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Charles-Antoine Crosnier, Les métiers qui recrutent" - Analyste financier

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Charlotte (Chance)

Je pense que nous sommes en ligne. Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce live métier du troisième jour de cette semaine de live métier en coulisses pour découvrir le métier d'analyste financier, innovation et notamment en cabinet de conseil avec toi, Charles-Antoine. Bonjour à toi et merci d'avoir d'avoir répondu un grand oui pour donner 30 minutes de ton temps pour les autres. C'est précieux. Bonjour à toutes celles et ceux qui nous rejoignent petit à petit. Je vois que vous êtes plusieurs à commencer à vous connecter. Le but de ce live est qu'il soit le plus interactif possible. Donc, n'hésitez surtout pas à poser toutes vos questions dans le chat, notamment. Je tenterai de les poser à Charmant Antoine, au fur et à mesure de sa prise de parole. Donc vraiment, n'hésitez surtout pas. Bienvenue à toutes. Bonjour Anne, Adélaïde, Cécile, Nicolas. Bonjour à toutes et à tous et bonjour aux personnes qui se connectent aussi. Peut-être pour remettre un petit peu de contexte avant de te donner la parole, Charles-Antoine, mais pour celles et ceux qui ne connaissent pas Chance, on est une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour permettre à chacun, chacune, quel que soit son passé, de trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société.

Charlotte (Chance)

Et on a pour ça conçu plusieurs programmes d'accompagnement et d'aide au recrutement. On est le programme, je dirais, qui est le plus connu et que peut-être certains, certaines connaissent, c'est le fameux bilan de compétences pour pouvoir faire un point sur sa vie professionnelle et sur la direction qu'on veut lui donner. La communauté d'entraide a aussi très récemment, et Charles-Antoine en en parlait tous les deux juste avant, lancé une initiative qui s'appelle 3 Minutes pour les Autres. Il y a d'ailleurs peut-être parmi les participants, participantes des gens qui sont déjà membres de cette communauté. Mais c'est une initiative qui est altruiste, gratuite et ouverte à tous et toutes. Et le principe est très simple: vous recevez chaque semaine une liste de dix personnes que vous pourrez peut-être aider et à qui vous peut-être donner un coup de pouce professionnel dans le cadre de son cheminement professionnel. Cette initiative, elle marche dans les deux sens, à la fois aider et être aidé si vous avez un besoin. Le live métier qu'on s'apprête justement à vivre, c'est justement de l'entraide. Donc, merci Charles-Antoine. Tu as accepté bénévolement de venir parler, raconter ton métier pendant 30 minutes et justement répondre aux questions des participants et des participantes.

Charlotte (Chance)

Donc, merci encore. Et on a choisi justement cette édition spéciale, sur cette édition spéciale, justement, de donner la priorité à des métiers en forte demande et qui recrutent aussi particulièrement. Donc, il y a de vraies opportunités d'emplois, de métiers à la clé. Et d'ailleurs, si vous êtes justement intéressés pour postuler sur ce type de métier, vous pourrez bien sûr nous contacter à l'issue de ce live. Bienvenue à toutes les personnes qui nous ont rejoints au cours de cette introduction. Bonjour Marie, Julie, Eva, Anne, Laurence et Katharina aussi. Je pense que je vais pouvoir te donner la parole, Charles-Antoine, et Est-ce que tu peux t'introduire, te présenter, nous parler peut-être de ton parcours et de ce qui fait qu'aujourd'hui, tu occupes ce métier, entre autres ?

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Merci Charlotte. Je vais essayer d'être concis en 30 minutes, comme on s'était dit juste avant, ça peut passer très vite. Alors, je me présente à toutes et à tous. Moi, c'est Charles-Antoine. Aujourd'hui, je dirige un cabinet qui s'appelle Troisi Financement. Troisi, on existe depuis 10 ans. Je fais rapidement cette parenthèse, et on accompagne les sociétés pour trouver des financements, pour qu'elles sachent à quoi elles ont le droit dans le panel énorme de ce qui existe en France, de typologies de financement entre les financements publics, des régions, de BPI, de l'Europe, ce que peuvent faire les banques, etc. Donc, on aide les sociétés à naviguer dans cette jungle et de les aider à obtenir ce qu'elles ont le droit d'obtenir par rapport à leur historique, leur projet et ce qu'elles ont envie de créer. Je suis tombé Je me suis choisi il y a bientôt cinq ans sur un parcours qui n'était pas prévu. C'est un peu la magie de la vie où on ne sait pas ce qu'on va faire demain. Et à l'origine, quand j'ai fini mes études, moi, je suis allé dans la communication. J'étais chef de projet en de com, donc rien à voir avec ce que je fais aujourd'hui.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Et puis, j'ai eu envie d'entreprendre. Je me suis mis avec des amis et on a créé une première société qui était loin d'être un succès, mais de toute façon, il faut essayer et on apprend beaucoup par l'échec. On s'est lancé dans la maroquinerie. Ça a duré son temps. Je suis allé au bout de ce que je pouvais faire sur ce projet-là, financièrement, humainement, sans briser les liens d'amitié avec mes associés, ce qui était hyper important. Et la production en France, c'était quelque qui nous tenait à cœur, mais ça a été hyper compliqué. On a mal géré sur tout. Comment construire un produit avec des prix qui soient cohérents par rapport à la revente, ce genre de choses. Comme on n'y arrivait pas, j'ai été hôte d'accueil à mi-temps, j'ai été intermittent du spectacle pour arranger mes fins de mois, donc j'ai un peu tout tenté. Et puis, il est arrivé un moment de vie où je me suis engagé personnellement. Je me suis marié, donc je me suis dit: Il faut que je me réinvente. Et donc, je me suis lancé dans la finance, mais en ayant juste la connaissance d'avoir sur une société que je n'avais pas forcément réussie, le lien avec mon banquier, avec mes fournisseurs, etc.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Donc, je me suis dit: Autant continuer à la prendre. Pourquoi est-ce que la banque nous a suivi au début, pas après ? Qu'est-ce qui peut faire que je peux apprendre des nouvelles choses. Et c'était très, très facile de rentrer en banque. Ce n'est pas le propos du jour, mais je vais juste vous dire que les banques recrutent beaucoup. C'est une super école où vous pouvez apprendre plein de choses. Donc, je suis rentré en banque. Côté entreprise, parce que c'était plus en corrélation avec ce que j'avais commis. Mais il y a énormément de métiers pour les particuliers, pour plein de choses. Et ça s'est super bien passé. Super école où je suis resté six ans sur deux établissements différents, sur des missions très différentes au sein de la banque. Mais en fait, à force de bosser avec les boites, à force de bosser avec un cabinet qui s'appelait Troisi, j'ai eu l'opportunité de les rejoindre, de créer les métiers des financements privés. Donc ça veut dire aller chercher auprès des banques des financements pour les boites, pour le cabinet. C'était une équipe de deux personnes. Aujourd'hui, on est une quinzaine de personnes sur cette verticale. Et ensuite de monter et de prendre la direction de toute la boite.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

C'est un parcours que je n'avais absolument pas prévu à aucun moment, mais finalement, il faut prendre les opportunités, faire confiance aux gens qui nous les proposent. Évidemment, pas dire oui à tout en fermant les yeux, mais en se construisant. Et en fait, j'ai découvert un métier qui était complètement différent parce que côté bancaire, on reçoit des dossiers, on les juge, donc on est capable d'analyser et de comprendre pourquoi est-ce que la banque, avec toute la schizophrénie, et ce que j'aime chez les banques, est-ce que la banque, c'est en même temps une appétence commerciale de vouloir réaliser des chiffres, mais en même temps, une aversion au risque est totale. Donc en même temps, le pied sur l'accélérateur et le pied sur le frein. Et c'est toujours un peu une frustration de se dire: On a envie d'y aller, mais on ne peut pas y aller. On recule, on avance, on recule en avance. C'est un tango financier. Et quand je suis passé de l'autre côté de la barrière, donc côté conseil, on ne juge pas un dossier. On a une vision où on essaye de trouver les solutions dans les différents scénarios de développement d'une société pour rendre le dossier et créer un dossier qui est crédible.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Donc, on monte un dossier, plutôt qu'on l'analyse. Donc, c'était vraiment quelque chose qui était très différent. Ça met en avant un peu des qualités qui sont quand même très connexes. Il faut être hyper curieux. Il faut avoir envie de rencontrer des projets très différents. Et d'être assez réactif dans le sens où on rencontre un projet et on se fait ses convictions. Pas des convictions sur la valeur, on va dire, intrinsèque du projet. Est-ce qu'elle est pertinente pour la société, etc. ? Ça, c'est très personnel et ça nous donne plus de d'un projet à l'autre. Mais c'est de se dire: Est-ce qu'avec les éléments qu'on voit, il y a une histoire à raconter, une histoire financière à raconter pour donner une viabilité au projet, qu'elle obtienne des financements avec évidemment toutes les réalités que vont nous donner les porteurs de projets ? Déjà, on a la chance de rencontrer des personnes qui sont animées et hyper intéressantes. J'ai la chance dans mon métier de rencontrer toujours plein de personnes différentes, depuis que je suis chez Troisi et même en banque avant, qui sont convaincus de ce qu'ils font et qui transmettent leur passion. Et ça, ça donne une super motivation pour se lever le matin.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Et donc, on raconte une histoire. Et là où le métier a toujours une importance hyper forte aujourd'hui, malgré que la boite a 10 ans aujourd'hui, c'est que Les typologies de financement évoluent chaque année. On est dans un univers hyper réglementé. La France adore la réglementation. L'europe adore la réglementation. Donc, tout est hyper codifié pour savoir qui a le droit à quelle typologie de produits, mais à quel selon une nomenclature produit qui évolue énormément, des critères d'éligibilité qui changent d'une année sur l'autre, des budgets qui évoluent d'une année sur l'autre. Donc, finalement, c'est un métier sur des bases qui sont très rigides, mais très vivantes. On est obligé de les suivre et on doit s'adapter en permanence pour créer de la valeur ajoutée. Et même si on est challengé aujourd'hui par la technologie, il y a l'IA, on pourrait se dire Tiens, un dossier de financement, on pourrait demander à l'intelligence artificielle de le produire. Ça répond en partie à la de se dire, par exemple, présenter à Charlotte ton CV. Je demande à l'IA, il va aller piocher sur Internet des informations sur toi et ça va présenter ton CV. Mais par contre, il y a toute une part du projet qui est portée, de mobilisations financières que l'IA aujourd'hui n'est pas capable de faire et d'humains.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Le financeur, c'est un humain, il a envie de croire en un projet. Et donc de faire le lien entre le projet, le financeur et les différentes parties prenantes, ça, ça ne peut pas être remplacé par de l'intelligence artificielle. Et on est un animateur chef d'orchestre sur énormément de sujets et c'est ça qui est passionnant.

Charlotte (Chance)

Génial. Et justement, c'est chouette que tu fasses le parallèle avec l'IA, parce que je pense que c'est une question très actuelle. Donc peut-être que je te l'adresse parce que je trouve ça très intéressant. Tu en as un tout petit peu parlé, mais pour toi, du coup, quelles seraient potentiellement les évolutions en cours ou à venir sur ce métier ? Tu l'as dit, tu fais aujourd'hui beaucoup de choses. Tu n'es plus un analyste financier vraiment dans ton quotidien. C'est un métier que tu as fait, que tu as su faire pendant des années, mais aujourd'hui, tu as pris en tout cas d'autres responsabilités chez Troisi. Mais peut-être sur ce métier-là, que tu connais parfaitement et qui intéresse, je pense aussi aujourd'hui, les personnes qui participent à ce live, quelles seraient peut-être les évolutions que tu verrais, toi, en cours ou alors à venir, de l'IA sur ce métier ? Tu en as un petit peu parlé, mais est-ce que tu vois des choses ?

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

En fait, il ne faut pas voir l'IA comme un concurrent. Il faut voir l'IA comme un outil sur lequel on peut s'appuyer pour avoir une plus forte valeur ajoutée là où lui ne peut pas intervenir. Lorsqu'on est analyste, on reçoit une mise en relation avec un client, avec un prospect qu'on accompagne. Il a un rôle très précis, l'analyste, c'est qu'il va se dire: Je suis responsable de la production de la partie... Ça peut être segmenté sur un typologie de financement, la partie du financement bancaire. C'est moi qui vais porter la modélisation du prévisionnel financier de cette société, expliquer les hypothèses, expliquer l'historique de la société, comment ça s'est passé. Ça veut dire une lecture passée, présente et future financière de la société, avec une modélisation qu'on fait sous format Excel, parce que c'est ce qui est utilisé à date par les financeurs dans le cadre de leur analyse. Demain, ça sera peut-être un autre outil, on ne sait pas, mais ça, il faudra être assez agile pour se développer. Et à côté de ça, il y a une partie rédactionnelle qui présente le dossier dans dans tout ça en 360 sur qui porte le projet, l'équipe est hyper importante, quel est l'historique et la genèse de la stratégie du projet, qu'est-ce qu'ils ont déjà fait, pas fait, dans leur technologie, dans leur approche métier, dans leur différence par rapport à la concurrence.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

C'est vraiment une histoire qu'on raconte. Et ensuite, il y a une partie analyse financière du passé, analyse, explication du prévisionnel par des mots et une partie sur le financement lui-même, à quoi il va servir, etc. Pourquoi c'est compartimenté comme ça ? On ne l'a pas inventé. C'est comme ça que les financeurs analysent un projet. Ils veulent comprendre qui le porte, qu'est-ce qui a déjà été fait, qu'est-ce qui est en train d'être fait et qu'est-ce qu'ils vont vouloir faire. Et de la même manière, ils veulent une retranscription sur la partie financière. L'ia, dans tout ça, la manière dont fonctionne l'IA, c'est que c'est une intelligence artificielle qui se base sur une base de données publiques ou privées pour en retranscrire des informations. Soit les simplifier, les ou les compléter avec d'autres sources d'informations. Lorsqu'on reçoit des informations par nos clients, évidemment, soit on part de zéro parce que rien n'a été créé, la société est en création et on a la genèse, soit il y a une documentation qui est hyper riche. L'ia peut servir de différentes manières et c'est une montée en puissance sur les 12, 18 mois pour nos analyses sur plein de choses. Ça veut dire que l'IA va les aider, par exemple, quand on reçoit une cinquantaine de documents, à synthétiser certains documents, parce qu'on utilise l'IA pour en extraire les informations pertinentes.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Ça veut dire que dans la phase de compréhension de la société, pour être le plus pertinent possible dans les questions qui vont être posées au client, l'IA permet d'aller plus vite, finalement, dans le côté un peu archéologue de comprendre certaines de certaines données. Ça permet aussi un travail de reformulation, parce qu'on sait très bien que quand on écrit sur un sujet, on va chercher à droite, à gauche des informations, on les compile. Ça permet aussi de synthétiser cette information pour être plus pertinent, de retravailler la forme pour être plus en adéquation avec l'ADN de la société. D'une société à l'autre, on ne porte pas exactement le même sujet de la même manière. Et ça, c'est important de pouvoir s'y habituer. Et l'exemple que je te donnais qui est hyper pertinent, quand on présente une équipe, un CV, on ne va pas le réinventer. Si on peut aller plus vite là-dessus, ce n'est pas là où on a de la valeur ajoutée. Par contre, l'analyste ne change pas quelque chose. La lecture de pure données financières par l'IA, aujourd'hui, elle n'est pas au point. On charge une liasse fiscale d'une analyse par l'IA. Il va pouvoir associer une donnée type produits d'exploitation avec un chiffre.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Il va juste dire le produit d'exploitation est de 133 000 €. C'est un exemple. Par contre, il Il ne va pas aller dans comment on explique ce chiffre parce qu'il n'a pas la logique comptable à date. Donc déjà, sur tout ce qui est analyse de l'historique financier, sachant qu'en plus, il y a des données qui ne sont pas exploitables directement en lecture de liasse, il faut être capable de justement creuser, échanger avec un expert comptable, avec le directeur financier de la société, etc, pour comprendre l'historique. Il peut y avoir eu, par exemple, une sortie d'un associé en cours de route, ça ne paraît pas sur une liasse, mais par contre, il y a des mouvements et des flux financiers qui sont étranges, donc il faut quand même à peu près les interpréter. Et puis, toute la partie prévisionnelle. Finalement, comme c'est nous, avec l'aide de la société, qui traçons par des hypothèses la ligne de crête de développement de la société. Pourquoi je parle d'une ligne de crête ? Parce qu'il peut y avoir, entre aujourd'hui et dans un, deux, trois ans, généralement, c'est le temps de modélisation d'un prévisionnel, des centaines et des centaines de scénarios différents d'évolution.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

À nous de choisir le scénario qui est crédible par rapport à l'historique, qui est crédible par rapport à leur stratégie, qui explique comment ils vont se développer. Donc, ce scénario, nous, on le modélise et on doit l'expliquer. Et ça, vu que c'est quelque chose qui sort de nos cerveaux, qui sort du cerveau de l'analyste, l'IA ne peut pas encore performer sur ces sujets-là. Et tout ce qui, de façon Même s'il y a un jour un remonte en compétence sur la partie financière, ça ne change pas qu'il faudra être capable de déterminer les hypothèses, comprendre les logiques d'interaction. Et donc l'analyse financier sera toujours indispensable pour finalement passer du côté pure modélisateur à finalement quasiment un directeur de projet informatique qui crée un prompt pour justement l'opérer. Donc, ce serait une évolution dans le métier, mais il sera quand même nécessaire.

Charlotte (Chance)

Merci beaucoup, Charles-Antoine. C'était très détaillé. Merci beaucoup. Je vais revenir. On parle un petit peu quand même, justement, dans la réponse que tu nous as apportée par rapport à l'IA. Tu mentionnes quand même qu'il y a quelques grandes missions, peut-être, de ce métier, de la réalité du métier d'analyste financier qui ressort de ce que tu nous partages. Il n'y a pas vraiment de journée type, je pense. Ça n'existe pas vraiment. En tout cas, c'est assez dur. Est-ce que tu aurais peut-être un petit peu des grandes missions qu'on pourrait revoir avec toi sur ce métier ? Je pense peut-être aux personnes qui souhaitent se diriger vers ce métier, qui font ce métier peut-être, mais peut-être dans une autre structure qu'un cabinet de conseil. En fait, c'est quoi être analyste financier ? C'est le quotidien d'un analyste financier ? Et notamment, du coup, dans une structure qui est un cabinet de conseil et à quel point c'est différent de faire ce métier dans un cabinet de conseil, vs peut-être en entreprise, d'avoir ton expertise sur la réalité de ce métier et sa spécificité dans une structure comme le cabinet de conseil.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Il faut savoir que le job d'analyste financier, je pense qu'il existe depuis qu'il y a des réalités de fonctions financières avec les banques à Moyen Âge, Renaissance, etc. Quand c'était des clair, il y a une évolution avec les outils, le développement économique, etc. Mais pour moi, il existera toujours dans le sens où que ça soit dans un cabinet de conseil. La différence avec un cabinet de conseil et une analyse qui est à temps plein dans une entreprise, c'est que... La structuration de l'entreprise, évidemment, mais c'est que sur nous, nos missions, on peut considérer ça que c'est des sprints. C'est-à-dire qu'on reçoit une mission, l'analyste financier est en charge de cette mission. Il peut en avoir trois, quatre, cinq, peut-être plus en fonction des typologies de dossiers en parallèle. Et son but, c'est d'organiser une sorte de séquençage en fonction des informations qu'il reçoit, parce que tout n'arrive pas forcément en même temps en fonction de l'organisation de notre client, de ses bases de données, quand est-ce qu'il communique, et de certains événements de vie. Mais il organise des sprints. Sur cette semaine, j'ai quatre dossiers à sortir, je m'organise pour faire telle partie, tel jour.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Et certains analyses sont tout à fait en capacité de mener, tronquer plusieurs projets en parallèle en avançant en segmentant leur journée. D'autres vont se focaliser une journée sur un dossier parce qu'ils sont plus dans une approche tête dans le guidon. Je veux être pas dérangé et je me focalise dessus. Sachant qu'il y a En fonction de la séniorité de l'analyse, certains sont directement en rapport avec le client pour justement interagir, obtenir les informations. Et sur des profils plus juniors, finalement, ils ont un manager ou un animateur sur le sujet qui fait l'intermédiaire entre le client, certaines fonctions dans notre cabinet et l'analyste. Donc, je pense que par la séniorité, déjà, le job évolue énormément en termes d'autonomie et en typologie de projet, complexité des dossiers, etc. Je ne vais pas rentrer dans les détails de financement, mais c'est hyper vaste. À cause de ça, si je compare un job dans une société, il faut comprendre que si on est, par exemple, nous, on a des personnes qui ont été chez nous, qui sont passées en société, sur des jobs variés: directeur financier, responsable financier, etc. C'est des évolutions sur des métiers de management, généralement. Mais les personnes qu'ils ont sous leur ombrelle au sein des sociétés, C'est de la collecte de données en interne, au continu.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

C'est plus connexe avec du contrôle de gestion, parce que l' but est de bien être en phase avec où en est la société au long cours, c'est-à-dire tous les jours un petit peu collecter, pouvoir faire des points d'étape et tracer des évolutions. Alors que le métier en cabinet sur nos métiers, c'est de prendre la société à un instant T, être capable d'agréger tout un historique pour en faire quelque chose de réel par rapport à ce qui s'est passé et de tracer des perspectives. Mais on ne va pas le faire une semaine après, deux semaines après, un mois après, etc. C'est un moment T pour aller chercher un financement, contrairement à un analyste qui suit une société au long cours dans le temps et trace son évolution. Donc, moins de diversité sur les typologies de business models, projets, etc. Par contre, ils vont plus profondément dans le quotidien de la société, sur des enjeux qui peuvent aller de la gestion de la paie à énormément de choses. C'est tout ce qui drive la finance d'une société. Donc, c'est très différent. Et je pense que naviguer entre les deux est tout à fait possible. Il faut juste être conscient qu'aujourd'hui, il y a un des prérequis pour être sur ces métiers-là, c'est d'avoir une certaine habilité, être assez à l'aise sur la lecture financière des documents d'une société et être à l'aise sur Excel parce qu'être capable de modéliser des hypothèses plus ou moins complexes.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Évidemment, il y a une courbe de compétition Cette compétence et de maturité sur ce sujet-là qui est hyper importante. Nous, on a un programme de formation d'au moins 30 modules quand quelqu'un arrive chez nous. Ces premières semaines, elles sont denses dans l'apprentissage. Je pense que les gens viennent avec la tête comme ça. Et ensuite, il y a une courbe d'apprentissage opérationnelle. Mais je pense que c'est indispensable. Moi, je pense que je suis devenu hyper rouillé sur plein de sujets en Excel, en modélisation, parce que je ne le fais plus et que ça fait partie de ces métiers où on est bon et opérationnel parce qu'on a les mains Merci beaucoup et merci Charles-Antoine d'avoir fait le lien avec les compétences, parce que je pense que c'est essentiel.

Charlotte (Chance)

Et d'ailleurs, tu as une question d'Eva qui te demande, tu en as un petit peu parlé, mais est-ce qu'il y a des parcours professionnels ou académiques, certifications incluses, qui sont ou qui seraient plus valorisés pour le recrutement, justement, à ce type de poste ?

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Nous, on a des analyses qui, pendant leur pendant leur travail chez nous, font des certifications comptables. En fait, ils se servent de ce qu'ils font chez nous pour se créer un parcours plus tard. Par contre, nous, en pur recrutement, on prend des profils qui sont soit... Alors, on recrute chaque année entre 5 et 10 personnes. Une grosse majorité de ces personnes qui recrutent, c'est parce qu'ils ont fait un stage de fin d'études chez nous et on les a formés. Et d'autres personnes qui recrutent, c'est parce qu'ils ont évolué sur des fonctions à peu près similaires au sein d'un établissement bancaire, d'un autre typologie de cabinet. Il y a tout ce qui est CCI, les chambres de commerce et d'industrie, où ils ont également des analystes qui travaillent sur les dossiers. On a les incubateurs qui travaillent sur des dossiers, qui voient des sociétés et des modélisations. Donc, je pense qu'il y a un panel de différents employeurs possibles sur ce métier qui est assez vaste: du financeur public, privé, conseil, accompagnement public, etc. Où on retrouve cette typologie de personne qui, finalement, est capable de synthétiser de l'information et de modéliser une nouvelle information. Le but, quand on rencontre quelqu'un, c'est soit par son parcours académique, il s'est fait une spécialisation financière, mais ce n'est pas un prérequis.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

C'est plus, finalement, limite sur des tests où... Alors, ce n'est pas qu'on est vicieux, mais lors des tests, on envoie Je ne devrais pas le dire d'ailleurs, mais des liasses avec des erreurs et on voit si la personne arrive à identifier des erreurs qui sont assez grosses, mais déjà, s'il a la curiosité, comment il les interprète, etc. Finalement, c'est un espèce de parcours de: Est-ce que tu es curieux ? Est-ce que tu sais lire de la formation financière par une expérience précédente ou quoi que ce soit ? Et on se fait une conviction. Et ensuite, comme on est un cabinet à taille humaine, on est un peu moins de 80 personnes, le fit humain sur nos métiers est hyper important parce qu'on travaille en équipe. Ce n'est jamais un travail seul. Un analyste, il va travailler, par exemple, comme on est très porté sur l'innovation côté 3i, il va travailler avec ce qu'on appelle des ingénieurs tech, des personnes qui ont eu un parcours académique ou d'expérience professionnelle, plus de type ingénieur, de la technique, etc, parce qu'on crée des roadmaps techniques pour nos clients pour les faire financer. Et finalement, il y a la partie technique, il y a la partie financière, ils doivent savoir travailler ensemble.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

À côté de ça, il y a des personnes qui sont plus portées sur l'animation commerciale écosystème, ils doivent travailler ensemble. Donc c'est hyper important qu'il y ait un lien de confiance et d'échanges qui se fassent au quotidien. Je Je sais que la partie expertise, c'est une étape de validation, mais elle ne passera jamais, peu importe la technicité de la personne, si le côté fit ne passe pas. Et ce n'est pas les mêmes personnes qui font les évaluations. Donc c'est connexe. Le l'humain et l'expertise est connexe.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup pour ta réponse. J'espère que ça répond à votre question, Eva. Tu as une double question de la part de Romain, qui te dit: Au final, être analyste financier, c'est de concevoir avoir des prévisionnels, CA, compte d'exploitation, trésorerie, et d'être en mesure de l'expliquer pour qu'il soit applicable. C'est une question, affirmation, question.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Tu peux apprécier. Oui, c'est une grosse partie du métier. Ensuite, on a plein de fils rouges sur plein de C'est un sujet chez Troisi, parce qu'on est une société qui a 10 ans, qui continue à se développer. Mais une grosse base du métier, c'est d'être capable de prendre un projet, de le comprendre et d'en créer des prévisionnels qui permettent d'obtenir du financement. Une partie de comment on obtient des financements, mais la partie d'analyse fille, oui, c'est ça. C'est créer un prévisionnel qui soit crédible en respectant l'historique et que les modélisations futures soient tangibles. Super.

Charlotte (Chance)

Merci. Et du coup, autre question. Chez Troisi, est-ce que vous travaillez en partenariat avec un cabinet comptable en transversal ? En fait, généralement, notre client a un comptable.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

On a plusieurs manières de travailler avec ce part comptable. Notre client a un comptable. Le client peut se reposer sur le comptable pour nous transmettre des informations, l'historique des liasses, etc. Un arrêté comptable potentiellement au milieu d'année, parce que c'est important de l'avoir pour avoir une photo tangible et réelle de là où on est la société. Ça dépend des sociétés de leur maturité du moment de l'année, mais ça peut être demandé. Et à côté de ça, on travaille avec des experts comptables parce que notre métier, ce qu'on fait, est hyper complémentaire à leur mission. Et il y a certains experts comptables qui vont donner des conseils pour obtenir du financement à leurs clients, mais finalement, ce n'est pas vraiment leur cœur de mission et c'est très chronophage comme métier. Donc, généralement, ils sont assez contents de nous recommander pour qu'on aide leurs clients. Nous, on leur recommande des clients lorsque c'est comme tout, comme une banque, n'importe quoi, soit parce que j'ai vraiment besoin d'un partenaire qui me comprenne, soit parce que j'ai besoin de mon partenaire actuel n'est pas dimensionné par rapport à là où j'en suis. Et donc, en expertise, selon l'activité, il y a des expertises très précises que des cabinets d'expertises comptables ou n'ont pas.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Et nous, on fait des recommandations, ils nous font des recommandations. Donc, il faut se considérer que chacun ait une brique dans l'écosystème et qu'on travaille ensemble.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup. J'espère que ça répond à votre question, Romain, et je crois que oui. Il est déjà 10h59. Je viens de jeter un coup d'œil au timing. Ça passe très vite. Peut-être avant de conclure et en guise de conclusion, est-ce que tu aurais des conseils pour des gens qui souhaitent postuler à ce métier en cabinet de conseil ou peut-être en entreprise ? Quelles sont les meilleures façons pour rechercher un job ? Est-ce que tu conseilles des choses là-dessus ?

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Si on a la possibilité, dans le monde du financement, de commencer par un stage, c'est là où c'est le plus simple, parce que ça fonctionne énormément en silo. Quand on parle du financement, par exemple, quand on est en hausse bilan, ceux qui lèvent des fonds, soit des leveurs de fonds, soit des fonds d'investissement, ils adorent prendre sur des stages parce que quand on est à En ce moment de notre vie, finalement, on est très malléable pour rentrer dans le moule et les méthodes et l'ADN d'une société. Néanmoins, je pense qu'il faut savoir recruter sur des stages et en même temps faire du recrutement externe, parce que c'est l'ajout de compétences qui viennent de l'extérieur, qui permet à la société de grandir et ne pas rester sur son même modèle et ne pas se remettre en question. Donc, c'est soit voir là où il y a des portes d'entrée qui sont plus ou moins faciles. À nouveau, je le répète, moi, quand j'ai dû me réinventer, je suis allé sur un métier qui recrutait énormément et qui recrute toujours énormément. C'est la banque. Ça peut être une bonne porte d'entrée pour se faire une première expérience, pour passer l'écueil de ces cabinets comme le nôtre, qui peuvent demander un certain nombre d'années ou une première expérience dans le domaine pour être sélectionnés pour directement rentrer en CDI.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

La banque, ayant des besoins forts et ayant une structure beaucoup plus grande pour former des personnes qui n'ont pas de premières expériences, ça peut être se dire: Je fais 12, 24 ou même une vie dans la banque parce qu'il peut y avoir des parcours et hyper formateur. Moi, je suis défenseur de ça parce que je l'ai vécu et ça m'a donné une vraie opportunité dont je profite aujourd'hui. Donc, je trouve que c'est intéressant de se dire: La banque, à l'extérieur, n'a jamais une très bonne réputation et pourtant, il y a énormément de choses à faire. Et on peut aller dans tous les métiers de la banque, c'est une société à part entière.

Charlotte (Chance)

Génial. Je pense que c'est un très bon conseil. Peut-être que ça aiguillera en tout cas les personnes qui nous écoutent aujourd'hui. Merci mille fois, Charles-Antoine, pour ton temps, vraiment. Merci pour ces 30 minutes qui sont précieuses pour les personnes, justement, qui nous écoutent. Et je crois qu'on te remercie dans le chat. Et peut-être pour conclure rapidement, si certains, certaines ont un projet professionnel qui est clair, que vous recherchez peut-être du travail ou peut-être pas encore, mais que vous êtes à l'écoute du marché, n'hésitez pas à vous inscrire sur Chance recrutement, justement, simplement pour recevoir des offres ciblées, alignées avec vos envies et priorités professionnelles. Je vous mets le lien dans le tchat et je vous remercie encore pour votre présence. À toutes et à tous. Merci encore, Charles-Antoine. Merci Charles. Bonne semaine, bonne journée aussi. C'était un plaisir de la presque démarrer, enfin, depuis trois heures, mais avec toi. Merci à tous.

Charles-Antoine Crosnier (Analyste financier)

Très bien.

Charlotte (Chance)

Merci tout le monde. Au revoir, à bientôt.

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