Sarah Huet, Entrepreneure & Investisseuse
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Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Bonjour tout le monde.
Hortense (Chance)
Bienvenue à tous. Je suis Hortense, donc je travaille chez Chance et je suis ravie aujourd'hui d'accueillir Sarah. Bonjour Sarah.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Bonjour Hortense. Bonjour à tous.
Hortense (Chance)
Bonjour tout le monde. Je laisse encore un petit peu de temps pour que tout le monde se connecte. On est déjà pas mal de participants. N'hésitez pas à nous faire un petit mot dans le chat pour nous dire d'où vous êtes, pour aussi nous faire un petit coucou météo si vous êtes en forme. C'est vendredi, soleil, pluie. Quel est votre état d'esprit ? Sarah, merci de répondre également. Moi, je travaille chez Chance. Comme vous savez, chez Chance, on organise cette semaine une grande semaine des métiers qu'on appelle En coulisse, l'objectif L'objectif, c'est de présenter des métiers et de savoir ce qu'il y a derrière, par exemple, une entrepreneuse et une investisseuse comme Sarah. Il y a 50 live qui ont été organisés cette semaine, donc n'hésitez pas à aller aussi regarder les autres vidéos qui seront disponibles en replay. Aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir Sarah. En plus, on se connaît un peu, c'est cool. Sarah a en plus un parcours passionnant. Je te propose, Sarah, de commencer par te présenter ton parcours et comment tu es arrivée à être entrepreneuse, quels ont été les choix pour t'amener à être entrepreneuse et investisseuse, cette double casquette. Et puis, on passera aux questions parce que je suis sûre qu'il y en aura plein.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Merci. Surtout, posez-moi des questions, arrêtez-moi parce que sinon, ça va être une litanie. Je vais raconter ma vie, mais non. L'idée, c'est que ce soit le plus interactif possible. Moi, avant toute chose, je suis ravie d'être là parce que j'ai toujours travaillé avec des acteurs du changement. Maintenant, c'est mon métier aussi d'accompagner des gens dans leur carrière. Je pense que c'est une super opportunité. Il n'y a rien de mieux que de partir à la rencontre des gens qui font un métier pour donner l'envie, pour me donner l'inspiration, etc. En effet, en revanche, on se connaît parce que tu as suivi l'aventure de chez My Agency depuis le début, quasiment dans notre écosystème de talents, de partenaires. Moi, je m'appelle Sarah Huet, j'ai 38 ans. Je ne viens pas de l'entrepreneuriat, je n'ai pas commencé du tout... Mon premier métier, ce n'était pas entrepreneur. J'ai commencé en Big Four, donc j'étais consultante pendant plus de cinq ans chez KPMG, chez Deloitte. Après, j'ai eu toute une partie de ma carrière en corporate. J'ai bossé chez Thales, puis j'ai bossé chez LVMH. Dans des structures plutôt dites internes, beaucoup d'international. J'étais en charge du grand plan de croissance sur les pays émergents pour Thales, avec un grand boss de l'époque chez Thales, donc aéronautique sécurité, puis après luxe, rien à voir.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Je trouve le point commun en me disant que je bossais avec des passionnés et que c'était du coup dingue, mais sur des problématiques... Et puis, même sur les structures, Thales, c'est un groupe très vertical. Lvmh, c'est l'inverse, c'est des croissances par M&A, donc rien à voir avec rien de processé et tout, mais super. Et donc, chez LVMH, après cette expérience en audit interne, plutôt sur un côté finance, organ, process, la suite du consulting, un petit peu. J'ai rejoint une équipe qui commençait à se monter sur le digital, qui était guidée à l'époque par Yann Rogers, qui était vraiment la star sur le sujet, qu'on venait d'aller chercher de la Silicon Valley, ex-directeur d'Apple Music, qui a une carrière fulgurante, un mec incroyable de la tech à la première heure dans la vallée. On pourra revenir sur comment j'ai réussi à faire ce premier move, qui était complètement 360. Je suis allé voir le spectacle de Marie Saint-Filtre avec Alexis, avec la cofondatrice, sur le culot. Vraiment, s'il y a un truc qui me caractérise, je pense, dans la vie, c'est que j'ai beaucoup de culot. Il n'y a à peu près rien qui me fait vraiment peur.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Je l'ai slacké. Je suis allée le voir. On a parlé de la stratégie digitale du groupe. Je lui ai dit: Tiens, j'ai mes idées, la feuille de papier. Et puis, finalement, on a bouffé ensemble et il a créé un poste dans son équipe pour moi. Ça, c'était le point de départ. J'avais bien travaillé mon truc. J'ai du culot, mais je ne suis pas non plus débile. J'y vais quand j'ai bien travaillé le machin. Premier élément vers la tech, vraiment, corporate, corporate innovation, etc. J'ai rencontré par tech pendant ces trois, quatre années-là où j'ai passé dans dans le département digital du groupe LVMH. Pourquoi ? Rien à voir avec ce que je faisais vraiment pour le groupe. Quoique, je commençais à traîner avec les gens côté Bernard Arnault, le fonds. Ils avaient un fonds qui s'appelle toujours Agda Ventures et je grenouillais un peu dans l'univers corporate VC, à ce moment-là, avec des gens qui faisaient ça pour le compte de Béa, de Bernard Arnault, sur de l'early stage. Donc j'ai commencé mon début du VC un peu à ce moment-là et de l'écosystème et j'ai été mentor tech start, ce qui m'a permis de rencontrer Partech, qui est le fonds d'investissement que j'ai rejoint pendant trois, quatre ans pour gérer leur campus d'innovation.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Je te fais très rapidement. Puis chez Partech, je me suis un peu Je me suis pas ennuyée, mais ce n'était pas suffisant. Donc, j'ai créé mon job aussi chez Partech, puisque finalement, je gérais ce campus d'innovation, mais surtout, j'accompagnais la croissance des boites, du portefeuille, sur notamment le sujet des talents. Ce qui m'a amené ensuite à monter eFemales Agency, qui est mon métier aujourd'hui, mon principal métier, qui est entrepreneur, sur cette problématique de recrutement de haut profil féminin. Puisqu'en fait, moi, je recrutais pour les startups du fonds. Il y a toujours 200 boîtes en portefeuille dans le fonds par texte, dans des plus gros fonds. J'avais principalement des CV d'hommes et je me disais qu'il y avait un vrai problème, notamment, évidemment, on le sait tous au niveau des fondatrices, mais on en parle moins au niveau des C-Levels et du comité de direction des startups, des scale-up. On a commencé l'initiative avec Alexia Books, mais ça peut être une question sur Fidme Agency. Et après, je vais arriver à Léa Capital parce que les deux projets sont concomitants et sont arrivés Pas sur un plateau, c'est toujours pareil, rien n'arrive par hasard. Mais peut-être me poser la question à ce moment-là où je continue.
Hortense (Chance)
Ce qui est flagrant dans tout ton parcours, c'est que tu as rebondi de d'expérience en expérience. Mais finalement, moi, ma question, c'est: est-ce que tu avais l'impression que tout ça a été tracé ou est-ce que c'est plus de fil en aiguille, de la curiosité, ton culot qui a fait que tu es arrivé là aujourd'hui ?
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
C'est un mélange des deux, je pense. Tu as quand même de l'opportunité et je suis quelqu'un de très opportuniste, mais qui sait saisir les chances. Ça, il faut quand même se dire... D'ailleurs, c'est marrant qu'on peut te changer, mais la chance n'existe pas. C'est de l'alignement de planète. Ok, il y a toujours une part de magie dans les choses qui t'arrivent, mais finalement, tu la provoques, la chance. Jamais je n'aurais pu rentrer chez Hypertec si je n'avais pas directement compris que Techstars allait se monter, rencontrer le MDIp Techstars, monter sur l'accélérateur, puis aller voir Romain Laveau, qui était partenaire de Partech, et qui disaient: Moi, je veux trop bosser avec vous. Pendant trois ans, je l'ai vu, on a pris des cafés, etc. Il m'a suivi, je les ai suivis. Non, rien n'arrive par hasard. Mon métier aujourd'hui d'entrepreneur au female agency, je savais en rejoignant Partec que ce serait mon dernier job salarié. Je me l'étais dit, j'avais envie de rencontrer quelqu'un avec qui monter une boite. En fait, ça a pris du temps et je pourrais rassurer aussi tous ceux qui veulent peut-être se lancer en disant: Je n'ai pas l'idée, je n'ai pas le cofondeur ou la cofondeur.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Ça prend du temps, en fait. Ça mature le temps que tu trouves ton sujet, tu trouves ton idée et surtout la personne avec qui tu as envie de faire. C'est quand même plus sympa d'être à deux sur ce genre d'aventure. Ça prend du temps. Donc, tu vois, ça a pris trois, quatre ans.
Hortense (Chance)
Est-ce qu'on peut revenir sur ta dernière aventure qui est Léa Capital, qui est un fonds d'investissement de business angel ? Il y a justement une question sur ça, sur des baby tickets pour investir dans des boîtes. Je pense que c'est un peu ce que vous faites en tant que business angel. Donc peut-être expliquer vraiment ce que c'est que le business angel, ton rôle dans Léia Capital.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Même avant ça, Marine, pour répondre à ta question, tu peux investir dans une boite avec 1 000 €, avec 100 €, avec 200 €. Tu peux investir. Là, il y a nos amis de chez Plancage qui ont monté leur crowdfunding. Aller investir avec Léa Lejeune sur PlanCash et sa cofondatrice, c'est un super projet. Donc tu peux investir en tant que business angel avec quasiment rien. Moi, j'ai commencé Béa, mais mon premier investissement, j'ai mis 2 000 €, puis après, j'ai mis 5 000 €, puis après, j'ai mis 7 500 €. Et ça, quand je fais mes cours d'entrepreneuriat à Dauphine, etc, je leur dis: Vous allez apprendre tellement en rejoignant une startup, en étant investisseur. Si vous avez en plus la chance Ils m'ont choisi au board. Moi, à chaque fois, ça a été des... Ils m'ont choisi aussi pour mon réseau. En tant que business angel, c'est ce que tu fais, c'est les débuts d'aventure. Ça concerne des startups qui sont très jeunes, donc c'est de l'argent que vous êtes prêts à perdre. Attention, on parle de capital risque. Il y a 90% des boîtes qui se plantent. En revanche, vous allez ouvrir un votre réseau, mais vous allez développer plein d'expertises.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Vous allez être au bord de potentiellement une boite qui est comme ça, donc vous allez apprendre plein de choses. Faites le tôt, même avec un petit Il y a beaucoup, je pense, de gens qui se disent: Qui allait voir comment aller faire ?
Hortense (Chance)
Concrètement, où je vais si je veux faire ça demain ?
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
En fait, il faut réseauter. Vous avez forcément des gens autour de vous qui lèvent des fonds ou qui des projets de potes. Adopine, déjà, c'est la grenouille de projets qui cherchent des fonds, tu vois, même très tôt en tant qu'étudiant. Donc oui, il faut s'intéresser à l'écosystème, mais l'écosystème s'intéressera à vous si vous avez de l'argent à dépenser. Après, c'est quand même une bonne question que tu soulèves et notamment nous, du coup, derrière, on a créé l'EIA Capital parce qu'on avait aussi du mal à le faire un peu at scale et surtout à laisser le risque. Donc, Léia Capital, qu'est-ce que c'est ? C'est une société, déjà. On est cofondatrice d'une société. Léia Capital, c'est une boite. On a toutes mis un ticket dans cette boîte. On est toutes cofondatrices d'une boite. On est deux boîtes parce qu'on a eu un premier véhicule et un deuxième véhicule. Sur ce deuxième véhicule, on est 30. On est 30 cofondatrices du véhicule de l'EIA Capital et c'est cette boîte-là qui a investi dans des startups. Aujourd'hui, on a un million qui sont notre argent, on a tous mis un ticket. On a un million et c'est la société qui investit dans les startups, ce qui permet de lui laisser ton risque.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Évidemment, avec 15 000 €, généralement, il y a quand même des tours et vous avez raison de les mentionner sur le chat où les tours sont autour de 10, 15. Je vous dis, on peut investir avec 2 000 €, oui, mais sur des deals qui sont un peu plus importants et plus compétitifs, il y a un petit minimum. Ce qui est chouette, c'est qu'en investissant ensemble dans une société, c'est la société qui parte et tu peux investir dans plein de boites. Ce qui nous a permis de faire sur le véhicule un sept investissements et là, sur le deux, on va en faire entre 10 et 15. C'est une belle aventure et surtout, on monte en compétence. Il y a deux autres aspects. C'est qu'en effet, le métier d'investisseuse, oui, ça, ça prend beaucoup sur le tas, à force de voir des decks, des pitchs, des dossiers, des BP, etc. Moi, j'en ai vu beaucoup chez Partech et finalement, quand j'ai rejoint l'EIA Capital sur le premier véhicule, j'ai aussi formé des filles sur plein de choses que je connaissais, mais elles m'ont aussi formé sur d'autres sujets. C'est cette intelligence collective de rejoindre un groupe de Béa qui est géniale.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Ce qu'on voit aussi, c'est que ça a donné l'envie à d'autres de faire la même chose que nous, et c'est ce dont on rêvait. Je pense que le projet peut être bien plus en fait que ce qu'on a monté et on pourra le faire à la scale. Le vrai truc de tout ça, c'est que c'est notre argent perso et notre argent perso vient aussi du métier qu'on a. On a tout un métier à côté de Léia Capital. Léia Capital n'est pas mon métier, c'est mon side project, c'est mon projet à qui me permet de faire plein de choses. Ça me permet aussi de faire mon métier parce qu'évidemment, je développe mon réseau aussi beaucoup grâce à ce groupe de femmes qui sont des femmes incroyables dans plein d'industries différentes. Donc ça a aussi un pouvoir de networking qui est super fort. Ça, pareil, il y a un truc dont je me suis rendu compte très tard, c'est la puissance du réseau. Maintenant, j'ai monté un truc où on est 600 femmes, où on s'entraide. Juste avant d'être avec toi, je mettais en relation une de nos femmes qui est en dernière rande pour être partenaire dans un VC avec d'autres femmes qui sont déjà partenaire en VC que je connais très bien.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Maintenant, j'ai compris ça, mais je l'ai compris très tard. Finalement, j'en ai fait mon métier. Peut-être parce que ça m'a tellement manqué à un moment de ma carrière.
Hortense (Chance)
Justement, quand tu parlais des investissement, ce qui était intéressant, tu disais que là, vous mettez votre propre argent. Pour expliquer aux gens, c'est qu'il y a aussi... Le métier d'investisseur plus classique, c'est d'aller chercher des fonds auprès d'autres gens qui ont beaucoup d'argent et d'investir leur argent. Pourquoi vous avez pris cette décision aujourd'hui, que ce soit votre argent ? Est-ce que vous avez envie d'aller chercher l'argent d'autres personnes pour avoir des plus gros portefeuilles ?
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Tu as raison de le mentionner. Moi, quand j'ai rejoint Partech, j'ai découvert le métier de VC, de venture capital, d'investisseur en capital risque, que je ne connaissais pas. Le métier d'un VC n'est pas d'aller chercher des startups. Le premier métier d'un VC, c'est d'aller chercher de l'argent. C'est son premier métier. C'est un intermédiaire financier. Donc, avant de l'investir, l'argent qui ne va pas, il doit aller le chercher. Il doit aller le chercher auprès de ce qu'on appelle des LP, des limited partners, qui peuvent être des fonds de fonds, des grands corporate, des family offices, des grands acteurs qui se font faire de l'argent.
Hortense (Chance)
Ça d'ailleurs, je pense que dans un métier traditionnel d'investisseur, ça représente 50% de leur travail. Non, ce n'est peut-être pas simple.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Si, mais voire bien plus. Quand ils sont relevés, en fait, ils ne font que ça. C'est des seules personnes avant d'être des gens qui... Des financiers. Moi, je parle de capital risque, mais après, tu as le capital investissement, le gross. Donc là, on n'est plus sur des notions financières, mais de toute façon, il faut qu'ils aillent chercher de l'argent. Dans tous les cas, ça reste des intermédiaires financiers. Avant d'investir, il faut qu'ils aillent chercher. Donc, très self. Pourquoi nous, on ne le fait pas ? Un, c'est réglementé, donc gestion de tiers... Je ne sais pas comment on dit ça, mais gestion d'argent pour compte de tiers. C'est un métier réglementé, le métier des leveurs de fonds, le métier des BC, etc. Donc, tu es soumis à une réglementation de l'AMF, de l'Autorité des marchés financiers, qui est un truc qui n'est pas cool du tout, avec des rapports de gestion à faire. Il faut que tu sois accrédité à l'AMF, donc tu as tout un truc à passer. C'est beaucoup de charges pour avoir ça, mais c'est normal. Tu gères de l'argent pour autre chose. Évidemment, tout le monde ne peut pas le faire. C'est possible.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Franchement, on aurait pu y aller. Il y Il y a plein de gens, il y a aussi d'autres gens qui le font, qui gèrent de l'argent en physique, qui gèrent de l'argent pour compétitionnaire et leur argent. Mais nous, on n'est pas partis sur ça, notamment parce qu'on a des métiers à côté full-time et qu'on n'avait surtout pas envie de s'embêter avec de la réglementation.
Hortense (Chance)
Il y avait une petite question aussi de Marine, c'est: si elle contactait Léa, est-ce qu'elle pouvait lui proposer des baby tickets dans des entreprises ? Est-ce que vous pouvez lui proposer des baby tickets dans des entreprises ? Non, parce que ce n'est pas une plateforme ouverte à d'autres.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Non, c'est une société fermée. Donc, on a monté la boite, on a chacune mis notre montant en capital et puis c'est fini. On a clôturé le véhicule. Nous, on a été très étonnés quand on a monté ce deuxième véhicule, de l'engouement autour du projet, en deux semaines, il a fallu choisir les investisseuses qui voulaient nous rejoindre, ce qui était un délire parce qu'il y a un an, je rappelle quand même qu'on était dans une belle crise dans laquelle on est toujours, avec les fonds qui seraient les visites, etc. Nous, on avait plein de gens qui voulaient nous rejoindre et qu'on a dû sélectionner en fonction de compétences, etc. Déjà, c'était super. En effet, non, aujourd'hui, c'est fermé. Je n'ai pas en tête les projets qui se trouvent comme ça, mais je sais que ça a donné l'envie à d'autres de le faire. Ça reste quand même un métier qui est assez prenant. Je peux dire un métier, tu vois. Mais moi, je n'aimerais pas faire ça à temps plein. Je me suis aussi rendu compte que j'étais très contente de le faire à côté de mon métier principal. Comment ça marche On a quand même des comités de pre-deal flow.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
On se voit une fois par mois pendant trois heures pour regarder le deal flow. On a des due deals. Après, on se fait par binôme, on étudie des dossiers. On a deux à trois calls d'entrepreneurs, du coup, qui sont en binôme entre binôme par mois. Et on a un comité des investissements qui durent 5 heures une fois par mois. Et tout ça, ce n'est que du kif, ce que je te dis. Mais c'est quand même un truc qui nous prend du temps, qu'on fait avec beaucoup de sérieux aussi. Non, on ne peut pas rajouter des gens comme ça, au fil de l'eau. Après, je suis sûre que ce qu'on a fait... Je dis souvent ça, que tout le monde peut le faire, mais c'est quelque chose qui est vraiment faisable, surtout en groupe.
Hortense (Chance)
Oui, carrément. On peut peut-être passer plus à ta casquette d'entrepreneuse et que tu nous parles de A Female Agency. Pour faire un petit point aussi sur Chance et sur nous, ce qu'on fait. On est un parcours de recherche d'épanouissement professionnel. Chez Chance, on considère que le sens de son travail repose sur l'alignement de quatre piliers qui sont le pilier du métier, de l'environnement, de la finalité et des impératifs qu'on peut trouver justement dans son métier. Toi, pour faire le lien avec ce métier qui est ton métier d'entrepreneuse, comment tu peux Comment tu peux nous dire comment ce métier d'entrepreneuse répond à tes quatre piliers personnels de toi, de finalités, d'impératifs, de vie, de t'organisation, je pense, d'être autonome aussi en tant qu'entrepreneuse ? Dis-nous comment tu équilibres tout ça dans ce job d'entrepreneuse.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Moi, je suis devenue entrepreneur pour la liberté, déjà, ce qui est une notion toute somme relative, puisqu'on n'a pas toutes la même définition de liberté. Liberté de autant de lieux de personnes, quasiment. Aujourd'hui, on est de toute façon toujours indépendante. Nous, on n'a pas monté une startup, on a monté un truc avec un product market fit qui fonctionnait déjà, on a fait de l'argent des WAN, on est autofinancés, du coup, on n'a pas d'investisseur. On n'a pas d'investisseur, on reste sur du recrutement avec un modèle qui existait déjà, qu'on a complètement refondu dans une expérience qui n'a rien à voir avec ce que peut proposer un cabinet de recrutement classique ou des chasseurs de tête. Mais il s'avère qu'on a touché de l'argent directement. Donc ça, c'est quand même un truc cool. Une chance. Oui, et une certaine liberté, parce que quand tu as des fonds en capital, cette liberté-là, elle est toute seule relative et tu as des comptes à rendre. Nous, on a quand même des comptes à se rendre avec Alexia, on est cofondatrice toutes les deux, donc il y a cette relation-là qui est importante. Mais en effet, la liberté, pour moi, c'était un gros pilier.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
L'alignement. Vraiment, moi, je n'ai jamais été aussi alignée de toute ma vie et donc c'est un kiff perpétuel. Mais moi, je n'arrive pas à dormir tellement je suis excité par ce que je fais. Ça fait déjà deux ans. Évidemment, il y a parfois de la fatigue, etc, mais c'est tellement génial. Les hauts sont très hauts, tu as un peu de bas, mais les hauts sont tellement oufs. D'ailleurs, c'est aussi pour ça que quand on a des filles qui viennent nous voir et qui ont un peu ce mindset, cet état d'esprit entrepreneurial, on a vraiment envie de les placer lettre cofondeur dans des boîtes parce que je suis convaincue que si on place plus de cofondatrice, derrière, il y aura plus d'essai global féminin et derrière, on va féminiser le pipe aussi. Donc là, le mieux c'est clair. La liberté. Après, tu as le métier, ce que tu fais aussi au day to day. Je te parlais de cette notion de réseau et de communauté. Nous, on a monté ça à côté du recrutement. C'est une des grosses forces de eFemal Agency. Ça fonctionne Ça cartonne. On ne sait même pas... Ça va plus vite que nous.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Un peu comme l'Eya Capital, quand on l'a monté, c'est tellement agréable d'être dans des projets qui vont plus vite que toi, où tout de suite, tu as un engouement du marché, tu as un engouement de ton marché qui te dit... Et qui te porte. Souvent, on me dit: L'entrepreneuriat, c'est difficile, vous ne vous sentez pas trop seule. Moi, jamais je suis seule. Déjà, j'ai 600 WhatsApp ouverts avec des filles et j'ai des messages de kiff en permanence sur LinkedIn qui me remercie presque d'exister avec Alexia tous les jours. Franchement, on reçoit beaucoup d'amour. Ça, c'est super. Finalement, le pain que je rencontrais sur le côté réseau, tu as tout à fait raison, je l'ai couvert avec mon métier aujourd'hui. Dernier truc, le métier de recrutement, ce qui est ouf, c'est qu'un petit peu comme vous, avec chance, tu changes la vie des gens. Tu changes leur track, tu vas les ramener vers un point A, un point B et l'autre point B, ça va complètement transformer leur quotidien, puisque leur métier, c'est quand même 10 heures par jour de temps, ils vont rencontrer des gens, tu changes vraiment leur vie. Ça, je trouve ça très, très fort.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Et la manière, en plus, dont on le fait, c'est qu'on les connaît très, très bien. Je ne vais pas te dire que ça devient des proches, mais tu as un côté très Pas amical, c'est encore différent, mais quand même un côté de confiance assez fort. Vraiment, le métier d'agent, c'est notre métier, je ne l'ai pas précisé, mais on est agent de talent. Je le ressens très, très fortement et de plus en plus après deux ans, parce qu'on est là pour elle. Elle le ressent et quand elles ont des besoins, elles savent vers qui se tourner, quand elles ont fini leur temps dans une boite, qu'elles veulent nous mettre en relation. On ne marche que par cooptation et recommandation. Elles veulent nous mettre en relation avec quelqu'un de leur réseau.
Hortense (Chance)
Bien sûr. C'est hyper intéressant ce que tu dis, parce que je pense qu'il y a beaucoup, peut-être, de participants qui sont des anciens talents, de chance et qui sont en recherche de reconversion, de se repositionner, que tu pourrais placer ou recommander l'entreprise. C'est hyper intéressant. Il y a Emilie qui demande si on peut expliquer en détail l'offre, justement, et le business model.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Nous, notre mission, c'est de féminiser les instances de direction des boites de la tech, de féminiser à haut niveau et donc de placer des femmes à partir du grade de lead manager, head of et six level. Pour ça, on le fait d'une manière un peu On n'est pas chasseuse de tête. On est une agence de recrutement quand même et de services, mais on ne chasse pas, on ne marche que par cooptulation et recommandation de notre réseau. On place des femmes qui ont entre 7 et plus de 15 ans d'XP à tous les métiers, business et tech. Tech, on va retrouver produits, engineering data. Et puis Tech, tout là, c'est suite au niveau business, CFO, côté marketing, etc. La manière dont on le fait, c'est qu'on crée une relation de confiance avec nos talents. On a cet accompagnement qui est très profond pendant les phases d'entretien, mais aussi en amont et après. Ce qui fait qu'on est vraiment leur agent, c'est qu'on travaille, on a beaucoup d'événements, de master class, on les nourrit, on nourrit tout notre réseau. Et puis après, elles rentrent dans des communautés où elles peuvent continuer à se connecter, se rencontrer, échanger.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Et nous, c'est bien sûr gagnant-gagnant. Pourquoi ? Parce que nos talents deviennent souvent nos clients. Elles prennent des positions de leader dans la tech et elles embauchent avec nous. Ou elles nous recommandent, ou quand on a des besoins, ça reste de la cooptation, on poste dans ces communautés et puis elles peuvent nous mettre en relation à bon escient. Nous, on a tout intérêt à Nurtur, ce gros du talent qu'on a eu ou qu'on n'a plus et qui sont alumni, qu'on a placé. On a aussi un très fort taux de rétention parce qu'on est une petite boutique, on accompagne en rolling une trentaine de femmes seulement, ce qui n'est pas beaucoup. On a inversé un petit peu le modèle. On ne se passe pas du côté client, on se passe du côté talent, un petit peu comme vous. Vous, vous allez travailler un petit peu le passé et le présent. Nous, on va travailler le présent et le futur. Exact. Si tu es à un instant T, parce que tu as certainement travaillé avec chance, c'est ton point B, tes aspirations, tes peurs, tes freins, là où tu es bon, tu as aussi peur, pouvoir, etc. Nous, on part de ça.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Souvent, on a des femmes qui, en effet, arrivent un peu tôt, tu leur dis: OK, ce n'est pas le moment. Va faire cette chance, va voir tel coach, va travailler ça et reviens nous voir dans deux, trois mois. Nous, on va t'accompagner vers ce point B. Ce point B, c'est principalement vers des clients start-up, scale-up, fonds d'investissement, on bosse de plus en plus avec eux, et Consulting Tech. Avec la crise, il se débrouille très bien le consulting, donc ça recrute beaucoup. Je finis juste sur le business model, parce que c'était la question quand même d'Émilie. Le business model, il est simple. On n'a pas d'exclu, pas de retainer côté boite parce qu'on n'a pas un cabinet de chasseurs de tête. On est 100% en succès. Donc en gros, ils ne prennent pas trop de risques à travailler avec nous. Et côté talent, l'accompagnement, aujourd'hui, il est gratuit. Je dis aujourd'hui, il est gratuit parce qu'en effet, on se pose la question de pourquoi pas le monétiser à un moment ? On voit qu'on est avec beaucoup de valeur au final. C'est-à-dire, elle qui nous le disent, on ne comprend pas que ce soit gratuit. Et en plus, tout ce qui est gratuit n'a pas de valeur.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
On est toujours en train de perpétuellement structurer le cerveau avec ce côté monétisation. En tout cas, aujourd'hui, il est gratuit et on est co-succès avec nos clients. Dernière chose, quand même, à mentionner, deux dernières choses. Pour répondre à des questions peut-être que les gens se posent: non, il n'y avait pas de discrimination positive. Moi, c'était les deux peurs que j'avais quand j'ai monté au filmage Je suis. Je me suis dit: un, il va falloir éduquer le marché Il va falloir sensibiliser. Les gens ne sont pas prêts encore à se dire... Les fondateurs et les fondatrices, à se dire: Il faut des talents féminins inexquisables. Pas du tout. Ils sont tous convaincus du truc: Vous attendez juste notre offre, peut-être. Nous, on rééquilibre un pipe de recrutement, en On est juste là pour dire: Considérez des talents féminins que vous ne savez pas attirer. Nous, on en a. Souvent, nos talents, elles sont toujours en face d'hommes. C'est extrêmement rare qu'il n'y ait qu'elles dans le pipe, mais on rééquipe ce pipe de recrutement, donc on ne fait pas de discrimination positive. Deux, côté talent, on avait un peu peur de ça aussi, que les filles se disent: Je vais embaucher parce que je suis une femme, ce qui n'est pas du tout le cas parce qu'elles comprennent notre mission.
Hortense (Chance)
Je vois l'heure qui tourne, donc j'essaie de faire une question un peu plus globale et perso aussi sur toi. Quel conseil tu aurais aimé qu'on te donne au début de ta carrière ?
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Je pense que c'est celui-là, de savoir mieux utiliser mon réseau. Franchement, moi, j'ai été élevée, je ne viens pas du tout dans un monde où on utilise son réseau. Je me suis vraiment montée toute seule, pas dans un cercle très parisien, très école, etc. Je pense que j'ai mis beaucoup de temps avant de me rendre compte de la force du truc, d'ailleurs, qui est devenu maintenant mon métier. Si je devais donner un conseil à Sarah de l'époque, c'est en effet de capitaliser beaucoup plus là-dessus et de ne pas considérer que c'est du népotisme, du faire-valoir, un truc très sale, qu'on tu vas avoir parfois en se disant: Oui, tu es pistoné. Alors que non, tu n'es pas pistoné, tu sais activer les bons réseaux. Et ce qui démontre aussi une certaine motivation. C'est un autre angle. Tu peux voir le truc à un autre angle.
Hortense (Chance)
Et est-ce que tu peux nous dire une personnalité que tu admires beaucoup ?
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Une personnalité que j'admire beaucoup, oui, mais ça n'a rien à voir avec le recrutement. J'admire beaucoup Céline Alvarez, que tu connais peut-être, qui est une neuroscientifique qui a travaillé... Ça, c'est mon autre domaine de prédilection sur l'EdTech, qui a travaillé sur le cerveau des enfants et de l'apprentissage avec toute une technique autour de Montessori. Je vous en plains à lire ces deux bouquins. Elle est incroyable, cette fille. Suivez-la C'est très dommage qu'elle ne soit pas dans les politiques du gouvernement et sur ces sujets d'éducation, parce que ça changerait beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses.
Hortense (Chance)
Écoute, merci beaucoup Sarah pour terminer là-dessus. Je vois qu'on a fini. En tout cas, j'ai l'impression qu'on a beaucoup de questions. Merci à tous. Est-ce que tu es OK aussi pour que certaines personnes, peut-être, puissent te contacter en direct ? Bien sûr.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Je mets mon mail. Non, mais je mets mon mail.
Hortense (Chance)
Ton email, exactement. Parce que s'il y a nos anciens talents-chances qui veulent bénéficier d'accompagnement pour se reconvertir ou se trouver leur future expérience, je pense que Sarah est la bonne personne. Merci à tous et très bonne journée à tout le monde. Et merci encore, Sarah. C'était hyper intéressant.
Sarah Huet (Entrepreneure & Investisseuse)
Merci. Merci, Hortense. Merci à tous. Au revoir.













