Ariane Komorn, Fondatrice d'une école de rénovation énergétique

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Aymeric (Chance)

Bonjour à tous et à toutes. Bienvenue dans ce live. Je suis Aymeric, je travaille chez Chance en tant que responsable des équipes produits, design et pédagogiques, et je serai l'animateur de cette rencontre avec Ariane. Ariane, merci d'être avec nous. Petit topo et rappel pour toutes celles et ceux qui arrivent dans cette conversation. Il s'agit d'une conversation autour d'un métier dans le cadre de la semaine En coulisse de chance afin de découvrir tout ce qui est à découvrir à propos de métier. Toutes les questions sont les bienvenues en commentaire dans la partie tchat, donc n'hésitez vraiment pas à les poser. À toutes les personnes présentes d'ailleurs. Merci de nous avoir rejoint. Je serais très curieux de savoir d'où vous nous écoutez et ce qui vous amène aujourd'hui. N'hésitez pas à vous présenter rapidement dans le tchat et nous dire votre intention et qu'est-ce que vous attendez de cette conversation. En parallèle, Ariane, on va pouvoir commencer. Je te propose que tu puisses commencer par parler un peu de ton parcours. Tu es aujourd'hui fondatrice d'une école de rénovation énergétique, la Solive. Est-ce que tu peux nous dire comment tu en es arrivée là ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Avec plaisir. Moi, j'ai traversé, je suis passée par le parcours Chance en 2020. 2020, c'était le moment du COVID et ça a été un moment de profonde remise en question pour moi sur à la fois sur le sens que je voulais donner à ma carrière, aussi un moment où j'ai beaucoup lu sur la transition écologique, l'urgence climatique, etc. Je me suis posée beaucoup de questions. J'ai été accompagnée par chance pendant plusieurs mois pour réussir à prendre du recul et bien définir ce que j'avais envie de faire. Ça a été assez magique pour moi puisqu'à la fin, j'ai réussi à ressortir de ça avec que j'avais envie de monter une boite dans la transition énergétique et en particulier dans la transition énergétique des bâtiments. J'ai commencé en 2020 à rechercher quelles étaient les grandes problématiques dans la transition énergétique des bâtiments. La première qui m'a sauté aux yeux et qui, en fait, correspondait aux critères que je m'étais fixé pour ma prochaine aventure, c'était de répondre à un problème majeur qui est le manque de personnes qualifiées dans le secteur de la rénovation énergétique des La rénovation énergétique, c'est nécessaire pour tous les bâtiments et aujourd'hui, il manque 200 à 300 000 professionnels dans le secteur. Et donc, l'idée de la Soliv, c'est de permettre à des personnes en reconversion professionnelle de se former en quelques mois de façon très professionnalisante à la rénovation énergétique et de trouver un job à la sortie.

Aymeric (Chance)

Ok, super intéressante. Merci pour ce partage. Et du coup, je me demande un peu, à la fois, tu arrives sur un projet d'entrepreneuriat, de monter une boite, et à la fois d'allier un sujet qui me paraît important pour toi de la transition énergétique. Est-ce que les deux sont venus en même temps ? Qu'est-ce qui t'as amené finalement à te dire: C'est en montant une boite que je vais réussir ça ? Comment t'es venue un peu ? Comment t'as cheminé sur ton choix ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Ce qui a été clair dès le départ, c'était l'idée que j'avais envie d'avoir un métier qui avait un impact sur la transition écologique. Ça, de toute façon, je crois que c'était un peu éco-anxieuse. J'avais plein de réflexions là-dessus. Ça, c'était le point de départ. En revanche, spontanément, je m'étais Il faut que je fasse, il faut que je me fasse des listings de boîtes à impact. Il faut que je regarde ces différents sujets, que je rencontre des gens qui travaillent dans des entreprises qui œuvrent à la transition écologique. Et puis, c'est au fil de mon parcours, il y a eu tout un tas de choses. J'ai fait des tests de personnalité où plusieurs fois, le profil entrepreneur est ressorti. J'ai demandé beaucoup de feedback autour de moi. Les gens ne m'ont pas spontanément dit: Il faut que tu aies la boite, mais ils m'ont dit: Tu as vraiment un profil entrepreneurial. De là à parler de profil entrepreneurial, à sauter, à créer une boite, pour moi, il y avait un gouffre, d'autant plus que je viens d'une famille où il n'y a pas d'entrepreneur. Ma famille a plutôt fait carrière dans des grands groupes, ce n'est pas des projets très classiques.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Donc, je n'imaginais pas sauter ce pas-là. Et puis, j'ai été aussi très accompagnée par ma coach pendant le parcours, qui, à un moment, m'a dit: On ébou tabule les choses, on n'arrête pas de parler d'esprit entrepreneurial, etc. Il y a peut-être aussi la voix carrément être entrepreneur. Au début, ça m'a fait très peur. Ça a été un long accouchement. J'ai rencontré beaucoup d'entrepreneurs pour essayer de me convaincre si je pouvais me projeter ou pas. Et à la fin, je me suis dit: Peut-être qu'il faut essayer, peut-être que je le regretterai sinon toute ma vie.

Aymeric (Chance)

Ok. Merci de partager cet élément de cheminement. Tu parles de rencontres. J'ai le sentiment que tu parles de certaines peurs ou qu'il a fallu que tu travailles sur toi pour te lancer dans ça. Est-ce que tu aurais des exemples de rencontres qui t'ont dit: OK, je me lance dans ça ou d'autres éléments qui t'ont aidé à franchir ce cap, à dépasser cette peur que tu pouvais avoir ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Oui. J'ai rencontré beaucoup de gens qui avaient sauté le pas. Moi, ce qui m'a aidé, notamment, j'ai pris contact avec des femmes qui avaient sauté le pas de l'entrepreneuriat. Évidemment, il y a un truc qui fait peur, c'est... Concrètement, j'étais une femme de 32 ans. Je n'avais pas encore d'enfant, mais évidemment, ça commençait à rentrer dans les projets d'assez court terme. Donc, j'avais besoin aussi de rencontrer des femmes qui s'étaient lancées. Il y en avait que je connaissais déjà, mais avec qui j'ai repris contact à ce moment-là, notamment Yasmine Damon, qui avait fondé la consigne Gringo, qui fait des solutions de consignes pour sortir du plastique dans la restauration, et qui s'était lancée. La première chose, c'est que ce qui m'a frappée, c'est qu'au-delà de tout ce qu'elle pouvait me raconter sur son parcours, c'est qu'elle avait l'air super épanouie. Déjà, je me suis dit: Tiens, elle a l'air super épanouie. Et pourtant, à ce moment-là, elle était enceinte, elle avait monté sa boîte, mais elle faisait quelque chose qui avait du sens et ça avait l'air de la porter. Je me suis dit: Tiens, je me vois bien quand même faire quelque chose comme ça.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

J'ai trouvé que c'était inspirant. J'ai rencontré aussi beaucoup Il y a eu des entrepreneurs qui m'ont dit, sans le cacher, toutes les difficultés qui peuvent y avoir associées. Mais à chaque fois, j'ai trouvé que dans la balance, l'énergie qu'ils dégageaient m'attirait plus que les obstacles qui me mentionnaient de ce qu'avaient été les obstacles dans leur parcours. Ils me parlaient du fait que ça peut être un peu les montagnes russes, mais au fond, je me suis dit à un moment: Finalement, je suis prête à vivre des montagnes russes. Si à la clé, je me sens utile et que je peux apporter une contribution importante à la transition, en l'occurrence.

Aymeric (Chance)

D'accord. Merci pour ce partage. Intéressant de voir en tout cas que tu as découvert ton côté entrepreneurial et que tu as su le mettre à contribution pour créer un projet qui a du sens pour toi. Peut-être que je le rejoins à la question que Nicolas vient de poser, qui se demande si tu avais pensé aussi à d'autres métiers de la transition écologique lors de ta reconversion, est-ce que tu avais exploré d'autres pistes ? Je vois que celle-ci a pris le dessus par ton profil en tant que partenaire, mais peut-être que tu as aussi réfléchi à d'autres pistes qui pourraient être intéressantes à partager ici.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Oui, ma première idée, c'était de me dire... Je voyais qu'il y avait ce côté développement de projet, donc je me suis dit: Je vais essayer de rejoindre... J'avais plutôt l'idée de rejoindre des entreprises en développement qui soient quand même... J'avais plutôt l'idée d'avoir des entreprises qui étaient d'abord orientées vers des sujets d'impact plutôt que des grands groupes qui étaient en train d'essayer de reconsidérer leur modèle. Ça me parlait plus. Mais en revanche, je me disais: Je vais plutôt aller dans une entreprise essayer d'y développer un nouveau projet. Il fallait qu'il y ait la dimension un peu développement parce que j'avais abouti à la réflexion que j'aimais bien le côté créatif. Et Et en réalité, j'ai mis à plat, une fois qu'on a dit transition écologique, c'est évidemment extrêmement vaste. Donc, j'ai mis à plat les différentes verticales de tout ce qui, en gros, émet du CO₂, tous les secteurs qui émettent du CO₂. Donc, l'agriculture, le bâtiment, les transports, toutes les problématiques d'économie circulaire et de production d'équipements, la consommation, la consommation durable. Et une fois que j'ai mis tout ça, j'ai commencé à couper des branches. En me disant un peu intuitivement: Il faut avancer, donc il faut couper des branches.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Pour donner un exemple, moi, j'ai coupé la branche agriculture-alimentation parce que je me sentais un peu trop loin de ce secteur. Mon mari a fait le choix inverse. Il s'est orienté vers ça. Et des branches qui me parlaient moins, production d'énergie, où j'avais un peu un complexe de légitimité, parce que c'est un secteur d'ingénieur et que je n'étais pas ingénieur de formation. Et puis, à la fin, il n'en est resté que trois et je me suis dit: Je les explore un par un. Et là, j'ai rencontré pas mal d'entreprises qui s'étaient lancées dans la mobilité, le bâtiment et l'économie circulaire. Et j'ai rencontré plein de boites qui s'étaient lancées dans ces secteurs-là, que j'ai trouvées super intéressantes, mais les discussions étaient moins stimulantes pour moi que quand je rencontrais un entrepreneur. C'est ça qui m'a fait dire: Peut-être que Peut-être qu'il faut quand même que je me lance.

Aymeric (Chance)

D'accord. Merci pour ça. Dans le choix que tu as fait, tu as créé une école dans la rénovation énergétique et je rejoins la question de Sophie, qui, je pense, est intéressée pour comprendre cette partie-là. Quelles étapes ou qu'un centre de formation ? Qu'est-ce qui te paraît important à suivre pour le faire et la faire certifier ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Oui, tout à fait. La première étape, créer la structure juridique d'un organisme de formation. Objectivement, c'est assez simple. Il faut déposer des statuts, il faut créer l'entreprise sous la forme juridique que vous souhaitez. Nous, on est une SAS, mais on pourrait aussi être différents types de structures. Ensuite, on demande un agrément d'organisme de formation. Ça, ça s'obtient assez vite. Le processus est assez rapide. En revanche, ce qui est clé après, c'est d'obtenir les agréments qualité pour pouvoir notamment bénéficier de différents types de financements. Je vous donne un exemple pour que les gens, si les gens veulent demain payer vos formations avec leur CPF ou que nous, on forme des demandeurs d'emploi, notamment. Si vous voulez que Pôle emploi puisse subventionner les formations de vos apprenants, il faut un label qualité. Ce label qualité s'appelle Qualiopi dans la formation. Ça, c'est tout un processus où on va auditer. Vous allez demander à un certificateur de venir auditer vos process qualité. Il faut être bien structuré, avoir des process très clairs, que ce soit pour l'information des futurs apprenants, la création des parcours, à partir de quoi on crée un parcours de formation, éventuellement la délivrance de titres professionnels ou de diplômes à l'issue des parcours, etc.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Ça, ça suppose de la rigueur, mais en soi, c'est évidemment tout à fait atteignable. Et puis après, il y a d'autres étapes pour, par exemple, créer des parcours. Nous, notre logique, c'est toujours quand on crée des contenus de formation, comme on a fait de la formation professionnalisante, c'est de travailler en amont avec des entreprises, comprendre précisément leurs besoins, le traduire dans des référentiels de compétences et traduire ces référentiels de compétences dans des parcours pédagogiques qui soient pertinents, c'est-à-dire dans quel ordre on apprend chaque connaissance Ensuite, on se pose la question de comment on valide toutes les compétences qu'on a acquises. Il y a tout un cheminement logique pour que la formation soit la plus efficace possible derrière. Je vais essayer de répondre à la question de Sophie.

Aymeric (Chance)

D'accord. Ça me paraît clair, mais n'hésitez pas s'il y a d'autres questions aussi dans le chat. Et j'avais une question aussi un peu pour comprendre plus de ton quotidien. Est-ce que tu pourrais nous raconter à quoi ressemble une journée type en tant que créatrice d'une école ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Alors, je pense que la bonne réponse, c'est qu'il n'y a pas de journée type. C'est ce que je recherchais. C'était presque un critère pour moi, ce qui n'est pas de journée type. Mais si j'essaye de voir un peu les ingrédients classiques d'une semaine, Quand on crée une entreprise en général, il y a un mix entre... D'abord, il y a différentes étapes aux différentes étapes de développement, en l'occurrence de l'école. Il y a eu des premières étapes où, effectivement, on est vraiment complètement les mains dans le cambouis. Au début, on était tous les deux avec mon associé comme. Pendant un certain temps, on a été juste tous les deux, donc il fallait comprendre le secteur, comprendre les besoins des entreprises, rechercher des experts, parce qu'évidemment, on s'est tout de suite entouré d'experts du secteur avec lesquels on travaille toujours, et traduire, comme je disais, et comprendre à construire les parcours. Et puis ça, au début, on le fait nous-mêmes. Je crois qu'il y a une autre question, effectivement, sur cet aspect formation, pédagogie. Effectivement, au début, on le fait soi-même et puis après, au bout d'un Il y a un moment où, évidemment, on travaille avec des experts, puis des ingénieurs pédagogiques et des formateurs.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Et au début, on fait beaucoup soi-même. On va aussi bien avoir à comprendre des contenus techniques, écrire des parcours de formation. On a créé des diplômes que chercher des locaux, chercher des financements. On fait un petit peu tout de façon très opérationnelle. Et puis, Vu que la boite se développe, aujourd'hui, je dirais que maintenant, c'est un peu un mix entre beaucoup de management, puisque maintenant, on est une équipe de 25 salariés, pour gérer la boite au quotidien, donner un peu la la direction, rappeler un petit peu pourquoi on est là et dans quelle direction on va. Structurer. On a beaucoup évolué, évidemment, sur notre structuration en fonction du développement. Quels sont les différents pôles dont on a besoin ? Ouvrir. Moi, Je passe beaucoup de temps aussi sur le développement, donc c'est ouvrir des nouveaux campus. Maintenant, on a trois campus à Paris, Lyon et Nantes et on va continuer à en ouvrir. Ouvrir des prochains parcours. Quels sont les prochains parcours qu'on veut ouvrir ? Et puis, s'assurer que toutes les équipes derrière ont tout ce qu'il faut pour démarrer. Il y a une grosse partie de mon temps qui est consacrée au recrutement parce qu'on a tout le temps du recrutement.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Maintenant, on a quelqu'un qui s'en occupe en interne, mais effectivement, c'est quelque chose de très important pour nous. Et puis, la dernière partie, c'est plutôt de la représentation en externe parce qu'effectivement, pour que la solif puisse rayonner, il faut participer à différents des événements et s'assurer que les métiers de rénovation énergétique sont connues et donc ça suppose aussi plus de la représentation. Donc, c'est un peu ça. Je ne sais pas si ça décrit une journée, mais en tout cas, dans une semaine, je suis un peu insur d'avoir un peu touché à toutes ces différentes composantes.

Aymeric (Chance)

D'accord. Ce qui est marquant, c'est de voir qu'on va pouvoir atteindre pour travailler dans une finalité qui aussi facilitait la transition écologique, il y a beaucoup de métiers différents, il y a beaucoup de rôles qui peuvent être pris. J'imagine que tu travailles avec une diversité de personnes assez en termes de métiers représentés. Donc, intéressant de voir cette partie-là aussi.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Tout à fait, absolument.

Aymeric (Chance)

Et peut-être une question sur le revers un peu. Quelles seraient les parties moins glamour de ton travail aujourd'hui, de ton job.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Évidemment, ça, c'est un point cible de le dire, mais ce n'est évidemment pas une promenade de santé, ce n'est pas linéaire d'entreprendre. Donc, il y a forcément beaucoup d'imprévu. Je pense qu'il faut être aussi à l'aise avec ça. De temps en temps, il y a des phases où on est très porté, puis il y a des phases de stress parce qu'il faut s'assurer, par exemple, que la boite est assez de trésorerie pour continuer à opérer dans l'année qui vient, s'assurer à tout moment qu'on n'est pas parti dans la mauvaise direction. Je pense que ça vient avec une charge mentale, je dirais, qui est forte. Ça, on m'en avait prévenu que c'était le cas. Je pense qu'il ne faut pas le sous-estimer parce que ce n'est pas un boulot qu'on quitte le soir. Moi, maintenant, j'essaie de m'organiser avec mon mari, mais de partir pour aller chercher mon fils à 18h00 au moins deux, trois fois par semaine. Mais quand on quitte, on ne raccroche pas. On reste très, très occupé, pénétré par la boite, même pendant les vacances. Donc c'est assez constant et on est assez habité. Ça, je pense que c'est la partie qu'il faut quand même avoir en tête. Et puis, au quotidien, il y a des choses toujours à gérer sur le plan humain, puisqu'on est une organisation humaine. Donc, il y a de l'insatisfaction qui peut émerger. Et ça, il faut être à l'aise avec le traiter au quotidien.

Aymeric (Chance)

Ok. Merci d'avoir partagé en transparence aussi en coulisse ces éléments qui sont aussi des éléments importants et à anticiper quand on se lance dans ce type de projet. Et je reprends la question de Sophie, justement, combien de temps il t'a fallu entre l'idée, la décision et l'ouverture de ton école ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Pour être précise, l'idée a émergé fin 2020. J'ai commencé Il travaillait vraiment à plein temps à partir de début 2021, et c'est à ce moment-là que j'ai rencontré mon associé. La structure a été créée en avril 2021 et la première promotion a démarré en septembre 2021. Donc concrètement, entre le début de l'idée et l'arrivée, on va dire, les premières personnes qui ont été réellement formées, il s'est passé huit, neuf mois. C'est une de gestation.

Aymeric (Chance)

Ok. Merci pour le partage. Il nous reste encore quelques minutes, donc n'hésitez pas s'il y a d'autres questions importantes. Peut-être une question pour moi, qu'est-ce que tu aurais aimé savoir avant de te lancer, que tu as découvert un peu sur le tas ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Bonne question. Je me suis déjà posée cette question. Je crois que ce qui m'a le plus à me lancer, c'était le côté aventure. Et finalement, j'aimais bien l'idée que je ne savais pas trop ce qui allait m'arriver. Et notamment, j'aimais bien l'idée qu'entre l'idée que j'ai conçue et ce qui est réellement advenu... Alors finalement, il y a eu moins de disparités que ce que j'avais anticipé, mais il y a quand même beaucoup de choses qui étaient différentes. Et Et finalement, je suis bien contente qu'on ne m'ait pas dit: Tu vas voir, l'idée que tu as conçue n'est pas ce qui va se réaliser. Je pense qu'en fait, je n'ai pas Je pense que j'étais contente de ne pas savoir exactement ce qui allait m'arriver. Et la seule chose, c'est que c'est une de nos valeurs à la solive qu'on appelle Fais-toi confiance, tout s'apprend. Ce qu'on avait de point commun avec KÖM, c'est de se dire: On est aussi là pour apprendre et on aime bien apprendre au quotidien. Finalement, le parcours n'est pas tracé. Pour citer une expression qui est chère à mon papa. Mon papa m'a toujours dit: L'expérience est une lanterne qui n'éclaire que celui qui la porte. Il y avait un peu ce côté: Il faut vivre cette expérience pour s'en rendre compte. Si on m'avait dit des choses avant, ça n'aurait pas forcément changé grand-chose.

Aymeric (Chance)

Ok. Merci beaucoup pour ce partage et cette belle citation qui nous éclaire de ton expérience. Je vois qu'on a une nouvelle question d'Agnès d'un point de vue financier. Comment tu t'y retrouves ? Est-ce qu'on gagne bien sa vie ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

À titre personnel, je pense qu'il y a des voies pour gagner beaucoup plus d'argent que ça. Moi, j'ai commencé... Déjà, pour te faire une expérience, moi, j'ai commencé en bénéficiant du chômage parce que j'avais pu avoir une rupture conventionnelle dans mon précédent poste. On a quand même cette chance extraordinaire en France de pouvoir prendre ce risque. Et je n'aurais pas pu prendre ce risque parce que je n'avais pas de patrimoine au démarrage, en bénéficiant de mes allocations chômage. Et puis ensuite, j'ai commencé à me verser un salaire. Et on a commencé avec mon associé à se verser un salaire, là maintenant, depuis un an. Et donc, on gagne notre vie, c'est tout à fait honnête. Je pense qu'il faut aussi bien avoir les choses en tête. Nous, je sais qu'on n'est pas là-dedans pour se dire que notre objectif, c'est nécessairement de faire la licorne et de ressortir avec des millions d'euros. Ce n'est pas ce qui nous a motivé à créer de la Solive. En revanche, on n'était pas prêts dans notre analyse des risques qu'on pouvait prendre. Moi, j'ai eu un enfant la première année de la Solive et j'en attends un deuxième.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Donc, je n'étais pas prête non plus à tout sacrifier. Il faut s'assurer quand on fait son business plan qu'on va être capable de gagner correctement sa vie pour pouvoir maintenir le niveau de vie qu'on a envie de garder. Donc, pour l'instant, c'est le cas. Et ça suppose aussi vraiment de bien anticiper son business model pour créer quelque chose qui va être structurellement équilibré et pas quelque chose qui va aussi vous pousser à avoir des stress parce que vous allez devoir aller chercher des financements sans arrêt. Je voyais qu'avec la question de Sophie de combien on a dû engager dans le projet. Moi, je n'ai pas été sans rémunération puisque j'avais cette transition grâce grâce à Pôle emploi. Comme je répondais à une partie de la question. Et combien on a dû apporter ? Au départ, on a apporté des petits montants qui nous ont permis de démarrer. Des petits montants, je pense qu'on a dû apporter une quinzaine de milliers d'euros chacun avec KÖM. Et ensuite, on a candidaté assez vite à des subventions publiques qui sont vraiment dédiées au démarrage d'entreprises. On a été lauréat de Inovaup qui est une bourse de BPI France de 50 000 € pour justement les entreprises qui démarrent.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

On a été également lauréat de certains réseaux comme le réseau Entreprendre, qui nous a permis d'avoir des prêts d'honneur, c'est-à-dire des prêts avec des taux intéressants pour pouvoir lancer son entreprise. Il y a tout un tas de dispositifs aujourd'hui qui permettent quand même de démarrer. Et puis, au bout d'un an, l'année dernière, on a levé des fonds pour pour pouvoir, une fois qu'on avait commencé à avoir une idée plus précise de ce qu'on voulait faire, on a levé des fonds pour passer à l'étape d'après. Et l'idée pour nous, c'est de pouvoir continuer ensuite sur cette lancée.

Aymeric (Chance)

D'accord. Merci beaucoup d'avoir pris le temps de partager en transparence ces éléments-là qui sont importants aussi avant de se lancer sur ça. Peut-être en guise de questions concluesives, si tu devais donner un ou deux conseils à quelqu'un qui s'apprête à se lancer ou qui réfléchit à ce type de voie, qu'est-ce que tu lui répondrais ?

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Moi, je pense que c'est très important de bien se connaître. Et d'ailleurs, moi, j'étais très contente d'avoir fait mon parcours chance avant et de l'avoir fait Finalement, à un moment de ma vie, j'avais 32 ans, je n'étais plus toute jeune, j'étais contente de me connaître et de savoir. On peut vous parler tout à l'heure, tu me posais la question des moments qui sont plus durs ou plus tendus. En fait, il Il faut se dire: Finalement, ce que je gagne est bien supérieur en termes d'expérience et d'excitation et supérieur à ce que ça me coûte en termes de charges mentales ou de stress. Moi, je conseillerais de bien se connaître, quitte à vraiment faire ce travail d'introspection qui est permise par des parcours comme Chance ou par l'accompagnement d'un coach. Moi, ça m'avait été très utile, j'avais eu un super coach. Ça, c'est vraiment la première chose. Et la deuxième, c'est vraiment de sécuriser tout l'aspect personnel avant de se lancer. Mine de rien, je le dis en toute honnêteté, je ne suis pas sûr que j'aurais pu le faire si je n'avais pas un foyer avec... J'ai un mari qui prend toute sa part de la charge de la charge mentale du foyer, qui s'occupe à égalité de notre enfant et du prochain. Et et mine de rien, ça, c'est quand même clé. Et la dernière chose vraiment très, très, très importante, c'est trouver le bon associé. Et ça, vraiment, moi, je ne me serais pas lancée toute seule. Et j'ai rencontré KÖM, on a eu vraiment un super fit et surtout, on se fait confiance. Donc, y aller en confiance avec quelqu'un en qui on a confiance, pour moi, c'est clair. Voilà tous les trois conseils.

Aymeric (Chance)

Parfait. Écoute, Merci beaucoup pour ces conseils. J'espère que les personnes qui nous ont écouté repartent avec des éléments qui les éclaireront sur leur choix à faire ou sur leurs interrogations par rapport à ton métier, que ce soit dans l'entrepreneuriat, dans la création d'une école ou les métiers de la transition écologique. Donc, un grand merci d'avoir pris ce temps-là pour nous partager les coulisses de ton métier. Je te souhaite une bonne fin de journée ainsi qu'à toutes et à tous. Merci à tous.

Ariane Komorn (Fondatrice d'une école de rénovation énergétique)

Au revoir. Merci beaucoup de votre participation. Au revoir.

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