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Hortense (Chance)
Bonjour tout le monde. Bonjour à tous. Bienvenue dans ce live avec Flora, notre chère investisseuse. Bonjour Marine. Je me présente, je m'appelle Hortense. Moi, je travaille chez Chance. Et j'ai la chance aujourd'hui d'accueillir Marine, qui va nous présenter son métier d'investisseuse. Pardon, je vais vous présenter Flora, qui va nous présenter son métier d'investisseuse à Impact. Comme Comme vous le savez, cette semaine chez Chance, on organise une grande semaine sur les métiers qu'on appelle en coulisses pour vous présenter tous les métiers qui peuvent vous intéresser. Et aujourd'hui, nous avons Flora avec nous. Donc n'hésitez pas à nous faire un petit coucou dans le Slack pour dans le chat, pour nous dire d'où vous venez. Je vois qu'il y a Marine, justement, qu'il y a Eric. Vous pouvez nous dire d'où vous êtes, si vous êtes à Paris, à Londres. Vous pouvez nous faire aussi un petit coucou sur votre météo du jour, si vous êtes de bonne humeur vu que c'est vendredi. On attend un peu que tout le monde se connecte. J'attends encore une ou deux minutes. Et puis, merci, météo au top de Marine. Le live va durer 30 minutes pour vous donner un peu de contexte.
Hortense (Chance)
Flora va d'abord commencer par présenter un peu son parcours. Et puis l'idée, c'est surtout que ce soit le plus interactif possible. Vous posiez toutes les questions que vous avez en tête sur le métier d'investisseur. Vous allez utiliser pour ça le et j'essaierai de rebondir sur vos questions pour prendre en compte toutes les questions que vous avez sur ce métier. Je pense qu'on peut démarrer et puis les autres nous rejoindront. Flora, merci encore d'être là. Moi, je suis ravie de faire ce live avec toi parce qu'en plus, c'est un métier que je trouve passionnant et que j'aurais beaucoup aimé faire aussi. Donc, j'ai hâte que tu nous parles des coulisses de ce métier d'investisseur. Peut-être que pour démarrer, tu peux commencer par ton parcours un peu classique et ensuite nous expliquer comment tu en es arrivée à ce métier.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Ça marche. Bonjour Hortense, bonjour à tous. Ravi d'être là aussi. Merci beaucoup de m'avoir invité et de m'avoir fait participer à ce live. Si ça peut éclairer et aider certaines personnes, j'en suis ravie. Oui, je m'appelle Flora, je suis directrice d'investissement dans un fonds d'investissement à Impact qui s'appelle Citizen Capital. Peut-être, effectivement, avant de parler du boulot en tant que tel, je vais peut-être rappeler un peu mon parcours, vous expliquer comment j'en suis arrivée là. Moi, après le bac, j'ai fait ce qu'on appelle une classe préparatoire pour préparer des concours d'entrée en école de commerce. J'ai intégré une école qui s'appelle l'EM Lyon, qui est basée à Lyon, où j'y ai suivi un parcours assez général avec des cours de marketing, des cours de droit. J'aimais beaucoup cette matière, donc j'avais passé aussi une licence en parallèle avec la fac à Lyon. Et puis, j'avais des cours de finance. Et puis, petit à petit, je me suis spécialisée un peu en finance d'entreprise. C'est ce qui me plaisait le plus, mais je n'avais pas d'idées des idées particulières de métier. Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire. Donc, j'avais commencé par un stage en audit.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Donc, l'audit légal, vraiment ce qu'on appelle la certification de compte, où j'étais chez EY et c'était un stage qui m'avait beaucoup plu, assez complet, où j'avais eu de la chance aussi d'avoir des missions très sympas et de tomber sur des super équipes. Assez contente de stage, mais j'avais aussi envie de découvrir autre chose. C'est grâce à un cours en école que j'ai découvert un peu ce que était le private equity, ce qu'on appelle capital et investissement en français, qui est le fait d'investir au capital de sociétés qui sont non cotées en Bourse et qui peuvent être faites à différents stades de maturité d'une boite. Et j'ai eu envie de tester. Et du coup, j'ai fait un deuxième stage chez BPI France, dans un de leurs fonds d'investissement. Et c'est un stage qui m'a beaucoup plu. Et c'est aussi l'avantage des stages, c'est qu'on peut tester plein de métiers différents et c'est quand même assez chouette. Et Pendant cette période de stage, malheureusement, je n'avais pas eu l'occasion de vraiment voir un investissement de bout en bout, parce que c'est quand même des temps qui sont assez longs, entre le moment où on étudie un dossier et le moment où on investit.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
C'est quand même assez long, donc je n'avais pas eu le temps de voir ça, mais en revanche, j'avais déjà senti que c'était un métier complet, où il y avait à la fois de l'humain, tu rencontrais des entrepreneurs, tu parlais de leur projet, etc. Un côté très analytique aussi que j'aimais beaucoup. Il y avait des études de marché, donc ça m'avait beaucoup plu. Et donc, j'ai commencé à me renseigner de comment est-ce qu'on peut intégrer un fonds d'investissement. Et donc, c'est pendant ce stage qu'on m'avait dit: En fait, c'est assez rare que les fonds d'investissement embauchent des gens, des juniors qui sont sortis d'école. Et donc, il vaut mieux avoir une expérience avant. Alors, soit ils préconisaient, soit une expérience dans ce qu'on appelle les banques d'affaires. Donc, une première expérience en M&A, qui est du conseil dans le cadre d'opérations de fusions ou d'acquisitions, ou dans des cabinets d'audit, mais plutôt sur une partie un peu spécifique qui s'appelle le transaction service, qui est de l'audit, mais appliqué dans le cadre d'opérations de rachat ou de vente d'entreprises. C'est ce que j'ai fait. Après un petit passage aux US, parce que j'avais mon conjoint, Marie, aujourd'hui, qui était américain.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Donc, j'ai fait quelques mois où j'avais Je bossais sur un projet de French Tech aux US. Et puis, quand je suis rentrée en France, j'ai rejoint EY, mais dans la practice transaction services.
Hortense (Chance)
Et j'y suis restée pendant quatre ans. Je t'interromps un peu, mais finalement, quand tu as décidé d'aller en cabinet pour faire du transaction services, tu avais vraiment en tête derrière de retourner dans un fonds d'investissement. C'était vraiment ce que tu voulais faire après, tu savais ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Oui, disons que j'avais en tête que ce stage m'avait plu et que potentiellement, c'était C'était une issue, mais je me laissais aussi l'opportunité de voir ce que ça donnait, l'ETS. C'était une idée, mais effectivement, je ne savais pas à quel horizon ni exactement comment. Donc, je vais faire un peu partie là-dedans parce qu'on me l'avait conseillé. J'avais bien aimé ma première expérience chez EY. Je me suis dit: Je vais essayer l'ETS et puis si ça me mène à autre chose, on verra. Tu disais que c'est deux options de fusions-acquisitions ou de de transaction services.
Hortense (Chance)
Et ça, tu l'as su toute seule ? Tu rencontrais des gens qui t'ont dit ? Comment tu t'es... ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Ça, c'est pendant mon stage chez BPI où effectivement, c'est eux qui m'avaient conseillé d'avoir une première expérience en me disant que c'était Il y avait des fonds qui embauchaient en sortie d'école, mais que c'était quand même assez rare et que les parcours un peu classiques, c'était ça. C'était de passer par du conseil en banque ou de faire un passage en TS. C'est effectivement ça qui a un peu guidé mon choix en me disant: Si ça se trouve, ça peut me plaire aussi. Donc, je suis partie là-dedans. Je ne pensais pas non plus y rester très longtemps. Je m'étais dit à l'époque: Si ça se trouve, je ne lui fais qu'un an et puis je m'en vais. Au final, j'ai quand même beaucoup aimé cette expérience. Je suis restée presque quatre ans. C'est un boulot qui est hyper riche, où tu apprends énormément et surtout sur un point de vue technique, vraiment, analyse financière pure. Très exigeant aussi. C'est quand même un boulot qui est très prenant. Mais j'ai quand même su assez vite que... Je savais que je n'allais pas partir au bout d'un an, mais je savais que je n'allais pas y faire 10 ans non plus, parce qu'il y avait un côté assez frustrant qui était que je ne voyais pas du tout la finalité du boulot.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Je pense que ça, c'est d'autant plus fort dans les premières années dans un le cabinet. Je pense que tu l'as beaucoup moins quand tu deviens senior manager ou que tu passes plus de temps avec le client aussi. Mais finalement, tu passes beaucoup de temps à travailler sur des ajustements comptables où tu fais des ajustements de DFR avec trois méthodes différentes où tu écris des rapports qui font des dizaines et des dizaines de pages. Et en fait, ton rapport, une fois qu'il est terminé, tu ne sais pas trop qui est-ce qui le lit, à qui il sert. Et tu es à des années-lumière, finalement, de l'entreprise et du projet même pour lequel tu bosses. Donc ça, c'était un peu frustrant. Il y a eu un moment où je me suis dit: J'ai envie quand même de voir ce qui se passe de l'autre côté. Et les gens qui font appel à nous, qu'est-ce qu'ils en font de ce rapport ? C'est comme ça que je me suis dit: C'est peut-être vraiment ce que j'avais vu chez BPI et le travail d'écouté qui me parlait plus. Ce qu'on appelle fonds d'impact aujourd'hui, je ne connaissais pas vraiment à l'époque, je n'en avais vraiment pas entendu parler.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Je pense qu'on en parlait aussi beaucoup moins. C'était un peu un concours de circonstances, si je dirais. J'avais lu un article sur l'impact investing, peut-être une semaine avant de postuler à ce job. Une semaine après, il y a un chasseur de tête qui avait l'habitude de m'appeler pour différents jobs, qui me dit: Il y a un peu ce que tu cherches dans du small mid-cap et il y a un fonds d'investissement qui s'appelle Citizen Capital, qui lance un process. Est-ce ce que ça te tente. C'est comme ça que j'ai tenté l'aventure et que j'ai passé des entretiens. J'avoue que le projet d'impact m'a beaucoup parlé, mais après, comme je pense dans tous les jobs, en tout cas pour moi, c'est l'aventure humaine qui compte avant tout. C'est le fit avec l'équipe qui m'a convaincue. À priori, je les ai convaincus aussi. Je savais que c'était l'endroit où il fallait que j'aille. J'ai commencé, j'ai commencé. Je suis allée chez Citizen Capital en en tant que chargé d'affaires.
Hortense (Chance)
Génial. Et c'est marrant parce que je rebondis, tu parlais de la finalité que tu trouvais pas dans ton métier d'audit transaction services. Et comme la finalité, c'est un de nos piliers de chez Chance pour justement trouver son équilibre dans sa voie professionnelle. Quelle finalité tu trouves aujourd'hui dans ton rôle d'investisseur à Impact ? Comment tu t'y retrouves avec tes valeurs personnelles ? Et comment tu arrives à donner du sens à ce métier Le sens du métier, c'est très large comme notion.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Il y a plusieurs aspects, mais si on prend l'aspect finalité, je pense que c'est hyper important. Aujourd'hui, j'ai l'impression de savoir pourquoi je travaille. Je côtoie des entrepreneurs, on parle de leur projet, on s'associe avec eux pour agrandir un projet. Ça, c'est assez exaltant. Et puis l'impact en tant que tel Je pourrais y revenir plus en détail, peut-être, sur comment est-ce qu'on analyse un projet, un impact, si ça intéresse certains. Mais c'est vrai que l'impact en tant que tel, c'est aussi un projet d'entreprise qui rassemble. Et même au sein de l'équipe de Citizens &, je suis assez persuadée. Je suis sûr même qu'on est tous motivés par une ambition commune qui est effectivement d'utiliser la finance, mais pour un objectif qui est bien au-delà de l'investissement en tant que tel et qui est, je dirais, presque une mission d'intérêt général où on investit dans des entreprises qui ont pour but de répondre à des enjeux sociaux ou environnementaux majeurs dans notre société. Et ça, je pense que ça nous permet de rassembler l'équipe autour de valeurs communes et d'une ambition qui est superbe comme environnement de travail. Je pense que ça participe à la fois à la finalité de ce que tu trouves dans dans le sens de ton boulot au quotidien et sur ton environnement de travail au quotidien avec l'équipe à qui tu partages des valeurs et un objectif commun.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Je n'ai pas forcément la comparaison, mais je pense que le fait d'avoir cette stratégie d'impact est un élément assez fort dans ce ressenti.
Hortense (Chance)
On a une question un peu toute basique, un peu plus terre à terre, mais peut-être importante quand même, c'est que tu nous rappelles exactement en quoi consiste être investisseur. Expliquez. Il y a quelqu'un qui dit: Est-ce que tu as des exemples concrets de domaines d'investissement aussi ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Oui, c'est une question effectivement très importante, assez large. Peut-être pour vous expliquer. Moi, mon métier, il est vraiment multiple. C'est à la fois de trouver des opportunités d'investissement, de faire du sourcing de projets, de savoir dans quelles entreprises on va investir ? Et donc là, dans ce cadre-là, on rencontre beaucoup de dirigeants, d'entrepreneurs qui nous expliquent leur projet, pourquoi ils ont besoin de lever des fonds, etc. Ensuite, il y a toute une phase d'analyse et donc finalement, qui se rapproche beaucoup de ce qu'on peut faire en audit, de due diligence à proprement parler. Et donc ça, c'est de l'analyse à la fois financière, de données historiques sur le projet en question, mais aussi d'analyser réalise du business plan. Ça implique de comprendre vraiment le modèle économique de la boite, savoir comment est construit le modèle de revenu, tout simplement, et pouvoir challenger les hypothèses dans un business plan, parce que ça prend du temps. Ensuite, il y a toute une partie que je n'avais pas forcément anticipée avant, qui est assez importante, qui est tout ce qui est légal, juridique, où il y a beaucoup de choses qu'on fait, notamment dans tout ce qui est négociation de documentation juridique.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Au moment où on décide d'investir, on négocie avec l'entreprise un pacte d'actionnaires, puisqu'on va s'associer ensemble. Ça, ça demande beaucoup d'analyse et finalement de connaissance pour qu'on apprend sur le terme, et de connaissances juridiques. Ensuite, il y a tout un aspect, je ne le fais pas du tout dans l'ordre chronologique, mais d'analyse de marché qui est très importante. C'est la partie stratégique. Et puis d'analyse stratégique. Et puis, dans notre cas précis, l'analyse d'impact est très importante. Et en fait, elle est au même niveau que l'analyse financière à proprement parler. Et donc, je ne sais pas si je fais un petit mot sur cet aspect vraiment, analyse d'impact.
Hortense (Chance)
Tu peux expliquer, en effet, ou donner des exemples de concrets d'investissement impact que tu as fait et quels étaient du coup les indicateurs d'impact que vous avez analysés ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Nous, du coup, la manière dont Je parle pour Citizen Capital parce que je sais qu'aujourd'hui, on parle beaucoup d'impact et chaque fonds a aussi un peu sa manière de définir l'impact. On n'a pas forcément les mêmes définitions, mais en tout cas, je parle de ce que je fais au quotidien. Chez Citizen, on définit l'impact comme étant le fait d'accompagner des projets, des entreprises qui ont envie de répondre vraiment à un besoin fondamental dans la société, que ce soit un besoin qui soit social, sociétal ou environnementales. On est un fonds généraliste, mais on va dire que nos trois grosses thématiques d'investissement, ça va être d'adresser, d'une part, les besoins primaires. Ça va être tout ce qui est autour de bien se nourrir, se loger, la santé, le bien vieillir. Ça peut être aussi accéder à un revenu décent, par exemple. Ça, c'est un peu ce qu'on appelle les besoins primaires. Ensuite, on a une deuxième thèse ou thématique qui est plutôt comment est-ce qu'une fois qu'on a répondu à ces besoins primaires, comment est-ce qu'on va aider les gens à se réaliser et à s'épanouir dans la société dans laquelle on vit ? Là, c'est des thématiques autour de tout ce qui est formation professionnelle, par exemple, de citoyenneté.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Comment est-ce qu'on aide les citoyens à s'impliquer dans la société dans laquelle on vit ? Formation, on est investisseur chez Chance. Dans la citoyenneté, on est investisseur dans des sociétés comme make. Org, qui fait de la sollicitation sur des sujets de sociétés, de citoyens. On est aussi investisseur chez Hulul, qui permet aux gens de s'investir dans des projets à impact. Ça, c'est un peu le deuxième axe. Et le troisième axe, il est plus environnemental. Et là, c'est tous les sujets autour de la transition énergétique, de l'économie circulaire. On a fait des investissements chez DeepKey, par exemple, ou chez Certidit, qui fait du reconditionnement de téléphone. C'est assez large, mais Le dénominateur commun, c'est vraiment de répondre à un enjeu qu'on estime fondamental aujourd'hui dans notre société.
Hortense (Chance)
Je t'interromps parce qu'il y a une question pour la formation qui est ressortie déjà deux fois. Je me dis peut-être qu'il y a des gens qui posent la question sur: Est Est-ce qu'on a forcément besoin d'avoir fait des études finances pour rejoindre un fonds ? Et quelles sont les formations sinon pour y accéder à ce type de métier d'investisseur ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
On va dire que c'est la voie la plus classique, donc je dirais la plus répandue, effectivement. La finance fait partie quand même très fortement de notre quotidien. Après, il y a beaucoup de gens, et nous, dans notre équipe, c'est aussi le cas, qui n'ont pas fait d'études en école de commerce, mais qui sortent d'écoles d'ingénieurs. Il y a beaucoup de personnes aussi qui ont fait des études plus scientifiques et qui, finalement, se dirigent vers ces métiers-là. Ce que je vous disais au début, où moi, on m'avait plutôt conseillé effectivement d'avoir une première expérience, ce n'est pas toujours avéré. Nous, notamment, il y a des gens qui ont intégré le fonds en sortie d'école, donc qui n'ont pas forcément eu une expérience des expériences avant, je veux dire, haute que des stages. Donc, ça peut arriver. C'est quand même plutôt rare, mais ça peut arriver. Et après, il y a une autre voie, je pense, qui est plus la voie entrepreneuriale. En fait, si on a eu un projet entrepreneurial, je dirais, assez avancé où on a été confronté à tous les sujets de stratégie, etc. Et je pense notamment pour des fonds early stage. Je n'ai pas vraiment défini les différents fonds, les différentes stratégies, mais ce qu'on appelle plutôt du venture capital.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Pour l'investissement dans des sociétés qui sont très jeunes, le parcours d'entrepreneur peut être aussi, ou alors bras droit d'un entrepreneur, etc, peut être, je pense, très valorisé dans certains fonds. Je pense que ça peut être une voie qui est possible.
Hortense (Chance)
Il y a une autre question hyper intéressante, et je pense d'ailleurs, on pourrait passer des heures à y répondre, mais c'est la question de Thierry qui pose la question de la rentabilité quand on est investisseur à impact, à savoir est-ce que vous regardez évidemment les indicateurs plus de cette entreprise classique ou comment vous faites pour analyser la rentabilité d'une entreprise quand c'est un projet d'association à impact, etc.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Ok. Ça, c'est intéressant. Là, il y a plusieurs questions en une. Nous, ce qui fait, je pense, la spécificité aussi de Sixième Capital, et ce n'est pas le cas de tous les fonds, notamment des fonds en France qui ont des stratégies qui sont différentes. Nous, on met vraiment l'impact au même niveau que l'aspect financier. En fait, ce n'est pas parce qu'on met un fonds à impact qu'on va demander un rendement financier qui soit moindre par rapport à une société qui ne fasse pas d'impact ou par rapport à un fonds d'investissement généraliste. En fait, nous, nos exigences de rendement sont les mêmes. Donc, On est sur des objectifs de TRI autour de 20%, enfin, 20-25%. Nous, notre analyse, elle se fait vraiment de la même manière sur le point de vue financier qu'un fonds classique. Et après, sur l'analyse d'impact, et tu l'évoquais tout à l'heure, effectivement, les KPIs qu'on peut regarder. Les KPIs qu'on va regarder sur vraiment la stratégie financière, c'est vraiment les mêmes que dans un fonds classique. En revanche, sur l'impact, nous, on a une grille d'analyse qui nous est propre, mais qui est quand même maintenant assez répandue, sur laquelle on a six critères qui sont des critères que nous, on regarde d'un point de vue impact, mais qui sont aussi des critères purement stratégiques ou business que d'autres investisseurs peuvent regarder, mais peut-être avec un angle différent.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
La première, c'est la vision des dirigeants, savoir s'ils veulent vraiment adresser un besoin fondamental et si c'est au cœur de la stratégie de la boite. La deuxième, c'est: est-ce qu'on adresse un besoin profond ? C'est un peu les trois thématiques que je vous ai données tout à l'heure, mais l'idée derrière, c'est vraiment de savoir si on adresse un besoin qui est mal adressé aujourd'hui et dans quelle mesure ce besoin est vraiment très profond ou est-ce qu'on adresse la surface du problème. Le deuxième, c'est l'additionnalité. C'est en ça où on peut se dire que nous, on va regarder à quel point un produit a un potentiel de transformation dans son secteur et dans quelle mesure il permet d'adresser un besoin qui est encore mal desservi ou non adressé sur le marché. C'est à la fois une question d'impact, parce que nous, ça nous intéresse beaucoup sur l'impact, mais c'est aussi une question d'analyse stratégique de fonds qu'un autre fonds d'investissement pourrait se poser, mais nous, on va vraiment l'adresser d'un point de vue impact. Ensuite, il y l'alignement du modèle économique avec la thèse d'impact. Est-ce qu'il n'y a pas des risques de friction entre le modèle économique de la boite et son objectif d'impact ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
On regarde aussi la maîtrise des risques d'externalités négatives. Tout ça, ça nous permet de faire ce qu'on appelle un radar d'impact. Une fois qu'on est convaincu sur cette thèse, on y va et ensuite on co-construit avec les entrepreneurs eux-mêmes ce qu'on appelle une vision, une stratégie d'impact. Concrètement, on va arriver à un business plan impact. On va faire un business plan financier d'un côté et de l'autre côté, on aura un business plan impact avec deux, trois, quatre KPI clés qui sont directement liés au business d'une entreprise. Par exemple, si on prend l'exemple de Chance, un des KPI Impact, ça va être parmi les Les bénéficiaires qui utilisent et qui suivent le programme Chance, quel est le pourcentage de ces bénéficiaires qui fait partie d'un public qui défavorisé. Ça, typiquement, ça peut être un des KPI à impact qu'on va regarder parce qu'il est en lien avec la mission de l'entreprise qu'on a définie ensemble avant. Très clair. Ces KPIs-là, on va les définir sur la période du business plan, en général quatre ou cinq ans, et on va les suivre régulièrement avec l'entrepreneur et mettre en place une stratégie d'impact qui permet d'arriver à l'objectif qu'on s'est fixé.
Hortense (Chance)
Génial. Je suis pas tesreinte. Non, Je t'interromps parce qu'il nous reste que cinq petites minutes, ça passe hyper vite. Mais on pourrait en parler des heures, c'est ce que je disais. Mais il y a une petite question rapide, c'est: est-ce qu'il y a un label fonds à impact qui existe ? Non. Non, il n'y en a pas. C'est ce que tu peux dire.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Non, il n'y a pas de label fonds à impact. Après, il y a plein de labels qui existent. Il y a le label, notamment des entreprises à mission. Il y a le label B Corp, qui existe à la fois pour les entreprises elles-mêmes, mais aussi pour les fonds à impact. Nous, par exemple, Citizen Capital, on est à la fois B Corp, à la fois entreprise à mission. Mais il n'y a pas de label fonds à impact en particulier.
Hortense (Chance)
Il y a une autre question qui me demandait si tu faisais ton métier aux US, est-ce que ce serait le même métier ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Est-ce que ça serait le même métier ? Oui, il y a des fonds à impact aux États-Unis, l'impact investing. Après, est-ce qu'ils font exactement la même chose que nous ? C'est difficile à dire. Je ne sais pas. Je pense que même en France, on se rend compte qu'on n'a pas forcément tous la même stratégie d'impact, les mêmes grilles d'analyse, etc. Mais je pense que le fond du métier est effectivement le même quand même.
Hortense (Chance)
Il y a une dernière question qui demande justement: est-ce qu'il y a des profils en reconversion qui peuvent être recherchés ? Ou s'il s'agit surtout de gens qui ont déjà été très exposés à ce milieu, déjà dans leur expérience pro ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Je dirais que si on n'a vraiment aucune notion en finance, c'est peut-être un petit peu compliqué. Mais après, rien n'empêche, je ne sais pas, de suivre une formation et de pouvoir rebasculer vers ce secteur-là. Et après, comme je le disais tout à l'heure, je pense qu'il y a beaucoup de fonds, et notamment des fonds early stage. Et nous, par exemple, dans les fonds à impact, il y a des fonds à early stage. Nous, on a plusieurs fonds chez Citizen Capital, dont un fonds à venture. Ils peuvent être aussi à la recherche de profils plutôt entrepreneurs qui ont eu des expériences entrepreneuriales qui peuvent être très utiles dans l'analyse d'opportunités d'investissement.
Hortense (Chance)
Je vois une question aussi assez intéressante, c'est: quand vous avez investi dans les entreprises, quelles relations vous avez avec elles derrière ? Est-ce que vous les aidez ? Vous influyez sur les décisions ? Comment vous vous positionnez ?
Flora Velle (Investisseuse à impact)
C'est vrai qu'en plus, je crois que je n'ai pas abordé quand j'ai défait la description de mon métier, mais il y a évidemment une très grosse partie qui est du suivi de nos entreprises en portefeuille, donc les entreprises dans lesquelles on a investi. Et effectivement, c'est de l'accompagnement ensuite qui soit à la fois passionnante, où une fois qu'on a investi, on co-construit le projet. C'est de faire du suivi à la fois financier, du suivi stratégique, en fonction des besoins des entreprises qu'on suit, il peut y avoir des sujets stratégiques, des sujets aussi de comment est-ce qu'on accompagne l'entreprise sur sa stratégie d'impact. Nous, chez Sixième Capital, on est un fonds qui reste minoritaire. C'est assez différent d'un fonds qui prend des parts majoritaires au capital d'une entreprise. Mais on est quand même assez présents dans le suivi de nos participations. On au board et aux grosses décisions stratégiques et on a, je pense, un accompagnement particulier sur l'impact.
Hortense (Chance)
Écoute, c'est super intéressant, Flora. Je pense qu'il y a peut-être d'autres questions et je me permets juste de te demander si les gens veulent te contacter sur LinkedIn. Oui, avec grand plaisir. Si ça te dérange pas de recevoir des idées.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Bien sûr, je pense que c'est même plus simple pour échanger.
Hortense (Chance)
Toutes les questions, il y en a eu vraiment beaucoup. Merci à tous pour votre participation parce que Vous avez été très actifs dans le chat.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Je ne vois pas du tout les questions, mais je pense que je n'ai pas le... Je te fais confiance. Évidemment, si vous voulez me contacter sur LinkedIn, il n'y a pas de souci.
Hortense (Chance)
Le live qui sera disponible également en replay. Si tu veux écouter et revoir les questions, Flora, tu pourras aussi. C'était vraiment super intéressant et passionnant. Ça donne encore plus envie de rejoindre ce métier. Merci beaucoup Flora. Très bonne journée.
Flora Velle (Investisseuse à impact)
Merci en tant que tous. Bonne journée.












