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Alizée (Chance)
Bonjour tout le monde ! Bienvenue dans ce live chance ! Bienvenue aux matinaux qui ont envie de se renseigner sur le métier écrivain. Puisque nous sommes dans le cadre de la semaine des Lives métier qui s'appelle En coulisses organisé. Par chance pour ceux qui ne nous connaissent pas, Chance, c'est un bilan de compétences et une grande communauté d'entraide. Et le principe c'est que on puisse permettre grâce aux bilans chance à chacun de trouver sa place professionnellement parlant. Pour ça, on fonctionne dans une logique en trois temps. On va faire dans un premier temps une introspection, puis une exploration et après on va valider le projet, préparer un plan d'action. Et l'exploration. C'est un petit peu ce qu'on fait aujourd'hui en rencontrant Thomas pour nous parler du métier d'écrivain. Et sans plus attendre, je vais laisser Thomas se présenter. Et puis nous, on attend vos questions dans le chat et je les transmettrai à Thomas à l'oral.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Très bien alors bonjour à tous. Donc Thomas. Alors moi j'ai. J'ai 36 ans, je suis. J'ai un parcours très classique, professionnel. Enfin voilà, j'ai fait une école de commerce et puis ensuite j'ai commencé à travailler plutôt dans du conseil et ensuite du digital, ce que je continue à faire par ailleurs. Et puis il y a quelques années, j'avais fait le parcours Chance il y a trois ans et il en était sorti du chapeau parce que c'était pas une nouveauté non plus, mais que voilà, j'avais un désir d'écriture assez fort que j'ai mis en pratique un peu pendant les dix quinze dernières années. Et puis là, j'ai décidé il y a trois ans d'aller un peu plus, un peu plus loin. Et donc j'ai sorti mon premier roman il y a au mois de mai, aux éditions JC Lattès.
Alizée (Chance)
Bravo ! Et en plus Voilà voilà.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Et voilà, j'ai. Sinon j'ai trois enfants. Voilà.
Alizée (Chance)
Et merci pour le petit panorama pour la petite visite guidée. Donc je rappelle à tout le monde que on attend vos questions dans le tchat, puisque Thomas il a donné de son temps et il donne de son temps pour vous, pour vous renseigner sur le côté en coulisse du métier. Euh je pense que c'est un métier qui fait rêver beaucoup de monde. On s'est tous dit waouh, ça doit être super ! Et puis on a tous cette image de l'écrivain avec son café derrière son ordinateur, dans un environnement calme. Voilà. Alors d'ailleurs, c'est un mythe ou pas ? On boit beaucoup de café quand on est écrivain ?
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Alors ça dépend, Je pense qu'il y a des gens qui doivent fonctionner au thé et puis voilà. Moi je fonctionne au café, effectivement. Donc j'avais une. J'avais déjà pendant mes phases d'écriture, je suis assez réglée, quoi. C'est à dire que je. Voilà, à 9 h, je m'assieds et j'ai mon café et j'écris globalement sans discontinuer, un petit peu comme. Ça peut durer 4 h, 5 h, enfin voilà. Et puis l'après 12 h, c'est plutôt des phases de relecture et de recherche. Oui.
Alizée (Chance)
Parce que ça c'est si tu fais de l'écriture créative, c'est de la fiction.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
C'est de la fiction. Moi j'ai fait là, j'ai fait de la fiction. Après, il y a toujours quand même des petits éléments de recherche parce que, parce que voilà. Donc la mienne est une autofiction. En l'occurrence, celui là est un petit peu moins de recherche. Mais, mais, mais là je suis plutôt sur une idée où il y en aura besoin d'un peu plus. Donc voilà. Mais mes journées sont très organisées comme ça, effectivement.
Alizée (Chance)
D'accord. Et comment on. Comment tu professionnellement, Comment ça s'articule du coup ? Est ce que tu as toujours une activité salariée en parallèle ou est ce que là ça y est, tu es lancée complètement dans cette activité d'écrivain ?
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Alors j'ai encore une activité salariée en parallèle puisque je suis, je suis, je travaille dans une dans une société. Enfin, j'habite à Amsterdam et je travaille dans une dans une start-up scale-up en parallèle. Donc je dirais que moi, la manière dont je vais articuler ça, mais chacun, je pense, peut trouver un petit peu son son, son, son mode de fonctionnement. C'est que j'ai des moments où j'ai des phases d'écriture qui vont être un peu plus poussées et où je vais faire que ça. Et puis le reste du temps, c'est plus voilà, le soir, un petit peu plus en réflexion, etc. Donc en ce moment là, après avoir sorti ce roman, on est plus dans une phase de chercher le nouveau sujet, faire un peu de recherche, écrire. Je pense que d'ici un an, un an et demi, je vais passer sur quelque chose de. Je vais essayer d'organiser mon emploi du temps pour peut être prendre un petit peu plus de large et puis donner à l'écriture cette place un peu plus forte.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
En tout cas, c'est comme ça que je le j'organise.
Alizée (Chance)
Et organiser ton emploi du temps, c'est quoi par exemple ? C'est peut être négocier avec ton employeur un 400ᵉ temporaire, ce genre de choses.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Exactement, Ça peut être soit effectivement gagner une journée. Alors dans mon cas, moi je sais que je préfère écrire au long cours parce qu'une fois que je suis partie dans mon histoire, j'ai du mal à m'arrêter. Donc moi dans mon cas, c'est plutôt un congé sans solde ou ou peut être un. Ou peut être passé temporairement pendant cette période là sur un modèle freelance. Voilà, c'est il faut être assez flexible. C'est à dire que quand j'ai écrit ce roman, j'ai pris un moment, trois mois de congé sans solde où je faisais deux jours de freelance et les trois jours, en fait, je je je je je, j'écrivais quoi ? Et puis après, pendant la phase de recherche des éditeurs, etc. J'étais aussi sur un modèle plutôt trois jours de freelance, deux jours de deux jours de écriture. Cela recherche. Donc voilà, il faut. Et là j'ai eu envie de repartir sur un emploi à temps plein. Donc je le fais. Et puis peut-être pendant deux ans, ça va être ça.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Et puis après le temps d'avoir une nouvelle, une nouvelle idée. Parce que moi, vraiment, ce qui m'intéresse c'est c'est les romans, c'est d'écrire un roman. Voilà.
Alizée (Chance)
Je comprends. Oui, ça c'est ton orgueil à toi. Et c'est vrai qu'on a tous notre mode de fonctionnement. Il y a des. Il y a des écrivains qui ont besoin de calme, d'être seul dans une pièce. D'autres qui aiment écrire dans des cafés, d'autres qui vont écrire religieusement tous les dimanches sans discontinuer, d'autres pour qui le moindre petit tracas personnel comme une fuite d'eau, va les empêcher d'écrire. C'est très différent selon les gens.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Alors moi, dans mon cas, c'est aussi une question personnelle. Je pense que comme j'ai trois enfants qui sont en bas âge, c'est pas évident le week-end où enfin en fait, j'ai déjà deux vies en fait. Finalement. Donc la troisième, elle est un peu une lutte. l'Écriture, c'est un peu une lutte enfin positive, mais il faut trouver de la place. Donc voilà, moi ça c'est mon organisation. Mais effectivement, je pense que j'ose espérer, enfin j'espère que peut-être dans cinq ans, dans dix ans, elle sera différente et que j'arriverai forcément évolué.
Alizée (Chance)
C'est sûr, c'est sûr. On a pas mal de questions du coup qui sont arrivés, donc je vais te les transmettre. Alors on a Catherine qui demande comment tu as trouvé ton éditeur.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Alors ce n'est pas une chose très facile, sincèrement. D'ailleurs, ça aurait tout à fait pu ne pas se faire. Je dirais que c'est de l'ordre, un peu de la chance aussi. Dans mon cas, j'ai naïvement, naïvement, c'est naïf, mais j'ai naïvement envoyé les manuscrits à des maisons d'éditions que j'avais sélectionnées selon leur ligne éditoriale. Je me disais que mon texte pouvait correspondre. Donc j'ai ciblé. Je n'ai pas fait un envoi trop large parce que déjà c'est assez coûteux, parce qu'il y a encore des maisons qui le font, qui demandent des formats papier.
Alizée (Chance)
Donc, envoyer combien à peu près pour qu'on se rende compte ?
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
J'en ai envoyé quand même une vingtaine parce que c'était de la littérature qu'on appelle blanche mon texte, donc ça passait quand même dans beaucoup de maisons. Enfin, c'était assez généraliste. J'en ai envoyé une vingtaine. Et après, en fait, ce qui m'a fait décrocher le contrat d'édition, c'est plutôt après d'essayer de. Ça n'a pas vraiment marché. Le service des manuscrits. C'est plutôt après d'essayer de trouver des éditeurs individuels. Enfin, des gens dans les maisons, c'est à dire de savoir que chez. Par exemple, chez Lattès, mon éditrice, j'ai réussi à trouver son nom parce que, en parlant avec quelqu'un, on m'a dit ah bah elle est dynamique, Voilà voilà voilà. Et je l'ai contacté directement par mail, c'est à dire que j'ai fait prénom nom at JC Lattès point fr. Et j'ai dit J'ai envoyé mon texte par la poste, mais je pense qu'il pourrait vous plaire aussi parce que j'ai vu que vous aviez publié ça, J'ai vu que vous avez. C'est comme ça que ça a marché.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
D'accord. Et en fait, là où j'ai eu le plus de succès, c'est via cette approche un peu plus directe, on va dire, en essayant de trouver des humains plus que le service des manuscrits, mais c'est pas quelqu'un que je connaissais. C'est pas du tout intéressant.
Alizée (Chance)
Non, c'est une belle histoire. C'est pas c'est pas c'était pas une comme on dit. Le mot n'est pas joli, mais c'était pas du piston quoi. Donc c'est une belle histoire je trouve.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Non, c'était alors le. Le réseau est arrivé avant, c'est à dire que pour trouver le nom de cette personne etc. Bon ben j'ai regardé un peu autour de moi, j'ai dit qu'en fait je connaissais très peu de gens dans ce milieu et donc j'ai trouvé quelqu'un qui était bookstagrammeuses. Ça existe, ça se fait pas mal maintenant sur Instagram, que je connaissais d'écoles de commerce où quelqu'un connaissait et je l'ai appelé. En fait, je lui ai dit Est-ce qu'on peut discuter ? C'est elle. Donc c'est pas vraiment du réseau, mais c'est voilà, je me suis quand même un petit peu. J'ai quand même un petit peu.
Alizée (Chance)
Bon, ça va, ça reste une très belle histoire. Ouais. Dans la communauté d'entraide Chance où on a plus de 15 000 personnes, c'est ce genre de réseau aussi qui peut euh, qui peut servir justement parce qu'un réseau c'est aussi des connecteurs, c'est des gens qui connaissent, des gens qui ont un carnet d'adresses, et même si c'est pas tout de suite, cette personne, c'est peut être sa femme, sa belle-sœur, son frère.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
En fait, il ne faut jamais perdre espoir exactement là dessus parce que en plus c'est un peu la théorie des des allumettes quoi. C'est à dire que vous voulez allumer un feu, vous allez allumer sans allumette, puis peut être qu'il y en a une qui va faire que le feu va prendre, ou peut être que c'est tout ensemble. En fait c'est difficile à savoir, mais faut vraiment essayer de taper à toutes les portes et et peut être enfin dans mon cas, je me suis réveillé ce matin là, je me suis dit bon est ce que je l'appelle ? Est ce que je l'appelle pas ? En fait j'ai bien fait de le faire puisque ça c'est l'effet papillon quoi. C'est à dire ça a tout changé.
Alizée (Chance)
Bon d'accord. Okay. D'autres questions sont arrivées. Elles sont plus sur le quotidien, vraiment. Sur l'écriture notamment. On a Elodie qui demande Est-ce que tu t'es fait accompagner pour entreprendre et terminer ton roman et le publier ? Du coup, tu avais ton éditrice ? En fait c'est la question, c'est est ce que tu avais connaissance du monde de l'écriture et de l'édition au préalable ? Du coup ? Non.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Non, en fait, j'avais connaissance de pas en tant que lecteur. Déjà, premièrement, quand même un petit peu, je connaissais les maisons, enfin voilà. Mais comme comme beaucoup de gens. Et par ailleurs, j'ai toujours écrit, mais j'ai toujours écrit des histoires depuis très petit et c'est peut être le seul domaine où. Oui alors en fait, j'ai commencé au début, je me suis dit je vais écrire mon livre et je me suis dit je vais m'acheter des livres sur comment on écrit quoi finalement, je vais aller faire des ateliers d'écriture, etc. Et j'ai trouvé que ça me correspondait. Enfin, encore une fois, c'est pas du tout, c'est une expérience personnelle que je partage. Dans mon cas, ça m'a plutôt un peu bloqué, c'est à dire que je me suis dit ouh là là, il va falloir que je que je vois là qu'il y a des codes, il y a des choses à faire, à ne pas faire et ça a bloqué un petit peu le le flux créatif, on va dire, un peu scolaire.
Alizée (Chance)
J'ai clôturé un peu trop pour toi.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui, exactement, mais mais chacun. Voilà, ça m'a quand même donné quelques idées. Je me suis quand même dit ah oui d'accord, j'ai beaucoup lu quoi. Mais. Mais j'ai pas forcément été plus loin que ça et après je me suis juste lancée et je me suis dit voilà, tu vas tu vas au début, les premières parce que j'avais des textes qui sommeillaient un peu partout, mais j'avais jamais passé le cap de dire on va, on va dépasser. Il y a quand même la question un petit peu au début, le premier roman, etc. Du volume. Il va falloir arriver à ce que ça fasse un roman quoi que ça fasse, une histoire, que ce soit suffisamment long, etc. Donc c'est plutôt la discipline, on va dire. Le fait de s'y mettre tous les jours, le fait d'avancer, le fait de ne pas trop douter en fait, qui m'a permis d'aller au bout parce qu'après, en fait, c'est un processus itératif. La première version n'était pas forcément bien la deuxième et donc je l'ai très vite fait lire.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
J'ai très vite fait sortir des à deux bêta-lecteurs qui m'ont très vite fait des retours. Et donc en fait, c'est la troisième version qui a trouvé preneur à la maison, et c'est même la quatrième qui est sortie.
Alizée (Chance)
Oui, il y a un retravail après avec l'éditeur.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui, complètement.
Alizée (Chance)
l'Œil expert, il saura identifier les les points un peu plus faibles, on va dire, au cours de la lecture. OK, ok. Euh ta Laurie qui demande comment est ce que tu arrives à te discipliner ou il y a d'autres questions ? Alors ça va remonter à te discipliner pour avancer dans le processus. Est ce que tu te mets des deadlines pour rendre ton livre.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Alors là, je ne m'étais pas mis de deadline. En l'occurrence, je pense que je m'en remettrai pas. En revanche, je pense que la discipline, effectivement, c'était qui était clé en fait. Voilà. Donc c'était vraiment de s'y mettre tous les jours, de produire quelque chose tous les jours. À certains moments, je me mettais des petits objectifs, je me disais alors voilà, je pense que pour là, je suis déjà en train d'écrire le prochain. Je je je je c'est un peu différent parce que par ailleurs, je suis moins à temps plein, etc. C'est plus compliqué. Mais là j'avais des objectifs de nombre de mots, quoi. Je me disais bah aujourd'hui, voilà exactement 1000 mots. Alors moi j'étais sur 1500, mais parce que j'y passais beaucoup de temps et ambitieuse. Voilà. Exactement. Mais donc c'était plus ça et je me disais bah je l'écris. Et en fait après c'est pas grave parce que 1500 plus 1500 plus 1500, en fait, ça fait quand même on avance vite quoi.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
donc ? Et après, il y a la phase de relecture où on va rajouter on va enlever, on va couper beaucoup, énormément et donc on va changer des virgules. Je ne savais pas jusqu'au moment où, en fait, moi, j'en suis arrivé à une sorte de Là, j'en ai assez de ce texte. En fait, j'estime qu'il est. Je ne veux plus le voir. J'ai fini, Il faut que il faut que je l'envoie. Donc, oui, il y a sûrement mieux à faire, mais enfin mieux à faire. Il y a sûrement encore des améliorations.
Alizée (Chance)
Au bout de ce que tu pouvais faire, toi, en autonomie sur ce.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Texte ? Exactement. Exactement. Et ça s'est traduit par un, par un, par l'envoi, l'envoi du texte pour pour aller chercher finalement le regard professionnel de l'autre. Quoi ? C'était ça ?
Alizée (Chance)
OK, trop bien alors Stéphane nous pose une question, mais je suis sûr que ta réponse va être ça dépend combien de temps mettez vous pour écrire un livre.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Ah. Bah donc oui, effectivement. Alors. Alors là. Là, je parle de faits. On est encore peu après le premier. Donc, c'est vrai que je ne peux pas encore vous dire sur l'expérience, sur dix. On peut parler de cette expérience là et un peu de ce que j'anticipe pour la suite. Cette expérience là, je dirais que j'ai mis. J'ai commencé à avoir l'idée deux ans avant d'envoyer le texte à des éditeurs. Pendant un an, je notais dans des petits carnets. Enfin en l'occurrence, c'était pas un carnet, c'était. C'était une note sur mon téléphone.
Alizée (Chance)
Voilà cette fameuse appli Note pour les écrivains, elle est importante.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Voilà donc ça, je notais, je notais, je notais un peu dans toutes les choses liées à l'histoire des personnages, des gens ou je me disais tiens, j'aimerais bien creuser. Enfin voilà, plein d'idées. Et puis à un moment, quand j'ai décidé que j'avais vraiment envie d'en faire un roman, ça, ça a dû commencer au mois de juillet 2021 et j'ai envoyé le texte fin janvier. Donc ça a pris sept mois.
Alizée (Chance)
l'Écriture en elle-même, on va dire sept mois après, il y a eu toute la phase de création, de setting le monde, l'environnement, l'histoire, l'intrigue.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Pour moi, c'était plutôt ouais, deux ans, deux ans. Et puis si on rajoute la phase de réécriture un petit peu avec la maison, entre le moment où le texte est accepté, où il sort il y a un an en plus. Donc voilà, c'est un je dirais que c'est un projet qui est qui était 2019, fin 2019 2020, et voilà, il est sorti en mai 2023. Donc c'est quand même au long cours, c'est quand même au long cours. Mais je ne savais pas en 2020 nécessairement que cette histoire allait donner lieu. Enfin, j'en ai plein en parallèle quoi. Je savais pas que c'était forcément celle-là qui allait prendre le dessus. C'est plus un petit voilà.
Alizée (Chance)
Mais ça c'est très variable dans la durée. Par exemple, Stephen King, le one and only, lui, il met trois mois pour écrire un livre à chaque fois. Après c'est pas pareil, il en vit complètement donc c'est son activité principale. Il n'a pas à aménager son temps de travail et il est extrêmement rigoureux ici. Mais tant d'heures par jour, tous les jours, alors le dimanche et compagnie.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Après, je ne suis pas. Je ne suis pas étonné par ça quand je vois. Moi j'ai aussi un métier où je sais. Étrangement, j'aime bien les chiffres aussi. Donc 1 h, si on fait 5500 mots par jour, un roman, si on commence à 50 zéro zéro zéro mots, enfin, c'est facile de faire le calcul, ça commence, il n'y a pas vraiment de règle officielle, mais voilà. On va dire que 250 mots, c'est une page. Donc on peut assez rapidement faire le calcul de pour avoir quelque chose qui, en tout cas en termes de volumétrie, tient la route. Finalement, c'est pas si long, enfin. Mais il faut être très assidu, il faut, faut, faut avoir, on va dire.
Alizée (Chance)
Passionné par son histoire. Il faut avoir la volonté.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Il faut avoir envie d'y revenir tous les jours.
Alizée (Chance)
Ouais c'est.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Ça. En l'occurrence, moi j'y revenais même la nuit. Mais ça c'est très différent. C'est c'est à dire que ça me réveillait.
Alizée (Chance)
Pour compléter un peu ce que tu as dit et ce que raconte Stephen King quand il le veut bien, Euh, moi j'écris aussi et là, un roman que j'ai fini, j'ai pris trois ans pour l'écrire et c'était pareil. Il y a eu toute une phase de moi, ce que j'appelle la folie créative, créatrice finalement. Ou en fait moi je ne mange plus, je ne dors plus, je je perds du poids, je suis habitée par l'histoire. Il faut que je note tout le temps. Ça devient au point où quand je prends ma douche, je suis là, genre ah, je peux pas noter des idées tout le temps, c'est une phase qui va durer un mois. Et puis après je commence à me calmer parce que j'ai les grandes lignes et puis après là on est parti pour six mois effectivement de construction. Et puis après l'écriture, il faut la combiner avec mon temps de travail aussi. Et ça c'est le challenge. Et la clé c'est la régularité. Donc il faut vraiment être passionné par son histoire.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Voilà, Après sur ce côté un peu frais, c'est un mot un peu fort, mais la frénésie de cette phase d'écriture, elle est effectivement, elle est vraiment là et quand elle est là, elle permet effectivement d'avancer très vite aussi sur sur le sur l'écriture. En revanche, parfois, ce qui peut être un peu frustrant effectivement, c'est que si elle est là et que vous avez quand même d'autres choses à faire pour diverses raisons, parce que c'est, on ne va pas se mentir non plus, c'est un métier passion et c'est possible. Enfin voilà, ça reste, ça reste des des une économie précaire, quoi. Donc. Donc on a souvent d'autres activités en parallèle et il faut, faut faut faut, faut bien ménager tout ça quoi.
Alizée (Chance)
Et ça nous fait une très bonne transition avec les questions de Laurie et Pablo. Justement, on a Laurie qui demande quelle est la réalité financière derrière le métier d'écrivain. Est-ce que la rémunération des auteurs évolue en fonction des paliers de livres vendus. Quand on se renseigne un peu, on sait que des fois on est rémunéré avec un pour centage. Plus toujours le cas systématiquement. Tu vois.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Moi j'ai l'impression que le modèle un peu, un peu, voilà qui est connu et qui est le mien. En l'occurrence, c'est un modèle avec un à-valoir en début, enfin, une fois la signature du contrat, donc, on vous verse un montant au moment de la signature, enfin souvent au moment de la signature et au moment de la remise du texte final. Donc c'est 55 mois. Dans mon cas, c'était 50 sur 50. Donc voilà, on vous signe et puis après bon, le texte final et effectivement un pour centage sur les ventes. Donc à partir du moment où les ventes c'est c'est souvent un barème, je peux donner le mien, enfin voilà, mais moi, jusqu'à 10 000 livres vendus, c'était 10 % au dessus, ça devenait jusqu'à 25 zéro zéro 0 livres vendus, ça devenait douze et puis après c'était quatorze. Et je crois qu'il est plutôt généreux, mais c'est parce que c'est souvent plutôt huit, dix, douze. D'ailleurs, il y a peut être des paliers de ventes plus élevés. J'ai entendu que chez certaines maisons, c'était même six, huit, dix.
Alizée (Chance)
Donc ce que j'allais dire, c'est un beau barème, 10 %. Moi j'entends cinq ou six.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Ouais, donc moi, ça, Mais nous, c'est un barème de prise de risque, c'est à dire que L'à-valoir est très faible et en gros c'est on prend le risque sur un premier roman, c'est une collection qui prend beaucoup de risques et du coup qui fait des petits à-valoir et qui qui en revanche, voilà, on va dire, fait participer l'auteur ou l'autrice aux bénéfices. Et donc en fait, à partir du moment où donc à la fin, on fait le compte des ventes, on prend le pour centage qui correspond, et si c'est au dessus de L'à-valoir, on vous verse un complément. Si c'est en dessous, bah c'est juste L'à-valoir qui paye, qui paye le livre ?
Alizée (Chance)
Ouais voilà. OK. Et et du coup, toujours sur cet aspect très terre à terre, Pablo aimerait savoir comment tu gères l'écriture avec ta famille ? Est ce que tu fais ? Non. Comment tu fais voir à ta femme, famille, amis que c'est du temps de travail et non pas un loisir ? Elle est très pertinente cette question. Elle est importante.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui. Alors.
Alizée (Chance)
La question, là. Donc.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Euh, alors. Je vais même remonter un petit peu plus loin, c'est à dire que dans mon cas. Donc ce que j'ai dit pour pour terminer ce roman, enfin, j'étais dans cette phase effectivement où j'avançais très, très j'avançais trop lentement et je voulais pas le finir. Donc j'ai j'ai j'ai pris un congé sans solde et c'est vrai que à ce moment là, alors ma femme, mes enfants en l'occurrence, supportent absolument complet parce que j'ai jamais. Enfin j'ai toujours écrit et puis j'ai jamais, enfin j'ai toujours dit un jour j'y passerai plus de temps et Et voilà, c'était enfin ça fait partie des. Enfin, ce qui ne minimise pas le support exceptionnel que j'ai reçu. Après c'est vrai que l'entourage un peu plus lointain c'était ce qui se passe, etc.
Alizée (Chance)
Donc oui, je me reconnais dans tout ça.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui, qu'est ce qui se passe en fait finalement ? Enfin voilà, il y a peu, il y a peu de Il y a peu de place si on ne gagne pas beaucoup d'argent. Enfin c'est compliqué quoi. Est ce que tu vas faire ça tout le temps ? Tout le temps quoi ? Donc c'est vraiment la question qui revient. Donc moi dans mon cas, ce que j'ai trouvé c'est cette cette cette cette balance finalement continuant à avoir une activité professionnelle rémunératrice. Voilà. Et continuer à écrire. Donc j'ai pas vraiment besoin de. Enfin, c'est très respecté ce désir d'écriture et cette volonté d'en faire une, on va dire un peu une deuxième vie. Il est très respecté chez moi et et même encouragé, donc voilà. Mais après c'est vrai qu'après la pratique, il y a des choses pratico pratique à gérer, notamment quand on a. Quand on a trois enfants et que voilà. On a envie aussi d'avoir. On a aussi envie d'avoir une vie. J'ai envie de dire.
Alizée (Chance)
Complète et.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Complète. Exactement. Ouais.
Alizée (Chance)
Ouais ouais.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Et voilà. Exactement. Donc je sais pas si je réponds à la question, mais en tout cas c'est très respecté, donc c'est pas vu comme un temps de loisir, c'est vu comme un comme une activité importante à voilà, à mon équilibre et donc plus largement aussi à l'équilibre de tout le monde quoi.
Alizée (Chance)
C'est super ce soutien ! Je vais répondre aussi pour Pablo. Alors moi j'ai pas d'enfant mais euh. Mais je trouve que effectivement, ça peut être délicat pour l'entourage de comprendre ça et de l'accepter, ou en tout cas d'accepter que c'est pas une lubie et que c'est quelque chose de régulier qui sera toujours là. Donc moi le conseil que je donne, c'est vraiment de de s'affirmer en bonne intelligence, mais juste de dire en fait, ce sera comme ça, ça fait partie de nous. En général, on est écrivain. En général, c'est quelque chose qu'on a depuis très petit. On le fera toujours. Donc en fait, il faut de la place pour ça. Ça fait partie de notre équilibre. Donc oui, il y aura des plages horaires où il ne faudra pas déranger. Et c'est important de bien communiquer, d'être bien au clair en me disant si, si, on a besoin de calme par exemple pour écrire et de s'isoler dans une pièce. VRAIMENT de pouvoir dire ben là, c'est mon temps, il faut absolument pas me déranger parce que ça va tout casser.
Alizée (Chance)
Et mieux vaut prévenir que guérir. Donc oui, c'est important de bien communiquer, en famille en tout cas. Et comme toi aussi Thomas, tu l'as fait. On a une autre question de Pablo Est-ce que tu as eu à traverser le syndrome de l'imposteur en te lançant dans ce nouveau métier ?
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui ben oui. Enfin évidemment. C'est à dire que Évidemment. Évidemment. Évidemment. C'est à dire que je. Oui, oui, ça se manifeste manifester de différentes manières, mais c'était un peu au milieu de l'écriture de ce livre. En fait, oui et non. C'était ok. Je vais reprendre les choses un peu différemment, c'est à dire que j'en étais arrivé à la conclusion comme c'était vraiment quelque chose que je voulais, ce côté avoir un texte entier, un roman, pour moi, c'était vraiment, c'était vraiment ça, C'était avoir mon roman, mon histoire, mon texte. C'était ça que je voulais vraiment. Et j'en étais et je procrastinais un peu pour arriver à ça. Je commençais beaucoup, mais je je terminais pas forcément. Enfin, non pas que ça se termine, mais je n'allais pas au bout de l'objet que je voulais. Qui était ce livre, cette histoire. Et c'est vrai que vers. Alors j'ai eu un déclic où je me suis commencé à. J'ai trouvé que ça devenait plus pénible d'avoir à gérer le fait de ne pas le faire personnellement, de procrastiner que de m'y mettre.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
et ça m'a aidé à vaincre ce syndrome de l'imposteur. Parce qu'en fait, je me suis dit peut être que oui, peut être que je ne suis pas au niveau pour le monde extérieur, ou en tout cas pour être publié, ou pour ceci ou pour cela. Peut être que mon histoire ne sera pas bien, mais je me le dois à moi même en fait. Donc voilà, en fait, ça a fait sauter tous les verrous et je le faisais pour moi et et voilà. Et donc finalement, il y avait plus de logique. Performatrice Un peu. C'était. C'était pas pour quelqu'un, pour quelque chose, c'était pour moi. Et après, tant mieux s'il y avait du bonus quoi ?
Alizée (Chance)
Oui, voilà, il y a peut être un moment où il y en a marre que ça n'avance pas quoi. On a vraiment envie d'aller au bout des choses.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Voilà, exactement, c'était le moment. Après moi j'ai eu un déclic en l'occurrence. Et c'est vrai que ça, ça m'a aidé aussi. Mais Mais voilà, chacun son truc.
Alizée (Chance)
Ouais, c'est trop bien, c'est hyper intéressant. On a une question de Catherine Est-ce que tu es satisfait de l'accompagnement de ton éditeur et de la promotion de ton roman ? Mmmh.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
C'est une question intéressante. Alors. Oui, oui. Après c'est un nom. Oui. Oui, bien sûr. Non. Après. Après, c'est un. Comment dire, On se. On se dit enfin moi personnellement, je me disais. Premier roman, la thèse ça y est, c'est parti quoi. Enfin voilà, en réalité, ça reste difficile de faire sa place. Et donc, et c'est en particulier lié à la volonté de l'éditeur de pousser plus particulièrement un texte. Parce que pour différentes raisons pas forcément liées à sa qualité. Alors on va dire que oui, mais aussi lié à est ce que c'est le bon moment ? Est ce que commercialement il y aura un succès possible ? Est ce que l'histoire intéresse ? Voilà. Et tous les textes ne sont pas forcément éligibles à ça. Donc il y a plein de raisons qui font qu'un éditeur sélectionne un texte. Je leur laisserai répondre parce que je vois, moi je pourrais faire que des hypothèses, mais disons que voilà, moi je me suis retrouvé.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
C'est un premier roman avec une diffusion qui existe, un petit peu de presse, un petit peu, on en parle un petit peu, etc. Mais j'ai dû aussi faire beaucoup de choses moi même pour me, pour me, pour, pour exister. Donc c'était un travail complémentaire. Mais donc, oui, je suis très content parce que le la relecture du texte est très bien, ils ont mis les moyens pour pour le distribuer en librairies, etc. Après, il.
Alizée (Chance)
Y a le titre Thomas de ton roman.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui, je peux le mettre dans le chat, c'est ça ? Moi ça s'appelle Wonder.
Alizée (Chance)
Volontiers.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Ça s'appelle Wonder Bike. C'est un.
Alizée (Chance)
Top. Et ben on se le note. Moi je le copie colle tout de suite pour les regarder ensuite et mettre bien. On arrive au bout du live. On peut encore prendre une ou deux dernières questions, mais il faudra qu'on laisse la place parce qu'on a des lives toute la semaine, toute la journée. Euh. Sophie qui demande à Sophie, elle a dû arriver en cours de live parce qu'elle demande Est ce que tu as envoyé ton manuscrit par la poste ou est Est-ce que tu l'as donné à une personne qui connaissait une personne qui connaissait une personne ? Donc, je ne sais pas si tu veux juste résumer ce que tu disais en début du live.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui, donc en fait oui, j'ai envoyé par la poste et en parallèle j'ai complété par essayer de trouver quelqu'un qui connaît quelqu'un dans la maison, qui l'a. Et ensuite j'ai contacté par mail, de manière un peu au bluff on va dire. Bonjour, j'ai vu que vous étiez une éditrice, on m'a parlé de vous, c'est super, tu as. Mon texte pourrait peut-être vous plaire, Je l'ai envoyé par la poste. Voilà, je vous le renvoie par, par, par, par PDF. Donc c'était un peu les deux quoi. Je pense qu'il faut tout tenter.
Alizée (Chance)
Ouais, faut euh faut essayer différents canaux. On arrive au bout de notre live. Merci pour les questions très variées, très très pertinentes que vous avez posées. On sent que que c'est un métier qui vous intéresse. Euh Ah, il y a quelqu'un qui demande est-ce qu'on peut te contacter pour ton rôle de SEO ?
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui, aussi. Complètement.
Alizée (Chance)
Tu as un lien à communiquer, une page ou quelque chose ?
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Oui. Alors je peux peut donner un mail. D'ailleurs, même s'il y a des apprentis écrivains dans la pièce, n'hésitez pas.
Alizée (Chance)
C'est très.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Sympa. Il y en a mais.
Alizée (Chance)
Génial ! Merci ! Voilà, on a reçu ton mail, C'est très gentil à toi de la part de tout genre et de toute la grande communauté d'entraide. On te remercie énormément pour le temps que tu nous as consacré, c'était extrêmement intéressant. Je pense qu'on a tous beaucoup appris et c'est toujours éclairant d'avoir les coulisses d'un métier quand on y réfléchit. Donc vraiment merci à tous pour les questions, à Thomas, pour les réponses et pour son temps. Je vous souhaite à tous un excellent vendredi. D'avance un très bon week end et à bientôt pour un prochain live certainement.
Thomas Barthuel (Écrivain & COO)
Allez merci ! Bonne journée, Bonne journée à tous. Au revoir.












