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Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouveau live métier avec Stéphanie pour le métier de podcasteuse. Bonjour Stéphanie.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Hello à tous.
Marine (Chance)
Merci beaucoup d'avoir donné 30 minutes de ton temps pour partager la réalité de ton métier. Ce chat est interactif. L'idée, c'est que vous puissiez poser toutes vos questions pour Stéphanie au fur et à mesure. Vous pouvez, si vous voulez, commencer par nous dire d'où vous nous écoutez. Je sais qu'il y a des gens un peu de partout: Paris, en dehors de Paris, en dehors de France, même parfois. Donc, n'hésitez pas à nous dire. Et aussi pourquoi vous êtes là. Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que c'est un projet que vous avez de créer ou de lancer un podcast ? C'est toujours chouette de savoir. Je vois qu'on a des gens de Paris, de Cacre, de Bretagne, de Toulouse, Londres. Voilà, ça commence. Il y a plein de monde au rendez-vous. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Chance, on est une communauté d'entraide et une méthode pour permettre à chacun de trouver sa place dans le monde du travail. Et une ressource qui est super utile pour ça, c'est de rencontrer des professionnels qui exercent ces voies professionnelles pour savoir si oui ou non, on s'y projette et aussi savoir la réalité terrain d'un métier.
Marine (Chance)
C'est ce qu'on va faire aujourd'hui avec Stéphanie. Encore merci pour ton temps. Ma première question pour toi, ce sera: est-ce que tu peux nous dire un peu ton parcours, qui es-tu et comment tu es arrivée à exercer ce métier ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Bien sûr, avec plaisir. Merci à tous d'être connectés. Je reconnais quelques noms, donc je les salue. Ils se reconnaîtront. Moi, mon parcours, assez classique, à la fin de ma terminale, j'avais un peu du mal à savoir ce que je voulais faire. Je me suis dit: Parcours généraliste, école de commerce. Et puis, j'ai rejoint pendant sept ans un grand groupe e-commerce international. Vous vous douterez certainement de qui il s'agit, dans lequel j'ai exercé plusieurs métiers. Et en fait, j'avais rejoint cette entreprise parce qu'elle me permettait justement de passer d'un métier à l'autre. Donc, j'ai fait du marketing, de gestion de projets, de l'account management. Et au fond de moi, je savais que ce n'était pas la voie qu'il me fallait. Et j'ai eu la chance en tout dernier poste au sein de ce grand groupe, de lancer leur programme philanthropique en lien avec l'éducation. Et donc, ça a fait germer en moi cette envie de continuer à avoir de l'impact positif, et notamment dans l'éducation, puisque j'ai aussi une histoire familiale particulière dans le monde de l'éducation. Et donc, en étant au sein de ce grand groupe e-commerce, j'ai décidé de monter mon podcast en parallèle en side project, puisque j'avais un peu peur de me jeter tout de suite dans le bain du podcast, et peut-être qu'on y reviendra de pourquoi le podcast.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Mais voilà, en 2020, j'ai occupé en parallèle ces deux activités. Donc, un programme philanthropique au sein d'une entreprise et mon podcast. Et en fait, j'ai eu la bonne idée de le lancer juste avant le premier confinement. Donc, c'était en février 2020. Et c'était l'époque où les podcasts ont explosé en France. Ça m'a donné des ailes un an plus tard pour me lancer à mon compte en indépendante avec le podcast, qui est le podcast Les Adultes de Demain, qui donne la voix à celles et ceux qui changent le monde grâce à l'éducation. On parle d'enfance, de jeunesse et d'éducation. Et c'est aujourd'hui mon métier à plein temps.
Marine (Chance)
Bravo pour tout ça. La première question qui me vient, et n'hésitez pas dans le chat, je reprendrai les vôtres, c'est: comment tu te lances ? Comment ça part de: Tiens, j'ai une petite envie, ça pousse, et à: Le podcast naît.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Déjà, je trouvais que le podcast... Moi, j'écoutais beaucoup de podcasts et j'ai l'impression que c'est le cas des participants qui sont là et qui ont un peu cette envie de se lancer, c'est que j'en ai écouté beaucoup et je trouvais que c'était un format culturel qui avait assez peu de barrières à l'entrée dans le sens où je voyais beaucoup de personnes autour de moi se lancer en étant totalement autodidactes. Moi qui peux avoir ce manche syndrome de l'imposteur, je me disais: Tiens, c'est un format où au final, je n'ai pas besoin d'avoir un bac +5 pour me lancer. Et c'est totalement le cas. Il existe beaucoup de formations hyper rapides ou même beaucoup de vidéos pour se lancer dans le podcast. Et donc, je me disais: Je me sens de me lancer sur ce projet en même temps que mon métier de salarié. Ça m'engagerait peu de choses, hormis du temps. Et en fait, j'ai décidé de lancer un podcast au format interview et je me suis très rapidement prise au jeu puisque j'avais la chance toutes les semaines de rencontrer des personnalités extraordinaires du monde de l'éducation et de la parentalité. Au fur et à mesure, moi, je faisais ça pour la petite communauté que j'avais et j'ai vu vraiment que ça a explosé.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Rapidement, la Maison C'est là que l'expédition Atier m'a demandé de faire un livre autour des meilleurs épisodes du podcast. Je pense que c'est vraiment là où je me suis dit: Tiens, je pense que ça peut être un vrai métier et je peux m'épanouir dedans. C'est ce qui m'a vraiment donné ce ce petit coup de pied pour prendre un risque et me lancer en indépendante.
Marine (Chance)
C'est génial. Et qu'est-ce qui fait d'après toi ? Parce qu'effectivement, il y a énormément de podcasts qui se lancent tout le temps en France. Qu'est-ce qui fait d'après toi que tes écoutes, elles ont vite décollé, que tu as trouvé ta cible, que tu as été repérée pour faire un livre ? Ça fait un peu success story. Qu'est-ce qui a été les ingrédients d'après toi qui ont fait que ça a assez parti si vite ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Déjà, il y a le contexte, comme je le disais, la conjoncture. Le COVID a été extrêmement positif pour les podcasters et donc là, c'est un énorme coup de chance, puisque je me suis lancée avant le premier confinement, donc tous les confinements se sont enchaînés, que j'ai été sur un sujet tout de même que je maîtrisais et où j'avais vu qu'il y avait assez peu de podcasts qui le traitaient de cette manière-là en format interview. Donc, je me disais qu'il y avait de la place. Que c'était il y a quatre ans. Donc, les podcasts n'étaient pas aussi développés qu'aujourd'hui. Mine de rien, il y a quatre ans, il y avait déjà moins de podcasts. Et l'autre élément qui est non négligeable, c'est qu'au tout début, je me suis lancée avec ma mère, Sylvie Desclebs, qui a une grande histoire dans le monde de l'éducation et qui a notamment écrit plus de 80 livres. Elle, elle est très engagée autour des pédagogies alternatives et elle, elle avait déjà une communauté très engagée qui la suivait. Ça, c'est sûr que ça m'a énormément aidé parce que c'est tout l'enjeu quand on se lance dans le podcast, c'est comment développer sa communauté fidèle et engagée.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Mine de rien aussi, tout ce que j'avais appris dans mon entreprise précédente en termes de marketing, je l'ai vraiment mis à contribution pour le lancement du podcast.
Marine (Chance)
Super, hyper C'est intéressant, oui. Parce que c'est vrai que souvent, on a un peu un sujet passion et on se lance tout de suite. Et c'est vrai que c'est des questions à se poser de: Quelle est ma cible ? Est-ce qu'il y a de la concurrence ? Comment me positionner par rapport aux autres ? Je vois que les questions commencent à...
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Mais peut-être que je Je vais rajouter aussi, je pense, la clé de succès, c'est la persévérance et le fait de respecter toujours la fréquence. Moi, je m'étais fixée un épisode par semaine, donc certes, ça me faisait beaucoup de travail en même temps que mon métier de salarié, mais le fait d'avoir tenu dans le temps fait aussi que je pense que ça a permis de garantir cette communauté engagée.
Marine (Chance)
Oui, tout à fait. La fréquence, c'est s'y tenir. Je prends les questions au fur et à mesure. Il y a Louise qui dit: Super parcours. La question de la monétisation du podcast vient dès qu'abordé la question de la création d'un podcast. À partir de quel moment avez-vous commencé à la monétiser et comment vous vous rémunérez aujourd'hui ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est la grande question.
Marine (Chance)
Et c'est le question de Daphné: comment tu gagnes de l'argent ? Quel est le business model ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est la grande question autour du podcast. C'est toute la difficulté quand on crée du contenu gratuit, c'est comment est-ce qu'on se rémunère, et d'autant plus dans le milieu du podcast qui s'est développé très rapidement et qui d'ailleurs, ce qui est très étonnant, c'est que par exemple, Spotify ne nous rémunère pas, à contrario des artistes qui sont rémunérés lorsqu'ils sont référencés sur Spotify. Les podcasters ne sont pas rémunérés encore, puisque je pense qu'il doit y avoir toute une évolution d'un point de vue juridique qui doit se faire là-dessus. Donc, moi, je me monétise en grande partie grâce au sponsoring sur le podcast. C'est le fait d'ajouter des messages publicitaires au début de chaque épisode. Ça, j'ai été chercher du sponsoring assez rapidement, puisqu'en fait, assez rapidement, j'ai atteint des paliers symboliques d'écoute. Souvent, on parle du palier symbolique des 10 000 écoutes par mois. Moi, je suis aujourd'hui à 50 000 écoutes par mois et je sens que j'ai un peu atteint mon palier max. Donc, au bout de 10 000 écoutes, j'ai commencé à contacter moi-même des marques. Ça, ça fait l'objet de toute une autre discussion de comment est-ce qu'on trouve des sponsors. Mais cette monétisation, elle s'est faite principalement de cette manière-là au début et j'ai eu la chance que ça fonctionne très bien au début.
Marine (Chance)
Super. Merci beaucoup, c'est très clair. Je continue de prendre les questions. Il y en a plein. Est-ce que tu as fait une étude de marché avant sur les podcasts qui existent sur la thématique, les formats ? Comment tu as fait pour choisir ton approche ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Oui, j'ai tout à fait regardé. De toute façon, c'était un sujet qui m'intéressait beaucoup. Donc déjà, j'avais une certaine connaissance de ce qui existait déjà. Donc j'ai regardé ce qui existait et je n'avais pas envie de proposer quelque chose de similaire. L'idée, c'était vraiment de trouver sa valeur ajoutée et de créer sa proposition de valeur. C'est un terme de marketing, mais qui trouve tout son sens, encore une fois, dans le podcast. Moi, ce qui est assez drôle, c'est que quand j'étais salariée au sein de cette entreprise, j'avais en plus une casquette d'intervieweuse, c'est-à-dire que j'avais passé des tests pour intégrer un programme qui faisait que je pouvais participer au recrutement des salariés. C'était quelque chose que j'aimais beaucoup faire, interviewer, et où j'avais été formée pour. Certes, ce n'est pas le même exercice, mais ça s'y apparente tout de même. Donc, naturellement, je me suis dit que l'interview, c'était le plus facile, sachant qu'en plus d'un point de vue technique, c'est beaucoup plus facile de se lancer dans une interview que dans du documentaire avec de l'habillage sonore et avec des montages qui sont bien plus techniques.
Marine (Chance)
Je suis d'accord, ayant moi-même un podcast sur format interview. C'est vrai qu'il y en a qui sont beaucoup plus durs à produire dès qu'il y a d'ingénieur son et d'ambiance sonore, etc. Il y a Gaëlle qui demande: Comment as-tu réussi à enregistrer une interview par semaine ? C'est un projet que j'ai, mais il faut réussir à trouver des gens qui acceptent d'être interviewés et à réussir à tenir cette fréquence.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Au début, moi, j'ai démarré avec des interviews uniquement en visio, donc via la plateforme qui s'appelle Zencastre. Je l'ai fait parce qu'au début, je n'avais pas le temps de me déplacer pour m'interviewer, sachant qu'aujourd'hui, je ne les fais plus en visio, mais je les fais tous à Paris. Ce qui veut dire que je coordonne avec mes invités pour, dès qu'ils ont des déplacements à Paris, lorsqu'ils ne sont pas Parisiens, de pouvoir les interviewer à Paris. Donc, au début, je n'ai fait qu'en visio. C'était assez facile de les caler pendant une heure de dej le soir, de préférence, pas le week-end. Je les faisais très peu le week-end et le week-end, je faisais la préparation d'interviews. Au début, ça me prenait beaucoup de temps. Et en réalité, maintenant, après mon expérience, j'attends bientôt les 200 épisodes d'interviews Je les prépare beaucoup plus rapidement. Ça ne m'a jamais semblé être une charge de travail très importante puisque, comme tu le disais, c'était de l'ordre, presque de la passion et du hobby. Donc, je le faisais avec grande joie. Mais ce qui ne veut pas dire qu'il faut, pour se lancer, nécessairement faire une interview par semaine. Ça peut être toutes les deux semaines ou ça peut être une fois par mois.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
En fait, le critère principal, et notamment pour les plateformes d'un point de vue vraiment algorithmique, c'est de se tenir à sa régularité. Donc, si vous lancez sur une fois par mois, il n'y a pas de problème. C'est juste qu'il faut bien le faire une fois par mois et pas louper un mois. Mais pour un démarrage en même temps qu'un travail salarié, vous n'êtes pas obligé de vous lancer sur une fois chaque semaine.
Marine (Chance)
Oui. Il y a Armand qui demande si tu conseilles des formations pour le podcast.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est une bonne question et ça tombe bien puisque j'ai deux amis qui lancent une formation. Les inscriptions se termine le 20. C'est les podcasteuses de Nouvelle Héroïne et de Crush. Vous pouvez aller les voir sur LinkedIn. C'est deux podcasteuses à grand succès, chacune pour des raisons différentes et sur des formats très différents. Et elles, je trouve qu'elles ont eu une approche extrêmement complémentaire. Donc, je vous conseille celle-ci. Si vous êtes pressé, les inscriptions se termine dans deux jours.
Marine (Chance)
Oui, J'ai mis dans le chat, c'est Céline Steyer sur LinkedIn et Marie-Charlotte de Croche. J'ai un trou sur le nom de famille de Marie-Charlotte.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
D'achin.
Marine (Chance)
Comment tu l'écris ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
D-a-c-h-i-n.
Marine (Chance)
Ok. Je vous ai mis dans le chat le nom si vous voulez retrouver Céline d'ailleurs sur LinkedIn, Marie Charlotte, qui effectivement lance une formation justement sur ça. Je reprends le fil des questions parce qu'il y en a beaucoup pour toi. Il y a Louise qui demande: Est-ce que tu travailles seule ou est-ce que tu as une équipe pour le le mix, la création graphique ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Très bonne question. Je m'entoure de beaucoup de freelances. Et ça, c'est hyper important au lancement de votre projet de podcast, c'est de créer cette communauté de freelances dont vous avez confiance. Moi, j'ai commencé avec un monteur, puis j'ai changé il y a deux ans. C'est Clara maintenant qui m'accompagne pour le montage. Et ça, j'en ai absolument en besoin parce que le montage, ça prend énormément de temps. Et moi, j'ai décidé très rapidement de ne plus faire le montage et de le sous-traiter en freelance pour gagner du temps pour développer d'autres activités. Et pour la partie graphisme, au tout début, je l'avais fait avec ma sœur. Il n'y avait même pas encore Canva, il me semble. Je ne me suis plus comment on l'avait fait. Ce n'était pas hyper beau, mais c'était efficace. Et maintenant, je fais appel à une graphiste. En fait, c'est juste pour faire le logo. Je le change. Peut-être tous les deux ans, je fais une petite mise à jour et sinon après tout le reste, je le fais moi-même sur Canva.
Marine (Chance)
Ok, merci beaucoup. Il y a Jenny qui demande: Le sponsoring suffit pour dégager un vrai salaire ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est une bonne question aussi. Au début, ça suffisait parce que j'en vendais... J'avais des sponsors tout le temps, c'est-à-dire tous les mois. Là, le modèle économique s'est complexifié avec le début de l'année 2024. Et ça, c'est commun à tous les podcasters. Je pensais que j'étais la seule, mais j'ai appris que non, je n'étais pas la seule dans ce cas-là. La première moitié de 2024 a été extrêmement compliquée pour les podcasters d'un point de vue sponsoring et donc budget marketing des annonceurs. On dit que c'est des JO, mais je ne vois pas trop pourquoi. Et donc heureusement, avant ça, j'avais déjà exploité d'autres opportunités financière pour moi, puisqu'en fait, vous voyez, là, moi, ce qui m'était jamais arrivé, mais entre janvier et mai, je n'avais aucun sponsor. Ça veut dire aucune entrée d'argent grâce au sponsoring pendant cette période-là. Ce qui aurait pu me mettre en très grande difficulté financière si je m'étais basée uniquement sur ce business model-là.
Marine (Chance)
Ça me fait poser l'autre question: comment tu as réussi à développer d'autres sources de revenus pour palier au fait que le podcast peut ne pas toujours rémunérer ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Très bon point. Déjà, j'ai ajouté d'autres éléments dans mon offre. J'ai un kit média, donc évidemment, l'offre qui marche le mieux, c'est le sponsoring. J'ai une autre offre maintenant. Je m'inspire d'autres podcasters où je vends des interviews. Je me limite à six par an et je les vends aux marques. Je leur pique toujours qu'il y ait leur deux questions pendant 45 minutes, que je fasse de la pub pour leur produit ou leur service. L'idée est de trouver un angle éditorial intéressant pour ma communauté. Je préviens ma communauté que cet épisode des soutenus par la marque. Et évidemment, une fois à un moment dans l'interview, je parle du produit et du service. En tout cas, je pose une question à la personne que j'interviewe pour évidemment les mettre en avant, mais sans que ce soit du contenu publicitaire pendant 45 minutes d'interview. Donc ça, c'est une offre qui fonctionne bien. Il y a autre chose que je fais, c'est que malgré moi, je suis devenue aussi studio de podcasts. C'est un grand mot parce que je suis toute seule et je travaille avec mes freelances, mais en fait d'autres organisations dans le milieu de l'éducation et de la parentalité m'ont contacté pour que je produise leur podcast de A à Z, à la fois dans l'associatif.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Là, ça, j'étais hyper contente, mais aussi des entreprises qui vendent des produits ou des services dans l'éducation. Je fais aussi de l'événementiel maintenant, donc des conférences en entreprise, de l'animation de table ronde, de l'enregistrement de podcasts live. Évidemment, après quatre ans d'interview sur l'éducation et la parentalité, j'ai quand même développer une casquette presque de journaliste sur le sujet. Il y a certains sujets sur lesquels je peux m'exprimer, que ce soit en entreprise ou pour l'événement. Et le dernier point, c'est qu'aussi, je développe de plus en plus des missions de freelance ponctuelles sur des missions de conseil en lien avec l'éducation et la parentalité. Ça m'a permis, au-delà du podcast, de développer une réelle expertise sur le domaine que je présente avec mon podcast.
Marine (Chance)
Je trouve ça hyper intéressant. Merci beaucoup et hyper riche parce qu'on voit comment, à partir d'un projet cœur, dans toi, l'éducation, tu peux réussir à construire d'autres piliers de revenus pour ne pas mettre tout le risque sur un. Donc c'est hyper intéressant. Merci beaucoup. Je vois qu'il y a une autre question de Gaëlle. Je continue à prendre des questions dans le chat. Es-tu passée par les réseaux sociaux pour te faire connaître ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Oui, évidemment, c'est un must have. Donc Instagram, moi, beaucoup. Je ne suis pas du tout sur TikTok. Je ne le consomme pas, donc je ne me suis pas encore lancée dessus. Donc Instagram, beaucoup. Facebook, un petit peu, parce que mine de rien, moi, pour ma cible qui est en majorité 35, 44 ans, Facebook est encore utilisé. Et maintenant, je suis beaucoup plus dynamique sur LinkedIn et je vois que c'est ce qui me permet d'avoir des missions de freelance comme je le présentais, de conseil sur l'éducation. Donc, je développe pas mal mon personal branding sur LinkedIn et je publie à chaque sortie d'épisode un post où je parle justement d'un sujet éducatif, généralement en lien avec l'actualité, que je relie justement avec la sortie de mon épisode.
Marine (Chance)
Ça me fait penser que je vais pouvoir mettre ton lien LinkedIn dans le chat, comme ça, on pourra te suivre aussi. Attends, je te cherche parce que c'est bon, je t'ai. On pourra le partager dans le chat si jamais vous voulez suivre l'actualité de Stéphanie. Une autre question qui revient. Évidemment, tu n'as aucune obligation de donner le chiffre exact. En moyenne, entre toi et le réseau de podcasters que tu connais, est-ce que tu pourrais donner une idée de la fourchette de salaire d'un podcaster ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est extrêmement variable. En fait, moi, de ma connaissance du marché de podcaster, et encore, je ne suis une experte, c'est que je dirais qu'il y en a 10 qui gagnent extrêmement bien leur vie. Par exemple, si vous écoutez Clémentine Gallet et Bliss, elle a une équipe de sept salariés, donc je pense qu'elles se rémunèrent très bien. Moi, je suis seule. C'est compliqué de vous donner une idée de salaire puisque étant tout à fait honnête, comme je suis indépendante, j'essaie de faire attention de comment est-ce que je me verse mon argent pour que ça me coûte le moins possible. Mais en Mais en gros, je dirais que je dois tourner autour des 3 000 € environ par mois. Mais je vous dis ça, c'est parce qu'aussi, j'ai beaucoup de notes de frais, etc. Ça dépend des missions que je rentre, mais je dirais ça, 3 000 € par mois. Ce qui est sûr, c'est que j'ai fait une baisse de salaire importante versus mon métier dans le salariat. Mais c'était un choix Évidemment aussi, je savais très bien que je vivrais cette baisse-là.
Marine (Chance)
Et tu ne le regardes pas ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Pas du tout.
Marine (Chance)
Je savais la réponse, mais j'ai envie de la poser. J'ai une autre question sur combien de temps prend la recherche de sponsor et comment tu t'y prends ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est un bon point. Je le fais pour l'instant en direct et je réfléchis de plus en plus à passer par une régie publicitaire, mais qui prend une commission. Parce que mine de rien, ça prend beaucoup de temps. Mais là, je reprends les process que j'ai bien appris quand j'étais salariée. J'identifie toutes les marques qui me semblent intéressantes pour ma communauté, donc qui ont toujours un lien avec l'enfance et l'éducation. J'ai un fichier Excel. Je cherche leur contact. Généralement, je les contacte toujours sur Instagram. Ça a toujours très bien marché jusque-là. J'ai créé un kit média, donc format PDF, qui présente bien mon histoire, mes chiffres et tout ce que je propose en termes d'offres. Et ensuite, je les contacte, je les relance et souvent, je les relance beaucoup. C'est ce qui fait beaucoup rire. Mais ça, je l'ai appris aussi dans mon ancienne entreprise, c'est que tant qu'il n'y a pas de réponse, je continue à relancer. Donc parfois, ça peut être cinq, six relances et parfois, l'histoire se termine bien. Donc, je ne regrette pas de passer pour quelqu'un d'hyper insistante.
Marine (Chance)
J'adore. Merci pour les conseils. Il y a une autre question qui est revenue souvent, c'est combien d'heures ? J'imagine que ça a changé entre le début maintenant, mais combien d'heures par épisode en moyenne, tu passes ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est super dur de répondre à cette question parce que je n'ai jamais fait le calcul, mais en gros, il faut compter en premier, donc trouver l'invité, la mise en relation pour trouver la date de rendez-vous, l'enregistrement. Donc moi, je leur demande toujours un créneau d'une heure. Et évidemment, en amont, la préparation de l'interview. Donc ça, ça varie beaucoup de est-ce que, par exemple, la personne a écrit un livre ? Parce que quand elle a écrit un livre, j'aime bien quand même Bien me renseigner. Ou s'il y a un documentaire qui est sorti la semaine dernière. J'ai interviewé un enseignant qui a sorti un documentaire sur son projet au cinéma. Donc ça, ça va me prendre plus de temps parce que je regardais le documentaire, mais c'est quelque chose que j'aime faire. L'enregistrement, ensuite la préparation pour les réseaux sociaux, le mail à envoyer à l'invité pour qu'il publie bien également sur ses réseaux sociaux. Je dirais que par épisode, ça me prend une journée.
Marine (Chance)
Ok. Merci beaucoup. Une autre question qui arrive, c'est: quelles étaient tes compétences techniques au début ? Est-ce que tu t'es lancée sans formation et tu as appris au fur et à mesure ? Comment tu t'es formée ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Je ne me suis pas du tout formée. Je l'ai fait a posteriori, mais pour me lancer, je ne me suis pas formée. Je n'avais aucune compétence technique. Aucune. Et donc ça, ce qui est bien, c'est que sur Internet, vous êtes hyper bien conseillé l'enregistreur à acheter, sur les micros, sur les plateformes à utiliser. En fait, vous trouvez assez facilement l'information. Et d'ailleurs, il y a une autre ressource que je vous recommande à ce sujet si vous souhaitez vous lancer, c'est podcast magazine. Il peut s'acheter en ligne. Il y a trois éditions qui sont sorties. Ça, ça vous donne toutes les infos sur un magazine qui doit coûter 10 € et que vous recevez par la poste. Moi, je me suis lancée en sans formation. J'ai fait une formation il y a deux ans. J'étais à mi-parcours, entre le démarrage et aujourd'hui, pour me former à la création de documentaires sonores. Là, pour le coup, je me sens moins de le faire sans aucune compétence, c'est-à-dire comment faire l'habillage sonore, comment rythmer l'épisode. C'est un rêve. Moi, je rêverais une fois sortir un documentaire. Donc, je l'ai fait il y a deux ans.
Marine (Chance)
Ok. Merci beaucoup. Gaëlle demande: tu as combien d'épisodes d'avance ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Beaucoup. Beaucoup ? Beaucoup, puisqu'en fait, je trouve hyper facilement mes sujets et mes invités maintenant. Et c'est la chance que j'ai, c'est que comme j'ai une certaine expérience et des chiffres qui sont souvent assez valorisés, j'ai toujours des réponses hyper positives des personnes que je contacte. Donc, j'ai au moins un mois et demi, voire deux mois d'avance sur mes épisodes. Après, quand j'ai des épisodes qui sont très liés à l'actualité, puisque notamment d'avoir vu l'actualité éducative, il se passe quand même beaucoup de choses depuis quelque temps, je vais réajuster. Par exemple, je vais décider que l'épisode que j'ai enregistré la semaine dernière, je vais le sortir la semaine suivante parce qu'il y a plus de lien avec la conjoncture et le contexte éducatif du moment.
Marine (Chance)
Ok. Est-ce que tu as eu des épisodes qui ont été un peu des hits, qui t'ont permis de passer des paliers ou ça a vraiment été linéaire comme croissance ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Oui, ça, c'est très lié à l'invité, évidemment. Moi, sur mon sujet, j'ai un pédagogue qui est très connu et qui a une grosse communauté, qui lui m'a fait passer un palier hyper important. J'en ai un autre qui... Ça, ça a été ma grande surprise, mais pour le coup, c'était un orateur assez exceptionnel, mais qui n'est pas connu de prime abord pour ses prises de position sur l'éducation. Il est plus connu pour tout ce qui est spiritualité et développement personnel, mais il y a une communauté hyper développée sur YouTube. La vidéo, je ne sais plus à combien je suis, mais je suis peut-être à 50 000 vues, ce qui est absolument énorme. Lui, il m'a fait passer un palier. Récemment, j'ai interviewé Boris Cyrulnik, qui est quand même un psychiatre assez reconnu partout dans le monde. Lui, pareil, il m'a fait vivre un grand pic d'écoute.
Marine (Chance)
C'est stressant ou pas quand tu sais que tu veux interviewer Boris Cyrulnik ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Boris Cyrulnik, j'ai été assez stressée puisqu'en plus, j'ai été chez lui, ce que je ne fais jamais, mais parce qu'il se déplace peu, donc j'ai été à côté tout long, donc j'ai fait l'aller-retour en train sur la journée. C'est une énorme pointure qui paraît divinement bien, qui est extrêmement technique. Là, j'étais hyper stressée, je l'avais extrêmement bien préparée.
Marine (Chance)
J'imagine que mon projet de rencontrer Maurice Cyrunic, je me dis que je serais toute timide. C'est impressionnant son parcours et sa vie. Il y a une question qui est arrivée. Parce qu'effectivement, tu parlais de vidéos sur tes interviews. Est-ce qu'elles sont filmées ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Oui, depuis peu. Je pense que ça fait peut-être huit mois que je le fais. On dit partout que YouTube est la prochaine plateforme numéro une d'écoute de podcasts. Ils investissent beaucoup sur le podcast. Donc, je les filme maintenant. Pour l'instant, c'est assez amateur parce que je le fais avec un rond de lumière et mon iPhone, mais ça marche plutôt bien, je trouve. Moi, je rêverais d'avoir une installation beaucoup plus quali. Et d'ailleurs, je suis en train de réfléchir pour trouver un partenariat avec un studio pour pouvoir maintenant enregistrer mes épisodes en studio où il y aurait des caméras. Parce que mine de rien, la vidéo toute seule En me déplaçant, ça voudrait dire avoir trois iPhone ou trois appareils photo pour filmer mon visage, le visage de l'interviewer, puis la vue d'ensemble. Donc, toute seule en me déplaçant dans Paris, c'est impossible. Donc pour l'instant, c'est assez amateur avec mon iPhone, mais je trouve que ça marche bien.
Marine (Chance)
Et la question que j'ai, c'est la vidéo, comment tu fais pour le montage ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Pour le montage, je travaille aussi avec un freelance. Avec un freelance qui me qui s'occupe juste de cette partie-là, donc monter la vidéo et la mettre au propre pour la mettre sur YouTube. Et au final, il y a très peu de montage puisqu'en fait, moi, je coupe très peu, quasiment pas, les interviews. C'est juste bien mettre en forme et ensuite la publier sur YouTube.
Marine (Chance)
Ok. En fait, c'est fou parce que quand tu mets tout bout à bout, c'est quand même un sacré boulot.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est énorme. Tout seul, c'est trop dur.
Marine (Chance)
Je vois que l'on arrive bientôt à la fin du live et c'est passionnant. Il y a encore plein de questions. Il y a Armand qui demande si tu as déjà eu des mauvaises surprises, des bad buzz éventuelles, des interviews qui ont créé de la polémique. Non, je te vois qui fait non.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Non, pas particulièrement.
Marine (Chance)
Ma dernière question pour toi, est-ce que c'est vrai qu'on ne l'a pas abordée ? C'est quoi la cible de ton podcast ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Qui t'es posée ? La cible, il y en a deux. C'est les parents, évidemment, qui sont passionnés d'éducation et qui visent à offrir quelque chose de différent à leurs enfants. Et la communauté éducative. Donc, enseignant, assistante puériculture, assistante maternelle, crèche, etc.
Marine (Chance)
Il y a une dernière petite question et après j'arrête, je lâche, je rends l'antenne. Est-ce que la communauté, tu as beaucoup de retours. Est-ce que tu les as déjà rencontrés ? Est-ce que c'est quelque chose que tu as dans les cartons ?
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
C'est quelque chose que j'ai dans les cartons pour la rentrée, puisqu'en effet, l'un des aspects négatifs de ce métier, c'est parfois la solitude. Je me rends compte, mais les personnes que j'ai d'interviews, mais sinon, je rencontre assez peu de monde et j'aime beaucoup les événements. C'est quelque chose qui va être lancé à la rentrée pour que je rencontre un peu plus en physique ma communauté.
Marine (Chance)
Trop chouette. Écoute, mille merci. C'était génial de t'écouter. C'est hyper enthousiasmant et on voit tout le potentiel infini qu'il y a de développé. Après, effectivement, le challenge, c'est le revenu. Je vois que tu as plein de dans le chat.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Merci à vous et surtout, n'hésitez pas à m'écrire sur LinkedIn ou sur Insta. Insta, c'est les adultes de demain, tout collé. Si vous avez des questions sur ce métier-là, je passe toujours un grand plaisir d'y répondre. Il y a une très belle solidarité entre les podcasters en France. C'est une super communauté. Très peu de... Pas d'esprit de compétition du tout, mais surtout entre les femmes, encore plus.
Marine (Chance)
Voilà, je confirme. Je vous ai remis l'Instagram et les adultes de demain dans le chat. Et je vous mets aussi, pour celles et ceux qui le souhaitent, le lien vers la communauté d'entraide Chance qui est gratuite ouverte à tous, où vous pouvez aider et être aidé. Je vois la petite photo.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Je prends une petite photo, tu peux sourire. Vas-y. Nickel. Pour les souvenir.
Marine (Chance)
La communauté d'entraide, où vous pouvez aider et être aidé et rédiger des demandes d'aide. Donc, si vous voulez rencontrer d'autres podcasteurs ou tester votre projet, n'hésitez pas à rejoindre la communauté. C'est la fin de journée, je commence à fatiguer. Encore un grand merci Stéphanie, c'était super chouette. Et merci à toutes et tous, vous avez été hyper actifs avec plein de questions dans le chat, donc c'était super chouette de voir que ça vous a plu. Et vous aurez aussi le live qui vous sera envoyé en replay si vous voulez le revoir ensuite.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Merci beaucoup.
Marine (Chance)
Merci Stéphanie, à bientôt.
Stéphanie d’Esclaibes (Podcasteuse)
Bonne soirée, bye bye. Bye.
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