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Transcription complète
Juliette (Chance)
Bonjour. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour Armel.
Armel Parisot (Producteur TV)
Bonjour Juliette.
Juliette (Chance)
Un grand merci de prendre du temps pour échanger avec nous. Bonjour à toutes et à toutes celles qui nous rejoignent et qui se connectent à ce live. Ce live métier en coulisses pour découvrir le métier d'Armel qui est producteur TV indépendant. C'est ça ? C'est ça l'intitulé. Super. C'est top. Bien, merci d'avoir répondu un grand oui, Armel, pour prendre le temps d'aider les autres à répondre aux questions. Le but de cette live, c'est qu'il soit interactif. Donc, n'hésitez pas à poser toutes vos questions dans le chat. Comme ça, je pourrais les poser à notre invité. Et d'ailleurs, pour commencer, en attendant que peut-être tout le monde se connecte, n'hésitez pas à nous écrire d'où vous vous connectez. J'aime bien lancer cette petite question pour voir d'où vous venez. Bonjour Axelle, bonjour Mathilde, bonjour Nathalie. Ça peut Harle, Lola, bienvenue, Paris. On a toujours plein de villes, Lille, Paris également, Lyon, super. Pour commencer en introduction, pour jamais, celles et ceux qui ne connaissent pas encore Chance, c'est une communauté d'entraide professionnelle qui a développé une méthode et qui a un but, c'est que chacun trouve sa place dans le monde professionnel et donc, par conséquent, dans la société.
Juliette (Chance)
On a développé une méthode, celle qui est la plus connue, c'est le bilan de compétences. Lors du bilan de compétences, on invite les personnes, justement, à aller échanger avec des professionnels pour se confronter à leur réalité du métier. Peut-être enlever certains préjugés, certains fantasmes. C'est toujours un moment qui est assez puissant. Donc, vraiment, je vous invite à poser toutes vos questions pendant ces 30 minutes. Vous verrez, ça passe très vite et c'est ce qu'on va proposer. Tout le long de la semaine, il va y avoir 50 métiers qui vont être proposés. Je regarde s'il y a des premières questions. Armel, j'ai envie de te poser comme première question, finalement, ton parcours. Quel est ton parcours et comment tu es arrivé, finalement, à exercer ce métier ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Je vais essayer de faire court, mais même si c'est long, parce que j'ai déjà même, on va il a 25 ans de carrière. Résumer ça. Je dirais le point de départ, déjà tout petit, parce que tout petit, moi, j'aimais l'image, le dessin. Au départ, je me voyais artiste, donc j'ai tenté les écoles des beaux-arts et c'est à ce moment-là que je me suis rendu compte que je n'étais pas un artiste, parce que je n'avais pas un univers singulier, pas la technique. Ça, ça m'a beaucoup aidé aussi pour la suite dans mon métier. Après, j'ai fait un parcours classique, c'est-à-dire un BTS de pub où là, j'ai découvert que la création, elle pouvait s'exprimer dans le monde économique et pas simplement dans des ateliers. J'ai aussi découvert là, au début du court métrage, je faisais ça avec des copains, donc ça a un peu commencé comme ça. J'ai fait un doc d'histoire de l'art et d'archéologie. Ça a un peu étoffé ma culture générale et aussi toute ma curiosité pour l'art. Et puis, j'ai terminé à la fin des années 2000, 96, 98, par ce qu'on appelait un master de management de moyens audiovisuels et un vieux mot maintenant qui est multimédia, quelque chose qu'on n'emploie plus beaucoup.
Armel Parisot (Producteur TV)
Et ça, je l'ai fait dans une école qui s'appelait Sciences Com, qui fait partie maintenant du groupe Audencia. C'est ce réseau de types d'écoles. En fait, qui a un peu guidé toujours un peu mon parcours, c'est ça. C'est la création et puis aussi l'envie de découvrir le monde. À l'époque, je regardais beaucoup de sujets sur Thalassa, les envoyés spécial. Quand j'ai terminé mes études, c'est un peu la société que j'ai visée qui faisait ce type de sujets qui s'appelait le Point du jour à l'époque. Donc, j'ai commencé comme stagiaire dans cette école-là dans cette société-là et j'ai terminé directeur général et associé de cette structure. J'ai fait 25 ans de mon parcours dans cette société-là où j'ai démarré comme assistant. Puisque là, le parcours pour devenir producteur, il est très différent pour chacun, mais moi, je dirais que mon parcours était un peu classique parce que j'ai démarré comme assistant de production, de réalisation. J'adorais voyager chercher, organiser des tournages, accompagner des auteurs, des réalisateurs, des journalistes. Ça revient un peu au début, c'est-à-dire qu'on n'est pas des artistes, mais par contre, on gravite avec eux et on les accompagne. C'est aussi ça qui est un peu un fil conducteur à travers mon parcours.
Armel Parisot (Producteur TV)
Après ça, je suis passé, je dirais, au stade au-dessus de la fusée qui est le directeur de production. Directeur de production, là, on commence à passer dans la partie où on supervise l'organisation et on commence à, à partir d'un scénario, faire un budget. De ce budget, essayer d'établir un plan de financement, une façon de comment on va financer ce film. Et puis, en 2009, là, je repasse un pas, c'est-à-dire que je suis devenu associé de la structure et donc j'ai toujours un côté opérationnel sur la direction des opérations. J'ai participé à la stratégie de développement de la société et j'ai moi-même produit un certain nombre de documentaires, je dirais un peu au sens artistique, parce que le producteur, c'est peut-être là où il y a peut-être des questions autour de ça, mais le producteur, c'est beaucoup de compétences. C'est ça qui fait la richesse de ce métier-là. C'est d'abord une dimension artistique parce qu'on accompagne des autorisateurs sur le fond et la forme, donc il faut pouvoir connaître, aller explorer ces sujets-là et aussi trouver celui qui va vous faire la meilleure image, qui va vous accompagner dans le montage et vous aider à construire l'histoire.
Armel Parisot (Producteur TV)
Et au-delà de l'aspect artistique, il y a aussi un aspect économique parce qu'il faut pouvoir, comme je disais auparavant, c'est-à-dire construire et mettre en adéquation un budget avec un projet et avoir aussi une stratégie commerciale. Et c'est là où on est aussi des vendeurs. Il faut savoir vendre ses projets et toujours trouver des financements. Enfin, je dirais la dernière partie, pas la dernière, parce qu'il y a aussi une partie juridique. Il faut s'intéresser aussi à ces aspects-là. La dernière partie, c'est aussi une petite partie technique, puisqu'on est dans des métiers où il faut des caméras, des salles de montage. Donc, il faut pouvoir aimer ça aussi pour aller toujours plus loin et innover dans ce parcours-là.
Juliette (Chance)
Ok.
Armel Parisot (Producteur TV)
C'est peut-être rapide.
Juliette (Chance)
Mais merci beaucoup. C'était très synthétique. Et un grand merci pour ce partage. On a déjà des questions qui sont arrivées. La première, c'est celle d'Axel. Est-ce que vous pouvez parler de l'importance du réseautage dans la carrière que vous avez eue ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Le réseau, le réseau, le réseau. Ça dépend à quel niveau on se place par rapport au réseau. C'est-à-dire qu'au début, quand on veut rentrer dans ce monde-là... Moi, je fais la distinction entre deux familles qui sont l'audiovisuel et le cinéma. Moi, je suis plutôt l'audiovisuel. Je sais que le cinéma, Il y a un accès un peu plus compliqué. Donc, c'est vrai que le réseau est très important d'avoir autour de soi des gens qui sont déjà dans ce domaine-là pour pouvoir accéder. Dans l'audiovisuel, c'est un peu plus ouvert. Donc, il faut commencer par des stages, connaître des sociétés. C'est le parcours classique, je dirais, pour entrer dans le monde du travail. Après, le réseau, quand on commence à produire, oui, il est très important. Il Il faut construire un réseau de financeurs, de gens qui vous accompagnent pour distribuer vos films, les diffuser. Donc oui, le réseau est très important.
Juliette (Chance)
Justement, je rebondis avec la question d'Amélie. Vous avez peut-être commencé déjà à y répondre, mais comment réussir à rentrer dans ce milieu, finalement, de l'audiovisuel si on n'a pas d'expérience ou de formation ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Pour démarrer, c'est comme moi quand j'ai démarré, c'est-à-dire que même si j'avais fait toutes des études supérieures, moi, j'ai vu passer beaucoup de gens qui ont démarré comme assistants de production. En fait, assistant de production, c'est ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot, comme on dit. C'est-à-dire des gens qui sont des touche à tout, qui sont prêts à débrouiller des problématiques. Parce que le métier de la production, c'est quand même ça. C'est-à-dire que c'est beaucoup de problèmes. Donc, il faut trouver des solutions. Moi, j'ai vu beaucoup de gens démarrer en étant très débrouillard, qui essayent de trouver des solutions pour tout. Je dirais que c'est ça, en fait. Moi, quand j'ai pris des gens, en tout cas dans ma société, c'est ça que je regardais, c'est-à-dire des gens qui ont envie.
Juliette (Chance)
Ok, hyper intéressant. Merci beaucoup pour cette leçon. Justement, Alice nous pose la question: à quoi ressemble votre quotidien ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Il n'y a pas un jour qui est pareil. Déjà, la base, ça va être quand même de s'informer. Parce que moi, je suis dans un domaine particulier qui est le documentaire. Donc le documentaire, la première chose, c'est savoir regarder le monde. Et le regarder, je dirais, avec une certaine distance, c'est-à-dire pas à chaud. Quand on voit aujourd'hui, par exemple, l'actualité lourde que l'on a, moi, mon métier, ce n'est pas de tout de suite envoyer des équipes et tourner. C'est de prendre le temps et d'analyser ce qui se passe. La première chose, quand on fait du documentaire, c'est ça, c'est-à-dire prendre ce temps pour pouvoir regarder ce qui se passe et se dire: Tiens, ça, c'est intéressant de le regarder dans sur le long terme. La première chose, c'est souvent ça. Après, c'est un métier de rencontre. Il faut pouvoir toujours solliciter, je dirais, notre matière premières qui sont les auteurs, les réalisateurs, pour les faire travailler, pour aussi les écouter, voir ce qu'ils ont, eux, à partager, parce que c'est aussi, et c'est ça qui est important, leur vision du monde qu'on doit mettre en œuvre. Donc, c'est un métier de rencontre. C'est aussi un métier, comme je le disais, par moments, il faut pouvoir être concentré pour se dire: Tiens, quelle stratégie je vais mettre en place pour se développer ce film ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Et avec quels coups ? Parce qu'il y a cette dimension économique. C'est aussi un moment où on va se poser des questions sur la faisabilité des projets. La faisabilité, elle passe aussi des fois par le droit, parce qu'il y a des films qui sont très compliqués à monter, parce qu'on n'aura pas les autorisations. Aussi, c'est un métier où on a des journées où on peut partir, soit sur des tournages. Moi, j'ai eu la chance dans ma carrière de partir dans les quatre coins du monde. Je suis autant parti dans le désert d'Atakama, au Chili, pour faire un film, qu'en Chine, où j'ai tourné dans une répite de la cité interdite pour pour faire un film. Il y a un émerveillement tous les jours dans ce qu'on fait. Il faut avoir beaucoup d'envie.
Juliette (Chance)
C'est marrant à vous entendre. On entend vraiment quelqu'un de passionné par son métier.
Armel Parisot (Producteur TV)
Merci.
Juliette (Chance)
On a une question intéressante de Sébastien qui est justement: Comment voyez-vous l'évolution du secteur ? Et plus particulièrement, quand on a l'impact de la surproduction de contenu avec que justement, toutes ces plateformes digitales sont disponibles ?
Armel Parisot (Producteur TV)
C'est une très bonne question. C'est une très bonne question puisque justement, moi, pour ma part, justement, Cette année qui vient de s'écouler est une année de transition pour ma part, puisque l'aventure de Point de jour s'est arrêtée. Je suis passé par chance d'ailleurs aussi. Pour un moment donné, me poser la question de comment Comment rebondir, changer ? Mais j'aime quand même mon métier. Donc, en fait, effectivement, mon métier change. Il y a d'une part, je dirais, quand même aujourd'hui des diffuseurs traditionnels qui sont quand même France Télévisions, Arte, pour ceux qui font du documentaire. Ils sont toujours là, même si aujourd'hui, ils sont menacés, parce qu'on le voit bien, il y a des questions qui se posent autour de l'audiovisuel public. Ils sont là, ils existent. On est obligé de quand même toujours, et c'est toujours des cases sur lesquelles on peut travailler, mais c'est évident qu'aujourd'hui, on ne peut pas faire sans les plateformes et elles sont de plus en plus présentes. Les formats aussi qui sont proposés sont différents puisque jusque-là, on va dire, on faisait des documentaires unitaires et là, on voit qu'à travers cette plateforme se déploie la série. Il va falloir travailler là-dessus.
Armel Parisot (Producteur TV)
Et c'est ce que j'essaie de faire là maintenant pour essayer de créer des documentaires sous forme de séries. Après, la partie digitale, on est passé par une période où on a essayé beaucoup de choses, on a fait beaucoup d'expériences, mais moi, je pense que même sur le monde du digital, on refait toujours la même chose. Après, c'est une question d'histoire qu'on raconte et les histoires, elles sont peut-être plus courtes. Mais aujourd'hui, moi, faire du trois, quatre minutes, ça ne m'intéresse pas. Je préfère déployer en tout cas des sujets sur des films plus longs. Voilà. Super.
Juliette (Chance)
Merci beaucoup pour cette réponse transparente. Axel, pose la question: est-ce qu'il y a un projet qui vous a vraiment le plus marqué ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Il y en a beaucoup. Il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup. Oui, il y a une expérience qui m'a marqué, qui est celle que je citais avant, qui était dans le désert à Takama. J'ai développé une société où on a essayé de faire un film, ce qu'on appelle en 360 full dome, c'est-à-dire pour des planétariums, c'est-à-dire projeter une image qui est sur un dome complet. Pour ça, cette aventure-là, elle a justement demandé de déployer un peu tout ce que je racontais avant, c'est-à-dire d'abord de la technique, trouver une caméra qui fasse qu'on puisse réaliser cette expérience-là Ensuite, le fond, parce que ce film, il racontait l'histoire d'un photographe qui avait fait la photo complète de la Voie lactée. Donc, il fallait raconter cette histoire-là et apporter aussi un fond scientifique. Et enfin, la dernière partie, c'est quand vous avez réussi à monter les financements, à avoir un projet cohérent, c'est de partir justement en voyage dans le désert d'Atakama et vivre une expérience assez incroyable avec des équipes incroyables. Ça, c'est sûr que c'est une expérience qui m'a vraiment marqué.
Juliette (Chance)
Merci. Une question de Lola, quelles sont les difficultés de votre métier et comment s'y préparer au mieux ?
Armel Parisot (Producteur TV)
La difficulté, c'est qu'on a un peu l'impression de recommencer toujours à zéro. Tout projet, on est dans un film, c'est un peu une industrie du one shot, c'est-à-dire qu'on fait des prototypes à chaque fois. Un film, c'est un prototype. On ne fait jamais le même film. Donc, la difficulté, elle est celle-là, c'est-à-dire de se dire: On repart à zéro à chaque fois. On repense complètement le process de fabrication. J'ai envie d'employer le terme client, mais ce n'est pas nos diffuseurs, c'est-à-dire les gens qui nous achètent des films. À chaque fois, il faut refaire ça à l'épreuve puisqu'il y a aussi... Même si on fait des films pour une audience publique public, il y a quand même des enjeux d'audience et de réussite. Donc, il faut quand même que nos films soient vus. C'est toujours une remise en question de ce type de préoccupation.
Juliette (Chance)
Justement, j'ai une question. Combien de temps ça prend entre le moment où vous parlez aux auteurs et le documentaire est diffusé ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Ça, ça se faire prendre toujours un peu les gens, mais je dirais que quand vous avez réussi à faire un film en un an, c'est extraordinaire, c'est très court, parce qu'en tout cas, les films, en règle générale, on est sur des périodes de trois, quatre, cinq ans. Entre le moment où, effectivement, il y a une idée, on essaie de la développer, on essaye de voir qui ça peut intéresser, il y a un temps de recherche de financement qui est très important. Ensuite, la mise en œuvre des films. La fabrication, ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus long, c'est la phase de mise en production qui est très longue.
Juliette (Chance)
La phase de mise en production, c'est tout ce qui est le montage derrière, finalement ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Non, la phase mise en production, c'est justement toute la période d'écriture.
Juliette (Chance)
D'accord, OK. Donc plus en amont.
Armel Parisot (Producteur TV)
Voilà, plus en amont. C'est vraiment l'écriture, c'est La mise en production, c'est d'arriver jusqu'à, on va dire, au premier jour de tournage. Quand on est au premier jour de tournage, j'ai envie de dire qu'on a fait quand même le gros du travail puisqu'on a quand même écrit un scénario qui est quand même un peu notre feuille de route, qui a été validé par les diffuseurs ou les gens qui vous ont acheté le film. Après, on rentre dans la phase où maintenant, il faut mettre en œuvre. On tourne le film. Après, il y a le temps de montage qui est aussi très important parce qu'il peut être très long, parce que c'est aussi là, on a beau avoir fait un scénario, il faut aussi au montage un peu reprendre parce qu'on fait du documentaire, on On ne fait pas des films de fiction. Des films de fiction, même s'il y a un travail de montage, mais le scénario, il est écrit, la phrase, elle est écrite et on reprend ça pour le monter. Nous, on fait du réel, donc entre ce qu'on a écrit, ce qu'on va tourner, il y a des fois un gap et il faut tout remettre dans l'ordre.
Armel Parisot (Producteur TV)
Donc, c'est un travail où on remet en question tout le temps ce qu'on a fait au départ.
Juliette (Chance)
Ok, hyper intéressant. On a une question de Fanta, mais je pense que vous avez peut-être déjà répondu. Fanta travaille actuellement en tant que chargée de production sur des supports SI, donc des systèmes d'information sur des applications dans les entreprises. Et elle serait intéressée par un poste d'assistant production, chargée de production. Comment faire pour y arriver ? Est-ce qu'on repasse en effet par la case stagiaire en production pour monter petit à petit les échanges ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Pas forcément. C'est ce que je disais. C'est-à-dire que je pense que Il faut essayer de cibler d'abord des sociétés de production et le domaine qui nous intéresse, parce qu'encore une fois, il faut avoir envie de travailler dans le documentaire. Le documentaire, je dis des fois, c'est un peu le parent pauvre de la télé parce qu'on ne fait pas du magazine, on ne fait pas du cinéma. C'est le documentaire, c'est des économies qui sont les plus réduites pour la télévision. Donc, nous, on cherche des gens qui ont beaucoup d'engagement, de conviction. Et ça, c'est important de se dire qu'on a envie d'aller dans une société parce qu'à un moment donné, ils ont cette ligne éditoriale et que ça vous intéresse d'aller dans ce domaine-là parce qu'ils font de l'écologie, ils font de l'histoire, ils font de la politique. La première chose, c'est ça, c'est de dire l'intérêt que l'on a pour les sujets qui sont développés. Ensuite, comme je l'ai dit, le métier d'assistant de production, c'est beaucoup d'organisations. Donc, il faut Il faut effectivement savoir organiser les choses et aimer la rencontre, savoir parler aux gens. C'est un métier... Je reviens encore une fois au début, c'était là quand je disais: On n'est peut-être pas des artistes, mais par contre, il faut savoir accompagner l'artiste et donc essayer de rentrer un peu dans son univers.
Armel Parisot (Producteur TV)
Les gens qui réussissent à évoluer sont ceux qui ont cette relation avec les créateurs. Quand on arrive à les accompagner, à les écouter, comprendre ce qu'ils veulent, c'est ce qui fait qu'à un moment donné, on évolue vers le métier de producteur. Après, si vous ne venez pas de ce milieu-là, c'est sûr qu'à un moment donné, il faut essayer de trouver, et ça, des formations courtes, il y en a beaucoup qui permettent en tout cas de mieux comprendre l'aspect technique des choses, parce que c'est ça, des fois, qui peut manquer pour quelqu'un qui ne vient pas de ce milieu-là. Mais c'est tout à fait faisable. En tout cas aussi, je dirais, pour les gens qui démarrent, même si c'est compliqué, en tout cas d'essayer d'aller sur des tournages. Parce que ça, un tournage, c'est là où on apprend plus de choses. Quand on sait comment ça se passe, derrière, on est capable de devenir assistant de production ou chargé de production.
Juliette (Chance)
Est-ce que, justement, je vois la question d'Alice, c'est celle que je voulais également poser. Est-ce que là, vous avez en tête des noms de formations courtes à recommander ou pas forcément ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Non, je ne connais pas très bien. C'est vrai que je connais des formations courtes.
Juliette (Chance)
Pas forcément, des formations de manière générale.
Armel Parisot (Producteur TV)
Après, il y a beaucoup d'écoles. Il y a beaucoup d'écoles qui forment au métier de l'audiovisuel. Aujourd'hui, Les plus connus qui sont les SRA, les ICAAR. Il y en a beaucoup. C'est vrai que ça, je ne sais pas. Je vois qu'il y a beaucoup de BTS aussi. Je vois qu'il y a beaucoup de BTS de production. Mais après, des formations, je ne sais pas.
Juliette (Chance)
Non, mais il y a déjà deux noms d'écoles qui ont été citées, l'ESRAS et l'ELI CAR. Est-ce que justement, c'est un secteur qui recrute beaucoup aujourd'hui ?
Armel Parisot (Producteur TV)
Oui. C'est un secteur qui ne va pas très bien parce qu'il n'y a pas beaucoup... Il y a des problèmes d'économie, ça, c'est certain. Mais par contre, oui, Les sociétés de production, elles ont besoin de gens. Et c'est vrai que peut-être plus dans la fiction que dans le documentaire, parce qu'il n'y a jamais eu autant de chaînes, il n'y a jamais eu autant de plateformes. Et c'est sûr que oui, il y a des demandes. Il y a beaucoup de demandes. Moi, je sais qu'il y a beaucoup de demandes en administration de production qui a un métier où on manque beaucoup de... Administration, ce n'est pas que de la comptabilité, mais on recherche des gens qui connaissent la comptabilité, qui savent faire des payes. Tous ces gens-là qui sont des métiers aussi autres que l'audiovisuel, mais qui permettent de rentrer dans ce secteur-là.
Juliette (Chance)
Super. Très intéressant cette piste. Ok. On a peut-être le temps pour une dernière question. Si quelqu'un On va peut-être la poser, en tout cas, un grand merci, Armel. Le live est passé pour l'instant très vite. Je ne sais pas s'il y en a une dernière question, peut-être, sinon on va clôturer. Moi, on m'a dit une fois, c'est un gros préjuget, on m'a dit: Si tu souhaites devenir productrice, il faut que tu sois prête à être fauchée tous les deux, trois ans. Est-ce que c'est vrai ?
Armel Parisot (Producteur TV)
C'est mon cas, par exemple. C'est ça. C'est-à-dire que j'ai fait 25 ans dans une société qui s'est arrêtée. Là, je suis dans une période où je dois tout recommencer. Mais c'est aussi motivant. Oui, c'est-à-dire qu'effectivement... En tant que producteur, on prend des risques et à un moment donné, les risques, soit ça peut payer, soit ça ne paye pas. On peut se retrouver effectivement dans des difficultés, parce qu'on ne réussit pas toujours. Mais en tout cas, je ne crois pas qu'on vient... L'image qu'on peut avoir du producteur avec le cigare Ça n'existe pas vraiment. Je pense que pour être producteur aujourd'hui, c'est d'abord de la conviction, de l'engagement. Il faut croire à ce qu'on fait, ce qu'on a envie. Il y a une forme, effectivement, aussi d'indépendance. C'est-à-dire que c'est se lever le matin et se dire: Tiens, qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Voilà.
Juliette (Chance)
Super. Merci beaucoup, Armel, d'avoir répondu avec tant de transparence, franchise et là encore, je trouve passion sur le métier. On arrive à la fin de ce live. J'espère que les personnes qui ont participé ont pu obtenir toutes les informations qu'elles souhaitaient et un grand merci à elles. Si jamais vous souhaitez rejoindre la communauté d'entraide et l'initiative 3 minutes pour les autres, n'hésitez pas. Je vais vous remettre le lien sur le tchat. C'est une communauté où vous pouvez être aidé et aider les autres. Et voilà, je pense que nous pouvons conclure ce live. Un grand merci, Armel, pour votre temps. Merci beaucoup pour votre présence.
Armel Parisot (Producteur TV)
Merci.
Juliette (Chance)
À très vite.
Armel Parisot (Producteur TV)
Au revoir.
Juliette (Chance)
Au revoir.
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