Alix Dieng, Doula & Entrepreneure

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous et merci d'être présents avec nous pour ce live en coulisses pour le métier de doula et entrepreneur. Un grand merci à Alix, qui a libéré 30 minutes de son temps pour nous le raconter. Bonjour Alix.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Bonjour.

Marine (Chance)

Ce live est interactif, donc n'hésitez surtout pas à utiliser le chat pour poser toutes vos questions que vous aurez pour Alix au fur et à mesure. Pour commencer, je vous propose de recontextualiser un peu en expliquant ce qu'est Chance pour les gens qui ne nous connaissent pas. Chance, c'est un bilan de compétences et c'est surtout aussi une communauté d'entraide pour vous aider à trouver la voie professionnelle faite pour vous ou pour réajuster ce qui doit l'être dans votre travail. Si jamais vous vous posez des questions, Chance est un parcours de coaching de trois mois qui peut vous aider à trouver des solutions. Dans le parcours, il y a ce qu'on appelle, à un moment donné, la phase d'exploration. Dans cette phase, on vous invite à explorer plein de métiers différents et de contacter des personnes pour découvrir des réalités métiers. Aujourd'hui, c'est ce qu'on va faire. Là, on va explorer avec Alix le métier de doula et j'ai trop hâte. Pour l'anecdote, jusqu'au dernier moment, on ne savait pas si on allait pouvoir faire ce live parce que des familles que Alix suive sont en train d'accoucher. Alix a tout libéré pour nous parce que finalement, c'est bon, le bébé n'est pas encore là, ou alors il est arrivé hier.

Marine (Chance)

Donc hyper contente qu'Alix ait pu maintenir. Est-ce qu'Alix, pour commencer, tu pourrais nous raconter un peu qui tu es, ton parcours et comment tu es arrivée à ce magnifique métier ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Oui, ça n'a été pas du tout linéaire. Moi, je viens d'une famille, je pense, où on a toujours valorisé l'excellence académique, la réussite scolaire, etc. Moi, à la base, j'avais fait une classe prépa, une grande école de commerce. J'ai intégré l'EM Lyon. Et après, j'ai fait spécialisation marketing, des stages chez L'Oréal, dans des grandes boites comme ça. Et mon premier poste, il y a maintenant 12 ans, c'était dans le retail, dans le luxe. Je travaillais pour les boutiques Beauty Fruits, les aéroports de Paris. Et j'ai fait ça pendant quatre ans. J'étais chargée de produits marketing. Ça, c'était mon premier job et qui était intéressant, mais déjà à cette époque-là, à un moment donné, je me suis posée la question du sens parce que dans le retail, l'objectif à un moment donné, c'est quand même de vendre toujours plus de parfums, de foie gras, de sacs à main, en l'occurrence, de jour en jour, de mois en mois, d'une année sur l'autre et tout. C'est vrai qu'à un moment donné, j'avais l'impression d'être un peu un hamster dans une roue en me disant: C'est quoi la finalité vraiment de ce que je fais ? Là, j'ai quitté et je suis partie dans une boite qui faisait du, on va dire, pour simplifier, du e-learning.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

On équipait des boites comme L'Oréal, Total, Société Générale, avec des outils qui leur permettaient de former leur collaborateur en e-learning. Là, c'était sur le développement des compétences, notamment soft skills, donc la communication, négociation, écoute active, etc. Là, ça avait plus de sens parce que je me disais: C'est le développement des compétences, permettre aux gens d'être plus... Comment dire ? Au mieux dans leur job, se sentir plus en confiance, avoir plus de ressources et tout. C'était un sens qui me parlait plus. Je suis arrivée en tant que chargée de projet digital. Après, j'ai évolué des fonctions commerciales. J'ai ensuite eu une équipe, un poste plus de direction, etc. C'était un challenge qui était chouette. Ce qui a tout fait basculer, c'est qu'on avait un projet de famille avec mon mari, c'est qu'on est parties s'installer au Sénégal avec nos deux enfants en octobre 2021. Ce projet-là a fait que j'ai dû stopper ma carrière, en tout cas, quitter mon job et mon poste. Là, ça en est suivi un gros moment de de réflexion où la chance est entrée dans ma vie et heureusement, et qui m'a permis ensuite, à travers tout un certain nombre de questionnements et l'accompagnement de ma super coach qui est là, d'en arriver à cette nouvelle vie.

Marine (Chance)

C'est génial. Merci beaucoup pour cette première partie de l'histoire. J'adore. Et raconte-nous alors ce parcours et comment le métier de doula est arrivé à toi et comment après, tu as mis en action avec l'aide de Patricia, coach de Chance, qui est avec nous dans le live. Raconte-nous comment ça s'est passé.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Déjà, quand j'ai quitté mon job, ça ne s'est pas fait vraiment à l'amiable, ça a été un peu compliqué. De là, j'ai eu vraiment une période compliquée parce que moi qui avais toujours une carrière linéaire où ça s'était toujours bien passé, j'avais gravé des échelons assez facilement, etc. Tout d'un coup, je me retrouvais sans job, sans salaire, sans statut, avec un peu aussi ma confiance en moi atteinte parce que d'un coup, on était quelqu'un dans l'entreprise et puis là, on est personne, on On est toujours quelqu'un, mais voilà. Du coup, déjà, ça a été le parcours Chance, je pense, m'a aidé déjà à reprendre confiance en moi parce qu'au début, dans l'introspection, on se repose sur ses compétences, ses valeurs, qui on est. Ça m'a un peu permis quand même de de franchir cette première étape, de me dire: Je suis quelqu'un et j'ai des compétences, même au-delà de mon environnement d'entreprise. Je ne suis plus directrice, machin, mais je suis toujours moi avec mon savoir-faire et mes qualités, etc. Ça, ça a déjà une étape hyper importante, je trouve, dans le rebond et le chemin vers le changement de voie. Après, ce qui a été aussi clé pour moi, ça a été de faire la distinction — et ça aussi, c'est grâce à Patricia — entre ce que je sais faire et ce que j'aime faire.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Parce que je me suis rendu compte que j'avais des choses que je savais faire depuis longtemps, à force de faire de la gestion de projets ou des consultations commerciales, certaines de choses que je savais bien faire, mais qui me vidaient de mon énergie, alors qu'il y avait d'autres choses que je savais faire et que j'aimais faire. Et puis, il y a des choses que je savais être un peu moins bien faire, mais que j'aimais bien et que j'avais envie de développer. C'est déjà cette réflexion-là de se dire: Je ne vais pas forcément repartir sur un métier qui est 100% aligné avec tout ce que je sais déjà faire maintenant. Je vais sélectionner en fonction de vraiment ce qui m'anime et ce qui me donne envie et quitte à développer d'autres choses que je n'ai pas encore trop l'habitude de pratiquer, mais que je peux développer. Ça a commencé à m'ouvrir un peu une voie sur un champ des possibles que je n'aurais même pas envisagé, je pense, de mon formatage depuis le lycée, être dans un certain type de parcours. Ça, ça a aidé. Et après, je pense d'avoir quelqu'un aussi, effectivement, qui me valide à chaque point d'étape.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

En fait, tu as le droit de te poser des questions, tu Tu as le droit de prendre du temps, tu n'es pas obligé d'avoir tout figure out maintenant, tu peux prendre le temps d'expérimenter des choses. Ça, ça a été aussi bénéfique, même si mon mari me le disait, mais le fait d'avoir quelqu'un d'expert. Finalement, ce n'est pas pareil. Ça, c'était hyper important. Après, le métier de doula en tant que telle, parce que j'ai deux filles qui ont cinq ans et deux ans. Quand j'ai eu des enfants, ça m'a vraiment ouvert au monde de la maternité, pèrinatalité, qui ne m'intéressait pas du tout avant, pour être honnête, avant d'avoir des enfants moi-même. Là, j'ai commencé à beaucoup m'intéresser à l'accouchement, à ce que vivent les femmes, à tout ce qui vient avec le fait d'avoir des enfants, l'impact que ça a dans notre quotidien, l'impact sur jongler entre son boulot, ses responsabilités de famille, la vie de couple, tout ce que ça entraîne. On peut me poser beaucoup de questions, elle me documentait énormément sur le sujet. Et de fil en aiguille, j'ai commencé à un peu, on va dire officieusement, accompagner mes amis qui étaient enceintes, à partager avec elles des réflexions, à partager des informations, faire un peu du soutien émotionnel et tout ça.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

C'est quelque chose que j'avais commencé un peu à faire, mais une façon pas du tout conscientisée, même pour moi. Et à l'époque, je pense que je ne savais même pas que le métier de doula existait en soi. Ce n'est pas très connu en France, même il y a 5 ans, 4 ans. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est que pendant que j'étais dans toutes mes réflexions de Parcours Chances, je suis allée à un cercle de discussion de maman, ici à Dakar, où je vis, et j'ai rencontré deux doulas. Pour moi, c'est un peu un signe du destin, parce que déjà, je ne savais même pas. J'avais entendu parler que ça existait surtout aux États-Unis, un peu en France, mais à Dakar, je ne savais même pas qu'il y en avait. Et là, je suis tombée dessus. Et c'est en discutant avec elle, qu'elle m'explique un peu leur quotidien, ce qu'elles font, le contact avec les familles, le sens que leur métier a pour elles. Je me suis dit: Ça a l'air chouette. Et il y en avait une qui devait quitter le Sénégal dans les prochaines semaines et qui m'a carrément dit: S'il te plaît, il faut que tu prennes le relais, il y a trop de besoins.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Je me suis dit: Je suis investie d'une mission ? Et après, c'est ça, cet enchaînement de choses qui m'ont donné un peu le déclic pour me dire: OK, je tente et je ne franchis pas.

Marine (Chance)

J'adore. C'est ce qu'on retrouve souvent dans le parcours-champ, c'est dans le témoignage des talents. Nadège qui est là, pareil. C'est qu'en fait, il y a un moment, il y a un peu une synchronicité. C'est Cette synchronicité, elle est là aussi pour une raison. C'est que tout se passe comme ça devait se passer. Aussi, dans ce que tu racontes, ce qui me marque, c'est la force des rencontres, ce qu'on pousse vachement aussi chez Chance d'aller faire ces rencontres, comme là, on te rencontre aujourd'hui. Parce que ça fait des déclics. Et toi, l'histoire, elle est folle, on dirait un scénario de film télé. Donc, trop génial. Et pour rentrer, parce que malheureusement, on n'a qu'une demi-heure, donc ça va vite. Une fois que ça y est, tu as trouvé. Comment tu as fait en Comment tu as organisé ça ? Ton quotidien, comment ça se passe ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Déjà, j'ai commencé par faire une formation parce que oui, j'ai accouché deux fois et oui, j'ai lu des livres, mais je ne me sentais pas suffisamment légitime pour me dire: Je me lance. Je pense que c'est important de faire une formation, d'avoir quand même une certification, même si ce n'est pas un métier qui est aujourd'hui réglementé, etc, au moins d'avoir quelque chose. Moi, j'ai fait le choix de faire une formation américaine parce qu'elle était complètement à distance et qu'en plus, il se trouve que je parle anglais pour un moment, donc j'étais en capacité de le faire, parce que les formations en France, elles sont beaucoup en présentiel. Moi, je vis au Sénégal, j'ai des enfants en bas âge, je n'allais pas commencer à faire des allers-retours. Donc, j'ai fait une formation en ligne très complète. J'ai beaucoup échangé avec les doulas qui étaient déjà en activité ici. Et après, j'ai commencé à réfléchir à mon image de marque, à ce que je voulais faire, à mes réseaux sociaux et tout ça. J'ai travaillé avec une agence de brand design avec qui j'ai vraiment réfléchi sur ce que je voulais transmettre, quelle était ma mission, parce que chaque doula peut avoir un positionnement ou un angle d'approche différent.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

On a vraiment travaillé là-dessus pour avoir identifié ma mission, ma cible, vraiment comme structurer une entreprise, de dire qui on sert, comment, pourquoi, déterminer mes prix et tout ça. Toute cette Cette réflexion-là, elle s'est faite, on va dire, entre août et décembre 2022 et j'ai lancé officiellement mon activité en janvier 2023. Moi, en l'occurrence, je suis immatriculée en tant qu'entrepreneur au Sénégal, puisque c'est ici que j'exerce. C'est comme ça que je me suis lancée. Concrètement, moi, ce que je fais ici est un peu différent, je pense, de ce que font la plupart des doulas en France, parce qu'ici, il n'y a pas de sages-femmes libérales. Les sages-femmes ne travaillent qu'en milieu hospitalier liées. Il n'y a pas de cours de préparation à la naissance parce que les cliniques, ce n'est pas rentable. Les hôpitaux ont d'autres chats à fouetter. On est dans un pays où l'accès aux soins est très compliqué. En fait, il n'y a pas. Là où les doulas vont en général plus faire de l'accompagnement, de soutien émotionnel, personnalisme, etc. Moi, je me suis rendu compte que c'était difficile de faire ça si on est face à des femmes qui n'ont même pas le béaba de l'info.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Ici, on a des mamans qui vont sur YouTube regarder des vidéos des maternelles, se renseigner comme elles peuvent, de trouver de l'info à droite, à gauche, mais qui n'est pas forcément sourcée. Moi, ce que je fais beaucoup, c'est des cours de préparation à la naissance, au post-partum et à l'allaitement. Ensuite, je fais de la présence à la naissance, ce que j'ai fait hier et que je vais faire certainement cette nuit aussi. Là, c'est d'accompagner les mamans, les couples, le jour de la naissance, pendant le travail, jusqu'à l'arrivée du bébé et jusqu'à la première CT pour les femmes qui souhaitent aller à l'été, donc d'être à leur côté, avec des techniques de confort, les aider avec gérer les contractions, à faire ce que le travail se passe bien, aider le bébé à descendre, les soulager, tout ce qu'on peut imaginer pour faire en sorte que le travail se passe le mieux possible. Je vais faire aussi, après l'accouchement, des débriefs d'accouchement, parce que ça ne se passe pas forcément toujours comme on l'a souhaité. C'est un moment qui est très chargé en émotions et qui est important de pouvoir déposer certaines choses après un accouchement. Je fais aussi du soutien à l'allaitement parce que pareil, il n'y a pas de consultante infectation.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Maintenant, il y en a une qui s'est lancée là en septembre, mais de fait, je me suis retrouvée à accompagner mes clientes aussi qui le souhaitaient sur l'allaitement post-accouchement parce que les sages-femmes ne sont pas forcément en capacité de le faire et qu'elles étaient assez Je l'ai un peu prises au dépourvu par ce point-là. Donc, c'est beaucoup ce que je fais aujourd'hui.

Marine (Chance)

Génial. Merci beaucoup Alix. J'ai plusieurs questions pour toi qui sont arrivées dans le chat. La première, c'est: est-ce que tu pourrais nous donner le nom de la formation dont tu parlais que tu as faite ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

C'est Childbirth International, donc CBI, Childbirth International. C'est une formation... Je peux l'écrire dans le chat, si tu veux.

Marine (Chance)

Oui, si, ça va, c'est bon, je l'ai.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

C'est bon. Ça en est une, mais aux États-Unis, il y en a beaucoup. Il y a aussi Donna qui est très connue. Il y en a aussi en Angleterre et en français. Il y en a en France et au Québec qu'on peut faire en présentiel ou à distance. Après, les modalités diffèrent, les prix diffèrent, les conditions de certification diffèrent. Après, en de son objectif, de ce qu'on est prêt à mettre en investissement monétaire, en investissement en temps. Vraiment, il y a beaucoup de ressources qui sont intéressantes. Après, la seule chose à savoir, c'est que pour être répertorié dans l'annuaire des doulas de France, il faut avoir fait une formation qui est homologuée par cette association. Du coup, moi, typiquement, comme j'ai fait une formation américaine, je ne peux pas prétendre être dans cet annuaire parce que ce n'est pas une formation... Mais comme je n'exerce pas en France pour l'instant, je me suis dit que je n'allais pas en un critère principal, mais pour celle qui exerce en France, ça peut être un avantage.

Marine (Chance)

Bien sûr. Effectivement, merci pour le conseil, c'est à savoir. Une autre question qui est venue: est-ce que tu délègues ? Est-ce que tu parlais de ton image de marque, ton positionnement ? C'est génial parce qu'on sent ton background de ta vie d'avant. Est-ce que tu délègues ton expertise sur les réseaux sociaux ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui s'en occupe pour toi ou est-ce que c'est toi qui gère tout ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Avec l'agence, on a travaillé sur mon branding, mon logo, etc. Elles m'ont fait, j'ai trouvé ça hyper chouette, je n'y aurais pas pensé, mais des templates de posts et de stories, parce que j'utilise beaucoup Instagram et un template de présentation. Elles m'ont donné pas mal de templates et que maintenant, j'utilise moi-même pour créer mes propres publications, etc. Je pense que si j'arrive à monter un peu à l'échelle avec mon activité, la partie réseaux sociaux, ce serait peut-être la première chose que je déléguerais parce que ça prend beaucoup de temps. Moi, autant, j'ai un background marketing, mais je n'étais pas une très grande adepte. Moi, je ne publie pas beaucoup sur Instagram, donc ça me prend encore pas mal de temps. Il y a beaucoup de choses maintenant qui se passe sur TikTok parce que finalement, mes clients, de dans trois, quatre ans, elles ne sont même plus sur Insta, mais elles sont sur TikTok. Donc, le fait de multiplier les réseaux, d'avoir un planning de publications à gérer, c'est quand même très chronophages. À terme, j'aimerais bien pouvoir le déléguer, mais aujourd'hui, non, je fais ça moi-même.

Marine (Chance)

J'en profite pour te demander, et on nous le demande aussi, est-ce que tu peux nous donner ton... Comment s'appelle ton Instagram pour les gens qui veulent te suivre ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Oui, c'est Ford Mamaz.

Marine (Chance)

Tout attaché, c'est ça ? Si tu veux l'écrire, vas-y, je te laisse l'écrire. Comme ça, on pourra te suivre. Super, effectivement, Néming, comme on dit dans le marketing, ton nom, Ford Mamaz, est très chouette, très jolie. Une autre question qu'on a eue dans le chat pour toi, c'est: comment tu as pu te faire connaître vu que tu étais nouvelle dans le pays sur ce métier ? Est-ce que c'est le bouche-à-oreille ? Comment tu fais ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Au départ, ce n'était pas le bouche-à-oreille, parce que déjà, quand tu n'as pas de client, tu n'as pas de client. Donc, j'ai trois canaux d'acquisition. Il y a un, c'est Instagram. Vraiment, les gens qui me découvrent sur Instagram parce que j'avais fait quelques publications, parce que j'ai des amis qui ont rééliminé mes posts, parce que les gens qui me suivaient sur mon compte perso m'ont suivi sur mon compte pro. Un peu des premiers contacts comme ça. Après, c'était des rencontres un peu fortuites aussi, qui ont fait que j'ai eu mes premières clientes lors d'événements et puis via mon compte Instagram. Après, un second canal d'acquisition qui est le réseau. Je suis rentrée en contact avec des ostéos, des kinés, des hypnothérapeutes, naturopathe, des gynéco, bien sûr. Tous les gens qui travaillent dans le milieu de la pèrinatalité, une femme qui fait les massages pour femmes enceintes, et donc je me suis présentée, on a échangé. Et aujourd'hui, on se recommande les uns les autres. Moi, si j'ai une maman qui a besoin d'aller voir un ostéo, je vais lui recommander les gens de mon réseau en qui j'ai confiance. Pareil, s'il pense qu'il y a un besoin, ils vont les envoyer vers moi.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Donc cet échange de bons procédés est aussi intéressant. Et maintenant que j'ai eu mes premières expériences, le bouche-à-oreille joue énormément. Parce que Dakar, c'est une capitale, mais ce n'est pas si grand. En tout cas dans ma cible, parce que clairement, moi, je m'adresse quand même aux gens qui ont un certain pouvoir d'achat par rapport au niveau global du pays. Et dans ma cible, ça reste un petit monde. Donc en fait, le bouche-à pareil, là, va super vite. Et en termes d'activité, je dirais que là, de janvier à juillet, ça a été assez tranquille. Après l'été, je suis partie. Et là, depuis que je suis revenue, tout d'un coup, j'ai des demandes, des appels des couverts toutes les semaines, des nouvelles clientes sans que je fasse pas plus de démarchage que d'habitude. Donc, j'ai l'impression qu'il y a un peu cet effet de levier où tout d'un coup, la réputation commence à se faire et c'est plus facile après d'actionner ça.

Marine (Chance)

C'est génial Si elle se fait, c'est parce que tu dois être doué, surtout. C'est trop génial. Ça me fait une bonne transition pour la question suivante qui est celle de: comment tu en vis, est-ce que tu en vis et combien tu factures Je ne sais pas si c'est le bon terme, un accompagnement auprès des mamans ou des familles.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Je n'en vis pas dans la mesure où aujourd'hui, je n'ai pas encore assez de revenus pour couvrir mes charges fixes. Après, moi, je suis dans un contexte un peu particulier parce que je n'ai pas le droit au de maage en plus. Donc, en fait, j'avais la chance d'avoir pu constituer une épargne et puis j'ai un mari, ce qui aide beaucoup aussi parce que du coup, on peut répartir un peu les frais liés à la vie de famille différemment. Aujourd'hui, on va dire que je suis presque aux alentours de 1 500 € par mois, ce qui en soi est quand même un salaire, mais par rapport à mon objectif pour être vraiment tranquille par rapport au coût de la ici et aux charges qu'on a, ce serait bien que j'augmente encore un peu. Et combien je facture ? Les séances de préparation à la naissance, c'est 1 h 30 et en euros, ça fait à peu près 60 € la séance. Et l'accompagnement à la naissance, c'est un forfait et c'est 500 €. Mais déjà, je pense que moi, je vais augmenter, parce que là, c'était ma première année, sentiment d'imposteur, de ne pas être légitime, de ne pas avoir fait mes preuves, etc.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Mais là, je pense que je vais augmenter et je pense qu'en France, les pricerings seraient différents. Moi, je me suis aussi adaptée au fait que je suis au Sénégal, à Dakar et qu'il y a quand même des écarts de revenus conséquents. Mais je sais qu'aux États-Unis, par exemple, les doulas qui accompagnent la naissance, c'est plutôt autour de 1 200 $, l'accompagnement ou des choses comme ça. Après, il faut regarder aussi parce que je sais qu'en France, ce n'est pas toujours évident pour les doulas d'être admises en salle de naissance. Je ne sais pas dans quelle mesure est-ce qu'elles peuvent toujours accompagner ou pas. Moi, ce n'est pas un Ici, tous mes clients, tu as accouché en clinique et ici, ils sont hyper open. On peut avoir toute la famille en salle de naissance. C'est un autre sujet d'ailleurs qui peut poser problème, mais on n'est pas dans cette dynamique-là. C'est ça. Mes prestations, c'est ça. On va dire une séance, c'est 60 € et puis l'accompagnement, c'est un forfait parce qu'il y a trois semaines d'astreinte et plus l'accompagnement le jour J qui peut être 4h00, 5h00, 10h00, on ne sait pas. Du coup, je demande un forfait.

Marine (Chance)

Ok. Il y a une question d'Elodie: comment tu as vécu le fait de passer du statut de salarié au statut d'autoentrepreneuse ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Ça a été très positif. Déjà parce que comme je l'ai dit, mon expérience n'est pas très bien finie et que j'ai eu un espèce de rejet du salarié en me disant: Je vais travailler pour moi, je vais être indépendante, je ne veux plus dépendre d'une entreprise. Ça m'a saoulé, en gros. Je trouve que le fait de pouvoir organiser mon temps plus comme je le veux, c'est intéressant. De pouvoir aller chercher mes enfants à l'école, je le dis, mais c'est un truc que je n'avais jamais fait avant. Je trouve ça génial. Après, je m'adapte aussi au contexte, c'est-à-dire que moi, je travaille régulièrement le samedi parce que pour les cours, c'est parfois plus facile de donner disponible le week-end. Mais je ne travaille pas le vendredi et je finis plutôt... J'essaie de gérer... Donc d'être maître de mon temps et de mon planning, je trouve ça chouette, de me fixer mes propres objectifs aussi. Par contre, ce qui me manque, je trouve, par rapport aux salariés. Déjà, c'est vrai que c'est la récurrence du salaire. Ça, c'est quand même assez sécurisant. Et le fait de travailler en équipe. Moi, j'ai toujours managé des équipes, travailler en équipe, c'est quelque chose que j'aime beaucoup l'échange.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Là, j'essaie de le reconstituer avec mon réseau. Mon réseau, dans la pèrénatalité, j'ai rejoint aussi un club de femmes entrepreneurs avec qui j'échange beaucoup. Il n'y a pas dans les mêmes secteurs forcément, mais en tout cas sur les problématiques, sur comment on et tout, ça permet de partager. Et moi, ça comble un peu ce manque de...

Marine (Chance)

Oui, très clair. Merci beaucoup. J'ai une question de Nadège: est-ce que tu as réuni ton réseau physiquement dans un lieu ? Et aussi par rapport aux parents, est-ce que c'est toujours au domicile des parents ou est-ce que tu as un lieu pour exercer ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Sur la première, non, mais c'est un projet. Je suis en train de voir avec un lieu à côté de chez moi pour faire un événement justement dédié aux professionnels de la pèrinatalité. Normalement, ça devrait se faire en octobre pour qu'effectivement, on puisse tous se rencontrer d'un coup et échanger. Donc, on va essayer de mettre ça en place. Après, je n'ai pas de cabinet en tant que tel parce que quand je me suis lancée, je me suis dit: En soi, je ne sais pas trop encore comment ça va se passer, quel va être le volume. Les loyers ici sont très chers, donc je ne voulais pas investir et au final que ça ne soit pas nécessaire. Je vais souvent au domicile des parents. Je fais aussi beaucoup de sessions par Zoom. Il y a des mamans qui ont envie d'être dans leur lit tranquilles et Il y en a qui ne sont pas physiquement à Dakar, qui sont peut-être dans d'autres régions du Sénégal aussi. Donc, je fais des Zooms. Sinon, j'ai un lieu, c'est un club de femmes où il y a un espace de coworking, il y a des petites salles de réunion, etc.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Si j'ai besoin, je peux amener mes clientes là-bas ou même les couples. Ça me permet d'avoir... Et moi, je peux y aller, y travailler, même quand je n'ai pas de rendez-vous. C'est un peu le truc que j'ai trouvé pour l'instant. Là, je suis en train de regarder, effectivement, si je ne prendrais pas peut-être quelque chose, peut-être même un ou deux jours par semaine, histoire d'avoir un lieu identifié. Mais en réalité, c'est quand même beaucoup de domicile.

Marine (Chance)

Trop chouette. N'hésitez pas dans le chat si vous avez eu une autre question, je pense qu'on pourra en prendre encore une avant la fin du live. Moi, j'ai une question pour toi. Dans les live en coulisses, la volonté, c'est aussi de... Surtout quand on est dans des métiers comme les tiens qui, évidemment, ont énormément de sens, essayer aussi de démystifier et de dire les choses qui sont super et les choses qui peuvent être plus difficiles. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu, toi, quelles ont été un peu les difficultés ou les choses plus compliquées soit que tu n'avais pas anticipé ou soit que tu aimes moins dans ton job parce que tu ne peut pas aimer 100% de démission ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Moi, ce qui... Mon Dieu. Après, c'est un travail aussi sur moi, c'est-à-dire de différencier, je trouve, en tant que doula, ce qu'on pense soit, ce qu'on choisirait pour soi et comment accompagner dans la bienveillance de son jugement n'importe quel couple, quel que soit leur projet de naissance. Ça, de faire la part des choses, c'est un gros travail sur moi et je pense que j'y arrive de mieux en mieux et d'accueillir tout ce qui se passe, toutes les envies, tous les projets. Typiquement, moi, pour ma deuxième J'ai accouché chez moi, c'était un accouchement complètement naturel, etc. C'est une expérience que j'ai trouvée extraordinaire. Mais en fait, maintenant, je comprends aussi les femmes qui me disent: Moi, j'arrive à la maternité, je veux une guérie tout de suite, je veux même pas qu'on me parle de respiration de la chambre. En fait, chacun son expérience, c'est aussi lié à des expériences qui leur sont propres, certaines appréhensions, etc, qu'il faut comprendre. Mais ça, c'est vrai que c'est un apprentissage du quotidien. Et après, ce que je trouve aussi difficile, c'est les relations avec avec le personnel soignant. En fonction des cliniques, en fonction des équipes, ils sont plus ou moins réceptifs au fait d'avoir une doula présente.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Ils sont plus ou moins OK pour laisser les femmes en maîtrise de leur accouchement et de reconnaître le fait que leur corps leur appartient. Donc, devoir gérer parfois des moments où on a des actes non consentis ou non explicités ou des choses un peu... Parfois des violences gynécologiques, c'est un peu lourd à porter. C'est des moments qui ne sont pas évidents. Ça, c'est vrai que la partie... Ce n'est pas que des accouchements incroyables qui se passent toujours bien, il y a des moments qui sont parfois plus difficiles à vivre. Ça, c'est sûr que c'est la partie moins évident.

Marine (Chance)

Super important de le dire parce que c'est une réalité qui peut surprendre. Je pense à notre live métier cette semaine, une fleuriste qui n'était pas fleuriste avant chance. Elle savait qu'elle allait travailler le week-end, puisque c'est un métier de service. Entre le savoir et vraiment le faire, ça lui a posé problème parce qu'elle pensait en être capable et elle s'est rendue compte que ça lui pesait trop de louper tous les... C'est pour ça que c'est bien d'avoir le retour de la réalité de terrain des personnes qui sont déjà de l'autre côté. Ça répondait effectivement à la question d'Amélie qui te demandait comment ça se passe avec les médecins et le personnel médical, que tu le reconnaissais ou pas à la doula. Tu disais que ça dépend de quoi.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

J'ai eu la question sur les différences culturelles. Je pourrais Je vais répondre rapidement. Oui, moi, j'accompagne tout type de personnes ici. Il y a des expats, mais ce n'est pas la majorité. Il y a une clientèle sénégalaise, il y a une grosse communauté libanaise aussi au Sénégal. Et chacun a sa vision de la naissance, certaines attentes de la famille, de la communauté. Donc c'est assez différent d'une culture à l'autre, on n'approche pas les choses de la même manière.

Marine (Chance)

Trop chouette. Il y a une question Julie, auquel Nadège a répondu un peu, qui était: est-ce que la demande des mamans d'être accompagnées est plus importante et est-ce qu'elle va grossir d'après toi ?

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Je pense, parce qu'en tout cas, si je prends par rapport à ici, je pense qu'avant, il y avait une transmission familiale qui se faisait et qui fait qu'on était de génération en génération. Il y a un savoir-faire par rapport à l'accouchement qui se transmettait. Aujourd'hui, l'évolution des modes de vie fait qu'on est de plus en plus isolés, ce lien peut-être se coupe. Ici, c'est la troisième génération de femmes qui a accouché en maternité et c'est encore différent du savoir-faire ancestral qu'on avait avant. Il y a tout un autre chose qui s'est un peu rompu. Je pense que le besoin d'accompagnement, oui, il émerge parce qu'on se retrouve avec des femmes qui ont très peu de connaissances de leur corps, de la façon dont ça va se passer, de ce qu'il faut savoir et qui se disent: Je ferai comme on me dit à l'hôpital, mais du coup, en tout cas, moi, ma mission, mon claim, c'est retrouver notre place dans le processus de la naissance en tant que femme, parce que c'est quand même quelque chose qui nous concerne. Je trouve que c'est important d'accompagner les femmes à reprendre ce pouvoir sur leur corps et sur leur accouchement.

Marine (Chance)

Merci beaucoup Alix. Je lis le mot Patricia, ta coach, dans le chat. Je suis très fière de toi et de ton avancée. Bravo ! J'ai adoré ta compagnie. Je te souhaite les meilleures.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Merci. Moi aussi, j'ai adoré.

Marine (Chance)

Mille mercis Alix d'avoir donné 30 minutes de ton temps pour partager ton expérience. C'était génial. J'ai partagé dans le lien du tchat, le lien vers la communauté Foutez-moi des chances si vous voulez la rejoindre. Ce qu'a fait Alix, c'est de l'entraide. C'est-à-dire qu'elle a donné 30 minutes de son temps pour vous aider dans vos réflexions, dans vos cheminement sur vos voies professionnelles. Et vous aussi, vous pouvez, si vous voulez, témoigner de votre métier pour aider d'autres personnes. Donc, n'hésitez pas si vous voulez rejoindre la communauté. Un grand merci. Force de ma Maze, je précise, pour ceux qui le verront en replay, je ne sais pas si vous aurez le tchat, mais il y a un petit tiret du bas à la fin de Force de Mamas. Je vous le dis, sinon on ne peut pas suivre le bon compte. Merci Alix.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Avec grand plaisir.

Marine (Chance)

À bientôt.

Alix Dieng (Doula & Entrepreneure)

Au revoir.

Marine (Chance)

Au revoir.

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