Marie Robert, Fondatrice d'école Montessori & Auteure de philosophie

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Transcription complète

Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup d'être venus nombreux pour ce live avec Marie. Merci beaucoup Marie de participer.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Je suis tellement contente. C'est une initiative fantastique. Donc, je suis ravie.

Marine (Chance)

Le but de ce live, c'est que ce soit interactif, parce que justement, c'est toutes les questions que l'avoir sur les métiers de Marie, parce que Marie en a plein. N'hésitez pas à nous dire dans le chat d'où vous nous écoutez et aussi pourquoi vous êtes venus. Est-ce que c'est parce que vous êtes fan de Marie ? Est-ce que c'est parce que vous êtes curieux sur le métier de fondatrice d'École Montessori Est-ce que c'est plus la philosophie, le côté auteur qui vous intéresse ? N'hésitez pas à nous dire pourquoi vous êtes là. Bonjour à tous. Je vois que vous êtes plein.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

De Grenoble, de Toulouses... Fantastique. On a des gens de partout, de Paris.

Marine (Chance)

Pour commencer, Marie, même si ton parcours est assez connu, mais c'est toujours bien de connaître le début. Est-ce que tu peux nous dire, si tu peux assez rapidement, c'est là le challenge, comment tu as fait pour devenir auteur de philosophie et comment tu as fait pour devenir fondatrice d'École Montessori ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Je vais évidemment présenter rapidement, mais ce qui va être intéressant, et notamment dans la perspective de Chance et de l'accompagnement et des rencontres, c'est de voir à quel point, justement, je n'aurais pas ce parcours-là si je n'avais pas eu des interlocuteurs qui avaient ouvert des possibilités. Moi, à l'origine, je suis diplômée de philosophie. J'ai un parcours assez classique, même si je ne venais pas du tout d'une famille qui est dans ce milieu, ni de la culture, ni un milieu particulièrement intellectuel. Mais j'ai toujours eu envie d'être prof. J'ai fait des études de philo, je suis devenue prof à la fac. Donc un parcours assez linéaire. Et puis, il y a eu ce moment, que peut-être que certains qui nous écoutent connaissent très bien, ce moment où tu sens une forme de dissonance. C'est-à-dire normalement, tu es arrivé à la bonne place, tu es arrivé à une place intéressante qui correspond à ce pourquoi tu t'es formé. Mais j'ai senti qu'il y avait une forme de glissement. J'étais prof à la fac, j'avais tout pour que ce soit extraordinaire et je me suis dit: Là, il y a un truc qui ne va pas. Combien de temps vais-je rester, pour quelles raisons ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Quelle phase narcissique je suis en train de remplir ? Pourquoi ? C'est à ce moment-là où il y a eu ce premier geste de dire: Je quitte tout. Je m'en vais, je pars. Avec un peu ce côté plongeon. Sans doute qu'à l'époque, j'aurais adoré être accompagnée, justement, par des initiatives comme Chance pour savoir un peu plus. Moi, je sais que j'avais plutôt le vertige de plonger, mais je savais que je n'étais plus au bon endroit. À ce moment-là, les hasards de la vie font que je suis tombée sur une offre d'emploi pour un travail dans une école Montessori, dans un lycée Montessori. J'ai adoré. Alors que ça me mettait vraiment en difficulté parce que moi, j'étais prof de fac et pas du tout au lycée, donc il a fallu que je renouvelle mon approche, que je travaille énormément, mais ça a été passionnant intellectuellement. Et c'est un an après où je me suis dit: OK, en fait, j'ai envie, moi aussi, de construire mon projet. Et c'est là où, en rencontrant la personne qui est devenue mon mari aujourd'hui, on s'est challengé, on s'est dit: OK, on va créer des écoles. Dit comme ça, c'est un vertige total.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Quand tu passes d'une vie salariée à créer des écoles, très loin du fantasme que je veux dissiper tout de suite, c'est juste ultra difficile. Trouver des locaux, faire les peintures, demander des crédits quand je viens de mettre ta vie. Le seul crédit que tu as, c'est des crédits à la conso et déjà, c'est compliqué financièrement, c'est vertigineux. Mais justement, c'est dans cette passion de Je suis au bon endroit, j'ai envie de porter cette vision que j'ai réussi à le faire. Aujourd'hui, on a monté quatre écoles, maintenant quatre écoles plus une crèche. Et en parallèle, j'avais envie de revenir à une autre forme de transmission qui ne soit pas que les enfants, qui soit aussi les adultes, tous ceux qui n'avaient pas forcément eu accès à la philosophie au bon moment ou du moins de la bonne manière. Donc, j'ai eu envie d'écrire des livres, de faire des podcasts Mais en fait, ça paraît très varié, mais au fond, le fil conducteur est de transmettre.

Marine (Chance)

Et d'être très bien organisé, a priori, pour gérer surtout les freins.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Il faut être un peu organisé et avoir un peu d'énergie.

Marine (Chance)

Donc, c'est super parce qu'effectivement, tu mets en avant le côté écouter un peu sa voix intérieure et cette dissonance que tu as eue. La force de rencontre, que tu as su aussi saisir, parce que c'est ça, c'est être dans une ouverture qui fait que quand la rencontre arrive, tu la saisis. Le but des live en coulisse, c'est aussi d'être très concret comme tu as commencé à le faire, enlever les fantasmes positifs ou négatifs sur des métiers. Concrètement, être fondatrice d'une école Montessori C'est quoi le quotidien, les missions ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

La première chose vraiment qui est intéressante, nous, le premier point, c'est trouver des locaux. Ça paraît hyper trivial parce que là, on est loin de la pédagogie, mais pourtant, c'est le nerf de la Trouver des locaux, c'est complexe pour tout un tas de raisons. D'abord parce qu'il faut trouver des locaux qui puissent accueillir des enfants, c'est-à-dire avec un espace extérieur qui puissent accueillir du public. Ensuite, il faut réfléchir à l'endroit où on le fait. Évidemment, il faut qu'il y ait des familles, parce que sinon, créer une école dans des endroits où il n'y a pas spécialement de famille ou pas spécialement de passage, c'est compliqué. Il faut que ce soit une zone où il y a une pertinence d'École Montessori, c'est-à-dire est-ce qu'il y a un besoin, pour quelles raisons. Et Ensuite, il y a une réalité financière. Pourquoi on a commencé à Marseille alors qu'on n'est pas Marseillais ni l'un ni l'autre ? Par opportunité financière, en fait. Pourquoi ? D'abord parce que Marseille était la deuxième ville de France et il n'y avait pas d'école Montessori. Ensuite, parce qu' Un loyer à Marseille n'a rien à voir avec un loyer parisien. Donc, il y a aussi accepter, quand on monte un projet, de réfléchir aussi avec une réalité pragmatique.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

C'est-à-dire de se dire: OK, peut-être que ce n'est pas nécessairement à Marseille. Mais pour autant, le risque que je prends en le faisant à Marseille avec des moyens financiers me permet de faire des scolarités moins chères, de pouvoir commencer et de pouvoir se lancer. Ça, la réalité, elle est déjà sur les locaux. Une fois que tu as trouvé les locaux, ce qui, franchement, n'est pas une mince affaire, une fois que tu as trouvé les locaux, il y a aussi comment faire, comment les aménager, quel crédit tu demandes, justement, quelle est la part que tu peux faire toi-même, surtout au début d'un projet, parce qu'au début d'un projet, généralement, tu n'as pas du tout de trésorerie, tu n'as pas du tout de possibilités. Pareil, j'enlève le fantasme de la manne financière des écoles Montessorerie, parce que c'est extrêmement dur. Il faut payer Il faut payer les loyers, il faut payer tes salaires, donc pas simple. Donc, on s'est dit: Nous, la partie travaux, il y a une grosse partie qu'on peut faire nous-mêmes. Ok, on y va. Allons-y. Troisième partie: le recrutement de ton équipe. Parce que c'est une chose de porter une vision soit d'être convaincu, de se dire: Ouais, j'ai mon plan dans ma tête.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Et souvent, quand tu te lances dans ce genre de choses, justement, tu as une vision extrêmement claire parce que tu l'as travaillé, parce que tu l'as pensé, mais embarquer d'autres gens dans une équipe, là, c'est totalement différent. Quand tu passes d'un travail salarié où tu es tout seul à une position, je n'aime pas le mot, mais on se comprend, une position managériale, mais quel enfer ! Moi, je me souviens de mon premier rendez-vous de recrutement, J'étais gênée. J'ai moi qui me faisait recruter. Je disais: Alors ? Voilà mon petit coup. Un sensé. Parce que c'est très compliqué. Et puis, commence à voir De quelle manière ? Donc, le recrutement. Et puis ensuite, recruter des familles. Parce que là, tu as l'ambiguïté entre avoir des clients, parce que même si ce sont des parents, il faut avoir des clients, mais en même temps, que ce soit un projet où tu sens que les gens, tu les embarques, qui ne choisissent pas juste une école lambda sans adhérer à ta vision. Et donc là, tu dois développer un plan de communication. Et c'est là où tu te rends compte de toute la subtilité qu'il y a: comment faire de la com' qui ne soit pas juste de la com' vide, froide et un peu bullshit, mais au contraire, une communication sincère qui soit et attractive et en même temps qui représente ce qu'on a envie de faire.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Et là, c'est là où tu te rends compte que quand tu te lances un projet, l'amplitude, quand on dit multi-casquettes, mais plus que jamais multi-casquettes, parce que tu n'as pas la possibilité de recruter un poste. Les premiers projets, tu ne recrutes pas un dire comme, tu ne recrutes pas un DRH, tu n'en as pas la possibilité. Donc, il y a vraiment multi-casquettes et c'est pour ça, avant de répondre aux questions, il y a déjà ne pas avoir peur de se planter. Franchement, la première année, quand on a lancé Marseille, on était en apnée. Et honnêtement, et sans décourager qui que ce soit, on a mis trois ans avant d'arriver à quelque chose qui nous ressemble un peu, en fait. On se dit: OK, là, je touche. Et ça ne veut pas dire que c'était trois ans que je supprimerais, mais ça veut dire que ces trois ans d'ajustement. C'est pour ça qu'un des fantasmes que je veux vraiment désamorcer tout de suite, c'est: on ne commence pas un projet en ayant un plan parfait. Parce qu'en fait, il y a tellement de choses auxquelles on n'a pas pensé qu'on ne peut pas l'anticiper vivre. Donc, lancez-vous et ensuite, on ajuste.

Marine (Chance)

Ouais, super. Merci beaucoup Marie pour tous ces partages. Et donc, effectivement, il y a plein de points que je note dans tout ce que tu dis, entre la vision initiale et la réalité terrain qui fait C'est que voilà, entre le fait que tu pars avec une vocation quand même d'enseignement de transmission, mais qu'au début, tu fais tout sauf ça.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Tout sauf ça. J'ai fait de la plomberie. Bien sûr.

Marine (Chance)

Tu es chef de chantier, tu es dans l'immobilier, tu es dans les crédits qui sont quand même des sujets beaucoup plus à l'antithèse un peu quand même. Donc, c'est bien que d'être conscient de ça. Et surtout, quand on est dans la fondation d'une école, il y a des coûts fixes qui sont gros, qui sont importants. Il faut être conscient de tout ça avant de se lancer. Je vois qu'il y a eu 150 000 questions pendant que tu parlais.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

On va essayer de les répondre.

Marine (Chance)

Je vais essayer d'en prendre quelques unes. Comment tu réussis à... Parce que comme tu le disais, tu as plein de casquettes quand tu fous d'une école, mais aussi dans ta vie en général. Comment tu arrives à compartimenter et à réussir à avoir un équilibre dans tout ça ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Honnêtement, et pareil, ce n'est pas un truc de posture ou ni une méthode miracle, c'est en étant ultra-organisé. En ayant un cadre auquel je me tiens, qui, parfois, à distance, peut paraître un peu aride, parce qu'il y a une forme de discipline qui peut être effrayante pour certains. Moi, la discipline me porte et me permet justement de donner toute cette amplitude de vie. Pour chaque journée, dans chaque semaine, je me fixe: Quels sont les moments école, quels sont les moments écriture, quels sont les moments... En plus, j'ai un bébé de neuf mois et je tiens vraiment à être vraiment là. C'est-à-dire que ce n'est pas être juste vraiment là: Oui, il faut être présente. Non, c'est vraiment consacrer du temps. Donc, OK, je mets, j'essaye de donner de la cohérence de temporalité à mes journées. Et du coup, ça demande d'avoir une espèce de... Le mot est galvaudé, mais vous me comprendrez, une espèce de pleine présence dans chacune des tâches. C'est-à-dire quand je bosse pour les écoles, c'est à 3 000%, je réfléchis aux écoles et tant pis pour le reste. Quand j'écris, j'écris et quand je suis avec mon fils, rien de con.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Donc, il y a vraiment identifier ses besoins, identifier des plages horaires et toujours laisser de la marge entre chaque plage parce qu'il y a des imprévus et que la vie n'est faite que de chaos et d'imprévus.

Marine (Chance)

Merci beaucoup Marie. Il y a des questions aussi très technico-pratiques, ce qui est très bien, parce que c'est aussi le but de ces live. Quel a été l'apport financier nécessaire pour ouvrir la première école et comment, concrètement, tu as réussi à recruter ces premières familles ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Il y avait 50 000 € de travaux qu'on ne pouvait pas faire nous. Nous, on a fait la peinture, on a fait plein de choses, mais on avait récupéré un local où il y avait quand même des gros travaux. C'était une ancienne salle de sport pour enfants, donc il fallait créer des cloisons, créer des sols, etc. C'était vraiment le minimum du minimum, mais il fallait bien les faire. Il y avait environ 30 000 € de matériel, donc on avait demandé un crédit de 100 000.

Marine (Chance)

Et le local devait être inscrit aussi ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Non, location. Évidemment, là, pour le coup, à Marseille l'avantage, c'est que la location était assez faible. En plus, on était dans un quartier plutôt familial et pas dans le centre-même de Marseille. Donc, c'était une vraie opportunité pour nous. Et c'est pour ça qu'on l'a fait là. Parce que quand tu demandes 100 000 € de crédit de plus, là, je vous raconte même pas à Paris, Si on avait dû faire la même chose. Quelques années après, on a ouvert le 16ème, mais les loyers étaient tellement importants et les dépôts de garantie, on a mis toute la trésorerie qu'on avait pu gagner pour pouvoir accéder à ce local dans le 16ème. Donc c'est très différent. Après, il y a la possibilité d'achat, mais là, il faut des montages financiers qui sont vraiment beaucoup plus importants et généralement, les banques ne suivent pas quand tu n'as pas déjà un premier projet. Après, en termes de communication, ça, pareil, ça a été compliqué au départ, mais on a fait un double mouvement. On a fait vraiment une com de terrain. Et quand je dis terrain, c'est-à-dire à l'ancienne, du flyers, du porte-à-vente, du flyers dans dans les voitures, boulangerie, beaucoup d'appels de crèches pour se faire connaître.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Dans les prémices de quand tu fais un plan de communication, bien sûr qu'il y a le digital et travailler le référencement. Ça, c'était une chose. Moi, c'est un peu moins dans son domaine, mais il y a acheter des mots précis. Mais ça, quand tu n'as pas beaucoup de budget, ça peut vite chiffrer parce qu'acheter des Google AdWords, ça coûte vite une fortune. Et surtout pour du terrain-terrain, c'est-à-dire pour une communication une relation très proche. Parce que nous, on vise certes des gens, des familles qui peuvent être à Marseille, mais on visait d'abord des familles du 12ème, des gens qui étaient dans les crèches aux alentours. Là, je vais employer l'expression: Il faut mouiller le maillot. Il fallait y aller. Et tu ne peux pas le confier. En tout cas, j'avais la conviction qu'il fallait l'incarner. Globalement, j'ai la conviction qu'il faut incarner sa communication, mais ça, c'est mon point de vue. C'est pour ça que même dans le reste de mon travail, c'est difficile quand Quand on est dans des choses un peu spécifiques, il faut y aller, il faut le porter.

Marine (Chance)

Question pragmatique: pendant tout ce temps de construction et de mise sur pied, comment vous faisiez pour vous rémunérer et vivre Je suis très contente.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Nadar sur l'école, donc c'était compliqué. Il fallait bosser à côté. Moi, je passais la moitié de la semaine à Paris pour donner des cours au lycée et l'autre moitié à Marseille. Par Pareil pour mon compagnon qui est par là, le téléphone juste là, qui lui avait un autre boulot pareil à côté et on faisait moitié-moitié, moitié du temps à Paris, moitié du temps à Marseille. Et sincèrement, chaque coup était calculer. Parce que comme on ne pouvait pas demander un crédit supplémentaire et que ça chiffre super vite, prendre des billets, train, aller-retour toutes les semaines, on n'avait pas de logement, donc il fallait se débrouiller. Il faut être prêt, mais on n'a pas du tout vécu... Il faut juste être prêt à ça, se dire: OK, c'est un choix et pourquoi on le fait ?

Marine (Chance)

Oui. Il y a Amélie qui demande: Est-ce que tu envisages un jour de venir à Grenoble et quel type de profil tu recrutes dans ton école ? Est-ce qu'il faut avoir une formation spécifique ou pas, etc. ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Grenoble, c'est rigolo parce que c'est la deuxième fois cette semaine qu'on me pose la question. Je ne connais pas du tout Grenoble, donc c'est pourquoi pas à l'étudier. C'est une ville, moi, que je ne connais pas, mais vraisemblablement, effectivement, il y a pas mal de besoins sur des écoles dites un peu alternatives ou du moins sur des écoles internationales, donc pourquoi pas ? Et pour ce qui est des profils, nous, on n'est pas du tout On n'a pas un profil type. On recrute vraiment en fonction d'une rencontre. La vérité, par contre, c'est qu'il y a une grande différence entre être intéressé par l'éducation et avoir la... Pareil, il faut démonter deux, trois fantasmes. Il y a eu beaucoup toute une mode où il y a des gens qui se sont formés à Montessori en se disant: J'adore l'éducation, les enfants, ça m'intéresse. Il y a une grosse différence entre être intéressé par l'éducation, aimer les enfants et enseigner en classe Aujourd'hui, on recrute majoritairement des gens qui étaient profs dans l'éducation nationale, qui avaient déjà cette pratique, cette vocation, cette vision et qui ensuite ont eu envie de pratiquer autrement, c'est-à-dire avec des petits effectifs avec plus de confiance, avec des projets qui pouvaient monter.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Après, ça ne veut pas dire que les autres profils ne sont pas intéressants. Ça veut dire si c'est une démarche que vous avez envie de tenter, faites des stages, rendez-vous compte de la réalité de terrain. Parce que pareil, on peut avoir préparé un super cours: Être un pro. La réalité d'une classe, c'est faire face à des imprévus, à des enfants qui ne réagissent pas comme on l'aurait forcément entendu. Il faut Il faut vraiment se frotter au terrain.

Marine (Chance)

Oui, et puis c'est une énorme responsabilité d'avoir des gens. Énorme.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Non, mais tu ne peux pas te planter. C'est-à-dire, tu ne peux pas dire: Attendez les gars, là, je me tire, je quitte la classe. Ils le sentent.

Marine (Chance)

Je vois que le temps avance pour continuer justement dans cette démystification et réalité terrain. Toi, si on prend tes deux casquettes aujourd'hui, qui sont, je en vrai un peu fantasmé par beaucoup. Ta casquette Auteur de philosophie et ta casquette, pour la crise d'hôtel de Montessori. Pour toi, quels sont... Bien que ce soit subjectif, mais on est là pour ça. Pour toi, quels sont les côtés positifs de ces deux métiers, ce que ça t'apporte et quels sont les côtés beaucoup plus difficiles au quotidien qui peuvent être pesants ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Je commence par ce qui peut être pesant. Pas du tout pour être Pour la partie des écoles, ce qui peut être pesant, c'est justement ce qu'on évoque, c'est-à-dire la part de fantasme. Quand les parents inscrivent leur enfant dans une école, forcément, et de surcroît dans une école payante, ils nous confient ce qu'ils ont de plus précieux, ils nous le confient en payant, ils nous le confient avec parfois des connaissances plus ou moins lointaines de la pédagogie. Du coup, il faut faire face à leur déception potentielle OK. Ce n'est pas toujours le cas. Il y a des familles qui sont... Et nous, on a des familles extrêmement fidèles, mais il faut accueillir entre ceux qui viennent parce qu'ils rejettent le public. Oui, mais du coup, ils ne viennent pas pour nous, ils viennent par rejet d'autre chose. Et moi, je suis encore très attachée au public, donc ce n'est pas toujours la bonne chose. Ils viennent en pensant qu'on va faire des miracles avec leurs enfants. Ils viennent en pensant que leurs enfants vont devenir bilingues en deux semaines. Donc, il y a ce côté les mains dans le cambouis de l'humain. Du coup, parfois, tu te retrouves à faire des journées où tu te dis: Mais ce n'est pas possible.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

C'est la prise en charge parentale qui est super dure. Qui est super dure parce que tu les comprends et en même temps, il faut mettre un cadre parce que sinon, tu te fais déborder et il faut protéger tes équipes. Parce que moi, mon gros métier, le cœur de mon métier, c'est de protéger mes équipes. Donc ça, c'est un peu dur. L'autre truc, par contre, fascinant et qui fait que j'ai une énergie inarrêtable, c'est qu'il n'y a pas une seule fois dans ma journée où je ne sais pas pourquoi je suis là. Le sens, je ne pose pas la question. Honnêtement, dans aucune de mes casquettes d'ailleurs, je sais pourquoi. Jamais un seul moment, je me dis: Mais en fait, pourquoi ? Non Quand tu vois des enfants, quand tu accueilles des profs, parce qu'on accueille aussi beaucoup de profs du public qui essayent d'appliquer des choses, c'est passionnant. Essayer de se poser la question: Quelle vision pour demain ? Quels outils ? Ce côté laboratoire, waouh ! Intellectuellement et humainement, c'est juste dingue. Ça, c'est le positif. Pour ce qui est de la partie plus de transmission, il y a ce qu'il y a de négatif, c'est que c'est la solitude de porter une parole tout seul.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Moi, quand j'écris mon podcast, en plus, je l'écris entièrement, je ne fais pas d'interview, quand j'écris mes livres, il y a ce côté: Je suis toute seule face à mon ordi. Et puis, voilà. Moi, j'aime beaucoup le faire société, le collectif. C'est parfois troublant de se dire: Mais est-ce que c'est juste ce que je raconte ? J'aimerais avoir un sparring partner qui me challenge, qui me dise: Mais non, va chercher ça. Il y a ce côté, parfois, tourner en rond dans sa pensée et ne pas avoir cette puissance de l'altérité. Par contre, pareil, la question positive, c'est cette chance de pouvoir réfléchir à des sujets. Moi, mon podcast, j'ai la la chance de pouvoir me dire: Je peux me lancer dans une recherche sur n'importe quel sujet et être ma propre ligne éditoriale. C'est un luxe prodigieux.

Marine (Chance)

Oui. Merci beaucoup. Dans les deux cas, c'était très juste. Effectivement, c'est hyper dur d'avoir cette frustration des parents à gérer. Et c'est aussi très solitaire, le métier d'écrivain, d'auteur. Donc, merci beaucoup pour rappeler tout ça pour les gens qui envisagent ces voies-là Une dernière question parce que malheureusement, c'est très frustrant. Il y a la question de: comment s'est fait le choix de proposer l'apprentissage bilingue dans tes écoles ? Et est-ce que tu peux rappeler un peu les grandes différences entre le Montessori et le professeur des écoles classiques ?

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Je vais essayer de faire pour. Pour le bilinguisme, j'ai la conviction, bien sûr qu'on est tous d'accord que c'est une valeur ajoutée de parler anglais aujourd'hui et d'avoir une vraie approche de l'anglais, c'est-à-dire de voir des enfants qui infusent dans une langue étrangère dès le plus jeune âge. Mais ce n'est pas seulement pour l'anglais, c'est aussi pour la diversité culturelle. C'est-à-dire faire comprendre dès le plus jeune âge: OK, il n'y a pas un mode de fonctionnement, il y en a plein. Nous, le bilinguisme, il est total, c'est-à-dire qu'on leur fait découvrir de l'anglais, mais ouais, OK, on parle anglais en Inde, on parle anglais dans plein d'endroits différents. Et du coup, d'aborder ces cultures différentes. Pour moi, c'est indispensable aujourd'hui de comprendre qu'il y a 1000 modalités de fonctionnement. Donc ça, c'est un point qui me tient très à cœur, cette diversité culturelle. Le deuxième point, la différence entre Montessori et un système plus classique, c'est que déjà, on a des plus petits effectifs et toutes les notions sont vues concrètement. C'est-à-dire qu'il y a du matériel pour appuyer toutes les notions. Ce qui est pertinent, c'est qu'on a tous appris par cœur plein de trucs et on ne s'en souvient jamais.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Là, ce qui est intéressant, c'est qu'une notion qui est vue d'abord par le concret, puis par l'abstrait, on se l'approprie beaucoup plus. On a beaucoup plus l'impression d'avoir compris ce qui se passait, notamment pour des disciplines comme les mathématiques. Il y a aussi cette conviction en Montessori de l'autonomie, de pas juste j'attends que le prof, derrière son tableau, dise à un groupe: Faites ci, faites ça, mais il y a quand même l'idée d'amener l'enfant sur le chemin de l'autonomie. Ça veut pas dire lui laisser faire ce qu'il veut, ça veut pas dire le laisser seul, ça veut dire l'encourager à la prise d'initiatives, à la prise de décisions et à comprendre qu'il fait les choses pour lui. Et ça aussi, pour moi, c'est un enjeu du futur. Regardez Dans nos vies, un jour, tu arrives à 30 ans, il n'y a pas quelqu'un qui va te dire: Fais ci, fais ça. C'est toi qui va le prendre, ce chemin-là. Donc plus on accompagne et plus on apprend la confiance, plus je crois que le chemin est un peu plus facile après.

Marine (Chance)

Mille mercis, Marie, pour ton temps.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Merci à vous.

Marine (Chance)

C'était super de t'entendre nous raconter. Et encore merci beaucoup. Désolée pour toutes les questions auxquelles on n'aura pas pu répondre. C'était un peu frustrant, mais il y a plein d'autres live qu'on vous invite à aller visiter pour continuer un peu cette ébullition et cette ouverture des horizons. Encore merci à tous. Je vois Marie que tu as une pluie de mercis dans le chat.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Merci à vous d'être présente. Merci à toi, Marine. Merci à Chance pour son soutien constant à mon égard et c'est précieux dans ce type de visite.

Marine (Chance)

Merci beaucoup. À bientôt.

Marie Robert (Fondatrice d’école Montessori & Auteure de philosophie)

Merci, à très bientôt. Au revoir.

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