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Katia Sanerot, Directrice générale et éditrice média

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouveau live métier pour parler du métier de directrice générale et éditrice média avec Katia. Bonjour Katia.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Bonjour. Bonjour tout le monde.

Marine (Chance)

Le but de ce live, c'est qu'il soit interactif. Vous pouvez poser des questions dans le chat. Donc n'hésitez surtout pas à poser toutes vos questions à Katia. Pour commencer, vous pouvez, si vous voulez, nous dire un peu d'où vous nous écoutez. Est-ce que vous êtes de Paris ou d'ailleurs ? Et pourquoi vous êtes là ? Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que c'est parce que vous connaissez peut-être Louis Média, qui produit beaucoup de podcasts ? Voilà, n'hésitez pas à nous dire. Bonjour, je vois que ça arrive dans le chat. Pour commencer, pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas Chance, on est une communauté d'entraide et une méthode pour permettre à chacun de trouver sa place dans le monde du travail. On sait que ça peut être un long cheminement pour retrouver là où on est bien. C'est justement le but de ces live métiers, c'est de vous permettre de découvrir plus de 50 métiers cette semaine. Je vois qu'il y a Jenny qui connaît le média, qui est passionnée de podcasts. Il y a des gens de Poissy, d'Antibes, d'un peu partout, c'est super. L'idée, c'est d'explorer des métiers et Katia a généreusement accepté notre invitation pour donner 30 minutes de son temps pour présenter son parcours, métier et répondre à toutes vos questions.

Marine (Chance)

Donc encore un grand merci Katia, ce que je sais et je me doute que tu as un agenda très chargé. Pour commencer, est-ce que tu peux nous raconter un peu qui tu es, ton parcours et comment tu es arrivée aujourd'hui à ce super poste ? À ce poste ?

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Enchantée tout le monde, je suis ravie d'être avec vous ce matin. Moi, j'ai 38 ans. J'ai un parcours un peu standard d'école de commerce en formation initiale. Et puis, je me suis spécialisée aussi dans une deuxième école de commerce en média. Il faut savoir que j'ai toujours toujours été passionnée de contenu, de presse, d'information, de divertissement, mais tout en sachant pourtant que mon talent, ce n'était pas celui d'écrire et ce n'était pas celui d'être devant la caméra. Et donc, aussi loin que je m'en rappelle dans mon enfance, j'ai toujours aimé les histoires, j'ai toujours aimé ce que les histoires racontent de nous, de la société, de notre construction en tant qu'individu. Quand on a l'âge de jouer à la marchande, moi, je jouais à la marchande de journaux. Mes souvenirs marquants, c'est que je vendais à ma grand-mère son propre télé sept jours en lui disant qu'elle allait y découvrir des choses passionnantes, pleines d'émotion, etc. Ça a toujours été là, d'une certaine manière. Et après, en grandissant, au moment du collège-lissé, c'était un peu l'avènement des premiers ordinateurs, de l'Internet. Moi, j'avais trouvé dans les ordinateurs et dans l'Internet une certaine de liberté. En fait, j'ai fait ma scolarité avec un an d'avance.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Alors, ce n'est rien, je n'étais pas du tout douée, j'étais juste très impatiente de faire les choses. Mais ce qui fait que j'ai toujours eu un petit décalage émotionnel avec le reste de mes camarades. Je suis devenue une espèce de geekette parce que je me trouvais à ma place dans un endroit où je n'étais pas jugée sur mon âge. J'ai commencé à créer mes propres sites internet, sur des séries télé, quand j'étais au collège, de façon très autodidacte. Je participais à des fanzines dans des communautés de fans, etc. Et la chance que j'ai eue, parce que c'est de la chance, c'est qu'on m'a fait comprendre très tôt qu'il pouvait y avoir de la place dans ce milieu pour des gens comme moi, c'est-à-dire des gens qui ne sont pas les producteurs ou les créateurs de contenu, mais qui savent le rendre réalisable, soit en le rendant accessible dans des fonctions de produits de marketing, soit en les finançant, en les rendant économiquement viables via des fonctions de business ou de gestion. C'est pour ça que j'ai continué là-dedans. La chance que j'ai eue, c'est de ne pas peut-être me dire: Tiens, pour faire du contenu, il faut absolument être journaliste.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Et beaucoup, dans les médias, commencent par des formations en tant que créateur, en tant qu'artiste, en tant que producteur, et ensuite, rebifurquent sur côté gestion business. Moi, je suis tout de suite allée dans cette direction-là parce que je savais... Je n'avais pas de référence métier à l'époque, mais j'avais compris que chacun sa fonction et chacun son métier. Donc, j'ai démarré mon premier boulot chez Marie-Claire International. À l'époque, je ne m'étais pas encore rendu compte que la presse et les médias, c'était très franco-français. Je me disais: Tiens, gérer des éditions internationales, c'est super. Mais en 2008, et donc la crise a fait que mes CDD n'ont pas été reconduits. Mais j'ai pu rentrer après dans le groupe Figaro par la petite porte. Je ne savais pas quel métier faire ? Je ne savais pas du tout quel allait être mon cheminement, mais j'ai un peu pris le dernier des recrutements. J'ai sauté sur le dernier des recrutements qui se présentait à moi. Ils recrutaient une chargée de partenariat dans l'équipe digitale qui, à l'époque était une petite équipe au marketing web. Et l'autre chance que j'ai eue, c'est qu'à l'époque, on était 12 pour tous les métiers du marketing et des partenariats.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Donc, j'ai appris un peu tous les métiers qui pouvaient exister dans cet écosystème. Et je travaillais à l'époque vraiment énormément. Pour moi, c'était vraiment une chance d'être là. Ça a été un endroit extrêmement formateur. Alors, c'est vrai que dans le en tout cas dans ces 15 dernières années, ça a été beaucoup d'autoformation pour tout le monde. Donc, j'ai gardé ce rythme de toujours me remettre en question, de découvrir aussi les nouveaux usages. C'est ce qui me passionne dans mon métier. Du coup, ça m'a permis d'être toujours peut-être en avance de phase par rapport aux tendances de consommation. J'ai fait un peu plus de 10 ans dans le groupe Figaro, un genre de poste à peu près tous les deux ans. Donc de chargé de partenariat. Chargé de partenariat, c'était un peu l'ancêtre des opérations spéciales et du content to commerce, mais aussi de la diversification. Je suis passé responsable business développement, notamment sur la partie féminin et lifestyle, qui était à l'époque un peu moins développée que la globalité ou l'économie au sein du Figaro et qui correspondait aussi à d'autres à d'autres potentiels. Et en 2013, j'ai été nommée éditrice digitale de Madame Figaro et du Figaro Lifestyle.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Quelques mots sur le travail d'éditrice dans la presse et dans le digital, parce que c'est souvent un peu différent du rôle d'éditrice dans l'édition. Et c'est un terme qui peut être utilisé pour définir pas mal de choses. Moi, ce que j'ai vu de mon parcours, c'est qu'une éditrice peut avoir des missions édition très différentes en fonction des entreprises où elle exerce ses fonctions, ou un éditeur, évidemment. Le rôle d'éditrice dans l'édition, ça va être de dénicher les auteurs, ça va être d'estimer les ventes, d'orchestrer le marketing, de tenir la ligne éditoriale de la maison. Éditrice ou direction de pôle, direction de média dans les médias aujourd'hui, qui soient traditionnels ou digitaux, C'est avant tout des tâches de gestion un peu générales, de gestion du compte de résultat de la business unit, de votre titre média. C'est le pilotage de l'activité, de la performance, moi, surtout les supports digitaux à l'époque. C'est définir et mettre en place toute la stratégie et le positionnement du titre. Mais c'est aussi s'assurer de la bonne exécution avec l'ensemble des journalistes, de la production de contenus éditoriaux. Il y a toute la dimension produits et marketing qui est très importante dans le digital.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

C'est nous qui pilotons les refontes de sites Internet, le déploiement en responsive design, en applicatif, en podcast après. C'est tout le développement de ces produits et de ces audiences, puisqu'on ne parle pas forcément de vente. Il y a un peu un double public dans les médias et qui a ses clés, c'est qu'à la fois, on s'adresse à des lecteurs, à des auditeurs, à des téléspectateurs, mais on a aussi un public qui est celui des annonceurs. La clé dans ce milieu, à mon sens en tout cas, tel que moi, je le fais, c'est la cohérence de tout ça. C'est l'alignement du produit, du contenu à une attente ou un besoin auditeur, mais aussi en adressant une cible qui va être une cible intéressante pour les annonceurs. Dans ces fonctions-là, toujours d'éditeur d'éditrice, il y a aussi tout le management de l'équipe qui peut être direct ou indirect. Et ça, c'est quelque chose d'assez important. C'est-à-dire qu'en direct, au démarrage, je n'avais que cinq, six personnes et indirectement des équipes de journalistes. Il faut savoir que dans les médias traditionnels, tout ça est très scindé. C'est-à-dire que que vous avez beau gérer d'un point de vue RH, administratif, d'un point de vue PNL des équipes, ils ne dépendent pas de vous pour assurer la liberté journalistique.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

C'est évidemment très important et c'est clé. C'est moins le cas dans certaines organisations, dans certains pure players, tout est mélangé, il n'y a pas de distinction qui sont faites. Mais on gère aussi beaucoup d'équipes pluridisciplinaires, donc de la tech, des graphistes, du marketing, du SEO, du social media, du fonctionnel. Et ça, c'est aussi beaucoup de gens, on gère de manière indirecte. Donc moi, en tout cas, au Figaro, c'était beaucoup d'équipes transversales. Donc une des clés, en tout cas, un endroit où je passais énormément de temps, c'était dans ce management indirect qui peut être complexe. Il faut trouver les clés pour les motiver, les challenger et les embarquer dans ton projet pour être prioritaire pour tout le monde. Cette gestion RH, la tenue du produit, j'en ai parlé, et puis la coordination commerciale, c'est-à-dire s'assurer des revenus, que ce soit une régie interne, une régie externe, que vous ayez vos propres commerciaux, que ce soit des outils automatiques, data serving qui soient plouillés, que ce soit de l'opération spéciale, du Nativat, du partenariat, de la syndication ou des événements. C'est un poste, comme vous le voyez, très large. C'est ce qui, moi, m'a passionné. Et moi, je trouve que c'est un des plus beaux métiers.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Alors, moi, je l'appelle... J'étais éditrice, mais ça peut être responsable de pôle, ça peut être responsable d'un titre ou direction d'un pôle. C'est des organigrammes qui sont un petit peu différents en fonction des entreprises média. Et puis, donc, j'ai continué un peu ce chemin d'éditrice digitale. J'ai été nommée en 2018 éditrice de l'ensemble de la marque, Madame Figaro. C'était toujours dans cette continuité de rapprochement print web. C'est vrai que ça pouvait être assez étonnant, mais en interne, on a été beaucoup du digital à être nommé sur des fonctions print. Moi, j'ai trouvé ça super de réapprendre un nouveau métier après déjà huit ans dans la même boite parce que j'ai appris le papier, j'ai appris la distribution, j'ai appris le grammage des feuilles, comment ça impactait les business plans, pourquoi est-ce que quand il fallait mettre sous plastique les catalogues, comment on allait trouver des solutions écologiques à ça ? C'était assez intéressant parce que déjà, c'était fois 10, fois 20 d'un point de vue gestion financière, d'un point de vue taille de l'équipe, mais aussi parce que c'est des équipes qui sont très installées depuis très longtemps, à la différence d'éditeur digital où il n'y avait pas de mode d'emploi.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

C'est-à-dire à l'époque, c'était vraiment mes pairs qui m'avaient appris à suivre un peu mon instinct et à faire du test and learn. Dans la presse écrite, il y a finalement une expérience qui existe, qui est énorme et il y a un peu des modèles tout établis. Moi, j'arrivais, ça faisait 10 ans que je faisais du test and learn et que je me posais des questions en mode: Pourquoi on ne fait pas ça comme ça ? Pourquoi on ne fait pas ça comme ça ? Donc, j'ai essayé en tout cas d'apporter un petit peu d'innovation dans des process un peu anciens. C'est ce que j'ai essayé de faire. Notamment, on a beaucoup développé la diversification autour de la marque, avec des prix pour les femmes entrepreneurs, avec des soirées, des événements, de la vidéo. Pas mal d'événementiel. Et puis, c'est aussi à ce moment-là que j'ai découvert les podcasts. Parce que je revenais de mon premier congé maths. Je m'étais mise à écouter quelques podcasts américains. Et pendant des années, en tant qu'éditrice du Madame, et notamment sur le digital, j'allais chercher, j'essayais d'être un peu au devant de ce que les jeunes femmes, dans l'air du temps, pouvaient consommer là où elles pouvaient trouver véritablement des sources de questionnement d'informations, de la vraie valeur ajoutée.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Et j'avais été souvent assez frustrée qu'on voit uniquement le digital comme une source d'appauvrissement du contenu. Que ce soit l'écrit, la production de sites Internet ou la vidéo, c'est souvent vu comme c'est moins bien que le magazine, c'est plus cheap, c'est moins valorisé. Et ça, ça a des impacts très importants en management aussi, en recrutement. Et dans le podcast, pour le coup, c'était un enrichissement du contenu qui était plus fort que ce qu'on trouvait dans le magazine ou ce qu'on pouvait trouver parfois dans les livres même et dans la vidéo. Ça allait plus loin et je me suis dit à ce moment-là: Mais c'est évident que s'ils ne sont pas déjà vont aller là. Du coup, en 2018, à l'époque, il n'y avait rien dans le podcast. Il n'y avait pas de financement, pas d'équipe, pas de moyens. C'était vraiment l'Internet des années 2000. Il y a Il a fallu tout faire. Il a fallu convaincre. J'étais au Figaro encore à l'époque. Il a fallu emmener les gens sur une conviction, trouver les financements et les annonceurs, et ça a été plutôt un beau résultat. À l'époque, je savais qu'on n'avait pas le savoir-faire narratif du podcast au sein des journalistes de Madame Figaro.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Je voulais trouver quelqu'un, je voulais trouver des soutiens extérieurs pour les former, les accompagner, les challenger et avoir vraiment des contenus très qualitatifs. Et c'est comme ça que j'ai contacté Charlotte Pudlowski, qui venait d'annoncer la création de Louis Média. J'y reviendrai, mais je la suivais déjà depuis un certain temps. Donc, j'ai commencé à collaborer avec Louis Média en tant cliente. J'ai été la première.

Marine (Chance)

Je ne savais pas.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Je l'ai rencontré. Et après deux ans de collaboration ensemble, moi, en tant qu'éditrice, et elle, en tant que studio de production, avec les gens de les réalistes, les rédacteurs en chef qui écrivait, portaient la voix, accompagnés par Louis Média, les deux fondatrices qui, elles, sont journalistes de formation, qui sont vraiment des experts du contenu de sa production. Elles étaient en train de structurer l'entreprise et elles m'ont proposé de les rejoindre. Donc, on s'est mis d'accord sur notre complémentarité, sur le poste, sur la répartition de nos tâches aussi, parce que c'était des tâches qu'elles faisaient avant que j'arrive. Ça a été aussi très évolutif. Là, ça va faire cinq ans que je suis là. Chaque année, j'ai un rôle un peu différent. À l'époque aussi, moi, je voulais m'associer. Je quittais quand même un boulot que j'adorais, une entreprise qui m'avait fait confiance et un chemin un peu tout tracé. Mais donc, je voulais aussi pouvoir me dire: Je prends des risques, parce que c'était très risqué comme choix à l'époque, mais j'y vais à fond. Si je quittais cette grosse équipe et ce boulot-là, je voulais me donner les moyens d'influer aussi sur cette stratégie, pas à diriger toute seule, mais en tout cas à être très en avance de phase dans la direction d'une entreprise.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Aujourd'hui, je suis directrice générale de Louis Media et associée. Louis Média, c'est un média et un producteur de podcasts et de podcasts et de contenu en général. On est 20 permanents aujourd'hui. On était six, sept quand je suis arrivée. On collabore avec 200 collaborateurs, pigistes, freelances, en plus, musiciens, sur réalisateurs. Sur l'ensemble des productions. On a une dizaine de podcasts sous la marque Louis Media, des podcasts comme Passage, qui est un format narratif, qui raconte des histoires ou émotion, fête des gosses. Et puis, on est aussi producteur pour des tiers, pour des marques, pour d'autres médias. On produit toujours pour Madame Figaro, mais aujourd'hui, on produit aussi les podcasts du Elle, on produit pour Canal+, pour Bayard, on produit pour des marques de luxe à la grande distribution, on produit beaucoup pour des associations des institutions aussi, des institutions, des fondations, des acteurs très différents qui viennent nous voir pour ce savoir-faire, à la fois de contenu, pour cette exigence de qualité qu'on a aussi, et aussi parce qu'on est capable de les accompagner sur toute la chaîne de valeur du podcast, de la conception jusqu'à la distribution et l'attente de résultats qu'on a fixé ensemble.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Aujourd'hui, concrètement, je reporte à la présidente qui est Charlotte, une des une de mes deux associées, la cofondatrice et donc présidente, qui est aussi autrice. Et je gère l'ensemble de l'entreprise au quotidien, donc le management des différents pôles. Aussi, toute la structuration de l'activité financière, contrôle de gestion, trésorerie, qui sont des choses qui ont été assez évolutives. Parce que quand vous êtes toute seule, jusqu'à l'année dernière, j'étais toute seule sur les sujets administratifs et financiers, vous ne le gérez pas de la même manière que maintenant, j'ai mes responsables administratifs et financiers. C'est génial. C'est fantastique d'avoir quelqu'un en charge de ça, avec qui on travaille main dans la main, mais ça n'a pas toujours été le cas. J'ai vraiment Mes fonctions évoluent avec la taille de l'entreprise. Il y a des moments où je n'avais pas de responsable marketing, donc je faisais aussi directement la strat et l'exécution marketing. Pareil sur le commercial. Et ça, le commercial, et ça, le commercial, C'est la clé dans les petites boîtes. C'est-à-dire qu'encore aujourd'hui, j'ai un peu du mal à lâcher la casquette de direction commerciale, même si j'ai une super équipe maintenant qui gère tout ça. Et en fait, L'idée, c'est d'intervenir sur les sujets où il y a besoin de structurer davantage, où il y a parfois des manques de ressources, où il y a des problématiques à résoudre.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Donc, le management, la gestion et tout ce qui va être vraiment service-support, même si mon travail, évidemment, j'exécute cette stratégie qu'on définit ensemble par rapport aux moyens et à nos capacités. Moi, je ne mets pas le nez dans la création du contenu. On va travailler ensemble sur les programmes, à quelles problématiques ils répondent, comment on les dans le marché dans lequel on est, où est-ce qu'il y a une place à prendre, comment on va travailler son positionnement, son wording, mais je ne vais pas être au quotidien dans la production journalistique. C'est la deuxième associée qui est Mélissa Bounoie, qui dirige toute la partie production Louis Média.

Marine (Chance)

Ok.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Effectivement, elle répond à un budget qu'on a défini et les contraintes.

Marine (Chance)

Ok.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Merci.

Marine (Chance)

Merci Cathy. C'est passionnant. J'étais pendue à tes lèvres. N'hésitez pas, toutes celles et ceux qui sont dans le chat à poser vos questions si vous en avez. En tout cas, moi, j'ai trouvé ça fantastique de découvrir et aussi pas mal appris sur l'envers du décor. Il y avait une première question de Christelle sur comment s'est passé d'un poste à un autre en interne au Figaro. Qu'est-ce qui, d'après toi, a fait que tu as réussi à évoluer aussi bien ?

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Aussi bien, au sein du Figaro, non, il n'y avait pas d'entraîne avec des postes. Est-ce qu'on me proposait naturellement des promotions ? C'est une très bonne question. Pas du tout. En fait, j'ai toujours fait le poste suivant avant qu'on me le demande. C'est-à-dire que quand je suis passée de chargée de partenariat à responsable bizdev, par exemple, c'est qu'on était deux sur les partenariats et en fait, le féminin, le lifestyle, c'était moins son territoire. Donc, j'ai commencé un peu naturellement à prendre plus ces sujets, à être plus en lead là-dessus et à challenger mes propres managers en disant: On pourrait aller plus loin. Si on développait ça d'un point de vue contenu, on pourrait aussi faire ci. Et donc, au fur et à mesure, on m'a laissé un peu prendre des places qui étaient disponibles. Mais il a fallu que, par exemple, je signe des premiers partenariats un petit peu ambitieux avant qu'on me nomme responsable du business développement. Vraiment, ça, c'est une constante. Ça Ça se passerait peut-être pas comme ça aujourd'hui, mais j'ai toujours fait le boulot avant qu'on me le demande. Quand j'ai été nommée éditrice digitale, c'est aussi parce qu'un jour, il y a eu un congé maternité, quelque temps avant, et il y avait personne pour la remplir remplacé, parce que c'est extrêmement dur de remplacer ce poste-là.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Je m'occupais déjà de cette partie un peu business commercial, et j'ai dit à l'éditrice: Si tu as besoin de t'appuyer sur moi pendant cette période, vas-y, donne-moi des trucs. Je le fais en plus. Vraiment, à l'époque, je travaillais sans compter mes heures. Je trouvais ça passionnant, j'apprenais beaucoup. Du coup, je l'ai remplacée pendant cette période, j'ai appris plein de trucs et quelque temps plus tard, quand elle a bougé, en fait, c'était tout naturellement que je savais déjà faire le boulot. Donc, avec le recul, je pense que j'ai investi sur mes postes suivants. Et c'est un peu pareil ensuite pour la nomination sur le print. À l'époque, il y avait une éditrice print et moi, l'éditrice digitale. À l'époque, ce n'était pas du tout rapproché, les services, mais ça nous paraissait évident l'une comme l'autre qu'il fallait travailler ensemble, notamment sur tout ce qui était diversification. Donc, j'ai commencé à travailler sur des projets de diversification avec elle tout en étant en charge du digital. Il s'avère que moi, je ne me suis jamais estimée en concurrence avec ces gens-là. Je les ai plutôt toujours vus comme des gens qui m'inspiraient, qui m'apprenaient mon métier. Et donc, quand Quand elle est partie, ils m'ont proposé le poste pour reprendre le prix, qui me paraissait un peu difficile.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

J'ai commencé par dire non, mais parce que je ne m'en sentais pas capable. En plus, j'étais en post-partum, ce n'était vraiment pas le moment de le dire. Mais du coup, c'est sûr que c'est une entreprise qui sait faire confiance aux aussi aux jeunes. C'est quelque chose qui s'est valorisé, en tout cas, de grandes capacités de travail. C'est un groupe très exigeant. Mais oui, j'ai fait mon trou. Ce ne serait jamais arrivé tout seul si je ne leur avais pas d'abord prouvé que j'étais capable de faire encore plus, parce que j'ai toujours eu un décalage d'âge extrêmement important avec l'ensemble de mes pairs. Je me le traîne depuis toute petite. Et donc, au-delà de mon syndrome de l'imposteur qui est énorme, c'est quelque chose sur lequel j'ai toujours beaucoup travaillé. Et voilà, j'ai cherché les opportunités.

Marine (Chance)

Merci. Et ça me fait penser à ce que tu disais aussi sur ton état d'esprit d'avoir toujours un temps d'avance. C'est vrai qu'en allant un peu aller sur l'autre poste en avance, ça t'a aussi permis d'avoir cette évolution. J'ai une question de Sébastien Super intéressante aussi. Comment vois-tu le marché du podcast actuellement et son évolution, ses perspectives, le marché d'un point de vue business ?

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

C'est une très bonne question, mais je vais essayer de faire très condensé parce qu'on n'a pas beaucoup de temps et je pourrais faire une heure rien que sur ce sujet. Pour moi, le marché du podcast, il en est qu'à son début. C'est-à-dire que quand on voit la croissance de l'usage, il y a un potentiel énorme. Aujourd'hui, déjà, tout le monde consomme de la vidéo, mais l'audio, pas encore. C'est 40% de la population. On a demain des progressions qui sont évidentes. Sur certains marchés publicitaires, c'est des croissances à deux chiffres. Après, on a des sujets structurels au sein du marché du podcast, chez les producteurs de podcasts et chez les médias podcasts. Il faut savoir qu'aujourd'hui, dans le podcast, on ne joue pas à armes égales avec le reste des médias, parce qu'aujourd'hui, le podcast est la seule création culturelle et médiatique de France à un à aucun genre, à aucune définition juridique, ce qui nous crée tout un tas de problèmes, mais aussi à aucune... Et donc, on bénéficie d'aucune aide et aucun financement indirect. Alors que tous les autres médias, quand je dis tous les autres médias, c'est même la réalité virtuelle, des choses de niche.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Tous les autres en bénéficient. Donc ça, c'est un sujet sur lequel je me suis beaucoup impliquée dès mon arrivée chez Louis. C'est tout l'aspect institutionnel pour faire reconnaître le média podcast comme un média à part entière et un acteur de l'audiovisuel à part entière et jouer avec les mêmes règles et les mêmes cartes que tout le monde. Parce que c'est un média qui reste très coûteux. Donc, d'un point de vue progression aussi. On est vraiment dans une phase de professionnalisation, beaucoup, parce qu'il y a de plus en plus de gens qui produisent du podcast et c'est tant mieux. Plus il y aura de création, plus ça amènera des gens à écouter du podcast. Mais c'est sûr que maintenant, Tant qu'il y a beaucoup d'offres, les écoutes se concentrent sur celles qui ont un bon son, celles qui ont été bien pensées, bien structurées et celles qui sont aussi bien marketées et bien distribuées. Donc, c'est plus dur, par exemple, de faire émerger des nouveaux podcasts aujourd'hui. C'est pour ça qu'on a toute une tendance vers des labels ou vers des éditeurs qui peuvent pousser des nouveaux podcasts. Produire un podcast, c'est très coûteux. C'est beaucoup plus coûteux que faire du texte.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Parce qu'une fois qu'on a écrit le podcast, même qu'on l'a lu, on a à peine fait 25, 30% du travail. Tout le reste reste à faire: la musique, la réal, le montage, le mixage, la distribution, etc. On en est au début. Un des sujets pour moi, clé, et que je partage évidemment avec mes associés, c'est qu'on ne gère pas un média comme on gère une entreprise de services traditionnels. La croissance d'un média, c'est aussi basé sur la croissance d'un et sur le potentiel d'un auditorat. Aujourd'hui, par exemple, on a une croissance des écoutes qui est très importante, mais qui est limitée aussi par les plateformes qui nous distribuent. Du coup, quand on projette la croissance, on projette une croissance qui se veut, en tout cas, très réaliste. Ce qui fait qu'on n'est pas un marché qui intéresse forcément les fonds d'investissement qui vont préférer qu'on rajoute des zéros de partout. Ce n'est pas parce qu'on mettra d'énormes budgets marketing qu'on pourra faire émerger des nouveaux contenus. En tout cas, notre positionnement chez Louis Media, c'est vraiment d'avoir des productions qui font sens et de trouver la bonne proposition par rapport à la bonne problématique et par rapport à ce qu'on veut raconter.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Et donc, du coup, on ne lance pas cinq nouveaux podcasts par an. On est plutôt dans une approche très craftée, comme on dit. Un peu comme un podcast, un épisode, c'est un lancement de livre. Moi, je suis très positif sur l'avenir, mais c'est vraiment un moment clé où on a besoin d'aide des pouvoirs publics. Voilà. Merci. Ce n'est pas du tout simple pour moi d'un point de vue institutionnel pour être transparente.

Marine (Chance)

Non, c'est hyper intéressant et je ne savais pas, effectivement, cette inégalité étrange quand on voit l'exclusion du podcast. Je vois que le retourne et c'était passionnant. Je vais prendre une dernière question d'Anna qui te dit: Merci, c'était passionnant pour votre partage. En reconversion, quels seraient les parcours intéressants, compétences nécessaires pour intégrer votre secteur ?

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Dans le secteur des médias, on a souvent des difficultés à recruter des experts métiers. Ça, c'est la première chose. Parce que les médias, ce n'est pas l'endroit où ça paye le mieux, très clairement. Parce que c'est des métiers complexes où il faut composer avec la priorité au contenu. Mais par exemple, il y a énormément de recrutement sur tous les métiers informatiques, sur les métiers du marketing, sur les métiers du SEO, sur les métiers du produit aussi. Ça, c'est des choses sur lesquelles il y a énormément de besoins en bons profils, de gens qui s'intéressent aux spécificités de ce secteur, parce qu'encore une fois, on ne fait pas du média comme on peut faire autre chose. Donc là-dessus, il y a des grands besoins, presque plus que des journalistes. Et c'est plein de portes par lesquelles on peut rentrer. Moi, mes homologues, en tant qu'éditeur aujourd'hui dans la presse, dans le digital, ils peuvent venir du fonctionnel, c'est-à-dire du produit, ils peuvent venir du business, ils peuvent venir du contenu, ils peuvent aussi venir du marketing. Comme vous l'avez vu, ce métier, il est très global. Je dirais qu'une des caractéristiques principales pour travailler dans ce secteur, ça reste la curiosité.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

C'est un milieu qui évolue très vite, qui est aussi dur parce qu'il souffre d'un point de vue économique. Quand on voit les projections des financements des médias traditionnels, c'est du moins 30% à court terme. Il faut des gens motivés et passionnés et qui sont dans une logique toujours de chercher des nouvelles solutions. Il peut y avoir une certaine fatigue au bout de quelques années parce qu'il y a des choses un peu On voudrait vraiment toujours faire mieux. En ce qui me concerne, je voudrais toujours faire mieux avec plus et il n'y a pas forcément plus. Le fait qu'au bout, parfois, de quelques années, on change de titre, on change de secteur, on va travailler sur des problématiques différentes. Et c'est un métier où il faut aussi beaucoup aimer l'humain dans toute sa complexité, parce qu'on gère beaucoup de gens avec, pour le coup, des backgrounds très différents, des journalistes, des rédacteurs en chef, parfois des célébrités, ce qui gère des influenceurs ou des plumes très exigeantes. Et comme je le disais tout à l'heure, le management, c'est clé, à mon sens, dans ces structures. C'est une grande composante de mon boulot. Et chacun le fait un peu à sa façon.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Moi, j'ai rangé mon égo de côté depuis un bon bout de temps et je pense que c'est aussi pour ça que je me base beaucoup sur le sur la vision commune qu'on tient. Mais c'est important d'avoir des convictions par rapport à tout ça.

Marine (Chance)

Merci beaucoup Katia. On a déjà un peu dépassé l'heure, mais j'aurais pu rester une demi-heure de plus parce que j'avais encore 5 000 questions et je pense dans le chat aussi. Mais merci, c'était hyper riche, hyper clair. Je pense que les gens qui nous écoutent étaient aussi ravis de ce partage. Je profite pour vous repartager dans le chat la communauté d'entraide Chance, qui est gratuite et ouverte à tous. Ça s'appelle 3 minutes pour les autres, où vous pouvez aider et être aidé dans votre vie professionnelle. Donc, n'hésitez pas à utiliser cette ressource qui est accessible pour tout le monde. Je vois que tu as plein de mercis dans le chat.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Merci à vous tous d'être venus. Ça me touche beaucoup.

Marine (Chance)

C'était super et je ne peux que vous recommander les podcasts de WeMedia qui sont d'une grande qualité. Et d'ailleurs, Chance travaille avec émotion et émotion au travail. Donc c'est une joie de faire ce live avec toi.

Katia Sanerot (Directrice générale et éditrice média)

Un grand merci. Et effectivement, bon courage et plein de bonnes choses à tout le monde pour la suite. J'espère que ça vous aura été utile.

Marine (Chance)

J'en suis certaine. Merci beaucoup Katia. Bonne journée. Bonne journée, au revoir. Au revoir.

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