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Quentin (Chance)
Ok, bonjour à tous. Je vois qu'il y a déjà 10 participants, c'est top. Bonjour à tous et bienvenue dans ce live métier en coulisses pour découvrir le métier de professeur des écoles avec Laetitia. Bonjour Laetitia et merci à toi d'avoir un grand oui. Du coup, on a eu 30 minutes de ton temps pour aider les autres et pour en dire plus sur ton métier de professeur des écoles. Peut-être pour commencer, je vais te me présenter. Moi, je suis Quentin et je travaille chez Chance. Le but de ce live, c'est qu'il soit interactif. N'hésitez pas à poser toutes vos questions dans le chat. Je vais les lire, je vais les partager à Laetitia. Et pour aller dans cette interactivité, toujours intéressant de voir un peu où vous êtes, vous, en France. Si vous pouvez mettre peut-être votre région ou la ville, vous êtes toujours intéressant de voir où vous êtes. Pour voir aussi sur le chat qui fonctionnent. Je vois qu'on est déjà 16 participants, c'est parfait. Ok, Camille qui vient de Nantes. Bienvenue Camille. Et puis aussi, pour commencer peut-être en introduction, en attendant que tout le monde se connecte. Je vais dire quelques petits mots sur sur Chance aussi.
Quentin (Chance)
On est une communauté d'entraide professionnelle et une méthode pour aider chacun à trouver sa place dans le monde professionnel. Puisqu'on passe quand même beaucoup de temps à son travail, donc autant trouver un travail qui nous plaît, qui nous correspond. Et on a plusieurs programmes d'accompagnement. Le plus connu, c'est le bilan de compétences. Ok, je vois Valérie qui est d'Alsace, Marion, Aix-en-Provence, Lola qui est d'Arlès. On va peut-être pouvoir commencer parce que 30 minutes, c'est court.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Ouais.
Quentin (Chance)
Trop bien Laetitia. Est-ce que tu peux peut-être commencer par te présenter Laetitia, s'il te plaît ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Je suis Laetitia Vitalis, j'ai 47 ans. Je suis maman d'un petit garçon de 11 ans qui vient de terminer sa sixième. J'ai travaillé d'abord 20 ans dans la publicité, un secteur d'activité qui est assez particulier. J'ai terminé ma carrière chez Publicis, pour ceux qui connaissent. Assez particulier, pourquoi ? Parce que c'est un métier dans lequel on ne vieillit pas. Il n'y a pas de dépôt de départ à la retraite. La moyenne de l'âge d'une agence, c'est 30 ans. Donc, la question de la reconversion, elle se pose assez rapidement. Donc, j'ai quitté Publicis en 2018. J'ai passé le concours de professeur des écoles en 2019. Donc, cette année, c'est ma cinquième année en tant qu'enseignante.
Quentin (Chance)
Ok, merci beaucoup Laetitia. Peut-être ma première question, c'est pourquoi est-ce que tu as fait ce choix, peut-être, de reconversion à cette à ce moment-là ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Pourquoi j'ai fait le choix de cette reconversion ? Parce que j'ai dit déjà, c'est qu'arriver à 40 ans dans le monde de la pub, on vous fait comprendre. En plus, comme j'avais un certain poste, on commence à vous faire comprendre que lentement, mais sûrement, il ne faut pas rester là. Que c'est un secteur qui est très particulier, où on travaille énormément, où on a d'énormes pressions et que... Moi, j'avais un petit garçon, je l'ai vu un peu tard, entre guillemets, et que le rythme ne me convenait plus, la pression, je ne la supportais plus. Et puis après, comme beaucoup, la crise de la quarantaine, c'est-à-dire quête de sens.
Quentin (Chance)
Très clair. Merci Laetitia. Je vois que généralement, les questions qui en découlent, c'est peut-être les formations. Qu'est-ce qu'il faut faire aujourd'hui pour être professeur des écoles Aujourd'hui, pour être professeur des écoles.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Moi, déjà, pour préparer le concours, je suis passée, il y a deux organismes de centres de prépa qui aident. C'est Fort Prof et la fabrique à profs ou un truc comme ça. Je ne sais plus, il y en a deux. Parce que le concours, il est difficile. Surtout que je vois qu'il y a beaucoup de gens dans le tchat qui habitent en province. Autant sur l'Académie de Paris, Créteil, Versailles, Le concours est difficile, mais il n'y a tellement pas de candidats que les derniers candidats qui sont reçus ont cinq de moyenne.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Mais le concours est difficile parce qu'il y a énormément de connaissances à apprendre, déjà, tout ce qui concerne l'éducation nationale. Il y a une première étape dans le concours qui sont les épreuves écrites qui portent sur les maths et le français. Et le niveau, c'est à peu près troisième seconde. Quand on fait ça, quand on a 40, 42 ans, le niveau maths français, troisième seconde, c'est très, très, très, très, très loin. Et qu'en province, surtout, j'ai vu qu'il y a des gens qui sont en Bretagne, sur Aix, etc. C'est des académies où il y a très peu de postes, donc le niveau est très élevé. C'est-à-dire qu'en moyenne, je crois que pour les euros, pour pas accéder aux euros, il faut en moyenne avoir 17 ou 18 en maths et en français pour pouvoir avoir les euros. Il y a beaucoup de gens qui s'y reprennent à deux, trois fois, voire j'ai une collègue qui était de ex et qui a passé le concours à Versailles, qui l'a obtenue.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Et donc pendant trois ans, elle a fait des allers-retours tous les week-ends et elle a obtenu cette année sa mutation en province.
Quentin (Chance)
En effet. C'est bien d'avoir aussi la réalité derrière ce diplôme et comment y accéder. C'est marrant parce qu'on a tous l'impression de connaître ce métier, parce qu'on a tous été élèves. Est-ce que tu peux peut-être nous raconter, toi, la réalité de ta première année, quand tu es arrivée, ta première année en tant que professeur des écoles, comment ça s'est passé ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Effectivement, il faut vraiment, et c'est très bien que vous vous connectiez, il faut vraiment avoir conscience entre vos motivations et l'image un peu d'Épinal ou celle que vous avez de l'école de vos enfants ou celle que vous aviez quand vous étiez vous-même à l'école. Pourquoi il ne faut pas faire ce métier ? Il ne faut pas faire ce métier parce Est-ce que vous vous imaginez que vous allez avoir plus de temps pour vos enfants. Il ne faut pas faire ce métier pour les vacances. La première question qu'il va falloir vous poser, et vraiment, c'est: est-ce que vous allez avoir la possibilité de pouvoir vivre avec un salaire d'enseignant ? Aujourd'hui, le salaire d'enseignant, il est à 2 000 € quand vous êtes titulaire, mais votre salaire, il ne va pas augmenter beaucoup, beaucoup, beaucoup, et ça ne va pas aller en s'arrangeant. Pourquoi il ne faut pas se dire que vous allez avoir plus de temps pour vous occuper de vos enfants ? Première chose, c'est parce que vous êtes à l'école en même temps que vos enfants. Il faut être à l'école le matin à 8h00, que vous terminez à 16h30, mais que vos journées, elles ne s'arrêtent pas là.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Moi, je travaille 45 heures à 50 heures par semaine. Aujourd'hui, on est mercredi. Moi, je travaille tous les mercredis, toute la journée et je travaille minimum quatre ou 5 heures les week-ends. Et sur les vacances scolaires, je travaille en moyenne facilement une semaine sur les deux pour les petites vacances. Et pour l'été, je consacre au moins 15 jours pour préparer ma Ça, c'est la rentrée.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Quand on dit préparer sa rentrée, ce n'est pas sa rentrée, c'est préparer son année. En plus, comme il y a de moins en moins de profs, il n'y a plus de remplaçants. Donc nos formations obligatoires n'ont plus lieu sur le temps scolaire. Donc la le plupart du temps, elles ont lieu le mercredi. Pour les académies où les enfants n'ont pas d'école le mercredi, vous, vous serez à l'école souvent le mercredi. Ça, c'est hyper important. Deuxième point, c'est: j'ai beaucoup de questions souvent sur: Moi, j'aimerais la maternelle, l'élémentaire, et cetera. Vous ne choisissez pas. Vous passez le concours, vous êtes reçu au concours et après, vous avez cette première année qui est de professeur élève stagiaire. Après, une fois que vous êtes titularisé, vous êtes affecté là où il y a de la place. Avant d'avoir sa propre classe, en moyenne, il faut compter cinq ans. Les premières années, vous allez être la plupart du temps affecté, ce qu'on appelle à quart-temps ou à mi-temps, c'est-à-dire vous allez compléter des qui sont au cas de 5ème ou des compléments de direction. Vous pouvez être le lundi en CP, le mardi en CE1, le jeudi en moyenne section de maternelle et le vendredi en CM2.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Vous pouvez être dans plusieurs écoles et vous pouvez être très loin de chez vous. Ce que j'expliquais à Quentin, c'est que moi, j'habite Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, en Île-de-France. Les Hauts-de-Seine, ça reste un grand département, mais c'est en région parisienne, donc on a pas mal de transports. Par contre, quand vous êtes en province, vous, c'est très grand, donc vous pouvez être affecté à deux heures de chez vous. On ne choisit pas son niveau. Vous ne pouvez pas dire: Je veux de la maternelle. Non. C'est le même concours et forcément, il y a moins de place en maternelle parce qu'il n'y a que trois ans. Ok. Voilà.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Ça, c'est hyper important. Après, j'ai une question: qu'est-ce qui vous plaît dans mon métier ? Moi, déjà, j'ai beaucoup de chance, vous voyez, non ? C'est-à-dire que je ne suis pas passée par toutes ces étapes. Tout simplement, c'est de la chance et en même temps pas de chance, c'est qu'un enfant souffre de troubles de l'apprentissage. Il est dyslexique, dysgraphique et il a un trouble de l'attention. Ce qui fait que dans l'éducation nationale, Quand vous avez un enfant qui a un handicap, vous pouvez obtenir des points de bonification pour pouvoir être justement dans un établissement proche de chez vous pour pouvoir suivre votre enfant. Moi, je l'ai obtenu. Je suis dans une école qui est à 10 minutes de chez moi. J'habite dans une commune qui est hyper privilégiée. Donc, j'ai des élèves qui sont... J'ai une super équipe, j'ai des supers élèves. Oui, on a des problèmes et j'y reviendrai, mais je ne suis pas dans une zone d'éducation prioritaire. Moi, ce que j'aime dans ce métier, et vraiment, quand on m'a dit: L'enseignement, c'est une vocation, c'est une vocation. Vous ne pouvez pas faire ce métier si vous n'aimez pas fondamentalement les enfants, parce que vous allez avoir aucune reconnaissance et financière, et politique, et sociale.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Parfois, vous allez avoir la reconnaissance des parents, mais pas toujours. Par contre, la reconnaissance que vous allez avoir, c'est dans les yeux des enfants. Et moi, je me rappellerai toujours, la première fois, j'avais fait des stages d'observation dans l'école de mon fils avant de me lancer, pour voir vraiment ce que c'était. Quand vous réussissez à Faire comprendre quelque chose à un enfant et que vous avez ces étoiles dans les yeux, ça vaut toutes les reconnaissances du monde. C'est magique. Même si je suis dans un milieu privilégié, j'ai quand même des enfants qui sont, il y a eu une milieu extrêmement défavorisé, où il y a une défaillance parentale, il n'y a pas de parents, ils ne s'en occupent pas. Ça ne fait que cinq ans, mais je peux dire qu'il y en a un ou deux, je les ai sauvés. Clairement. Parce que l'année dernière, j'ai dû faire ce qu'on appelle une information préoccupante, parce que j'ai un de mes élèves, j'avais réussi à gagner sa confiance, qui m'a dit que sa mère le frappait depuis longtemps, ainsi que ses frères et sœurs. J'ai dû, avec la directrice, faire ce qu'on appelle une IP. Dans ces cas-là, c'est le procureur de la République, il y a les flics qui débarquent.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Mais au moins, cette famille, elle a été prise en charge et maintenant, j'ai la petite sœur et ça va mieux. On n'a pas retiré les enfants parce que les parents, ils ont quand même été à l'écoute. Il y a des enfants qui étaient en difficulté scolaire et que j'ai réussi. Ce n'est pas un travailliste seul, mais clairement, c'est près de cette population-là qu'on est le plus utile. On ne va pas se mentir.
Quentin (Chance)
C'est choisi, mais c'est ultra-intéressant. C'est en effet pas attendre de leur reconnaissance parce qu'on n'en a pas beaucoup dans ce métier. En effet, c'est voir comment on peut aider des enfants au quotidien dans des cas plus complexes comme tu as pu avoir, Laetitia. Mais aussi voir, ils ont réussi et c'est ça qui est magique.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
C'est ça qui est magique. C'est marrant parce que quand j'ai Quand j'ai commencé, je n'avais qu'une peur, c'était des CM2, parce que je m'étais dit: C'est les préados, ça va être l'enfer.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
En fait, quand j'ai commencé, il se trouve que j'ai eu un CM1. Je me suis éclatée et j'ai fait: Je veux des CM2. Je m'éclate avec les CM2 parce que... Ok, je suis dans une population privilégiée, donc j'ai affaire à des enfants qui sont hyper éveillés intellectuellement. J'ai des vrais échanges. J'adore les préparer pour le collège et c'est une relation avec eux qui est hyper privilégiée. Vous êtes les derniers enseignants qui connaissent. Ça ne fait pas longtemps, mais mes anciens élèves, ils viennent me voir encore. Ils viennent me voir encore. Là, mes plus vieux, ils sont en fin de cinquième. J'en ai encore une hier qui est venue me voir. C'est génial.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
C'est génial. Et puis après, d'un point de vue... On va dire... C'est difficile de comparer le privé et le public. C'est-à-dire que le privé... Moi, ce que j'aime aussi dans mon métier, que je n'ai plus de boss. Clairement, vous n'avez plus de patron. Vous n'avez pas de boss. Le directeur d'école n'est pas votre supérieur hiérarchique. Votre supérieur hiérarchique, c'est l'inspecteur. L'inspecteur, il ne vous connaît pas. Vous avez ce qu'on appelle la liberté pédagogique. En tout cas, on l'a encore pour l'instant. Et puis, on l'aura même, si ce qui passe des choses, le 7 juillet. Vous faites ce que vous voulez dans votre classe du moment où vous respectez le programme. Je n'ai plus de pression Je n'ai plus de pression. Ma pression, je me la mets moi-même pour la réussite de mes élèves. Après, oui, c'est un métier difficile parce qu'il faut les gérer, les 27 gamins, que vous allez avoir des gamins qui sont extrêmement compliqués, que vous allez avoir des gamins qui peuvent être en situation de handicap non pris en charge. Donc, avoir un enfant qui souffre d'autisme en classe qui n'est pas accompagné Ça peut vous retourner une classe. Vous pouvez avoir des parents qui sont extrêmement difficiles.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Vous avez une charge de travail monstrue parce que ce que vous voyez, vous, c'est un tout petit peu. C'est-à-dire qu'on est submergé de paperasses. Vous êtes enseignant, vous êtes psychologue scolaire, vous êtes écrivain public, vous êtes assistante sociale. Il y a des tonnes de paperasses. Là, j'ai les livrets scolaires à faire de mes élèves, j'en ai 27. Ça me prend 10 heures. Les corrections en CM2, c'est énorme. Mais comme on dit: Faites un métier que vous aimez et vous n'avez pas l'impression de travailler, c'est mon cas. C'est passionnant. Moi, j'apprends tous les jours. J'ai une culture générale qui s'est développée. Chaque année, c'est différent parce que les élèves sont différents, parce que vous n'allez pas de refaire la même chose, parce que c'est chaud de refaire la même chose tous les ans, ça n'a aucun intérêt. Vos élèves y changent. Chaque année, vous allez avoir des nouvelles idées. Il y a des choses qui vont marcher, pas marcher. Vous allez progresser. Moi, je me suis dépôt vers une passion pour les neurosciences qui sont C'est indispensable à connaître parce que le fonctionnement de la mémoire, de l'attention, comment se construit le langage, la lecture, la construction des nombres, c'est indispensable pour savoir comment enseigner.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Bref, c'est un métier.
Quentin (Chance)
C'est à partir de Tout à fait, je vois qu'il y a plein de questions, mais merci Sarah, en tout cas pour ces premières informations. Première question de Laura qui dit: Comment arrives-tu à ne pas baisser les bras quand parfois, tu fais plus la police que de la pédagogie ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Personnellement, je ne suis pas dans cette situation.
Quentin (Chance)
Pourquoi ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Parce que je vous le dis, je suis dans un établissement, on va dire, c'est cliché, mais j'ai un profil d'élève privé dans du public. Sachant, on va dire que j'ai 70% d'enfants issus de milieux extrêmement favorisés et 30% de milieux défavorisés. Mais globalement, ça va. Franchement, oui, ils sont bavards, mais j'arrive à les gérer parce qu'ils sont gérables et puis je pense que je fais bien mon métier aussi. Donc oui. Non, je ne suis pas dans cette problématique-là. Je ne suis pas dans cette problématique-là. Oui, ils sont bavards. Oui, parfois, c'est épuisant. Et ça, c'est un métier qui est très fatiguement physiquement. C'est-à-dire que je me suis reconverti, ça fait cinq ans, j'ai 47 ans. Clairement, je ne me vois pas physiquement tenir jusqu'à 67. Parce que c'est comme quand... Je ne sais pas, beaucoup d'entre vous doivent être sur mon capsule. Imaginez-vous quand vous êtes en workshop et que c'est vous qui l'animez toute une journée, c'est pareil. Le soir, quand vous animez un workshop toute la journée, vous êtes fatigué. Un cours, c'est pareil, sauf que vous en avez 27 qui ont neuf ans, qui ont à priori plutôt envie de jouer, ce qui est tout à fait normal, plutôt que de vous écouter et que vous n'arrivez pas en réunion sans avoir rien préparé.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Voilà. Mais non, je ne suis pas dans cette problématique. Après, le découragement, oui, il est là. Moi, je l'ai quand je n'ai pas la famille. Vous ne pouvez pas réussir dans ce métier si vous ne travaillez pas avec les parents. Si vous n'avez pas la famille, c'est très compliqué. J'aurais beau faire tout ce que je peux pour ces enfants, si je n'ai pas une famille derrière, on rarement faire de miracle. Il y a toujours des exceptions, il y a des gamins qui... Voilà. Mais si je n'ai pas la famille, que ce soit pour des problèmes d'apprentissage ou de comportement, on ne peut pas faire des miracles. Ok.
Quentin (Chance)
Merci Alicia. Je vois qu'il y a d'autres questions sur le chat. Il y a Lola qui demande: Comment est-ce que tu as réussi, Alicia, à faire des stages d'observation ? C'est vrai que peut-être pour faire un premier pas, et c'était une étape qui est importante, comment toi, tu as réussi à en faire et à trouver peut-être le réseau pour pouvoir le faire ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Tout simplement, moi, quand je me suis reconvertie de mon fils, c'était... Moi, j'ai négocié mon départ de chez Publicis. Je n'étais pas très bien, on va se le dire. Je suis partie en burn out comme beaucoup. Donc, le temps de ma négo, j'ai profité de m'investir plus dans l'école de mon fils, puisque j'avais du temps, puisque j'étais au chômage en arrêt maladie. Donc, j'ai saisi n'importe quelle opportunité pour aller dès que les parents et dès que les profs demandaient des intervenants, des parents, j'y suis allée. Puis, j'ai discuté avec la directrice de l'école de mon fils et je lui ai dit: J'envisage ça. Est-ce que c'est possible de venir en stage d'observation ? Elle m'a dit d'accord. Et puis après, j'ai demandé... Mon fils, à l'époque, était en maternelle, en grande section. Et après, quand J'ai fait... Ce qu'il faut savoir, ce qui est bien, c'est que si vous négociez une rupture, quand vous êtes au chômage, vous pouvez compenser la Pôle emploi compense votre salaire quand vous préparez le concours. Bref, ils font le complément. Honnêtement, c'était une charge de boulot monstrueuse de préparer le concours. Donc, j'ai pu obtenir une convention de stage, mais même sans convention, par réseau.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
J'ai passé une semaine en élémentaire et puis j'ai fait tous les niveaux, je passais une journée dans telle classe, etc. Pas relation, mais vraiment, ça vaut le coup. Et puis, J'ai passé. Ça m'a aidé aussi pour le concours. Un jour, il y a une prof de CM2 qui me dit: Si tu veux, demain, tu peux faire un cours. J'ai fait: D'accord. Tant que j'y suis, autant y aller. J'ai eu une soirée pour préparer un cours, mais je me suis lancée et Voilà. Après, je vois: Différence entre privé et public. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a deux concours. Vous avez le concours pour le public et un concours pour le privé. Il y a moins de place dans le privé. Si vous avez le concours du public, vous ne pouvez pas enseigner en privé, en tout cas sous contrat. La différence, c'est juste qu'il y a moins de place. Après, on va être très honnête, la sélection par l'argent fait que vous avez évidemment des enfants qui sont études famille privilégiées. Mais de mes collègues qui sont dans le privé, vous avez les parents qui vont avec. Et comme vous êtes dans le privé, déjà, qu'on ne vous considère pas comme grand-chose dans le public, dans le privé, vous êtes au service des parents.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Vous êtes le petit personnel. Les parents n'hésitent pas à vous dire que vous faites mal au niveau de votre boulot, vous expliquent comment vous le faites, comment le faire, que les problèmes de... Ça, c'est plus du côté parents, mais les problèmes de harcèlement, bien évidemment, ils sont étouffés puisqu'il ne faudrait pas que ça se fâche parce que sinon, c'est l'image de l'école qui en prend qui en prend. Donc, il n'y a pas moins de problèmes de harcèlement dans le privé que dans le public. Soyons clairs. Même si moi, je ne crache pas sur le privé. Moi, si ça partait en sucette dans le collège de mon fils, je serais la première à le mettre dans le privé, soyons claires. Mais il y a aussi des inconvénients et cet inconvénient-là, il n'est quand même pas des moindres. Et puis après, c'est facile d'avoir des bons résultats dans le privé puisqu'il dégage les enfants qui ont un résultat scolaire, qui sont qui sont en difficulté, ils les sortent. Donc ce n'est pas compliqué d'avoir des bons résultats. Après, il n'y a aucune différence de salaire.
Quentin (Chance)
Oui, OK.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Aucune. C'est le même salaire.
Quentin (Chance)
Ok. Voilà. Ok, OK. Intéressant. C'est vrai que moi-même, j'aurais pu penser qu'il y avait une différence de salaire entre les publics et ça ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Non. En fait, c'est le même salaire. Par contre, oui, c'est le même salaire. La seule différence, c'est la population auprès de laquelle vous en les premiers et donc les parents qui vont avec.
Quentin (Chance)
Ok, c'est intéressant à avoir en tête, en effet. Et justement, pour se refaire un peu sur cette question de salaire, tu en as déjà un petit peu parlé au tout début. Il y a Fanny qui demande: Vous parlez de rémunération, quel est le salaire d'un professeur des écoles ? Tu l'as déjà un peu dit. Est-ce que tu as un peu en tête la grille ? Je crois que c'est suivant l'ancienneté, je crois que- La grille, je l'ai regardée récemment pour moi-même, puisque moi, je me suis Je commence à un poste quand j'avais 42 ans.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Donc, j'ai regardé. Si j'arrive à faire 20 ans, j'arriverai, je crois, à 2008, quelque chose comme ça, brute. Je ne passerai pas. Après, vous regardez, tout est en ligne. De toute façon, tous les salaires de la fonction publique sont en ligne. Donc, Il suffit de taper Salaire professeur des écoles et vous allez avoir la grille. Et on ne va pas se mentir, elle ne va pas changer. Elle ne va pas changer. Vous ne serez pas mieux payé dans le privé, vous ne serez pas mieux payé en tant que contractuel. Contractuel, c'est même plus précaire puisque vous n'avez pas le statut de fonctionnaire. Quitte à être mal payé, autant être fonctionnaire. Je déconseille très, très, très, très fortement de faire ce métier en étant contractuel, c'est-à-dire vraiment de ne pas être formé. C'est un métier difficile, ça ne s'improvise pas. Il y a quelqu'un qui m'a demandé: Où est-ce que vous trouvez les supports ? Les supports, déjà quand vous passez le concours... Moi, j'ai Je me suis plus appris en préparant le concours, honnêtement, qu'à mon année de formation. Après, les supports, il y a des manuels qui sont clés en main. Après, c'est beaucoup de recherche.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Il y a énormément d'enseignants qui des blogs qui sont super, qui mettent des ressources, mais par contre, il faut bosser. Vous ne pouvez pas préparer un cours sans savoir ce qu'il y a dedans, sans avoir fait les exercices avant, sans avoir anticipé les difficultés des élèves. Déjà, il faut se remettre dans les notions: enseignant en CM2, les fractions. Déjà, il faut se remettre dedans. C'est quoi une fraction ? C'est quoi les fractions décimales ? C'est quoi la proportionnalité ? Donc déjà, il faut comprendre le fond et après, comment ça s'apprend. Ça, c'est de la pédagogie et ça, ça Ça ne s'invente pas. C'est un métier. Je veux dire, il y a des chercheurs, il y a des pédagogues. C'est un métier. La pédagogie, c'est un métier. Les gens, excusez-moi, mais les gens qui se disent: Je vais jouer à la maîtresse d'école. Non, ça ne marche pas. D'ailleurs, ils exposent en vol. Ils ne tiennent pas un mois. C'est trop de travail. C'est trop de travail, c'est trop de Effectivement, c'est trop de difficulté. En plus, on commence évidemment la plupart du temps dans des zones où c'est difficile. Donc si vous n'êtes pas aidé, si vous n'avez pas une formation...
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Nous, on a eu un gamin, excusez-moi, parce qu'il a 30 ans, qui a débatté en classe. Il n'avait jamais mis les pieds dans une classe. Il a géré des CM2. Heureusement qu'il était chez nous. Mais ce n'est pas possible. C'est ça, pas possible.
Quentin (Chance)
Et peut-être une dernière question. Je vois que déjà 28 minutes qu'on échange ensemble, ça passe trop vite. Mais c'est vrai qu'on a une vision un peu du professeur, peut-être, et complètement à tort, on n'a pas ce qu'on prend derrière ton discours, mais qui commence à 8h30, qui finit à 16h30 et qui a des vacances. J'ai l'impression qu'en fait, et comme tu le disais, je pense que c'est une multitude de réunion, de préparation de cours, de correction ?
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Vous allez un peu plus de quotidien, finalement, en tant que professeur. En fait, en moyenne, les stats, elles sont là. En moyenne, un enseignant de professeur des écoles, il travaille 45 heures 50 heures par semaine. Les pauses déjeuner, clairement, une fois sur deux, il y a des réunions de midi parce qu'il faut que le professeur vive l'école, etc. Vous rencontrez les parents d'élèves, vous faites vos corrections, vous préparez vos cours, éventuellement, vous photocopiez, etc. Pour l'après-midi si vous n'avez pas eu le temps. Et le soir, il faut corriger et préparer. Moi, c'est ma manière de travailler parce que je n'ai pas une résistance physique de fou. Donc moi, le soir, je ne peux pas. Je suis éclatée de fatigue. Mon mari me disait: Tu étais censée, moi, travailler quand tu as quitté la pub. Alors oui, je rentre plus à 3h00 du matin, mais par contre, à 1h30, je m'endors. Je suis rincée, mais rincée. Donc moi, je travaille tous les mercredis, toute la journée. Et je travaille minimum quatre ou cinq heures le week-end, parce qu'il faut que je prépare. Je prépare ma semaine, je prépare mes cours, je corrige. Plus toute la paperasse, plus toutes les réunions, plus la gestion.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Quelqu'un me disait: Comment tu fais plus la police ? Moi, en fait, ce n'est pas tant que je fais la police, c'est que je passe, moi me concernant, je passe, je pense, 30% de mon temps à régler des conflits entre élèves et à être psy, de plus en plus. Et pourtant, ça n'a aucun rapport parce que je suis dans un milieu privilégié, mais je vous assure, le nombre d'enfants qui ont des problèmes, moi, dans ma classe, j'en ai 27. Je pense que j'en ai 10 qui sont déjà en thérapie. Deux anxiété, de famille dysfonctionnelle, quel que soit le milieu social, de plus en plus ces enfants sont diagnostiqués. Donc, vous avez de plus en plus d'enfants avec des troubles de l'apprentissage, donc il faut adapter tous vos supports. Et moi, j'ai beaucoup d'enfants qui ont des problèmes qui ne vont pas bien.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Le COVID, tout ça, l'éco-anxiété, la société dans laquelle on vit, je vous assure, nos enfants ne vont pas bien. Donc, c'est ça qui me prend le plus de temps, on va dire, c'est accompagner ces petits chats, leur donner confiance, être là pour les écouter, les aider. Après, moi, c'est ma vision du métier, je ne me contente pas. Après, ça peut paraître condescendant parce que c'est très français de dire que quand on fait venir son travail, c'est qu'on est descendant. Moi, ce que je vois, c'est que mes élèves y réussissent et qu'en quatre ans, tout le monde veut être dans ma classe et qu'à chaque fois, j'ai des super retours des parents. Je pense que je suis une bonne enseignante et à chaque fois, le retour que j'ai, c'est des parents, c'est: Vous avez un super relationnel avec les gamins, avec nos enfants, vous êtes à l'écoute, vous êtes carrés, ils ont confiance en eux, ils ne sait pas nos. Mais par contre, oui, je donne beaucoup. Je donne beaucoup et parfois, ça m'atteint. Quand vous avez des enfants, moi, en début d'année, j'ai une petite fille qui m'a écrit qu'elle voulait se suicider. Il faut le gérer, ça.
Quentin (Chance)
Il y a tout ce côté pédagogique, écoute, etc, qui englobe tout ce métier. En tout cas, merci beaucoup Laetitia. Pour ces 30 minutes, ça passe beaucoup trop vite. Peut-être que vous allez avoir d'autres questions. Je me permets avec... J'ai évidemment eu l'accord de Laetitia avant, mais je vous mets là dans le chat. C'est en adresse mail. Si vous souhaitez me poser d'autres questions Mais c'était très intéressant. Encore merci Laetitia pour ta franchise.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Il y a beaucoup de choses à dire. N'hésitez pas à m'envoyer un mail. J'ai pas mal de gens qui me contactent sur LinkedIn. J'ai déjà trois personnes que je dois avoir au téléphone ce week-end pour leur expliquer mon job. Je peux répondre par mail ou on peut se caler des rendez-vous téléphoniques. Mais à ce moment-là, peut-être, préparez vos questions avant. Comme ça, voilà.
Quentin (Chance)
Bien sûr, tu qualifies ça pour le temps que tu passes avec toutes ces personnes. Là, aujourd'hui, avec nous, c'est très précieux d'y voir plus clair et en effet de voir un peu l'arrière, derrière le rideau de ce métier. Encore merci.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
De rien, merci à vous.
Quentin (Chance)
Et puis, le permis de conclure aussi, cela, pour finir avec une nouvelle initiative qu'on a lancée chez Shans, qui s'appelle 3 Minutes Pour Les Autres. C'est un peu ce qu'on a fait avec Laetitia, c'est de permettre à chacun de pouvoir parler avec d'autres personnes de métiers, de pouvoir partager un peu aussi son métier. C'est une newsletter qu'on envoie tous les jeudis avec 10 profils que vous pouvez aider et vous pouvez aussi vous faire aider. Donc n'hésitez pas. On croit à la force du collectif, donc n'hésitez pas à le faire, c'est complètement gratuit et il y a plein d'aides qui seront tous les jours. Je vous mets le lien également dans le tchat. Et encore merci Laetitia pour faites. Merci beaucoup, Laetitia. Et merci à tous, tous les participants qui ont été là, qui ont posé des questions. Merci à tous. Merci. Bonne journée.
Laëtitia Vitalis (Professeure des écoles)
Au revoir. À bientôt.
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