Fatoumata Vigier, Global Campaign and Content Manager

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous et merci d'être là pour ce live en coulisses avec Fatou. Bonjour Fatou.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Bonjour. Bonjour à tous.

Marine (Chance)

Et merci beaucoup d'avoir pris le temps dans ton emploi du temps pour nous partager ton métier et la réalité de ton métier.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Avec plaisir.

Marine (Chance)

Bonjour, Mabrouka. L'idée est que ce live soit interactif, donc n'hésitez surtout pas à utiliser le chat comme vous commencez déjà à le faire pour poser vos questions ou pour dire ce que vous avez envie de dire. L'idée, c'est que ce soit participatif. Pour commencer, Fatou, est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours ? Comment tu as fait tes choix ? Est-ce qu'il y a eu des rencontres marquantes ? Et comment tu es arrivée là où tu es aujourd'hui ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

D'accord. Aujourd'hui, j'occupe le poste de Global Campaign & Content Manager. Derrière tous ces mots anglais un petit peu empilés, mon job aujourd'hui, c'est de diriger des campagnes publicitaires, médias, sur tous les supports de communication des marques qui me sont confiées au niveau international. C'est un métier qui est entièrement inscrit dans les équipes marketing, développement. C'est vrai que pour en arriver là, la route n'a pas été super droite, donc j'ai emprunté quelques diverses pistes. J'ai démarré par une école de J'ai eu la chance de faire plusieurs stages au sein de cette école de commerce. À l'époque, je m'étais tournée plutôt vers des métiers du conseil, donc j'avais fait des stages en finance, en logistique. Et j'ai fait mon dernier stage de fin d'études chez L'Oréal, l'entreprise dans laquelle je suis toujours, sur le poste que j'occupe actuellement. J'ai démarré à la suite de mon stage en tant qu'analyste business. Donc, j'ai été embauchée en tant qu'ingénieur développement. Comme vous voyez, c'est assez éloigné du job que je l'équipe aujourd'hui. Le métier d'ingénieur développement, je vais être très rapide, mais c'était vraiment un métier qui était lié à la production de nos produits, à savoir d'un point de vue usine, la gestion des délais, de la fabrication des produits, de la gestion aussi des timings de fabrication de tout ce qui est sur le marché aujourd'hui.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

C'est un travail qui était côte à côte avec les équipes marketing, développement. Il se trouve que justement, à ce moment-là précis, Donc, j'étais absolument en phase avec l'entreprise dans laquelle je travaillais, le secteur des cosmétiques, qui est la raison pour laquelle je suis encore dans cette entreprise, qui me passionne depuis toujours. Je pense que c'est presque culturel. C'est lié à beaucoup de choses qui ont été transmises de génération en génération dans ma famille. Et donc, c'est vrai qu'il y avait une partie de l'équilibre et du sens qu'on recherche, au sens chance d'ailleurs, qui ne marchait pas. C'était tout l'aspect métier. Parce que sur ce métier d'ingénieur, je devais raisonner énormément en termes de contraintes et dans mes mes interlocuteurs, les journées se ressemblaient. C'est-à-dire que concrètement, j'avais l'impression, j'avais eu beaucoup de formations, on m'avait formé à l'injection du plastique, à plein de choses diverses. Et je voyais l'enthousiasme des gens autour de moi et je n'arrivais pas à m'enthousiasmer. Alors que quand je passais mes journées avec les équipes marketing à réfléchir à leurs produits, à leurs consommateurs, comment Comment on pouvait améliorer les choses pour le consommateur, j'étais 100% passionnée. Et donc, de fil en aiguille, je pense que le directeur marketing avec lequel j'ai travaillé s'est rendu compte que j'avais un peu un atypisme dans la façon d'échanger avec les équipes marketing et trouvais que ma sensibilité aux produits et consommateurs était très intéressante et m'a proposé d'ouvrir mon CV au métier du marketing.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Donc, j'étais ravie puisque c'est quelque chose qui me trottait dans la tête. L'histoire est longue, mais j'ai atterri côté ingénieur malgré moi. Et donc, à partir de ce moment-là, j'ai eu la chance de tomber sur des équipes RH qui m'ont accompagné, qui m'ont permis de rentrer dans les métiers du marketing. Donc ça, c'était déjà il y a neuf ans. Et depuis, je n'ai plus lâché ce secteur. Donc, j'ai continué à évoluer sur plusieurs catégories différentes, plusieurs divisions différentes. Et aujourd'hui, je Je suis en charge des campagnes média à l'international et c'est un métier qui a été créé, en fait, il y a deux, trois ans par L'Oréal, de par l'évolution, justement, des supports de communication des marques, du fait qu'il y Il y a cinq ans, quand on faisait une campagne de pub chez L'Oréal et dans n'importe quelle marque de l'industrie, on faisait une pub télé et tout le monde... Ça suffisait amplement pour faire connaître les produits. Aujourd'hui, on sait par les réseaux sociaux, le les commerces, les QR code, etc, qu'il y a énormément de supports de communication et donc il y a eu des métiers qui ont été créés et des jobs dédiés, et notamment celui sur lequel je travaille aujourd'hui.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Donc, j'ai quand même tâtonné au démarrage et j'ai eu effectivement la chance d'être accompagnée, et aujourd'hui encore, par une ARH qui est presque dans le coaching, finalement, de carrière. Et je dirais que c'est quelque chose qui est assez spécifique chez L'Oréal et qui fait aussi que j'y trouve toujours ma place. Je tombe toujours, en tout cas, sur des équipes qui sont à l'écoute et qui nous permettent ces remises en question et ces évaluations un petit peu progressives sur comment on se sent dans notre métier, qu'est-ce qu'on envisage de faire plus tard. Et pour vérifier si on trouve toujours justement du sens à ce qu'on fait. Voilà. J'espère que je t'ai assez kiffé. Non, non.

Marine (Chance)

C'était hyper intéressant et ça l'est encore plus quand ce n'est pas des lignes droites, parce que ça montre que tout est possible. Pour ceux qui ne connaissent pas le sens, on a un bilan de compétences et une communauté d'entraide pour trouver sa voie professionnelle ou redonner du sens à son travail. Ce que tu expliques, c'est ce qu'on voit dans le parcours, c'est réussir à identifier ces moments de flow. Et toi, tu le disais très bien quand tu voyais que tes collègues étaient hyper enthousiastes quand tu étais sur le côté fabrication alors que toi pas. Et à l'inverse, tu sentais bien que c'était hyper énergisant et enthousiasmant pour quand tu étais sur les problématiques de marketing. Et c'est réussir justement à identifier où est-ce que ça vibre, où est-ce que tu es trop contente. Et c'est génial que tu aies eu la chance de pouvoir, dans ta boite, faire ce mouvement. Et c'est vrai que L'Oréal est connu pour avoir des RH qui sont hyper bons pour ça. Et vu qu'il y a plein de métiers dans le groupe, vous pouvez bouger. Ma question maintenant pour toi, pour la réalité de ton métier, c'est: est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu au quotidien quelles sont tes missions tes tâches ?

Marine (Chance)

Ça ressemble à quoi une journée de fatou quand on est Global Campaign Manager ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Une journée type est assez remplie et aucune journée ne se ressemble, bien évidemment. Mais si je devais résumer, mon métier, c'est en fait de coordonner et de transcrire en fait des besoins de communication sur un produit à mon agence de publicité. Donc, c'est le partenaire numéro un de mon métier, c'est l'agence de publicité qui, elle, à travers le brief que je vais lui faire, doit trouver une idée créative qui permette d'exprimer tous les besoins marketing et parler à la cible qu'on va aller chercher avec le produit. L'intérêt et la difficulté du métier, c'est que... Moi, j'ai particulièrement travaillé sur la catégorie de coloration à la maison, donc une cible plutôt âgée dans le secteur de la beauté, puisqu'il s'agit de couvrir les cheveux blancs pour 80% de notre cible. Et en même temps, très dynamique. Il y a plusieurs problématiques, c'est: Quel réseau, quel mode de communication on va choisir ? Ça, c'est des problématiques C'est ce que j'aborde avec l'agence ? Est-ce qu'on va faire une campagne plutôt orientée télé, média, etc. ? En termes d'objectifs de communication marketing, c'est bien de trouver une idée créative, mais est-ce qu'elle est pertinente ? Est-ce que les consommatrices les comprennent.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Donc pour ça, je vais mettre en place avec des équipes qui sont des équipes études, des tests aussi auprès de consommatrices pour jauger un petit peu. Là, on a décidé de parler de telle manière. Est-ce que ça plaît ? Est-ce qu'on a un qui est cohérent par rapport à l'image de marque qui a été créée, etc. Je travaille avec mes agences, je travaille avec les équipes d'études qualitatives avec les consommateurs. Je travaille aussi beaucoup avec la hiérarchie en interne pour faire adhérer toutes les personnes en interne au projet. Il y a une partie aussi qui est extrêmement intéressante et très complexe, qui est que le fait que je travaille à l'international fait que très souvent dans mes journées, je vais avoir des réunions avec les pays les pays clés de mon projet. C'est-à-dire que comme on ne peut pas travailler avec tous les pays dans lesquels nos produits vont être lancés, les campagnes sont internationales, il faut qu'on trouve quand même ce qu'on appelle en interne des insights universels, c'est-à-dire des éléments qui vont parler à tout le monde dans le monde, que la campagne marche aussi bien en Allemagne qu'au Mexique. Et donc, en fonction des marques et en fonction de leur implantation, je vais avoir des marchés qui sont plus ou moins gros et donc plus ou moins drivers.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Donc, on va établir des partenaires. Donc, je vais avoir à peu près deux, trois pays partenaires par projet. Et ces pays-là me remontent sur leur marché les insights consommateurs. Ils me disent: Voilà, nous, nos consommatrices qui achètent des colorations de couleurs foncées, c'est tel profil En général, c'est des femmes qui tiennent à la performance ou inversement, c'est des profils beaucoup plus jeunes qui vont avoir à cœur d'avoir des produits plus naturels, etc. Et en fonction de toutes ces thématiques, je dois synthétiser, retranscrire à l'agence qui va réintégrer ça dans son processus de création, on va se revoir, etc. Donc ça, c'est la partie vraiment le grand chapeau concret. Ensuite, d'un point de vue créatif, concrètement, au jour le jour, Mon job, ce n'est absolument pas d'être justement juste en une boîte aux lettres, mais à chaque échange, de donner une vision assez claire et une inspiration créative qui Ça va permettre d'orienter tout le monde dans la bonne direction. Donc, parfois, dans mes journées, je vais allouer du temps pour de la recherche, soit d'historique sur les marques, comment communiquer avant, pour trouver une façon un peu dans la continuité d'une marque de communiquer, soit aller voir ce qui se fait sur d'autres marques, aller voir ce qui se fait parfois dans d'autres secteurs pour m'inspirer justement sur un produit, etc.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

On va dire que ça, c'est à peu près les trois piliers. La partie qui fait que je vais avoir beaucoup d'échanges avec mes pays, la partie agence sur la partie purement créative et la partie, entre guillemets, recherche, inspiration de l'idée créative d'une publicité.

Marine (Chance)

Très chouette. Merci beaucoup. N'hésitez surtout pas dans le chat si vous avez des questions ou des besoins de précisions sur le métier. Moi, j'ai une autre question pour toi. C'est là, il s'appelle En coulisse, parce que c'est justement l'idée de donner une de ces métiers-là, pour enlever un peu les fantasmes qu'on peut avoir, qu'ils soient positifs ou négatifs. Toi, et c'est bien sûr subjectif, qu'est-ce que tu adores ? Et à l'inverse, qu'est-ce que tu aimes moins dans ton qui est ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Ce que j'adore, c'est clairement les brainstorms. Si je dois mettre un mot vraiment sur tous ces échanges que j'ai décrits avec les agences, etc, et même avec les pays, etc. C'est beaucoup de brainstorms. Ça, c'est vraiment la partie que j'adore et qui me stimule énormément. Encore plus les brainstorm peut-être avec les consommateurs, parce que parfois, même s'ils sont indirects, c'est vraiment la source la plus crue et sans filtre qu'on va avoir. La partie que je déteste, je pense que si on est honnête, parfois, c'est le fait qui... Peut-être, justement, le revers de la médaille, c'est qu'il y ait trop d'intervenants et qui fait que... Donc, parfois, ça peut démultiplier les conversations sur une thématique qui pouvait être abordée de manière beaucoup plus simple et donc, pas mal de perte de temps dans le quotidien à échanger, justement, à redébriefer tout le monde, à aligner tout le monde, à faire en sorte que tout le monde adhère à une idée, etc. C'est à la fois la beauté du métier qui fait qu'on atterrit sur des campagnes qui parlent au plus grand nombre et qui vont être percutantes, etc. Et en même temps, au quotidien, ça veut dire démultiplier les sujets.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

L'oréal lutte énormément sur la réunionite aiguë et moi en particulier, parce que j'ai horreur de ça. Donc, j'essaie de faire en sorte que chaque réunion soit très efficace avec un objectif très précis. C'est un métier où il y a une part de subjectivité qui est tellement grande, même si tout est quand même... La finalité, c'est quand même de vendre un maximum de produits. On est chez L'Oréal, il y a un côté très analytique très froid, très business, il ne faut pas se leurrer. On a derrière des objectifs d'élasticité, etc. Ça reste une grande part d'émotionnelle et de subjectivité. On travaille avec beaucoup de gens passionnés, mais aussi beaucoup de gens qui ont beaucoup de choses à dire et ne soit pas toujours efficace. Ça, c'est vraiment la partie que je déteste.

Marine (Chance)

Je souris parce que dans ce live, Jean-Bierre, étant moi-même directrice communication, je vois de quoi tu veux me parler. Effectivement, le problème de la communication, parfois, c'est que tout le monde a un avis.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Voilà.

Marine (Chance)

Et ce qui me fait une bonne transition avec la question de Wafa: Quelle compétence technique requiert ton métier ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

C'est une très bonne question parce que comme On est sur du soft skills. Parler de compétences techniques, c'est assez difficile à verbaliser, donc très bonne question. Compétences techniques, je dirais quand même, et c'est pour ça qu'on a pas mal de formations pour se tenir à jour d'ailleurs, je dirais une maîtrise aujourd'hui qui est vraiment incontournable: des réseaux sociaux. Et quand je dis maîtrise des réseaux sociaux, ce n'est pas savoir juste soi-même avoir un super compte Instagram. C'est vraiment savoir comment on crée des écosystèmes qui sont cohérents et on crée des symbioses entre chaque réseau social ? Parce que chaque réseau social a son objectif. Et donc, sur une même campagne, ce qui est très difficile, c'est de ne pas parler de la même manière sur chaque réseau social, d'avoir vraiment une parfaite maîtrise de: OK, quelle est ma cible quand je parle sur Instagram ? Qu'est-ce que je lui mets en avant pour qu'elle s'arrête et regarde ma publicité ? Quelle est ma cible sur TikTok ? Qui est encore une cible complètement différente. Quelle est ma cible sur Amazon ? Il y a la personne efficace qui va acheter. À chaque fois, c'est réinventer son consommateur et se poser aussi la question de: Qu'est-ce qui se passe si j'ai un consommateur qui est targeté sur un peu tous les touchpoints, comme on dit en interne, qui a vu la pub, il va sur Instagram, il va sur Amazon.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Comment je fais en sorte que sa journey, elle soit cohérente ? Ça, c'est extrêmement difficile et il faut maîtriser, je pense, tous les KPI, pardonnez le franglais, mais tous les objectifs de performance de chaque réseau. Ça peut se mesurer en temps de lecture sur une vidéo YouTube, comment on fait Il faut faire en sorte que dans les cinq premières secondes, qui sont les cinq secondes clés d'un message. Ça, il faut le maîtriser. Quels sont les formats aussi ? Ça, c'est une partie très technique parce que finalement, balancer une pub telle quelle télé sur un format YouTube, ça n'a aucun sens si la pub n'est pas travaillée dans le sens du réseau. Et en fait, chaque réseau est différent et ça, c'est assez complexe. Je dirais que ça, c'est une maîtrise technique. Il y a vraiment matière à à ça.

Marine (Chance)

Tu as raison et ça répond aussi un peu à la question de Lucie qui ressemblait quand elle disait: Pardon, je retrouve. Quel outil dois-tu absolument maîtriser pour effectuer ton métier ? C'est un peu la même réponse, je pense. C'est que sur la communication... Vas-y, je te laisse raconter.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Non, je suis entièrement d'accord et je rajouterais quand même que quand on fait de la communication, la première communication, elle est quand même en interne et que donc une bonne maîtrise de PowerPoint Et il était aussi de rigueur, parce qu'effectivement, il faut pouvoir, de manière très concise, à chaque fois raconter son idée et la présenter d'une manière qui est à la fois inclusive, mais qui ne permet pas non plus d'avoir des avis dans tous les sens. Donc, en fait, c'est tout un art de communication aussi en interne pour porter une idée. Parce que quand on est tous d'accord avec l'agence, par exemple, de se dire: Voilà, c'est une super idée de campagne, etc. Après, il faut convaincre aussi la hiérarchie de mettre les sous derrière, en fait, parce qu'il y a un vrai vrai enjeu de budget sur les campagnes de communication. Quand il faut couper quelque part, la communication, je pense dans n'importe quel environnement, même dans un environnement comme L'Oréal, qui est porté par la communication, on a tendance à vouloir couper plutôt un budget média qu'un budget promo en magasin.

Marine (Chance)

Oui. Il y a une question sur responsabilité managériale. Est-ce que tu es plus dans un rôle d'experte ou est-ce que tu es plus manager ou Un peu des deux ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Un peu des deux. C'est une super question parce que c'est des questions que je me suis posées en acceptant ce poste. Parce que justement, j'avais progressé dans la hiérarchie marketing de L'Oréal. On commence chef de produit, donc il y a un poste plus junior d'expertise, justement, sur une catégorie, une marque. Et quand on progresse, on devient chef de groupe ou directeur d'axe. Quand ils ont créé ces postes, le poste que j'occupe aujourd'hui, c'est des postes d'expertise, mais à un niveau plutôt managérial. C'est-à-dire que derrière, moi, le poste que j'occupais avant, c'était un poste, justement, de chef de groupe où j'avais une équipe de chefs de produits avec laquelle j'ai construit, justement, des produits, etc. Et sur ce poste, c'est un poste d'expertise avec une toute petite équipe juste une personne dans mon équipe. Et en fait, c'est ce que j'ai quand même été évaluée, et dans mon quotidien, au-delà d'être évaluée, c'est ce que je vis, c'est du leadership d'influence. C'est-à-dire que c'est un poste d'expertise. Mais en fait, il faut savoir manager son agence. Parce que finalement, l'agence de publicité avec laquelle on va travailler, ou quel que soit le type d'agence, en fait, ou de partenaire, ce sont des gens qui, finalement, font partie de l'équipe étendue.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Et comme ces deux sont des agents en plus, extérieurs, on va dire, je suis la porte-parole de mes partenaires d'agence et c'est mon équipe. Je les rebriefe, je les débriefe, je les accompagne, je fais en sorte qu'ils restent motivés autour des projets sur lesquels je les missionne. Donc c'est vrai que c'est quelque chose qui est le management d'influence, qui est une nouvelle compétence, en tout cas chez L'Oréal, je ne sais pas si elle est généralisée, mais qui est très hybride parce que je ne suis pas seule. Et en même temps, concrètement, quand j'arrive au bureau, je suis quasiment seule. Donc c'est très intéressant et assez complémentaire dans les parcours de carrière qu'on construit chez L'Oréal en marketing.

Marine (Chance)

J'avais une question sur le sens, même si tu y as un petit peu répondu. Toi, quel est le sens que tu trouves dans ton métier ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Moi, clairement, c'est la finalité de mon métier qui me porte le plus de sens, c'est le côté Je me sens sincèrement, de manière très sincère, investie de la mission d'accompagner les femmes dans leur vision d'elles-mêmes et de la beauté en général. C'est-à-dire que j'ai une petite fierté personnelle. J'ai beaucoup fait, comme je vous ai dit, de la coloration. Et jusqu'aux dernières années, il y avait des types de cheveux qui n'étaient absolument pas représentés en publicité, notamment les cheveux afro type 4C, pour celles qui connaissent les types de cheveux. Mais en gros, les cheveux crépus. Et c'est vrai que tant qu'on n'avait pas de consommatrice qui consommait ces produits-là, ça ne gênait personne. Mais en fait, de plus en plus, on s'est rendu compte que On avait une base de consommatrice qui n'était juste jamais représentée en télé. Et en fait, la dernière campagne de lancement d'un des plus gros succès, pour l'instant, en tout cas, des dernières innovations qui s'appelle Good chez Garnier, la marque sur laquelle j'ai travaillé, j'ai intégré dans le casting, dans le choix de la pub, le mannequin de référence qui est un mannequin avec les cheveux crépus. C'est une personne métisse.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Et du coup, c'est vrai que c'est assez inédit. Donc c'était inclusif dans le sens où il y avait tous les types de cheveux représentés, mais le personnage principal avait les cheveux crépus. Et c'est quelque chose qui n'est jamais arrivé dans cette catégorie. Donc c'est un petit pas et il y a plein de sujets de représentativité. Celui-là m'a tenu particulièrement à cœur et j'étais ravie d'être une forte contributeuse à ça. Mais on a aussi un rôle à jouer qui est beaucoup plus large, notamment avec les réseaux sociaux, chez les jeunes filles, la représentativité des différentes morphologies. Et chez Garnier, ce que j'ai aimé, c'est une marque du groupe L'Oréal, il y a 25 marques, il n'y a pas que L'Oréal, c'est que, par exemple, on intègre de plus en plus des mannequins dits body positifs. Moi, je travaille avec des agences qui sont spécialisées dans le recrutement de femmes qui ont des formes. Ça, par exemple, c'est un autre type de représentativité. J'ai des marques dans le marché russe et dans le marché russe, c'est un peu à l'ancienne, ils ont énormément de blondes aux yeux bleus. Ne serait-ce qu'avoir réussi à intégrer des mannequins brunes, tout simplement, caucasiennes, mais brunes, ou une mannequin aussi avec des traits du Caucas, vous savez, les phénotypes un peu asiatiques.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

C'est des choses qui ont beaucoup touché nos consommatrices parce qu'elles n'ont jamais été représentées dans leur marché en Europe de l'Est. À la télé. Et en fait, Garnier, pour la première fois, a proposé une femme avec un peu de forme brune au lieu d'avoir la blonde sèche, alors que les Russes, en moyenne, ne sont pas toutes finées blondes. Et donc, en fait, c'est beaucoup de choses. Il n'y a pas qu'un seul type d'inclusivité. En fonction des marchés, il y a une granularité qui est extrêmement intéressante. Et donc tout ça, ça contribue beaucoup. En plus, on travaille mine de rien aussi beaucoup avec des jeunes quand même, donc dans leur construction. Je pense qu'on a un énorme rôle à jouer et je suis ravie d'y contribuer et c'est ce qui me booste au quotidien. Autant plus que je suis devenue maman il n'y a pas très longtemps.

Marine (Chance)

Oui, d'avoir un monde pour elle ou eux.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

J'ai deux filles, donc encore plus. Mine de rien, on travaille pour les hommes, mais un peu moins quand même chez L'Oréal.

Marine (Chance)

C'est génial, c'est hyper beau et ça se ressent quand on parle que ça te porte. Et c'est hyper important, effectivement, parce que ça a fait beaucoup de mal à beaucoup de femmes. C'est représentation unique, très mince, peau parfaite, blonde, etc. Donc, bravo. Et j'ai vu que tu as eu aussi plein de bravos dans le chat. J'avoue, je ne regarde pas trop le chat. Du coup, je t'ai dit, tu as eu plein de bravos et mercis et que ça résonne pour beaucoup le fait que tu aies réussi à lancer cette campagne plus inclusive. J'ai une question d'Hilona sur: avons-nous besoin d'avoir fait du marketing pour pouvoir prétendre postuler chez L'Oréal ou sur ce type de poste ? Est-ce qu'une école de commerces ou une école de commerce a des fonctions commerciales, c'est OK ? Est-ce que le recrute en externe ou est-ce que c'est davantage de mobilité interne ? Comment ça se passe en termes de recrutement ? Est-ce que vous êtes un peu inclusif dans le recrutement aussi ou il faut vraiment avoir quand même une expérience marketing ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Une expérience marketing, on ne va pas se leurrer et toujours apprécier. Maintenant, ce n'est absolument pas un critère. J'en suis la preuve. Je n'avais pas fait de stage en marketing. J'ai fait un stage chez L'Oréal, mais j'étais business analyst quand j'ai fait mon stage et mon stage d'avant était un stage finance. Donc, j'avais un profil plutôt finance-analytique. Et en fait, c'est de fil en aiguille parce que j'ai été attirée par certaines choses, que j'ai fait justement des rencontres dès mon stage. Et donc là, je pense à mon tout premier boss en stage qui était un geek absolu, qui n'était pas du tout dans ce secteur du marketing, qui avait déjà senti qu'il me fallait un métier un peu proche du marketing, etc, qui m'a un peu aidé à m'orienter et les RH derrière. Donc, en fait, c'est possible. C'est dur, par contre. Je pense que des profils comme le mien, et je vois chez L'Oréal quand je recrute mes propres équipes, il n'y en a pas énormément. En revanche, de plus en plus, on cherche la diversité des parcours. C'est une entreprise qui crée des ponts entre les différents métiers. Donc, on peut très bien commencer chez L'Oréal.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Et là, je connais encore quelqu'un qui vient de rejoindre les équipes marketing internationales, qui vient des métiers du commerce. Dans ce que tu disais, il y a quelqu'un qui parlait des métiers commerciaux purs, qui a fait de la route, du terrain, qui a commencé par du marketing opérationnel. Du coup, ça, c'est une très bonne transition chez L'Oréal. Avant de faire du marketing développement l'entité dans laquelle je suis, on démarre par le marketing opérationnel. Opérationnel, c'est la partie justement commerciale du marketing, on va dire. L'idée, c'est d'adapter ce qui a été produit à l'international sur son marché. Et donc, dans cette entité-là, il y a énormément de métiers différents. On peut rentrer par le commerce, on peut rentrer par des métiers merchandising, etc. Il y a vraiment différentes voies. En termes d'école, c'est très inclusif. Beaucoup d'écoles de commerce, certes, mais j'ai aussi un exemple de quelqu'un qui a fait une école de pharmacie et qui, du coup, avait une appétence pour les cosmétiques. Je pense que ce qui va primer, je vois l'heure, je vais essayer d'aller vite, ce qui va primer chez L'Oréal, ce que j'ai beaucoup remarqué, et même dans les sélections de personnes, c'est la passion pour le secteur.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Je pense que ça prime au-dessus de tout. Donc, si on est capable de montrer, de démontrer sur son CV et dans les entretiens, qu'on a une passion, une appétence pour les gens, pour le secteur, pour la beauté, au sens large, parce que chacun a ses appétences, ça peut passer.

Marine (Chance)

Super, merci beaucoup.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

N'hésitez pas à me contacter aussi, ceux qui sont intéressés, pour discuter un peu plus ou pour vraiment parler d'un éventuel besoin de recrutement, je me tiens à disposition.

Marine (Chance)

C'est OK si je partage ton email ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Oui, complètement.

Marine (Chance)

Super, je le mets comme ça, si jamais vous avez envie.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Je ne sais pas combien il y a de personnes dans le chat, il ne faut pas me parler.

Marine (Chance)

Non, ça va, t'inquiète. J'ai une question pour toi, parce que en coulisse, c'est aussi parler de ce sujet de la rémunération. Est-ce que tu peux nous donner un ordre de grandeur, évidemment pas ton salaire, mais un ordre de grandeur peut-être à l'entrée, quand tu commences sur un type de poste et à 5 ans, 10 ans, pour que les gens aient une idée du type de rémunération ?

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Aucun problème. À l'entrée, franchement, c'est un salaire unique pour tous les... C'est 38 cas annuels chez L'Oréal. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que l'avantage chez L'Oréal, ce n'est pas le salaire mensuel, c'est qu'on a à hauteur de 25% du salaire annuel de la participation à l'intéressement. Ce sont des montants qui sont bloqués sur un compte pendant 5 ans, mais qu'on peut débloquer pour un premier achat immobilier, donc c'est bon à savoir, et qui sont des sommes énormes. Donc tout mis bout à bout, ça fait quand même des gros packages. Mais ça, ça vous donne un ordre d'idée. Quand on rentre, c'est 37 ou 38 à peu près cas de participation à l'intéressement. Ça progresse plutôt tous les deux ans, on va dire, parce que les augmentations de fin d'année ne sont pas énormes. Mais par contre, quand on change de poste, on fait des petits bons. Et je dirais à 5 ans, et effectivement, il y a un petit tournant, 5 ans, c'est le moment où on commence à approcher, je dirais, on va être aux alentours de 60 cas, quelque chose comme ça. Et après 10 ans, sur un parcours un peu classique, on va être dans les 70 cas.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Or, hors participation intéressante. Quand on est à 70 cas, plus 25% de cette soldat qui est bloquée, c'est quand même énorme. Donc à chaque fois, c'est hors participation intéressante. Voilà pour un ordre de grandeur. Et puis après, c'est au talent, il faut savoir négocier aussi un petit peu.

Marine (Chance)

Exactement. Et même si on est une femme, ne pas lâcher aussi.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Et là-dessus, on est très bonnes en coaching entre nous. C'est une boite qui est très dans l'oral, donc il y a beaucoup de... On s'aide beaucoup. Ça, c'est quelque chose qui est très fort dans la culture de l'entreprise.

Marine (Chance)

Merci beaucoup Fatou pour ton temps, pour nous avoir accordé une demi-heure. C'était passionnant parce que ça se voit que tu es passionnée par ton métier. J'ai remis dans le lien le lien vers la communauté d'entraide Chance parce que Fatou, ce qu'elle vient de faire, nous aider, nous donner 30 minutes de son temps bénévolement, je précise, pour nous raconter son métier. Vous pouvez aussi, vous, le faire si vous voulez pour raconter vos métiers à d'autres personnes, pour continuer la chaîne d'entraide. Merci d'avoir pris le temps dans ton congé maternité.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Franchement, c'était un moment super à partager avec vous. Je suis vraiment très contente d'avoir participé. Je trouve que cette initiative que vous avez en coulisses est magnifique. Vraiment, j'ai réussi à trouver ma voie, mais j'aurais adoré pouvoir participer à ce programme. Donc vraiment, surtout, bravo à vous. Bravo à toute l'équipe, Marine. Franchement, je suis très admirative. Et surtout, continuez et n'hésitez pas si vous avez besoin de moi de nouveau ou si Si vous voulez m'écrire un petit mail, il n'y a aucun souci. J'ai du temps en congé maternité, je reprends dans deux semaines, dépêchez-vous.

Marine (Chance)

Merci beaucoup. Je vois que tout le monde te remercie dans le chat, te dit que tu es très inspirante, que c'était hyper enrichissant. Merci pour ton partage et ta sympathie. Je ne sais pas si tu vois, mais je te retranscris tous les messages que tu as.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Avec très plaisir. Merci beaucoup.

Marine (Chance)

Merci à tous pour votre participation active dans le chat aussi. C'était chouette de vous voir poser autant de questions. Je vous ai partagé le mail dans le chat, donc n'hésitez pas si vous avez encore quelques questions ou à contacter Chance, on pourra vous rediriger si besoin. Merci à tous.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Merci, merci beaucoup. Merci à tous.

Marine (Chance)

À bientôt.

Fatoumata Vigier (Global Campaign and Content Manager)

Au revoir.

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