Caroline Balley-Tardy, Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales

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Charlotte (Chance)

Je pense que c'est parti. Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue à cette semaine de live organisée par Chance. De mon côté, je suis Charlotte et je m'occupe du développement de la communauté chez Chance. Et d'ailleurs, je serais curieuse de savoir d'où vous nous écoutez ce matin de bon matin. Si certains, certaines veulent s'emparer du tchat pour nous dire peut-être à quel endroit vous êtes en ce moment. Pour ma part, je suis à Paris et je crois que Caroline est à Chambéry. Et je suis très heureuse d'animer ce live sur le métier de facilitatrice des transitions écologiques et ce futal. Je te remercie beaucoup, Caroline, d'être là pour nous présenter ton parcours et comment tu en es arrivée à ce métier. Je vois pas mal de dans le chat. On a des gens à Grenoble, à Nantes, Yves Riches-sur-Seine, à Paris, à Montpellier, à Genève aussi, à Toulon. C'est génial, c'est assez diversifié, donc c'est top. Bonjour à toutes et bonjour à tous. Et Caroline, je pense que je peux te laisser peut-être la parole pour nous parler peut-être de ton métier et en quoi ça consiste aujourd'hui à être facilitatrice des transitions écologiques et sociétale.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Merci. Merci pour cette invitation. Je suis Caroline Balletardy. Et effectivement, ce nom de facilitatrice des transitions écologiques et sociétales est un peu long et peut-être un peu pompeux, je ne sais pas, mais je pense que c'est aussi un métier en émergence. Donc, j'espère que je vais pouvoir vous éclairer un peu sur ce en quoi ça consiste. Je vais peut-être commencer un petit peu par mon parcours. Donc, j'ai fait des études à Lyon, à Sciences-Po Lyon. Ensuite, je suis allée faire un master en urbanisme à Strasbourg. Puis, j'ai commencé à travailler en tant qu'urbaniste dans un service déconcentré de l'État, en Île France, où je faisais du conseil aux élus, au territoire, de la planification urbaine. Et puis, je pilotais un service d'instruction aussi permis de construire. Et ensuite, je suis allée à Lyon dans un au niveau régional du ministère de la Transition, sur un poste de chargé de mission Aménagement du territoire. Et du coup, c'est à l'occasion de la préparation de ce live, ça m'a permis de mettre un peu en mots le fil rouge, finalement, de mon parcours. Et je dirais que c'est pour moi le bien vivre ensemble. C'est-à-dire que les sciences politiques, c'est l'art du vivre ensemble.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

L'urbanisme, c'est comment ce vivre ensemble. On peut la faire atterrir sur un territoire. Et le bien vivre ensemble, pour moi, c'est la dimension relationnelle, comment on relationne sur un territoire. Et du coup, à ce stade de mon parcours, quand j'étais à Andréa, au niveau régional, j'accompagnais des projets de territoire, d'aménagement du territoire, notamment sur des enjeux de mobilité, de déplacement. Et donc l'idée, c'était d'accompagner les élus à sortir de la pensée du tout voiture et des aménagements qui consistent à rajouter des ronds-points, des échangeurs, élargir des routes, etc, pour réfléchir aux enjeux de mobilité douce comme le vélo, etc, sur des territoires plats, le long de la vallée du Rhône, par exemple. Et en fait, à ce moment-là, c'est là où ça a constitué pour moi une bascule dans mon parcours. J'ai réalisé Déjà que s'il n'y avait pas de compréhension profonde de l'état dans lequel était notre monde, parce que là, on parle un peu de transition, de développement durable, ce qui est le cœur de mon métier, si on ne comprend pas ces enjeux-là, on ne peut pas comprendre pourquoi il Il faut changer les pratiques. Pour moi, revenir à la base, c'était évident, mais ça ne l'est pas forcément.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Parce que ça demande aussi un travail de recherche, d'aller puiser des ressources. Aujourd'hui, on en parle énormément, mais il y a une dizaine d'années, ça ne faisait pas la une des journaux et je pense qu'il n'y avait pas de prise de conscience de l'état dans lequel c'était. Donc, je me heurtais un peu à des murs avec une grosse fatigue de ne pas arriver, d'essayer de porter, d'expliquer, etc, sans y arriver. À ce moment-là, j'ai fait une rencontre assez déterminante, effectivement. J'ai rencontré une facilitatrice, Lara Mangeoubert, qui, elle, travaillait sur les enjeux d'accompagnement du changement, qui, elle-même, dans son propre cheminement, s'est rendue compte qu'en mobilisant des approches psychosociales, le changement, c'est tout un processus d'accompagnement et qu'appliquer aux enjeux de transition écologique et solidaire, il s'agit d'un changement presque culturel, vraiment de paradigme, de compréhension du monde et que ça se résoudrait pas seulement par des problématiques ou des choix techniques, mais vraiment par un accompagnement humain de la compréhension des choses et puis des interrelations, etc. Parce que les changements, ça active forcément des résistances, etc. Qui peuvent être tout à fait saines. Les résistances peuvent être tout à fait saines et légitimes, mais c'est de mettre de la conscience là-dessus pour avancer ensemble.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

À ce moment-là, je me suis formée à la facilitation, à l'intelligence collective, parce que j'ai aussi pris conscience que dans les projets, notamment dans les territoires, il y a énormément d'acteurs différents à des échelles différentes, avec des enjeux différents, des potentiels conflits d'usages. Donc, en fait, vraiment la complexité. Et donc là, c'est là où l'intelligence collective m'est apparue comme un élément essentiel pour construire, co-construire ensemble, déjà une compréhension partagée de ce qui se jouait et ensuite des pistes d'évolution, de redirection de certains projets, etc, en lien avec des enjeux liés au réchauffement climatique, l'effondrement de la biodiversité, etc. Là, je me suis formée à ces éléments et en parallèle, j'ai développé avec des collègues un laboratoire d'innovation publique. Dans mon esprit, l'innovation, moi, je ne l'entends pas comme des recherches de solutions techniques, mais vraiment, c'est pour ça que je parle de sociétale, c'est vraiment la dimension humaine, relationnelle et de vision du monde. Pour moi, c'est ça qui fera l'innovation demain, c'est-à-dire vraiment changer. Parfois, on parle de désinnovation. Réinterroger ce qu'on entend par... Ça veut dire quoi le progrès ? C'est quoi la performance par rapport à la résilience ? Ce sont des notions antagonistes.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Réinterroger toutes ces choses. Pour moi, le sens, c'est lié à cette prise de conscience qu'il faut pouvoir aussi agir. Un petit moment de découragement, de se dire: Comment faire ? Par quel bout commencer ? La mise en action, pour moi, était importante et elle s'est jouée dans le fait d'accompagner les acteurs à la fois une meilleure compréhension et à les aider à traverser ces étapes de blocage ou de trouver des manières de faire pour avancer ensemble et selon leur volonté. C'est-à-dire que ce n'est pas de la conduite, c'est toujours une C'est pas une imposition. C'est pas une imposition. Et après, on construit ensemble les modalités. Après, si je reprends un peu les éléments de trame que vous proposez pour cette intervention par rapport peut-être aux hésitations que j'ai pu avoir dans cette bascule Il y avait pour moi une dimension... C'est un métier qui est quand même relativement nouveau, la facilitation. Donc, ça m'a pris déjà du temps de comprendre que c'était un vrai métier, parce que moi, je venais du monde de l'urba, etc. Et après, c'était de la question de la légitimité de me dire: Finalement, il y a tellement de complexité, il faut que j'apprenne plein de choses, il faut que je sache tout.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Donc, j'étais encore dans cette posture d'expertise. Et de me dire: Non, en fait, ce n'est pas... Parce que moi, j'ai un profil généraliste, je ne suis pas du tout experte, mais que c'est ces profils un peu à l'interface d'expertises qui est importante. C'est aussi de comprendre qu'il y a besoin de ces profils qui font les liens. Ça m'a permis de me dire: Si, il y a vraiment besoin. J'ai constaté qu'il y avait vraiment besoin. À un moment donné, je me disais: Mais est-ce que ça sert à quelque chose ? Ce que j'appelle l'huile dans les rouages. Ça ne se voit pas forcément, mais souvent, c'est essentiel pour pas que ça frotte, que ça craince et que ça puisse continuer d'avancer. Voilà à peu près en quelques mots son parcours.

Charlotte (Chance)

Merci Caroline. C'est très complet et très intéressant aussi. Donc merci pour ton partage. Si aujourd'hui tu devais peut-être donner un conseil, j'imagine peut-être que parmi les participants et participantes, peut-être qu'il y a des personnes qui souhaitent se diriger vers ce métier. Et s'il y a quelque chose... Tu as parlé des formations, etc, du fait que tu t'étais aussi beaucoup renseigné, il y avait une partie de recherche, etc. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu conseilles aux personnes qui ne viennent pas de ce milieu, mais pour qui c'est un métier vers lequel il ou elle souhaite se diriger. Je pense que c'est marrant, Fabienne vient de poser une question. Elle demande: Quel Quel parcours entreprendre pour une reconversion vers votre métier, vers ton métier, Caroline, quand on vient d'un univers complètement différent ?

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Déjà, pour moi, c'est justement l'univers qui va être la richesse, ça va être la couleur de chacun. C'est-à-dire que mon métier de facilitation, c'est un métier extrêmement transversal. C'est-à-dire c'est comment on met les gens en lien, comment on fait travailler collectivement. Je vois qu'il y a une question sur le concrètement du métier. Je peux peut-être commencer par ça pour ensuite voir comment procéder. Il y a beaucoup de facettes, donc je ne pourrais pas répondre à tout. Ça va, par exemple, de préparer et concevoir un atelier en intelligence collective autour d'un projet, Ça peut être une stratégie de territoire. Moi, je suis surtout sur des enjeux d'aménagements du territoire. Donc ce n'est pas forcément concret comme faire des objets. Ça reste quand même quelque chose aussi... Pour moi, le concret de mon métier, c'est la relation. Et donc Ça va être d'organiser, par exemple, une réunion en se disant: OK, il y a des acteurs qui ne sont pas d'accord, ils n'ont pas la même vision. Par contre, il y a un blocage. Par exemple, il y a un enjeu autour de la question de l'eau. Ça va être de préparer, par exemple, une réunion pour avoir un temps d'échange, que chacun puisse exprimer pour lui, ça veut dire quoi l'eau, c'est quoi les enjeux, etc.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Ensuite, les amener dans un travail de design dans ce processus, à réfléchir quels sont les éléments partagés, congruents pour chacun. Et à partir de là, par exemple, de faire un plan d'action plus opérationnel en lien avec leur métier, qui est un gestionnaire de l'eau, etc. Et en fait, ce que je trouve vraiment intéressant, c'est comme je dis, pour moi, c'est un métier, je pense qu'il devait exister avant sans avoir ce nom-là, mais la richesse, ça va être les différents profils. Je pense que ce qui est intéressant dans mon profil, c'est que je me suis réapproprié mon métier d'urbaniste, qui me permet de comprendre, de décrypter peut-être plus facilement des enjeux. Mais en fait, je n'active absolument pas mes connaissances d'urbanisme quand j'interviens. Au contraire, limite, si on ne connaît pas le sujet, c'est encore mieux. Donc, on n'a pas forcément besoin... Peu importe d'où on vient, que ce soit le monde de l'hôpital, de l'enseignement, des mathématiques, que sais-je, C'est avant tout, pour moi, le premier pas, il est de réfléchir à soi-même. C'est-à-dire que vous parliez du conseil à se donner. C'est de voir: OK, chacun, qu'est-ce que j'aime faire ? Est-ce que je préfère être seule ? Est-ce que je préfère être en lien avec les autres ? Pour pour se rendre compte à quel endroit on peut agir. Après, dans ce métier-là, il y a plein de facettes différentes. Ça peut être vraiment plutôt du design pédagogique, on designe des processus et on ne va pas forcément jusqu'à l'animation. Souvent, les deux, c'est quand même bien de faire les deux. Donc mieux on se connaît et mieux on peut arriver aussi à inventer son propre parcours. Je ne sais pas si la réponse est satisfaisante parce qu'il n'y a pas de réponse toute faite.

Charlotte (Chance)

Et peut-être lié à ça, Amandine te demande quelle formation en facilitation est-ce que tu as suivi. Donc peut-être que ça peut aussi être relié aux personnes qui veulent totalement se reconvertir et ça peut peut-être aider si tu as éventuellement quelques noms de formation à indiquer aux personnes qui souhaitent changer ?

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

J'ai un peu composé mon parcours, sachant qu'à l'époque, il n'y avait pas encore de formation. Aujourd'hui, il y a même des certifications, etc. Quand j'ai commencé, il n'y en avait pas spécialement. Un élément qui a été pour moi très important, ça a été l'accompagnement du changement. Là, il y a plusieurs types de formations qui existent. Par exemple Nous, dans notre structure, je travaille pour Covalence, on en propose aussi. Après, il y en a plein d'autres qui existent. Là, je ne pourrais pas forcément dire puisque nous, on a repris toutes les approches de Lara Mange-Oubert sur l'accompagnement du changement. Je me suis aussi beaucoup formée à la théorie U, qui pour moi, est très en lien avec les enjeux environnementaux, le changement de posture. Et là, il y a des MOOCs en ligne proposés par le MIT, des cours gratuits. C'est en anglais. Un MOOC qui est très complet et très intéressant aussi. Après, j'ai composé, c'est-à-dire que j'ai fait des petites formations aussi dans le cadre de ma structure avec des intervenants extérieurs. Je n'ai pas forcément fait un parcours, un package, je peux dire: Il y a ça. Où j'ai composé avec du co-design, par exemple de la facilitation graphique, de la communication nonviolente. J'ai composé un peu ce parcours-là. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, je ne pourrais pas dire... Je pense qu'il existe des choses parce que je vois que ça se développe énormément. Mais j'étais au moment où ça se développait, donc je n'ai pas forcément de formation au pire au moins à donner.

Charlotte (Chance)

Déjà, tes éléments de réponse, je pense, sont déjà d'une grande aide. Je vois Emilie aussi qui demande dans quel cadre est-ce que tu exerces ton activité aujourd'hui ? Est-ce que tu es indépendante ou salariée ?

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Aujourd'hui, je suis en phase de transition, donc j'ai deux casquettes. Je suis toujours dans le sein d'un service du ministère de la Transition où je suis coordinatrice d'un laboratoire d'innovation publique. Là, je suis fonctionnaire. Et puis, sur mon autre partie de mon mi-temps, je suis indépendante. Donc là, j'interviens auprès de collectivités de groupes, mais en indépendante.

Charlotte (Chance)

Ok, super. Moi, j'avais une petite aussi question pour toi, Caroline: qu'est-ce que tu aimes le plus dans ce métier ? Et peut-être, à contrario, quels sont les éléments peut-être un peu plus difficiles ou un peu plus auxquels peut-être parfois tu peux te heurter et qui font partie du métier ?

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Moi, ce qui me plaît beaucoup, c'est quand j'arrive... Moi, je suis souvent en phase très amont des projets, donc vraiment en amont. Les personnes viennent me voir avec souvent un problème, des questions, ce n'est pas clair. Ce qui me plaît, je me rends compte, c'est dans ce brouhaha a ou cette chose pas claire, c'est de commencer à distinguer, faire émerger des lignes de sens et puis d'accompagner les acteurs, progressivement, à faire le ménage pour y voir un peu plus clair et avancé. Ce qui me plaît aussi, c'est d'arriver à travailler pour générer des dynamiques humaines de qualité, vraiment avec un soin, pour moi, important à porter à la relation humaine entre les personnes. Faire ce tissage entre le sens, le fond, la forme aussi. Vraiment cette cohérence fond-forme, pour moi, elle est aussi très importante.

Charlotte (Chance)

Super. Merci pour ton retour.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Oui, tu parlais des difficultés aussi. Parfois, ça peut être d'être ça, ça a des résistances fortes parce que ça vient de challenger fort ces enjeux de redirection écologique, etc. Pour moi, c'est important d'avoir des temps de ressourcement personnel, de prendre soin de soi d'abord, pour être en capacité d'accueillir les résistances qui peuvent arriver. Ça, c'est un élément aussi important, à mon avis, à prendre en compte.

Charlotte (Chance)

Super, merci. Tu as raison, c'est très précieux de prendre soin de soi. Je vois Rébecca qui demande, qui qui indique qu'il est difficile de savoir quelle est la demande sur le marché du travail par rapport à ce métier. Est-ce que toi, tu es d'accord avec ça ? Est-ce que, au contraire, tu penses que peut-être qu'il y a des sites un peu plus cachés sur lesquels il y a des offres sur ton métier ?

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Non, c'est une très bonne question parce qu'effectivement, une des difficultés, c'est que je pense qu'en vrai, il y a des besoins qui sont juste énormes mais qui ne sont pas forcément conscients. C'est-à-dire qu'un des premiers travails, c'est... Si on cherche un poste comme ça, on risque de ne pas trouver. C'est plutôt d'aller... Parce que c'est une forme de maillotique, donc C'est comment on va accompagner un porteur de projet à prendre conscience et à l'aider à clarifier sa propre demande. Parce que tout l'art, ce n'est pas tant d'aller vers la solution, mais d'aller vers poser les bonnes questions. Ce n'est pas évident pour un commanditaire d'arriver et de remettre en question sa commande. Or, souvent, c'est quand même bien le cas. Il y a cette dimension-là qui n'est pas évidente. Je vois la question: peut-on vivre à temps plein ? Moi, j'ai des collègues en indépendant, ils sont débordés de travail. Donc oui, on peut tout à fait en vivre. Après, c'est comment on va aborder, comment on va parler du métier. Et peut-être, je pense qu'en fait, ce n'est pas une approche, entre guillemets, frontale C'est rentrer par les projets et au sein de l'accompagnement d'un projet, d'aller justement distiller, en étant clair sur ces approches, de l'accompagnement du changement, de l'intelligence collective, etc, dans l'accompagnement.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

C'est tout pour moi. La subtilité, la difficulté, c'est qu'il n'y a peut-être pas encore une prise de conscience très claire de ce besoin en amont, beaucoup. Parce que quand on arrive en aval, c'est que c'est déjà complètement le bazar. On peut intervenir là, mais ça devient un peu compliqué.

Charlotte (Chance)

Ok. Merci pour ta réponse. Je vois aussi Emilie qui posait une question et qui t'a demandé: à quel type d'entreprise ou d'organisme est-ce que tu... Je me suis dit que c'était peut-être sur ton activité en tant qu'indépendante.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Je travaille plutôt avec des collectivités locales, mais ça peut aussi être avec des associations. Et puis, parfois, on va aussi rechercher des financements, par exemple de fondations, pour financer un accompagnement, un lien. Là, par exemple, je travaille avec une association, Le Pas de Côté, sur des enjeux de rev réalisation des écosystèmes. Donc là, on est financé par une fondation. Et après, il y a des entreprises qui ont besoin, parce qu'il y a des besoins qui vont être extrêmement forts, de redirection écologique. C'est-à-dire comment l'entreprise L'entreprise, elle doit à la fois se réorganiser parce que le fonctionnement, souvent en silo, etc, devient très compliqué à gérer avec la complexité, mais aussi dans les activités, avec la raréfaction de certaines ressources, etc. Les modèles économiques qui sont basés sur de la ressource, on va dire, abondante, etc, vont être obligés de se réorienter. Et en fait, comment les accompagner à travailler cette stratégie de réorientation avec ce nouveau paradigme ? Là, par exemple, j'ai des collègues qui accompagnent des stations de ski pour revoir leur modèle, etc.

Charlotte (Chance)

Oui, donc ça peut être très varié.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Dans le milieu de la culture, du tourisme, le tourisme de masse, il n'est clairement pas durable. On voit que les problématiques d'eau, des enjeux de l'eau. Comment on fait pour accompagner le secteur du tourisme, être sur un tourisme plus résilient, moins impactant, etc. Je pense que tous les domaines, de toute façon, sont concernés parce que ça concerne vraiment comment faire que la terre reste habitable, nos territoires restent habitables. Donc, c'est extrêmement transversal. C'est la mobilité, l'alimentation.

Charlotte (Chance)

Merci beaucoup. Tu l'as un petit peu évoqué tout à l'heure la question du sens. On parle beaucoup de sens au travail depuis plusieurs années et pour Chance, le sens est vraiment un alignement avec quatre piliers assez fondateurs et pas uniquement la finalité, à savoir la cause et l'intérêt que tu as dans ton travail, mais aussi vraiment le pilier de ton métier, donc vraiment tes missions que tu fais au quotidien, ton environnement de travail, vraiment la culture d'entreprise, le type d'entreprise dans lequel tu travailles et tes impératifs personnels. Tu parlais notamment de ton équilibre professionnel et personnel, donc peut-être à travers tes horaires, ton niveau de rémunération, etc. Je voulais te demander, toi, quel sens tu trouves aujourd'hui dans ta vie professionnelle et en fonction peut-être de ces quatre piliers dans tes missions au quotidien, dans ton environnement avec cette partie indépendante et dans tes impératifs aussi personnels.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Effectivement, moi, ce qui est lié aussi à ma bifurcation sur la dimension indépendante qui a vocation après à devenir un 100%. C'était la notion d'autonomie sur les horaires, la façon de faire. Non pas quand on est indépendant. C'est un peu un mythe de se dire: On va skier quand on veut, on se fait comme on veut, ce n'est pas vrai ? Parce qu'on a quand même des impératifs assez forts. Pour autant, on peut quand même organiser. Donc pour moi, c'était important de me dire: Je vais pouvoir intégrer dans mon plan de charge le fait, par exemple, d'aller marcher quatre heures en montagne. Ça fait partie de mon boulot, parce que je me régénère dans ma capacité de présence, etc. Donc ça me laisse plus de marge de manœuvre pour gérer ça. Pour moi, c'était important et j'aime beaucoup aussi explorer aller découvrir des nouvelles choses. C'était aussi d'être dans un métier qui va me permettre de découvrir plein de facettes ou de territoires différents. C'est aussi lié à l'environnement, c'est-à-dire à la fois je peux organiser, j'ai pu avoir un certain nombre de déplacements et en même temps, je ne suis pas que sur la route non plus.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Il y a cette dimension. Et puis, je suis indépendante, mais je suis dans un collectif de travail. Pour moi, la dimension collective, elle est essentielle, surtout dans ces métiers. Faire de l'intelligence collective en étant seule, pour moi, même dans la conception, c'est compliqué Je fais partie de plusieurs collectifs. Le collectif de travail Covalence, je suis dans une association, Le Pas de Côté. Je suis dans divers projets collectifs qui me permettent justement de ne pas être seule dans ces dimensions-là. Et puis une variété de modalités. C'est-à-dire qu'à la fois, j'ai de la visio, à la fois, j'ai des déplacements, j'ai de l'interpersonnel, parce que je fais aussi l'accompagnement plus individuel et aussi l'accompagnement collectif. Pour moi, tout ça commence à faire sens et ça faire sens ? Ça me permet de modeler un peu en fonction de mes besoins.

Charlotte (Chance)

Génial. Merci pour ta réponse. Je vois une question de Rébecca qui te remercie et qui demande quand on n'est pas dans le milieu et qu'on ne fait pas partie des projets, comment se faire connaître et proposer son offre ? Ensuite, elle demande: Comment trouvent-ils leurs clients qui n'ont pas conscience de leurs besoins et qui ne connaissent pas forcément ce type d'accompagnement ? Est-ce que les personnes qui exercent, j'imagine, ton métier, sont-ils sur des plateformes de type malt ? Ou sont-ils déjà intégrés à leur collectif ?

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Je ne connais pas malt, donc c'est bien, je viens de voir. Quand tu as fait partie du milieu, quand j'ai commencé, je n'avais pas l'impression du tout de faire partie d'un milieu, surtout quand je venais de la fonction publique, donc le monde déjà de l'entrepreneuriat, des indépendants, je ne connaissais pas du tout. On n'est jamais hors-sol, on vient toujours de quelque part, j'ai envie de dire. Pour moi, c'est de se dire: OK, d'où est-ce qu'on vient ? Soit si on sort des études, quel type d'études on a faites, ou des fois, on est dans des associations, etc. C'est de partir aussi d'où à ce qu'on vient. Pour moi, ce qui a été très précieux, c'est l'approche de l'effectuation. C'est-à-dire qu'on prend un premier fil, on commence à le tirer et puis, au fur et à mesure, on déroule sa pelote. Ça, pour moi, c'est un élément vraiment important et pas se dire: En fait, s'il y a un milieu, il suffit de rentrer dedans. Non, on le construit. Donc après, effectivement, c'est rester un peu aussi en veille sur les différents événements qui existent. Il y a énormément d'événements, il y en a presque trop, qui soient en virtuel, sous forme de webinaire ou de festival du vivant, de ci, de ça.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Vraiment, moi, j'invite vraiment à aller à ce genre de choses parce que ça permet de rencontrer des personnes, de mieux comprendre différents milieux, justement, d' d'interaction. Et puis, c'est aussi de se lancer à un moment donné. Peut-être que l'offre, elle n'est pas encore complètement claire, mais commencer avec ce qu'on a déjà, peut-être déjà à savoir ce qu'on fait. Et puis, progressivement, y ajouter des touches, y insérer, par exemple, de la facilitation, même si ce n'est pas forcément, comme je disais, de l'approche frontale. Ou alors, si on fait de la facilitation, aller se faire la main sur, pourquoi pas dans les associations. C'est un très bon endroit pour pratiquer, proposé à Dany Hémé, Na Reunion, etc. Il y a les fresques du climat, par exemple. Il y a plein de fresques. On peut se former pour devenir, par exemple, fresqueur et comme ça, on teste. Donc moi, mon conseil, ce serait expérimenter. Aujourd'hui, il y a plein de terrains de jeu et c'est comme ça que vous allez tirer des fils.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup pour ton retour. Et par rapport à la plateforme de Malt, c'est une plateforme en ligne qui permet de mettre en relation les entreprises et les indépendants. Je ne sais pas s'il y a ce type de plateforme, peut-être liée au métier de facilitatrice.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Pas que je sache, mais encore une fois, moi, je déboule, entre guillemets, dans ce milieu plus de l'indépendance, des indépendants. Ça existe sûrement, mais là, comme ça, c'est plutôt via des projets ou des démarches. Par exemple, je parlais de la théorie U. Après, il y a toute une communauté de réflexion en lien avec le MOOC, ce qui est aussi une manière... C'est plus international, mais il y a plein d'endroits. Je pense aussi à Make Sense, par exemple, ou Ticket4Chance. Il y a plein d'endroits où il se passe des des choses où il y a des communautés, l'Institut des Futurs Souhaitables aussi, par exemple, qui font des formations qui ensuite, après, génèrent une communauté de réflexion et d'échanges. Là, c'est aller aiguiser un peu ces antennes et puis sentir aussi là où chacun se sent appelé, envie d'aller, par rapport à, justement, d'où l'importance de se connaître un peu mieux soi-même pour sentir où est-ce qu'on a envie d'aller.

Charlotte (Chance)

Merci Caroline. Je vois qu'il est déjà 10h29. On a encore une dernière question et Fabienne nous dit qu'elle nous quitte et qu'elle remercie pour la qualité de cet échange. Donc merci beaucoup Fabienne. Et avant de nous quitter, Anne-Cécile, du coup, te demande: est-ce que tu accompagnes des entreprises ou collectivistes visitez dans le monde du bâtiment ?

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Ça ne m'est pas encore arrivé à moi, mais mon collègue le fait. Effectivement, puisque là aussi, il y a des gros enjeux de rénovation. L'institut mégawatt, par exemple, avec lesquels je travaille régulièrement, ils sont aussi très en avance sur la question de l'accompagnement du changement. Ils accompagnent les artisans aussi sur leur changement de pratiques, etc. Là aussi, effectivement, Je pense qu'il y a beaucoup à faire.

Charlotte (Chance)

Oui, je pense aussi. Merci beaucoup. Je vois qu'il est déjà 10h30, ça passe un peu trop vite. Mais merci beaucoup, Caroline, pour ton temps et pour ce live passionnant et très intéressant. Merci à toutes et tous pour vos questions. On est malheureusement obligé de se quitter, donc je vous souhaite une très bonne journée. Merci encore à toutes et tous et merci à toi, Caroline.

Caroline Balley-Tardy (Facilitatrice des transitions écologiques et sociétales)

Merci beaucoup.

Charlotte (Chance)

Au revoir. À bientôt. Au revoir.

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