Lucie de Rohan, Productrice de documentaires

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Et merci beaucoup d'être présents pour ce nouveau live, cette nouvelle journée avec Lucie. Merci Lucie.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Bonjour. Merci. Je suis ravie d'être là.

Marine (Chance)

Merci beaucoup d'avoir accepté de me donner 30 minutes de ton temps pour nous aider et nous raconter ton métier. Pour celles et ceux qui nous écoutent, nous, on est Chance. Et chance pour ceux qui ne nous connaissent pas, c'est un bilan de compétences et une communauté d'entraide pour aider chacun à à retrouver sa voie ou à redonner du sens dans son travail. Et en fait, dans le parcours Chance, quand vous le faites, il y a une partie qui s'appelle l'exploration et c'est explorer le champ des possibles de toutes les voies professionnelles qui pourraient vous plaire. En fait, cette semaine de Live métier, c'est de l'exploration ensemble. Et aujourd'hui, grâce à Lucie, on va explorer productrice de documentaires. Ce live est interactif, donc n'hésitez surtout pas à poser des questions dans le chat pour Lucie. On y répondra au fur et à mesure avec plaisir. Et pour commencer, Lucie, est-ce que tu peux nous raconter un peu dans les grandes lignes de ton parcours et comment tu es arrivée là où tu es aujourd'hui ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

D'accord. Alors, la première chose, c'est que je ne suis pas productrice de documentaires, mais je travaille dans la production documentaire et j'ai un rôle bien spécifique auprès d'un producteur que je développerai peut-être après. Et d'ailleurs, c'est un choix de ne pas être productrice. Je développerai sans doute aussi là-dessus.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Mon parcours en très bref. Alors, tel que je vais le raconter, ça va peut-être paraître assez lisse et cohérent. En fait, derrière, il y a plein d'aspérité et il y a beaucoup plus de chaos que ça ne l'apparaît au premier regard. Et je le dis d'autant plus que je sais que si vous êtes là, c'est que vous Je vous ai posé plein de questions sur votre propre cheminement et je peux me mettre à votre place parce que je l'étais littéralement il y a six ans. Et moi aussi, j'ai fait un bilan de compétences. À l'époque, je ne connaissais pas Chance, mais au CNAM. Bref, pour revenir sur mon un parcours. Donc, mes études... Enfin, peut-être dès l'âge de 15 ans, j'en ai 39 aujourd'hui, j'étais passionnée par le cinéma à l'origine. C'était vraiment une obsession personnelle et une vocation. Et j'ai tiré tous les fils possibles pour y arriver. Je suis passée par Sciences-Po. J'ai fait un master de management de la culture et des médias avec une spécialité ciné. À l'époque, j'ai découvert un métier qui est la distribution de films. En gros, c'est amener les films au public, le plus vaste possible, quelle que soit la catégorie.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Moi, j'étais plutôt sur un cinéma d'auteur, cinéma d'auteur mondial. Et mon rêve, c'était d'être Jean Labadie, qui est le type qui sort une grande partie des pas le mode art. Et du coup, de ce rêve est né une sorte de MBA que j'ai fait à la Fémis, qui est une grande école de ciné. Et là, à ce stade, c'est très linéaire. Je suis vraiment passionnée, je coche un peu les cases et je trouve tout de suite mon premier boulot. J'avais fait pas mal de stage avant, parce que c'est quand même très comme ça que ça me marche. Et au début, je fais des acquisitions, donc je lis plein de scénarios. Je rentre pas dans les détails, mais en fait, cette lecture de scénario, ça m'a préparé au métier que j'exerce aujourd'hui. En fait, moi, je suis directrice du développement, donc au sein d'une société de distribution documentaire et selon les projets et leur nature, je peux aussi être amenée à faire de la direction éditoriale. Donc moi, je suis vraiment la littéraire de la bande, et ce, depuis à peu près toujours, quelles que soient les professions que j'ai traversées. Et ce que j'aime, en fait, c'est essayer de comprendre les intentions d'un auteur, la vision d'un réalisateur ou d'une réalisatrice, à travers, à l'origine, un texte de départ, que ce soit un scénario ou ce qu'on appelle dans le jargon un Un traitement.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Il y a plein de mots différents, mais en gros, comment est-ce qu'on raconte son intention d'abord à l'écrit ? Je parle très vite. J'espère que ça va. Au niveau du rythme, Marine. Tu m'arrêtes si nécessaire.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Ensuite, j'ai basculé vers la production pure et dure, mais toujours cinéma, où là, j'étais un peu comme on dit le mouton à cinq pattes. Je faisais plein de trucs, mais j'avais encore ce focus sur les textes. Ça veut dire aussi réécriture, conseil sur comment améliorer, etc. Toujours dans une position assez humble de: Je ne suis pas la décideuse.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Et là arrive le moment où j'ai une révélation pour le documentaire. On est en 2016. La productrice avec qui je travaille à l'époque revient d'un festival, a rencontré un réalisateur qui l'a complètement bouleversé, qui est documentariste. On ne sait pas faire, ou plutôt: On n'a jamais fait. Et on est sur des délais très, très courts pour faire une demande de fonds, parce que c'est aussi beaucoup ce que je faisais dans ce métier, aller trouver des fonds. Et elle n'a pas le temps de s'en occuper. Moi, j'ai la chance d'être complètement bilingue. Elle me délègue le type d'une autre nationalité et elle me délègue le type d'une autre nationalité, et elle me délègue en fait tout le travail de brainstorm et d'écriture avec lui en duo. Et là, je me dis: C'est un truc de fou. J'aime profondément ce qui se passe, ce qui se déroule. Et surtout, ça vient combler un manque que je ressentais depuis longtemps, que je ne savais pas encore qualifier. Mais j'ai fait dans les détails. Je fais partie de la loomiliste des gens qui ont fait une forme de burn out.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Et donc, c'est venu aussi à ce moment-là me donner un nouvel élan. Et c'était aussi d'autant plus dur, peut-être que ça va parler à certaines personnes qui sont ici, qu'à l'origine, moi, c'était vraiment un boulot passion. Donc là, il y a une espèce de réparation par le documentaire, mais surtout, il y a un moment de grande stimulation où je découvre tout un champ que je ne connaissais pas. Parce que même si je ne suis pas devenue boulangère ou que je venais des assurances, c'est quand même des métiers et des modes de pratiques.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

C'est des pratiques qui sont quand même très différentes. Travailler sur le réel, autour du réel, apporter une compréhension sur le réel. C'est très, très différent d'être dans une matière fictionnelle en permanence. Et en fait, j'avais ce besoin, mais je ne savais pas à l'époque. Et surtout, moi, j'adore comprendre les fonctionnements même d'un métier. Et du coup, j'ai aussi, à ce moment-là, découvert la richesse inouïe de tout ce que les plateformes, que ce soit Arte. Moi, j'ai inclus Arte dans les plateformes. Que ce soit Arte, le site où il y a...

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Il faudrait que je prenne des années sabbatiques si je voulais tout regarder. C'était la grande époque de Netflix et ses premiers documentaires, sans parler de France Télévisions qui, en fait, n'a pas forcément cette image auprès de la jeunesse, mais assez incroyable sur le début. Marine, dis-moi si j'ai dépassé mon temps de parole de présentation.

Marine (Chance)

Non, c'est fascinant d'écouter ton cheminement, parce que justement, comme tu le disais, les gens qui sont là sont dans des cheminements et de voir que tu as pu réajuster vers ce qui te plaît énormément aujourd'hui, en passant de la fiction au documentaire. Donc c'est génial. Merci beaucoup pour cette première présentation. Ma question maintenant pour toi, ça va être ton nouveau métier dans le documentaire. Est-ce que tu peux nous raconter en quoi ça consiste ? Quelles sont tes missions ? En quoi ressemble un peu une semaine type de Lucie maintenant ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Ok. Juste un truc, c'est que de cette révélation, le switch, il n'a pas été immédiat. Si j'ai accepté aussi cette rencontre, c'est parce qu'il y avait cette accroche de la puissance des rencontres. Il y a eu un moment où j'ai vraiment été déterminée pour passer de l'autre côté. Et là, j'ai rencontré énormément de monde, mais ça n'a pas été gagnant tout de suite. Mais il se trouve que mon boss actuel, le producteur avec qui je travaille, je l'ai vraiment rencontré. On a pris un café ensemble. Après, c'est très spécifique à ma profession, à la manière dont les choses se conjuguent. Je n'avais pas peur au départ de faire cette démarche, mais ça m'a quand même coûté à des moments.J'avais aussi des moments d'Incertitude de: Est-ce que ça va marcher ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

J'ai commencé en freelance avec lui autour d'une mission puis une deuxième d'écriture, de développement, de recherche, en fait, pour une série de documentaires Arté. Et puis ensuite... Donc, il m'a fait... Voilà, peut-être ce que je peux préciser, c'est que c'est quelqu'un qui m'a vraiment fait confiance. Après, je pense qu'à l'époque, j'étais à la hauteur de la commande, mais néanmoins, confiance qu'il a suivi d'une autre mission. Et là, j'ai eu aussi un bol incroyable. C'est qu'en fait, il y avait quelqu'un qui travaillait sur des sujets connexes dans la société, qui est parti. Et il était là depuis 15 ans. Je le souligne parce que là, il y avait un alignement assez incroyable.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Mais ce genre d'alignement, c'est comme ça, c'est un peu pensée magique, mais je crois que c'est possible. Je ne dis pas que c'est systématique. C'est possible quand les gens et quand ce que vous voulez faire et que les rencontres avec les gens en fassent... J'en ai eu qui n'ont donné aucune suite, je le précise vraiment. Ce que je fais aujourd'hui très concrètement, je suis directrice du développement. Ma semaine pour une journée type, je vais principalement travailler sur des textes que nous remettent des auteurs et des réalisateurs. Là, je fais une grosse distinction. En fait, des auteurs, ça peut être des experts sur des sujets bien spécifiques. Nous, dans la boite, on travaille sur trois domaines particuliers: beaucoup de géopolitique, de l'histoire, sur des documentaires assez classiques, archives, intervenants. On est vraiment reconnu pour ça. Et aussi des documentaires plus biographiques sur des destins, des parcours d'artistes. Souvent, en lien étroit avec des expos qui ont lieu à Paris. Peut-être pour donner quelques... En fait, là, depuis la rentrée, on a deux docus sur Arte, un qui a été diffusé hier sur la révolution en Iran. De la révolution de l'année en cours, et une série sur le djihadisme, qui a été diffusé début septembre.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Et là, typiquement, sans rentrer dans tous les détails, en fait, c'est moi qui ai été amenée à présenter l'auteur expert, qui s'appelle Hugo Michron, et qui nous a permis de lancer cette série. Parce qu'aussi, une des spécificités de mon travail, c'est que je fais des... Ce n'est pas le terme, mais je le dis pour que ce soit plus compréhensible. Je fais des castings de réalisateurs, au sens où je vais repérer des réalisateurs, je vais faire une veille, je vais regarder. Je fais beaucoup de visionnages, je regarde beaucoup qui fait quoi. Ça, c'est un truc qui m'a toujours passionnée, même par le passé, quand j'étais dans le ciné. C'est d'essayer de créer des équipes créatives où il y a un ou une réalisatrice et souvent un auteur ou une autrice qui a son domaine de compétences. Ça peut être les chrétiens évangéliques, donc ça va être des universitaires, des sociologues ou par exemple des commissaires d'exposition, pour le dire en très bref.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

En fait, moi, je suis une sorte d'ambassadrice de la boite, auprès de réalisateurs ou d'auteurs. Et ensuite, je vais suivre la mise en place de cette écriture. Je parle beaucoup d'écriture parce qu'on fait des dossiers assez à l'ancienne, en fait, mais même comme dans plein d'autres métiers, des PowerPoint, des decks, tout ça, pour convaincre de la pertinence du projet auprès des chaînes. Nous, on ne travaille pas encore. Je ne sais pas si on le fera un jour, mais avec Amazon ou Netflix. Mais notre client principal, c'est Arte, et dans une certaine mesure aussi, France Télévisions.

Marine (Chance)

Très passionnant. Merci beaucoup Lucie. Je vois qu'il y a des questions qui sont en train d'être tapées, qui vont bientôt arriver. J'ai une question pour toi, parce que l'idée, dans les live en coulisses, c'est vraiment de donner une réalité de terrain des métiers, parce qu'évidemment, il y a des métiers qui font énormément envie et qui appellent beaucoup de monde. Ton métier, par exemple, que ce soit dans l'écriture, dans tout ce qui est art, etc. Après, il y a aussi une réalité qui est parfois la difficulté, parce que plein de gens veulent faire ces métiers-là. Est-ce que tu peux nous donner un petit peu, pour toi, même si c'est subjectif, ce que tu adores dans ton métier, ce que tu aimes moins, ce que tu trouves plus compliqué ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Ce que j'adore, c'est que moi, je suis un esprit extrêmement curieux. Dit comme ça, ça paraît banal, mais moi, ce qui m'excite le plus, c'est quand le programme dans lequel je travaille ou les réalisateurs, etc, qu'on côtoie, me disent: Tiens, on va travailler sur tel sujet. Et en fait, je ne connais rien. Je suis tout le temps dans une position de découverte.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Et en un sens, c'est même mieux de ne pas connaître, parce que je peux d'autant plus me mettre à la place du spectateur. Donc ça, c'est vraiment le truc qui me stimule le plus. Ce qui est parfois un peu plus difficile, c'est justement d'être dans cette position de découverte perpétuelle. Parce que moi, je ne sais jamais si je vais être à la hauteur. Typiquement, pour le documentaire sur l'Iran, il fallait aller très, très, très, très, très vite. On savait qu'on était en concurrence. Et donc aller trouver la bonne personne, convaincre. Et surtout, moi, il fallait que j'écrive aussi un peu pour lancer le texte. Je fais trois remarques superficielles. Parfois, il y a quand même une vraie réécriture. Il y a des réécritures, il y a des réalisateurs d'extraordinaire talent, mais qui ne sont pas forcément des auteurs. Sinon, une autre en répondant, je crois que la difficulté la plus forte dans ce métier, ou en tout cas celle que je ressens le plus, C'est de se dire: Pendant que nous, on travaille sur ce sujet depuis un mois, deux mois ou qu'on en a l'idée depuis six, il y a toute la concurrence de toutes les autres boites, parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de boites sur le marché.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Certaines peuvent être plus réactives ou avoir des réseaux plus convaincants sur ce sujet que nous et qui ont déjà balancé le truc, mais on ne le sait pas. Il y a à la fois une transparence du marché, mais aussi une grande opacité. Je dis marché parce que pour moi, ça reste une industrie. Il y a une dimension qui est très artisanale, mais ça reste une industrie avec un marché. Je ne sais pas si j'ai répondu à ta question.

Marine (Chance)

Si, bien sûr. Quand tu disais en concurrence avec l'Iran, c'est que, par exemple, tu C'est France Télé ou Arte qui vous disent: On veut faire un- Je ne sais pas.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Là, pour ce documentaire-là, sans dévoiler les arcanes du truc, on était plutôt bien positionnés. Moi, je n'étais pas encore là, mais la société avait déjà fait plusieurs documentaires très reconnus sur le sujet. Mais on n'était pas les seuls à pouvoir revendiquer ça. Et surtout, il peut y avoir aussi des documentaires de pays qui sont ensuite achetés. Ou alors, il peut y avoir, surtout pour un Allemand qui va faire référence. Et là, on est là: Oh non.

Marine (Chance)

Je comprends la grosse frustration quand tu as travaillé pendant longtemps dessus. On a des questions qui se rejoignent de Niarica et Alexandre sur si tu veux te réorienter vers ce milieu-là. Est-ce que c'est possible sans réseau ? Est-ce que c'est possible d'arriver un peu sur le tard ou c'est compliqué ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Encore une fois, tu as enlevé le terme de subjectivité tout à l'heure. Moi, je n'avais pas de réseau spécifique dans le documentaire. J'ai pu tirer quelques fils quand même. Je n'arrivais pas de nulle part. En revanche, le fait d'avoir un parcours assez qualitatif, on va dire, dans le cinéma et d'avoir fait... Je ne sais pas l'impact des écoles, mais par exemple, Sciences-Po dans le documentaire, c'est un gage d'une certaine démarche intellectuelle qui rassure. Je pense que moi, quand j'envoyais des mails, je savais qu'ils étaient potentiellement... Et que les gens se disaient: Tiens, c'est qui, elle ? Voyons voir. Je Où j'ai pu demander à quelques personnes dans le cinéma: Est-ce que tu connais des gens dans le documentaire ? Et donc ça m'a aidé à faire des premiers rendez-vous et que lors de ces premiers rendez-vous, on me dise: En gros, je n'ai rien pour vous. Moi, c'était des rendez-vous au départ, vraiment, de marge d'exploration, de découvertes. Et donc, j'avais un peu ce réflexe de: OK, toi, tu n'as rien de particulier à me proposer, mais est-ce que tu peux me donner des noms ? J'imagine que c'est ce que les coachs aussi suggèrent à vos talents.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Ce mécanisme-là, j'ai pu le mettre en place. En un sens, j'avais un réseau où en tout cas, je savais comment naviguer dans ce réseau. Il y a plein de réflexes ou de manières de faire que j'ai tricotées, justement. C'est marrant parce qu'il y a plein de choses que j'avais découvertes dans toute cette partie exploratrice que j'utilise, paradoxalement, maintenant dans mon métier. J'ai l'impression d'avoir fait une recherche documentaire sur le documentaire à l'époque.

Marine (Chance)

C'est effectivement ce qu'on invite à faire dans la partie Exploration pour les talents qui font le parcours chance, c'est d'aller contacter plein de personnes qui travaillent dans le milieu pour un rendez-vous informel, pour échanger. Et c'est vrai que parfois, ça crée des gros déclics. Et c'est les fameuses rencontres dont tu parles. C'est quelqu'un qui va être séduit par ce que tu peux apporter, te donner ta chance, comment t'as donné ta chance.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Exactement. Et une chose, je ne sais pas si... Je crois que la vidéo a été coupée, mais je ne sais pas si moi, je suis coupée. Une précision aussi: le producteur que j'ai rencontré, il s'est déroule. Je crois six mois, entre le moment où je l'ai rencontré la première fois, moi, j'étais encore dans mon job. Ça, c'est une remarque de ma vie, mais moi, ça m'a aidé, à un moment donné, de commencer cette démarche alors que j'étais toujours dans mon poste dans le cinéma. Et après, je me suis lancée en freelance quand Il y avait déjà quelques accroches. Je vois la question de Pablo qui dit: Ça vous arrive de partir juste d'une idée, un sujet, une prémisse et d'accompagner l'auteur ? Complètement. Pablo, c'est le cœur de mon travail. Donc Pablo demandait: Est-ce que ça vous arrive de partir de juste une idée, un sujet, une prémisse et d'accompagner l'auteur, l'autrice à le développer ? C'est ce qu'on me demande. Je suis payée pour ça.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Niarigata, pardon, Niariga, qui dit: Si on n'a pas tout ce background cinématographique, par quoi on peut commencer dans cet univers ? Moi, j'ai une collègue qui a passé 20 ans chez Médecin Sans Frontières Et en fait, elle, elle se prend pour la partie Vidéos institutionnelles de Médecin Sans Frontières. Et en fait, elle est une directrice de prod fabuleuse, ultra-humaine. C'est l'Anna qui règle le plus de problèmes que je connaisse, avec une espèce d'étraction et d'humanité perpétuelle, alors que moi, je connais son stress intérieur. Je crois aussi, mais ça, je ne peux pas le garantir, que la boite pour laquelle je travaille a une certaine ouverture. Après, moi, je suis dans une toute petite structure sur l'histoire des quatre piliers. Par exemple, l'environnement. La réalité du terrain, c'est que nous, on est cinq au quotidien. Et ça, par exemple, si je suis hyper honnête... Après, on est dans toute la galax des réalisateurs et des auteurs, mais si je pouvais être dans un cadre avec plus de monde, un peu de middle management, etc. Je pense qu'aujourd'hui, dans mon parcours, ça me correspondrait plus. Après, il y a beaucoup d'avantages à pouvoir toquer à la porte, envoyer un mail, savoir qu'il va être répondu assez rapidement.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Il y a des avantages à ce côté toute petite structure. Et moi, j'ai toujours connu ça, en fait. Parce que c'est des métiers, en fait, où on est des tout petits pôles créatifs. Mais ça, ça peut être déstabilisant pour certaines personnes. Mais si vous avez connu un peu en mode startup, par exemple, vraiment startup naissante, il y a vraiment des ponts et des parallèles. De même que le fait de savoir financer des projets, faire de la gestion de projets, en fait, C'est très similaire. Après, c'est un métier où il y a beaucoup d'affect, beaucoup d'ego. Je trouve, moins que dans le cinéma et les enjeux financiers sont bien moindres. Moi, ça, c'est quelque chose qui me fait du bien, qui allège énormément mon stress. Quand je dis mon stress, oui. Quand je travaillais dans le cinéma, c'était quelque chose qui pouvait être un peu envahissant pour moi, cette dimension financière. Kim demande: Quelle est la différence entre productrice et réalisatrice Le producteur, peut-être j'aurais dû commencer par là, je m'excuse. En fait, c'est un peu comme le grand ordinateur, chef d'orchestre, chef de chantier. C'est-à-dire qu'il va superviser le projet de A à Z et c'est lui qui en a la responsabilité.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Par contre, il n'est pas forcément là... En documentaire, c'est un peu pluncier, mais il n'est pas forcément là sur le plateau au moment du tournage. Moi, peut-être aussi sur les quatre piliers, j'ai une fille de trois ans. Le COVID aussi est passé par là, mais quand j'ai commencé, je faisais beaucoup de développement, mais j'allais aussi... C'était lié aux circonstances et j'étais vraiment dans une dimension éditoriale très, très forte. Il a pu m'arriver de participer à des tournages, voire même d'être celle qui posait les questions pendant que le réalisateur filmait, où il n'y avait pas nécessairement de chef-up, où il y avait des enjeux de langage. Mais le réalisateur, c'est celui qui peut avoir l'idée ou alors on lui apporte, qui fait la recherche conjointement avec l'équipe de production. Mais le producteur, quand je dis il a la responsabilité, il a aussi la responsabilité légale et il a la responsabilité vis-à-vis des chaînes. Le réalisateur, bien sûr, il faut que que la chaîne trouve que son travail est à la hauteur de la promesse, mais il n'a pas d'enjeu d'argent. Ce n'est pas lui qui gère le budget, par exemple, et qui le met en conformité et qui s'assure qu'on est à égalité entre besoins et financement.

Marine (Chance)

Tu me dis, Lucie, si je dis des bêtises, mais pour répondre à Alexandra, non, le réalisateur n'est pas forcément l'auteur.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Ouais, moins en documentaire.

Marine (Chance)

Le réalisateur est derrière la et l'auteur est celui qui a écrit pour schématiser. Mais c'est vraiment les mêmes personnes et visiblement encore plus dans le documentaire. Ouais. C'est une question Lucie.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Très souvent, le réalisateur est tellement immergé dans le sujet une fois qu'il se l'est approprié, qu'il est Très souvent, il coécrit, il en devient l'auteur. Après, il y a aussi... Quelqu'un me posait la question: il y a aussi des experts qui n'ont pas, par manque de temps ou par manque d'immersion dans le métier, qui ne veulent pas nécessairement avoir cette casquette d'auteur. Donc là, on les paye en tant que père consultant et l'auteur se nourrit de leur matière, mais il a son statut d'auteur.

Marine (Chance)

J'avais une question. Effectivement, les quatre piliers, pour vous expliquer la méthode Chance, c'est qu'un travail, ce n'est pas qu'un métier, c'est beaucoup plus. Donc, le Lucie a commencé à nous expliquer ses missions. Il y a ensuite l'environnement de travail, donc ce qu'expliquait Lucie. Elle peut faire son métier dans une petite boîte de cinq, ce qui lui va aujourd'hui comme elle pourrait le faire dans une structure beaucoup plus grosse et la réalité change un peu. Ensuite, il y a le pilier finalité et le pilier impératif. Ça va être mes deux autres questions pour toi, Lucie, parce que l'heure tourne. Sur le pilier finalité, est-ce que tu peux nous dire quel sens tu trouves dans ton métier ? Et sur le pilier impératif, est-ce que tu peux nous donner tes aperçus en termes de rémunération ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Sur le sens, moi, je le trouve parce que je sais que les documentaires sur lesquels je travaille, ils vont être vus par beaucoup de gens et qu'on transmet une vision et une explication du monde dans un moment où le monde est très chaotique et on n'a pas forcément de réponse. Donc, à travers mon métier, j'apporte des réponses. Pour le dire pour le dire de façon très, très, très schématique. Donc pour moi, ça, c'est extraordinaire.

Marine (Chance)

Et pour la partie rémunération ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Et pour la partie rémunération, ce n'est pas le Pérou, mais c'est correct Et surtout, moi, j'ai une précision, c'est que je travaille quatre jours par semaine. C'est un deal qu'on a trouvé avec le producteur avec qui je travaille, parce que moi, j'ai des activités parallèles de de formation, de coaching. Et du coup, ça me permet de trouver un équilibre. Et je dirais que cet équilibre-là, il est aussi financier, c'est-à-dire que j'ai un peu d'argent aussi à côté par mes activités parallèles. Est-ce que je dois dire carrément ma rémunération ?

Marine (Chance)

Tu n'es pas obligée, forcément, de dire la tienne, mais de dire par rapport au secteur, c'est quoi la fourchette pour ton type de métier ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Je ne saurais pas. Traditionnellement, dans mon métier, on travaille cinq jours sur cinq. Moi, c'est un truc un peu particulier. Pour ce que je fais, c'est entre 3 000 et 4 000 bruts par mois. Après, il peut y avoir des primes. Et après, moi, je suis aussi... Là, ce que je donne, c'est dans une période quand même où croissance en Bern, paradoxalement Inflation, coûts qui ont explosé dans nos métiers aussi avec le Covid. Je pense qu'en réalité, les salaires pourraient être plus élevés.

Marine (Chance)

D'accord.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

En tout cas, ce métier ne vous rendra pas riche. Ça, c'est sûr. C'est bien de le dire.

Marine (Chance)

C'est bien de le dire pour avoir une réalité concrète, parce qu'évidemment, c'est quelque chose qui rentre dans la balance. Malheureusement, une demi-heure, ça passe super vite. Lucie, je ne sais pas si tu es OK pour qu'on partage ton contact si éventuellement les gens ont des questions. Tout à fait. Super. Je vous mets le contact de Lucie dans le chat. Je vois qu'il y a encore des questions qu'on n'a pas pu traiter, donc n'hésitez pas si vous voulez contacter Lucie.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Je passe beaucoup de temps sur LinkedIn aussi. Donc, des personnes... Mon nom en entier, c'est...

Marine (Chance)

Si tu peux mettre ton lien LinkedIn dans le chat, peut-être.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Oui. Je ne sais pas, le temps que je le retrouve.

Marine (Chance)

Je le mets si tu veux.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Tu peux le mettre.

Marine (Chance)

Je viens de te trouver. Je vous ai mis le lien LinkedIn de Lucie pour toutes les questions auxquelles on n'aura malheureusement pas eu le temps de répondre, parce qu'il y en a beaucoup. J'espère que je n'étais pas trop obscure dans mes explications, parce que je suis tellement collée à mon quotidien. Non, personnellement, je ne sais pas les autres. Ils vont te dire dans le chat, mais je vois qu'il y a beaucoup de mercis qui arrivent. C'était top. Merci beaucoup. C'était top. Apparemment, les gens ont beaucoup aimé cet échange. Même moi, j'ai découvert un univers que je ne connaissais pas du tout. Je vous remets aussi le lien vers la communauté d'entraide Chance. Ce que Lucie vient de en fait, c'est de l'entraide, c'est-à-dire qu'elle a pris 30 minutes de son temps pour vous apporter son métier et vous le présenter pour peut-être créer des déclics chez vous. Donc, mille merci Lucie pour ça. Et vous aussi qui nous écoutez, vous pouvez témoigner sur votre métier également. Pour aider d'autres personnes. Donc, n'hésitez pas. Et vous pouvez retrouver tous les autres métiers cette semaine. Il y en a plein. Il y a TV script qui est un métier dans la même industrie.

Marine (Chance)

Si ça vous intéresse aussi plus tard dans la semaine. Mille Merci Lucie.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Merci Marine de m'avoir aussi guidée.

Marine (Chance)

C'était avec plaisir. J'ai adoré t'écouter. Merci. Est-ce que quand il y a des documentaires, il y a ton nom quelque part dans les crédits ?

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Ouais, je suis la directrice du développement, ou directrice éditoriale. Et parfois, quand je suis moins impliquée, je suis à équipe de production.

Marine (Chance)

Génial. Comme ça, quand on verra Lucie Dauran dans les crédits, on pourra dire: Je connais cette personne. Surtout regarder les docus, c'est ça l'essentiel. Oui, surtout.

Marine (Chance)

Merci beaucoup.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Vous êtes très inspirée par plein de documentaires. Bonne journée.

Lucie de Rohan (Productrice de documentaires)

Au revoir.

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