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Wendy (Chance)
Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce live métier en coulisses, ensemble pour découvrir le métier de journaliste radio avec Oriane.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Bonjour.
Wendy (Chance)
Bonjour Oriane. Alors, Juste le temps, peut-être, que les personnes se connectent. Peut-être que je ne sais pas. Encore. Peut-être qu'on attend des personnes, peut-être une ou deux minutes. N'hésitez pas à nous dire bonjour dans le chat. C'est un live interactif, donc n'hésitez pas aussi à écrire vos questions. On les posera à notre invité et vous pouvez aussi commencer à nous dire d'où vous nous écoutez C'est toujours chouette de savoir un peu plus d'infos sur vous et pourquoi pas, pourquoi vous êtes cité à ce live ? Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que vous vous projetez aussi dans cette voie professionnelle ? Bonjour, bonjour Nicolas. Johanna. Bonjour Lola. Super. Yohanna Deren, Maison Alfort pour Nicolas. Très bien. Un petit peu plein de régions. Un petit peu du sud. Angers. Très bien. 18ème. On est un petit peu de toute la France, donc super. Je ne sais pas... Toi, tu es où, Oriane ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Moi, je suis dans le 20ème arrondissement de Paris.
Wendy (Chance)
Bonjour à toutes et à tous. Alors, merci déjà, Oriane, d'avoir répondu un grand oui pour déjà donner 30 minutes de ton temps pour les autres.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Avec plaisir. C'est super.
Wendy (Chance)
Avant de commencer un petit peu les questions. Je me présente. Je me présente, moi, je m'appelle Wendy, je travaille chez Chance et je suis heureuse de découvrir aujourd'hui avec vous le métier d'Oriane. Pour commencer en introduction et pour celles et ceux qui ne connaissent pas, chance peut-être, je vais faire une petite intro. Nous sommes une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour aider chacun et chacune trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société. On a plusieurs programmes d'accompagnement, dont peut-être un que tu connais aussi, Oriane. C'est le plus connu, le bilan de compétences. Et dans le bilan, il y a plusieurs phases dans le parcours. Il y a une phase qu'on appelle Exploration. Et dans cette phase-là, on va justement encourager les talents à aller confronter un petit peu la réalité des métiers sur lesquels ils s'interrogent. Pourquoi ? Parce que déjà, ça sert aussi d'enlever des fantasmes, des fantasmes, qu'ils soient positifs ou négatifs sur des métiers. On a tous des idées et c'est toujours intéressant et enrichissant puisqu'en échangeant avec des personnes qui exercent la profession, on peut vite se rendre compte si ça résonne ou bien, au contraire, si on ne se projette pas.
Wendy (Chance)
Cette semaine, Shant s'organise une semaine de 50 live métiers pour explorer ensemble 50 métiers différents. Aujourd'hui, on va explorer ensemble les métiers de journaliste radio avec Oriane. Je te laisse, si tu veux, un petit peu te présenter, savoir un petit peu ton parcours, ton métier, savoir comment tu en es arrivée là.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Moi, je m'appelle Oriane Doreau, j'ai 37 ans et je suis journaliste radio chez Fun Radio. Je fais depuis quatre ans les infos nationales sur la matinale de Fun. La matinale et le midi. Pour remonter le temps. Moi, j'ai un parcours assez classique. J'ai fait des études littéraires, une prépa littéraire, des lettres modernes et après, je suis rentrée en école de journalisme. En école de journalisme, je suis spécialisée en radio. J'ai fait quasiment tous mes stages en radio et après, en nt, j'ai tout fait pour rentrer dans une radio. Je peux rentrer un petit peu dans le détail peut-être de mon évolution professionnelle. Je ne sais pas comment Oui, vas-y, vas-y, pas de problème. J'étais diplômée en 2009 de mon école. Ce n'était pas le meilleur timing. C'était après la crise des subprimes, il n'y avait plus de budget. C'était assez compliqué. Il n'y avait pas de poste, en gros, nulle part. Mais j'ai tenu bon. J'ai enchaîné un peu des CDD, RFI, dans des radios musicales privées. J'étais en fait pigiste, une sorte de statut indépendant. On va un peu là où les contrats sont disponibles. J'ai aussi profité finalement d'être un peu libre, de ne pas être attachée à une radio en particulier pour partir à l'étranger faire des reportages.
Oriane Doro (Journaliste radio)
J'ai travaillé pour la radio suisse, la RTS, à qui j'ai vendu des reportages au Japon et en Polynésie. Et en rentrant de Polynésie, il fallait vraiment trouver du boulot. Et là, c'est comme ça que je suis rentrée dans le groupe pour lequel je travaille aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est le groupe M6. Ce n'était pas le cas à l'époque. À l'époque, c'était le groupe RTL, mais j'ai signé un premier contrat avec RTL2. Je suis partie à Niort, ensuite je suis partie à Lille, ensuite je suis rentrée à Paris et depuis quatre ans, je suis sur Fun Radio. Ça paraît un peu décousu comme ça, mais Fun Radio et RTL2, ils sont au même étage du bâtiment M6 à Paris. C'est le même groupe, en fait. C'est comme ça qu'il y a des passerelles un peu... Ça a été un parcours un petit peu en saut de puce. Et puis finalement, ça fait 15 ans quasiment que je bosse pour ce groupe, finalement. D'abord dans des stations locales et maintenant dans la rédaction nationale. Voilà comment j'en suis Comment j'en suis arrivée là ?
Wendy (Chance)
Plein d'étapes. Super. Merci beaucoup pour le partage. Je vous incite aussi, si vous avez des questions au fur et à mesure, n'hésitez pas à écrire dans le chat, comme ça, on pourra aussi y répondre pendant l'échange. Est-ce que tu peux peut-être nous décrire un petit peu ton quotidien ? Je ne sais pas s'il y a peut-être pas une journée type, mais peut-être plusieurs journées type.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je ne sais pas si tu peux- Non, il y a vraiment une journée type. En matinale, en présentation, on est vraiment sur une journée très cadrée, ça ne peut pas dépasser. Elle commence à 3h20 cette journée.
Wendy (Chance)
3h20 ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je suis incohérente, c'est que ça fait longtemps que je suis debout. Il faut dormir un peu pour être fraîche, pour vous. Je me lève à 3h20 et je suis sur place vers 4h30. En gros, je suis à l'antenne à 6h00. Ce temps entre 4h30 et 6h00, c'est celui de l'écriture du premier flash, de la préparation de la météo. Il y a tout un temps d'écriture avant le passage à l'antenne, à 6h00. Et après, j'ai des flashs infos météo toutes les demi-heures, 6h00, 6h30, 7h00, 7h30, jusqu'à 9h30. Et entre les deux, je réécris. En fait, on écrit énormément chaque jour. Même les jours où l'actualité n'est pas forcément riche, il faut réécrire parce que sinon on s'endort, si on répète la même chose toutes les demi-heures. Il s'agit aussi de permettre aux auditeurs qui nous écouteraient une demi-heure d'affilée de ne pas avoir exactement les mêmes infos. Pour soi aussi, c'est intéressant de s'amuser à réécrire la même chose différemment. Et puis, par exemple, en ce moment, on a une actu hyper riche, donc on n'a aucune raison de s'ennuyer entre chaque flash. On a des déclarations qui changent. Mon boulot à moi, il est très condensé entre quatre 9h30, c'est vraiment du non-stop, surtout en fonction de l'actualité, bien sûr.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Ensuite, je peux respirer un petit peu et après, j'ai un flash à midi.
Wendy (Chance)
Ok, donc pause.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Voilà, c'est ça. Il y a vraiment le droit de prendre un café. J'en prends avant. Concrètement, c'est des horaires décalés parce qu'à midi 5, j'ai terminé ma journée. Mais après, il faut que je fasse une petite sieste pour survivre à la suite de la journée, parce que j'ai une petite fille de quatre ans, donc à 04h30, je suis à l'école. C'était plus simple sans enfants, je ne sais pas. Les siestes pouvaient durer plus longtemps, là, elles ont une limite.
Wendy (Chance)
Et par curiosité, vu que tu nous as confié avoir navigué entre différentes radios aussi au préalable, tu avais toujours ce rythme-là plutôt en matinal ? Oui, au tout début, qu'est-ce que j'ai fait ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Au tout début, j'étais un peu en reportage. Là, c'était plus sur des journées classiques, des horaires plus classiques, mais assez vite, même en radio musicale. J'ai été sur des tranches après-midi aussi qui sont... Moi, ce n'est pas ce que je préfère, c'est-à-dire commencer plus à midi et terminer tard. La matinale, ça paraît très dur comme ça, mais c'est aussi une super ambiance le matin parce qu'on n'est pas très nombreux. Finalement, tous ceux qui sont là sont levés tôt et donc c'est un peu feutré C'est une ambiance un peu particulière, ce n'est pas celle de la journée. Donc oui, ça fait plus de 15 ans que je travaille à ce rythme. Ce n'est pas très bon pour la santé, mais on survit C'est tous les jours ou il y a quand même des jours ?
Wendy (Chance)
C'est du lundi au vendredi.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je n'ai pas de moyen de me découper, de faire des grasse-mattings, mais ça m'excite.
Wendy (Chance)
D'accord. Ok, merci beaucoup. On a une première question d'Axelle: est-ce que tu as toujours voulu être journaliste et journaliste radio ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Journaliste, oui. Je crois que c'est un peu les petites histoires un peu familiales de quand j'étais petite, je faisais des faux magazines. C'est un peu cliché comme ça, mais en tout cas, ça a toujours été un métier qui m'a plu un peu... C'est un métier... Tu parlais tout à l'heure des fantasmes alimentés par certains métiers. Clairement, celui-là, il en fait partie C'est Tintin, c'est l'aventure, Grands Forters. C'est des choses qui m'ont toujours parlé. C'est vrai que quand j'étais petite, j'aimais bien écrire, faire semblant de créer mon journal, de faire des reportages photos, etc. Au lycée, finalement, c'est devenu un peu plus sérieux, un peu plus concret dans ma tête, parce que j'étais assez littéraire, mais je me suis toujours intéressée un peu à tout. Je me sentais, je ne le disais pas comme ça à l'époque, mais assez généraliste, finalement. C'était un peu une voix comme ça qui s'ouvrait à moi. Mes parents ont dû me le... Je ne m'en souviens pas, mais ils ont dû me le souffler peut-être un petit peu. J'avais envie de faire des études littéraires, mais je ne me voyais pas devenir enseignante. Finalement, c'est toujours resté dans un coin de ma tête, même quand j'ai fait mes études littéraires.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Même en lettre moderne, je me rappelle que je savais derrière que je voulais être journaliste. Quand j'étais en lettre moderne, je m'étais un Je me suis spécialisée avec une licence où il y avait un peu d'économie, un peu de droit. C'était un peu ma façon déjà d'aller un peu plus vers le concret dans l'objectif de passer les concours des écoles de journalisme. En licence, j'ai préparé mon concours de journalisme Sans vraiment réfléchir, mais je ne me suis pas vraiment reposée la question. Ce sont des concours très pénibles à passer. Pas pénibles, ce n'est pas le mot, mais c'est très intense, c'est des révisions très dures. Là, je parle des concours d'École de journalisme reconnue. À l'époque, il y en avait 14, je crois que ça a augmenté. Ce sont des concours où il faut connaître l'actualité de l'année sur le bout des voies, savoir placer tous les pays du monde sur une carte, vierge. C'était impressionnant. J'ai beaucoup travaillé et j'ai eu beaucoup de chance. J'en ai passé quatre et j'en ai eu un avec des euros aussi après. Je suis rentrée en école de journalisme à celle de Paris 2, l'IFP, l'Institut Français Presse.
Oriane Doro (Journaliste radio)
C'est une école publique. C'était pas mal, ça m'a permis de ne pas m'embêter. C'était un master qui a duré deux ans, pendant lequel on fait énormément de stages. C'est un master professionnel. Ça, c'était génial parce qu'on fait des stages en presse régionale et après moi, tous mes autres stages, je les ai faits en radio, donc ça m'a permis d'aller dans des radios France Bleu, France Inter, RFI. Ça m'a vraiment permis. Puis en presse régionale, Corse Matin. C'était super. Je m'éloigne un peu du sujet, peut-être. Est-ce que j'ai toujours voulu être journaliste ? Oui, je vais revenir là-dessus. Quand je suis rentrée à l'école, mon idée, c'était peut-être plus la presse écrite, mais parce que j'avais peut-être que j'imaginais être plus à ma portée vu que j'étais littéraire, etc. Et puis, dès le premier cours de radio, ça a été vraiment le coup de foudre avec la radio, sachant que j'avais toujours écouté la radio chez mes parents, on écoutait la radio tout le temps, on écoutait dans la France inter. C'était quelque chose qui avait vraiment bercé mon enfance. Je ne savais pas si je savais le faire. Dès les premiers cours de radio, j'ai trouvé ça génial.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Là, je me suis dit: OK, c'est ça que je veux faire. Le d'être au micro, en studio, de créer des ambiances sonores. On faisait aussi de la télé, donc je pouvais vraiment comparer les deux. Moi, j'adorais l'idée qu'il n'y ait pas l'image et qu'on doive créer, suggérer les choses, qu'on doive décrire ce qu'on voit, que même si on interviewe quelqu'un, on crée une sorte de climat, un peu de discussion. J'ai toujours adoré ce média et après tous mes choix de stage et tout, ça a été plus que la radio.
Wendy (Chance)
D'ailleurs, je n'y ai pas pensé, mais là, on te voit, mais si ça te dérange, tu peux juste te faire. Non, non.
Oriane Doro (Journaliste radio)
On me voit aussi sur ta radio, c'est filmé maintenant la radio.
Wendy (Chance)
Super, merci beaucoup, on se rend beaucoup de passion. En tout cas, je trouve ça hyper inspirant. On a une autre question de Sarah. Est-ce que tu penses qu'une personne qui n'aurait pas un parcours classique puisse aussi devenir journaliste radio ? Et après, plutôt quelles compétences sont importantes pour le métier ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je pense que c'est un métier qu'on peut complètement apprendre en dehors de l'école de journalisme qui est un peu la voie royale, un peu toute tracée, etc. Sa force, c'est que ces écoles ouvrent la voie à des stages, etc. On peut rentrer dans des médias dans lesquels il n'est pas forcément facile de rentrer quand on est tout seul de son côté. Mais la grande force de ce métier, c'est aussi tout ce qui est presse locale, presse régionale, qui permettent vraiment de faire ses armes. On peut complètement, je trouve, aller sonner à la porte d'une radio locale, d'un journal local. Je ne dis pas qu'il faut aller sonner en bas d'RTL quand on connaît personne, c'est moins facile, mais je trouve qu'en passant un peu par des chemins détournés, on peut aussi y rentrer, découvrir ce que c'est ce métier. Après, pourquoi pas faire un stage ou une formation. Je pense que c'est envisageable. C'est beaucoup de relationnel, donc il faut clairement être sympathique. Le secret dans ces cas-là, c'est... Il y a tellement de stagiaires qui passent dans les rédactions, etc. Essayer de laisser un bon souvenir, d'être d'un bon... Il faut avoir une certaine aisance, on va dire, je pense, dans le relationnel.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Ça, c'est une compétence pour ce métier, mais c'est aussi une compétence pour trouver du trajet, parce que ça va beaucoup être des contacts. Moi, je vois à la rédaction actuellement, on est trois titulaires, mais on a un poste où ce n'est que des pigistes qui tournent. Clairement, ces pigistes, on les trouve parce que c'est un ami de... Je ne dis pas qu'il n'y a pas les compétences qui rentrent en jeu, mais c'est du réseau, c'est beaucoup de réseau. Pour moi, le parcours classique, il n'est pas obligatoire, mais il faut faire ce réseau-là à un moment donné. C'est peut-être ça qui est le plus difficile. Après, pour parler des compétences, c'est beaucoup Au départ, c'est vraiment la curiosité. Il faut avoir une envie de comprendre les choses. Là, moi, je parle pour moi en présentant les flashs. Ce n'est pas le cas de tous les journalistes, parce que c'est un métier qui recouvre énormément de facettes différentes. Mais moi, en deux minutes, il faut que je donne un aperçu de l'actu du jour, ce qui fait qu'on va se retrouver à parler des législatives, mais aussi du foot et aussi de l'économie en deux mots. Sur une radio, je ne fais pas dix minutes du intérieur brut, mais il faut un petit peu maîtriser toutes ces questions pour pouvoir savoir les synthétiser.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Donc, je pense qu'il faut quand même pas mal de curiosité et un goût pour le partage, d'avoir envie de rendre cette info accessible à son public, savoir à qui on parle. Nous, par exemple, on va parler à des auditeurs plutôt jeunes, donc l'idée, ce n'est pas de les perdre le matin pendant qu'ils sont en train de se brosser les dents. Il faut qu'ils comprennent ce qu'ils racontent et le rendre un petit peu attrayant. Il ne s'agit pas de de rendre tout niais. Il faut avoir une curiosité, un goût du partage et une rigueur pour ce qui est de la recherche d'informations. Parce qu'aujourd'hui, plus que jamais, c'est compliqué de savoir d'où vient l'info qu'on a, est-ce qu'elle est sûre, de quel site elle vient. Et des fois, il faut réussir à sélectionner l'info dans un temps assez rapide. Quand il y a une info qui tombe, il faut accepter des fois de ne pas la balancer tout de suite parce qu'on ne sait pas encore vraiment d'où elle vient. Il faut avoir cette rigueur-là parce qu'on a quand même une responsabilité, je trouve, sans se donner un rôle trop important, mais le fait d'informer les gens tous les matins, ça est quand même une certaine responsabilité de ne pas raconter n'importe quoi.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Ça paraît bête, j'enfonce des plantes ouvertes, mais c'est bien de le rappeler.
Wendy (Chance)
Non, mais je pense que tu as raison et c'est hyper important de le rappeler. Et ce n'est pas facile, je pense aussi. Je me suis dit, pour moi, c'est une Il n'y a pas la responsabilité, tu peux le dire. Juste avant de prendre la question de Jenny, j'ai une question. Tu parlais tout à l'heure du réseau, justement. Est-ce que toi, dans ton parcours et dans ton expérience, il y a eu des rencontres qui t'ont marquée ? Et pourquoi ? Et comment ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je pense que ça a été beaucoup mes profs à l'école. On avait quasiment que des hommes. Je pense que ça a un peu changé. Mais on a eu beaucoup de journalistes de Radio France International et de Radio France qui étaient assez charismatiques et qui avaient une passion de ce métier, vraiment de la radio. Là, je parle vraiment de mes profs radio et c'est vrai qu'eux, ils ont eu un rôle énorme parce que c'est eux qui m'ont convaincu que c'était ça que je voulais faire. J'avais un prof, Pascal Dervieu, qui est grand reporter à Radio France — je pense qu'il l'est toujours — qui m'a vraiment, je m'en rappelle, donné des petits tips pour écrire, pour placer ma respiration. C'était tout bête, mais finalement, c'est des choses primordiales pour réussir à parler sans s'essouffler, sans trop bégayer, même si certains matins, quand on est plus fatigué, c'est difficile. Ça, c'est des gens qui m'ont marquée parce que tout d'un coup, il y a des choses qui s'éclairaient. À l'école, on faisait beaucoup de mises en situation. On avait un studio de radio et donc on s'amusait à faire des des émissions pendant une heure avec chacun dans son rôle, le présentateur, le reporter.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Et là, les profs, dans ces cas-là, c'était génial parce qu'ils savaient vraiment nous faire progresser. Je pense que mes profs, ça a été ceux qui m'ont le plus marquée. Et après, c'est dans les stages, il y a toujours une personne qui est un peu votre lumière dans les moments un peu difficiles. Parce qu'en stage, on est un peu jeté dans le grand bas. Allez, tu vas en reportage avec ton micro. On a 20 ans, on est là: Bon, d'accord. On se sent pas toujours très légitimes, c'est pas toujours facile. Je me rappelle des journalistes qui m'ont aidé à faire le montage. C'est des choses, finalement, aujourd'hui, je m'en rends même plus compte, mais ce qu'ils m'ont appris, je m'en sers tous les jours. Je pense que ça a été les profs, les journalistes que j'ai croisés dans mes stages. Je réfléchis. Et puis, ce n'est pas des vraies rencontres, mais les gens que j'écoute à la radio tous les jours. Ça, c'est finalement... Au début, il y avait un prof qui nous disait: Au début, un Suisez-vous à imiter, à imiter les gens que vous aimez, entraînez-vous à parler, à lire la presse en tout au reuf chez vous.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Vous aurez l'air un peu ridicule, mais... Et vous essayez d'employer le ton des gens que vous aimez bien. Et peu à peu, on trouve sa manière à soi de parler. Ça, c'est génial. Ça, c'est bien. Ça, c'est bien.
Wendy (Chance)
Je pense qu'il y a un peu de ça aussi. Super. Merci beaucoup. C'était très intéressant. Et Je pense que c'est aussi important d'informer les personnes qui nous écoutaient, qui nous regardent sur les points peut-être plus négatifs, ou les difficultés de ton métier ou les obstacles peut-être.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je parlais un peu tout à l'heure du côté... Comment dire ? Il y a peu de place pour beaucoup de nt d'école, etc. Chaque année, donc c'est assez compétitif. Mais en même temps, je vois dans nos rédactions que ça tourne beaucoup, donc ce n'est pas si figé que ça, je pense. Mais ce qui est difficile, c'est la précarité du métier. Je ne suis pas un bon exemple parce que je suis en CDI depuis presque 10 ans, je pense. Mais aujourd'hui, les CDI, ça n'existe quasiment plus. Je sais que ce n'est pas forcément un point de négatif pour tout le monde, cette vision du CDI, etc. Mais être pigiste, être précaire, ce n'est pas facile non plus. Moi, je travaille beaucoup avec des gens qui, finalement, dépendent du rédac' chef, qui les appelle ou non. Il Il y a ceux qui sont appelés très, très souvent et donc qui vivent tout à fait comme quelqu'un qui aurait un poste de titulaire. Et puis, il y a ceux qui sont appelés une semaine par mois. Ça ne fait pas forcément un salaire à la fin du mois. Il y a une grosse précarité dans ce métier qui s'est énormément aggravée, comme dans beaucoup de milieux.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Les salaires n'ont pas augmenté avec les années. Au contraire, moi, je vois des fiches de postes parfois pour des postes de journalistes nationaux avec des salaires en dessous de 2 000 €. Moi, par exemple, quand j'ai commencé en local, j'ai été payée 1 400 et quelques. Quand on sort d'un bac +5 avec des concours hyper compétitifs, on se dit: OK. Je préfère être honnête là-dessus. Ça aussi, c'est de déconstruire les fantasmes liés à ce métier parce que c'est un métier qui est très critiqué, avec l'impression qu'on fait partie d'une sorte d'élite, etc. Ce n'est pas complètement faux. Il y avait des présentateurs qui gagne très bien leur vie, etc. Mais il y a aussi beaucoup de journalistes qui ont soit des salaires assez précaires, soit des salaires corrects, mais on ne fait pas ce métier pour être riches, globalement. C'est beaucoup un métier qu'on exerce à Paris, donc ce n'est pas toujours facile de se loger, etc. Il y a une certaine précarité. Je parlais de mes horaires, c'est des contraintes de vie. On peut ne pas avoir envie de se lever à 3h20 tous les matins, je peux l'entendre. Heureusement, tous les postes de journaliste n'ont pas ces horaires-là, mais je pense que c'est important de savoir quand on postule, etc, ce que ça implique, parce que typiquement, il y a des histoires de garde d'enfants ou de compagnons qu'on ne voit pas le soir parce qu'on se couche tôt.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Ça fait quand même partie du truc.
Wendy (Chance)
C'est C'est important de le savoir en amont aussi et merci pour ta transparence. On a une petite question de Gaëlle qui évoque les domaines de présélection. Tout à l'heure, en introduction, tu nous racontais plutôt que le concours pour accéder justement à ce métier-là, c'était assez généraliste. Qu'est-ce que tu peux nous dire par rapport à ça ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je sais qu'il y a des... Ça n'a pas été mon cas, donc je ne vais pas être très précise dans ma réponse, mais il y a des écoles dans lesquelles il y a des branches Une branche spécialisée, sciences, justement. Il y en a une. Je me demande si elle n'est pas à Lille, mais j'ai un doute. Il faudrait vérifier. Il y a des branches sports. Peut-être que ça existe que pour les sciences et les sports. J'espère que je ne dis pas de bêtises, mais où vraiment là, on va faire son parcours de journaliste avec cette spécialisation. Je pense que c'est génial quand on sait que c'est ça qu'on veut faire. Donc, est-ce qu'il vaut mieux être spécialiste et apprendre à devenir journaliste ? En fait, ça peut marcher dans les deux sens. Je pense qu'il y a pas de gens qui sont devenus journalistes alors qu'ils faisaient autre chose, par exemple, qui étaient dans l'enseignement avant et qui se sont mis à... Pour revenir sur les sciences, peut-être quelqu'un qui était enseignant ou chercheur et qui se met à travailler pour des publications scientifiques scientifique. Ça, je pense que ça existe. Le tout, c'est de savoir s'adapter au format, mais quand on est dans des domaines de sciences humaines ou de sciences, je pense qu'on peut réussir à le faire.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Et à l'inverse, ça peut marcher dans les deux sens. Moi, je vois beaucoup de qui sont fascinés par le sport et qui, peu à peu, se spécialisent en pigeon de plus en plus pour des rédactions sportives. Pardon, je réponds pas vraiment à la question. Je dis que les deux fonctionnent. En tout cas, c'est intéressant de regarder les spécialisations de certaines écoles, je sais que vraiment, il y en a qui ont des masters scientifiques ou sportifs. Je pense que ça peut être hyper intéressant.
Wendy (Chance)
Super. Merci beaucoup pour tes réponses. On arrive bientôt à la fin. Je ne sais pas s'il y a une ou deux autres questions qui restent. Par curiosité, comment toi, tu vois ta carrière évoluer ? Est-ce que tu as envie de rester justement dans cette radio-là ou est-ce que tu penses que tu peux évoluer dans un autre médium ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je ne sais pas du tout. Je ne sais pas du tout. On voit beaucoup de podcasts, etc, se créer, ça donne forcément envie, mais pareil, c'est un modèle économique qui n'est pas si simple non plus. Donc actuellement, moi, je suis bien là où je suis. Je pense que je suis à mon avis avec un enfant en bas âge, etc, où je n'ai pas envie de tout envoyer en boulet. Mais je me sens aussi en mesure d'un moment faire autre chose. Parce que l'avantage de ce métier, c'est que comme je le disais, on est assez généraliste, donc ça ne ferme pas vraiment de porte. Je te le disais lorsqu'on s'est appelé la première fois que j'avais fait le parcours chance parce qu'à un moment, j'avais un peu besoin de le point. Parce que mine de rien, ça fait quinze ans que je travaille. Donc au bout d'un moment, des fois, on perd un peu de vue ce pourquoi on est là. Et c'était rigolo parce que quand j'ai fait le parcours, Il y a des nouvelles choses qui en sont sorties, mais ça m'a aussi confirmé que j'avais fait un choix qui me correspondait. Donc c'était assez chouette.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Je me suis dit: OK, je ne sais pas quoi être confrontée.
Wendy (Chance)
Ok, donc là, tu parlais alignée.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Oui, ça paraît peut-être bizarre avec tout C'est ce que j'ai dit avant où j'ai l'air passionnée et tout, mais c'est vrai que quand on est dans le quotidien, des fois, on perd un peu de vue, ce qui nous anime, etc. Parce que moi, je fais des infos dans une radio musicale, je ne suis pas toujours... Disons que l'info n'est pas au cœur du média dans lequel je travaille, donc ça peut parfois peut-être me peser plus ou moins. Mais pourquoi pas ? Ça me rendrait triste de quitter complètement la radio, je pense. Donc pourquoi pas changer, mais je ne me vois pas complètement abandonnée Tu te sens pas enfermée et tu as une certaine liberté pour faire une révolution. Dans la mesure du possible, bien sûr, parce qu'il y a des petites contraintes matérielles.
Wendy (Chance)
Avant de conclure, Nicolas, une dernière question: est-ce que tu as déjà été confrontée, toi, à des pressions éditoriales, peut-être liées à des actionnaires dans les radios ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Non, pas du tout. Franchement, moi, je ne travaille pas dans une radio généraliste avec des plages d'infos énormes. Honnêtement, En deux minutes d'info, je n'ai pas le temps de... Non, franchement, ça ne m'est jamais arrivé. On a une certaine liberté. Je pense aussi que je ne me suis peut-être pas forcément retrouvée confrontée à des problématiques de la sorte. Mais non, je n'ai pas été confrontée à des pressions. Pas encore.
Wendy (Chance)
D'accord. Ok. Merci beaucoup pour tous tes partages. C'était hyper intéressant et je pense qu'on est tous d'accord sur ça. Est-ce que c'est possible peut-être d'échanger un peu plus avec toi sur LinkedIn, sur ton métier ?
Oriane Doro (Journaliste radio)
Avec plaisir.
Wendy (Chance)
Ok, donc pas de problème. Une radio musicale comme la tienne puisse C'est douce.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Oui, c'est douce. Il douce ses infos, je pense.
Wendy (Chance)
D'accord, pour les infos.
Oriane Doro (Journaliste radio)
On a le fil AFP. On a un abonnement en fil AFP, donc c'est toutes les dépêches de presse de l'agence France Presse qui nous arrivent chronologiquement. Et après, ça va être la presse.
Wendy (Chance)
Voilà, généraliste. Ok. Alors, on arrive malheureusement à la fin. Moi, je pense qu'on pourrait continuer encore, mais il va falloir conclure pour te libérer aussi, parce que ton temps est précieux. Je voulais vraiment te remercier pour toutes les informations que tu nous as partagées aujourd'hui. C'était hyper intéressant. J'espère que ça a pu renseigner certaines personnes qui nous regardent là. Merci aussi à tout le monde pour votre présence, vos réactions, vos questions et votre écoute. Si vous aussi, vous voulez apporter un petit coup de pouce professionnel à une personne qui en a besoin, Ou bien obtenir des informations, peut-être sur un métier, par exemple, vous pouvez aussi rejoindre la communauté et l'initiative 3 minutes pour les autres qu'on a lancé il y a quelques semaines chez Chance. C'est gratuit et vous allez voir, c'est assez puissant. Pour celles et ceux qui seraient intéressés, je vous mets le lien dans le chat et je prends le temps de te remercier encore, Auriane.
Oriane Doro (Journaliste radio)
Merci beaucoup, c'était très sympa.
Wendy (Chance)
Merci. Merci à tous. Merci à tout le monde. Au revoir.
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