Sommaire

Beatriz Mozun Hessel, Les métiers qui recrutent" - Cadre de santé

Vidéo Youtube

Transcription complète

Charlotte (Chance)

Je crois que nous sommes en live. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Béatrice. Bonjour. Bienvenue à toutes les personnes qui nous rejoignent petit à petit. Je crois que certains, certaines étaient déjà connectées et d'autres nous rejoignent. Bonjour, bienvenue à toutes et à tous pour ce live métier en coulisse pour découvrir le métier de cadre de santé avec Béatrice. Bonjour à vous. Merci, un grand merci encore d'avoir répondu un grand oui pour donner 30 minutes de votre temps pour aider les autres aujourd'hui. À toutes les personnes qui sont connectées ce midi, le but de ce live est qu'il soit le plus interactif possible. Alors n'hésitez surtout pas à poser toutes vos questions dans le chat. Je me chargerai de les poser justement à notre invitée Béatrice. Donc vraiment, n'hésitez pas si vous avez la moindre question. Le but, c'est que ce soit un véritable échange. Donc vous avez le chat pour nous écrire, donc n'hésitez pas. Peut-être aussi rapidement, avant de vous donner la parole Béatrice, peut-être pour celles et ceux qui ne connaissent pas Chance, nous sommes une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour permettre à chacun, chacune, quel que soit son passé, de trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société.

Charlotte (Chance)

Et pour ça, on a plusieurs programmes d'accompagnement et d'aide au recrutement. Le plus connu, peut-être que certains, certaines le suivent ou l'ont déjà suivi, c'est le bilan de compétences qui sert à faire un point sur sa vie professionnelle ou en tout cas, la direction qu'on souhaite lui donner. Et la communauté d'entraide professionnelle, elle a aussi récemment lancé une initiative qui s'appelle 3 Minutes Pour Les Autes, qui est une initiative altruiste d'entraide gratuite et ouverte à toutes et tous. En fait, le principe est très simple: quand vous rejoignez cette communauté d'entraide, vous des profils, des demandes d'aide de personnes qui ont besoin d'un coup de pouce professionnel tous les jeudis matins. Et vous êtes libre, si vous le souhaitez, d'aider ces personnes. Et ça marche dans les deux sens. À partir du moment où vous êtes membre de cette communauté, vous pouvez à la fois aider des personnes, mais aussi demander de l'aide si vous en avez besoin. Et le live, justement, métier qu'on s'apprête à vivre, c'est de l'entraide. Béatrice qui a, de façon très généreuse, accepté bénévolement de de donner 30 minutes de son temps pour vous présenter la réalité de son métier et répondre à vos questions.

Charlotte (Chance)

Et on a choisi, justement, sur cette édition spéciale, de donner la parole au métier en forte demande et donc pour lesquels il y a de quelles opportunités d'emploi à la clé. Donc, si vous êtes surtout intéressés pour postuler sur ce type de métier, n'hésitez pas à nous écrire aussi dans le chat. Voilà, je pense que c'est à peu près tout pour introduire. Chère Béatrice, je vous donne la parole. Si vous pouvez peut-être commencer par vous présenter, nous parler de votre parcours et de ce qui a fait, en tout cas, que vous êtes arrivé à ce métier de cadre de santé. Merci beaucoup.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Bonjour à tous. Moi, je suis Béatrice Monzune. Je suis cadre de santé aujourd'hui dans un établissement, un ESPIC, pour ceux qui connaissent. Un ESPIC, c'est un établissement privé mais à but non lucratif. Moi, à la base, je suis diététicienne et puis je fais une formation d'infirmière il y a très longtemps. Je travaillais dans différents hôpitaux, que ce soit dans le système public, privé ou privé à but non lucratif. Et pendant, je crois, une dizaine d'années, j'ai changé de service. J'ai travaillé dans des services d'oncologie, de médecine, de chirurgie, puis au Bloc opératoire, salle de réveil. Et à un moment donné, l'occasion s'est présentée d'être infirmière différente au Bloc opératoire. Donc, de fil en aiguille, on commence un peu à connaître un autre côté du métier, c'est ce côté organisationnel. Je travaillais énormément avec la cadre de santé à l'époque et la situation a fait qu'on m'a proposé le poste de faisant fonction de cadre. Dans la plupart des établissements, peut-être qu'on en parlera tout à l'heure, il y a un certain temps où on fait faisant fonction cadre. Je fais fonction de cadre de santé pendant à peu près, je crois, deux ans et j'ai demandé à aller à l'école qui s'appelle l'IFCS, l'Institut de formation des cadres de santé.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Il y a un concours. Moi, je suis en Île-de-France. En Île-de-France, il y a cinq écoles différentes. Il faut passer cinq les concours différents. Et une fois qu'on a ces concours, on choisit l'école. Si on est admis, on choisit l'école où on veut aller. Normalement, ce sont des écoles où on apprend le management. On est en dehors de notre temps de travail la plupart du temps et on fait un master en même temps. Et après, on revient sur le terrain pour gérer quelques services. Je suis partie à l'école des cadres. J'ai fait cette école des cadres avec... Moi, j'avais choisi un master sur l'économie de la santé. C'était Paris Dauphine. Et suite à ça, quand je suis revenue à l'hôpital où j'ai travaillé, on m'a changé de service. Donc, je partais du bloc opératoire et je suis partie à la réanimation. Donc, prise en charge du poste de cadre de santé en réanimation. Puis, je suis restée un peu plus de deux ans en réanimation et il y avait un autre service qui était en difficulté, qui était le service de consultation externe, l'endoscopie. Donc, je suis partie à ce moment-là pour ce service-là. Depuis quatre ans, je gère toutes les consultations de l'hôpital, l'endoscopie bronchique, digestive, urologie, cardio et le plateau technique de cardiologie.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Il y a deux ans, j'ai refait un autre master, un master 2, qui s'appelle un master en legement des organisations soignantes, qui est un peu, après, l'objectif de faire un master 2, c'est aussi de pouvoir faire derrière un cadre supérieur de santé. Il y a les cadres de santé, certains établissements ont des cadres supérieurs de santé. Après, il y a la direction de soins, la coordination de soins. Voilà un peu mon parcours.

Charlotte (Chance)

Génial. Merci beaucoup pour cette belle introduction, Béatrice. Je me permets de revenir peut-être au début sur la partie formation. Je pense peut-être à toutes les personnes qui soit ne sont pas forcément encore dans le secteur de la santé et souhaitent peut-être y venir, ou alors les personnes qui le sont déjà et qui sont intéressés à évoluer, justement, et comme vous, vous l'avez vécu. Je crois comprendre, d'après ce que vous disiez, que les formations sont quand même obligatoires, non seulement pour passer peut-être d'un statut d'infirmière à un statut de cadre de santé. Est-ce que c'est bien le cas ? Est-ce qu'il faut se former ? Et combien de temps ? Vous parliez d'un institut qui est l'IFCS, que je me suis permise de noter dans le chat, que vous, vous avez suivi pour vous former, justement, à ce métier de cadre de santé, à ce statut. Est-ce que c'est obligatoire ? Quelles sont les écoles qui peuvent former à ce de là et aussi combien de temps dure cette formation ?

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Les formations, elles ne sont pas toujours obligatoires. Ça dépend beaucoup. Il y a trois systèmes: les systèmes publics, les systèmes privés et les privés à but non lucratif. Dans le système public, c'est obligatoire. La plupart du temps, ce qui se passe, c'est qu'il n'y a pas besoin que ce soit une infirmière. Il y a des cadres qui sont infirmières, il y a des manipulateurs radiologiques, il y a des techniciens de laboratoires, il y a des podologues, kinésithérapeutes, diététiciens, je crois que j'ai tout dit. Un métier de la santé, bien sûr. Dans le système public, la plupart du temps, on fait d'abord fonction cadre. C'est un peu, on apprend le management de terrain, on est accompagné par quelqu'un, on va apprendre à faire des plannings, des choses comme ça. Il y a un temps, ça dépend des hôpitaux, ou une fois qu'on est resté tant de temps dans un en service en tant que faisant fonction des cadres, là, on passe les concours de l'école des cadres. Parce que la plupart du temps, ces concours, ils sont pris en charge par ces établissements-là. Donc, une fois qu'on a les concours, on part à l'école des cadres.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Ça peut être la même année ou l'année d'après. Et le temps de formation de l'École des cadres, c'est neuf mois, neuf ou dix mois. Donc, on rentre en octobre et on finit en juin. Pour les hôpitaux privés à Butnoy-Fâtil, Ce n'est pas obligatoire, mais c'est fortement conseillé. Et puis, il y a différents types de formations. Moi, j'ai fait l'école des cadres parce que pour moi, c'était un peu le chemin qu'il fallait faire pour continuer dans ce parcours-là, mais il y a des gens qui font des formations en management. Dans le système privé pur, il y a beaucoup de personnes qui ont fait une formation en management, un master en management, des choses comme ça.

Charlotte (Chance)

Super, merci beaucoup, c'est très clair. Moi, je suis curieuse de savoir, en fait, quel est votre quotidien ? Quelle est la réalité de votre métier ? Peut-être, je pense aux personnes qui nous écoutent et qui nous ont aussi rejoints en cours de route. Est-ce que vous pouvez nous parler de la réalité de votre métier ? J'imagine qu'il n'y a pas de journée type parce que je pense que ça peut être varié. Mais quelles sont les grandes missions ? Quelles sont les challenges aussi du quotidien que vous rencontrez dans le cadre de votre profession ?

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

C'est un métier où il y a une forte demande, comme vous avez dit tout à l'heure, parce que c'est un métier, il ne faut pas mentir, ce n'est pas toujours simple. On prévoit de faire dix choses dans la journée et on fait deux, parce que le reste, c'est que des imprévus et des surprises. Ce qui est normal, on travaille dans des hôpitaux dans des cliniques, donc l'imprévu, il arrive. Moi, je dis toujours à mes équipes que nous, on a la chance que de ne pas travailler, moi, je n'ai rien contre, mais nous, on travaille avec de l'humain. On ne travaille pas avec des sacs de patates qui en posent et qui ne vont pas bouger. Donc ça bouge, ça a des pathologies, ça a des urgences, etc. Donc ce n'est pas du tout pareil non plus d'être cadre dans un service d'urgence, dans un service de réanimation, dans un service de consultation. Chaque poste a des exigences et une organisation particulière. Moi, j'ai eu la chance de travailler dans différents services. Donc je connais à peu près gérer tous les services de l'hôpital et on passe beaucoup de temps à gérer tout ce qui est ressources humaines.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Énormément, que ce soit dans le préventif ou dans le palliatif, c'est-à-dire on va faire du planning, mais on va aussi pallier à la personne qui n'est pas arrivé ce matin. Quand on a un service qui fonctionne avec deux pour 30 patients et qu'il y en a un qui ne vient pas travailler, il va falloir trouver une solution. Donc, on travaille beaucoup avec tous les autres cadres de l'hôpital, que ce soit des cadres ou des infirmières coordinatrices, pour trouver des solutions à ces arrêts inopinés, surtout, par exemple, hier, il y a des gens qui ne sont pas arrivés ou des gens qui ne pouvaient pas venir travailler la nuit. Il a fallu trouver des solutions. Donc, beaucoup de RH. Après, On travaille énormément sur des projets. Moi, par exemple, dans le service que je gère aujourd'hui, on a réussi à monter un grand projet en équipe, que ce soit avec le personnel soignant, avec le médecin, avec la direction, d'une délocalisation de tous les services de consultation. Donc, ça a été très intéressant. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai fait mon Master 2 aussi, parce que c'est basé beaucoup sur la dynamique de projets, méthodes, projets.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Et puis, moi, ça m'a permis d'avoir des outils nécessaires pour être le chef de projet de ce projet-là. Donc très intéressant. On apprend énormément de choses. On a un autre projet maintenant, c'est la rélocalisation d'un autre service. Là, c'est la construction du bâtiment, des choses qu'on ne fait pas. Je vais nettoyer quelque chose parce qu'il y a un patient qui est à côté et qui a laissé quelque chose par terre, comme je vais faire un projet où je vais rencontrer l'Agence régionale de santé ou l'HAES, etc. Là, par exemple, nous, la semaine prochaine, on passe notre certification HAS. C'est-à-dire tous les quatre ans, l'HAES vient dans les établissements pour contrôler si on travaille correctement. Il y a toute une préparation au niveau de la qualité, donc on fait beaucoup de qualité et on accompagne énormément nos équipes pour qu'ils sachent de quoi on parle à ce moment-là. C'est qui est un travail qui est immense, qui est fait avec les services qualité, la direction de soins, la direction de l'hôpital, où notre objectif, c'est qu'ils arrivent, qu'on puisse mettre en exergue tout ce qui est fait au sein de l'établissement, tout ce qui est bien fait et qu'on puisse leur dire aussi qu'il y a des choses qu'on sait, qu'on ne fait pas assez bien, mais qu'on travaille pour pouvoir améliorer ça.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Quoi d'autre ? Nous, les cadres, on va gérer les événements indésirables qui peuvent arriver. Je ne sais pas, un patient qui a chuté dans un service, un médicament que le dosage n'était pas le bon. Donc tout ça, nous, on doit gérer derrière. Il y a une déclaration qui est faite et nous, on doit analyser les causes. On analyse ça soit en méthode Alarm, soit en méthode REX, soit en méthode RMM, quand c'est très grave. Ça On a une revue de mort d'immortalité où on va travailler énormément avec les services qualité et les médecins pour comprendre ce qui s'est passé et que le but, c'est que cela n'arrive plus. Après, il y a beaucoup de temps de planning, de demandes des agents qui viennent nous voir. Parfois, il peut y avoir des conflits aussi entre les agents, qu'il faut qu'on sache les gérer, qu'on sache les accompagner. C'est l'organisation du service, c'est faire des fiches de postes, des fiches de tâches, organiser les circuits du patient, faire des enquêtes. C'est très, très, très varié. Ce que je fais hier, par exemple, je fais toute une présentation au Comité social économique de l'établissement. Donc, il a fallu la présenter.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Et aujourd'hui, je suis en train de préparer la certification en même temps que je fais le planning du mois de janvier, parce que décembre, je l'ai déjà fait, mais il y en a un qui a oublié de déposer ses vacances, donc il faut que je regarde. C'est très, très varié.

Charlotte (Chance)

Et en même temps, vous donner un live pour parler de votre métier aussi.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Là, c'est l'heure de repas.

Charlotte (Chance)

Oui, c'est l'heure de la pause. Merci d'être parmi nous parce qu'en effet, ça fait tellement de choses dans votre quotidien. Et comment vous arrivez à à donner de la place pour cette partie projet ? Parce qu'en fait, là, quand vous nous partagez toute cette gestion de l'humain, cette gestion aussi, peut-être un patient qui tombe, un patient à qui l'ordonnance n'est pas la bonne et du coup, il y a eu un surdosage ou quoi que ce soit, Quel est, je dirais, cette partie projet ? Quel est le pourcentage de votre temps sur cette partie projet que vous arrivez vraiment à dédier dans une semaine, une journée, enfin un mois ? C'est Je m'interroge sur la compréhension que vous arrivez à donner sur cette partie gestion de projet, parce que c'est vrai qu'il y a tellement de choses.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

On travaille beaucoup. On travaille beaucoup, mais après, c'est une question d'organisation aussi. Moi, je connais les périodes où dans mon service, c'est un petit peu plus calme. Moi, par exemple, la porte de mon bureau, quand elle est ouverte, tout le monde sait qu'ils peuvent rentrer, mais quand elle est fermée, ça veut dire que je suis peut-être un peu concentrée et que Il faut que ce soit urgent pour qu'on me dérange. J'ai la chance de travailler avec deux infirmières coordinatrices. Parfois, je leur dis: Écoutez, prenez mes appels, là, ici, c'est vraiment quelque chose d'important, venez me voir. Sinon, il faut que j'avance sur ça. Les infirmières coordinatrices, ce sont un peu les faisons fonction des cadres. Donc moi, je travaille beaucoup avec elles aussi pour leur apprendre le management. Donc j'essaye. Moi, je fais une semaine type. Je la prépare. Par contre. Elle n'est jamais, si je regarde ma semaine type, ce qu'elle a donné à la fin de la semaine, ce n'est pas du tout ce que j'avais prévu. Mais je pense qu'il faut être très organisé, il faut prévoir. Il y a des choses qui sont prioritaires, il y a des choses qui sont urgentes.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Là, parfois, tout le temps, l'urgent va passer avant le prioritaire. Un patient tombe, je vais arrêter tout ce que je suis en train de faire. Ça n'arrive pas tous les jours, heureusement. Mais oui, ça peut arriver. Un patient qui fugue, tout le monde va aller chercher le patient qui a fugué. Quelqu'un qui n'arrive pas, qui n'est pas venu ce matin, ça, ça va être ma priorité, c'est de trouver quelqu'un pour les remplacer. On fait des gardes aussi, on n'a pas parlé de ça. Moi, par exemple, ce week-end, je suis des gardes. Donc, je suis des gardes pour tout l'établissement. Je suis la seule cadre qui est là pour les différents services de l'hôpital. Donc, ça va être beaucoup aussi la gestion RH, toutes les problématiques que le personnel peut rencontrer, que ce soit le personnel soignant ou administratif. Et aussi les familles, il y a des décès, il y a les familles qui ont besoin de connaître, de savoir. Donc, énormément de travail avec les familles. Voilà, donc très varié.

Charlotte (Chance)

Oui, très varié. Et ça me permet de rebondir aussi sur peut-être les personnes avec qui vous travaillez au quotidien, enfin, avec qui vous êtes en relation. Parce qu'en interne comme en externe, Là, vous vouliez dire aussi, parfois, il y a les familles. Je pense que c'est intéressant peut-être de bien comprendre avec qui au quotidien, en interne, à l'hôpital, vous parliez des infirmières coordinatrices. À l'hôpital, avec qui vous Et puis, en dehors de l'hôpital, quelles sont aussi les personnes avec qui vous échangez dans votre quotidien ?

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Donc, au niveau de l'hôpital, on partage avec tous, on collabore. Il faut que ce soit un travail, une équipe, que ce soit avec l'infirmière de mon service qu'avec le brancardier qui va ramener un patient en radiologie qu'avec la direction qui nous demande de travailler sur un sujet précis ou le service qualité. Donc ça, c'est vraiment un vrai travail en équipe et je pense que c'est pour ça que c'est aussi riche. On ne reste pas enfermé dans un service où il y a l'organisation de ce service, mais après, il y a toutes les instances aussi. Il faut savoir que dans nos hôpitaux, pour ceux qui ne connaissent pas, il y a la cellule qualité, le comité éthique. Là, moi, je suis référente handicap, donc je dois prévoir aussi tout ce qui est possible pour la prise en charge des patients handicapés au sein de l'hôpital. Il y a la cellule qui regarde ce qui se passe au niveau des événements désirables. Il y a la cellule de douleur, de sang palliatif. Donc, énormément de groupes de travail aussi qui vont nous permettre de travailler et de collaborer avec les différents professionnels de l'hôpital. On travaille beaucoup avec les médecins de ville et les infirmières de ville aussi, parce que les patients, une fois qu'ils sortent, ils ont besoin aussi d'être accompagnés.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Il y a aussi un énorme travail fait par les assistants sociaux qui sont ici. Donc, en travaillant ensemble aussi avec eux. Et puis après, il y a les instances, il y a la RS, il y a la HAS, il y a tous ces gens-là qui regardent un peu: Est-ce qu'on fait du bon travail ?

Charlotte (Chance)

Super Oui, en effet, ça fait pas mal aussi de monde avec qui vous échangez dans votre quotidien. Vous avez abordé quelques petites compétences clés. J'ai noté l'organisation de par... En fait, vous disiez: Il faut être quand même très organisé de par la variété des tâches. Quelles sont les compétences, selon vous, qui sont clés, qui sont vraiment essentielles aujourd'hui pour occuper justement ce métier ?

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Pour moi, en premier, il faut savoir s'adapter tout le temps. L'adaptation, elle est ultra-importante. On est en train de travailler avec des gens qui ont fait des études de supérieur à plus plus plus, comme avec des gens qui n'ont pas pu le faire. Mais on a besoin, tout le monde est essentiel au niveau de l'hôpital. On a besoin de la personne qui va venir nettoyer la chambre du patient, on a besoin de broncardie, on a besoin du médecin, on a besoin de tous. Donc savoir s'adapter aussi, adapter son discours. Je pense qu'il faut être ultra patient parce que ce n'est pas toujours simple non plus d'entendre certaines choses, d'avoir certaines Il faut savoir prendre du recul, se poser, ne pas répondre sur un coup d'émotion, beaucoup réfléchir. L'organisation, c'est vraiment primordial aussi parce qu'il y a des choses qui ne peuvent pas attendre. Et parfois dans la CML, pas le monde me sont occupés, mais il faut quand même le faire. Après, d'autres compétences. Je pense qu'il faut connaître son métier, il faut aimer son métier, il faut savoir à qui on parle. Moi, par exemple, je remplace ma collègue de radiologie quand elle est absente, on a des binômes, cadres.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Moi, je peux vous dire que je ne connais pas grand-chose en radiologie à la base, mais j'ai dû l'étudier. Après, c'est ma façon d'être, j'aime bien m'intéresser, donc je vais regarder. Elle, elle m'explique comment ça se passe et c'est un vrai travail collaboratif.

Charlotte (Chance)

Génial. Merci beaucoup pour cette réponse détaillée. J'espère en tout cas que ça répond à certaines interrogations. Je vois passer une question de Julie et ça tombe bien. Merci Julie, parce qu'on arrive à un moment où je pense que c'est intéressant de parler des impératifs. On l'a un petit peu dit, mais comme vos horaires de travail, les éventuels déplacements, s'il y en a à prévoir dans le cadre de ce métier. Et Julie vous pose la question aussi du salaire. À quel salaire peut-on prétendre sur ce poste ? Et justement, quels sont vos horaires de travail aujourd'hui ? Et moi, je rajouterais peut-être une question sur l'équilibre vie professionnelle, vie personnelle. Comment est-ce qu'aujourd'hui, vous maintenez cet équilibre ? Et puis, vous avez trouvé aussi votre équilibre entre votre vie personnelle et le travail.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Les salaires, ça diffère beaucoup, que ce soit dans le public ou dans le privé. Dans le public, la plupart du temps, ce n'est pas négociable et ça dépend de l'ancienneté des personnes aussi. Ça dépend. Si ça fait, par exemple, 10 ans que je suis infirmière ou si ça fait un an, il y a des grilles salariales. Je ne sais pas, un cadre qui démarre et qui n'a pas beaucoup d'ancienneté, je pense que ça doit gagner à peu près 2,4 1 300, mais vraiment sans expérience. Ça peut aller jusqu'à certains hôpitaux ou cliniques privées. Ça dépend aussi de comment la clinique, elle est structurée. Ça peut aller à plus de 4 000 € par mois. Par rapport aux horaires. Il y a certains endroits, certains hôpitaux cliniques où les cadres sont en forfait. C'est un forfait mensuel ou hebdomadaire et elles gèrent leurs horaires. Et d'autres endroits où les cadres sont en 35 heures hebdomadaires ou 38 heures avec des RTT. Ça dépend aussi. Moi, quels sont mes horaires ? Je m'organise comme je veux. Tant que je fais mes heures dans la semaine et que mes projets les avances. Moi, ce que j'essaie de faire, moi, mon personnel en consultation, ils arrivent entre 8h00 à 8h30.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

J'ai mes infirmières coordinatrices qui partent à 17h00. Donc j'essaie de me décaler un petit peu. Moi, j'arrive vers 8h30, je n'aime pas arriver tard parce que j'aime bien savoir ce qui se passe dans le service. Et je pars plus tard. Le service ferme vers 18h30, je pars 18h30, 19h00. Mais il y a des jours de la semaine où je peux partir un peu plus tôt, où je peux arriver plus tôt. Vraiment, je m'adapte selon la journée. Quand on est de garde le week-end, on est là à 8h00 du matin. Et puis, on peut partir à partir de 13h00. Il y a des jours, on arrive à partir et on est à la maison avec le téléphone pour répondre aux besoins. Il y a des jours, on n'arrive pas à partir parce qu'il faut gérer des impératifs. On peut rester là jusqu'à 20h00 et faire 12h00 par jour. Ça, c'est dans le cadre de la garde. J'ai certains collègues qui font tous les jours du 7h30, 17h00. En fait, on s'adapte vraiment au service où on travaille.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup Béatrice, c'était très clair. J'espère que ça aura répondu à vos deux questions, Julie. Peut-être par rapport à cet équilibre vie professionnelle/vie personnelle, comment est-ce que vous, aujourd'hui, vous arriviez à nous arriver à concilier les deux ?

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Pour moi, c'est très important l'équilibre vie pro et vie perso, autant pour moi que pour les personnes qui travaillent dans mon service. Donc, je pose des jours, je pose des moments où je ne m'occupe que de ma vie privée. Moi, j'essaie de ne pas ramener du travail à la maison, je n'y arrive pas toujours. Par exemple, là, c'est la préparation de la certification et là, Il faut les préparer, c'est beaucoup de travail. Il y a des moments. Moi, la plupart du temps, je n'amène pas l'ordinateur à la maison. Et puis, sauf urgence vitale, je ne suis pas connectée. J'ai créé un groupe pour les cadres de santé de l'établissement, un groupe sur WhatsApp, si vraiment quelqu'un est en difficulté lors d'une garde, je ne sais pas, ça peut être une gestion très spécifique d'une déclaration de maltraitance pour un enfant que tout le monde ne sait pas faire, là, c'est appel à un ami. Dans le groupe, On va dire: Comment on fait ça ? Et puis la personne qui sait répond. On travaille beaucoup en collaboration.

Charlotte (Chance)

Super. C'est génial de savoir ça. Merci pour cette réponse. Je vois qu'il est déjà 13h13. Le temps passe très vite. Je ne sais pas, Béatrice, si vous avez peut-être des conseils pour des personnes qui nous écoutent, qui souhaitent rejoindre le milieu de la santé, qui recherchent un travail, des conseils pour rechercher un travail dans ce secteur-là, postuler peut-être. Quels sont les conseils que vous pourriez donner à des personnes qui souhaiteraient soit faire votre métier, soit peut-être rejoindre le secteur de la santé ?

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Il y a énormément de travail partout dans le secteur de la santé, donc on en manque. On manque d'infirmières, des cadres, de médecins, de manipradios. C'est incroyable le manque qu'il y a aujourd'hui. Pour faire tous ces métiers, il y a bien sûr des études à faire, chacun dans son domaine. Ceux qui sont déjà des professionnels de la santé et qui veulent devenir cadres, je pense qu'il faut vraiment aimer son travail parce que ce n'est pas simple tous les jours. Moi, je pense qu'on a une chance incroyable d'essayer de pouvoir dire qu'on travaille pour les gens et que forcément dans la journée, on a fait quelque chose de positif pour quelqu'un. Donc, même si on arrive chez nous et qu'on a l'impression de ne rien avoir fait de bien à la fin de la journée, c'est sûr qu'on a fait quelque chose de bien. Ça, travailler dans le monde de la santé, c'est quelque chose de noble. Donc pour moi, c'est très beau. Je trouve ça... Ce sont des personnes qui ont décidé à un moment de donner une partie de notre vie pour les autres. Sinon, ceux qui veulent devenir cadre, si vous travaillez déjà dans un établissement, il faut postuler, il faut aller voir vos super archis qui leur dire: J'ai un projet, j'ai envie de faire ça.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Ceux qui ont envie d'intégrer d'autres établissements, il y a beaucoup de sites de recherche d'emploi, vous voyez tous les postes. Il y a certains où c'est écrit où il faut de l'expérience et d'autres qui sont preneurs de personnes qui ont un diplôme plus bas et qui vont être formés après. Il faut surtout aller regarder, poser la question parce qu'il y a des besoins, il y en a partout.

Charlotte (Chance)

Super. Merci Béatrice. Je pense qu'on finit pile-poil, bien que je pense qu'on aurait pu encore vous poser plein de questions sur ce métier qui a l'air, en tout cas, de vous passionner. Et merci pour toutes les informations, toutes les réponses que vous avez apportées ce midi. Merci pour votre présence, pour votre temps. Et c'était un plaisir, en tout cas, moi, de vous écouter et d'écouter quelqu'un qui aime autant son métier et qui en parle si bien. Merci beaucoup, Elisa, Christophe, Sourya, Héloïse, Katia et toutes les personnes, Julie aussi, toutes les personnes qui étaient là ce midi. Merci à vous, Christophe. Merci pour votre participation. Je vous souhaite à toutes et tous une excellente journée. Merci, oui, en effet, pour cette belle présentation, Béatrice. Je vous souhaite une très bonne journée. Merci pour votre temps, encore une fois.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

Merci.

Charlotte (Chance)

Merci tout le monde. Au revoir Béatrice, à bientôt. Merci.

Beatriz Mozun Hessel (Cadre de santé)

À bientôt.

Envie d'éclairer votre projet ?

Le bilan de compétences Chance, 100% en ligne et financé par votre CPF, dessine une direction qui vous ressemble.

Déjà plus de 45 000 personnes accompagnées par Chance

Des résultats concrets
92% ont construit un projet clair et réalisable à l’issue du parcours
Une communauté d’entraide
15 000 personnes prêtes à apporter expertise et contacts
Un rythme flexible 100% en ligne
70% des personnes font le bilan tout en étant en activité
Un accompagnement personnalisé
Un coach personnel choisi sur mesure parmi 350 coachs certifiés