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Nelly Briet, Photographe de mode

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Camille (Chance)

Bonjour à tous. Bonjour Nelly qui nous rejoint aujourd'hui pour ce nouveau live dans le cadre de la troisième édition des live métiers de chance. On attend encore quelques instants pour que tout le monde se connecte. Mais du coup, l'idée aujourd'hui, c'est donc d'échanger avec toi Nelly, qui est donc photographe de mode. Merci de prendre quelques minutes. Ce que je te propose avant toute chose, c'est déjà moi, je vais me présenter et ensuite, je te laisserai la main. Donc, pour Pour ceux qui ne me connaissent pas et qui sont connectés, je suis Camille, donc Talent acquisition manager chez Chance. Je recrute en interne les équipes de Chance. Nelly, je te laisse la main. Est-ce que tu peux nous parler rapidement de toi, de ton parcours et de ce que tu as fait avant de démarrer ton métier de photographe.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Moi, j'ai 33 ans et j'ai commencé par une école de commerce. Je n'avais Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. J'étais bonne en langues et je faisais la ES. Du coup, j'ai fait une école de commerce. J'ai fait cinq ans quand même, en Master 2, en marketing et communication. Je pensais que c'était créatif Je ne suis pas du tout. J'étais un peu déçue. Et un peu par le hasard des choses et des rencontres dont on parlera après, je suis tombée sur la photo et j'ai tenté le concours des Gobelins que j'ai eu. Du coup, j'ai fait deux ans d'école de photo au Gobelins et j'ai commencé à être photographe de mode.

Camille (Chance)

Super. Ça fait combien de temps que tu es photographe de mode ? Ça fait 10 ans.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Déjà dix ans ? Déjà, oui, ça fait dix ans. J'ai créé mon statut de freelance en 2013. Ok.

Camille (Chance)

Et du coup, pourquoi photographe ? Au-delà du côté créatif qui te manquait dans ce parcours commercial, finalement, pourquoi spécifiquement ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

Ce n'est pas un choix direct. J'ai essayé plein de choses créatives. J'ai voulu faire une école d'art d'ailleurs. J'ai fait du dessin, j'ai fait de la musique, j'étais dans plein de trucs. Et la photo, c'est le seul média sur lequel je n'ai pas senti qu'il y avait une limite pour moi. C'est-à-dire que j'ai fait, par exemple, de la guitare et très vite, j'ai senti que si je voulais être vraiment bonne en guitare, il fallait que je me mette à fond dedans et que je fasse plein de cours. Alors que la photo, je n'ai jamais senti de difficulté particulière. J'ai toujours trouvé qu'il y avait du renouvellement, de la curiosité. Il y avait un truc qui était facile et naturel. Du coup, je suis restée là-dedans sans vraiment y penser. Je continue, vu que c'est facile et que c'est cool. Et voilà, au final, ça se fait tout seul. Ok.

Camille (Chance)

Est-ce que tu peux nous partager une journée type ? Je me doute qu'il n'y a pas de journée type dans ton métier. Non, c'est ça qui est bien. Comment ça se passe ? Pour quel type de client est-ce que tu travailles ? Comment ça se passe ? Donne-nous des détails, on veut tout savoir.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Ok. Journée type, il y a un peu deux journées types différentes. Tu as les journées où il y a le shooting et les journées où c'est la postproduction. Deux journées très différentes. Il y a une journée où tu es vraiment actif en train de faire des photos et de rencontrer des gens. Tu as différents briefs et différents lieux et tout, donc tout est différent à chaque fois. Et tu as la post-prod que généralement, tu fais chez toi. Donc ça ressemble à un peu une journée de télétravail. Concrètement, tu es devant ton écran en train de faire tes retouches, machin un tranquillou. Ça, c'est les deux types de journées. Et moi, généralement, je fais dans mon planning, en gros, une journée shooting, une journée post-prod. J'essaie de ne pas avoir 1 000 journées de shooting d'affilée, sinon tu n'as pas le temps de faire la post-prod et les clients ne sont pas contents parce qu'ils n'ont pas les photos assez vite. Il faut un peu tout mettre. Et après, il y a des journées off, mais je n'en ai pas beaucoup.

Camille (Chance)

Ça marche. Là, tu es en freelance ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est bien ça ? Oui, toujours été en freelance. Du coup, Je n'ai jamais été salarié. Ok.

Camille (Chance)

Est-ce que tu penses que ta formation t'a aidé ou est-ce que c'est un métier où tu peux être autodidacte, tu n'as pas forcément besoin d'être formé là-dessus ? Qu'est-ce que tu en as ajouté sur le sujet ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

Bonne question. Non, je pense que ça m'a aidé. Je pense que si... C'est mon avis personnel, mais pour moi, les 100% artistes ont vraiment du mal à s'en sortir d'un point de vue commercial. Par exemple, que ça soit photographe ou vraiment, j'ai envie de faire des photos un peu what the fuck très artistiques et tout. Mais cool, mais ça ne va pas se vendre. Donc, tu ne vas pas forcément faire de l'argent. Et si tu n'as pas un minimum de connaissances en marketing ou en réseaux sociaux, personne ne va voir ton travail et du coup, personne ne voudra t'embaucher. Il y a vraiment ce côté-là qui est important. Et du coup, ça me sert, oui, clairement.

Camille (Chance)

Ok. Bonjour Léna qui nous demande ce que tu fais exactement en post-prod.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Alors post-prod, moi, je fais très peu de retouches. Ça va avec mes valeurs. Du coup, post-prod, pour moi, c'est... Sans rentrer dans les détails, ça va être de la chromie. Un peu, il faut imaginer comme un filtre Instagram qu'on applique sur des photos. Sauf que c'est plus compliqué que ça, évidemment. Mais ce n'est pas retoucher la tête des gens, les amincir et tout comme on pourrait imaginer. Moi, je ne fais pas ça en tout cas. C'est vraiment rendre la photo la plus jolie possible, modifier un peu les couleurs de la photo, des ombres, des lumières, le contraste, le grain de la photo. Parce que souvent, on shoote très On rajoute de l'argentique, on fait du four argentique. Du coup, on rajoute du grain en postproduction, on va faire genre c'est de l'argentique. Ce genre de truc.

Camille (Chance)

Ok, merci beaucoup. Aminata te demande: Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui veut se lancer ? Sachant que pour elle. Donc la photo est vraiment en complément dans son offre de community manager et non son activité principale. En termes de conseil, elle évoque notamment tout ce qui est matériel, formation, etc.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Alors formation, moi, j'estime qu'il n'y a pas forcément besoin d'avoir une formation pour être photographe. Dire que moi, j'ai fait les gobelins, mais j'aurais pu ne pas le faire, clairement. Je sais, je vais être la seule de Paris à dire ça, mais...

Camille (Chance)

Je suppose que le côté autodidact se développe quand même en ce moment.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Ouais, ouais, ouais, non, c'est parce que c'est une très bonne école. Tout le monde dit que C'est génial, mais je ne suis pas à cet avis. Donc, formation pas nécessaire. Matériel, par contre, oui. Pour la simple raison que ce n'est pas l'appareil photo qui fait la photo, mais c'est le bon appareil photo qui fait la crédibilité auprès du client. Si tu viens avec un appareil photo un peu pourri et qu'il a le même chez lui, il va se demander pourquoi il paye. C'est aussi concret. En fait, si tu arrives avec un appareil photo de ouf, ton client va être rassuré. Oui, tout à fait. Et un minimum de matériel lumière. Ça, c'est important parce que lumière naturelle, c'est cool, mais le jour où il fait moche, comment tu fais ? Tu dois être là et tu dois faire tes photos. Tu as un rendu à faire. Tu ne peux pas le refaire un autre jour. Il faut avoir du matériel lumière. Donc, un minimum de flash ou de lumière continue pour gérer toutes les situations.

Camille (Chance)

Ok. Merci beaucoup. François demande comment tu as trouvé tes premiers clients dans la mode. Est-ce que c'est grâce à tes contacts via les ou blanc, il y a des collaborations avec des marques, des modèles ou autres ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

Mes premiers clients, c'étaient des gens qui étaient dans mon école de commerce, qui avaient leur premier job en entreprise et quelques-uns qui étaient dans l'alimentaire, l'hôtellerie ou la mode et qui Ils ne connaissaient aucun photographe, ils me connaissaient moi. Ils m'ont appelé. C'était assez simple, c'était par contact. Mais en vrai, la plupart de mes clients viennent par contact, je ne fais pas de démarchage. Donc, c'est Instagram, c'est bouche-oreille.

Camille (Chance)

Ok, trop bien. Ce qui m'amène à la question suivante de Lena: au bout de combien de temps as-tu pu vivre de la photo ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est-à-dire ce qu'on appelle vivre de la photo. Ça dépend le budget de chacun. Parce que moi, au début, j'ai commencé en 2013, j'étais encore étudiante, donc j'ai fait le fameux job étudiant serveuse dans un restaurant italien. Je n'en vivais pas, mais en même temps, c'était quand même un plus intéressant. Du coup, franchement, je dirais peut-être quatre ans, cinq ans, mais en vivre franchement. Ok. Ça me vient bien.

Camille (Chance)

D'accord, ça marche. Et du coup, ça, c'est moi qui pose la question, ça m'intrigue beaucoup. Comment est-ce que tu fais en termes de règlements ? Puisque là, tu es freelance, tu nos forfaits ou alors c'est au nombre de photos ? Comment ça se passe ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

Chacun a un truc différent. Généralement, en mode, c'est à la journée. C'est à la demi-journée ou la journée de photo. Et surtout, tu factures les droits, les cessions de droits. Quand tu es photographe, surtout aux États-Unis, le plus gros budget, c'est de céder les droits des photos. C'est-à-dire que tu as la prestation. Je viens une journée faire des photos avec mon matériel, machin. Mais ça, ça ne te donne pas le droit d'utiliser les photos. Et après, tu fais aussi la cession de droits et c'est là où tu fais du business.

Camille (Chance)

Parce que là, tu bosses à l'international ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

J'ai bossé à l'international et depuis le COVID, beaucoup moins. Mais de temps en temps, on m'emmène dans des shootings un peu cool à l'étranger.

Camille (Chance)

Ce qui m'amène à ma question suivante qui est un peu liée, je pense: quelles sont les rencontres qui t'ont marquées, les personnes qui ont vraiment été, finalement, qui ont joué un rôle important dans tes prises de décisions, notamment de faire ce métier-là ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'était un copain de l'époque, quand j'étais encore en école de commerce, qui lui faisait une école d'art assez réputée à Paris, et il avait des cours de photo. Et en fait, moi, j'ai une famille très terre à terre, où clairement, photographe ou artiste, ce n'était pas du tout une option, ce n'était pas un vrai métier. Donc, c'est pour ça que je fais école de commerce. Et j'avais besoin de quelqu'un qui me montre que c'était une vraie voie professionnelle, que ça puisse se faire, que j'ai peut-être un quelconque talent, c'était même une option. Et en fait, il m'a montré ça. Donc je le remercie. Merci David d'avoir cru en moi. Parce que c'est vraiment lui où j'ai acheté un appareil photo au tout début, j'ai commencé à faire des photos de copine et tout. C'est comme ça que ça a commencé. C'est lui qui m'a poussé à faire mieux, à apprendre Photoshop. Il me critiquait beaucoup. Au début, c'était dur. C'était trop dur. Mais bon, ça m'a fait évoluer. Grâce à lui, je suis photographe.

Camille (Chance)

Ok, trop bien. Léna te demande du coup, et je pense qu'on veut tous savoir quel est le plus gros projet que tu aies fait.

Nelly Briet (Photographe de mode)

En termes de nom, de trucs qui parlent aux gens, ce n'est pas du tout un gros projet, mais je travaille pour printemps, je fais des photos pour eux. Mais c'est du e-shop, donc c'est les fonds blancs, machin, donc ce n'est pas un gros projet pour moi en tant que tel. Mon plus gros projet, en fait, les trucs que je préfère, c'est les éditos. Donc c'est encore un truc particulier, c'est vraiment dans notre monde. En gros, il y a différents types de shootings. Tu as les... Je n'ai plus de lumière. Attends, j'arrive.

Camille (Chance)

Tu as de la lumière, nous disons donc.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Je l'avais là, du light.

Camille (Chance)

Bien, tu nous fais une petite mise en situation.

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est parfait. C'est mon flash qui s'est arrêté parce que là, j'ai mon On est tous derrière. Du coup, les éditos. Tu as les shootings commerciaux où tu es rémunéré. Les shootings éditos où, généralement, tu n'es pas rémunéré, c'est les photos que vous voyez dans les magazines. C'est un mythe qu'on est payé pour le faire. Généralement, on ne l'est pas. Ou des C'est un peu comme ça, c'est-à-dire que tu as les idées. Et après, tu as les photos personnelles, les projets perso. Le truc que je préfère, c'est les éditos, parce que tu as quand même toute une équipe qui est là pour ton projet. Généralement, tu as le maquilleur, coiffeur, tu as le styliste, tu as différents Tu es un mannequin, tu as plein de gens. Et c'est un peu toi qui fais le chef d'orchestre. Tu dis: Moi, je veux que ça soit comme ci, comme ça, comme ça. Et tu crées la photo que tu veux. Pardon ?

Camille (Chance)

C'est ce qu'on voit un peu dans les films, finalement.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Oui, c'est ça. C'est un peu ça. C'est plutôt édito. Alors que commercial, en vrai, tu as un client derrière. Donc, tu es technicien pour le client, si tu veux. Tu as beaucoup moins ton mot à dire. Lui, il a peut-être sa DA déjà et du coup, tu fais ce qu'il faut. Donc, le projet le plus fun, c'est ça. Et moi, j'ai un shoot en particulier qui était dans le colza, dans un champ de colza, avec des matières trop belles et je trouve qu'il fait. C'est mes photos préférées que j'ai faites pour l'instant. Ok, merci.

Camille (Chance)

Alors, plein de questions. François te demande si tu veux être artiste-auteur pour faire de la cession de droit sur tes photos, est-ce qu'avec un statut d'autoentrepreneur, c'est possible aussi ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

Je réponds oui, c'est possible. Oui, c'est un énorme bordel, ce truc d'artiste-auteur et statut d'autoentrepreneur. J'ai les deux statuts parce que c'est trop chiant. En fait, le statut de auteur est plus avantageux d'un point de vue protection sociale, fiscale et compagnie, mais est insupportable à gérer au jour le jour et pour les clients qui ne comprennent pas du tout comment ça marche. Donc en fait, qui veulent se lancer en tant que photographe, artiste-auteur, sachez qu'il va falloir faire beaucoup d'explications à vos clients pour qu'ils comprennent comment ça marche, qu'ils doivent payer un truc en plus que ce que vous facturez déjà et tout. C'est un bordel. Donc tu peux faire de son droit aussi en auto-entrepreneur. C'est un peu moins idéal, mais j'ai déjà eu des gens à Gessa au téléphone qui m'ont dit que c'était OK. Ok.

Camille (Chance)

Merci beaucoup François. J'espère que ça répond à ta question. Lena te demande comment tu as fait pour dépasser la peur de faire un métier artistique qui n'était donc pas considéré par ton emploiage comme un vrai métier, dépasser finalement la peur de ne pas avoir un revenu fixe ou sûr.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Deux questions différentes. La peur de faire un métier artistique, je n'ai jamais eu trop peur. J'ai eu l'expérience de faire des stages en entreprise. Je su tout de suite que ce n'était pas du tout, mais pas du tout que je voulais faire. Donc, j'étais un peu obligée de faire un truc freelance. Je n'ai pas du tout d'appétence pour le côté salariat. J'ai du mal avec les ordres directs, avec l'autorité. Donc, c'était sûr que j'allais être seule, faire un truc solo. Donc freelance, ça aurait pu ne pas être artistique. Mais quand j'ai vu que j'avais des premiers clients sans trop chercher, vu que je n'ai jamais démarché, je me suis dit: En fait, ça se fait tout seul. Tu commences un premier client et puis après, tu mets tes nouvelles photos dans ton book. Et puis tu as d'autres gens qui vont te contacter pour ces trucs. Et puis, au fur et à mesure, tu améliores ton book et puis tu as des nouveaux clients.

Camille (Chance)

Ok.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Statut autre empruneuse, attends. Est-ce que j'ai tout fait ? Oui, dépasser la peur de ne pas avoir de revenu fixe. Je n'ai pas trop de peur de ne pas avoir de revenu fixe parce que c'est un choix. C'est-à-dire que ça va être le truc de je rejette le salariat, donc je rejette le revenu fixe. Et je ne peux pas avoir les deux.

Camille (Chance)

Ok.

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est une préférence, on va dire.

Camille (Chance)

Ok. Ce qui m'amène à la question suivante qui est un peu liée finalement: quelles ont été tes hésitations majeures quand tu t'es lancée comme photographe ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

La peur que ça ne marche pas. En fait, ce n'est pas la peur de ne pas avoir d'argent, même si forcément, ça compte. Mais je me suis toujours dit que je ferais peut-être un petit boulot à côté et que je m'en sortirais. C'était plutôt la peur que tu tentes des trucs et et en fait, tu vois que ça fait un gros flop en face, où genre la peur de... Tu as un client qui te demande un truc et tu n'es pas 100% sûr de savoir le faire et tu le tentes quand même. Tu es en mode: Je ne suis pas sûr d'avoir le matos, je ne suis pas sûr de savoir le faire, de voir les compétences, mais allons-y. Et là, tu flippes et en même temps, tu apprends. Donc, je conseille d'accepter les trucs comme ça.

Camille (Chance)

Est-ce que tu as un exemple de projet vraiment spécial où tu t'es dit: Non, mais là, en En revanche, je ne sais pas faire ou alors c'est vraiment trop bizarre et je n'ai pas du tout envie d'y aller.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Là, récemment, j'ai fait un shooting. C'était la première fois que je faisais un truc comme ça. C'était un hôtel de luxe à Saint-Tropez. Ce n'était pas de la mode, mais c'était de la pub. Ça veut dire qu'il y a quand même des mannequins et des fringues et tout machin, mais le but, ce n'est pas de vendre les fringues, c'est de vendre autre chose. Donc là, on vendait les prestations de l'hôtel. Et en fait, particularité, c'est que je n'étais pas du tout le centre de l'attention parce que le truc principal, c'était le film. Il y avait toute une équipe de tournage. C'était quatre mecs avec un matos incroyable. Vraiment, ils avaient des valises de matos et moi, j'étais la petite meuf à côté, genre: Coucou, je viens faire quelques photos. Et voilà. Et en fait, j'étais clairement la pièce rapportée, mais c'était super intéressant de les voir bosser et moi, de faire des photos pendant qu'eux, ils tournaient. Ce qui n'est pas la même chose que de faire poser la mannequin pendant une séance photo. C'est deux trucs très différents. Du coup, ça, c'était un peu... Genre, j'aurais pu refuser parce que ça me mettait pas spécialement en valeur et ce n'était pas dans ma zone de confort, mais c'était trop cool.

Camille (Chance)

Pourquoi photographe de mode spécifiquement ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

Photographe de mode parce que je trouve que c'est le plus fun et le plus créatif pour moi. C'est très personnel pour le coup. Tout ce qui est en fait, photographe, mariage, portrait, famille et compagnie, je trouve que ce n'est pas assez créatif et il y a quand même un côté assez rébarbatif. Je ne sais pas, pour moi, c'est mon idée et j'avais un côté... En fait, j'avais envie que mes photos puissent être imprimées et affichées quelque part. Et pour moi, la photo de madame Michu avec son chien et je ne sais pas quoi, ce n'est pas un truc que tu mets dans ton salon. C'est pour elle, dans son salon à elle, mais moi, je voudrais que ça soit dans le salon des autres. Du coup, pour moi, le truc, la photo qui se rapproche le plus de la photo d'art, mais qui soit commerciale, donc tu gagnes ta vie, c'est la photo de mode.

Camille (Chance)

Ok, trop intéressant. Et du coup, dans le cadre, si on fait un petit lien avec Chance, tu le sais aujourd'hui, pour Chance, un métier qui a du sens pour toi, un projet qui a du sens pour toi, c'est l'alignement de ces fameux quatre piliers: métier, finalité, environnement et impératif personnel. Finalement, quel sens est-ce que tu trouves dans ta vie pro aujourd'hui ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

Je reprends les quatre piliers. On avait le métier, la finalité, l'environnement, les impératifs personnels. Moi, il m'en manque un sur les quatre, mais du coup, les trois que j'ai. C'est le métier, donc les missions de quotidien, etc. Il n'y a pas de journée type. Chaque shooting est différent. Je rencontre tout le temps des nouvelles personnes et c'est vraiment le setup que j'aime. Même les missions que j'ai au quotidien, je fais des photos de gens très beaux, donc c'est quand même très cool. Globalement, ce n'est pas désagréable. L'environnement, moi, j'adore parce que c'est pareil, tout le temps différent. Des fois, je vais à l'étranger, c'est parfois à l'intérieur, parfois à l'extérieur. On voit des lieux que peut-être d'autres personnes ne verraient jamais, des magnifiques apparts' haussmanniens, des trucs. Donc trop cool Un peu à l'attif personnel, pour moi, j'ai besoin d'une grande autonomie, grande flexibilité et là, on y est à fond. C'est-à-dire que mes horaires sont flexibles, ma rémunération est flexible et à partir du moment où on est un minimum installé, on peut imposer son tarif comme on veut et ses horaires comme on veut. Donc c'est trop cool. Et le truc qui me manque, c'est pour ça que j'ai fait chance, c'était justement le côté la finalité.

Nelly Briet (Photographe de mode)

En gros, quel était le sens profond ? Qu'est-ce que j'apportais grâce à mon métier ? Et moi, ça va un peu contre mes valeurs. C'est ça le problème de photographe de mode, c'est que je suis très écolo. Et donc, du coup, le côté j'aide des marques à vendre plus, de trucs qui ne sont pas nécessaires. Ça, ça me pose des problèmes. Il y a aussi un autre côté qui, pour moi, dans mon métier, pose problème, c'est le côté où on est très dans le métier de l'image. Et du coup, sur la confiance en soi et l'image de soi, ça a un énorme impact en tant que femme Parce qu'on est tout le temps entouré de gens extrêmement beaux, on parle de beauté tout le temps. Donc, ça devient un truc qui devient normal et très prenant.

Camille (Chance)

Oui, alors qu'en fait, c'est leur métier finalement.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Non, bien sûr. Mais je veux dire que ça a un impact un peu comme quand on était jeune et qu'on regardait les couvertures de mes vidéos de magasin. Ça te brainwash un peu. Du coup, par exemple, une meuf que moi, je trouve belle, ça ne va pas être la même meuf que les gens trouvent belle. Parce que j'ai vu des meufs extrêmement belles. Donc du coup, une fille que tu vas trouver belle, je vais la trouver bof.

Camille (Chance)

Oui, ça te...

Nelly Briet (Photographe de mode)

Ça te tient pas très bien. Exactement. Et du coup, toi-même, tu ne peux pas te trouver belle vu que tu as des gens magnifiques tout le temps autour de toi. Donc ça, c'est un côté négatif de ce métier.

Camille (Chance)

Oui, ça crée finalement une sorte de syndrome de l'imposteur.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Je ne sais pas si c'est un syndrome d'imposteur, mais ça joue sur ta santé mentale. Pour moi, c'est ça. Ça a un impact sur la santé mentale. Ok.

Camille (Chance)

Du coup, Lena te demande si, pour toutes ces raisons-là, tu te vois faire ça toute ta vie ou est-ce que tu penses que ça peut te donner, au bout d'un moment, l'envie de te détacher de tout ça ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est pour ça que j'ai fait chance. C'est pour ne pas faire ça toute ma vie. En fait, C'est ça. J'ai fait Chance et ça m'a beaucoup aidé pour avoir plein de pistes. J'ai adoré ma coach et je n'ai pas encore trouvé exactement ce que je veux faire, mais idéalement, je ne serai plus dans le milieu de la mode. Je serais dans un truc qui est plus en raccord avec mes valeurs, donc peut-être plus la nature, l'écologie, compagnie. Après, ça peut être un photographe, pas de voyage, mais essayer d'avoir commercial, mettre des trucs éco-responsables, outdoor ou outdoor, ce genre de trucs à avoir. Tout est possible.

Camille (Chance)

D'après toi, quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon photographe ? Et je mets photographe vraiment au sens large et pas forcément de mode, puisque ce n'est pas forcément ce que tu as envie de faire par la suite.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Je dirais adaptabilité parce qu'il y a des trucs, des fois, il faut être prêt à l'imprévu. C'est bizarre, mais il faut avoir le mindset de dire: OK, ce que j'ai prévu, ça ne va pas pouvoir se faire. Peut-être qu'il va faire trop moche, peut-être que la mannequin ne sera pas comme on avait espéré, peut-être que machin, mais il faut que tu arrives à le faire marcher. Donc un peu d'inventivité, de créativité et un très bon sens relationnel. Parce que ça joue beaucoup. C'est comme ça aussi qu'on se fait des nouveaux clés, c'est le bouche-à-oreille. Ça veut dire qu'ils t'ont trouvé sympa, ils ont aimé les photos et les deux ensemble, ça matche. Mais s'ils t'ont trouvé désagréable et qu'ils ont aimé les photos, ils ne vont pas refaire appel à toi. Donc très bon relationnel OK.

Camille (Chance)

Léna, tu demandes quelle est la partie que tu préfères dans ton métier ?

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est le côté créativité et jamais la même chose. Il n'y a pas de routine Jamais. C'est trop cool. J'ai rencontré plein de gens aussi. Et je trouve que j'ai 33 ans. Je crois que j'ai dit 32.

Camille (Chance)

Non, tu as dit 33.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Je suis satisfaite. Je trouve qu'à 33 ans, de traîner régulièrement avec des gens plus jeunes. C'est très cool. C'est-à-dire que j'ai souvent des gens qui ont 20 ans, qui se travaillent et tout. Ça peut arriver dans l'entreprise aussi. Mais pour moi, c'est vraiment les gens à qui je travaille, au final, c'est vraiment entre 20 et 30 ans. Dans la mode, c'est quand même très restreint. Et ça, c'est cool, je trouve. Tout le monde est créatif, tout le monde a envie de faire des trucs, passionné.

Camille (Chance)

Ok. Et quel serait, selon toi, de côté, on va dire... Non, attends, je reformule ma question et je la poserai après, parce que je n'arrive pas à sortir les mots de mon cerveau. Je vais rebondir sur François, qui te demande comment bien réussir sa communication en tant que photographe dans le but de toucher de potentiels clients Puisque toi, tu n'as pas eu besoin de forcément démarcher, mais tu as dû bien communiquer à un moment donné. Tu te demandes s'il y a des réseaux, si c'est Internet, ça marche.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Il y a un peu de décolle là-dessus. Moi, je suis en scène école, vu que j'ai 33 ans, mais je vais répondre avec mon avis personnel. Moi, je trouve que la communication, ce que j'ai fait dès le début, j'ai fait des cartes de visite, à l'ancienne, avec un logo. J'ai fait un site internet, très important. Et après, quand il y a eu Instagram, j'ai fait mon Instagram. Mais j'avais déjà tous ces trucs-là. Et moi, je trouve que là-dedans, le site internet, c'est le plus important. Parce qu'en réalité, Instagram, ça peut faire très cheap. En tant que photographe pro, si tu veux mettre des tarifs intéressants, donc pas 200 € la journée, il faut que tu aies un site internet pour montrer que tu es professionnel, donc que tu as investi du temps, de l'argent dans un truc pro. Pareil, je ne sais pas, pour n'importe quelle marque. Si tu as un logo qui est dégueulasse avec aucun investissement derrière, ça ne te donne pas confiance. La communication, les réseaux sociaux, je n'avoue, je ne suis pas la best. Il faut avoir clairement une présence sur Instagram. Moi, je ne pense pas que ce soit utile de faire des pubs Instagram ou de poster tous les jours.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Chacun fait à sa sauce, mais il faut une présence. Il faut avoir une espèce de book sur Instagram. Il faut surtout absolument un site internet avec son book sur le site internet. Et LinkedIn, c'est l'accessoire pour moi. Et puis, il y a un moyen de donner ton site internet ou ton contact à des gens que tu croises. Moi, c'est comme ça que je vais aussi mes premiers clients, c'était comme je disais, le bouche-à-oreille. Je vais en soirée, je dis: Je suis photographe, machin truc. Ouais, trop cool, je connais machin truc. Ils fait ça. Et la carte et après, on me rappelle.

Camille (Chance)

Ok, trop intéressant. Et du coup, Lena te demande quelle est la partie de production qui te fait le plus vibrer. La découverte du projet, la prise de photo. Tu parlais du fait que toi, ce que tu kiffes le plus, c'est vraiment les éditos. Mais finalement, Qu'est-ce qui te- La post prod, ça me fait pas vibrer du tout.

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est le article que je déteste le plus.

Camille (Chance)

C'est la partie compta du métier de salarié, la partie administrative.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Ce n'est pas la compta à la post prod pour te dire.

Camille (Chance)

J'aime bien faire ma compta.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Surtout, depuis, je gagne mieux ma vie. En vrai, ce qui me fait le plus vibrer, c'est la partie créa. Ça va être choisir l'ambiance, la lumière, faire le booking des mannequins, j'adore aussi. C'est très cool. En gros, tu as ton idée de photo ou de projet et on t'envoie un milliard de profils, tu dis: Ouais, c'est elle. Non, c'est peut-être elle. Et tu te projettes avec les filles et tout. Ça, je trouve cool. Et après, être sur le set, moi, j'aime bien aussi. Il y a un côté de photographe, je pense photographe tout court, pas que mode, où tu es un peu le géo, tu es un peu l'animateur. Il faut que tu fasses l'ambiance. Parce que l'ambiance qu'il y aura sur le set ou dans le shooting va impacter sur les photos. Donc, il faut que les gens soient de bonne humeur, généralement. Vas-y, tu fais la vibe et tu parles et machin, et tu mets la musique. Et ça, c'est cool. C'est quand même une partie un peu sympa.

Camille (Chance)

J'aime bien l'expression, tu es un peu le geo sur le plateau.

Nelly Briet (Photographe de mode)

C'est pour ça que je suis allé au Club Med.

Camille (Chance)

C'est ce que j'allais dire. Trop bien. Merci beaucoup. On peut prendre une dernière question si les participants le souhaitent et ensuite on arrêtera là puisque c'est déjà 18h28, donc il nous reste deux petites minutes. Mais trop intéressant, comme je le disais en préambule. Moi, je ne connaissais pas du tout ce métier, donc C'est hyper intéressant. Question qui est top. Ça a été difficile. Très bonne question.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Je trouve que c'est difficile par certains aspects et plus facile par d'autres parce qu'il y a beaucoup de mannequins femmes. En tout cas, dans la mode, c'est très féminin. Et du coup, de plus en plus, on privilégie les photographes femmes. Parce qu'il y a ce côté où la mannequin va se déshabiller, là, ce sera devant une femme et pas devant un homme. Tu n'as pas peur qu'elle se fasse harceler et compagnie. C'est vrai qu'il y a des photographes hommes très limites. Et difficile, peut-être plus comme dans tous les métiers, pour la crédibilité. On va peut-être faire plus confiance à un mec en se disant: Il va plus s'assurer, il va pouvoir porter plus de matos Je ne sais pas. Mais je pense que c'est comme dans tous les métiers, en vrai. Il y a quand même un côté on valorise les femmes quand même un peu dans la photo.

Camille (Chance)

C'est intéressant. Super. Écoute, merci beaucoup Nelly. Le live est terminé. Je vais mettre en commentaire dans le chat, le lien vers la page entraide de chance, puisque le but de ces live, c'est surtout de créer de l'entraide. On a tous eu besoin de quelqu'un dans notre vie pour nous mettre en relation avec quelqu'un d'autre, nous aider à créer du réseau. N'hésitez pas, pour les participants qui n'ont pas encore été dessus, à vous inscrire. Et vraiment, merci pour tout. C'était hyper intéressant. Merci d'avoir pris le temps. Et Nelly, n'hésite pas à nous communiquer également ton site internet, qu'on puisse l'envoyer à notre groupe.

Nelly Briet (Photographe de mode)

briet.com

Camille (Chance)

Et ton Insta.

Nelly Briet (Photographe de mode)

Nelly Briet. C'est plus simple que ça. Ça, c'est un peu plus simple pour les sites internet et les Insta, les gens qui n'ont pas envie de se prendre la tête avec ça.

Camille (Chance)

C'est parfait. Merci beaucoup. Je vous souhaite à tous une très bonne soirée et n'hésitez pas à nous contacter si vous avez d'autres questions. À bientôt, Nelly. Au revoir.

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