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Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous et merci beaucoup de nous rejoindre pour le live avec Romain. Bonjour Romain.
Romain Morvan (Ergonome)
Bonjour Marine. Merci beaucoup de m'accueillir.
Marine (Chance)
Non, on est ravis. Merci à toi de nous accorder 30 minutes de ton temps pour présenter ton métier d'ergonome. Le chat est participatif, donc n'hésitez pas tous à poser vos questions au fur et à mesure de ce live et aussi à nous dire d'où vous nous écoutez. C'est toujours chouette de savoir est-ce que vous êtes à Paris ou ailleurs. Pour commencer, Romain, est-ce que tu peux nous dire un peu dans les grandes lignes ton parcours et comment tu y es arrivé ou pas, ce que tu t'occupes aujourd'hui ?
Romain Morvan (Ergonome)
Actuellement, je suis en freelance, je suis à mon compte. Pour faire un peu mon parcours, j'ai fait un bac S, une licence éducation motricité. À la base, je voulais partir dans peut-être l'enseignement autour du sport, etc. Je n'étais pas sûr. Ce que je savais, c'est que j'aimais bien les sciences et j'aimais bien tout ce qui était autour du corps. Donc, je suis parti en STAPS. J'ai fait une licence éducation motricité parce que je faisais de l'animation à côté et j'adorais tout ce qui était pédagogie, transmission. Par contre, je me suis très vite rendu compte que l'Éducation nationale et le moule, le même pour tout le monde, ça me convenait pas trop. Je pense qu'à la chance, ça, vous pouvez le comprendre assez facilement. Donc, je me suis un peu éloigné de l'éducation nationale et là, il y a le master ergonomie qui m'a fait de l'œil. Parce que je le regardais déjà du coin de l'œil depuis la L1 et aux alentours du L2, L3, j'ai commencé à vraiment m'intéresser. J'ai fini ma licence et derrière, je suis allé rejoindre le master. C'est un master STAPS axé vraiment sur l'ergonomie et la motricité. Avec une approche très TMS, trouble musculo-squelettique, ce n'est pas l'acronyme, et en s'intéressant vraiment à tout le reste.
Romain Morvan (Ergonome)
On apprend beaucoup plus de psychologie, de sociologie, d'ethnologie par rapport à un cursus STAPS classique, on va dire.
Marine (Chance)
Génial, passionnant.
Romain Morvan (Ergonome)
La deuxième année de Master était en alternance. Là, j'ai fait cinq ans dans un cabinet sur Paris. Et aujourd'hui, c'est la date anniversaire, ça fait un an. Ça fait un an que je me suis lancé tout seul.
Marine (Chance)
Génial. Comme ça, tu vas pouvoir nous parler des deux métiers différents que c'est quand tu es salarié ou quand tu es à ton compte. Et pour comprendre le métier d'ergonome, chez Chance, pour ceux qui ne nous connaissent pas et qui sont arrivés dans ce live, on a un bilan de compétences et une communauté d'entraide pour aider chacun à trouver sa voie professionnelle ou à redonner du sens dans son métier. Et on dit que le travail, il y a quatre piliers. Donc, on pourra voir les quatre avec toi. Il y a le premier qui est le métier, c'est-à-dire tes missions. Ensuite, il y a la finalité, quel sens tu y trouves. Ensuite, il y a l'environnement. Là, c'est chouette parce que tu vas pouvoir nous dire c'est quoi l'ergonome dans une boite et l'ergonome à son compte, parce que ce n'est pas du tout les mêmes environnements de travail. Enfin, il y a les impératifs, notamment le salaire, qui est une question que tout le monde se pose quand il est question de travailler. Si on commence par le métier, est-ce que tu peux nous dire un peu c'est quoi les grandes missions d'un ergonome, tes tâches, une journée type Compliqué.
Marine (Chance)
D'essayer un truc à de résilient.
Romain Morvan (Ergonome)
C'est une approche ikigai, en fait. Je ne sais pas. Que je décrive d'abord, c'est quoi l'ergonomie ? Parce que c'est vague. L'ergonomie, c'est vraiment une discipline au cœur de plein d'autres sciences. C'est au cœur de la physiologie, de la biomécanique, de l'anatomie pour comprendre de le corps, de la psychologie pour comprendre la tête, de la sociologie pour comprendre les têtes entre elles et de l'ethnologie pour comprendre les têtes entre elles en fonction d'où elles sont. Et après, c'est rajouté les sciences de l'ingénieur, la compréhension des ambiances lumineuses, thermiques, sonores, comment ça va impacter aussi l'humain. Et le but de l'ergonomie, c'est de comprendre qu'est-ce qui va impacter dans ton métier. Demain, si Chance m'appelle pour dire: Il faut faire l'analyse de poste de Marine, je ne vais pas regarder juste le cliché, la posture. Je vais regarder qu'est-ce qui va impacter au niveau physique, bien sûr, mais je vais regarder la Je vais regarder l'aménagement, machin, etc. Mais pas que, puisque ça, c'est relié à une fréquence. Donc je vais regarder ce que tu dois faire dans la journée. Est-ce que tu as de la pression ? Est-ce que le stress va avoir un rôle au niveau du corps ?
Romain Morvan (Ergonome)
Est-ce que tu t'insères dans un flux ? Il y a qui avant ? Il y a qui après ? Ils viennent tous ces gens-là, ils font quoi après ? Est-ce que tu utilises du matériel ? Ce matériel, il vient d'où ? Il va où ? Est-ce que tu es soumise à des ambiances spéciales ? Est-ce que tu travailles dans un frigo toute la journée à manutentionner des palettes de yaourt ? Comme ça peut arriver chez Danone, par exemple, des balades. Si tu baisse dans un environnement où il fait 6 degrés toute la journée, forcément, le corps, il ne réagit pas pareil. Ou sur un aéroport avec le bruit, etc. Il faut comprendre tout l'environnement. C'est une approche systémique. Tout le système, c'est comme une toile d'araignée où si tu tires sur un fil, ça agit sur plein d'autres. Et le but, c'est vraiment de comprendre qu'est-ce qu'on peut modifier, qu'est-ce que Sur quoi on peut jouer pour comprendre vraiment comment ça va jouer sur tous les éléments du système et pour améliorer la santé et la productivité.
Marine (Chance)
Super, c'est passionnant. Et dans ta boite précédente, avant que tu te lances à ton compte, c'est quel type de clients qui font appel à vous ?
Romain Morvan (Ergonome)
Ça va de tout. J'ai un exemple rigolo cette année, parce que je fais la même chose que ce que je faisais dans mon ancien cabinet. Je suis aussi dans du consulting. Sauf que cette fois, C'est un peu plus varié. Et j'ai fait un petit café associatif il y a deux mois, comme l'Amazon. Donc c'est des clients totalement différents, avec des missions totalement différentes. Souvent, on ne va pas se le cacher, c'est de l'industrie. L'industrie, pour tout ce qui est prévention des risques, etc. Le jour, j'ai bossé avec une petite boite qui fait de la réparation de pâles d'éoliennes parce que justement, ils ont une grosse saisonnalité et ils veulent comprendre ce qu'ils peuvent faire de plus. En gros, ils travaillent comme des fous pendant six mois et après, ils s'ennuient comme des fous pendant six mois. Moi, j'ai été faire de la recherche utilisateur. Qu'est-ce qu'ils font Qu'attendent ces clients ? Qu'attendent les intervenants ? Qu'attendent les responsables de sites d'exploitation d'éoliennes ? Qu'attendent les investisseurs éoliens ? Qu'attendent les mecs qui font la maintenance des éoliennes ? À chaque fois, de ce prestataire pour faire une carte de désattente de tout le secteur. Et tu te rends compte qu'en interviewant tout le temps, il y a un trou sur un point précis.
Romain Morvan (Ergonome)
Les gars, vous pouvez faire ça pendant six mois, ça vous occupera largement. Et ça, ça demande de s'intéresser au métier. En fait, être ergonome, c'est être curieux. Parce que tu vas tout le temps t'intéresser à tout le monde, tout le temps.
Marine (Chance)
J'adore. Tu y vas et tu enquêtes, tu observes.
Romain Morvan (Ergonome)
Exactement ça, c'est de l'enquête. On m'a demandé ce matin: Si tu étais un personnage de désanimé, tu serais où ? J'ai dit: Sherlock Holmes. C'est pas vraiment désanimé, mais...
Marine (Chance)
Ça va répondre à ça quand je t'écoute. Ça, c'était le pilier métier. Si vous avez d'autres questions dans le chat, plus précis sur le métier, n'hésitez pas à les taper. Je vois que ça commence à taper. Sur le pilier finalité, toi, c'est quoi le sens que tu trouves dans ce métier ? Pourquoi il résonne pour toi ? Pourquoi tu t'y es accompli ?
Romain Morvan (Ergonome)
Ça résonne pour moi parce que ça a beaucoup de sens avec mes valeurs. Ça a Dans l'écoute et dans l'écoute et dans la transmission, pas dans cet ordre-là. La règle numéro un, c'est d'arriver sur le terrain et de ne rien savoir. Je suis une feuille blanche. Je ne dois pas avoir d'a priori. Ce n'est pas moi L'expert, c'est celui qui est sur le terrain, qui bosse là toute la journée. Moi, je suis là pour essayer de refaire toute sa carte, tout son environnement, pour comprendre et vraiment l'accompagner au mieux et l'aider au mieux de ce que je comprends de son activité et des contraintes de son activité. Ça a beaucoup de sens parce que généralement, quand on m'appelle, c'est qu'il y a un besoin et que si je réussis bien ma mission, et jusqu'à là, je continue à toucher du bois, ça se passe bien, la personne, après mon passage, elle va beaucoup mieux. Soit parce qu'il y avait une dissonance, soit parce qu'on a fait un aménagement de postes, soit parce que je lui ai permis de mettre le doigt sur quelque chose qu'elle arrivait pas trop à saisir. Je sais pas. Je n'ai pas d'exemple concret.
Romain Morvan (Ergonome)
Si, si. J'ai fait une mission il y a deux semaines chez Chanel, dans les laboratoires où ils font de la recherche et développement sur les futurs parfums qui vont sortir. C'est de la recherche, donc c'est plein de petites des laborantines qui font des mélanges toute la journée, des tests, machin, elles testent le maquillage. Ce n'est pas bien, ce n'est pas assez rouge, on recommence, etc. Sauf que c'est un boulot artisanal, on va dire, mais avec une demande industrielle, donc ça crée plein de Le problème. L'environnement n'a pas été créé pour ça. On a travaillé au niveau architectural sur la refonte de tous leurs laboratoires et c'était génial. Faire de la simulation sur plan ou avec des Lego sur: OK, toi, tu es là, toi, tu joues tel scénario. Là, je vais faire une préparation de maquillage. Attends, moi, je vais faire une préparation de poudre. Non, là, si on est là, on se gêne. On ne peut pas faire ça comme ça. Ok, le meuble-là, pouf, on le déplace. Allez, on recommence le scénario. Là, ça passe. Et faire de l'accompagnement comme ça pour faire le futur environnement de travail et pour que tout se déroule en santé et en productivité, c'est juste génial.
Marine (Chance)
J'adore. C'est très feng shui comme approche. J'ai Denis qui pose plusieurs La première, c'est quelles sont les différences entre ergonome et UX designer ? Et la seconde, où j'en déduis que Denis a un niveau de connaissance plus élevé que moi sur le sujet, c'est est-ce que tu travailles principalement sur des HIM, je ne sais pas ce que c'est, ou d'autres types de contextes.
Romain Morvan (Ergonome)
Ihm, c'est interface homme-machine. On va faire un peu d'IHM, mais vraiment, moi, ce n'est pas du tout mon cœur d'intervention, parce que par mon parcours où je suis énormément pollué par des kinés et par le Staps, j'ai une approche déjà à partir du corps. Donc, je laisse les IHM aux cognitivistes et à ceux qui sont allés à Bordeaux ou à Caen, par exemple, qui ont cette approche-là. Sur Orléans d'ailleurs, moi, je suis basé à Orléans. Il y a quatre cabinets d'ergonomes. Il y en a un qui est spécialisé en IHM. Et si j'ai une demande de cet ordre-là, moi, je leur envoie.
Marine (Chance)
Vous êtes spécialisé en IHM, ça veut dire quoi ?
Romain Morvan (Ergonome)
Ça va être tout ce qui est en gros interaction avec une machine, donc avec une interface. Ça peut s'entendre de plusieurs façons. De façon très grossière, où est-ce qu'on place le bouton, de quelle couleur, de quelle taille ? En gros, C'est beaucoup de cognitif, etc. C'est très résumé et très grossier, mais en gros, c'est ça.
Marine (Chance)
Oui, OK, je vois la différence.
Romain Morvan (Ergonome)
En gros, l'UX designer, il va designer une expérience. Donc, toute l'expérience de A à Z, ça commence par la recherche et l'ergonome, c'est ça. Ergonome, en anglais, c'est UX researcher, en gros, et c'est toute la partie recherche utilisateur. On va s'intéresser à l'utilisateur final. L'utilisateur final, en gros, c'est celui qui va utiliser le produit. Donc, quelles sont ses attentes, quels sont ses besoins ? Quelles sont ses contraintes ? Par exemple, en ce moment, je travaille avec la métropole d'Orléans pour réfléchir toutes les mobilités. La demande de la mairie, c'est: On veut des On veut des accompagnateurs qui vont aider les nouveaux usagers à se servir des transports en commun. La demande de l'utilisateur, c'est pas ça. C'est qu'il y ait des pistes cyclables, c'est qu'il y ait des machins, c'est tout. Entre la demande de base de la mairie et les attentes utilisateurs, déjà, il y a une Non, c'est pas de la maintenance. Mon boulot, c'est de faire en sorte que le futur produit, il soit totalement conforme aux attentes des utilisateurs. T'entends ça dans toutes les boîtes ? Ils ont du matos, les gars, on comprend pas Pourquoi ils ne l'utilisent pas ? Si ça part du terrain, ce sera utilisé.
Romain Morvan (Ergonome)
Si ça part du bureau pour aller sur le terrain, ça ne sera pas utilisé. Parce que ce ne sera pas conforme avec les besoins, les attentes et les contraintes.
Marine (Chance)
Hyper intéressant. Sur les live métiers en coulisses, l'idée, c'est aussi de révéler les coulisses et de parler concrètement de métier. Et chez Chance, on invite les personnes qui font le parcours à partir en exploration pour justement faire ce qu'on fait en ce moment, c'est rencontrer des gens qui concrètement font le travail et vont pouvoir nous donner une vraie vision et enlever un peu les fantasmes positifs ou négatifs que tu peux avoir sur des métiers. Parce qu'on a tous un peu... On s'imagine des choses, tant qu'on n'a pas échangé avec quelqu'un. Est-ce que toi, tu pourrais nous dire, évidemment, c'est subjectif, mais qu'est-ce que tu adores dans ton métier et qu'est-ce qui, au contraire, te pèse plus ou tu trouves plus difficile ?
Romain Morvan (Ergonome)
Ce que j'adore de base, c'est aller par Tout et rencontrer plein de gens. Ça, il n'y a pas photo. C'est pour ça que je fais l'ergonome en consulting, parce que je peux aller dans un tas de boîtes, voir un tas d'environnements différents. Si tu vas sur des palles d'éoliennes chez chez Amazon dans un café associatif ou je ne sais pas, chez RTE, juste pour voir comment est gérée l'électricité et comment les mecs, ils font pour réparer une ligne qui est cassée. Tu vois plein de coulisses, justement. Moi, c'est ça que j'aime bien, c'est d'aller dans les coulisses des métiers. Parce que je vois tous les envers du... C'est tout bête, mais comment sont fabriqués des câbles électriques que tu retrouves absolument partout ? Si tu vas chez Innextence, une entreprise française du côté de Lyon, dans le Nord, il y en a pas mal, qui fonde plein de câbles, tu vois comment c'est fait de A à Z. On fait fondre le métal jusqu'à en faire un fil et on fait la pâte qui va aller autour. Ça va sur un touré, c'est envoyé sur un camion. Là, tu dis: Zut, derrière, tu vas en magasin et tu vois telle marque.
Romain Morvan (Ergonome)
Et tu dis: C'est génial, je sais comment c'est fait derrière. Ça, c'est ce que j'adore. La partie très frustrante, pour la partie consultant en tout cas, c'est d'arriver en cours de projet et de repartir avant la fin du projet la plupart du temps. Si on m'appelle pour... Parce qu'il y a un problème, on m'appelle pour ce problème-là. Oui, mais il faudrait agir de là à là. Alors, on veut juste faire ça pour l'instant. Bon, Ça, c'est la partie très frustrante, c'est que quand on n'est pas chez soi, le client reste au droit. On fait le job qu'on nous a demandé, il n'y a pas de souci, mais on aimerait bien pouvoir faire beaucoup plus. Quand on n'est pas en interne, ce n'est pas possible. Oui, c'est vrai que je pense que c'est...
Marine (Chance)
Oui, vas-y, pardon.
Romain Morvan (Ergonome)
On discutait avec un confrère qui était en interne. Lui, c'est l'inverse. Il aimerait bien pouvoir avoir le poids qu'a un intervenant externe.
Marine (Chance)
Non, mais c'est vrai et c'est des réalités que tu retrouves quel que soit le métier. C'est frustrant quand tu es à l'extérieur parce que tu es le prestataire sur une petite partie. Et à l'inverse, parfois, c'est frustrant en interne quand les consultants extérieurs, parce qu'ils ont la casquette expert, sont plus écoutés que toi en interne. C'est des choses que tu retrouves souvent, je trouve, dans le: Est-ce que je suis extérieur ou intérieur à l'entreprise ?
Romain Morvan (Ergonome)
Oui, tout à fait. Il y a une question- Ce que je vais amener d'abord, c'est une démarche participative. Je dis: si j'interviens quelque part, il faut que celui qui est sur le terrain, qui va utiliser la solution tous les jours, il soit autant là que celui du bureau, qui n'a pas les mêmes contraintes, que le manager, qui n'a pas les mêmes contraintes, que l'opérateur, qui n'a pas les mêmes contraintes. Il faut que tout le monde soit autour de la table C'est en faisant des démarches participatives comme ça avec tout le monde que ça marche. C'est quoi la question ?
Marine (Chance)
Une question d'Amouré qui est arrivée: Quelle est la part d'intuition versus la part d'analyse de données pour proposer des aménagements ou des solutions ?
Romain Morvan (Ergonome)
Il n'y a pas énormément d'intuition. Du moins, il faut essayer de ne pas en avoir. Ça reste un boulot scientifique qui n'est pas... J'ai dit ça l'autre jour, ça a fait rigoler. Et pas touristique. Parce que l'autre jour, il y a quelqu'un qui m'a dit: Ton boulot, c'est d'aller sur le terrain et de regarder. Non, c'est de recueillir de la donnée. Donc, quand je vais sur le terrain, c'est pour recueillir de la donnée. Après, quand je reviens chez moi, c'est pour analyser la donnée. Quand je vais sur le terrain, c'est pour recueillir. Je pars de ma page blanche et je pars: OK, il y a ça, il y a ça, il y a ça. J'ai fait une dégrille d'observation, je fais des entretiens, je fais plusieurs types d'observations, que ce soit observation armée, vidéo, observation flottante, directe. Il y a plein de types d'observations différents. Ça, c'est plein d'outils issus de la sociologie. On fait l'observation qui bien en fonction du contexte. On recueille un maximum de données. Ça peut être de la photo, de la vidéo, de l'entretien, des ralentis. J'utilise pas mal de capteurs, des capteurs de quart de fréquence métrique, si on veut regarder une grosse dépense énergétique, capteur électromiographique, si on veut regarder juste l'activité musculaire sur un geste précis.
Romain Morvan (Ergonome)
Ça peut être plein de trucs différents. Et une fois prêt, je rentre chez moi et j'essaie de remettre toutes les pièces une par une. Le but, c'est d'aller sur le terrain et de choper des pièces et après de refaire toute la situation chez soi et pour comprendre les interactions entre ces pièces. Il n'y a pas vraiment d'intuition. Le but, c'est vraiment de remettre en lien tous les trucs ensemble. Après, bien sûr, quand on allait sur 15 sites logistiques différents On commence à connaître les problématiques du secteur. On commence à dire: Ce problème-là, je l'ai déjà rencontré là-bas. Ils l'ont déjà résolu de telle manière. C'est plus après de la redondance d'expérience que de l'intuition, mais L'énorme avantage, ça rejoint la question, c'est qu'on a en tant qu'ergonome, surtout externe, c'est qu'on arrive avec un œil neuf. On n'est pas pollué par quelque chose, on baigne dedans tous les jours. On voit tout de suite ce qui dépasse puisque c'est là depuis... Nous, ça nous saute aux yeux. Je ne sais pas si j'ai répondu à la question, mais...
Marine (Chance)
Si, c'est très clair. Du coup, non, c'est de la donnée et pas de l'intuition. Et quand je t'écoute, c'est le mot chercheur qui me vient à l'esprit.
Romain Morvan (Ergonome)
Complètement. Il faut avoir un profil scientifique ou de recherche. Ceux dans ma promo qui ne met pas ça et qui ont découvert en cours de route qu'il y avait beaucoup de recherches, de recherche terrain, recherche biblio derrière. Ils ne sont pas restés dans le métier.
Marine (Chance)
J'ai une question de Maria qui demande: Bonjour Romain, peux-tu nous dire jusqu'à quel point tu formalises les workflow, circuits peut-être Il faut aussi l'aimer les détails pour exercer ce métier ?
Romain Morvan (Ergonome)
Très bien comme question ça. Oui, il faut aimer les détails, puisque de toute façon, on va aller chercher. On va chercher tous les petits détails. Ça peut être le petit détail gestuel qui fait que le gars, il a mal à l'épicondylite parce qu' En fait, au moment de... La dernière fois que j'ai fait ça dans un centre équestre, la madame, elle l'avait là parce que quand il y avait des groupes de 15 personnes, elle allait faire le petit mouvement en plus pour vérifier que Les enfants, ils avaient bien serré les lanières des selles. Ce qu'elle ne faisait pas avec des adultes. Et quand elle a mal le mercredi en rentrant, c'est parce que le mercredi, c'est que des groupes d'enfants et qu'à chaque fois, elle vérifie toutes les lanières plusieurs fois. Et ce C'est-ce qu'on fait ce test-là, répéter toute la journée et toute l'après-midi, pour la sécurité des enfants, c'est ce qui lui faisait son problème. Ou alors un gars qui avait mal au cervical parce qu'en fait, il travaille dans un secteur spécifique et il a mal au cervical parce qu'en fait, il ne voit pas bien, donc il se rapproche. Ça, c'est des tout petits détails.
Romain Morvan (Ergonome)
Si on ne va pas chercher le détail spécifique sur le terrain, on ne peut pas le trouver. Et après, on formalise à fond pour que ce qu'on fasse remonter, ce soit bien compris. Parce que quand on intervient sur un milieu, c'est pour le faire évoluer. Si on fait évoluer un milieu, c'est-à-dire qu'il y a quelqu'un qui l'a construit, ce milieu, qui vit dedans tous les jours et donc il va le protéger. Quand on arrive chez quelqu'un et que tous des Je ne sais pas, si j'arrive dans ton salon, Marine, elle me dit: Non, le canap, il faut le mettre là, il faut le mettre là, il faut le mettre là. Regarde, tu n'auras plus de reflets sur ta télé. Je dis: Non, non, non, non. J'ai toujours fait comme ça. Tu laisses mon bureau tranquille, mon canap. Et donc là, ça va peut-être être Là, il faut détailler au maximum, justifier au maximum. Et c'est pour ça que je dis qu'on a une discipline scientifique, parce qu'on part des données et il faut qu'à la fin, de toute façon, ce qu'on conseille, puisque ça reste du conseil, la préconisation, il faut que la préconisation, elle soit la plus neutre possible et la plus objectiveée possible, surtout.
Marine (Chance)
Ok. J'avais une question sur la rémunération, sans évidemment donner ton salaire personnel, mais quel est le type de fourchette qu'on peut espérer quand tu commences ? Et est-ce qu'il y a des évolutions ? Et globalement, à quoi peut prétendre un ergonome ?
Romain Morvan (Ergonome)
Les fourchettes sont très, très vases. C'est un râteau, on est obligé de les. Si on travaille dans le public, dans certains milieux, quoique maintenant, ça a été revu depuis le sécure, ça va être aux alentours des 2000, on va dire. En cabinet, en débutant, ça va être en dessous. Pour un master, ce n'est pas énorme. Par contre, j'ai des copains qui sont partis chez des énormes boites comme Varsy, Bouygues, Orange, etc, où là, on peut atteindre les 3, 4 000 assez facilement. Mais c'est des très gros postes et il n'y en a pas des masses. Celui qui me vient à l'esprit comme ça, il est responsable de la filiale construction de Bouygues France. J'ai un ancien collègue qui est responsable Europe chez Danone.
Marine (Chance)
Oui, donc à la limite, ce n'est pas- Là, oui, il a un super salaire, mais il a des responsabilités de dingue, il a des déplacements de dingue.
Romain Morvan (Ergonome)
Il fait plus vraiment de l'ergonomie, il fait du management.
Marine (Chance)
J'ai une question de Denis qui intéressera sûrement plein de personnes qui veulent éventuellement se réorienter vers ce métier. Quel diplôme diplômes sont nécessaires ? Est-ce que les réorientations sont envisageables ou c'est un métier qui est très fermé si tu n'as pas le cursus depuis le début ?
Romain Morvan (Ergonome)
Non, c'est assez facile d'y accéder. La voie royale, C'est le seul par laquelle je suis passé, c'est un master. Master Ergonomie. Il y en a dans pas mal de villes. Il y a pas mal de masters aussi ou même de DU juste en deux ans avec le CNAM, des trucs comme ça, qui permettent d'avoir des diplômes universitaires assez facilement et qui sont très professionnalisants directement. La voie royale et la plus recherchée, c'est le master. Après, il y a pas mal de DU et donc en un ou deux ans, on peut devenir assez facilement avalable. Plus deux, si on veut le diplôme totalement. Après, on peut faire des petits bouts un an par un an et valider juste des blocs, je crois.
Marine (Chance)
Très clair. N'hésitez pas, si vous voulez, il nous reste cinq minutes. Si vous avez d'autres questions, allez les poser dans le chat. Et en termes de différences entre salarié et freelance, toi, comment tu vis la différences ?
Romain Morvan (Ergonome)
Sachant que je suis passé d'un cabinet à un cabinet tout seul. Donc l'activité est à peu près la même. Ça va plus être le statut du salariat à l'entrepreneuriat qui est beaucoup C'est un peu challengeant. Beaucoup plus de doute aussi, surtout au début. Il y a un an tout pile, quand j'ai créé le statut, jour pour jour, je me suis dit: Est-ce que c'est une bonne idée ce que je suis en train de faire ? Là, je n'ai pas à me plaindre. Je connais des copains qui ont fait exactement pareil au même moment dans une autre ville pour qui ça ne se passe pas aussi bien. Moi, je n'ai pas du tout à me plaindre. Par contre, c'est super challengeant parce qu'il faut apprendre à faire plein de trucs. On n'est pas juste sur: Je vais faire mon observation terrain, je reviens, je fais mon compte rendu ou mon accompagnement ou quoi que ça peut être. Là, il faut apprendre comment ça marche, la compta, comment ça marche, la gestion, comment ça marche, les impôts, la TVA, le machin-suisse. Là, il faut avoir... Je commence à avoir des bases en comptabilité, c'est bien.
Marine (Chance)
C'est le coup de la liberté. Il y a Marie Véronique qui demande: Est-ce que tu es autoentrepreneur ?
Romain Morvan (Ergonome)
Oui, tout à fait.
Marine (Chance)
Ok. Et il y a Charlotte qui dit: Je me permets une précision sur les masters en ergonomie. Ils sont nombreux et les champs d'application sont vastes.
Romain Morvan (Ergonome)
Tout à fait raison. Orléans, on était On va se spécialiser en gros sur le corps. On avait une approche très TMS avec l'ergonomie de la motricité. On va à Bordeaux, c'est axé cognitif. Si on va à Orsay, ils ont un peu comme nous, très axé sur les TMS, mais il y a plein de trucs différents. Si on va à Caen, ce sera très axé UX design. Je vois qu'il y a une question de Denis là-dessus sur le design de service. Ça, c'est passionnant. Denis, si ça t'intéresse, tu peux regarder la boite Ergocentre à Orléans. Ils sont spécialisés sur le design de service avec Nécoé aussi d'ailleurs. Nécoé, Actan, Ergocentre, c'est trois acteurs qui sont sur Orléans et qui font que du design de service. Le métier d'ergonome est tellement vaste qu'en fonction d'où on peut partir. J'ai des gens avec moi dans le master qui ne savent pas ce que c'est, les TMS. Ils ont fait la même formation que moi, ils en ont traité un tout petit peu, sauf qu'ils sont partis directement sur autre chose. Ils ne font que du design de service, maintenant. Donc, le design de service, ça va être sans souci de nous.
Romain Morvan (Ergonome)
Le design de service, ça va être sur tout ce qui est en gros, développer un service pour quelqu'un. Imaginons demain, je dis n'importe quoi, un champ se dit On veut une application, on veut développer un service où n'importe qui peut se réorienter et trouver sa voie et machin, et que ceci. Ok, quels sont les points de contact ? Et où est-ce qu'on va mettre le truc ? Quelles sont les attentes utilisateurs ? On peut en faire plein de trucs. Mais on part et on fait des boucles itératives avec les attentes des utilisateurs, les prototypages, les buts, des petites maquettes. Et c'est parti.
Marine (Chance)
Trop chouette. Je me suis permise, Romain, d'envoyer ton LinkedIn dans le chat. Oui, bien sûr. Pas de souci. Pour celles et ceux qui veulent prolonger la discussion avec Romain, n'hésitez pas. Il l'accepte gentiment. Il y avait une dernière question de Fanny. Tu Tu as parlé du salaire dans une boite en interne. Mais salarié en cabinet consultant ou consultant à son compte ?
Romain Morvan (Ergonome)
Cabinet consultant, si on est salarié, ce n'est pas folichon, folichon, on va dire. Ça va être aux alentours de... Les plus bas que je connais en cabinet, ils sont à 1 07. Les plus hauts, ils sont à 2 05. À son compte, quand ça marche, c'est comme quand tous les C'est comme tous les métiers où on est à son compte, où ça marche, ça peut aller très haut.
Marine (Chance)
Et une dernière question que j'ai pour toi: qu'est-ce qui a fait le désir de passer à ton compte ?
Romain Morvan (Ergonome)
Je m'ennuie un peu. Ça faisait cinq ans qu'on faisait la même chose. Il y avait encore énormément de trucs à apprendre, etc. Celui à qui j'étais avant, Olivier, mon ancien boss, était passionnant dans C'est la personne la plus... Quand on parle de personnes qui ont vraiment fait un déclic dans ma carrière, lui, je le remercierai jamais assez. Parce que kiné, ergonome, psychologue, comptable. C'est une mine de savoir et un puits de savoir sans fond. Par contre, mes activités, mon rôle devenaient un peu répétitifs et j'avais vraiment envie de me challenger un peu. Après, il y a eu une passe un peu mauvaise de trois semaines où je suis allé bosser avec des copains. Ça s'est super mal passé et c'est plus des copains. C'est là où je me suis retrouvé sans rien il y a un an et je me suis dit: Allez, c'est parti, c'est un signe, il faut que j'essaie. Donc c'est un mal pour un bien.
Marine (Chance)
Très clair Écoute, merci mille fois Romain. Pour info, toutes les personnes qui témoignent dans ces live le font gratuitement et prennent de leur temps de 30 minutes pour aider les autres. Donc, mille merci Romain. En plus, Romain est à deux doigts partir en vacances, donc il est en pleine ligne droite, rush, et il a pris 30 minutes quand même pour nous.
Romain Morvan (Ergonome)
Dans 5 minutes, il est en vacances.
Marine (Chance)
Donc, merci beaucoup d'avoir pris le temps pour nous. Je vous ai remis dans le chat le lien vers la page d'entraide de Chance, parce que Romain a aidé en présentant son métier, mais vous aussi, si vous voulez, vous pouvez aider en présentant le vôtre. Donc, si ça vous intéresse, n'hésitez pas à faire partie de la communauté Chance pour faire ce genre d'actions d'aide. Et mille merci. Je pense que tu auras des messages sur LinkedIn bientôt. Donc, ne vous inquiétez pas si Romain ne répond pas tout de suite, tout de suite, parce qu'il part en vacances. Je vois qu'il y a eu plein de questions et beaucoup de merci.
Romain Morvan (Ergonome)
Super. Oui, top. Merci beaucoup.
Marine (Chance)
Merci à tous. À bientôt. Au revoir.












