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Alizée (Chance)
Bonjour tout le monde, ou plutôt bonsoir, vu l'heure. Bienvenue dans ce live en coulisse organisé par Chance, sur le métier d'hôtesse de l'air, en présence d'Inès, qui est elle-même hôtesse de l'air. Avant de laisser la parole à Inès, qui va certainement se présenter, je vais juste vous expliquer un petit peu ce qu'est le parcours Chance pour ceux qui ne le connaîtraient pas. En fait, Chance, c'est un bilan de compétences et une grande communauté notre aide. Et le principe de Chance, c'est que chacun puisse trouver sa juste place, professionnellement parlant. Et donc ça, ça passe par suivre un parcours en plusieurs étapes. Donc, notamment une étape d'introspection, une étape d'exploration et après une étape de plan de l'action, en gros. Et aujourd'hui, c'est un petit peu ce qu'on va faire l'exploration, mine de rien, puisque grâce à Inès, on va pouvoir explorer le métier de hôtesse de l'air. Personnellement, j'en rêvais quand j'avais 17 ans, je l'ai fait, mais je suis d'autant plus intéressée d'en savoir plus. Inès, je te laisse la parole si tu veux nous dire comment tu es arrivée à ce métier.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Bonjour à toutes et à tous. Merci, chance de pouvoir me permettre de parler de mon métier aujourd'hui. Comment j'en suis venue à devenir hôtesse de l'air ? Moi, ce n'était pas spécialement un rêve de petite fille comme beaucoup. C'est suite à un événement un peu traumatisant dans ma vie, un événement un peu tragique, familial, où j'ai pris conscience de la valeur de la vie, du temps qu'on a, de ce qu'on veut faire réellement, concrètement. Et du coup, mes réflexions m'ont mené au métier d'hôtesse de l'air, de par le mode de vie qui le représente. J'avais 20 ans, j'ai entrepris mes études d'hôtesse à 23 à peu près, et j'ai commencé à travailler en tant qu'hôtesse de l'air à l'âge de 24 ans.
Alizée (Chance)
Super, merci. J'informe tout le monde que les questions sont plus que bienvenues dans le chat, donc vous pouvez les poser à cet endroit. En attendant qu'elles arrivent, moi, je vais te poser mes questions. Bonjour. Déjà, ça fait combien de temps que tu exèques, du coup ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Ça va faire cinq ans et demi, pour être précise.
Alizée (Chance)
Est-ce que tu peux nous résumer ? J'allais dire une journée type, mais si c'est des longs courriers, ça peut être plutôt des semaines types, parce que je pense que c'est un métier qu'on fantasme pas mal. On se dit: Ouah, on voyage beaucoup, mais il y a sûrement l'envers du décor. Est-ce que tu veux nous en parler ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Journée type, si, ça peut se raconter, puisque j'ai à peu près en moyenne un vol par semaine. Donc un vol, ça représente finalement le vol aller, l'escale sur place, puisque ça fait partie des repos Lego obligatoires, et le vol retour. Donc ça représente au minimum trois jours d'engagement. La journée type, elle commence avec... Je vais essayer de vous faire un cours et bref. Une heure et demie avant l'heure de décollage, on doit venir. On a un briefing qui est fait main dans la main avec les pilotes pour aborder justement toutes les particularités du vol sur le plan de la sécurité et sur le plan commercial. Donc, on aborde un petit peu tous ces points. Ensuite, on se rend à l'avion. On a des vérifications techniques à faire avant que les passagers n'arrivent dans l'avion. Donc, c'est tout ce qui fait partie des équipements de sécurité à bord. Suite à ça, l'embarquement, le vol, l'escale, telle qu'on peut l'imaginer, ce n'est pas vraiment telle qu'on peut l'imaginer, c'est relativement cour en général. Ce n'est pas des vacances comme les gens peuvent croire. On se on s'impose, on s'adapte, on compose comme on peut, puisqu'au final, la difficulté là-dedans, c'est gérer la question un peu physiologique, la fatigue que génère et suscite toute cette organisation, finalement, avec les décalages horaires, avec les vols de nuit, tout ça.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Ça, c'est vraiment, je dirais, le point noir du métier. Je ne sais pas si j'ai répondu à la question, la journée type.
Alizée (Chance)
Oui, tout à fait. Par exemple, quand tu Tu fais entre deux longs courriers, donc tu as un temps de repos sur place, dans ce que tu appelles l'escale, c'est ça ? Oui, c'est ça. Quand c'est des longs courriers, quel est le temps d'escale le plus court, le temps d'escale le plus long pour se rendre compte ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Ça, c'est très variable d'une compagnie à l'autre, mais je dirais que le minimum légal, pour le coup, c'est 24 heures.
Alizée (Chance)
D'accord.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Les 24 heures, ça peut être un petit peu moins, mais c'est approximativement dans ces eaux-là.
Alizée (Chance)
Dans ces 24 heures, on est d'accord que tu es libre de faire ce que tu veux ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui. Il faut quand même nuancer. Je suis libre de faire ce que je veux en termes d'activité. Par contre, on est toujours dans le cadre du travail, donc il ne faut pas faire n'importe quoi non plus. Il faut quand même rester consciencieux et professionnel, puisque malgré tout, en escale, on continue d'incarner, de représenter la marque pour laquelle l'accompagner, pour laquelle on travaille. Il faut quand même être conscient de tout ça et c'est là où il faut être un peu prudent. Ça peut être dangereux par moments en fonction des endroits dans lesquels on va. Il y a des escales pour lesquelles on n'a pas le droit, par exemple, de sortir. Il y a des prescriptions de sûreté. Il y a des gens qui travaillent toute l'année, qui étudient le contexte géopolitique, les risques en cours et toutes ces choses-là. On a des escales où on a clairement des interdictions de sortir de l'hôtel ou de faire des choses en particulier.
Alizée (Chance)
Oui, d'accord, selon les pays et les contextes.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Exactement, c'est ça.
Alizée (Chance)
Mais sur un pays développé similaire au nôtre, si tu as, je ne sais pas, 36 heures d'escale, tu as la liberté d'aller te promener, magasin, de se diviser. Complètement. Parfait.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, oui, oui, oui, oui, complètement.
Alizée (Chance)
Ok. Parce que ça entoure pas mal ce métier. C'est l'image qu'on s'en fait, on peut voyager, etc. Et puis après, souvent, on a un peu les retours inverses où on nous dit: Non, tu te reposes, tu ne visites pas. Donc toi, tu nous dis qu'on peut faire un peu des deux.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, bien sûr. Après, c'est en fonction de chacun. Chacun fait comme il peut et comme il... Comme il veut et comme il peut, en fonction de son énergie, de ses capacités, de son envie. Moi, il m'arrive très souvent de prendre des baskets et d'aller faire un jogging en bord de mer ou peu importe, en ville, en fonction de là où je suis. On a cette liberté-là. Maintenant, il ne faut pas faire n'importe quoi non plus parce qu'il faut quand même aussi assurer le vol retour Donc oui, on a quand même cette chance-là. Oui, heureusement, nous, on a un échantillon de tourisme, de visites à l'Escale Mournes.
Alizée (Chance)
Oui, OK. D'accord. Dites donc, on a une question de Sarah qui demande: Est-ce que les formations sont différentes si on fait des longs courriers ou des vols courts ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Non, absolument pas. En fait, le bagage scolaire est le même. Je dirais que c'est le mode de fonctionnement qui diffère. Le bagage est le même. Après, il faut passer le CCA, le cabin crew attestation, si on veut devenir hôtesse de l'air. Après, peu importe qu'on soit sur long ou sur moyen ou sur court courrier, c'est les mêmes tâches à bord à effectuer. L'essence même du métier, c'est d'assurer la sécurité et le confort des passagers à bord. La sécurité étant quand même ce qui prime. S'il y a n'importe quel problème de n'importe quel ordre à bord, il faut le pouvoir intervenir. C'est la même chose, quelle que soit la destination, que ce soit sur long, sur moyen ou cour.
Alizée (Chance)
Oui, d'accord. Ça, ça va être la même formation. Par exemple, sur l'aspect rémunération, on peut rester aussi flou que ce que tu souhaites, évidemment. Tu ne partages que ce que tu veux. Mais est-ce qu'il y a des un gros écarts entre des petites compagnies qui fait des vols courts, des vols territoriaux, c'est comme ça qu'on dit ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, des vols nationaux.
Alizée (Chance)
Voilà, nationaux. Et une compagnie qui va faire des longs courriers. Est-ce qu'il y a un gros écart de rémunération ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Non, pas spécialement. Il y a un petit écart, en effet, mais ce n'est pas énorme puisqu'on a tous à peu près le même quota d'heures à effectuer tous les mois. Après, c'est qu'en fonction des compagnies, il y a d'autres choses qui interfèrent. Certaines compagnies, il va y avoir des ventes de produits à bord, des ventes de tickets, de jeux à gratter, des choses comme ça. Ça va vraiment varier d'une compagnie à l'autre, mais de manière générale, c'est à peu près la même chose pour tout le monde. On a le même nombre d'heures à faire tous les mois. Après, ce qui fait changer un petit peu au niveau du salaire, c'est les heures de nuit. Forcément, elles sont plus valorisées que le reste. Quand on fait des retours, en général, les trois quarts des retours sur l'encouru, en tout cas, je parle de ce que je connais, s'effectue de nuit Donc forcément, ces heures-là sont valorisées, elles sont mieux payées. Il y a plein de petits paramètres qui vont rentrer en compte: la durée du vol. Maintenant, il n'y a pas... Non, il faut répondre à ta question, il n'y a pas un écart si conséquent que ça.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Que ce soit sur moyen ou sur long.
Alizée (Chance)
D'accord. Et dans ce cas, j'enchaîne avec une autre question. Si tu peux nous éclairer dessus, bien sûr. Comment on explique que souvent, dans le milieu des hôtesses de il y ait cette ambition de travailler dans des grandes compagnies ? Qu'est-ce qui va me motiver ? Est-ce que c'est uniquement une question de prestige ou est-ce qu'il y a plus d'avantages ou des missions plus intéressantes parce que c'est plus diversifié ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
De manière générale, je dirais que oui, il y a peut-être en effet le côté prestige, puisque maintenant, malgré tout, les compagnies sont quand même bien relayées, médiatisées via les réseaux sociaux, tout ça. Donc, il y a quand même, je pense, une question d'images. Selon moi, en tout cas, c'est minoritaire, mais Mais c'est surtout les conditions qui vont être attachées à ces grandes compagnies. Il y a, en fonction de votre contrat, des désavantages liés au pays, notamment en France, ou si vous travaillez dans une compagnie française, c'est bien plus avantageux parce que le système français professionnel est quand même bien plus développé, notamment au niveau des droits, du salarié, tout ça. Donc c'est quand même aussi de ce côté-là. D'un point de vue juridique et social, je dirais, et d'un point de vue avantage, parce que l'intérêt d'intégrer une grande compagnie, c'est qu'il y a plein d'avantages, des comités d'entreprises, des choses comme ça aussi qui sont développés parallèlement. Donc, c'est d'autant plus intéressant quand on aime ce métier que de s'acheter lié à des grandes compagnies.
Alizée (Chance)
D'accord, OK. Je comprends. Merci. Avec plaisir. On a une question de Nathalie. Y a-t-il une limite d'âge dans ce métier ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Non, pas du tout. Contrairement aux idées reçues, vraiment pas. J'ai vu des hôtesses de plus de 50 ans commencer. Alors après, c'est toujours un petit peu délicat, en effet, de se lancer peut-être à cet âge-là. Il faut avoir, je pense, un petit peu plus confiance en soi, etc. Mais ce n'est pas impossible. Il n'y a pas de date limite pour les compagnies à recruter justement des hôtesses. Non.
Alizée (Chance)
Ok. Et je pense qu'on connaît presque tous de près ou de loin une personne qui fait ce métier, en tout cas souvent de loin d'ailleurs. Moi, on a souvent l'impression que c'est des personnes qui prennent leur retraite assez jeunes. Est-ce que ça fait partie de la convention collective ? Tu vois ce que je veux dire Est-ce que c'est un choix ? C'est des retraites anticipées ? Comment ça se passe ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Je sais qu'en France, il y a... C'est question à modérer ma réponse pour le coup, mais je crois qu'en fonction, justement, des compagnies, il y a des caisses de retraite qui sont indépendantes. Et qui permettent justement de partir un peu plus tôt. Maintenant, si on prend l'exemple, je sais, c'est un exemple hyper extrême, c'est les États-Unis. Ils ont fêté il n'y a pas très longtemps l'âge record de la doyenne, je crois que c'est United, à 86 ans ou 88 ans. On est encore dans l'extrême et le paradoxe américain, mais oui, on a, par rapport à l'âge moyen légal, maintenant, en France, toujours la possibilité de partir un peu plus tôt. Ce qui se comprend aussi d'une certaine manière, puisqu'on est quand même en roues d'épreuve, notre corps, notre physique. Il faut rester en bonne santé et en bon état tout au long de sa carrière. Donc, partir à 64, 65, ça me paraît un peu tard par rapport à ce que nécessite, à ce que requiert notre métier par rapport à la forme physique. Mais oui, pour répondre de manière globale, oui, on peut partir plutôt.
Alizée (Chance)
Est-ce que c'est lié aussi à cette question de rayonnement du champ cosmétique ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Il y a le rayonnement cosmique, tout à fait. Exact. Il y a plusieurs choses qui entrent en jeu qui font qu'on fatigue notre corps de manière prématurée. Il y a le rayonnement cosmique d'une part. Il y a le travail en altitude aussi, puisqu'on est quand même dans un avion avec une pression d'utilisation artificielle. Donc, on reproduit la pression au sol, mais qui est complètement factice finalement. Il y a plein de petites choses qui interviennent à bord qui font qu'on ronge drastiquement notre santé. Les décalages, les vols de nuit. Physiologiquement, on ne s'en remet jamais. On se repose, mais les nuits perdues, elles ne sont jamais récupérées. Donc oui, il y a quand même beaucoup de choses qui nous usent. Et moi, quelque chose qui m'avait marquée, je finirai là-dessus, c'est que durant ma formation de test, c'était carrément dans l'école où j'ai passé mon diplôme, où on nous mettait en garde sur le fait qu'on perdait quand même quelques années. Je ne suis plus exactement sûre, je crois que c'était lors d'une dizaine d'années. Je ne peux pas m'avancer, on va rester sur quelques années. Mais oui, c'est une chose de bien. Vous êtes plus de chouetteur en début ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui. Oui. C'est pour ça, il faut choisir. C'est un beau métier, mais c'est un choix que j'ai fait et je ne regrette absolument pas pour le coup. Je préfère avoir une vie courte et intense que longue et meilleuse.
Alizée (Chance)
Tu vois certainement plein de choses lors des escales, ça on entend.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
C'est extrêmement enrichissant. Vraiment, culturellement, humanement, c'est incroyable. On rencontre des personnes qu'on n'aurait jamais rencontrées dans un autre cadre, qu'on verra d'ailleurs probablement jamais plus. C'est vraiment très enrichissant. Il n'y a aucune routine dans ce métier. Ça, c'est quelque chose qui m'a beaucoup plu pour le coup.
Alizée (Chance)
Alors qu'on pourrait penser que c'est un peu toujours monter dans l'avion, faire les signes de sécurité, vérifier les ceintures, mais en fait, toi, tu ne te sens pas comme ça.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Disons que si, perçu comme ça, chaque métier, finalement, est un peu retendant, il y a toujours un processus répétitif, quel que soit le métier qu'on choisit, finalement, maintenant, il faut savoir saisir l'essence de ce métier, la beauté de ce métier, la richesse. Et selon moi, il ne faut pas s'attarder sur ce qu'on fait systématiquement, le service. En effet, c'est toujours un peu la même chose. Mais les personnes qui s'offrent à nous, elles, sont pour le coup complètement différentes à chaque fois. Et c'est ça qui est incroyable. Il faut aller au-delà, en effet, des qui sont toujours les mêmes systématiques.
Alizée (Chance)
Oui, d'accord. Super. On a une question de Sarah. Puis après, on aura une délice. Sarah demande: Est-ce que l'équilibre vie pro/vie perso est facile à mettre en place Ça, c'est une vieille idée reçue aussi, un vieux mythe, dans le sens où à l'époque, il n'y a pas loin d'un siècle maintenant, les hôtesses, quand elles partaient, il n'y avait ni réseaux sociaux, ni téléphones, ni rien.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Et elles partaient pour 10 à 15 jours à chaque fois. Ce qui représentait justement un frein conséquent pour la vie de famille, etc. Là, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Comme je dis un peu plus tôt, je pars 24 à 48 heures. Donc après, j'ai le reste de ma semaine qui est libre par rapport à une personne lambda qui ferait cinq jours par semaine bureau. Certes, je pars de manière totale en demi-déjour, mais quand je reviens, j'ai plusieurs jours consécutifs pleins chez moi, je n'ai pas encore d'enfant, mais le jour où j'en aurai, pour moi, c'est un plus. Je me dis que je ne vais pas seulement les voir quand je rentre du bureau le soir, fatiguer, faire à manger, puis reprendre ma vie routière, puis repartir au boulot le lendemain à 8h00 et les croiser finalement dans ma journée. Maintenant, selon moi, j'ai plus de temps qu'une personne lambda pour m'y consacrer, à la vie de famille et à la vie personnelle.
Alizée (Chance)
C'est une très bonne transition ce que tu dis avec la question d'Élise. Elle demande comment tu imagines ton métier. J'en profite pour dire ta vie peut-être dans 10 ans ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Toujours dans le même domaine. Ça, c'est évident. Je ne voudrais plus aujourd'hui quitter ce mode de vie, puisqu'on parle vraiment d'un mode de vie. C'est bien plus qu'un métier, c'est vraiment un mode de vie. Alors peut-être en ayant évolué, chef de cabine, quelque chose comme ça, ça me plairait beaucoup. Parallèlement, peut-être toute notre activité à côté. Ça, c'est un projet que j'ai fait à un moment, histoire de peut-être pas mettre tous les yeux dans le même panier, puisque notre métier dépend quand même d'une licence l'essence médicale, il ne faut pas l'oublier.
Alizée (Chance)
Oui, ce n'est pas évident.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Si demain, pour X raison, je ne veux plus exercer mon métier, je n'ai pas envie de me retrouver sans rien non plus. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que j'aurai ces mêmes racines dans l'aérien. Ça, c'est évident.
Alizée (Chance)
Si je peux. On va enchaîner tout de suite, si tu le viens avec cette histoire de l'essence médicale. Par exemple, est-ce que c'est vrai qu'on ne peut pas être hôtesse de l'air si on a des problèmes de vue ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Non, on ne peut du tout. Non, ça Ça a énormément évolué. Pour les pilotes, par exemple, c'était rédhibitoire. Maintenant, c'est pareil pour les hôtesses. Tant qu'on a une paire de lunettes qui corrige la vue comme vous en avez besoin, c'est d'accord, c'est OK. Il faut avoir une paire de lunettes en plus sur soi. C'est la condition aussi sine qua non au cas où vous perdriez la vôtre. Mais non, maintenant, c'est tout à fait possible. Au même titre, il n'y a pas de limite de taille.
Alizée (Chance)
C'est ça. Il y avait aussi ce mythe: Toutes les hôtesses de l'air sont grandes, etc.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Pas forcément. Mon avis sur la question, c'est que la limite de taille, elle devrait rester pour la simple et bonne raison qu'il y a quand même des choses en hauteur qu'on doit attraper, notamment des objets de sécurité, des choses qui peuvent être vraiment utiles et indispensables au grand déroulement du vol. Au-delà des raisons esthétiques, non. Recaler une personne parce qu'elle est trop petite et que ce n'est pas joli, ça, pour moi, ça rentre pas en compte. Mais pour des raisons purement sécurité, oui, j'aurais tendance à laisser un minimum, mais ce n'est plus le cas, en tout cas. Maintenant, je- C'est marrant, j'avais cette idée que je pensais que la question de la taille, ce n'était pas qu'une question d'images de prestige, mais c'était pour bien voir les gens parmi la foule.
Alizée (Chance)
Quand on est parti, on ne voit pas bien et qu'en cas d'urgence, qu'on puisse avoir une meilleure vue globale de ce qui se passe.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
C'est possible. J'avoue que je n'avais jamais entendu ça. Mais oui, ça se tient. En cas d'évacuation, il faut bien voir qui est son référent à son hôtesse en charge de son évacuation. Donc oui, ça peut être en critère, en effet. Mais on reste toujours dans le cadre de la sécurité. Donc oui, c'est complètement entendable. Oui, je suis tout à fait d'accord avec ça.
Alizée (Chance)
Ok. Alors, on a Nathalie nous demande: Où se forme-t-on et quelle est la durée de la formation et son coût ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Alors, où se forme-t-on ? Il y a beaucoup d'écoles en France qui existent. Moi, pour le coup, c'était l'ESMA à Montpellier. Donc c'est l'École supérieure des de l'aéronautique. La durée pour hôtesse de l'air, c'est très court, contrairement à ce qu'on peut penser. C'est très intense, très chargé, mais c'est court.
Alizée (Chance)
C'est de l'ordre de deux ou trois fois. Tu pars déjà au rythme de vie, c'est déjà cour et intense.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Ouais, c'est ça. Oui, c'est vrai, c'est pour nous préparer, finalement. C'est de l'ordre de deux, trois mois, je dirais. Pas plus, même pas. Oui, c'est extrêmement court. Après, il faut plein de petits diplômes parallèles. Il faut un diplôme en natation, je ne sais plus quel est le détail de ce diplôme-là. Attestons qu'on peut faire en 50 mètres en moins de tant de temps. Il faut aussi le toïque, ou du moins un diplôme par rapport aux langues. Il faut un niveau minimum par rapport à l'anglais, qui est la langue de l'aéronautique, donc il faut parler anglais. Et le coût, je sais que moi, il y a 5, 6 ans, donc avant Covid, maintenant, tout a augmenté, donc je ne sais pas, à revoir, mais c'était entre 2 et 3 000 € pour la formation.
Alizée (Chance)
D'accord. Et c'est accessible... Est-ce qu'il y a une limite d'âge, par exemple, pour démarrer ? Est-ce qu'on peut y aller post-bac, par exemple ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Exactement. Moi, je n'ai qu'un bac, donc j'ai arrêté avec un bac. Tu es en génie tout de suite après ton bac ? Non, non, non. J'ai travaillé, j'ai fait des petits métiers alimentaires comme ça, justement, avant la date de ces 20 ans qui a été un électrochoc. Et non, non, j'ai simplement un bac général et puis ça suffit pour pouvoir devenir hôpitalier.
Alizée (Chance)
Ok.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Voilà.
Alizée (Chance)
On a Sarah qui demande: Est-ce qu'il Il faut parler une troisième langue étrangère ou est-ce qu'anglais et français, ça suffit ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Non, il faut simplement parler anglais. Après, plus on en a, mieux c'est, bien évidemment, mais le B à bas, c'est anglais, français.
Alizée (Chance)
Imaginons que tu parles très bien allemand. Est-ce que ta compagnie aurait tendance à te mettre de manière privilégiée sur des vols à destination de pays germanophones ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, tout à fait. Dans la compagnie pour laquelle je travaille, on a des hôtesses spécialisées, donc beaucoup pour l'Asie ou l'Amérique du Sud. Ces personnes-là sont amenées à avoir davantage de vols en rapport avec la troisième langue, X langues qu'ils parlent. Oui, bien sûr. C'est un plus, même, d'ailleurs. C'est très apprécié dans les compagnies aériennes que d'avoir une langue autre que l'anglais, le français.
Alizée (Chance)
Qu'est-ce qui va être un autre plus ? Par exemple, quels sont les autres métiers qui sont... Parce que tu parlais tout à l'heure du fait de dans le secteur, rester dans le domaine, mais pas forcément sur ce métier. Quelle serait une suite possible ou une évolution, à part chef de cabine ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, dans le cadre de l'aérien, ça va toujours être toujours en cabine, chef de cabine, chef de cabine principale. Mais les autres métiers, je sais que c'est beaucoup les métiers du luxe, de l'hôtellerie qui sont très... On a des profils qui recherchent, en tout cas. J'ai moi-même été démarché par une grande maison de luxe, dont je n'ai pas le on part dans cette fiche, mais qui justement était en demande de personnes comme nous parce que c'est des métiers qui sont très similaires finalement. C'est du service en altitude, ce qu'on fait. Donc que ce soit au sol ou en altitude, finalement, c'est recherché et apprécié. Donc c'est beaucoup d'hôtellerie et pas que, en fait, parce qu'il y a beaucoup de hôtesses que je connais qui ont des métiers parallèles qui n'ont rien à voir avec ça, qui sont psychologues, qui sont dans le médical, infirmières, pompiers volontaires. En fait, le temps qu'on a à côté du métier nous permet de faire vraiment tout ce qu'on veut. C'est ça la richesse aussi de ce métier. C'est le temps qu'on a qu'on peut investir autrement. Pardon.
Alizée (Chance)
C'est ça. Très bien. Merci beaucoup. Justement, tu dis: Le temps qu'on a à côté nous permet d'avoir potentiellement une autre activité. Mais est-ce que sans avoir d'activité à côté, la rémunération permet d'en vivre ? Parce que forcément, c'est mon travail aussi. Est-ce que ça suffit en tant que job seul ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Pour ce qui est de ma compagnie, moi personnellement, oui, on pourrait très bien se contenter de ce qu'on génère comme revenus, bien sûr. Maintenant, je sais que ce n'est pas le cas de toutes les compagnies. Il y en a qui sont quand même moins avantageuses, je dirais, que d'autres. C'est là, en fait, la Le nerf de la guerre dans ce métier, c'est qu'en fonction de la compagnie pour laquelle on va travailler, les conditions ne seront vraiment pas les mêmes. Sans me pencher sur la question, mais c'est vrai que ça peut vraiment changer d'une compagnie à l'autre. C'est là où il faut être vigilant si on envisage de faire ce métier. Bien cibler. Je dirais, mon conseil, moi, c'est des compagnies françaises avec un contrat français, parce qu'après, et encore que même dans ce cadre-là, ça peut être un peu délicat. Il faut bien se renseigner, il faut savoir où on va. Après, si c'est un horaires, c'est OK, mais on ne peut pas faire carrière dans toutes les compagnies. Ça, c'est clair. Je suis un peu vague, je suis désolée, mais...
Alizée (Chance)
Non, il n'y a pas de souci. Je ne sais pas si on pourra répondre à la question de Nathalie qui demande, si c'est possible de communiquer, quel est le salaire moyen en débutant ? Vraiment, à la sortie d'école, premier job, compagnie moyenne, ni la plus grande, ni la plus petite.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Là, je n'en ai pas la moindre idée. Je sais qu'il y a des compagnies qui commencent. D'autres qui sont évidemment plus élevées. J'ai une moyenne de ça, 1 400 peut-être. Là, c'est vraiment à prendre avec des pinces, parce que ça varie vraiment encore une fois énormément en fonction des compagnies. Je dirais 1 400, 1 500. Et alors, c'est le salaire de base. Après, vous avez à la rémunération toutes les heures de vol, tout ce qui constitue le salaire qui s'ajoute à ça. On parle du salaire de base, ce n'est pas ce qu'on gagne.
Alizée (Chance)
La fiche de paye, c'est un salaire fixe de base et après, il y a un espèce de variable en fonction des heures qui sont constituées de jour et de nuit.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Exactement. En fonction des destinations, des indemnités, parce qu'il y a ça aussi qui fonctionne en escale. On a des indemnités repas en fonction de la vie à l'étranger dans le pays dans lequel on se trouve. Il y a plein de petites choses qui déterminent notre salaire et qui fait qu'il est variable tous les mois. On n'a jamais le même salaire. Par contre, ce qui reste fixe, c'est notre base de salaire qui, là, pour le coup, est déterminée par la compagnie dans laquelle on est. C'est un critère qui est très variable. C'est très difficile de dire comme ça un salaire...
Alizée (Chance)
D'accord. Mais cette base de salaire, c'est toujours un minimal au SMIC, c'est ça ? Oui. Ok, donc ça veut dire que si je comprends bien, même si on prend la plus petite compagnie, on a notre base de salaire qui est en SMIC et après, ça ajoute à ça, la plupart de vol, etc. Donc au final, le salaire qu'on touche à la fin du mois, sauf si on était en arrêt maladie, on a toujours plus que le SMIC.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, en principe, oui. Après, il y a plein de petites variantes aussi. Il y en a qui sont en dessous du SMIC parce qu'ils sont peut-être en études ou des choses comme ça. Mais a priori, quand on est titularisé et en CDI et en France aussi, c'est, il me semble, 80%, je dirais, à partir du SMIC. D'accord. Donc forcément, comme tu disais, en effet, avec tout ce qui s'ajoute en plus, en principe, on n'est jamais au SMIC, on n'est jamais à ce salaire-là.
Alizée (Chance)
Et puis, selon les compagnies, plus la compagnie, elle est grande, plus le salaire de base, il sera certainement intéressant. Et puis, avec les évolutions, les années aussi. C'est-à-dire qu'au 10 ans, 20 ans plus tard, même si on n'a pas souhaité évoluer et si on est sur le même poste, forcément, il y a l'ancienneté qui fait que le salaire fixe, il un peu plus élevé, non ? Oui, bien sûr.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, complètement. Ça, après, c'est comme dans tous les corps de métier, le salaire évolue avec les années. Oui, oui, oui, oui, absolument. Heureusement d'ailleurs.
Alizée (Chance)
Oui, mais c'est quand même important qu'on se penche sur la question parce que ce n'est pas courant pour nous qui ne travaillons pas dans le ciel, il faut savoir que le salaire a été coupé.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Oui, oui, tout à fait. C'est vrai que ça me paraît peut-être évident à moi, mais ça ne l'est pas pour tout le monde en effet, complètement.
Alizée (Chance)
Chouette. Je trouve ça hyper éclairant tout ce que tu dis. Je crois qu'on a encore le temps pour une dernière question. Je crois qu'il est déjà en train de taper la dernière question. Ça va arriver. Si quelqu'un d'autre en a une, c'est le moment, parce qu'après, on va devoir libérer Inès. Alors, Elia se demande: Quel conseil tu donnerais pour accéder à ce type de métier ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Pardon ?
Alizée (Chance)
Tu recommanderais à des personnes qui sont câblées comment ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Ouais, le profil plutôt humain, la personnalité. Honnêtement, d'aimer être seule, c'est important, parce que finalement, on est assez seuls dans ce métier. D'aimer être seuls, d'avoir une très bonne résistance à la fatigue, ça, c'est hyper important parce que mine de rien, on est soumis- On n'est pas égaux là-dessus. Non, complètement. J'ai amené une amie, il n'y a pas très longtemps, durant une de mes rotations. C'était très court, intense. On est resté trois jours sur place, on est repartis, c'était Costa Rica. Elle m'a dit: Mais c'est éreintant, je ne pourrais jamais faire ce boulot. Elle a vraiment réalisé ce que c'était. Elle a reconnu qu'elle ne pouvait pas faire ça. Donc oui, d'aimer les gens parce qu'on est quand même confronté tout le temps à l'humain, en toutes circonstances, bonne résistance à la fatigue, d'être patient, beaucoup. Et puis d'aimer sortir de sa zone de confort. Parce qu'au final, cette non-routine est très stimulante et je sais qu'il y a des gens pour lesquels ça fait peur. On est loin du métro, boulot, dodo, donc il faut s'adapter en permanence, avoir un grand sens de l'adaptabilité, c'est ça. Ça sera mon dernier mot là-dessus. D'accord.
Alizée (Chance)
Ok. Peut-être dernière question. Une personne parmi nous, là, imaginons parmi les personnes qui a accès à nos live, qui aurait très envie de se lancer suite à ce que tu as fait. Quel conseil tu lui donnerais à cette personne, peu importe son âge ? Allez, prenons un âge moyen. Imaginons que c'est quelqu'un qui a 30 ans. Quel conseil tu donnerais à cette de personnes ?
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
De se lancer, surtout en ce moment, puisque c'est le moment. Les compagnies aériennes vont recruter dans les années à venir. Il y a de gros départ, il y a un gros boom, ça explose. Et de ne pas hésiter, de foncer, d'y croire et quand on veut, on peut. Donc de se donner les moyens et de surtout pas lâcher.
Alizée (Chance)
Super. Merci beaucoup Inès pour le temps que vous avez passé. Avec plaisir.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Merci à vous.
Alizée (Chance)
C'était le live pour le métier hôtesse de l'air. Merci à tous pour vos questions. Les personnes qui étaient inscrites et qui n'ont pas pu assister vont recevoir le replay et toutes les personnes qui ont assisté vont aussi évidemment avoir le replay. Encore merci Inès. Bonne soirée tout le monde. Bonne soirée. Ça vous reste pour la semaine des live. Au revoir.
Inès Queirol (Hôtesse de l'air)
Au revoir.












