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Elodie Perrier, Les métiers qui recrutent" - Infirmière

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Transcription complète

Charlotte (Chance)

Nous sommes live, super. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour aux personnes qui nous rejoignent petit à petit. Bonjour à celles et ceux qui étaient déjà aussi connectés. Bonjour Élodie.

Elodie Perrier (Infirmière)

Bonjour à tous. Oui, bonjour.

Charlotte (Chance)

Oui, bienvenue à toutes et à tous dans ce live métier en coulisse. Bonjour Adélaïde. Pour découvrir le métier d'infirmière, justement, avec Élodie. Merci beaucoup Élodie d'avoir répondu dû un grand oui pour donner ces 30 minutes de votre temps. Avec plaisir. C'est très précieux. Donc, sachez à toutes les personnes qui nous écoutent que le but de ce live est qu'il soit le plus interactif possible. Vraiment, on a à cœur que ce soit un vrai échange. Donc, n'hésitez pas, au fur et à mesure de la prise de parole d'Elodie, de poser peut-être toutes vos questions dans le chat. Moi, je me chargerai de les relayer à Élodie au fur et à mesure. Donc, vraiment, N'hésitez pas. Et peut-être, avant de vous donner la parole Elodie, pour celles et ceux qui ne connaissent peut-être pas forcément Chance, nous sommes une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour permettre à chacun, chacune, de trouver sa place dans le monde du travail et dans la société, de fait. Et pour ça, on a plusieurs programmes d'accompagnement et d'aide au recrutement. Le programme qui est le plus connu et que certaines, certaines, peut-être, qui sont connectées ce matin, connaissent peut-être, c'est le bilan de compétences pour pouvoir faire le point sur sa vie professionnelle et sur la direction qu'on veut lui donner.

Charlotte (Chance)

Et quant à la communauté d'entraide, elle a récemment lancé une initiative qui s'appelle 3 Minutes pour les Autres, qui est une initiative altruiste, gratuite et ouverte à toutes et à tous. En fait, le principe est très simple: à partir du moment où vous rejoignez cette initiative, Vous recevez toutes les semaines de façon hebdomadaire une newsletter avec dix profils de personnes qui sont à la recherche d'un coup de pouce professionnel dans le cadre de leur cheminement et qui ont besoin d'un coup de pouce et que vous pouvez aider si vous le souhaitez. Et puis, le principe de cette communauté, c'est d'aider et de pouvoir aussi être aidé. Donc, ça marche dans les deux sens. Et justement, le live métier que vous vous apprêtez à vivre, c'est justement une dynamique d'entraide. Élodie qui accepte bénévolement de donner 30 minutes de son temps pour vous présenter la réalité de son métier et répondre aussi à toutes vos questions. Et on a choisi aussi sur cette édition spéciale de donner la priorité, notamment, au métier pour lequel il y a une forte demande et où il y a des recrutements et des opportunités de métier à la clé. Voilà.

Charlotte (Chance)

Donc surtout, n'hésitez pas encore une fois à réagir, à poser vos questions. Et je pense, Élodie, que je vais pouvoir vous laisser peut-être la parole pour, déjà dans un premier temps, vous introduire, nous parler peut-être de votre parcours et de ce qui a fait que vous en êtes arrivé à ce métier d'infirmière. Et encore merci pour votre bien aujourd'hui.

Elodie Perrier (Infirmière)

Pour plaisir et pour moi, merci de m'accueillir. Effectivement, moi, je suis infirmière depuis 1997, l'année où j'ai obtenu mon diplôme. J'ai une maman qui était infirmière, mais qui est passée par... Elle était auxiliaire, elle a fait des études d'infirmière, puis après, d'agricultrice pour devenir cadre dans une structure pour enfants. Mais moi, j'ai toujours été, je pense, admirative et aussi engagée comme elle dans le fait de contribuer pour les autres. Et de m'épanouir aussi à travers, justement, tout ce qu'on peut apporter dans ce métier. À l'époque, j'ai commencé un bac, ce qu'on appelait SMS, F8, à mon époque, parce que je s'adapte maintenant. Et puis, j'ai un accident de cheval qui m'a empêché de continuer ce cursus dans le sens où on m'avait dit: Non, vous ne ferez pas infirmière, vous avez une jambe qui est complètement abîmée, ça ne pourra pas durer dans le temps. Donc, j'ai Je me suis dit: Je vais me surquer sur un bac: Philosophie, Mathématiques, Options, Biologies, qui m'ouvrait un peu plus de portes. Mais mon engouement et mon envie de partager avec le public qu'on accueille, que ce soit dans n'importe quel secteur de notre métier, était toujours présent et je me suis dit: Bon, bah, vaille que vaille, c'est ce métier que je veux faire.

Elodie Perrier (Infirmière)

J'hésitais entre professeur d'anglais et infirmière, ça n'a rien à voir. Mais non, c'était vraiment un engagement, je pense, personnel. J'ai toujours aimé les hôpitaux, l'odeur. La blouse blanche, quelque part, a toujours été un petit peu quelque chose que j'admirais, même si parfois, ça me faisait peur. Donc, nous me voilà partis en 94 pour faire trois ans d'études qui nous fait vraiment nous ouvrir sur un développement de compétences techniques. Parce que je n'y connaissais rien. Beaucoup de personnes avaient fait effectivement un bac spécifique médico-social, ce que je n'avais pas pu continuer du coup. Et moi, je me retrouvais avec un bac plutôt littéraire, mais je me suis adaptée parce qu'effectivement, on apprend beaucoup de techniques, de savoir-être, de savoir-faire, des démarches de soins, ce qu'on appelle des démarches de soins, qui nous permettent de se positionner vraiment dans notre profession au sein d'une équipe pluridisciplinaire qu'on apprend à côtoyer au cours de stage et à être de futurs professionnels. On sort du bac et on devient de futurs professionnels en trois ans. Ce qui est court et suffisamment long parce qu'on développe vraiment tout ce qui est nécessaire pour aborder la pratique du soin, l'écoute, l'empathie, l'éthique autour de toute la personne dans sa globalité.

Elodie Perrier (Infirmière)

Et depuis, je n'ai cessé de pouvoir exercer ce métier dans différentes conditions.

Charlotte (Chance)

Super. Merci beaucoup Élodie pour cette présentation. Moi, j'ai à cœur de revenir sur la partie formation dont vous avez parlé, peut-être pour donner quelques clés à des personnes qui souhaitent, je ne sais pas, soit se réorienter, se reconvertir, ou en tout cas des personnes qui s'intéressent à ce métier et qui se demandent: Comment aujourd'hui, est-ce qu'on peut devenir infirmière ? Vous l'avez dit, la formation, d'après ce que vous dites, est obligatoire. On n'arrive pas à un métier d'infirmière comme ça. Est-ce que vous avez peut-être quelques des exemples de formations, des noms peut-être à partager, que je peux écrire dans le chat pour les personnes qui souhaiteraient se lancer dans une formation ? Vous disiez que ce sont des formations d'une durée de trois ans. Donc, il faut quand même avoir en tête que pour être ou devenir infirmière, c'est trois ans de formation certifiante à partir.

Elodie Perrier (Infirmière)

C'est une formation diplômante qui aujourd'hui fait partie d'un cursus universitaire aussi, c'est-à-dire qu'on peut s'inscrire en étant dans une continuité d'études sur Parcoursup. À mon époque, et ça existe toujours, on fait partie de ce qu'on appelle un institut de formation en sciences infirmières. C'est-à-dire qu'on va dire que la méthodologie a changé, mais le principe reste le même. C'est-à-dire qu'on est dans une structure qui nous forme techniquement et théoriquement à uniquement ce métier qui nous permet, au bout des trois ans, d'avoir un diplôme d'État d'infirmière en ayant pendant ces trois ans, des parties théoriques qui sont dans cet institut de formation, dans une école spécifique. Il y a aussi peut-être sur Paris, là, je ne pourrais pas vous renseigner, mais certainement aussi peut-être des universités. Maintenant, on appelle ça des sciences infirmières. Ça Il y a un mélange entre la spécificité d'avant qui était vraiment indépendante du cursus éducation nationale, entre guillemets. Là, on est rentré un petit peu dans le cursus universitaire, donc on fait partie des sciences infirmières, mais tout en étant quand même vraiment un peu comme les médecins, de façon individuelle. On est dans des écoles vraiment spécifiques parce qu'il y a toute une partie théorique, il y a une approche des stages.

Elodie Perrier (Infirmière)

Ça va être, je ne sais pas, ça va être deux tiers un tiers. Je ne pourrais pas donner vraiment de chiffres exacts, mais tout ce qu'on apprend en théorie, on a derrière la pratique en stage, la pratique en cours de gestes techniques, d'aborder le monde du travail et le monde réel de la fonction dans toutes les disciplines qui font partie de notre cursus. Ça peut être la psychiatrie, ça peut être la personne âgée, toutes les disciplines, ça peut être l'enfant, ça peut être la santé publique. Donc, on peut avoir des choix, on peut s'orienter dans ce pour lequel on a le plus d'appétence ou on peut aussi découvrir plein de choses en fonction de nos propres envies et nos choix pour l'avenir, le Bloc obstétrique. Après, il y a des spécificités aussi qu'on peut développer après ces trois ans d'études. Il y a des diplômes qui vont plus loin que l'infirmière d'infirmière générale qui nous permettent d'être infirmière de bloc opératoire, d'anesthésie, puéricultrice, donc dans le monde des enfants. Il faut d'abord ce diplôme d'infirmière générale qui aborde déjà plein de disciplines. Et après, on peut se spécifier encore plus, de façon plus poussée dans certaines techniques et approches en fonction du public auquel on a envie avec lequel on a envie de s'orienter.

Charlotte (Chance)

Et vous, Élodie, pour aussi peut-être vous poser la question de la réalité de ce métier que vous faites depuis tant d'années. En fait, qu'est-ce que c'est que d'être infirmier Vous, peut-être, vers quel public vous vous êtes orientée aussi ? Puisque vous parliez de spécificité qu'il est possible de choisir. Est-ce que vous pouvez peut-être nous parler de ce métier, de cette réalité, des grandes missions qui font partie du quotidien d'une infirmière pour qu'on en apprenne en tout cas un petit peu les coulisses ?

Elodie Perrier (Infirmière)

Pour moi, c'est vraiment une vocation. En tout début de carrière, je n'avais pas de poste vraiment dans lequel je voulais me lancer. Il y a quand même quelques années, c'était beaucoup plus compliqué de trouver du travail en fonction de ce qu'on souhaitait réellement. Donc, j'ai commencé par faire de la psychiatrie parce qu'on m'a permis d'accéder à un hôpital qui me permettait d'avoir des contrats qui se cumulaient. Donc, j'ai découvert un monde dans lequel je ne me serais pas lancée spontanément, mais j'avais envie de travailler. Une fois qu'on a son diplôme, on n'a pas envie de rester à rien faire. Au contraire, on veut pratiquer. Donc, j'ai appris plutôt l'approche des personnes. Après, je me suis réorientée auprès des enfants, donc la pédopsychiatrie. Et puis ensuite, je me suis orientée vers la néonatologie parce que je voulais retourner dans le monde vraiment hospitalier et technique. Donc là, j'ai appris la réanimation néonatale, l'approche technique du tout petit enfant qui m'a permis ensuite... Après, il y a les histoires de vie, on peut changer en fonction de sa situation géographique, de ses envies et de son choix de public. Et j'ai été mutée dans un service de maternité qui m'a permis d'accompagner, d'apprendre aussi de nouvelles techniques, parce que chaque spécialité a ses spécificités techniques et à ses spécificités d'accompagnement.

Elodie Perrier (Infirmière)

En cardiologie, on accompagne d'autres publics, donc on accompagne différemment. Dans un service de chirurgie, on accompagne encore différemment parce que le temps de séjour n'est pas forcément le même. C'est tellement varié que je pourrais vous en parler pendant des heures. On peut aller dans la santé publique, être auprès des administrations territoriales, comme on peut être dans le fonctionariat public hospitalier, qui est là beaucoup plus, on va dire, plus dans le médical technique. On peut aller dans la prévention, dans l'éducation nationale, parce qu'on peut aussi accompagner en tant qu'infirmier infirmière scolaire. Donc, je vais aussi postuler pour faire infirmier scolaire. Et en fin de compte, au fur et à mesure aussi de notre âge, de ce qu'on veut apporter, de ce qu'on veut acquérir et apporter, on a cette possibilité de s'orienter vers les gestes techniques, vers l'accompagnement de personnes, vers la prévention, vers différentes approches du métier. Moi, j'ai un peu tout. J'ai même terminé là. Enfin, je continue. J'ai même fait fonction de cadre de santé. J'ai fait fonction pendant 15 ans, quasiment, de puéricultrice sans être diplômée, parce que je m'occupais des bébés, tout en ayant la capacité, en maternité, de m'occuper des mamans, de la gynécologie.

Elodie Perrier (Infirmière)

J'ai appris à faire des césariennes, à accompagner les médecins, comment on gère un bloc obstétrical. En fait, notre diplôme de base, entre guillemets, est déjà Très développé, mais on ne peut pas tout retenir. Donc, on apprend à chaque poste dans lequel on a choisi de s'orienter. Donc, on apprend tout au long de sa carrière aussi à développer d'autres compétences, soit par des diplômes supérieurs, si on peut dire, différents, qui s'associent à notre métier, soit par des formations, des diplômes universitaires. Aujourd'hui, il existe des diplômes universitaires. Moi, aujourd'hui, je m'oriente vers les personnes vulnérables. Ça a toujours été un petit peu mon créneau, les personnes âgées, handicapées. Et donc la fin de vie aussi. Accompagner la fin de vie, c'est quelque chose qui me parle aujourd'hui, qui me parlait absolument pas il y 20 ans. Donc qui me faisait même peur. Donc, au four, à mesure de son évolution, de là où on en est, on peut s'orienter dans des domaines différents. Si on a envie d'être plus participant à des actions de prévention, on peut aller dans des PMI, donc PMI, protection maternelle et infantile, où on accompagne des personnes dans la relation mère-enfant, dans la gestion des enfants à l'extérieur des centres hospitaliers.

Elodie Perrier (Infirmière)

Comme on peut être dans un hôpital, on peut être dans des EPAD, On peut être dans des structures médico-sociales, donc accompagner des personnes handicapées. Tout public, en fait. Oui, tout public. Vraiment, tout public. Et donc, effectivement, c'est un métier qui recrute aujourd'hui Parce que c'est vraiment un engagement. Donc les contraintes, ça va être en fonction du poste. On sait que quand on est infirmier, on travaille sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Dans la théorie, aucun jour, en tout cas en centre hospitalier, n'est un jour où on ne peut pas travailler. C'est-à-dire que les jours fériés, les dimanches, ce sont des jours où on est possiblement en poste. On n'y est pas sept jours sur sept en poste. Il y a des règles quand même, on fait partie Quand même, la règle du travail s'applique aussi chez nous. Mais on a des horaires qui varient. Ça peut être des horaires de journée, ça peut être des horaires de nuit. Et puis, il y a toujours des rythmes qui sont organisés selon les structures. Ça peut être des horaires de journée, on va dire bureau, du lundi au vendredi, comme ça peut être sept jours sur sept, en fonction en 12h00, en 8h00, en fonction de la structure dans laquelle on est.

Elodie Perrier (Infirmière)

Donc, c'est vraiment un engagement. Pour le coup, j'ai trois enfants, donc je peux vous dire que c'est possible.

Charlotte (Chance)

Oui, c'est ce que j'allais vous demander. C'est vrai que c'est un vrai engagement, ils vous le dites. Et aujourd'hui, comment est-ce que vous, vous avez aussi, je pense, réussi à concilier et à garder un équilibre entre cette vie professionnelle et cette vie personnelle ? Et je trouve que c'est bien que vous l'abordiez en tant que maman de trois enfants. Comment est-ce qu'on veille à cet équilibre et comment est-ce que c'est possible ?

Elodie Perrier (Infirmière)

Ça n'a pas toujours été simple parce que le rythme est parfois On n'est pas toujours aidé parce qu'effectivement, quand on a des enfants en bas âge, il faut trouver des nounous qui soient ouvertes à des horaires décalés, c'est-à-dire 5h30, 6h00 le matin, jusqu'à 22h00 le soir, par exemple, en fonction de nos horaires. Ça a tendance quand même à changer parce qu'effectivement, il y a de plus en plus de travail en 12 heures qui se met en place dans nos métiers. En tout cas, je parle de l'hospitalier. Après, il y a des horaires, je vous dis, de journées dans d'autres secteurs qui sont beaucoup plus confortables. Ou en tout cas, quand on s'y adapte, parce que moi, je ne m'y suis jamais réellement adaptée. J'ai tellement toujours été conditionnée à des horaires spécifiques, de nuit ou de jour, que du lundi au vendredi, aujourd'hui, pour moi, c'est compliqué de maintenir ma vie familiale en n'ayant qu'un week-end. Je préfère travailler 12 heures, 2, 3, 4 jours dans la semaine et avoir 3 ou 4 jours de repos. J'ai travaillé quelques années la nuit pour être disponible la journée pour mes enfants. Donc, on peut aussi adapter en fonction de ce qu'on a comme soutien extérieur.

Elodie Perrier (Infirmière)

On peut travailler... De moins en moins, on ne travaille que de nuit parce qu'effectivement, il y a un risque pour la santé reconnu. Éventuellement, les employeurs, évidemment, ne vont pas mettre de difficulté dans l'organisation pour que la santé des professionnels soit quand même respectée. Mais on peut très bien s'arranger et travailler de nuit quelque temps pour accompagner sa vie familiale ou s'organiser dans d'autres horaires à trouver des postes qui correspondent à notre besoin d'équilibre. Moi, j'ai réussi parce que tout s'organisait. Après, je ne vais pas vous mentir, j'ai accompagné mes enfants parce que mon métier a toujours été presque une priorité. C'est-à-dire que je ne me suis pas trop posé la question. Ça a toujours été un engagement pour moi et j'avouerais que je me suis rarement rendue disponible. Quand mes enfants étaient malades, je trouvais des solutions pour qu'il y ait quelqu'un qui me prenne le relais, mais j'allais quand même travailler. Après, on évolue, mais tout le monde est différent et tout le monde fait ce qu'il veut. Mais il y a cette complicité aussi avec des collègues qui fait qu'on est à la fois main dans la main, entre collègues, pour se dire: Si je n'y suis pas, quelqu'un d'autre va devoir me remplacer.

Elodie Perrier (Infirmière)

Ce quelqu'un d'autre a aussi une famille, donc qu'est-ce que je fais ? Mais en même temps, ça peut arriver qu'on soit disponible parce qu'il y a vraiment des urgences. Quelqu'un d'autre prend le relais et inversement, on le fera. Il y a une solidarité aussi dans nos professions pour que le service soit quand même assuré et qu'on ait aussi la possibilité d'accompagner nos familles comme on peut. On ne va pas dire que tout était parfait. Donc mes enfants ont un peu suivi. À partir du moment où ils savaient, tant que ce n'était pas complètement aléatoire et qu'ils savaient où ils allaient, quand, comment, ça a un bonheur. Pour eux, je ne peux pas dire, mais pour moi, ça a été un bonheur parce que tout s'est bien déroulé. Ça s'est bien goupillé. Les trois enfants, ça a été à chaque époque des organisations différentes, mais tout est possible, je dirais.

Charlotte (Chance)

Super. Merci pour ce très beau témoignage de vie, Élodie.

Elodie Perrier (Infirmière)

De la dinguerie.

Charlotte (Chance)

J'aimerais revenir sur peut-être une particularité qui n'en est pas une, qui sont les compétences. Vous l'avez un petit peu dit par rapport aux missions et à tout ce qui concerne, en tout cas, la réalité du métier. Quelles sont aujourd'hui les compétences essentielles à avoir, justement, pour faire le métier d'infirmière ?

Elodie Perrier (Infirmière)

Ça n'engage que moi, mais je dirais quand même que l'attention qu'on porte à l'autre, en règle générale, est une qualité, pour moi, qui est essentielle. C'est-à-dire que si on n'aime pas les gens, ça peut arriver. Il y a des personnes... Même moi, dans mon cursus scolaire, Dans mon temps de formation, j'ai rencontré des élèves infirmiers qui étaient avec moi, qui disaient: Moi, je préfèrerais m'orienter vers des patients qui ne parlent pas trop parce que je préfère au bloc Au bloc chirurgical, ils sont endormis. Moi, ce que j'aime, c'est la technique. Mais il faut quand même avoir envie de s'orienter vers l'attention qu'on va, en tout cas, la contribution à l'autre, à ce qu'on va apporter à la personne en face de soi. Ça peut être technique comme ça peut être aussi. Dans notre métier quand même, c'est vraiment global. C'est-à-dire que la personne, on ne la voit pas qu'à travers son corps physique, on la voit aussi à travers ses émotions, à travers tout ce qu'elle peut nous renvoyer psychologiquement et à travers tout ce qui est social aussi, c'est-à-dire son environnement, que ce soit au sein de la structure dans laquelle on l'accueille ou son environnement familial, son environnement extérieur.

Elodie Perrier (Infirmière)

On a cette globalité Donc, il faut vraiment s'intéresser à la personne. Il faut vraiment avoir cette appétence à l'autre et avoir envie de contribuer. On nous apprend par contre, à les gestes techniques. Donc, si on n'a aucune formation technique, ce n'est absolument pas gênant parce qu'on apprend tout. Moi, je suis arrivée, j'avais 18 ans, du coup, la première année, 18 ans, on ne connaît rien de la vie. Je suis arrivée avec ma sensibilité, un peu trop d'ailleurs, par contre, mon engagement et mon envie. Et on apprend tout. On apprend à se protéger aussi émotionnellement, parce que si on s'investit énormément, c'est aussi parfois Ça peut mener quand même à un épuisement. Donc, on apprend à développer aussi pour soi des compétences relationnelles. Les compétences techniques, je vous dis, c'est vraiment On l'acquiert au fur et à mesure des stages qu'on fait, au fur et à mesure des rencontres aussi dans notre formation. On n'est pas tout seuls. Souvent, c'est quand même une classe, une formation qui accueille Ça peut aller, je pense, de 30 à... Nous, on était 60 dans mon école. Ce n'est pas énorme. Au fur et à mesure, ça s'égrène, il y a des personnes qui ne souhaitent plus continuer parce que ça ne leur correspond pas.

Elodie Perrier (Infirmière)

Puis, il y a des personnes qui s'inscrivent et qui veulent vraiment aller jusqu'au bout. Donc, on rencontre vraiment dans cette formation, multiples facettes et on apprend. On apprend vraiment aussi. Les capacités relationnelles, c'est important. Les capacités techniques, on les acquiert. Et puis, quelque part, je vous disais au tout début, c'est du savoir-être et du savoir-faire, de la théorie, on l'apprend. Le corps humain, forcément, on ne peut pas passer à côté. La pharmacologie, donc on apprend aussi les médicaments. On apprend à collaborer aussi. C'est vraiment très complet.

Charlotte (Chance)

Oui. Et C'est ce que j'allais rebondir sur la partie collaboration. C'est vrai que c'est un métier qui est très en lien avec les autres, que ce soit en interne et en externe aussi avec la patientèle. Qui sont les personnes dans le quotidien d'une infirmière ? En fait, qui l'ou elle côtoie ?

Elodie Perrier (Infirmière)

Encore une fois, tout dépend des secteurs, mais en règle générale quand même. Il y a les médecins, le secrétariat médical, donc les secrétaires. Au-dessus de l'infirmière, il y a la qui gère aussi tout ce qui est management, qui est essentiel parce qu'elle fait le lien dans les besoins. L'infirmière, elle est techniquement auprès du patient, en collaboration avec, la plupart du temps, une aide-soignante ou une auxiliaire. Tout dépend du public à qui l'accueillit. Si c'est les enfants, c'est une auxiliaire. C'est un peu des binômes de travail pour être auprès du patient. Après, se greffe en fonction des spécificités: des kinésithérapeutes, des psychomotriciens, des ergothérapeutes, des psychologues, tout ce qui va être paramédical. Autre, orthophoniste, on peut aussi des éducateurs, si on est de jeunes enfants, quand on est auprès des enfants dans les hôpitaux, même des instituteurs. On peut être aussi amené à collaborer avec le monde de l'éducation nationale et des instituteurs. Après, il y a tout le côté managérial aussi, les cadres, Les directeurs quand on est dans des structures privées, les directeurs d'écoles quand on est dans le milieu scolaire. On collabore avec les assistants sociaux aussi, parce qu'on a un regard qui permet d'aller chercher toutes les personnes qui gravitent autour des besoins du patient.

Elodie Perrier (Infirmière)

C'est-à-dire que si on est face à une personne qui nécessite d'avoir un accompagnement avec une assistante sociale, on va chercher l'assistante sociale, mais l'infirmière va être en premier plan avec ses collègues. On travaille aussi avec les personnes qui font le ménage. On les appelle souvent les ASH, les agents de services, hospitaliers dans les hôpitaux. Parce qu'on a tous un regard sur le patient, on le met en commun et qu'est-ce qui va devoir se créer autour de notre regard ? Ça va être d'aller chercher les Les personnes qui vont apporter les réponses dans leur fonction. Ça peut être le médecin quand il y a besoin, effectivement, quand on est face à la maladie, ça peut être plein de choses. La psychologue, si on est face à une personne qui a une difficulté au moment où on l'a rencontrée, qu'elle a besoin de s'exprimer. On a le regard global. C'est pour ça qu'on nous apprend à voir globalement la personne dans ses besoins, qu'elle soit physique, psychologique, émotionnelle et socio, on va dire aussi, environnementaux, vraiment. Notre regard est global et après, on collabore avec toutes les personnes.

Charlotte (Chance)

Avec toutes les personnes, oui. Merci beaucoup pour la richesse de cette réponse. Je vois qu'il est déjà 11h43. Il nous reste plus que deux petites minutes. Je vais prendre une dernière question. Élodie, est-ce que vous pourriez donner des informations éventuellement sur le salaire, la fourchette salariale ? Ça fait partie des impératifs. C'est vrai que c'est un sujet important. Et Lauriane a à cœur, en tout cas, d'avoir quelques informations là-dessus.

Elodie Perrier (Infirmière)

Pour être clair, moi, quand j'ai commencé, mais c'était il y a très longtemps, on était à 1 500 à peu près net par mois, il y a 20 ans. Donc, imaginez, ça a changé quand même. Aujourd'hui, de ce que j'ai pu en comprendre, la personne qui débute, qui peut débuter avec un salaire au-dessus de 1 700 net, je ne veux pas vous dire de bêtises, ce ne sera pas partout. Ça va dépendre aussi des structures. Soit on est dans la région parisienne où il y a des salaires plus élevés que dans des autres régions où les budgets sont moindres. Ça dépend. Ça dépend si on est dans le privé, si on est dans le public. Et ça dépend aussi, on va dire... Quand on va dans le public, moi, je peux parler du public parce que j'y suis depuis plusieurs années. On est soumis à une grille de salaire qu'on peut trouver sur Internet, qui est générale. Avec des primes en fonction des week-ends qu'on fait, des jours fériés, des nuits. Les nuits sont un peu plus payées que le jour. Aujourd'hui, on peut très bien être en libéral, on peut être en intérim, on peut être salariés du secteur privé ou du secteur public.

Elodie Perrier (Infirmière)

Donc, ça varie en fonction de chaque établissement dans lequel on postule. Malgré tout, l'évolution de salaire n'est, à mon sens, pas quelque chose d'exponentiel. Ça ne monte pas en flèche, puisqu'on suit, quand on est dans le public, on suit des échelons. Donc, au fur et à mesure des échelons, on augmente notre salaire. Je peux vous dire, je ne sais pas, moi, au bout de 20 ans d'expérience, oui, plus de 20 ans maintenant, je suis passée de 1 500 de base avec un ou deux week-ends travaillés, parce que souvent, on travaille un ou deux week-ends par mois. Mais après, c'est encore une fois assez aléatoire. Il y a de plus en plus où c'est un week-end sur trois, donc c'est beaucoup plus gérable pour la vie familiale, encore que certains, ça ne se dérangent pas de travailler les week-ends. Aujourd'hui, au bout de 20 ans, j'ai évolué jusqu'à 2 500, 2 600 net. Ça peut être avec ou sans week-end, ça dépend. C'est pour ça que je vous dis, c'est fluctuant, 2 500, 2 600. Donc l'évolution n'est pas énorme, mais elle a tendance quand même aujourd'hui à être réadaptée parce qu'on sait que le coût de la vie augmente.

Elodie Perrier (Infirmière)

Alors, comparé à d'autres métiers, je vous avouerais que c'est un peu frustrant parce qu'on a quand même des compétences et des responsabilités importantes et qui sont très épanouissantes, mais qui ne sont pas très reconnues. Mais bon, on a aussi un monde spécial. Il faut aussi savoir aimer ce métier autrement qu'à travers le salaire. Mais il est de plus en plus reconnu quand même que nos compétences sont spécifiques et nécessitent d'être reconnues aussi par le besoin financier qui nous permet aussi d'avoir une vie à côté plus épanouie.

Charlotte (Chance)

Et c'est une excellente chose que ça soit en tout cas, de plus en plus reconnu.

Elodie Perrier (Infirmière)

Oui, ça tend quand même à être de plus en plus dans les discours des employeurs.

Charlotte (Chance)

Merci Elodie. De rien. Je vous remercie 11 h 47. Ça passe très vite. Merci mille fois pour ce- Merci à vous. Pour cette richesse. Adélaïde vous donne un petit message. Merci beaucoup Élodie pour votre témoignage et votre transparence. Vous faites un très beau métier. Très belle journée à tous.

Elodie Perrier (Infirmière)

J'espère que ça apportera ses fruits pour d'autres. Parce que vraiment, oui, c'est un beau métier.

Charlotte (Chance)

En tout cas, vous en parlez avec passion et c'est un plaisir de vous écouter. Donc merci. C'était un plaisir pour moi d'animer ce live à vos côtés. Merci à toutes et tous pour votre participation. Je vous souhaite une excellente journée, une excellente fin de semaine. Et merci encore Élodie pour votre temps précieux. À bientôt. À très bientôt. Merci beaucoup. Au revoir.

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