purement marketing à proprement parler. J'ai fait des stages avant, mais par contre, j'ai un vrai intérêt, j'ai une vraie appétence, j'ai un regard assez critique dessus, j'ai des bonnes idées. En tout cas, on me dit que j'ai des bonnes idées, mais je ne suis pas passée par une carrière marketing. Et pareil, je travaille avec une personne qui s'occupe plutôt de la partie opérationnelle chez EncoreSor et qui est meilleure que moi. D'ailleurs, et ça, c'est un point important, il faut accepter d'avoir des gens meilleurs que soi, en dessous de soi en tout cas en dessous de soi, des gens qui peuvent vous challenger sur des décisions.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Pour moi, c'est quelque chose que je dis dès que j'embauche quelqu'un: J'ai besoin que vous soyez vocales si vous n'êtes pas d'accord. Si vous pensez être pas d'accord ou pas, n'hésitez pas à le partager.
Juliette (Chance)
Hyper intéressant ce point de s'entourer de personnes meilleures que soi. Parfois, on peut l'oublier ou le manque de confiance en soi fait que finalement, on n'ose pas. Tu parlais à un moment quand tu évoquais aussi l'entrepreneuriat, peut-être un jour, le fait de bien dormir le soir ou le fait que tu es arrivé dans des entreprises qui étaient quand même assez tôt. Même si là, tu disais que tu étais la 15ᵉ salariée dans le core store, c'est quand même des entreprises qui sont assez jeunes. En termes d'impératifs, pour nous, chez Chance, le projet professionnel, ça fait sens quand il y a une combinaison de quatre piliers qui sont la finalité, le métier, et les impératifs. Finalité, c'est l'impact que tu souhaites avoir. Le métier, c'est le métier où on est en train de parler. L'environnement, on y a déjà un peu répondu, c'est plutôt salariat ou entrepreneuriat et le style de management, la culture d'entreprise et les impératifs. Ça va être des impératifs financiers, mais également des impératifs en termes d'horaire. Et est-ce qu'en occupant ce poste aujourd'hui de directrice générale, tu t'y retrouves sur cet impératif en termes d'équilibre vie pro/vie perso ? Parce qu'en plus, tu disais que c'était hyper important pour toi.
Juliette (Chance)
Comment tu arrives à gérer ça ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Je pense que ça s'acquiert au fur et à mesure des années aussi. Je le gère aujourd'hui. Il n'y a des personnes chez EncoreStore, généralement, qui part après 19h00. On a quand même une boite qui est assez saine dans ce sens, même si cette phrase: Il y a des jours où on a des opérations commerciales et donc c'est un petit peu plus intense. Je pense que c'est important d'être le modèle là-dessus en tant que leader. Pour parler d'EncoreStore, on a des fondateurs qui ont tous plus de 40 ans, qui ont tous des enfants. Et ça, je pense que ça fait la différence aussi. Ils ont une vie indéniablement perso qui est importante à côté. Et ça, je pense qu'il ne faut pas l'oublier. C'est ce qui fait aussi, je pense que l'entreprise après est plus saine sur ça. Mais donc, pour parler de moi plus précisément, je suis passée, j'ai travaillé six ans chez jour, qui est ma première une expérience qui était une boite américaine. En plus, avec le décalage horaire, je finissais généralement très tard. Les premières années, je me souviens m'être vraiment laissée aller en travaillant vraiment jusqu'à très, très tard. J'ai accepté des meetings plus tard.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Parce que je me disais: Je n'ose pas dire non, il faut que j'avance là-dessus. Mais progressivement, on se rend compte, on dit non une fois et la personne en face ne le prend pas du tout mal, au contraire. Et progressivement, on arrive à se mettre ses propres barrières. Je pense que c'est quelque chose qui fait qu'il y ait quelque chose qui est hyper important. Le jour où je sens que ça empiède trop sur mon perso, ce serait peut-être que le boulot ne sera plus fait pour moi.
Juliette (Chance)
Hyper intéressant. Sur ce post-là, quel a été ton principal challenge quand tu l'as pris, par exemple ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Le principal challenge sur ce poste que j'occupe depuis deux ans et demi, je pense que le challenge, c'est: comment est-ce qu'on fait pour arriver à embarquer une population, un Je dirais que c'est plus le leadership. Comment on fait pour embarquer une population commerciale vers des objectifs qui sont quand même très ambitieux ? Comment on fait ? J'ai trois operating principle que j'occupe avec mon équipe. Le premier, c'est la confiance. Je pense que c'est très important de partager le plus de confiance dès le départ. J'ai un moto qui est: Je vous fais confiance jusqu'à ce que je me fasse plus confiance, mais dès le début, quand j'envoie chez quelqu'un, je pars du principe que je dois lui faire confiance. Le deux, c'est beaucoup de transparence, de faire en sorte qu'on soit le plus transparent possible pour faire en sorte que tout le monde ait les meilleurs outils pour prendre les bonnes décisions. Et le troisième, c'est garder quand même une ambiance qui est fun. On travaille quand même une majorité, je ne me souviens plus du pourcentage, mais on travaille quand même beaucoup sur une vie. Si ce n'est pas marrant, je ne sais pas si marrant, c'est le mot, mais si on ne passe pas du bon temps, c'est qu'on n'est peut-être pas au bon endroit.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Je dirais que les challenges, c'est comment est-ce qu'on fait pour embarquer une population qui était plutôt jeune dans un nouveau projet et avec des ambitions fortes. Je dirais que c'est le challenge principal. Et puis ensuite, comment on fait au niveau stratégique, suivre aussi les évolutions de la boite au fur et à mesure des années Hyper intéressant, parce que finalement, en partageant tes working principles...
Juliette (Chance)
Je ne sais pas si c'est...
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Oui, operating principles en anglais, mais donc voilà.
Juliette (Chance)
On fait un peu ces grands principes de travail. Finalement, ça en dit beaucoup aussi sur la culture d'entreprise et les valeurs. Et ça, je sais que c'est quelque chose qu'on voit également dans le parcours et l'accompagnement de Chance, de travailler sur ces valeurs. Est-ce que toi, là, tu serais capable de trouver un peu le lien entre tes propres valeurs et les valeurs des entreprises par lesquelles tu as pu passer ? Peut-être la confiance, déjà, tu nous disais, qui était hyper importante.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Tout à fait. Je pense que la confiance, elle est hyper importante, mais je pense que pour répondre à ta question, et c'est un modèle que évidemment, tu dois connaître, Juliette, mais j'avais fait une formation sur l'ikigai qui est effectivement trouver l'équilibre. C'est un modèle japonais entre je fais quelque chose qui me plaît, je sais que je suis plutôt douée dans ce que je fais, je sais qu'il y a plutôt un impact social et éthique à ce que je fais. Enfin, je considère être bien payé aussi et rémunéré pour ce que je fais. Je pense que ça, c'est des éléments qui sont quand même extrêmement importants à prendre en compte dans n'importe quel métier. Je dirais la valeur, effectivement, de confiance, mais aussi dans l'équipe, la partie, je pense, très importante pour moi, c'est l'impact que ça a. J'ai besoin d'être dans une entreprise qui, in fine, je me réveille le matin et je me dis: OK, j'ai quand même une mission qui est de temps. Je sais, en core store, c'est d'armer les commerçants indépendants à être un peu plus compétitifs. Ils n'ont rien aujourd'hui. Il y a très peu d'outils qui sont disponibles à notre échelle.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
J'ai déjà eu sur des événements des commerçants qui sont venus me voir en me disant: Merci, grâce à vous, je suis restée ouverte. Juste cette phrase-là, ça me permet de me réveiller du bon pied pendant plusieurs mois. Je dirais que les valeurs confiance d'entreprises, mais aussi l'impact que l'entreprise a. Je pense que La transparence, c'est hyper important. J'ai des amis qui sont dans des entreprises où ils n'ont pas assez de communication, pas assez de transparence et donc ça leur permet de ne pas avancer correctement. Ça, je pense que c'est hyper important au quotidien. Quoi d'autre ? Je pense qu'il y a un truc qui est très important pour moi aussi, c'est l'apprentissage. À partir du moment où j'arrête, je considère que je n'ai plus rien à apprendre, je considère que je ne suis plus au bon endroit en fait. C'est ce qui s'est passé dans mon entreprise précédente après six ans, ce qui est quand même beaucoup. J'ai eu deux postes différents. J'avais la sensation de ne plus apprendre autant que je le souhaite. Donc, je vois vraiment aujourd'hui une profession avec une courbe d'apprentissage. Si si on arrive à un certain niveau, c'est qu'on doit changer de poste, soit dans la même entreprise, soit dans une autre entreprise.
Juliette (Chance)
Ok.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Je suis allé un peu dans tous les sens.
Juliette (Chance)
Non, mais c'est hyper intéressant. Et n'hésitez pas, vous, en tant que participant, à poser vos questions, parce que c'est vrai que moi, j'en pose beaucoup, mais c'est parce que je trouve ça très intéressant. J'aurais envie de poser une question sur le fait que tu sois une femme, parce qu'on a mis une directrice générale dans la tech. Est-ce que tu sens que ça a été plus compliqué ? Est-ce qu'il y a eu des choses qui t'ont surprise, des codes qui t'ont surprise en tant que femme à être dirigeante, en plus dans ce secteur-là particulièrement ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Alors oui, il n'y a pas de... Je ne sais pas qu'il n'y a pas de sujet parce que je considère que je ne suis pas du tout dans une boite qui est sexiste ou machiste. Au contraire, c'est hyper bienveillant, mais n'empêche qu'en étant une jeune femme... En étant une femme et si ce n'est jeune, c'est un titre qui qui, encore une fois, est assez impressionnant, mais qui varie vraiment d'une entreprise à l'autre. Donc oui, je dirais que ça a été un challenge. Après, c'est comment est-ce qu'on peut s'éloigner de ce syndrome de l'imposteur dont on parle souvent, que d'ailleurs, directrice générale ou pas, beaucoup de gens ont quand ils commencent un métier. Moi, j'ai essayé de prendre le côté positif de ce syndrome de l'imposteur. C'est en fait Sam challenge et comment est-ce que j'en fais quelque chose de positif et comment, si je me sens en syndrome de l'imposteur, en arrivant dans une pièce, j'essaie de prouver justement encore plus ma proposition de valeur et ce que je peux apporter. Donc, j'ai essayé de le tourner dans ce sens-là plutôt que de le tourner négativement. Et ça, c'est quelque chose qui m'a beaucoup aidé sur des prises de parole, je dirais surtout sur des prises de parole extérieures là-dessus.
Juliette (Chance)
Merci beaucoup pour cette explication. J'aurais peut-être une dernière question, ce serait: Quel conseil tu pourrais donner aux personnes qui s'interrogent un peu sur leur carrière professionnelle ? Parce que tu me disais que finalement, tu avais suivi la voie de l'école de commerce parce que tu t'étais quand même interrogé plutôt vers le lycée. Est-ce que quand tu as commencé chez Sarenza, c'était quelque chose que tu avais vraiment envie de faire ou est-ce que c'était plutôt par opportunité ?
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Non, en toute honnêteté, même encore aujourd'hui, je sais que mon métier me plaît. Je pense être plutôt bonne dans ce que je fais. Je me réveille, je suis contente quotidien. Après, est-ce que je ferai ce métier dans 10 ans ? Je n'en sais rien. Je pense que pour moi, le meilleur conseil, c'est rencontrer des gens et parler à des gens le plus possible. Il y a des programmes maintenant qui existent comme le vôtre, mais il faut quelque chose que je partage aux équipes constamment, c'est: Soyez curieux. En étant curieux, on va voir ce qui se passe ailleurs. Je leur dis souvent: Vous êtes commerciaux aujourd'hui, mais allez prendre des cafés avec le product, allez rencontrer des à la tech, j'en sais rien, ouvrez un petit peu votre curiosité à tous ces métiers-là. Ça, ce n'est pas une pratique qui est quand même courante aujourd'hui dans beaucoup de boites, c'est très cloisonné. Ça, je dirais que c'est le meilleur conseil à donner, c'est aller rencontrer des gens. Je pense que les gens aussi peuvent apprendre autant de vous que vous deux. Et ça, on a tendance à l'oublier. Donc oui, je dirais que c'est ça.
Juliette (Chance)
Super. Un grand merci Lily pour tout ce partage, ces échanges qui étaient hyper riches, tes réponses très intéressantes. Je ne sais pas si vous avez d'autres questions en tant que participants, mais dans tous les cas, on pourra sinon clôturer ce live. Et un grand merci d'avoir pris ces 30 minutes pour nous.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Je t'en prie Juliette, et merci à tous pour votre écoute, et à bientôt.
Juliette (Chance)
À très vite. Bonne fin de journée.
Lily Cadell (Directrice Générale dans le secteur de la tech)
Au revoir.
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