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Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup d'être venus nombreux pour écouter Rebecca. Et merci Rebecca d'avoir accepté notre invitation à venir raconter ton métier.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Merci beaucoup. Merci pour l'invitation.
Marine (Chance)
L'idée de ce live, c'est que ce soit interactif. Donc n'hésitez pas à utiliser, voire abuser du tchat pour poser toutes vos questions et tout ce que vous avez voulu savoir à Rebecca. N'hésitez pas non plus à nous dire d'où vous nous écoutez. C'est toujours chouette de savoir où vous en ce moment. Et aussi pourquoi vous êtes venus ? Est-ce que c'est parce que vous connaissez le média Les Glorieuses ? Est-ce que c'est parce que vous aimeriez, vous, lancer un média ou une newsletter ? C'est toujours chouette de savoir vos attentes. Rebecca, pour commencer, et je suis ravie de te rencontrer parce qu'on ne se connaît pas encore. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours dans les grandes lignes et comment tu es arrivée à occuper ton poste aujourd'hui, à savoir CEO d'un d'un média féminin ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Oui, carrément. J'ai un parcours... Tu veux que je raconte depuis le lycée ? Comme tu veux.
Marine (Chance)
On n'a que 30 minutes, donc tu peux faire grande ligne.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Après le lycée, j'ai fait une prépa école de commerce que j'ai écoutée au bout d'un mois parce que j'ai détesté. En fait, la seule école qui commençait au moment où j'ai arrêté, c'était une école Sciences-Po et c'est vraiment la première pub qui m'est arrivée sur Google. Donc, j'ai cliqué dessus et j'ai intégré ça. Et à la fin de l'année, j'ai intégré Sciences-Po à Toulouse. J'ai fait ça... Je vais essayer de suivre. Après, j'ai fait un master en économie internationale à Paris 1 et j'ai enchaîné sur une thèse en économie de la culture et des musées, aussi à Paris 1. Et en fait, j'ai créé la newsletter des Glorieuses. Quand j'étais encore en thèse d'économie mis. C'était la dernière année. Je ne sais pas si tu vois comment ça fonctionne une thèse, mais une thèse, on est prof pendant toute la durée de la thèse. Et selon la Bourse, on a d'autres activités. Moi, j'avais une bourse des monuments historiques qui étaient trop bien comme Bourse. C'est la première année que ça existait. Donc, je donnais à la fois des cours et en même temps, je travaillais pour des musées. Moi, je travaillais pour le Musée des Arts et métiers.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Mon métier, c'était de travailler auprès du directeur du musée pour l'aider à élaborer une stratégie à long terme. Parfois, j'écrivais ses discours. C'était trop bien. Moi, j'aimais trop ce métier. Franchement, si jamais je devais changer de métier, je pense que je referais ça, de travailler pour quelqu'un qui est dans la lumière. Et puis moi, je suis à côté et je fais des petites choses. La dernière année, je n'avais plus de cours à donner. Je n'avais plus trop de... Je crois que je n'avais plus travaillé au musée. Je pense que c'est vraiment l'année de rédaction, on est très seuls. Moi, ça me pesait beaucoup d'être seule, de passer mes journées à la bibliothèque, tout seul. En fait, j'ai fait cette newsletter pour continuer à avoir un contact avec les personnes à l'extérieur, pour avoir un projet un peu plus dans l'immédiateté que la thèse, parce qu'au final, la thèse, on pond quelque chose au bout de trois ans. Alors que la newsletter, là, c'était toutes les semaines. Et sur le sujet, moi, je sais que je commence à lire plein de choses qui existaient dans les médias, notamment Nord-américains, sur la question du féminisme. Il y a des autrices que je lisais qui me parlaient énormément.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
J'essayais de il y a une période où j'essayais vraiment de comprendre, c'était il y a huit ans, donc, j'essayais vraiment de comprendre qu'est-ce que ça veut dire être une femme, pourquoi est-ce qu'il y a certaines choses qui ne me conviennent pas du tout et qui me tordent le ventre. Et en même temps, tout ce qui existait alors, je ne m'y reconnaissais pas vraiment. Il y avait Mademoiselle, mais Mademoiselle, c'était plutôt pour les ados et moi, j'étais une jeune adulte. Il y avait aussi elle, vraiment à côté de la marque. C'est pour ça que j'ai créé OK, hyper intéressant.
Marine (Chance)
Tu as créé la newsletter pour être un peu moins seule, pour avoir un rapport plus immédiat versus la longueur de la thèse et pour être un peu vers l'extérieur versus la solitude du thésard ou de la thésarde.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
C'est ça.
Marine (Chance)
Ok. Et puis, dans un paysage médiatique à l'époque ou absence de médias féministes.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Oui, je trouvais que j'avais peut-être quelque chose à apporter de différent et je pense que je pensais avoir quelque chose à apporter parce que je n'y connaissais rien aussi. Je pense que c'est toujours la même idée. Quand on a une expertise d'un sujet, on a l'impression que tout a été dit, tout a été fait, donc on n'ose pas trop se lancer. Je pense que c'est un peu le revers de la médaille de ne pas trop s'y connaître. On a moins de doute. On se dit: Non, il n'y a pas. Et puis après, au fur et à mesure, je suis: C'est quand même…
Marine (Chance)
C'est drôle parce que c'est revenu au fur et à mesure des lives cette semaine. En tout cas, pour les métiers liés à la création, que ce soit sur tout l'écriture ou tout ce qui le champ un peu artistique de la crainte de tout a déjà été fait. Mais en fait, non, parce que chaque personne, avec sa subjectivité, va acclairer un sujet différent, de manière différente. Je vois que les questions arrivent dans le chat. Il y a une question assez simple, mais très nécessaire quand même. Qu'est-ce qu'un essayiste ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Très bonne question. Moi-même, je ne sais pas un jour sur deux, mais en fait, je considère une personne comme un essayiste quand son travail, c'est de faire un pas de côté par rapport à l'actualité et essayer d'analyser ce qui se passe avec des outils, de la littérature, de la sociologie, de l'économie, mais pour essayer d'apporter un regard, comme tu disais, un regard très subjectif et pas forcément qui n'a pas vocation à devenir universel, mais juste un regard, une interprétation, en tout cas, sur ce qui se passe dans la société. Je ne sais pas si ça fait sens.
Marine (Chance)
Si, c'est très clair. Je trouve ça... C'est très clair. Si dans le chat, ça ne l'est pas, dites-le nous. Mais moi, j'ai trouvé ça très clair.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Je voulais revenir sur un point. C'est vrai que c'est quelque chose qui a tendance à paralyser tous les créateurs et toutes les créatrices, le fait que tout a été analysé. Et j'ai une amie qui m'a dit récemment: En fait, ce n'est pas forcément le fait que tu vas faire quelque chose de différent. Il faut juste faire la paix avec le fait que ce que tu vas faire, ça a déjà été fait, probablement. Et à partir du moment où tu fais la paix avec ça, en fait, ce n'est pas grave. Et effectivement, ce n'est pas grave s'il y a des doublons.
Marine (Chance)
Oui, bien sûr. C'est toujours pareil. C'est à un moment donné, tu vas produire quelque chose qui va rencontrer un public à ce moment-là, qui n'a pas forcément été touché par d'autres prises de parole par ailleurs. Et après, c'est toutes ces énergies qui fait que ce que tu crées trouve un public et élu et aide des gens. Donc, tu nous racontes comment la newsletter, elle a été créée, mais il y a eu beaucoup d'années qui se sont écoulées depuis et elle est devenue un média très reconnu. Comment s'est passée cette de Rebecca Étudiante qui lance cette newsletter à aujourd'hui un média qui te permet en partie de vivre. Est-ce que tu peux nous raconter cette histoire ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Oui, carrément. Ça me permet de vivre complètement. Je n'ai pas d'autres sources de revenus autres que via- Je n'ai pas avancé, donc j'ai mis des... Non, mais si, tu as raison. Non, si, j'ai un autre revenu. D'ailleurs, je vais en parler après, mais vraiment, c'est assez marginal par rapport au reste. Honnêtement, la transition, elle a été très douloureuse. Je pense que quand j'ai créé la newsletter, je ne voulais pas du tout en faire une entreprise. Moi, j'ai deux parents qui sont entrepreneurs, pas qui sont des gros entrepreneurs, ils sont des... Ils ne le sont plus, ils sont en la retraite. Enfin, non, pas ma mère, elle me tuerait. Bref, mais genre de très petites entreprises. Donc vraiment, je les voyais vraiment être au four et au moulin, bosser pendant les vacances. J'ai même vu ma mère devoir aller chez un client le jour de Noël. Et là, je me suis dit: En fait, je ne veux pas cette vie. Moi, je veux être chercheuse, je veux faire quelque chose sur le long terme, je veux avoir un impact différemment, mais je ne veux surtout pas être entrepreneuse. Et en fait, ce qui s'est passé, c'est vraiment un concours de circonstances, parce qu'à la fin de ma thèse, donc à la fin de cette bourse que j'ai eue, j'avais quelques mois entre la fin de la bourse et ma soutenance de thèse.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Je pense que la fin de la bourse était en août et la soutenance de thèse, c'était de mémoire en novembre. Oui, c'était en novembre, carrément. Il y avait deux mois et demi. Le système des universités est tellement formidable en France, que vraiment, les profs te disent: Pour continuer à gagner de l'argent, payer ton loyer, tes frais, va à Pôle emploi, parce que tu vas toucher du chômage vu que c'était un contrat CDD, et donc ça permet de continuer à vivre jusqu'à ce que tu trouves ton emploi. C'est vraiment un super système. Personne ne s'est dit: Ce serait cool de continuer jusqu'à la soutenance de thèse. Mais peu importe. Donc j'ai fait ça, je suis allée à Pôle emploi. Et en fait, mon conseiller Pôle emploi, vraiment, ne comprenait pas ce que je faisais. Mais je comprends. Moi non plus, je ne comprenais pas ce que je faisais. Vraiment, je ne jette pas du tout la pierre. Je ne jette pas du tout la pierre. En revanche, en nt, et j'entends un psssst. Et je me retourne, je fais quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Et il y a une femme, vraiment, j'avais l'impression que c'était un film.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Elle me dit: On se retrouve dehors dans cinq minutes. Ok, qui vous êtes ? Et en fait, c'était une conseillère. Elle et en plus, vraiment, c'était génial l'interaction parce qu'elle sort, elle commence par sortir une cigarette, elle l'allume. Je pensais qu'elle allait me dire un truc de ouf et elle m'a dit un truc de ouf. Elle me dit: Oui, je suis abonnée à la newsletter des Glorieuses. Ce qui était hallucinant parce qu'à l'époque, je crois qu'il y avait 5 000 abonnés ou 6 000 abonnés. Il y en avait vraiment pas beaucoup. Et elle me dit: J'ai entendu ce que votre conseiller vous a dit. Vraiment, ne l'écoutez pas. En fait, vous, vous avez le droit à deux ans de chômage pour toucher... Je ne sais plus, vraiment, ce n'était pas beaucoup, mais je pense que c'était à peine 1 000 € vu que ma thèse, j'étais payée 1 250 € par mois. Et elle m'a dit: Utilisez cet argent comme si c'était un accompagnement de l'État à la création de votre entreprise. Donc, pendant un an, comme ça, pendant deux ans, vous n'avez pas à vous soucier de vous payer. Pendant un an, vous essayez de voir s'il y a un modèle économique potentiel derrière ce que vous êtes en train de faire.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Et si vous en trouvez un, vous faites en sorte de l'appliquer pendant la seconde année. Et à la fin de la deuxième année, si jamais tout se passe bien, vous vous employez. Et donc c'est ce que j'ai fait. Et ça a fonctionné. Et donc c'est pour ça que j'ai créé cette entreprise. Je n'ai même pas venu à l'idée de créer l'entreprise.
Marine (Chance)
C'est drôle, mais justement, chez Chance, et c'était aussi l'idée de ces live en coulisses, c'est en fait, on a tous rencontré des personnes dans notre vie qui, sans forcément le savoir, ont eu un impact décisif. Et cette histoire en est une. Et d'où l'importance de partager, de rencontrer des gens parce que ça crée des déclics, des opportunités. Donc, superbe histoire pour illustrer pour illustrer ça. Je parlais de rebondir, par contre, quand tu disais ma newsletter à ce moment-là, elle était toute petite. Je la rappelle 5 ou 6 000 lecteurs.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Non, ce n'est pas petit.
Marine (Chance)
Non, ce n'est pas grave. Mais c'est drôle. Mais ma question, c'est comment tu as fait déjà pour que tu étais, pas connue, pour conquérir 5 000 personnes. Comment tu as réussi à être connue au début ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Au début, j'ai envoyé un message à toute ma famille et à tous mes amis en disant: Je viens de lancer cette newsletter. S'il vous plaît, abonnez-vous. Franchement, à peu de personnes près, tout le monde s'est abonné quand même. Je crois que ma mère s'est abonnée cinq fois au début. Donc, j'avais vraiment cinq adresses mail qui appartenaient à ma mère. Ça a été vraiment le bouche-à-oreille. Et encore aujourd'hui, le premier canal d'acquisition, c'est le bouche-à-oreille. C'est vraiment des personnes qui vont transférer la newsletter parce que c'est un sujet qui leur a parlé. Et les personnes qui vont recevoir la newsletter en disant: Ça pourrait peut-être m'intéresser. Je vais essayer de les recevoir. Et après, il y a des moments aussi où ça n'intéresse plus les gens et donc ils se désabonnent. Au début, c'était vraiment un déchirement de cœur à chaque fois. Et quand j'ai vu qu'il y avait certaines personnes qui se réabonnaient ensuite, j'étais là: Genre, cool. En fait, c'est des moments de vie. Parfois, on a envie de recevoir des thématiques liées au féminisme dans sa vie, puis parfois non. Et en fait, c'est complètement OK. En tout cas, le premier, c'est le bouche-à-oreille.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Et puis après, ce qui nous a permis de passer de 200 ou 300 à un peu plus de 1 000 abonnés, c'est un article dans Chic magazine, qui a fait un article trop sympa sur la première newsletter féminine, je peux voir. Ça, ça nous a permis d'arriver à 1 000. Et puis après, on a aussi fait des prises d'opposition. Je me souviens dès le début, au bout de quelques mois, dans les régions du Sud-Est, c'était Marion Maréchal-Le Pen. C'était pour les régionales de 2015. Marion Maréchal-Le et Marine Le Pen commençaient à adopter un discours très féministe en disant: On est les premières femmes à la tête de parties. On est là pour les femmes. Parce que d'un point de vue stratégique, pour gagner, elles avaient besoin de faire grandir l'électorat féminin, ce que malheureusement, elle en a rien à faire. Moi, ce que j'ai fait à ce moment-là, c'est que je suis allée regarder tout ce sur quoi elles avaient voté dans les dernières années, ou quand elles avaient du pouvoir, afin de montrer que quand c'était des questions sur des questions politiques qui pouvaient vraiment améliorer la vie des femmes, genre l'avortement, l'égalité professionnelle, elles votaient systématiquement contre.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Je voulais mettre en lumière leur hypocrisie. Ça, ça a eu pas mal de répercussions. C'est vrai que ça nous a permis de passer, je crois, de 2 000 à 5 000 abonnés, quelque chose comme ça.
Marine (Chance)
Quand on t'écoute, tu utilises le on. Ça m'invite à poser la question de combien de personnes il y a derrière les Glorieuses et à partir de combien de temps tu as pu avoir d'autres personnes que toi-même. Est-ce que tu rejoins la question de Sandy dans le chat ? Combien de collaborateurs composent le média ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Aujourd'hui, on est deux personnes en salariés, dont moi. L'autre personne, c'est Mégane Clément. Mégane, c'est une journaliste féministe qui travaille sur les questions féministes depuis plus de 15 ans. C'est une des premières journalistes féministes dans le monde. Elle a travaillé aux Gardiennes. Elle est anglaise et australienne, donc elle a travaillé plutôt pour des médias étrangers avant de rejoindre l'équipe. Elle, elle dirige la newsletter Impact. Je ne sais pas si vous la connaissez. Elle est trop bien. C'est une newsletter qu'elle fait en collaboration avec des journalistes qui sont basés un petit peu partout dans le monde. En fait, elle propose toutes les semaines soit une interview d'une activiste féministe basée à un endroit dans le monde. C'est très international, soit les actualités féministes qui se passent un peu partout dans le monde. Et l'idée, c'est de comprendre l'évolution des politiques publiques et l'impact sur la vie des femmes. Et en fait, l'objectif de cette newsletter, c'est vraiment de regrouper la communauté des activistes féministes dans le monde pour se dire que quand il y en a une qui a une action en cours à un endroit, elle ne se sent pas toute seule, parce qu'elle a toute cette communauté derrière et nous, on se propose d'en faire l'écho.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Donc voilà, il y a Mégane. Elle est accompagnée d'Agustina Ordoqui, qui est une journaliste argentine. Qui est absolument formidable, qui bosse incroyablement bien. Il y a Alice aussi qui complète l'équipe et qui travaille en freelance, en revanche, et elle s'occupe des réseaux sociaux. Après, il y a d'autres personnes qui collaborent, mais de de manière plus sporadique. Par exemple, on a une traductrice pour la newsletter Impact parce qu'elle est disponible dans deux langues, en français et en anglais. On a aussi une journaliste pigiste qui écrit pour la newsletter des petites glos. On a un comptable aussi. Je vais essayer de voir cette personne.
Marine (Chance)
C'est intéressant de voir que tu as une équipe réduite et après, ponctuellement, des freelances ou d'autres personnes qui peuvent venir donner un coup de main. Tu nous expliques que Grâce à cette rencontre inoclinée à Pôle emploi, tu sais que tu peux avoir deux ans de chômage, le temps de faire essayer d'émerger ton média pour en vivre. Est-ce que tu as réussi, dans ces deux ans, à monétiser ton utilisateur Est-ce que...
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Je ne sais plus. Ce que je sais, c'est qu'au départ, quand j'ai créé l'entreprise, c'était en 2018. Donc, Gloria Media, c'est le nom de l'entreprise qui produit la newsletter. Je sais qu'au tout début, Au début, on avait eu une bourse qu'on avait réussi à avoir, qui s'appelle la Bourse émergence, que je vous encourage vraiment vivement à demander quand on crée un nouveau média. Je crois qu'on peut la demander dans les deux ou trois premières années de création de son média. Moi, je faisais partie vraiment de la première cohorte de personnes qui a reçu cette bourse-là et ils nous ont donné... J'ai oublié le montant. Sinon, si on avait eu un autre client aussi, et le premier client qu'on eu, c'est une entreprise pour faire du sponsoring dans la newsletter des Glorieuses. On l'avait réussi. Après, ce n'était pas à des sommes incroyables, mais suffisamment, en tout cas, pour pouvoir m'embaucher.
Marine (Chance)
Oui, et puis c'est encourageant parce que ça montre que ça peut intéresser des marques Oui, carrément. Et aujourd'hui, quelles sont les différentes sources de revenus pour que tu puisses être sereine dans ton quotidien ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
On a trois sources de revenus. La première source, ça va être des fondations qui vont soutenir du journalisme féministe. Par exemple, on a la fondation qui s'appelle le New Venture Fund, qui finance intégralement la newsletter impact, qui coûte le plus cher à produire. C'est vraiment ce qui coûte le plus cher à produire. Donc vraiment, tous les sous de la fondation sont dédiés à la production de cette newsletter. On a aussi une autre fondation, la Fondation L'Oréal, qui finance intégralement la newsletter des Petites Glos, qui est une newsletter à destination des ados, des filles et des garçons, et qui parle exclusivement de la santé mentale. Quand c'est des financements de fondation, ce que ça signifie, c'est qu'il n'y a pas de retour sur investissement pour eux. Il n'y a pas de pub ou il n'y a pas de... Pub, c'est tout. Donc ça, c'est la première source de revenus. La deuxième source de revenus, ça va être du sponsoring de newsletter. C'est ce que parfois Je ne sais pas si vous êtes abonnés à la newsletter, mais parfois, vous allez avoir des bannières ou alors des encadrés avec des informations de partenaires. En ce moment, par exemple, c'est le Fonds L'Oréal pour les femmes qui est sponsor de la newsletter et on promeut un podcast qui s'appelle Se qui est trop cool en plus, qui met en avant des entrepreneurs dans le social qu'on soutient.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
C'est vraiment tout bénéf'. Je suis très contente de faire ça. La dernière source de revenus, c'est un peu ce que j'appelle des revenus pas récurrents, parce que ça va être des personnes qui vont venir nous voir et qui vont nous demander des services qui seront rémunérés. Je donne des exemples parce que c'est assez vague. Mais par exemple, une entreprise qui va dire: Si le bimart, Je ne sais pas quoi faire. Est-ce que ça vous dirait de faire une conférence sur l'invisibilité des femmes dans le monde de l'art ? Je dis ça parce que ça s'est vraiment passé. Donc, moi, ce que je fais, c'est que je dis oui ou pas. Ça dépend. En fonction de si j'ai le temps, si j'ai l'envie, si j'ai besoin de l'argent aussi. Généralement, ça me motive. Ça, c'est un type de service, mais ça peut être d'autres types de services. Ça peut être des conseils aussi d'entreprises. C'est vraiment séparé du média. C'est pour ça que j'appelle ça du business non récurrent, parce qu'on ne fait pas de démarches et juste, je reçois les demandes et je les prête.
Marine (Chance)
Mais hyper intéressant. Les fondations, les marques et les éventuels revenus non récurrents, par exemple, pourraient être speaker dans des conférences parce que tu apportes la crédibilité sur ton nom. Ok. N'hésitez pas dans le chat si vous avez quelques dernières questions parce qu'il nous reste sept minutes pour tenir le cours d'aîlé de 30. Cette semaine, avec ces live en coulisses, c'est de parler de la réalité pour enlever un peu les fantasmes positifs ou négatifs sur les métiers. Toi, aujourd'hui, même si c'est évidemment subjectif, quelles sont les parties qui t'énergisent, qui te rendent vraiment épanouis dans ce que tu fais ? Et quelles sont les parties que tu trouves plus difficiles et plus pesantes ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Carrément, les parties positives, c'est quand je fais vraiment le cœur de métier, ce pourquoi j'ai créé ce que je fais aujourd'hui. Ça va être plus une partie où j'écris, où je fais des recherches, où j'interviewe des personnes que je trouve absolument incroyables pour les publier dans la nuit des Teurs. Les moments où je fais des conférences aussi. Par exemple, j'ai fait une conférence le mois dernier au Frac d'Orléans sur les femmes et des histoires de l'art et j'adore en faire ce genre de choses. Vraiment, ça me motive trop. De rencontrer des personnes aussi qui lisent la newsletter, ça me motive trop. De l'écrire, évidemment. Ça, j'aime trop. Qu'est-ce qui me motive d'autres ?
Marine (Chance)
C'est déjà pas mal.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Ouais, c'est pas mal. Ok, cool.
Marine (Chance)
Et dans les choses qui te pèsent et qui sont plus difficiles dans ton quotidien ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Là, j'ai une longue liste, très longue liste.
Marine (Chance)
Pourquoi aussi, de le dire ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Franchement, j'ai vécu des trucs pro qui ont été très difficiles et j'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre. Je pense que je m'en remets d'ailleurs à peine tout doucement et je m'autorise à m'en remettre aussi parce que je suis devenue très bienveillante envers moi-même, ce qui n'était pas forcément le cas avant. Des choses qui sont plus compliquées, c'est la comptabilité. Ça me gonfle. Alors que c'est quand même une énorme partie de mon travail d'aller chercher, de relancer les clients pour les factures impayées. Franchement, j'ai fait ça hier, ça m'a pris une heure. C'était si relou. En fait, c'est des factures qui ne sont pas payées depuis un an et demi, comme si je n'avais que ça à faire. Ça m'énerve. Donc ça, vraiment, je n'aime pas du tout la comptabilité. Faire les budgets. Pas le budget, il y a un petit côté satisfaisant, genre pouf, et puis un petit côté ça fait peur. Tous les trucs de factures. Envoyer les factures, vraiment, ça ne m'intéresse pas. Sur le Côté commercial, moi, ce que j'aime bien, c'est trouver des nouveaux projets avec des clients. Ça, je trouve ça hyper passionnant. Ce que j'aime moins, c'est faire le suivi après, de faire les factures, encore une fois.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Ça, je n'adore pas. Je suis en train de faire la liste de tout ce que j'ai fait cette semaine. Il y a un autre truc, par exemple. Pour beaucoup d'éléments, soit j'ai appris à l'aimer, soit ça reste compliqué. Typiquement, le fait de parler en public ou de parler dans les médias, c'était une source d'angoisse totale avant. Et maintenant, en fait, parfois, j'adore. Et parfois, en fait, j'ai ces angoisses qui reviennent. Par exemple, tous les jeudis soir ou tous les mercredis soir. Ça dépend des semaines, mais j'interviens sur RTL dans une émission, on refait le monde. Et donc, en fait, c'est des sujets d'actualité et on est trois personnes autour de la table et on nous demande notre avis sur des choses. Et en fait, moi, ça me stresse parce qu'en fait, je déteste donner mon avis sur des sujets dont je ne suis pas experte. J'ai l'impression de dire des banalités, de dire vraiment que ce que je dis est complètement inutile. Et puis après, parfois, c'est des sujets trop bien. Genre, par exemple, l'autre fois, c'était sur les congés menstruels en entreprise. Du coup, j'ai pu faire un exposé sur les congés menstruels en entreprise et j'ai adoré faire ça.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Je pense que s'il y a quelque chose sur lequel je dois vraiment travailler aujourd'hui, c'est accepter les aléas de l'entrepreneuriat, de faire des trucs que parfois, tu aimes bien les faire et parfois, tu n'aimes pas les faire. En tout cas, pour moi, c'est compliqué parce que je pense que je suis assez sensible comme personne et donc je ressens tout beaucoup et très fort. Mais après, ça fait que les belles choses, je les ressens aussi très fort, donc ça a un côté assez positif. Un autre truc avec lequel je ne suis toujours pas tout à fait OK, c'est l'exposition. Typiquement, aujourd'hui, je n'utilise plus trop mes réseaux sociaux. Instagram, je n'y suis plus, Twitter, je n'y suis plus. Linkedin, j'y suis un peu encore, mais en fait, j'ai arrêté les réseaux sociaux. Et ça, ça m'a fait beaucoup de bien par rapport à l'exposition.
Marine (Chance)
Et sur le côté financier, le fait d'être entrepreneur avec des revenus plus ou moins assurés, c'est source d'angoisse ou ça, tu as réussi à le canaliser ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
C'est une petite source d'angoisse quand même. Surtout quand on a des salaires à payer qui ne sont pas les nôtres. Si on n'a que nous, ce n'est pas grave. Mais les salaires des freelances et tout, non, ça me stresse toujours autant. Mais c'est un stress que j'arrive à tourner en...
Marine (Chance)
Le moteur ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Oui, c'est ça. Ce n'est pas un stress qui me paralyse, contrairement à d'autres stress qui me paralysent, même dans mon métier d'ailleurs. Ça, ça me motive.
Marine (Chance)
Quel stress, par exemple, te paralyse ?
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Le harcèlement sur les réseaux sociaux. Ça, vraiment, ça me fait des crises d'angoisse.
Marine (Chance)
Je comprends. C'est dramatique à quel point cacher derrière un écran, les personnes se déchaînent. Vaste sujet qu'on va sortir du live pour rester sur des ondes positives. Pour terminer, dernière question. Il y a Mathilde qui nous demande: selon vous, est-il préférable de lancer son média en étant en poste pour voir si ça prend ou s'y concentrer à 100% pour se donner toutes les chances.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Est-ce que c'est sur un thème particulier ou il n'y a pas de thème qui- Mathilde n'a pas précisé le thème, non. Je ne sais pas. Je pense que ça dépend vraiment des personnes et ça dépend vraiment des situations. Moi, je l'ai fait quand j'étais encore en thèse. Ça me permettait aussi d'un peu tater le terrain, de voir ce qu'on avait envie de faire. Mais en fait, c'est un peu un biais féminin aussi que de faire ça, de tester quelque chose. Mais ce n'est pas un biais féminin en mode: Les femmes n'osent pas, mais c'est plutôt: il y a une réalité du marché qui fait que les projets de femmes sont moins financées et font moins l'objet d'investissement que les projets faits par des hommes. C'est une réalité économique. Donc c'est compliqué de se lancer à 100% dans un projet sans revenus et donc à savoir sans investissement, parce qu'au départ, on n'a que des investissements possibles. Moi, je suggérerais de tenter de faire une levée de fonds, parce qu'en fait, il n'y a pas de raison que les femmes ne fassent pas l'objet d'investissement. Je pense qu'il faut vraiment le tenter. J'encourage vraiment les femmes à le faire et aller voir des collectifs qui existent sur ces questions, à ne pas hésiter à aller voir des fonds d'investissement pour être accompagné ou des banques d'affaires pour être accompagnées, de faire cette partie quand on est en poste et une fois qu'on a l'argent, de se salarier en premier et après de lancer son média.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Si jamais je refaisais Si jamais j'avais l'occasion de refaire ce projet, je le ferais comme ça, avec la connaissance que j'ai aujourd'hui. Donc c'est impossible.
Marine (Chance)
Super conseil. Merci beaucoup. Et c'est un éclairage encore nouveau, parce que tu n'as pas répondu sur A ou B, mais tu as fait une alternative C. Et j'invite beaucoup... Vous aurez accès à tous les replays de la semaine de live. Il y avait notamment des entrepreneurs et des investisseuses qui justement parlaient de tous ces sujets de l'entrepreneuriat féminin, des barrières consommées nous-mêmes. Souvent, c'est des mots qui font peur: investisseur. Aujourd'hui, ça s'est beaucoup démocratisé. Il y a beaucoup de... Je pense à Sista ou d'autres entreprises comme ça qui sont spécialisées sur l'entrepreneuriat féminin. C'est beaucoup de ressources qui peuvent être aidées, accompagnées. Comme d'habitude, les rencontres, les échanges, la sororité autour de tout ça, aident à trouver l'énergie pour se lancer. Merci beaucoup, Rebecca. Je vois qu'il y a plein de mercis dans le chat.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Merci. N'hésitez pas, si vous avez des questions, vous pouvez m'envoyer un mail. Mon mail, il est très simple, c'est Rebecca. Amcelem@lesglorieuses. Fr. Si vous avez des questions sur quelque chose que vous voulez entreprendre, je mets un peu de temps à répondre, mais je réponds. Je pourrais.
Marine (Chance)
Merci beaucoup, Rebecca. Vous pouvez retrouver donc Les Glorieuses ou Rebecca aussi sur LinkedIn. Encore merci pour ton temps et de nous avoir raconté ton métier.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Merci à toi. Merci à vous tous.
Marine (Chance)
Merci, au revoir.
Rebecca Amsellem (Fondatrice & Dirigeante de la Newsletter Les Glorieuses, essayiste)
Au revoir.












