Lucie Rousseau, Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup d'être présents et présente à ce live pour écouter Lucie nous raconter son parcours et son métier. Merci beaucoup Lucie de nous avoir accordé du temps.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Avec plaisir.

Marine (Chance)

Et surtout Lucie, on lui demande souvent de son temps parce que c'est une ancienne talent chance qui s'est réorientée. Et donc Lucie témoigne souvent pour nous. Donc encore merci Lucie. Ça aide beaucoup les autres et ça donne la force de croire en ces projets. Pour commencer, je voulais vous rappeler qu'il y a un tchat. L'idée, c'est que le live soit interactif. N'hésitez pas à poser des questions dans le tchat et Lucie y répondra. Ça m'intéresse aussi que vous me disiez d'où vous venez, d'où vous nous écoutez. Coucou Emilie. Je vois qu'il y a des noms familiers au fur et à mesure des live que je retrouve. N'hésitez pas à nous dire d'où vous nous écoutez et aussi pourquoi... Est-ce que c'est Paris ? Non, Bordeaux. Pourquoi vous venez à ce live ? Est-ce que c'est par curiosité ? Est-ce que c'est parce que c'est une voie professionnelle que vous envisagez ? Est-ce que c'est parce que vous faites ce métier et vous avez envie d'entendre quelqu'un d'autre en parler ? Non, c'était une autre Emilie. Oui, mais c'est qu'il y en a deux. Il y en a une que je connais et l'autre, je ne connais pas. Lucie, pour commencer, est-ce que tu pourrais... Je pense que ça va parler à beaucoup de personnes parce que dans les live métier, il y a des gens qui se posent des questions sur leur métier et veulent parfois en changer. Et ça a été ton cas et ça prouve que c'est possible. Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours et comment tu es arrivée au métier de professeur des écoles ?

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Déjà, bonjour à toutes et peut-être tous, mais j'imagine que c'est quand même plus des femmes qui se sont inscrites à ce live. Pour faire très, très court, j'ai eu un parcours scolaire assez facile. J'ai toujours été une bonne élève. Du coup, je n'ai pas eu trop à réfléchir à mon orientation parce que les portes me restaient ouvertes. Donc, je procrastinais un peu sur la réflexion concernant le métier que je souhaiterais faire. Je me suis laissée vos J'ai fait un bac littéraire. Ensuite, je suis rentrée à Sciences Po Lyon. J'ai fait cinq années là-bas et dans un premier temps, j'ai souhaité m'orienter. C'est vers la quatrième ou cinquième année où j'ai dû vraiment me poser la question: Quel métier je voulais faire ? Parce que j'étais une grande consommatrice de culture et que j'avais eu l'occasion de beaucoup voyager, et notamment lors de mes études, de vivre à l'étranger, je me suis dit: D'accord, pourquoi pas se lancer dans la gestion de projets culturels à l'international, ou ce qui est promotion de la culture française à l'étranger ? Et donc, c'est ce que j'ai commencé à durant trois ans. Donc, j'ai travaillé pour Alliance Française Services Culturels d'ambassade.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Et suite à une très mauvaise expérience en ambassade, je suis rentrée en France plutôt que prévu et en faisant ma recherche d'emploi, je me suis souvenu que même lorsque j'étais lycéenne, il m'importait de me rendre utile via des actions de bénévolat et que ce serait peut-être bien d'intégrer cette dimension à mon métier. Et un peu par hasard, via mon réseau personnel, j'ai intégré une fondation qui luttait contre tout type d'exclusion. Les projets qui étaient menés par cette fondation étaient assez vastes. Je suis restée six ans dans cette fondation et trois ans en chef de projets plutôt à gérer les financements publics des projets qui étaient menés. Ensuite, trois ans sur un poste complètement différent où je devais gérer les fondations sous égide de la fondation pour laquelle je travaillais. C'était un poste très couteau suisse où je devais faire à la fois de la communication, faire de la mise en relation entre les différentes fondations et entre les équipes opérationnelles de la fondation et les équipes des fondations sous égide du financier. C'était assez polyvalent. Et pendant ces six années à la fondation, assez régulièrement, j'avais des crises de motivation. Ce n'était même pas de crises de motivation, c'est que je faisais des dépressions assez grave, mais j'arrivais à rebondir quand même.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Et du coup, j'étais en arrêt quelques semaines et au final, je reprenais le travail, même si je n'étais pas complètement remise, mais j'arrivais quand même à continuer à faire mon job. Jusqu'à l'année dernière, début d'année dernière, j'ai eu de nouveau un gros passage à vide et cette fois, j'étais incapable de reprendre. Je me suis posée la question de changer complètement de métier. Je me suis interrogée grâce à l'aide des équipes de Chance et J'avais déjà une idée en tête quand j'ai commencé le parcours Chance et ça n'a fait que confirmer que le métier d'enseignante que j'envisageais correspondait à tous les besoins que j'avais vis-à-vis de la vie professionnelle à l'heure actuelle. C'est comme ça que j'ai décidé de devenir professeur des écoles en réseau d'éducation prioritaire, parce que ma motivation première était plus que l'enseignement, c'était d'être au contact de d'élèves issus de milieux défavorisés. C'est là où je me sentais pouvoir avoir le plus d'impact. Du coup, depuis septembre dernier, je suis enseignante contractuelle parce que je ne voulais pas passer le concours directement. Je voulais d'abord me tester sur le terrain, confirmer mon intuition que ce métier pourrait me plaire. Et donc contractuelle auprès de l'Académie de Créteil, et plus précisément, le département de Seine-Saint-Denis. Et j'enseigne auprès d'une classe de grande sécurité dans la ville de Bagnolet, pour ceux qui connaissent un peu la géographie francylienne.

Marine (Chance)

Super. Merci beaucoup Lucie. J'ai des premières questions qui arrivent dans le chat. La première, donc, sur le métier. Est-ce que tu peux nous dire quelles sont les différentes missions d'une professeur des écoles ? Emilie précise: J'ai beaucoup aimé être au contact d'enfants et les accompagner quand j'étais animatrice périscolaire.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Oui. Alors, justement, je pense que c'est un point important de faire la distinction entre ce qu'on peut faire en tant qu'animatrice ou d'autres métiers qui sont en contact des enfants et les missions d'une enseignante. Il y a toujours ce relationnel avec les élèves qui sont des enfants, qui est très important, mais c'est une de mes de l'écouter, je pense, au début, de réussir à trouver la bonne distance pour que les élèves comprennent bien que notre rôle, c'est de leur apprendre et pas simplement de leur prêter attention ou de s'amuser avec eux, qui sont vraiment à l'école pour enrichir leurs connaissances et que c'est notre rôle. Et tout en réussissant à trouver le juste ton qui nous d'avoir leur confiance et du coup, de pouvoir recueillir leur confidence, qu'ils savent que s'ils ont besoin de parler de choses qui les turlupinent et qui peuvent avoir des incidents sur leur scolarité, on est à leur écoute et qu'on sera bienveillante, mais tout en mettant certaines limites et qui ne se considèrent pas comme nos enfants, parce qu'on passe énormément de temps avec eux, parfois plus qu'avec leurs propres parents, Ils ont tendance, et ça m'est arrivé régulièrement, surtout quand les élèves sont fatigués, ils m'appellent Maman, mais ils se reprennent quand même.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Mais je ne suis pas leur mère, on n'est pas à leurs copines. Je vois par rapport à... Parce que notre école accueille le centre de loisirs et que je vois que le rapport des animatrices aux animateurs n'est pas le même. Ils peuvent se permettre une plus grande promiscuité. Ensuite, sur les différentes missions, du coup, enseigner. Enseigner toutes les matières du programme. Et elles sont nombreuses et c'est un challenge aussi. Je pense que ça l'est d'autant plus en début de carrière, mais c'est ce qui rend aussi le métier, à mon avis, passionnant. Et ça répond d'ailleurs à la question de Sophie Barnab' sur pourquoi professeur des écoles et pas collège-vissé. Moi, j'ai toujours eu des postes assez polyvalents et intellectuellement, j'ai besoin d'être ouverte sur le plus de sujets possible. Et du coup, professeur des écoles, c'était celui qui me permettait de pouvoir creuser le plus de disciplines et de sujets possibles, en plus d'être en contact avec des enfants de... Ça de trois ans, même en très petite section, c'est deux ans, de deux ans jusqu'à 11 ans. Et je me sens plus à l'aise avec des enfants de cet âge. Je me sentais pas de gérer au collège toute la période adolescente où il y a énormément de choses qui se passent dans leur cerveau et ils contrôlent plus grand-chose parfois. Et je n'avais pas envie d'avoir ce contact-là et non plus de pas les avoir seulement trois heures par semaine. C'est plein de raisons pour lesquelles j'ai préféré être professeur des écoles.

Marine (Chance)

Hyper intéressant parce qu'effectivement, comme tu le dis, c'est des réalités très différentes qu'on oublie.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

C'est des métiers différents. C'est ce que maintenant je dis. Enseignant, c'est avec un S Et même, moi, j'enseigne en maternelle pour cette première année par rapport à mes amis qui enseignent en élémentaire. On a aussi des réalités très différentes. Nos publics sont différents. Et alors, entre le premier degré, donc primaire, et second degré collège-lissé, ça n'a rien à voir. Mais vraiment, quand je parle avec des amis qui enseignent à ces niveaux-là, je me retrouve dans très peu de choses parce que c'est très différent d'avoir des élèves quatre jours par semaine, toute la journée, d'avoir à leur enseigner toutes les disciplines, d'avoir aussi beaucoup plus de liens avec les parents. Parce qu'en maternelle, je vois les parents tous les matins et tous les soirs. Il y a beaucoup de différences. Et ça, je pense qu'il faut en être conscient. Quand on choisit le premier degré, il faut être prêt et prête à être en classe. Ça demande une énergie, même une énergie physique très importante. Je pense plus qu'au second degré où il y a peut-être des journées qui sont un petit peu plus chargées, où les heures d'enseignement en chaîne, mais d'autres journées où il y a des pauses. Et là, en primaire, ce n'est pas possible. Il faut être à 200% toute la journée.

Marine (Chance)

C'est très énergivore. Ma mère était institutrice en maternelle aussi et je me rappelle qu'elle nous racontait ça. J'ai plusieurs questions sur le fait que tu exerces en rep, donc en réseau d'éducation prioritaire. J'ai une question qui était intéressante de Inès, qui est enseignante et qui voulait savoir la différence des conditions d'enseignement quand tu es en rep. Et c'est aussi la question d'Émilie.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Alors, oui, la rep sur un plan organisationnel, pour les classes de grandes sections CP et CE1, les classes sont dédoublées. Donc, ça veut dire qu'on enseigne soit à un effectif réduit, donc pas plus de 15 élèves, soit à deux enseignants en classe, qui est surtout en maternelle, parce que c'est tout nouveau. Ça date de l'année dernière que les écoles rep' sont dédoublées en grande section et du coup, on est le plus souvent deux enseignants en classe. Donc, possibilité d'être en coenseignement. Ce qui a aussi... C'est très différent par rapport à être seul en classe. Et dans mon cas, je suis en coenseignement. Alors même, je fais partie d'un trio parce que... Là, je pense que c'est des configurations qui sont très, très rares. Mais je complète le directeur de l'école qui a une décharge de direction trois jours par semaine. Donc, il est en classe un jour avec moi et les trois autres jours, c'est sa complément qui enseigne. Donc, on est trois. Et celle avec qui je passe le plus de temps en classe et aussi une contractuelle première année. Donc, ça a généré des difficultés très importantes, mais je ne vais pas m'apprendre.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Je pourrais parler des heures là-dessus parce que ça a généré beaucoup de colère en moi, parce qu'on n'était pas d'accord sur la manière de procéder, pas le même investissement non plus. Mais du coup, c'est une réalité quand on va en rep et si on est affecté à une classe de grande section CP ou CE1, on peut, surtout en début de carrière, se voir mises en co-intervention subite et pas choisie. Il y en a qui n'ont pas choisi et pour lequel ça s'est très bien passé. Mais en général, c'est plus des binômes qui se sont choisis, qui fonctionnent bien en classe. Et pour les autres particularités. Ça, c'était vraiment sur un plan institutionnel officiel. Après, moi, je n'ai jamais enseigné en zone classique, mais j'imagine qu'on n'a pas du tout... Moi, j'ai énormément d'élèves qui sont issus de l'immigration et où le français n'est pas la langue natale à la maison. Donc quand même un niveau de langue qui est inférieur par rapport à celui que je constate chez les enfants de mes amis, par exemple, qui sont issus de classes sociales supérieures. Donc, il y a un besoin d'investir un investissement sur les enseignements de la maîtrise de la langue et du vocabulaire, surtout, qui est primordial et qu'on ne rencontrerait pas, je pense, dans une école classique.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Sur l'explicitation des consignes, il y a énormément de choses. Et là aussi, en début d'année, je n'avais pas saisi à quel point la langue était un frein à leur compréhension et qu'en fait, ce n'est pas qu'ils n'avaient pas envie de faire, mais c'est qu'ils ne comprenaient pas certaines choses que je leur disais, même si j'avais l'impression d'avoir simplifié mon langage. Et ensuite, une précarité qui est très importante. J'ai aussi beaucoup d'élèves qui vont manger qui ne mangent pas à leur fin ou qui vont chez les Restos du cœur pour manger, qui sont en hôtels sociaux, qui sont parfois baladés en pleine année d'un logement social ou d'un hébergement d'urgence vers un logement social. Ils quittent l'école en pleine année scolaire parce qu'ils sont scolarisés dans leur nouvelle ville de résidence. Après, sur une exposition, je pense, à une certaine violence qui est plus élevée que dans d'autres milieux sociaux ou alors qui ne s'exprime pas de la même manière. Parce que là encore, je ne Je pense qu'il y a d'autres problématiques chez les parents qui sont issus de classes sociales supérieures, mais dans du moins la zone où j'enseigne, il y a eu pas mal de exposition à la violence physique ou verbale, et pas forcément de la part de leurs parents, mais par rapport aux films qu'on leur laisse regarder.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Beaucoup de parents, de familles monoparentales, avec beaucoup d'enfants, familles nombreuses. Donc, peu de temps aussi à accorder aux enfants parce que la plupart du temps, la maman, mais j'ai aussi des papas seuls, ils doivent travailler. Donc, un cadre quand même qui a des incidences sur les élèves, des élèves qui ont le ventre vide ou qui ne dorment pas assez ou qui sont trop exposés aux écrans. Ça aussi, je pense que ce n'est pas seulement en rep, mais ça complexifie quand même le cadre pour enseigner, mais ça le rend aussi passionnant. Le lien que j'ai avec les parents, il est très bon. Peut-être aussi parce qu'ils sentent que je ne suis pas du tout dans le jugement et que je suis aussi à leur écoute. Mais j'ai des familles, elles sont extraordinaires d'une gentillesse et elles me font tellement confiance. Et rien que pour moi, qui peut me poser des fois des questions de légitimité par rapport à ma place ou par rapport au regard qu'ils ont sur moi et une forme, des fois, de déférence. C'est quand même très valorisant et motivant pour les débuts. Je pense que c'est un métier qui est très difficile, de manière générale. Même, il y a une fatigue qui est non compressible, même avec l'expérience, mais qui est particulièrement compliquée les premières années. Je pense qu'il y a bien au moins cinq ans où c'est dur. Il faut énormément travailler.

Marine (Chance)

Merci beaucoup. C'est passionnant tout ce que tu nous racontes et nous décris de ton métier. Il y a plusieurs questions qui sont arrivées dans le chat sur le fait de: est-ce que tu ressens une différence entre le fait que tu es contractuel et pas fonctionnaire. Et une autre question sur: est-ce qu'il y a un suivi de l'académie ? Est-ce que tu as un tuteur ? Est-ce que tu as des formations ? Est-ce que tu as de l'aide ?

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Très bonne question. Alors, pour la première... Non, la deuxième. Je me souviens davantage de la deuxième question. Donc, par rapport au suivi de l'académie, quand on enchaîne au premier degré, on a 18 heures de formation obligatoires. Et l'académie de Créteil, qui est l'académie, je pense, où il y a le plus besoin de personnel et donc le plus recours à des contractuels, est assez avant-gardiste sur l'accompagnement de ces contractuels. Elle avant-gardiste, mais c'est tout récent. Par exemple, cette année, mes 18 heures de formation, elles étaient dédiées aux néocontractuels. On a eu vraiment un enseignement réservé aux enseignants débutants contractuels. Pour le coup, ces 18 heures, je les ai trouvés de très, très bonne qualité. Ensuite, on est censé être visité trois fois durant l'année par un maître formateur qui nous visite en classe, nous observe et nous fons un retour ensuite pendant une demi-heure en nous donnant des conseils sur la manière dont on peut améliorer notre pratique. En ce qui me concerne, et c'est un peu aussi une particularité, c'est que moi, je ne me serais honnêtement jamais lancée dans cette réorientation sans formation avant la rentrée. Et habitant à Paris, j'ai la chance d'être sur un territoire où il y a une association qui s'appelle le Choi de l'École qui existe et qui, si on passe différentes phases de sélection et si on est retenu, on suit un mois de formation intensive au mois de juillet en internat à la fois sur comment enseigner les différentes disciplines, mais aussi sur des sujets plus méta, sociologiques, sur les neurosciences, qui là, s'adresse à tous les degrés.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Et j'ai ensuite une tutrice de l'association qui est une enseignante à la retraite qui a eu un parcours incroyable, qui est hyper capée et expérimentée dans l'éducation, en réseau d'éducation prioritaire. Donc, j'ai ce double accompagnement à la fois... Mon accompagnement avec le choix de l'école est très qualitatif, sachant que j'ai eu ce mois au mois de juillet. Et ensuite, j'ai plusieurs ateliers les mercredis après-midi, organisés par eux, plus plusieurs journées durant les vacances scolaires. Donc, moi, je me suis vraiment... Comment ? J'ai carrément l'accompagnement parce que je savais que ça allait être difficile. Donc, j'ai le soutien de l'association Le Choi de choix de l'école et le soutien de l'académie. Et après, je suis tombée dans une... Dans le 93, moi, j'ai trouvé que les formations étaient de grande qualité mobilité. J'ai mes collègues qui sont géniaux, qui m'ont réservé un accueil excellent. Ils n'ont jamais fait aucune différence entre les titulaires et les contractuels. Et du coup, aussi, Je m'aide beaucoup sur eux, ils me partagent leurs ressources. On parle beaucoup de nos expériences, on est beaucoup dans l'entraide. Là-dessus, je ne me suis jamais sentie seule de l'année, mais je pense que c'est vraiment quelque chose qu'il faut anticiper.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Comment réussir à éviter ce sentiment d'isolement. Là, j'ai eu la chance parce que je suis tombée dans une très bonne école. Ça aurait pu être moins bien à se passer, mais j'aurais eu quand même le choix de l'école. On était une promotion de 10 cette année, à commencer au mois de septembre. On s'est très bien entendues. On enseigne les 10 presque à des niveaux différents. On s'était aussi très riche de savoir comment ça se passait en CM2, en CP, face à un effectif réduit ou en CE2, lorsque les élèves ont été habitués à être face à des effectifs réduits et là, reviennent devant dans une classe à 25, voire plus. Chaque année, chaque niveau a un peu ses spécificités. Donc, c'était aussi très intéressant par rapport à ça, d'avoir cet aperçu, même si je ne le vivais pas directement en classe. Et moi, je leur ai J'étais la seule en maternelle, donc aussi, ils ont vu à quel point c'était différent.

Marine (Chance)

Génial. Merci Lucie. J'avais une question, malheureusement la dernière, parce qu'on n'a qu'une demi-heure, mais on pourra réorganiser un live s'il reste beaucoup de questions, ce qui semble être le cas. Et puis, en plus, c'est bien de soutenir les métiers en tension qui ont besoin de plus de monde. La dernière question très pratico-pratique: les conditions de travail en termes d'horaires, salaires, mutations.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Sur les horaires, moi, mon école, elle commence, mais c'est une spécificité, elle commençait à 9h00, sachant que l'école ouvre à 8h50 et comme l'accueil se fait directement en classe, car on est en maternelle, on commençait à 8h50. C'est 8h50 midi et ensuite 13h30, 16h30, sachant qu'il y a toujours certains élèves dont les parents sont retardataires. Donc, On se retrouve sans élève plutôt vers 16h45. Donc lundi, mardi, jeudi, vendredi. Ensuite, il faut compter tout le temps de préparation des séances ou de rangement dans la J'ai moins de corrections que si j'étais en élémentaire, mais je dois quand même un peu corriger ce qu'on a donné en classe. Pour être honnête, à minima, il y a bien 40, 45 heures de travail par semaine. Il y a minima. Ensuite, le salaire. Comme je suis en rep', c'est un autre point aussi. La différence entre quand on est pas rep' et rep', c'est que quand on est en rep', on a une prime. Quand on est en réseau d'éducation prioritaire ordinaire, c'est 144 € par mois. Et quand on est en réseau d'éducation prioritaire renforcé, donc REP+, là, c'est 450 € par mois. Donc c'est encore plus intéressant et je crois qu'il y a plein d'autres bénéfices qu'on retire en étant dans ces écoles, sachant qu'il y a très peu d'écoles qui ont accès à ce label, même si dans les réalités socioéconomiques, il y en aurait beaucoup plus qui devraient être classées RAP+, la mienne faisant partie.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Mais c'est quand même une prime de 144 € en plus par mois, ce qui fait que je touche, après prélèvement de mes impôts, 2 000 € net. On vient de me dire. Pour les mutations, en tant que contractuelle, c'est quand même difficile d'avoir la main sur nos affectations, même s'ils font de plus en plus attention à nous mettre près de nos domiciles. Ils prennent vraiment en compte. Cette année, dans le 93, ils ont pris en compte nos adresses et comme il manque tellement de profs, ils peuvent le faire. Il y a moins de... Je dirais presque en temps contractuel, on a un meilleur traitement que des titulaires, parce qu'on n'est pas encore dans le système de points et que aussi, si ça se passe très bien dans notre école, le directeur ou la directrice peut faire un signé par les collègues qui est adressé à l'inspecteur de la circonscription. Souvent, c'est une ville, une circonscription. Et dans les très grandes villes, il y a plusieurs circonscriptions. Du coup, il y a une possibilité un peu de pousser le fait que l'enseignant soit reconduit dans son école, si ça s'est bien passé. Après, c'est respecté ou pas.

Marine (Chance)

D'accord. Merci beaucoup Lucie. Pour ceux qui ont encore des questions J'ai laissé mon adresse e-mail. Vous pouvez me les envoyer, je les ferai suivre à Lucie. Lucie, je ne sais pas si tu veux partager ton LinkedIn ou si tu préfères que ça passe par moi. C'est comme tu préfères.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Non, vous pouvez m'écrire aussi sur LinkedIn.

Marine (Chance)

Je viens de mettre le profil de Lucie dans le chat sur LinkedIn.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Pas de souci. Je préviens juste que là, c'est la fin d'année, c'est très chargé. Je ne serai plus disponible à partir de début juillet pour vous répondre. Donc, ne vous inquiétez pas si vous n'avez pas de réponse. Je répondrai à tout le monde. Mais là, je préviens, une semaine et demie encore un peu en mode rush et après, ça sera plus calme.

Marine (Chance)

Super. Merci encore pour tout, Lucie, pour ton temps. Merci à toutes et tous pour vos questions et participations et à très, très bientôt.

Lucie Rousseau (Professeure des écoles en Réseau d'éducation prioritaire)

Merci beaucoup d'avoir assisté à ce live. Au revoir.

Marine (Chance)

Au revoir.

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