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Pantéa Negui, Product design leader

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Pardon pour le retard. On a eu un petit problème technique, c'est les aléas du direct. En tout cas, bienvenue dans cet événement. Bonjour Pantéa.

Pantéa Negui (Product design leader)

Salut. Merci de me recevoir.

Marine (Chance)

Merci à toi. De te rendre disponible. Ce live intervient dans la semaine des live métier qu'on appelle En coulisse chez Chance. Et c'est dans le cadre de la communauté Chance pour pouvoir faire accéder au plus grand nombre à l'information qu'on peut avoir sur des métiers. Il y a plein d'experts qui viennent comme toi pour partager leur métier, leur parcours. Merci beaucoup d'être là. Merci pour cette générosité, parce que c'est comme ça que nous, chez Chance, c'est en ça qu'on croit, la générosité, le partage. Avant de commencer, en général, on aime bien demander. Là, je vois qu'il y a déjà 17 participants, d'où chacun vient, d'où chacun nous écoute, d'où est-ce que vous venez ? Vous pouvez répondre dans le chat et n'hésitez pas à déjà poser toutes vos questions et pante à toi, d'où tu viens et où tu es ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Moi, de base, je suis née à Nice. J'ai fait des études à Paris. J'ai vécu presque 14 ans, si je ne dis pas de bêtises, à Paris. Et puis, Covid, j'habite maintenant depuis deux ans à Bordeaux.

Marine (Chance)

À Bordeaux, mais waouh, c'est super.

Pantéa Negui (Product design leader)

Ouais, on adore. On reviendra pas.

Marine (Chance)

On reviendra pas, jamais. Je comprends.

Pantéa Negui (Product design leader)

Donc une Niçoise à Bordeaux.

Marine (Chance)

Et ben moi, je suis à Paris, du coup, enfin, à Aubonne, dans le 95, donc juste à côté de Paris, et je vois qu'il y a des gens d'un peu partout, puisqu'il y en a de Paris, il y en a de Lyon, il y en a de Rennes qui nous écoutent. Donc c'est super chouette. Et de Copenhague même, donc on en a beaucoup. Alors pour commencer, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton métier ? Quel métier tu fais ? Ça veut dire quoi ? Design Product Leader ? Dans quelle branche ? Dans quelle entreprise ? Et quel est ton parcours ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Yes, avec plaisir. Alors moi, c'est Panthea. Du coup, et ça va faire plus de 10 ans que je suis dans le design. J'ai de la chance, très jeune, à 15, 16 ans, au lycée, je veux devenir un designer. Et en fait, c'est vraiment un luxe que j'ai remarqué à cet âge-là, de savoir ce qu'on On a envie de faire. En tout cas, je ne savais pas précisément ce que je voulais faire, mais je savais que c'était dans cette branche-là, parce que j'avais rencontré des gens qui dessinaient des voitures à des tables, des tables basses. Et à l'époque, je trouvais ça incroyable que le mec dessinait sur papier quelque chose et que finalement, ça allait se retrouver live chez une personne. Et donc, j'étais persuadée. J'avais fait une filière économique parce que bac général, oblige, les parents, ça les rassurait. Mais je veux faire du design, je veux faire du design. Et donc, je m'embarque dans ce du design industriel, avec un diplôme de designer industriel. C'est-à-dire que je suis spécialisée dans le produit physique, réellement. Alors, des tables, les luminaires, etc. Mais en fait, en 2010, c'est un peu l'avènement des produits digitaux. Alors, tu as l'iPad, tu as l'iPhone, les applications encore.

Pantéa Negui (Product design leader)

Comment ça en parler ? Tu as la table Microsoft surface qui était une grosse dalle, etc. Ça m'intéresse et du coup, je fais une spécialité en interaction homme-machine. Il y a beaucoup de psychologie, d'ergonomie. Je me rends compte que le produit physique et le produit digital a le même processus de création. Tu effaces un problème d'utilisateur ou un besoin. Il y a un processus où tu as des idées suite à des recherches utilisateurs, des interviews, tu vas tester tes idées, etc. Le process est le même. Très vite, je me fais mes stages dans dans le pôle, ce qu'on appelle IHM, Interaction Home Machine, dans une banque, Crédit Agricole. Et puis ensuite, on voulait enlever la barrière de l'ordinateur entre banquier et client. Et donc, on m'avait proposé de faire une app sur la table Microsoft Surface et on avait fait un prototype à Châtelet. C'était génial. Et ça, c'était mon premier stage réellement là-dedans. Ensuite, je suis partie à Amsterdam. Je voulais revenir dans le produit physique, mais avec de l'intelligence artificielle. Et là, Là, j'ai créé une lampe avec... On a créé une lampe, toujours, ce n'est pas le processus d'une seule personne. Une lampe qui, selon les émotions des gens qui passaient en dessous, c'est un énorme lustre que j'avais, pour le coup, cousu main, où selon les émotions, si tu passais vite, elle avait peur comme une fleur, des animaux, des oiseaux qui se referment.

Pantéa Negui (Product design leader)

Et si tu passais gentiment, ça venait jouer avec toi. Et du coup, aujourd'hui, qui est exposé au musée Richemuseum à Amsterdam. Et après, je me suis refait un stage chez Renault, à Guyancourt, où là, j'avais participé à l'élaboration de le premier écran embarqué dans la Clio. Donc, celui où vous voyez, où vous touchez pour mettre la radio, tout premier, j'étais dans la team pour faire ça. C'était génial et c'est comme ça que je suis tombée dans le produit digital. Et Et après, je vais vous la faire très courte, mais en fait, j'ai eu la chance de rentrer chez PayPal. Alors en 2012, PayPal, pour la plupart des Français, c'est un bouton pour payer.

Marine (Chance)

Ouais, c'est vrai.

Pantéa Negui (Product design leader)

Sauf qu'aux États-Unis, on était sur des problématiques. Tu vas au restaurant, tu es une bande de copains, vous êtes 10. Comment tu fais pour payer avec PayPal ? On a testé des trucs, il y a des notifications, on est allé voir les restaurateurs, etc. Et en Je suis passée deux ans et demi là-bas et ça m'a vraiment forgé parce que le design en France, à l'époque, c'était vraiment des graphistes. Et moi, ce n'était pas ni les études que j'ai faites, qui est plus de la psychologie, la recherche, le test, etc. Et à l'époque, il y avait beaucoup Valérie Damidot qui disait: Ça va être design, ça va être design. Je dis: Mais non, on m'arrouffle. Et non, et non, et non. Designer to design, ça veut dire concevoir. Et les gens l'utilisent comme c'est moderne. Quand on dit quelque chose de design, c'est que c'est moderne, alors que ça ne veut pas dire que c'est du tout- C'est conçu, en fait. C'est juste conçu. Exactement, c'est pensé. Il y a un processus de conception. On me propose d'aller vivre à San Francisco en allant faire plein d'allers-retours parce que j'appartenais à l'équipe de San Francisco. Et l'amour a fait que je suis restée à Paris.

Pantéa Negui (Product design leader)

J'ai bien fait. On est mariés, peut-être que certains l'ont vu passer, et on a un enfant. Donc Bonjour tout le monde. Et en fait, je suis rentrée chez La Fourchette, maintenant qui s'appelle The Fork, parce que ça appartient à Trip. Là-bas, je suis responsable du B2C. B2c, on n'est pas beaucoup. Et surtout, je suis responsable d'évangéliser la méthode, le processus de conception. On avait une immaturité encore du produit à l'époque, de ce que c'est réellement le milieu du produit, comment on conçoit des produits, etc. Certains pensaient même que le designer, on leur donnait les idées, on leur disait: Fais ton truc, rend ça joli. Mon but, c'était vraiment d'évangéliser comment faire de la recherche des interview utilisateurs, etc.

Marine (Chance)

Vous cherchez des testeurs pour des restaurants, n'hésitez pas. Je rigole. Ok, donc là, tu es chez La Fourchette de Fawke, à Bordeaux, du coup ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Non, du tout. Je suis à Paris, toujours. Je suis à Paris et en fait... Non, non. En fait, je suis Je suis chez La Fourchette à Paris. À l'époque, et après, moi, je vais continuer chez Blablacar. Et là, je m'occuperai de... Je serai responsable de l'expérience des conducteurs, en sorte que leur expérience sur l'application et sur Blablacar, qui n'est pas qu'une expérience digitale, c'est une expérience physique aussi. Donc, comment on fait pour que les gens aient confiance, que tout se passe bien sur l'application et en dehors de l'application ? Et ensuite, il y a eu le COVID. Et pendant le COVID, on nous a demandé comment... Il n'y avait plus Blablacar. On nous a demandé comment on pourrait contrer le COVID. Et du coup, on a fait un hack à ton. Pourquoi je raconte ça ? Parce que c'est un tournant dans ma vie. Je propose une idée qui est d'utiliser la communauté de Blablacar comme des gens... Parce que ce sont des gens de confiance. Pour prendre un Blablacar, il faut avoir confiance à sur la plateforme, mais aussi à la personne qui propose son covoiturage. Je propose d'utiliser la communauté de Blablacar pour aider les gens à remplir le frigo des premières nécessités.

Pantéa Negui (Product design leader)

Et on va appeler ce produit BlaBlahelp. Frédéric Mazzela et Nicolas adorent le sujet. Ils me demandent de prendre le sujet à bras le corps. Il y a 40 personnes qui vont travailler avec moi et on va dé On a livré un produit dans toute l'Europe en 10 jours. Donc, je n'ai pas beaucoup dormi et ça va être un succès fou. Il y aura 60 000 personnes qui vont l'utiliser les deux premiers jours. Ça va être dingue. Parce qu'autour de nous, on est remplis On est à Paris, donc il y avait plein de gens qui faisaient Blue Laker. Donc forcément, ton voisin allait potentiellement être sur Blue Laker et pouvait se proposer en tant que helper, donc quelqu'un qui peut t'aider, à remplir ton frigo. Et en fait, c'est un succès de dingue. Et toute l'Europe En deux jours, on a 60 000 personnes qui l'utilisent. Et ça, c'est un tournant dans ma vie où je me dis: OK, je vais être dans une startup. Je vais être dans une plus petite boite. Puisqu'aujourd'hui, j'ai des grosses boites, je veux tenter l'expérience startup. Et donc, je vais partir dans une startup qui est à Los Angeles et qui me propose d'être n'importe où en France.

Pantéa Negui (Product design leader)

C'est là qu'on déménagera à Bordeaux. Et en fait, la fin de l'argent facile, il y a une période où toutes les boites boivent facilement. Nous, on On n'a pas pu lever, faire ce qu'on appelle une Série A pour continuer à lever les fonds pour continuer la boite. Et en fait, je sentais venir que ça allait mal se passer vu la crise qui s'annonçait. Et en fait, au peur qu'il y ait une boite américaine aujourd'hui. Opera, c'est un équivalent. Donc en France, c'est normal qu'on ne connaît pas. On n'est pas vraiment implanté sur le marché. On est ouvert à un point. Vous pouvez télécharger l'app. Mais en fait, Opera, c'est quand même le numéro deux. C'est le concurrent de Expedia ou un équivalent de Booking. Donc, voilà. Là-bas, je m'occupe de tout ce qui est en relation avec le paiement. Alors, les gens peuvent se penser que c'est seulement la partie où tu payes à la fin, mais en fait, il y a plein de choses qui impactent le paiement. Comment on fait en sorte pour que tu puisses prévoir ton futur voyage ? Comment on peut faire en sorte de te fidéliser ? Mais aussi les choses basiques telles que comment on fait en sorte que lorsque tu veux payer, ça soit le plus facilement possible, qu'on te facilite les paiements.

Pantéa Negui (Product design leader)

Ça peut aller jusqu'à avoir un profil où tu peux avoir ce qu'on appelle des moneypots, c'est-à-dire des pots, tu crées des pots pour plus tard pour pouvoir voyager. On te fait la meilleure combinaison hôtel à l'avion, etc. Donc c'est un sujet très, très vaste, le paiement, et moi, je suis responsable de ça. Et chez Opera, on est 1 000 employés en full remote, donc full télétravail. Donc moi, j'ai décidé de rester à Bordeaux.

Marine (Chance)

Ben oui, je comprends. Ok. Donc là, actuellement, tu es chez Opera, responsable de tout le pôle financement, en tout cas, et en full remote. Et ça te plaît ?

Pantéa Negui (Product design leader)

J'adore, j'adore, j'adore.

Marine (Chance)

Est-ce que tu peux nous partager une journée type ? Qu'est-ce que tu as comme mission ? Concrètement, qu'est-ce que tu fais ? Ça veut dire quoi être responsable de ce produit-là ? Quelle est ta journée type ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Je suis en full remote, donc ça Ça peut être très perturbant pour beaucoup de gens. Moi, dans ma vie, avant le COVID, on était quand même en télétravail, donc j'ai toujours eu l'habitude. Puis quand j'étais chez PayPal en 2012, j'étais quand même en full remote depuis Paris pour une équipe qui était à San Francisco. À l'époque, je faisais beaucoup de voyages Paris-San Francisco. Aujourd'hui, j'en fais moins parce qu'on se retrouve une fois tous les quatre mois, quelque part sur la planète. Donc mon équipe Il y en a qui sont à Amsterdam, il y en a qui sont en Espagne, il y en a qui sont à Dubaï, d'autres qui sont en Amérique du Sud. Il y a une problématique de time zone, c'est-à-dire de différents... J'essaie de parler français le plus possible. Le franglais est un- Moi, j'adore le franglais.

Marine (Chance)

C'est mon kiff total, mais pour nos auditeurs, ce serait bien de me parler français.

Pantéa Negui (Product design leader)

Exactement. N'hésitez pas si c'est incompréhensible, certains mots. Donc, time zone, différents différents... Fuseaux horaires. Les fuseaux horaires, merci. Différents fuseaux horaires. Donc, la boite demande une extrême autonomie et séniorité. Malheureusement, ça ne fonctionne pas avec des juniors parce qu'il faut avoir un sens d'entrepreneur et de leadership énorme chez Opera. D'ailleurs, chez Opera, il n'y a pas de hiérarchie. C'est-à-dire que moi, aujourd'hui, j'ai un titre de Senior Designer, mais je n'ai pas de manager qui va... Je n'ai pas de head of design. C'est moi qui est le head of design de tout ce qui est le paiement. C'est moi qui fais ce qu'on appelle une road map. C'est-à-dire, je leur dis: Les quatre prochains mois, on va délivrer ça. On va faire ça. Je vais faire des recherches sur ce point-là. Pour revenir au sujet de qu'est-ce qu'une journée type pour moi ? Une journée type commence par mon rôle de maman. J'ai une petite fille de six ans qui est géniale. Je n'en ferai pas un exposé, promis. Mais mon rôle commence tout simplement à un rôle de millier de mamans, à préparer le petit dej à ma fille et l'emmener à l'école. Et ensuite, je prends ma casquette de femme employée Je n'ai pas d'horaire.

Pantéa Negui (Product design leader)

Ça va avec le package full remote, qui n'est pas un full remote qu'on peut penser à travers un présentiel. On te dit entre 9h00 et 18h00 ou entre 10h00 et 18h00, je veux que tu sois là. Moi, c'est plus full autonomie. On te demande d'être là pendant les réunions. Donc moi, souvent, tous mes matinées, je les ai bloqués dans mon agenda. Je ne veux pas de réunion. Je ne veux pas de réunion, je veux être focalisé à faire des... C'est mon rôle aussi, puisque je ne manage personne, personne me manage aussi. Du coup, je suis très ce qu'on appelle... En même temps, je dois penser de la stratégie et en même temps, je dois avoir ce qu'on appelle le hands-on, c'est-à-dire les mains dans le cambouis à faire des maquettes, des prototypes, tester des choses. Ça, ça ne marche pas si tu n'es pas organisé en te disant: OK, le matin, on pense stratégie, j'organise ma journée, je pense vision, je partage mes doutes, je vais faire de la recherche parfois. Mes matinées ne me sont que dédiées à moi, à les dix personnes dans ma tête, à aller aussi chercher de l'info chez mes collaborateurs, mais en aucun cas à faire des réunions.

Pantéa Negui (Product design leader)

La L'après-midi se passe... On commence comme on a beaucoup de gens aux États-Unis, ça passe par un daily stand-up, c'est-à-dire une réunion très courte où chacun va dire: Sur quoi j'ai travaillé hier ? Sur quoi je pense travailler ? Quels sont mes blocages ? De qui j'ai besoin pour me débloquer ? C'est une réunion très courte qui se passe en début d'après-midi pour pouvoir aligner tous les fuse horaires. Ensuite, j'ai des réunions stratégiques où je développe ma stratégie. Parfois, j'ai des réunions qui sont plus de l'ordre de la recherche utilisateur. Par exemple, je vais interviewer des gens qui ont... Je te donne un exemple, ils ont l'application, ils ont essayé de réserver un avion, par exemple. Et finalement, à la dernière étape de paiement, ils ont ce qu'on appelle kill et lape. Ils ont fermé l'application, ils sont partis. Ces gens-là, je vais aller les rechercher, par exemple. Ma problématique du jour, c'est de comprendre qu'est-ce qui fait que les gens quittent l'app. On a un pourcentage de gens qui quittent l'app. Oui, il y a la partie data qui est énorme chez moi. Ça, ça se passe aussi le matinée d'analyser les data, ce qu'on appelle les metrics, c'est-à-dire les conversions.

Pantéa Negui (Product design leader)

Les conversions, c'est-à-dire combien de gens vont acheter chez nous, par C'est une data, une matrix qu'on va regarder. Combien de gens arrêtent l'expérience ? À quel moment ? Combien de gens reviennent sur l'année ? Combien de fois ils achètent chez nous ? Combien achètent un avion et un hôtel. On a plein de métriques, on regarde et on regarde là où on voudrait améliorer. La recherche utilisateur, je vais interviewer, par exemple, cette personne qui est là, je vais lui dire: OK, pourquoi ? C'est toujours toujours structuré, avec des questions très ouvertes. C'est un peu un moment psy. Les gens aiment bien dire tout ce qui ne va pas et moi, je dois rester très neutre. Évidemment, c'est mon rôle. Et à ce moment-là, c'est des heures qui sont dédommagées pour les utilisateurs. Souvent, c'est par des cartes Amazon ou même, on leur donne le choix, ça peut être carte Amazon, du PayPal ou même sur Opera, de l'argent sur Opera, ce qu'on appelle du carotte cash. Opera, c'est un petit lapin qui hoppe, donc qui saute. Donc, on a du carotte cash sur vos pairs, si tu peux avoir dans ton bol. Mon but, c'est de comprendre les problématiques, les utilisateurs.

Pantéa Negui (Product design leader)

Puis là, j'émets des hypothèses, je vais designer des choses, je vais le confronter à mon équipe, mes développeurs, j'ai une une relation très forte avec eux, où on se parle tous les jours au moins une fois. Et puis avec mon Product Manager aussi, qui est un peu chef de produit, qui va me dire: OK, là, ça oui, ça non, on a la bande passante pour le créer, etc. Et puis, je vais tester mes idées. Pareil, dès que j'ai des maquettes, des prototypes de mes maquettes, je vais les tester aux utilisateurs et ça se fait sur plein d'outils. Nous, chez nous, on a Maze, M-A-Z-E, pour tester nos nos idées. On le réquoie avec ce qu'on appelle des feedbacks, donc des retours d'utilisateurs, où on voit: Finalement, une idée, elle n'est pas si bonne que ça. Et ça, c'est OK. Plus de 90% des idées ne sont pas bonnes. Et ça, il faut être super humble. Parfois, on On pense et on pense que c'est top, on a la solution. Et finalement, on se retrouve avec des retours utilisateurs qui ne sont pas aussi unanimes que ce qu'on pensait. Et c'est génial, c'est ce qu'on recherche, c'est d'améliorer au maximum pour se rapprocher aux besoins de nos utilisateurs.

Pantéa Negui (Product design leader)

Et donc, ce qui va réussir chez Booking ne va peut-être pas réussir chez Opera, Airbnb, etc. Et donc ça, c'est une journée type. Après, il y a des réunions stratégiques. On parle de la stratégie, le retour, les finances de la boite, les besoins, les problématiques, la vision à long terme, à court terme. Et puis ma journée va se terminer à aller chercher ma fille à la garderie et on va se retrouver. Et là, j'ai teint mon ordinateur pour avoir une vie famille.

Marine (Chance)

Super, merci beaucoup. Dans tout ce que tu dis, il y a des questions, je vais les relayer juste après. Dans tout ce que tu dis, tu dis que c'est important. En gros, ce que je comprends, c'est qu'il faut un mindset d'entrepreneur, finalement. En tout cas, dans ton poste chez Opera, tu gères à la fois la stratégie, la vision, les réunions importantes, ce que tu peux faire pour améliorer, les user research, moi aussi, je fais du franglais, les appels utilisateurs, etc. J'ai qu'il faut quand même être très organisé, structuré et avoir un état d'esprit d'entrepreneur. J'imagine que tu parles anglais couramment.

Pantéa Negui (Product design leader)

Je parle qu'anglais dans mon boulot. Tu parles anglais.

Marine (Chance)

Là, j'ai une question sur quelles sont les compétences clés pour ce genre de métier. À part cette organisation, cet état d'esprit d'entrepreneur. Qu'est-ce qu'il faut d'autres comme compétences ? Et l'anglais pour certaines boites, mais peut-être pas toutes. Qu'est-ce qu'il faut comme compétences pour être le design product leader ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Je veux juste faire un petit un petit lemmer, c'est-à-dire un petit attention. Ce que je vous raconte là, ça vaut vachement sur Opera ou des boites vraiment américaines. Type, Opera, la gestion de l'organisation qu'on a, elle est très similaire à ce qui se passe chez Amazon, mais ce n'est pas ce qui se passe en France. En France, souvent, on a un VP, un head of, un lead, des moins seigneurs et des stagia. Là, c'est très américanisé et il faut aimer ce mindset-là. Là, parce que comme tu dis, il y a un côté très entrepreneur, il y a un côté leadership et il y a un côté: OK, il faut être hyper structuré, sinon tu pars en burn out. En France, ce n'est pas le cas. Moi, j'ai eu des positions de senior, mais pas de leadership. C'est vrai que tu as été chez Renault, chez des boîtes françaises.

Marine (Chance)

Du coup, qu'est-ce qui est en point commun entre les boîtes américaines et les boîtes françaises en termes de compétences clés pour se mativer ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Tout à fait. Je pense qu'il faut être intéressé par... Si tu veux rentrer dans le product design, dans le produit digital, numérique, je ne sais même plus ce qu'on a le droit de dire, il faut aimer les nouvelles technos. Il faut s'intéresser à la technologie. Ça ne veut pas dire qu'il faut savoir coder. Moi, je ne sais pas coder, mais à force de parler avec mes développeurs, je connais leur langage, je connais certaines problématiques et c'est bien d'avoir des notions. Il faut aimer régler des problèmes utilisateurs et avoir un recul sur le fait que les utilisateurs ne se ressemblent pas. Un marché français n'est pas le marché américain, vice versa. Et dans ce marché français, tu as ce qu'on appelle des cohortes, c'est-à-dire des groupes de gens qui vont vachement utiliser ton produit, d'autres qui vont l'utiliser pour le hacker. Il faut avoir un esprit de recherche réellement et pas que... Parce que nous, dans notre vie, on est vraiment capé: Il y a un problème, je vais penser à la solution directement. C'est très bien de penser à la solution. Il faut les marquer, il faut les tester, mais il faut surtout prendre du recul et se dire: OK, c'est quoi le problème qu'ils ont ?

Pantéa Negui (Product design leader)

C'est quoi le besoin qu'ils ont exactement ? Ce que j'ai envie de dire, il faut être très organisé, il faut être méthodique. Un œil graphique, oui, une sensibilité graphique, mais ce n'est pas un besoin numéro un. Les gens pensent que être designer, c'est forcément avoir une sensibilité graphique énorme. Non, être designer, c'est réellement avoir toute la phase de conception, de comprendre, de recherche et après de maqueter et de tester les choses. ��a, c'est le numéro un, moi, je dirais. Ensuite, il faut avoir une sensibilité graphique. Aujourd'hui, dans toutes les boîtes, souvent, il y a ce qui est le branding, le UI qui est défini par ce qu'on appelle une boîte... Ce n'est pas qu'une boite à outils, mais c'est une boîte à outils partagée entre développeur et designer, où le graphisme est presque déjà... Le graphique est déjà solutionné. Donc, ce n'est plus le numéro un, à part si tu veux dans des toutes petites boîtes où là, il va falloir que tu penses au design system, à la marque, etc.

Marine (Chance)

Donc en gros, ce que j'entends, c'est quand même hyper stratégique parce que tu as de la communication, de la création, de l'innovation, de la coopération et de l'organisation avec tes développeurs, avec peut-être tous ceux qui élaborent le produit, de la production, du développement, du management. Il y a un peu tout ça dans toutes ces compétences-là à avoir aujourd'hui quand tu es design product.

Pantéa Negui (Product design leader)

Oui, product design, oui. Il faut aimer être créatif. Moi, je dis toujours la créativité, il y a des gens qui disent: Moi, je ne suis pas du tout créative. Moi, je n'y crois pas du tout à ça, parce qu'on est tous nés, enfants, très créatifs et que c'est un muscle que certains ont continué et d'autres ont abandonné. J'adore.

Marine (Chance)

J'adore le côté muscle, ça me parle vachement.

Pantéa Negui (Product design leader)

Si aujourd'hui, vous ne vous sentez pas créatif, ne vous inquiétez pas. C'est comme quelqu'un qui dit: Moi, je ne suis pas très sportif, mais j'ai envie de, je ne sais pas, n'importe quoi, de m'affiner. Il ne suffit qu'à toi d'avoir une rigueur et d'y arriver. Donc, être créatif n'est pas un don. Ça se travaille.

Marine (Chance)

Ça se travaille. Il y a encore d'autres questions. Il y a pas mal de questions qui reviennent sur la formation. Est-ce que tu penses que ça peut être un métier de reconversion ? Est-ce que les gens peuvent se reconvertir là-dedans ? Ouais. Et quelle formation il faut, du coup, pour faire ce que tu fais ? Tu conseillerais quoi comme type de formation ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Alors, si vous sortez d'un bac, allez tout de suite dans des écoles de design. Ok.

Marine (Chance)

École de design. Genre quoi, par exemple ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Alors moi, j'affectionne particulièrement mon école. J'ai fait Strat' il y a très longtemps et j'étais une des J'étais la première promotion à Interactions. À l'époque, on découvrait ça avec ma promotion, mais aujourd'hui, c'est presque banalisé, l'interaction. On ne peut plus parler de design sans parler de design d'interaction, de design produits numériques. Il y a beaucoup d'autres écoles. Il y a celle à Nantes qui est très, très bonne aussi. Il y a des pubs. Ça, je vous parlais de... Là, elles sont privées, mais il y a du public. Il ne faut pas hésiter à y aller. Moi, je rêvais d'aller à l'ENSI. Je me suis pris un TGV quand je me suis fait refuser. C'est comme ça, mais il ne faut pas abandonner. Si vous êtes en reconversion, il va falloir y aller. Moi, je dis toujours que les reconvertis sont des gens très courageux. Et moi, j'adore les gens qui se reconvertissent parce qu'ils ont un background professionnel. Et souvent, c'est des gens qui en veulent qui veulent découvrir, qui sont très curieux. Lisez des livres.

Marine (Chance)

Et puis le métier d'avant nourrit le métier de product design, puisque forcément... Complètement.

Pantéa Negui (Product design leader)

Il n'y a pas de junior quand on est reconverti. Évidemment, quand vous allez recommencer, entre guillemets, en tant que premier taf de designer et que vous allez être pris pour un... Peut-être, vous allez être payé comme un junior au début, mais pour moi, c'est la taxe sur la première année. Mais en fait, vous n'êtes pas du tout junior. Pour moi, vous êtes des professionnels qui avaient le sens professionnel Pour moi, j'adore les gens qui se reconvertissent. J'ai une confiance aveugle. Aveugle, je ne vais pas exagérer, mais je n'ai pas peur quand les gens me donnent leur CV de reconverti, en tout cas. Et donc des formations, il y en a plein avec des différentes approches. Il y a de Product Crew, que j'aime beaucoup aussi, qui est une formation... J'ai envie de dire, la formation, c'est comme le diplôme. Il y a beaucoup de gens qui vont sortir de mon école et qui vont galérer. Le diplôme ne fait pas tout, le papier ne fait pas tout. À vous d'aller faire des contacts humains, de chercher des livres, de vous renseigner, de vous décrire. Il y a plein de choses à faire.

Marine (Chance)

Tu disais: Lisez des livres. Quoi comme style de livre Il y en a plein.

Pantéa Negui (Product design leader)

Je vais donner des noms anglais parce que je les ai mis à l'entrée. Donne un ou deux noms anglais. Insane is simple. Insane is simple, OK. Tu Il y a des livres de Marty Cagan qui sont normalement privilégiés aux product managers, mais en fait, pour moi, quand on est product designer, il faut avoir un mindset stratégique produit. Donc, tout ce qui est inspired de Marty Cagan, loved, qui est plutôt du côté marketing. En fait, le designer, il faut qu'il ait différentes approches pour pouvoir délivrer un produit qui... Ça ne veut pas dire qu'on On va s'occuper du marketing, ça ne veut pas dire qu'on va être product manager, mais il faut avoir des notions parce que ton produit n'est pas que pour les utilisateurs et c'est un produit qui appartient à une boite qui a une stratégie marketing, qui a une stratégie produit, une vision. Moi, j'affectionne... En fait, je fais partie de ce qu'on appelle de la PayPal Mafia. En fait, c'est des gens qui ont vraiment changé ma vie, les gens de chez PayPal, parce que j'ai eu de la chance il y a 10 ans de commencer chez eux et la maturité de Du design chez PayPal était énorme comparé en France.

Pantéa Negui (Product design leader)

Et du coup, mon lead designer et mon head of, Rémi Guyot et Tristan Charvillat à l'époque, ils ont aujourd'hui livré, ils ont écrit un livre qui s'appelle Discovery Discipline, qui est en français d'ailleurs. N'hésitez pas à l'acheter. Moi, c'est ce qu'on appelle le framework, donc le process que j'utilise dans toutes mes boîtes. Je l'ai appris chez PayPal et chez Blablacar, la fourchette. Et aujourd'hui, chez Opera, je l'utilise. Et c'est vraiment une pépite parce qu'il est facile à lire. Lire, c'est top. Pratiquer. Il faut pratiquer et faire des habitudes. Comme le sport. Bien sûr, évidemment.

Marine (Chance)

Encore deux petites questions. Moi, j'en ai plein, mais je vais me concentrer sur ce qui était dans le chat. Une fourchette de rémunération pour ton métier.

Pantéa Negui (Product design leader)

Disons que moi, j'ai... Je vais être transparente sur le salaire que j'ai eu. J'ai commencé ma vie professionnelle à 22 ans, à 35 ans. Aujourd'hui, je suis biaisée parce que j'ai fait entre 35, 70 k. Aujourd'hui, je suis biaisée parce que j'ai un salaire américain, donc j'explose tous les stats. Donc, ce n'est pas impossible de le faire, mais ce n'est pas la norme pas du tout. Aujourd'hui, moi, j'ai un package à six chiffres. Disons que si vous êtes un VP, vous pouvez facilement faire six chiffres. Si vous êtes un head-up entre 90 et plus. Et un senior, aujourd'hui, largement, on attend 60, 70 cas. Ok. En tout cas, c'est les fourchettes que moi, j'ai vues dans mon expérience. Mais il ne faut pas oublier qu'il y Il y a des noms comme PayPal, Blablacar, etc.

Marine (Chance)

Super. Il y a quelqu'un dans le chat qui dit si ça peut aider. Sept ans d'expérience et je suis à 55 k. C'est plutôt pas mal. C'est à peu près ce que ça rentre dans ce que tu dis. Et dernière question: est-ce qu'il faut privilégier le statut indépendant ou le salariat, selon toi ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Moi, je ne rentre pas dans ce débat-là. Je pense que c'est propre à chacun, ça. Moi, j'aime bien le salariat parce que malgré que je sois en full remote, j'ai une équipe, il y a une vision et je fais partie de cette vision-là. Je ne m'interdis pas un jour de devenir freelance. Je ne l'ai jamais fait, pour être honnête, mais il y a toute la partie rechercher les clients, se vendre, etc. Je pense que j'arrive à me vendre lors de d'entretien d'embauche. Je n'ai jamais tenté le freelance. Je pense que ça dépend. Si vous aimez changer de mission rapidement, etc, allez-y, allez dans le freelance. N'oubliez pas ce qui est très important dans le freelance aussi, c'est de savoir se vendre, pouvoir vendre ses missions, se faire un réseau. Le freelance, c'est sympa, moi, je dirais. Moi, je le dis toujours aux juniors, ceux qui sortent d'école, qui disent: Moi, je trouve pas de boulot, donc je vais me mettre en freelance. Non, je ne le conseille pas parce que je pense qu'il faut se confronter au marché, il faut prendre de l'expérience. On a perdu quelqu'un. Je pense qu'il faut se prendre de l'expérience avant de se mettre en freelance.

Pantéa Negui (Product design leader)

Je pense qu'on a perdu quelqu'un. Ouais, tout à fait, l'animatrice. Est-ce que je peux répondre à quelques questions ? Ouais, voilà, indépendant et dans le salarial, franchement, c'est un choix personnel. Pardon. On t'excuse, mais tu es repartie.

Marine (Chance)

C'est pour ça que ça nous déconnecte. On doit rendre l'antenne. Ok, pas de problème.

Pantéa Negui (Product design leader)

Pas de problème pour tout.

Marine (Chance)

Et si tu as un dernier conseil ?

Pantéa Negui (Product design leader)

Conseil: le design, c'est un métier passionnant. Donc, il faut avoir une sorte de petite vocation. Et après, ça se travaille. Ok. Ce n'est pas inné.

Marine (Chance)

Merci Panthéa. Merci pour tout. Et il faut que je rentre dans l'antenne tout de suite. Mais merci, c'était passionnant.

Pantéa Negui (Product design leader)

Avec plaisir. Avec plaisir. À très vite. Salut. Salut.

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