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Transcription complète
Clémence (Chance)
Bonjour à tous et à toutes. Bonjour Mathéo.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Bonjour.
Clémence (Chance)
Et bienvenue dans ce live métier en coulisses. D'abord, un grand merci à toi, Mathéo, de prendre un peu de temps pour expliquer ton métier. Assez passionnant. Il y a pas mal de choses à raconter. Il y a aussi le sport, il y a l'éco-construction, le sport. Bref, tout ça se lit et c'est toi. On va revenir dessus. Peut-être en attendant que les uns et les autres se connectent, n'hésitez pas à nous dire d'où vous nous écoutez et même pour quelles raisons vous avez choisi d'assister à ce live. Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que c'est parce que c'est un métier dans lequel vous réfléchissez à vous-même aller à vos claviers ? Je me suis pas présentée. Je m'appelle Clémence, je suis cofondatrice de Chance et ravie d'assister à ce live avec toi, Mathéo. N'hésitez pas, le but du live, c'est vraiment que ça soit interactif. L'idée, c'est de poser des questions, toutes les questions que vous pouvez avoir. À Mathéo, je me ferai plaisir de les poser pour vous au fur et à mesure de l'explication. Bonjour Cluny. Bonjour Barbara. Je pense que vous êtes au bon endroit. Alors, peut-être en introduction, je vous propose, pour ceux qui ne nous connaissent pas, de vous donner une petite explication de ce qui est Chance.
Clémence (Chance)
Chance, c'est une communauté d'entraide et une méthode qui permet à chacun de trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société. On a plusieurs axes, notamment notre communauté d'entraide, avec l'application 3 minutes pour les qui permet à tous de donner un coup de main à ce qu'on appelle un coup de pouce professionnel à des personnes qui se posent des questions. Et d'ailleurs, de ce fait, Mathéo, actuellement, tu donnes un coup de pouce professionnel à plein de gens d'un coup, ce qui est très chouette. Merci pour ça. Et on a également les programmes d'accompagnement et notamment le bilan de compétences qui est probablement le plus connu et dans lequel, à peu près au milieu, on propose aux personnes qui le font d'aller se confronter à la réalité du terrain, aller un petit peu au-delà de leurs idées préconçues, de leurs croyances, qu'elles soient positives ou négatives, et s'assurer qu'ils font effectivement le bon choix en fonction de ce qui les engage, eux, et justement, le thème de l'engagement est quelque chose avec lequel on va probablement commencer. Donc, Mathéo, avant même de raconter ton parcours, même si tu as le choix, tu peux faire dans l'ordre que tu veux, très sincèrement.
Clémence (Chance)
Avant même de raconter ton parcours, est-ce que tu veux nous parler de ton engagement au quotidien ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Cet engagement au quotidien, moi, je l'opère à travers mon sport, notamment avec une association qui s'appelle les Climatosportifs. Je fais beaucoup de sport et mon envie, c'est de pouvoir faire intégrer les enjeux écologiques dans le sport. Même lorsque je cours, cet engagement-là, il me donne un peu une force supplémentaire. Je pense qu'on en parlera tout du long du live, mais ce que j'ai trouvé vachement intéressant, c'est qu'au-delà de cette pratique quotidienne sportive, mon engagement m'a offert beaucoup de possibilités professionnelles, d'opportunités et un peu ouvert mon scope sur ce qui était réalisable, sur encore une fois, des opportunités. Et je trouve ça cool qu'on commence sur ça parce que l'engagement, ça veut un peu tout et rien dire. Et ça peut surtout s'appliquer à ce qui vous passionne très précisément. Et donc, je trouve que c'est quelque chose de cool à faire quand on est jeune ou moins jeune, d'essayer de s'engager, de voir ce qui nous plaît, parce que derrière cet engagement, peut découler énormément de choses. Ça fait du bien au moral, on rencontre des gens, on a des carrières qui se débloquent des fois. Donc, on a commencé sur cet engagement-là parce que pour vos carrières professionnelles, ça peut être super intéressant.
Clémence (Chance)
Justement, qu'est-ce que tu mets derrière le mot engagement ? Qu'est-ce qui, toi, t'engage au quotidien, que ce soit dans le sport ou dans ta pratique professionnelle ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est pour ça que je dis que l'engagement, ça peut un peu être tout et n'importe quoi, dans le sens où là, aujourd'hui, mon engagement, forcément, je le définirais par mon association ou je vais essayer de sensibiliser un maximum de personnes à des sujets qui sont importants pour moi à travers le sport. Mais l'engagement, ça peut être aussi Ça peut être discuter avec sa famille, ça peut aider quelqu'un dans la rue, ça peut choisir justement un métier qui nous passionne. On peut être engagé au quotidien en faisant un métier qui justement a du sens et qui correspond aux valeurs qu'on porte. Donc l'engagement, c'est vraiment très, très, très large. Oui, vas-y.
Clémence (Chance)
Pardon, je ne voulais pas te couper.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Non, je pense que c'était la fin.
Clémence (Chance)
Il semble qu'effectivement, pour toi, l'engagement est très rattaché au climat.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Oui, pour moi, oui.
Clémence (Chance)
Évidemment. Et justement, l'association Les Climatosportifs, ça coule de source vu le nom, mais également au sein de... Lors de ton métier, l'exercice de ton métier. Comment est-ce que tu es arrivé à ce métier-là en particulier ? Qu'est-ce qui t'a décidé ? Qu'est-ce qui t'a motivé tout au long de ton parcours ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est un peu un fil rouge aussi. Je n'ai pas eu souvent ce fameux des clics à propos des enjeux climatiques, des enjeux environnementaux. Mais disons que quand même, depuis jeune, j'ai envie de faire un métier qui va dans le sens de cette transition psychologique parce que je sais que ça va me pousser à être meilleur ou à bien faire mon travail d'ailleurs. Et je pense que quand j'étais jeune, j'avais un peu un manque de motivation. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire, je ne savais pas trop où aller. Et donc après, j'ai eu la chance de faire un bac S. J'ai quand même eu aussi beaucoup de chance parce que mes parents m'ont poussé à faire ce bac S. Si ça tenait qu'à moi, je pense que je n'aurais pas réussi. Donc, j'ai eu aussi beaucoup de chance d'avoir cet accompagnement-là. Après ce bac S, je ne savais pas trop quoi faire et j'ai vu un DUT génie civil. Il y avait une petite... À la fin du nom de ce DUT, c'était construction durable. Et quand j'ai vu construction durable, ça m'a attiré tout de suite. Je me suis dit: C'est trop cool, je vais pouvoir décarboner un secteur qui est extrêmement polluant.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
En plus, je trouvais ça cool. Ça me rappelait un petit peu l'architecture que j'ai toujours trouvée hyper intéressante, passionnante. Et donc du coup, moi, ça m'a poussé à faire débuter des études. Ça m'a poussé à continuer mes études. Et ce fil rouge, il a été perpétuel jusqu'à mon école d'ingénieur, parce que du coup, j'ai fait un DUT génie civil. J'ai fait ce qu'on appelle une prépa ATS, c'est une prépa passerelle qui me permet de passer d'un DUT à une école plus généraliste. Et j'ai fait le choix de continuer à travailler sur ces sujets de décarbonation du secteur du BTP en me retrouvant dans une école qui s'appelle l'ESTP, l'École Spéciale des Travaux Publiques. Et donc aussi de choisir des options toujours très axées sur la décarbonation du secteur du Et donc ensuite, après, de trouver un métier en lien avec ça. Et l'un de mes premiers jobs, du coup, a été de travailler dans une boite et de trouver des innovations dans le secteur du BTP à viser de décarboner leurs pratiques, que ce soient les matériaux les modes opératoires, les procéder. C'était assez généraliste. Et du coup, je trouve ça cool que cette ligne rouge, l'environnement, pour moi, était une source de motivation supplémentaire.
Clémence (Chance)
Ça remonte à assez loin, in fine. Il n'y a pas eu ce fil-là que tu as pu dérouler tout au long de ta carrière. Concrètement, ça consiste en quoi ingénieur, construction, back-up, on en a un petit peu parlé, mais aujourd'hui, c'est quoi ton quotidien ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
En vrai, c'est assez large, dans le sens où c'est un peu la même dénomination que j'ai eue à travers différents postes, mais j'ai fait des choses très différentes. Comme je l'ai expliqué un peu avant, l'un de mes premiers métiers, c'était, par exemple, d'aller dans des salons, de trouver des innovations, de former les collaborateurs du groupe et de trouver quelles étaient les innovations qu'on pouvait implémenter à l'entreprise et mettre en application concrètes. Il y a ce qu'on appelle la RE-2020. C'est une loi qui existe maintenant depuis deux ans. Il faut transformer l'entreprise pour qu'elle puisse répondre aux obligations de cette loi. Ça, ça a été un des métiers que j'ai eu. Ensuite, j'ai aussi pu travailler sur ce qu'on appelle les certifications environnementales. Il y a des bâtiments qui ont la volonté de s'améliorer et d'avoir des bonnes notes, disons. Ces bonnes notes, ça leur permet ensuite de communiquer dessus, ça leur permet d'attirer plus de locataires. Ils travaillent aussi pour avoir un maximum de... C'est comme de la bonne pub. Ces certifications-là, ça leur atteste qu'ils ont un certain niveau d'exigence. Et ensuite, notre travail aussi, c'est de faire l'état des lieux du bâtiment et de proposer des solutions pour améliorer cette certification environnementale.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Il y a différents critères et on va venir leur proposer d'améliorer, par exemple, leur consommation d'eau, leur consommation d'énergie et d'autres, en fonction des neuf critères. Une des autres missions que j'ai pu avoir, c'est, par exemple, sur ce qu'on appelle les DPE et d'aider un portfolio, c'est-à-dire beaucoup de bâtiments. On va travailler sur tous les bâtiments d'un groupe, par exemple.
Clémence (Chance)
Dpe, c'est diagnostic quelque chose d'énergétique, c'est ça ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
De performance énergétique.
Clémence (Chance)
De performance, c'est que...
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
? Diagnostic de performance énergétique. En gros, ce diagnostic, il est là pour donner aussi une note au bâtiment et dire: Ce bâtiment-là, il est un petit peu comme vous voyez sur vos lave-linges. Des fois, Pourquoi il y a la note A, la note B, la note C ? Donc, en fonction de différents critères aussi, il va venir classer la performance énergétique du bâtiment. Et donc, idéalement, il faut avoir un bâtiment A, qui veut dire que la chaleur se conserve bien, qu'il n'y a pas de déperdition énergétique et donc aussi que votre facture d'électricité ou de gaz sera moindre parce qu'il a bien été construit. Et si, à l'inverse, on est sur une classe plutôt G, plutôt E, Là, il risque d'y avoir un coup de chauffage très élevé parce que du coup, toutes les déperditions s'échappent et partent. Et donc là, c'est à nous de travailler en tant qu'ingénieur pour voir quelles sont les solutions à mettre en place, comment est-ce qu'on peut le mettre en place, pourquoi, et de cibler un petit peu les bâtiments à prioriser pour le faire. Parce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a aussi des réglementations qui existent et qui seront de plus en plus exigeantes et qui vont faire que, par exemple, des bâtiments de classes trop faibles ne seront plus possibles à la location ou à la vente.
Clémence (Chance)
Oui, ça allait être une de mes questions. Il y a beaucoup de bruit autour des passoires énergétiques en ce moment. Je me demandais, c'était quelque chose que toi aussi, sur lequel tu travailles ? Est-ce que c'est plutôt des bureaux, plutôt de l'habitation, les deux, peut-être ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Moi, plutôt des bureaux.
Clémence (Chance)
Du coup, le sujet de la passeoire énergétique est peut-être un peu moins... À quoi que peut-être que la passeoire énergétique touche aussi le bureau ? J'avoue que je ne sais pas.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Dernièrement, j'ai travaillé... Oui, sur les bureaux aussi, ça existe totalement, parce qu'il y a des bureaux qui sont plus ou moins vétus, plus ou moins vieux. Des fois, il y a des problèmes aussi parce qu'il y a des communications qui sont un petit peu compliquées entre les étages. Donc, des fois, il y a des avancées sur des étages et pas sur d'autres. Ça va dépendre de beaucoup de choses. Après, on ne se concentre pas uniquement sur les bureaux. Il y a aussi toute la partie du tertiaire. L'industrie tertiaire, ça va correspondre, par exemple, aux grands, comment on appelle ça déjà ? Entrepôts. Donc, une entreprise va chercher à réduire un petit peu la consommation énergétique de son entreprise. On va devoir travailler sur aussi comment améliorer leur consommation d'énergie, leur consommation d'eau, leur consommation d'électricité, la lumière. Même aussi ce qu'on appelle le London news en anglais, mais C'est la parcelle de verdure autour du bâtiment. Est-ce qu'il est possible d'avoir plus ou moins de végétaux ?
Clémence (Chance)
J'imagine que tu travailles pour des entreprises. Et la question de Barbara, Elle est intéressante, elle demande si tu fais beaucoup face à du greenwashing dans tes missions. J'imagine, la question derrière, c'est: comment toi, au vu de ton envie et de ton engagement et de ce qui t'anime, comment tu y fais face ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est une très bonne question. Pour moi, si je suis assez transparent, je trouve qu'il y a quand même pas mal de greenwashing dans le sens où les certifications qui sont mises en place par moments, en fonction de son niveau de je ne dirais pas de radicalité, mais de volonté écologique. Des fois, on peut se rendre compte que c'est un petit peu light. Il peut y avoir des certifications qui ne sont pas assez exigeantes et des fois, on va avoir des certifications qui vont se tourner vers des solutions qu'on va préconiser, qui sont plus simples à mettre en place, mais moins impactantes, juste pour faire augmenter le score de la certification. Ils vont afficher une bonne note, mais en soi, ils n'auront pas changé grand-chose. Donc, ça va aussi dépendre de l'interlocuteur, ça va dépendre de l'entreprise face à laquelle on se retrouve. Et ça va être aussi à nous, en tant qu'ingénieur, de convaincre les personnes, de mettre l'argent là où il faut pour avoir un impact concret. Et il y a aussi un gros sujet de sensibilisation pour expliquer que si cette entreprise ne fait pas le nécessaire pour participer aux enjeux du dérèglement climatique, potentiellement, son entreprise peut être mis à danger, peut être mis à risque et donc évoquer les sujets qui tournent autour du dérèglement climatique, comme la pollution de l'air.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Si c'est une entreprise, je ne sais pas. Moi, j'étais une entreprise qui fait des articles de sport. Ou d'un article ou une entreprise qui... Je ne sais pas si j'ai le droit de les citer, mais La Poste, par exemple. On va essayer de trouver les choses qui, potentiellement, peuvent les toucher en tant qu'entreprises pour leur donner envie de faire plus et de faire des actions beaucoup plus concrètes et beaucoup plus impactantes sur les sujets qu'on trouve importants.
Clémence (Chance)
Il y a un vrai axe conseil aussi, prise en compte leurs besoins, mais un peu poussés dans le sens de ce que tu portes. Et d'ailleurs, à ce propos, dans le métier que tu exerces aujourd'hui, quelle est la partie que tu préfères ? Qu'est-ce qui t'anime le plus ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est une bonne question. C'est vrai que déjà, j'ai une carrière qui est assez courte. Ça fait un an et demi, deux ans que je bosse. Mais ce que je trouve assez intéressant quand même, c'est qu'aujourd'hui, j'ai la chance de voir pas mal de missions différentes. Donc, je fais du conseil actuellement et donc j'interviens sur des thématiques qui sont très différentes. Là, en deux ans, j'ai pu vous citer trois, quatre missions qui sont complètement différentes. Donc, j'avoue que ça, c'est assez plaisant pour débuter une carrière d'avoir l'opportunité, vraiment la chance, de pouvoir tester quelque chose, la mission prend fin, puis tester quelque chose, la mission prend fin et d'élargir un peu son panel de compétences, mais aussi, moi, être plus précis sur ce que je veux, ce qui m'intéresse et ce que je trouve plus ou moins pertinent pour mon profil et ce que j'aime faire. Ça, c'est vrai que c'est une chance quand même.
Clémence (Chance)
Et de ton expérience, que ce soit pendant tes études ou depuis deux ans, qu'est Qu'est-ce qui a le plus d'impact selon toi ? Dans les différentes missions que tu as pu réaliser ou même celles que tu n'as pas réalisé toi, mais peut-être des gens autour de toi dans ta promo, qu'est-ce qui semble être le plus... C'est peut-être la question à trois millions, mais J'aime le mieux pour aller plus vite sur cet enjeu qu'il m'a jamais mis.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Qu'est-ce qui a le plus d'impact ? C'est ça, si je dois résumer la question ? Qu'est-ce qui a le plus d'impact ? C'est une bonne question. Je repense en même temps à la question d'avant, parce que c'est drôle de faire aussi cette entrée en et je pense, moi, ce que j'aime bien, c'est cet échange aussi avec des personnes, des fois, qui n'ont pas la même sensibilité que moi, d'essayer de comprendre ce qu'ils cherchent et d'essayer de les ramener le plus que possible à des des changements plus ou moins importants et impactants. C'est pour ça que je refais ce lien-là pour revenir à qu'est-ce qui est le plus impactant, parce que c'est difficile à savoir et ça va vraiment dépendre de l'entreprise dans laquelle on est. Il y a des entreprises, des fois, qui se tournent vers nous et qui nous demandent uniquement de réfléchir à des modèles qui changent totalement leur business model. Je sais que, par exemple, Décathlon a essayé de se tourner un peu plus vers ce choix de faire du locatif plutôt que du neuf tout le temps. Ça, ça peut être quelque chose qui est insufflé et qui peut donner envie demain de changer de modèle et de voir comment est-ce que le modèle peut fonctionner réellement.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Je ne sais pas. C'est vrai que c'est une question difficile. Qu'est-ce qui est le plus impactant ? Parce qu'il y a tellement de choses. Ça va dépendre. Si on a une entreprise qui est très consommatrice d'énergie et qui, en termes de carbone, émet beaucoup, on va avoir une solution adaptée. Et puis aussi, il faut être conscient qu'on ne sait pas tout. Des fois, on va proposer une solution, ce ne sera pas la meilleure au monde, mais il faut toujours essayer d'être le plus pertinent que possible. Et puis surtout, je pense que ce qui est le plus impactant, au fond, c'est de réussir à sortir un peu de cette vision uniquement carbone, qu'on a beaucoup dans les milieux de l'ingénierie, parce que le carbone, c'est qui est facilement quantifiable. Le carbone, c'est quelque chose qui a été très médiatisé aussi. C'est quelque chose qu'on voit énormément. Mais aujourd'hui, on a des outils qui permettent de sortir un peu de cette vision carbone et de traiter aussi, notamment avec ce qu'on appelle l'analyse de cycle de vie, et un peu moins d'une vingtaine de critères, pour traiter aussi de l'utilisation des sols, de l'oxygénation des océans, enfin, de l'acidification de lots, beaucoup de critères différents.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Et ça, c'est aussi compliqué par moments à installer, instaurer, évoquer, parce qu'on a cette vision très, très carbone.
Clémence (Chance)
D'accord. Quelles seraient les évolutions que tu imagines pour ta carrière ? Et peut-être que ça répondra de facto un peu à la question d'avant aussi. C'est-à-dire qu'est-ce que tu envisages le faire plus tard, toujours dans cette branche-là, potentiellement ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est une bonne question Réellement, je repense aussi aux personnes que j'ai eu la chance de croiser sur mon parcours et qui, eux, étaient plus avancées, parce que mon âge avait déjà eu des expériences, plus d'expériences que moi. Je pense que ce serait quand même de pouvoir continuer à traiter des sujets avec une forme de technicité, mais aussi de pouvoir s'adresser à un plus grand public que possible. C'est une bonne question parce qu'en ce moment aussi, j'ai plein de réflexions autour de ce que je fais aujourd'hui avec le sport, les climatismes sportifs, ce que je fais avec mon métier d'ingénieur. Il y a des choses que je trouve hyper passionnantes dans l'un, hyper passionnantes dans l'autre. Pour moi, c'est un peu bruyant de me dire comment est-ce que je peux faire. Tu n'as pas encore la réponse.
Clémence (Chance)
Ce n'est pas grave. Est-ce que tu as eu des hésitations dans l'exercice de ton métier ? Est-ce qu'il y a des choses qui sont difficiles ? J'imagine que le greenwashing, ça ne va pas être très simple, mais est-ce qu'il y a d'autres choses comme ça qu'on ne dit pas forcément, mais qui peuvent être difficiles ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Ce qui peut être difficile des fois, c'est peut-être en fonction de son niveau d'avancement sur cette lutte écologique. Je pense que ce qui est profondément C'est compliqué, c'est que les entreprises dans lesquelles on est, moi, je me considère comme très écolo quand même. Je me considère comme très écolo. Les entreprises dans lesquelles on rentre, des fois, ne sont pas forcément prêtes et ne sont pas forcément au même niveau, n'ont pas la même volonté d'avancer sur des sujets de manière parfois assez radicale. Des fois, ça peut être un petit peu frustrant parce qu'on est jeunes, on a envie de tout changer, on a envie de faire bouger les choses. On se rend compte que malgré le fait qu'on se tourne vers des entreprises à mission qui ont de bonnes volontés, des fois, c'est compliqué parce qu'un système fait qu'on doit travailler de cette manière-là, qu'il faut faire les choses pas à pas, que des fois, il y a des personnes qui n'ont pas du tout les mêmes volontés, les mêmes valeurs, il faut les comprendre, il faut avancer avec eux. Souvent, en tant qu'ingénieur, on intervient pour des entreprises et donc des fois, ça peut être un peu frustrant de ne pas pouvoir changer les choses autant qu'on le souhaiterait.
Clémence (Chance)
Il faut probablement pas mal de pédagogie, j'imagine.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Oui, il y a un gros aspect pédagogique aussi dans l'aspect de l'ingénieur. Souvent, on voit quelqu'un derrière son ordinateur et c'est fini, mais il y a un gros côté où il faut expliquer et sensibiliser, quant au fond, à ce qu'on qu'on a réalisé.
Clémence (Chance)
Je pense à ceux qui nous écoutent peut-être et qui réfléchissent à se tourner vers cette industrie. Quel type de métier ou qu'est-ce que tu conseillerais quelqu'un qui n'est pas nécessairement ingénieur de formation et qui a envie, pour autant qui pourrait et qui aimerait, pour plein d'autres raisons, s'investir dans ce monde-là ? Qu'est-ce que tu conseillerais de faire ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est-à-dire les passerelles un peu existantes ?
Clémence (Chance)
Peut-être des métiers autour du bas carbone pour lesquels il n'y a pas besoin d'être plus venu nécessairement.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Ce qui est assez drôle avec ce métier, c'est que j'ai l'impression qu'il touche beaucoup plus de personnes que... C'est même quasiment toute la population, dans le sens où on va traiter du bâtiment. Et le bâtiment, c'est quelque chose qui concerne absolument tout le monde. On utilise des bâtiments à longueur de journée. Et puis, il y a un peu ce côté où souvent les personnes semblent comprendre un peu ce qu'on traite, parce que chez eux, c'est des choses qui font tout le temps économiser leur énergie, économiser l'eau, traiter les sujets de luminosité ou même pour certains qui ont la chance de traiter de sujets de végétaux. Je trouve ça... En fait, je pense qu'il faut se retirer cette forme, des fois, d'illégitimité, s'assurer que c'est un sujet qui est abordable par tous, qui n'est pas si complexe que ça à traiter, parce que justement, c'est quelque chose qui nous entoure au quotidien. Et puis après, sur les formations, les passerelles existantes, là, je serais un peu moins expert sur ce qui est existant. Mais il faut savoir qu'il y a vraiment une panoplie de métiers existants qui gravitent autour de ces thématiques-là, qui sont vraiment énorme, que ce soit sur, par exemple, des experts de la construction bois, que ce soit sur des experts de la ventilation.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Il y a beaucoup, beaucoup de thématiques qui gravitent autour et je pense que Il existe plein de choses possibles pour...
Clémence (Chance)
Des experts en DPE, j'imagine aussi. Il y en a plusieurs. Barbara demandait aussi s'il est possible d'être consultant freelance dans dans ton métier, en l'occurrence. Est-ce que tu en as déjà rencontré ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est une bonne question. Je pense que oui, ça existe. Il me semble que oui, notamment pour les DPE. Pour les DPE, parce que je sais que c'est quelque chose qui se fait... Il y a une grosse demande. Il y a une formation aussi pour être formé à ces sujets-là. Et ensuite, en freelance, faire ses DPE à son compte. Je n'ai pas plus d'informations que ça, mais je pense que oui, c'est quelque chose qui se fait, totalement.
Clémence (Chance)
On parle beaucoup des métiers en tension aussi, les métiers où on a du mal à recruter dans cet univers-là. Est-ce que tu en connais ? Tu parlais des DPE, est-ce qu'il y en a d'autres ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Ça, j'avoue que je ne saurais pas te dire.
Clémence (Chance)
D'accord, mais DPE, il semble que ça soit difficile à recruter. Potentiellement, c'est un bon axe à étudier.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est un bon axe, oui. D'accord. Mais sur les métiers du BTP, globalement, il y a une petite baisse dans le secteur des aménageurs. Les aménageurs ont eu un petit coup de mou, il me semble, en 2023, mais il reste quand même beaucoup de sujets qui sont très demandés dans le secteur du BTP.
Clémence (Chance)
Qu'est-ce que c'est qu'un aménageur ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Les aménageurs, ça va être un petit peu ce qu'on appelle la maîtrise d'ouvrage. C'est un peu ceux qui vont mettre en place. Si un bâtiment existe, c'est parce qu'un aménageur a décidé de proposer, de répondre à une appel d'offres et de construire en gros tel ou tel bâtiment. Et ensuite, cet aménageur, il va faire le choix de prendre telle ou telle entreprise pour construire ce qu'il a conçu.
Clémence (Chance)
D'accord, OK. Super, je vois qu'on touche doucement à la fin du live. S'il y a d'autres questions, c'est le moment parce que ça vient de terminer. Est-ce que toi, Mathéo, il y avait d'autres sujets que tu avais envie de partager ? Sur la réalité de ton métier au quotidien, est-ce que c'est quelque chose... Les horaires sont durs, ça peut être dans cette zone-là ?
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
C'est marrant cette thématique des horaires. Je pense En plus du coup, travaillant à Paris, il y a un petit peu souvent ce sujet du présentéisme. C'est vrai qu'il y a autour de moi des personnes qui font des horaires assez conséquents. Je me rappelle lors de mon premier métier, les gens partaient 19h00, 20h00. Mais je pense qu'il n'y a pas d'obligation particulière dans le sens où, par exemple, je fais de l'athlétisme tous les soirs, je vais à l'entraînement. Et Je pars aux alentours de 17h50, 18h00, ce qui est correct. Ce que je trouve assez drôle, c'est que personne ne me pose la question ou ne me fait de remarques si je pars plus tôt, parce que justement, j'ai pu nouer avec eux et échanger avec eux sur ma pratique régulière. Quand je pars un peu plus tôt, ils vont me dire: Bon entraînement ou ils vont être assez... Il ne va pas y avoir de... De sujets. … De renoie, de sujets, de trucs désobligeants. Je pense que c'est aussi à nous, en tant que jeunes générations, de faire comprendre que certes, le travail est important, mais ce qui s'articule autour est primordial aussi.
Clémence (Chance)
Que le sens n'est pas que ce qu'on fait au côté du travail, mais ça peut être plein d'autres choses. Et même au sein du travail, ça ne peut pas être nécessairement que son métier, mais aussi l'environnement dans lequel on le fait, qui est aussi un thème sur lequel on revient beaucoup dans le bilan de compétences, je Barbara nous demande si c'est possible de rester en contact via LinkedIn. Bien sûr. Excusez-moi, j'ai un peu perdu de connexion. Ouais, super, c'est gentil.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Oui, bien sûr. Du coup, Mathéo Le bon sur LinkedIn, c'est facilement trouvable.
Clémence (Chance)
J'ai.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Ça bug un petit peu. Je ne sais pas si c'est moi. Je ne sais pas si c'est moi. Peut-être que je peux répondre à la dernière question. Je ne sais pas si ça bug que de mon côté ou si c'est Clémence qui bug. C'est Clémence. Je vais essayer de prendre le relais comme je peux et de répondre à la question: As-tu un dernier conseil pour ceux qui veulent se lancer dans ton métier ? Ça va dépendre un petit peu de là où vous en êtes, si vous en êtes en bac, si vous en êtes en études supérieures, si vous êtes déjà en emploi. Mais le principal conseil, c'est de se renseigner. D'ailleurs, merci beaucoup l'existence de chance, parce qu'il y a des fois une forte inégalité sur ce cet accès à l'information. C'est hyper important de prendre le temps de se renseigner sur les passerelles existantes, sur les voies existantes. En plus, on a une ère où sur Internet, on trouve énormément de ce type de données. Et surtout, n'hésitez pas à contacter des gens. Vous allez sur LinkedIn, vous posez la question à trois, quatre, cinq personnes. Il va y en avoir quatre qui vont peut-être vous ignorer, mais deux qui vont vous répondre et ce sera hyper, hyper, hyper, hyper intéressant.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
Et c'est des personnes qui, potentiellement, pourront vous tendre la main, vous aider. Donc, n'hésitez surtout pas, moi, à me questionner, me poser des questions plus précises et à vous tourner vers d'autres professionnels de ce métier.
Clémence (Chance)
Merci beaucoup, Mathéo. C'est vrai que la puissance de l'entraide sur ces thématiques de partage d'informations sur l'emploi, elle est magique. Et d'ailleurs, à ce propos, Je vous en parlais tout à l'heure, mais Barba ou les autres, d'ailleurs, si vous avez des questions sur un thème en particulier, n'hésitez pas à les poser sur 3 minutes pour les autres. C'est vraiment une interface super simple qui vous permet de demander un petit peu d'aide, de passer un petit peu de temps au téléphone avec quelqu'un. Et dans l'autre sens, si vous avez envie de partager votre métier, ce qui vous anime dedans, d'y prendre part, c'est très simple, c'est gratuit. Vous recevez tous les jeudis, si je ne dis pas de bêtises, une newsletter avec 10 profils que vous, potentiellement, pourriez aider. Ça ne prend pas de temps, ça peut changer. Je vous mets le lien tout de suite dans le chat. Un grand merci à nouveau, Mathéo. Passe une très belle fin de semaine. Une belle fête de la musique sous la pluie. À très bientôt et au revoir à tous.
Mathéo Gabon (Ingénieur construction bas carbone)
À bientôt. Merci beaucoup. Au revoir.
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