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Éméric Tohouégnon, Journaliste

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Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Personnes connectées actuellement.

Camille (Chance)

Bonjour. Bonjour. À toutes et à tous. J'espère que vous allez bien. Nous sommes sincèrement désolés. Désolés. Petite minute de retard. Je m'entends en écho. En écho, vous pouvez le micro. Je parle, peut-être que ça vous a fait écho. Oui. Super. Voilà. Bon, alors juste le temps d'introduire ce live et puis après, bien évidemment, je vous laisserai la parole Éméric. Donc, un grand merci à toutes et à tous de vous connecter. Et sincèrement désolée pour les quelques minutes de retard, les aléas techniques. Mais c'est bon, nous sommes tous ensemble car aujourd'hui, nous avons la chance d'accueillir Éméric, qui va nous présenter et nous parler de son métier de journaliste. Tout ça, c'est dans le cadre des live métiers en coulisses qu'on organise chez Chance tous les trois mois. Et donc cette semaine, vous allez pouvoir assister à une cinquantaine de présentations de métiers. Là, nous avons la chance d'avoir Éméric qui va nous parler de son métier de journaliste. La première question que j'aurais envie de te poser, Éméric, ce serait: finalement, comment tu es arrivé ? Quel est ton parcours pour être devenu journaliste ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Déjà, je me présente: je suis Éméric, je suis d'origine béninoise, le Bénin qui est un pays de l'Afrique de l'Ouest, entre le Togo et le Nigeria. J'ai fait mon école primaire là-bas, le collège, le lycée et l'université. Il faut dire déjà au collège, moi, j'ai, après ce qu'on appelle le BEPC, je pense qu'ici, on pense aussi à le BEPC, J'ai choisi la série Littéraire. Donc, j'ai évolué dans cette série et dès la seconde, mon collège avait un journal, un journal qui paraissait un trimestre et j'ai décidé d'entrer dans ce club journal. Et je suis devenu journaliste en herbe dans ce club journal qui paraissait chaque trois mois. J'ai marqué les esprits, paraît-il, et l'année qui a suivi, l'équipe a décidé de me nommer, rédacter en chef de ce bulletin d'information qui réunissait quelques lycéens, quelques collégiens qui donnaient des nouvelles qui parlaient de l'actualité de l'école et de la ville où l'école est implantée. J'ai suivi l'équipe qui a continué à apparaître, qui a continué à faire son boulot. Au collège, les gens me regardaient déjà comme un journaliste Il y avait des matchs, je faisais des commentaires de matchs et tout ça, mais je ne me voyais pas personnellement.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Est-ce que vous m'entendez ?

Camille (Chance)

Oui, on vous entend toujours.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Je pense qu'il y a un problème de connexion, mais on va y aller.

Camille (Chance)

Mince, mince, mince, mince. On a perdu Éméric. On va attendre quelques minutes, voir s'il revient pour continuer à nous parler de son parcours. Je vais voir, je vais l'écrire si c'est possible. Sincèrement désolée pour ces petits soucis techniques. Nous sommes en train de voir si Aymeric peut se reconnecter.

Camille (Chance)

Super. J'avais été coupé à cause de la connexion dans la zone.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Maintenant, je me suis mis sur la connexion locale de mon portable. Je pense que cette fois-ci, ça pourrait aller mieux. Je vous le racontais, je commentais les matchs inter-collèges, inter-classes également et on me voyait déjà comme un journaliste en devenir, mais je Je n'ai jamais voulu en faire un métier. Pour moi, c'était une passion, mais je ne voulais pas devenir journaliste de profession. Pour moi, j'allais devenir un avocat ou magistrat. C'était mon ambition, c'était mon projet de vie. Mais quand j'ai fini, quand j'ai eu mon bac série littéraire, je me suis retrouvé devant une réalité: intégrer la fac de droit Il y avait tellement de personnes pour une fac, un amphithéâtre qui devrait accueillir 500 personnes. Il y en avait 1 000 et quelques dans mon pays à l'époque. Je me suis dit: Je ne veux pas m'exposer à cette réalité. Je vais peut-être aller du côté du journalisme. Et là, j'ai intégré une école qui s'appelle HECM, l'école de base, et spécialisée en commerce et en management Ils avaient une petite pôle média-journalisme. Donc, cette filière me permettait de faire la communication d'entreprise et le journalisme en même temps, ce que j'ai fait pendant deux ans.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Deux ans après, il fallait choisir une autre branche et j'ai décidé de faire la communication. C'est comme ça que j'ai eu une licence en communication et négociation commerciale. J'ai fait des stages en radio, en presse écrite également. Ce n'était pas directement de la communication, mais la passion m'attirait toujours. J'ai de la passion pour le journalisme et j'ai embrassé ce chemin en faisant des stages plutôt média. Au lieu de faire des stages en entreprise commerciale, dans le pôle communication et tout, j'ai décidé de faire les médias. Pendant plusieurs années, j'ai été de stage en stage dans des radios, à la presse écrite. Un beau jour, après avoir terminé mon master en marketing et communication, il fallait trouver un emploi. Ce que je n'arrivais pas à trouver étant dans un pays où il est difficile de s'insérer après les diplômes. J'ai juste continué sur le chemin du journalisme à faire de la radio, bien entendu. Un jour, j'ai eu l'opportunité d'entrer à l'ORTB, qui est le média public du Bénin. J'ai été accepté là-bas pour faire d'abord un stage de trois mois, un stage qui a été concluant parce que j'ai fait des reportages, j'ai fait des magazines qui ont plu à tout le monde.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Je me rappelle à l'époque, j'ai été l'un des premiers journalistes au Bénin à travailler sur la thématique des LGBT. Pour la petite histoire, quand je proposais ce sujet, mes confrères étaient péplés. Ils se disaient: Comment fera-t-il pour trouver des LGBT ? On n'en connaît pas. Je dis: C'est vrai, je n'en connais pas aussi. Personne ne s'est déclaré à moi se présentant comme un LGBT, mais je vais travailler, je vais chercher. Dès qu'on a fini la conférence de rédaction, j'ai lancé mes jalons, j'ai écrit sur Facebook: Qui connaît un LGBT qui aimerait vraiment parler de sa situation et tout ? De bouche à oreille, on m'a connecté à des personnes qui ont cette orientation sexuelle et j'ai finalement eu des des témoins, des interviewés qui sont LGBT, qui m'ont parlé. J'ai produit ce mini-documentaire, je vais pas appeler mini-documentaire, c'est un magazine radio. C'était un magazine radio de plus de 30 minutes. Le format qui était de base un format de 26 minutes, j'ai dû dépasser pour faire un truc de plus de 30 minutes. Et le jour où ça a été publié, le jour où Ce magazine a été diffusé à la radio. Les gens me regardaient, me regardaient maintenant comme étant moi-même LGBT.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Je ne le suis pas. J'ai juste fait un travail journalistique et ça, ça m'a permis de stagiaire, de pouvoir pénétrer le cœur de mes patrons qui m'ont signé plus tard un contrat de collaborateur. Un contrat de collaborateur qui a duré trois mois. J'ai fait trois mois et ils m'ont signé en CDD Après six mois de CDD, on m'a signé en CDI. Donc, j'étais maintenant de 2015 à 2018. J'ai travaillé sur cette chaîne de radio publique au Bénin et tout s'est bien passé. À un moment donné, je me suis dit: Il faut pousser le bouchon un tout petit peu plus loin. Il faut que je fasse des études encore. C'est de là que j'ai décidé d'aller étudier en France, d'avoir un master en journalisme. Entre-temps, j'enseignais dans une école au niveau BTS 1, BTS 2 et je faisais également de la radio avec un contrat en CDI. J'ai décidé d'aller étudier en France, de faire du journalisme. J'ai postulé dans deux écoles qui, la première, AMET, m'a accepté, mais a posé des conditions Après, ils m'ont mis sur une liste d'attente. La deuxième qui est à l'Université de Lyon, Lumière Lyon 2, ils m'ont finalement donné la chance de pouvoir faire cette formation.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

De base, je voulais faire un Master 1 et après un Master 2, mais ils m'ont surclassé, ils m'ont amené directement un Master 2. L'argument, c'était: Aymeric, tu as de l'expérience. Aymeric, tu as déjà un Master. Aymeric, tu enseignes déjà, tu peux directement faire le Master 2. Donc, j'ai fait un Master 2 en journalisme. Juste un an, j'ai soutenu et j'ai obtenu en 2019 mon diplôme de journaliste en temps. J'ai quitté l'ORTB au Bénin pour abandon de poste. J'ai été licencié de mon ancien travail parce que j'avais avait l'ambition de pouvoir évoluer, de pouvoir avoir plus de compétences et de diplômes. J'ai appris de très belles choses à l'École de journalisme de Lyon 2. Cette étape terminée, il fallait se lancer dans le monde du travail. Un étudiant étranger qui n'a que le titre de séjour d'étudiant étranger devrait également joindre son statut d'étranger où il doit renouveler son titre de séjour pour avoir de petits boulots pour pouvoir subvenir à ses besoins. Ce n'était pas gagné d'avance, mais j'ai pu tirer mon épingle du jeu. Alors que le diplôme était fini, je devrais renouveler mon titre de séjour, je me posais la question: Comment vais-je m'insérer ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Comment vais-je faire pour trouver un média ? On m'avait dit: Toi, tu es un béninois, tu as un accent de béninois, il te serait difficile de trouver un emploi dans ton secteur ici, en France. Mais j'y croyais. J'y croyais, je me disais: Il est possible que je puisse m'insérer. Il est possible que je puisse gagner cette bataille. La chance a souri et grâce à Dieu, j'ai été appelé par Télé Sud, à qui j'ai envoyé mon CV, j'ai envoyé au directeur général à l'époque, André Agide, qui a vu mon CV, qui a dit: J'aime J'aimerais travailler avec toi. Ils m'ont fait appel et je suis rentré à Télé Sud en 2020. J'ai obtenu mon diplôme en 2019. En 2020, j'ai entré à Télé Sud. Télé Sud m'a adopté. J'ai adopté Télé Sud. J'y ai travaillé, journaliste, rédacteur, reporter, après présentateur, et voilà mon parcours.

Camille (Chance)

Super, mais merci beaucoup Éméric. N'hésitez pas à poser des questions à Éméric sur ce beau parcours. Un grand merci à toi de tout ce partage. Peut-être en attendant les premières questions, ce qui m'intéresserait, c'est un peu la distinction entre journaliste, redacteur, reporter, présentateur. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu la spécificité de chaque rôle ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Oui. Un rédacteur, il a pour mission de se baser sur des dépêches pour écrire des sujets. On met à sa disposition des dépêches. Souvent, on utilise en France ici l'Afp, parfois Reuters et d'autres agences de presse. Les agences de presse, ce sont de grandes maisons qui ont des correspondants un peu partout dans le monde et qui sont à l'affut de l'information qui les rendent de manière brute sur les sites et les chaînes de télévision ou de radio ou où les médias de presse écrite sont abonnés à ces agences de presse et prennent les informations brutes, les retraite pour pouvoir les diffuser, soit sur le plateforme ou que ce soit la télé, que ce soit la radio ou la presse écrite. C'est comme ça, c'est pourquoi vous voyez souvent, France24 vous présente les mêmes images, CNews vous présente les mêmes images, BFM vous présente les mêmes images, parce qu'on va tous à la à la même source pour prendre les images et les traiter et vous les rendre. La manière dont on écrit va être vraiment différente, mais c'est souvent les mêmes images qu'on utilise et parfois les mêmes intervenants. Ça, c'est le boulot d'un rédacteur.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

C'est un journaliste, mais il fait de la rédaction, d'autres appelleront ça du journalisme assis. Il n'a pas besoin d'aller sur le terrain, il se sait de ce qui existe pour produire des sujets. Un reporter, par contre, lui, il va sur le terrain, il crée l'information. Il propose des sujets. Par exemple, si je prends la guerre entre Israël et le Hamas, il n'attendra pas lui que l'agence de presse lui envoie les images, il ira directement sur le terrain, il prendra ses propres images, il de ses propres yeux et il écrira ce qu'il a vu. Ça, c'est un reporter. Un présentateur, c'est celui-là, ce journaliste qui est chargé de présenter des émissions. Parfois, ça se confond avec le boulot d'animateur, mais quand il s'agit d'informations, il est dans un rôle beaucoup plus sérieux, beaucoup plus sérieux que celui de l'animateur qui a d'abord pour rôle de diverti. Or, le journaliste présentateur a pour rôle de présenter l'information. Il peut présenter le JT, il peut présenter une émission débat, il peut présenter une émission d'information Voilà un tout petit peu les distinctions par rapport à cette terminologie.

Camille (Chance)

Super, merci beaucoup pour cette explication. On a une première question de Pauline qui demande finalement: À quoi ressemble votre journée et est-ce que vous êtes amené, en tant que journaliste, à travailler seul ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Un journaliste ne travaille pas seul. Le journaliste qui dit qu'il travaille seul, il vous a menti. Je le dis comme ça, il vous a menti. C'est un métier qui a besoin de travailler ou c'est quelqu'un qui a besoin de travailler de manière collective. Il travaille à la presse écrite. Même s'il écrit, il aura besoin de sources. Même s'il produit l'information pour que sa voix à la radio, puisse être entendue par les auditeurs, il lui faut forcément un ingénieur de son. Il lui faut un ingénieur de son qui va être la transition entre lui et l'auditeur. Il lui faut un caméraman qui va être la transition entre lui et le téléspectateur. Il faut également l'ingénieur de son, il faut le réalisateur, donc il travaille de manière collective. Aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a les JRI, les journalistes, reporteurs d'images. Eux, vous leur donnez une caméra, vous leur donnez un micro, ils vont sur le terrain, ils jouent le rôle du technicien, ils jouent le rôle du preneur de son, ils jouent le rôle du journaliste. Ça, ce sont les nouvelles évolutions du métier de journaliste. Avant, il y a une vingtaine d'années en arrière, pour qu'un journaliste de la radio puisse aller sur le terrain, il doit avoir son ingénieur de son, son technicien de son qui l'accompagne avec ce qu'on appelle les nagras, ces deux grosses bandes qui permettent d'enregistrer les sons.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Il doit y aller avec un ingénieur son. Aujourd'hui, les journalistes radio vont avec juste soit un dictaphone, soit un enregistreur, parfois très discret, et ils font leur boulot. Mais à l'interne, il y a tout tout un corps de métier avec qui il travaille et sans qui il ne pourra pas atteindre sa cible. D'autres vous diront: Il y a les journalistes qui sont libres, un peu indépendants parce qu'il y a les médias sociaux. Avec un média social, je peux collecter des informations et les diffuser. J'emporte la responsabilité, ce n'est pas mon média qui emporte la responsabilité. Quand tu es avec un média, tu es beaucoup beaucoup mieux protégé que quand tu travailles seul, juste derrière ton écran, juste avec ta tablette, juste avec ton smartphone. Les réseaux sociaux permettent également, quand tu as beaucoup de vues, de générer des entrées financières, mais ce n'est pas forcément de l'emploi sécurisé. Avec un média, c'est beaucoup sécurisé. Il faut savoir, il est possible de travailler en solo, mais ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident, vous n'êtes pas protégé, vous êtes exposé, vous n'avez pas de condition, vous n'êtes pas vraiment totalement cadré. Alors que travailler avec un média officiel, ça, vous êtes mieux protégé et mieux cadré.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Et vous avez des gens pour vous censurer avant que vos posts n'atteignent votre public. Les gens peuvent dire ça, on doit corriger ci, on doit reformuler ça. Ça, si tu publies ceci, tu peux être attaqué en justice. Et on s'emporte mieux comme ça.

Camille (Chance)

Super, hyper intéressant. Merci beaucoup pour ces réponses. On a eu des nouvelles questions qui sont arrivées, notamment d'eux qui se ressentent, c'est concernant le diplôme. Une personne qui a un diplôme à l'École de commerce et l'autre qui se demande si on n'a pas le diplôme de journaliste, si on a un diplôme d'école de commerce, est-ce qu'on peut frapper la porter la vision du monde du journaliste. Sachant qu'il y a aussi une personne qui a déjà travaillé déjà dans la réunion. Finalement, est-ce que c'est possible de, si on n'a pas le diplôme, mais peut-être différemment, pour un autre diplôme d'accéder à ce métier-là ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Dans l'historique de ce métier, j'ai un confrère, un aîné qui dit: Le journalisme, c'est le métier qui accepte tous les autres métiers. Vous pouvez être un spécialiste en métier et devenir journaliste, un spécialiste en santé. Vous Vous pouvez être ingénieur en environnement et entrer dans le journalisme et mettre votre compétence au service de ce métier qu'est le journalisme. Vous pouvez être informaticien et devenir journaliste et pratiquer. Il y en a plein aujourd'hui qui sont des journalistes spécialistes tech et qui sont de bas informaticiens. On ne peut pas avoir un diplôme en journalisme et entrer dans le métier. La chose qui est principale et qu'on doit regarder et que les Les employeurs regardent d'abord, c'est votre passion. C'est des rudiments que vous avez en ce qui concerne ce métier. Tous ceux qui sont dans ce métier n'ont pas fait une école de journalisme. Tous ceux qui sont dans ce métier n'ont pas fait une école de journalisme. Ça devient de plus en plus l'exigence pour rentrer dans ce corps de métier, mais de base, le diplôme, en réalité, dans ce métier, ne veut rien dire. On a des gens qui ont été très compétents, qui sont très compétents et mieux compétents que d'autres qui ont fait des écoles qui sont sorties des facultés, des écoles de renom en journalisme.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

J'en connais plein qui sont très bons, qui n'ont jamais fait une école de journalisme des journalistes qui se sont formés sur le tard. En regardant la télévision, chaque jour, en écoutant la radio chaque jour, en lisant la presse écrite chaque jour, on se forme, on apprend à écrire, on apprend à mieux présenter, on apprend à être un bon journaliste sans forcément passer par une école de journalisme. On a plein de professeurs en journalisme qui eux-mêmes n'ont pas fait d'école de journalisme Merci beaucoup Éméric.

Camille (Chance)

Je pense que tu as également répondu à la question, il me semble, de Lorin qui disait: Moi, j'ai plutôt un niveau d'attaché de frais, c'est-ce que je peux faire petite part du média et en fait... Peut-être sur quel premier poste ? Est-ce qu'on peut rentrer directement en tant que journaliste ou non, il y a peut-être un premier étage, un premier poste à faire ou on peut rentrer directement en tant que journaliste ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Je pars d'abord sur la question de la personne qui dit: Je suis attaché de presse et je veux rentrer dans le métier de journaliste. Les attachés de presse et les journalistes, ce sont parfois des copains, parfois pas des copains, parce que les attachés de presse travaillent pour le compte de quelqu'un et travaillent à vendre l'image soit d'une société, soit d'un gouvernement, soit d'une entreprise, soit d'une structure et tout. Dans cette mission, ils collaborent avec des journalistes. Souvent, quand tu es attaché de presse de base et que tu entres dans le métier, tu as tendance à te laisser conduit par ton instinct d'attacher de presse qui est d'arrêter arranger l'image de quelqu'un. Or, le journaliste de base, il n'est pas là pour arranger l'image de quelqu'un, il est là pour donner l'information. On a plein de confrères qui sont de base journalistes et qui sont devenus attachés de presse. Peut-être un jour, je finirai aussi attaché de presse. Ce n'est pas impossible parce qu'il n'y a qu'un petit pont. Les attachés de presse dans le métier, Ils vendent l'image. Or, ils ont tendance parfois à vouloir utiliser les journalistes à leur fin. Ils réussissent parfois et parfois, ils ne réussissent pas.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Si vous avez envie de faire le pas, de quitter le métier d'attaché de presse pour rentrer dans le journalisme, pourquoi pas ? Vous pouvez taper à des portes. Si vous avez la graine, ce qu'il faut, on vous acceptera sans problème.

Camille (Chance)

Ok, super. Et peut-être, je ne crois pas que le temps ait coulé, mais vu qu'on a commencé à faire, on peut peut-être prolonger quelques minutes. Il y a une question d'Igor, qui est intéressante. Tout le monde dit, nous non plus, pourquoi Il y a de plus en plus de jeunes journalistes qui la profession prononce à cette profession. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que c'est vrai ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Moi, ce n'est pas faux. Ce n'est pas du tout faux. Le Mon métier nourrit son homme, mais il y a des métiers où on gagne beaucoup mieux. Tu finis l'école avec un master et tu es payé peut-être à 2 000, 2 500 euros net, alors que tu as un autre, un camarade avec qui tu as évolué, qui est attaché de presse, qui est chargé de communication, qui se retrouve à gagner quatre 4 000, 3 000 euros, tu as envie d'aller forcément gagner mieux ailleurs. C'est un métier où on reste pas patient. S'il n'y a pas de patient, tu ne peux pas faire ce métier. Il faut d'abord partir sur la base de la passion. C'est le moteur de ce métier. Si tu n'as pas de passion, tu ne peux pas y rester, tu vas finir un jour par partie. Et quand tu as la passion, même si tu pars, tu as tendance à revenir parce que ton cœur est toujours là.

Camille (Chance)

Merci beaucoup Éméric. Il y a une dernière question de Pauline qui vient sur le toit: qu'est-ce qui fait un bon journaliste ? Quelles sont les qualités et compétences nécessaires ?

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Un journaliste, un Un bon journaliste, c'est celui d'abord qui aime l'actualité. Si vous êtes journaliste spécialisé en tic, quand je dis tic, je parle des technologies de l'information de la communication, vous Vous devez être au fait de l'actualité de votre domaine. Si vous êtes un journaliste politique, vous devez être au fait de l'actualité politique. Si vous êtes journaliste chargé de couvrir les questions concernant l'Afrique comme moi, vous devez suivre l'actualité africaine. Moi, quand je ne suis pas l'actualité africaine une fois par jour, parfois, mon épouse est sur ses programmes et je dis: Il faut qu'on arrête, il faut Il faut que j'aille suivre les infos. Il faut que je sache ce qui se passe en Afrique. Il faut que je sache ce qui se passe dans le monde. Et je suis au fait de l'actualité, je m'informe à chaque instant. Un bon journaliste, c'est celui qui sait écrire. C'est celui qui sait écrire, qui a l'autographe qu'il faut, la grammaire qu'il faut, qui a le vocabulaire qu'il faut et qui sait livrer l'information de manière terre à terre sans se mettre à enfler son langage, à lui donner des tournes de pédant d'académicien, qui sait être accessible même à l'élève qui est en classe de CM2 ou de sixième.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Il sait simplifier son langage sans verser forcément dans ce qu'on appelle le langage de rue. Deuxième compétence: quand vous Si vous voulez être journaliste, il faut que vous appreniez la discrétion. Parce que si vous êtes amené à travailler dans le domaine de l'enquête journalistique, des reportages, il faut que vous puissiez être discret Le manque de discrétion a envoyé beaucoup de journalistes au cimetière. Si je fais des enquêtes, je peux ne même pas informer ma femme parce que je dois la protéger et me protéger moi-même. Quand je fais des enquêtes, je peux ne pas informer des collègues de ce que j'ai découvert et en informer juste mon rédacteur en chef. Ça, c'est le pouvoir de la discrétion et ça a sauvé énormément de journalistes. Ça leur a permis de ne pas se laisser se livrer eux-mêmes en pâtu aux personnes malintentionnées. Quelle autre qualité Ça dépend aussi de la branche que vous avez choisie, du média que vous avez choisi. Moi, je n'ai jamais voulu faire de la télévision. J'ai toujours voulu rester dans le domaine de la radio parce que je me disais: C'est plus discret. On connaît que ma voix, on ne connaît pas mon visage.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

La force des choses m'a amené à la télévision et tout. Le physique est un atout quand on veut être un présentateur. Le physique est un vrai est un atout. La diction est un atout quand tu veux travailler à la radio et à la télévision. La diction est très, très importante. Vous devrez avoir une très bonne diction pour que quand vous rendez vos papiers qu'on puisse vous entendre de manière distinte, de manière correcte. Donc, la diction, la bonne présentation, ça va être très relationnel. Très relationnel parce que Si vous ne savez pas accorder une importance aux chauffeurs, aux balayeurs de rue, vous pouvez manquer des informations. Il y a des gens, à cause de leurs bonnes relations, de leur capacité à tisser des relations avec les autres ont pu avoir des informations en devenant ami à des chauffeurs d'hommes politiques, à des domestiques d'hommes politiques, à des balayeurs de rue qui qui ont la facilité d'entrer dans des maisons, à des ménageurs qui ont la facilité d'entrer dans la maison d'un homme politique, entendre des secrets, des bruits de couloir et tout ça. Ce sont les relations qui permettent de pouvoir faire ce boulot de manière très convenable et sans difficulté.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Voilà un tout petit peu le conseil que je peux donner.

Camille (Chance)

Merci beaucoup, Éméric, d'avoir pris le temps, d'avoir répondu à notre question. C'était très intéressant. Écoutez, s'il n'y a pas d'autres questions, on peut terminer ce live. Je vous le dis à bientôt. N'hésitez pas à regarder l'agenda de tous les live, parce queantaine de métiers dans cette semaine. Et encore un grand merci pour votre visage sur le métier. Merci beaucoup. Bonne fin de journée.

Éméric Tohouégnon (Journaliste)

Bonne fin de journée à vous aussi. Au revoir.

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