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Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Bonjour à tous. Bienvenue sur ce live de la deuxième saison de En coulisse chez Chance. Nous recevons aujourd'hui Sabine, qui est donc professeur des écoles. Est-ce que tout le monde vous entend bien ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Pour moi, tout fonctionne.
Camille (Chance)
Pour moi aussi. Super, ça a l'air d'être bon. Merci Lise, merci Charlotte. Du coup, Sabine, bienvenue. Avant de commencer, je vais quand même me présenter rapidement. Donc moi, je suis Camille, je suis Talent acquisition manager chez Chance. Donc, je gère l'ensemble des recrutements chez Chance. Sabine, je vous propose de vous présenter pour commencer de nous parler de votre parcours. Qui êtes-vous ? Que faites-vous ? Dites-nous tout.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Ça marche. J'ai accepté de participer à cette session de chance, effectivement, pour partager un petit peu mon parcours qui qui est un peu atypique et finalement pas tant que ça, puisqu'une reconversion, je pense que maintenant, on est nombreux à l'avoir effectué. Au jour d'aujourd'hui, je suis professeur des écoles en maternelle en moyenne section. Ça fait plus de 10 ans et donc ça n'a pas toujours été le cas, puisque au début de mes études, enfin, 18 ans après le bac, on ne sait pas forcément ce qu'on veut faire. Donc, c'était vraiment mon cas. Donc, on s'est dit licence, fac, éco, Nanterre. Et puis, arrivé en licence, on se dit: Tiens, le marketing, c'est sympa, j'aime bien. Donc, j'ai voulu poursuivre là-dedans. Et avec une vocation, peut-être, à enseigner le marketing parce que le professeur qui me l'avait fait découvrir. Il était passionnant. Donc, je me suis dit: Tiens, l'enseignement, le marketing. Donc j'ai bifurqué à Dauphine, où j'ai effectué un DEA de marketing stratégie. Passionnant. Super année. Et puis, à l'époque, au début des années 2000, ça date, le Forum des métiers de Dauphine, c'était l'occasion rêvée de trouver un emploi, même si moi, normalement, c'était pour suivre en thèse.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Et puis, il se trouve qu'à l'occasion de ce forum, il y a eu une rencontre avec un homme, un fondateur d'une startup à l'époque sur quelque chose de novateur, puisque c'était la photo numérique sur Internet, le tirage papier, etc. Et puis, on m'a présenté un projet de startup, etc. On va vendre une expérience que je pouvais pas refuser. Donc, j'ai abandonné mes envies de thèses et d'enseignements et je me suis lancée en tant que chef de produit dans cette super première expérience professionnelle qui a touché ses limites parce qu'à la grande époque des startups, à un moment donné, soit ça fonctionne, soit ça stoppe. Donc, licenciement économique faisant cette magnifique expérience s'est arrêté. J'ai poursuivi un peu dans le commercial, la communication, dans un grand groupe japonais, avec le siège Europe, en Allemagne, avec beaucoup de boulot. Et puis un enfant, et puis deux enfants. Et puis on se remet en question et puis on se dit: OK, est-ce que c'est vraiment ce que je veux pour ma vie ? Est-ce que c'est comme ça que je veux organiser l'équilibre vie pro/vie familiale ? Et du coup, on se dit: Pourquoi pas revenir à mes premières amours ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Donc l'enseignement, surtout venant d'une famille un petit peu où l'enseignement C'était la base. J'avais une grand-mère professeur des écoles, un grand-père prof de maths. Voilà, donc c'était le truc. Mais refaire une thèse avec deux enfants, avec le passé pro, etc, non. Et donc pourquoi pas professeur des écoles ? Je me suis lancée à passer un concours en un an, parce qu'on se dit: OK, il n'y a plus de salaire, je me mets tout là-dedans, j'ai un an pour le passer. Et puis ça a fonctionné. Et puis, ça fait 13, 14 ans que ça dure. Et c'est une magnifique expérience. Je suis ravie d'avoir bifurqué vers ça. Voilà rapidement le parcours.
Camille (Chance)
Très clair. Merci beaucoup Sabine. Vous avez évoqué le fait que dans votre famille, il y a des professeurs des écoles. Est-ce que c'est vraiment quelque chose qui a impacté votre choix profondément ou alors est-ce qu'il y a autre chose ? Est-ce qu'il y a d'autres raisons pour lesquelles ce métier spécifiquement vous paraît ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Je pense qu'au moment où j'ai pris la décision de passer le concours et de bifurquer vers cette carrière-là, c'était C'est vraiment de me dire: Qu'est-ce qui va me permettre de faire quelque chose que j'aime ? Parce que j'ai toujours aimé les enfants, j'ai toujours eu l'envie de transmettre. Et en même temps, d'avoir du temps pour mes propres enfants, pour ma vie, pas ma vie perso, parce que c'était le temps pour les enfants en l'occurrence. Et après, bien évidemment, il y a tout le passif. On se dit: Oui, c'est un peu une lignée. Il se trouve qu'en plus, j'avais été dans la classe de ma grand-mère étant enfant en CM2. Il y a ce lien, malgré Je dirais tout, filiale, je pense qui était présent quelque part, mais ça n'a pas été moteur dans ma décision.
Camille (Chance)
D'accord. Merci pour ça. Aujourd'hui, vous enseignez sur quelle classe ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Les moyennes sections de maternelle. J'ai fait un an au tout début de ma carrière avec des CM2 dans un quartier compliqué de Paris en plus. Mais c'était super. Comme toute première expérience, quand on se lance dans l'éducation nationale, au lieu de se dire: Les premières années sont les plus simples, les premières Les dernières années sont toujours les plus compliquées. Donc c'est paradoxal, mais c'est riche et c'est là où on apprend, finalement. Et puis après, j'ai bifurqué vers la maternelle et je n'ai jamais quitté la maternelle depuis. J'ai fait petite section, moyenne section, ça tourne là-dedans. Là, ça fait 10 ans que je suis toujours en moyenne section parce que c'est ma classe de cœur. Ce n'est plus des petits, ce n'est pas encore des grands. Donc, pour moi, il y a beaucoup de choses qui se jouent à ce niveau.
Camille (Chance)
Ok, merci beaucoup. Nous avons déjà des questions. Charlotte demande: À bac, plus combien vous étiez au moment du passage du concours ? Et Elise demande: S'il faut un diplôme avant de passer le concours ou est-ce qu'on peut le passer après le bac ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est qu'au moment où moi, je l'ai fait et maintenant, ça a changé dix fois pour être professeur des écoles. Donc, au moment où moi, je l'ai passé, j'étais déjà à bac +5 avec un DEA, donc je n'avais rien besoin de faire d'autre que juste passer le CRPE, le concours de recrutement des professeurs des écoles. Il me manquait que ça. Au jour d'aujourd'hui, ce n'est plus comme ça que ça fonctionne. Il faut faire un master d'éducation et enseignement, un MEF, Master MEF. Je n'ai plus l'intitulé exact des trucs, mais et en même temps, pendant ce master, toujours passer ce concours, mais le process n'est plus le même.
Camille (Chance)
D'accord. Merci. Sabrina demande pourquoi ne pas avoir été vacataire avant de se lancer dans le concours.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Bonne question, mais je sais. En fait, à l'époque, je ne connaissais même pas comment ça fonctionnait, vacataire, contractuelle. Moi, je me suis dit: Non, je veux changer de voie, je veux me lancer là-dedans, donc je passe le concours. En fait, je pense que vacataire, c'est peut-être on y va pour essayer, pour voir comment ça se passe. Et moi, je ne me suis pas posé la question: Est-ce que ça va bien se passer ou est-ce que ça ne va pas bien se passer ? Finalement, comme je l'ai dit, c'est ce que j'avais décidé de faire. Donc, je me suis dit: OK, je passe le concours et je deviens maîtresse. Et puis voilà. Mais au jour d'aujourd'hui, oui, il y a cette possibilité-là de devenir contractuel, vacataire et de commencer sa carrière comme ça. Et après, je crois qu'il y a des passerelles en plus. Donc, quand on a fait X années en tant que contractuel, on peut peut-être bifurquer pour quelque chose de plus pérenne.
Camille (Chance)
Est-ce que vous pouvez nous préciser, Sabine, ce que c'est qu'être vacataire ? Parce que Charlotte demande si vacataire, si on comprend bien, c'est contractuel, donc pour des remplacements spécifiquement ou pas du tout ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Non, pas du tout. Parce que des remplacements, on peut être titulaire du CRPE, donc professeur des écoles, diplôme, diplômé, réellement reconnu, etc, par l'État, et pour autant, après, être remplaçant. En fait, quand on a le diplôme, on émet des vœux. On émet des vœux sur: Est-ce que je préfère enseigner en maternel ou en élémentaire ? Est-ce que je préfère tel quartier ou tel quartier ? Tout dépend de l'académie dans laquelle on a passé le concours. Moi, à l'époque, j'avais passé l'académie de Paris. Donc, au moment où j'ai obtenu mon diplôme, on m'a dit: OK, donc, quel quartier de Paris vous préférerez ? Maternel ou élémentaire ? Sachant qu'au début, comme je l'ai dit, on n'a jamais ce qu'on veut. Mais certains peuvent faire le choix de dire: Moi, je ne veux pas une classe à moi, je ne veux pas de responsabilités, donc je veux juste être remplaçant. Et dans ces cas-là, on est rattaché à une école dans laquelle on doit aller tous les matins à 8h30 et on va remplacer à court terme ou à long terme pour palier les absences des autres professeurs. Mais ça n'a rien à voir avec le statut de contractuel. Un contractuel peut avoir une classe à l'année ou alors être remplaçant de la même manière qu'un professeur des écoles.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Ok.
Camille (Chance)
Merci beaucoup pour la précision. Est-ce que vous pouvez nous parler des rencontres marquantes de votre parcours et pourquoi elles ont joué un rôle important dans vos décisions ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
La première, je l'ai évoquée rapidement, c'était celle qui m'a fait basculer de mon envie de faire une thèse et d'être prof de marketing à finalement dans le privé. Ça, c'est une rencontre avec cette personne. Mais si on se concentre sur mon parcours actuel, on a au tout début de carrière une année de stage. À partir du moment où on a réussi son concours, écrit les oraux, etc, on a une année de stage où on est un petit peu encore à l'école et en observation et avec une classe. Et moi, cette année-là, en stage d'observation, je suis tombée dans la classe d'une enseignante admirable parce qu'on était dans un quartier avec une grande, grande mixité. Elle enseignait en CM2, déjà, elle. Et Elle avait une manière d'enseigner. Je me suis dit: Si vraiment je veux réussir, c'est comme ça qu'il faut que je sois. Un exemple: tous les jours, elle arrêtait son enseignement propre à 16h00. Pourquoi ? Pour faire les devoirs avec les enfants et en classe de 16h00 à 16h30. Pour se dire quoi ? Quand les enfants rentrent chez eux, ils n'ont pas tous les mêmes chances. Ils n'ont pas tous les mêmes familles pour les aider, pour être présents, pour les guider dans les devoirs.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Donc moi, je veux que les devoirs soient faits avec moi à l'école, parce qu'au moins, tout le monde aura le même niveau d'information et la même chance par rapport aux devoirs faits à la maison. Je pense qu'elle était vraiment précurseur de ça, puisqu'avec le nouveau pacte Enseignant, il y a des nouvelles missions qui ont été proposées aux professeurs des écoles, dont ce dispositif de devoirs faits au 6ème, notamment au collège, où les professeurs des écoles peuvent participer à une heure hebdomadaire où on va faire une aide aux devoirs au collège, au sixième. D'ailleurs, j'en parle parce qu'en plus, j'ai postulé pour ça et je le fais depuis cette année. Et c'est vraiment permettre une égalité des chances. On va travailler ensemble avec un professeur à l'école. Et donc, j'ai vraiment gardé ça en tête tout le temps, cette envie d'aider tous les élèves au même niveau et de leur apporter tout ce qu'on peut leur apporter.
Camille (Chance)
Ok, je trouve ça admirable. J'aurais adoré avoir ça quand j'étais au collège. Merci beaucoup. Fatima demande s'il y a différents types de CRPE.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Non, il n'y en a qu'un seul. Il y a un concours de recrutement de professeur des écoles et à partir du moment où vous obtenez le concours, vous êtes supposé pouvoir enseigner. Ça paraît fou comme ça, mais vous obtenez le cours et vous pouvez tout à fait être nommé de la petite section jusqu'au CM2, alors qu'on est d'accord que ça n'a juste rien à voir. Soit, on enseignait à des enfants qui rentrent à l'école maternelle Ça n'a rien à voir avec faire des cours beaucoup plus transmissifs quand on est en CM2, avec un programme beaucoup plus établi, parce que la maternelle, je n'ai juste rien à voir avec l'élémentaire.
Camille (Chance)
Charlotte demande: Qu'est-ce que le troisième concours du coup ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Bonne question. Malheureusement, je crois que je n'ai pas la réponse. Il y a les concours externes. Ça, je sais, c'est quand on travaille ailleurs et qu'on veut devenir professeur des écoles. Il y a le Un concours interne, c'est quand on travaille déjà au sein d'une administration. Même si on travaille en mairie, on est déjà fonctionnaire. Là, c'est un concours interne. Et troisième concours, je sais que ça existe, mais honnêtement, j'aurais peur de vous dire des bêtises. Donc, je ne peux pas vous aider sur ce plan-là. Merci.
Camille (Chance)
Est-ce que vous avez eu des hésitations avant de vous lancer dans cette reconversion ? Et si oui, quelles étaient-elles ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
La seule hésitation, finalement, c'était sur ma capacité, au moment de passer le concours, de me dire: OK, j'ai travaillé dans le privé, je n'ai plus le même âge que les jeunes filles qui viennent d'avoir leur bac, leur truc et qui passent le concours. Comment ça va se passer ? Là, j'avais cette crainte-là. Mais après, finalement, non, je n'ai jamais eu d'hésitation dans mon enseignement, dans ma manière de gérer une classe. Je ne sais pas. Je pense que je sentais... Il faut vraiment sentir qu'on a une fibre, parce que Si c'est un public, on ne peut pas se tromper. Non pas qu'on puisse quand on travaille dans le privé ou quoi que ce soit, mais les implications, elles sont peut-être... Nous, on travaille avec des enfants et ce qu'on leur rapporte, c'est un mot de travers, un mot qui fait mal, une aide qui n'est pas donnée au bon moment, ça a des vraies répercussions sur la construction d'un enfant, d'un futur adulte, etc. Rater un projet pour sa boite, ça se rattrape peut-être, ça ne se rattrape pas. C'est de l'argent qui est en jeu, mais après, c'est la fibre, donc il faut vraiment le sentir.
Camille (Chance)
Ok. Et du coup, à l'inverse, qu'est-ce que vous préférez ? Est-ce que vous pouvez nous partager peut-être un petit moment d'émerveillement un moment assez exceptionnel que vous avez pu vivre dans votre carrière de professeur des écoles ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Les moments d'émerveillement, ils sont déjà tous les matins quand ils arrivent avec le sourire. Et moi, je dis, je suis maîtresse, donc j'ai des savoirs à transmettre. Mais ce que je souhaite leur transmettre, déjà, c'est l'amour de l'école. On est en maternelle, dans ma classe, ça ne fait qu'un an de passif qu'ils ont d'école. Par contre, devant eux, c'est encore très, très, très, très long. Donc, si on ne leur donne pas l'envie de venir à l'école, l'amour de l'école, l'amour d'apprendre, parce qu'on commence à apprendre, les pauvres, parce qu'ils ont tellement d'années qu'ils les attendent. Ça, c'est le premier point. Et puis, on leur apprend des savoirs, oui, parce qu'on a un programme. Mais en maternelle, moi, je des personnes. Donc, je les prends... J'ai coutume de dire aux réunions de parents de rentrer: Je prends 24 élèves et je prends 24 individualités. Ils ont tous un caractère, ils ont tous une famille différente, ils ont tous des capacités, enfin, ce n'est pas des capacités, mais des facilités ou pas différentes. Et moi, ce que je veux, c'est les apporter plus loin, les accompagner, de les aider dans leur construction à aller plus loin. Si au début de la Si au début de l'année, il y en a un, il s'est déjà compté jusqu'à 5, je vais l'amener plus loin.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Si au début de l'année, il y en a un, il s'est déjà compté jusqu'à 30, je vais l'amener plus loin. Et ça, je ne vous parle que des savoirs fondamentaux, mais ça va être pareil. Quelqu'un qui est, qui va rentrer dans la classe, qui va être vraiment introverti, difficile d'être avec des copains et tout, quand à la fin de l'année, je vais le voir jouer avec les autres, être leader dans la cour de récréation, l'émerveillement, ce n'est que ces petits moments-là, c'est les fêtes de fin d'année, c'est les recroiser, parce que maintenant, je les retrouve en plus au collège, puisque l'heure de devoir fait que je fais, c'est au collège de quartier. Donc là, cette année, j'ai retrouvé en sixième une élève qui est venue me voir à la fin de l'année: Mais, maîtresse, vous vous rappelez ? J'étais dans votre classe en moyenne section.
Camille (Chance)
C'est adorable. Merci pour ça. D'un point de vue plus, on va dire, organisationnel, est-ce que vous pouvez nous parler d'une journée type que vous avez et est-ce qu'il y a une bonne balance vie pro/vie perso ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Pour répondre à votre deuxième question avant la première, la balance vie pro/vie perso, elle dépend beaucoup de quand on rentre dans le métier ou quand ça fait des années qu'on pratique. Au début, quand on rentre dans le métier, mais je pense n'importe où, on se met un stress pas possible, on veut tout préparer. Je me rappelle que ma première année, on doit faire ce qu'on appelle des fiches de préparation, grosso modo, pour préparer nos journées. C'est limite si je n'écris Je ne décrivais pas tout ce que je devais dire, tout ce que je prévoyais dire à mes élèves mot pour mot. Ça prenait un temps fou parce qu'on réfléchissait à chaque séance, chaque séquence, etc. Au jour d'aujourd'hui, avec l'expérience, on sait ce qu'on doit leur transmettre Moi, ma manière de procéder, je ne fais jamais deux années la même chose parce que ce serait terrible. Je m'ennuierais moi-même, donc j'ennuierais forcément mes élèves. Donc oui, il y a du boulot permanent, mais dans ma vie personnelle, ce n'est pas C'est loin d'être ingérable et ça me laisse beaucoup de temps dans la vie hors école. Et pour revenir à votre première question de déroulez type, en maternelle, c'est simple: on arrive, on se retrouve, ils ont un petit moment pour eux pour évoluer On passe en atelier, on travaille.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
C'est ponctué par les récréations, cantine, un petit temps calme, etc. On se remet au travail et tout ça, c'est ponctué d'atelier sur tous les domaines d'apprentissage, de moments. Moi, ce n'est pas figé en plus. Donc, selon une discussion, on va pouvoir évoluer sur: Tiens, j'avais prévu de faire tel atelier. Non, là, il y en a un qui a apporté tel livre, on parle de ça, etc. Mais la journée type, grosso modo, c'est ça, une succession d'ateliers, de récréations, de petits moments de regroupement, on se retrouve, on lit une histoire, on chante, on discute.
Camille (Chance)
Merci. Charlotte a deux questions. La première, c'est: comment construivez-vous vos cours par rapport au programme ? Est-ce qu'il y a des aides, des livres, des sites pour s'appuyer ? Et la deuxième, c'est savoir sans indiscrétion à quel âge vous avez votre première classe à vous, entre guillemets, hors stage.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Ok. Donc ma première classe, j'avais 32 ans. Voilà, donc ça, ce n'est pas indiscret, mais ça fait longtemps, mais ne calculez pas, OK ? Et donc construire les cours. Alors construire les cours, déjà, encore une fois, je vais scinder. On ne construit pas ces cours de la même manière en maternelle et en élémentaire. En élémentaire, dans les deux cas, on a un programme à respecter. L'éducation nationale nous dit: Voilà le programme, etc. En élémentaire, on a des manuels, effectivement. On a des choses beaucoup plus concrètes puisqu'on sait qu'en CP, on doit traiter de ça. En CE1, on doit traiter de ça. Tel chapitre, tel chapitre. Et on peut s'appuyer sur le livre du professeur et le livre de l'élève, etc. En maternelle, la seule chose qu'on a, ce sont les attendues de fin de maternelle. Donc, la seule chose qu'on nous dit, c'est: Il reste trois ans en maternelle, les petits élèves. À la fin de la maternelle, voilà ce qu'ils doivent savoir. Et c'est tout. Donc, déjà, la première étape, c'est au sein de l'école, l'équipe pédagogique se réunit et on dit: Nous, on décide qu'en petites sections, on va faire ça, en moyennes sections, on va faire grosso modo ça et en grandes sections, on va faire ça.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Ça, c'est un petit peu le partage de ce qui est à travailler. Ensuite, vous avez X enseignants correspondant à X manières d'enseigner. Parce que pour faire apprendre quelque chose, on a ce qui s'appelle, dans le jargon, la liberté pédagogique et c'est à nous de tout inventer. Donc, c'est en ça où, au début de carrière, on se dit: Mais comment je vais faire ? Mais Parce que comment je vais leur apprendre à faire quelque chose ? On doit leur apprendre du graphisme à tracer des cercles, etc. Vous avez mille manières de le faire. Donc moi, une année, je vais décider: D'accord, la première fois, on va parcourir l'école et puis on va regarder partout où c'est des cercles. Qu'est-ce que c'est ? On va toucher, on va les faire dans du sable, on va les faire en pâte à meubler. Tout est à inventer. Donc, la seule chose que nous fournit l'Éducation nationale, c'est: Voilà ce qu'ils doivent savoir en nt de maternelle. Il faut aussi avoir une fibre un petit peu imaginative, inventive et ne pas avoir peur de se dire: C'est moi qui dois construire. Parce que très clairement, en maternelle, c'est vous qui le construire. Après, on peut monter des projets.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Ça se fait aussi entre enseignants. Moi, dans mon école, nous sommes, selon les années, deux classes de moyenne section ou deux et demi parce qu'il y a des doubles niveaux. Il y a des choses sur lesquelles on se met d'accord. Donc, on n'est jamais vraiment quand même tout seuls dans son enseignement, à moins d'enseigner dans des villes ou des villages plus petits où là, on est vraiment limite seuls au sein de l'école pour plusieurs niveaux. Donc, on s'en remet qu'à soi. Et puis quand même, on a les réseaux sociaux, on a Internet où on peut piocher des idées, etc. Mais sinon, on peut malgré tout trouver de l'aide un petit peu partout pour construire son enseignement.
Camille (Chance)
Super. Merci Sabine. Charlotte, j'espère que ça a répondu à ta question. Qui a du coup une autre question, Charlotte. Est-ce que ce n'est pas- Charlotte a vraiment envie de devenir professeur ? Ça fait vraiment envie de devenir professeur d'école. Est-ce que ce n'est pas compliqué le travail en duo avec l'ATSEM en maternelle, même si évidemment, vous n'êtes pas sur les mêmes tâches ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
L'atsem, déjà, pour ceux à qui ça ne parlerait pas, c'est l'aide que nous avons en classe en maternelle. On n'en a pas tout le temps. Moi, j'ai la chance d'en avoir une à temps plein dans ma classe, mais c'est vraiment en fonction de la dotation mairie, etc. Donc parfois, on n'a pas d'ATSEM, on la partage avec une autre classe. Non, ce n'est pas compliqué. Après, il y a le feeling qui rentre en ligne de compte parce que dans toute relation entre collègues, on a toujours du feeling, mais c'est un travail complémentaire. Je suis chargée de l'enseignement des enfants. L'atsem est là pour accompagner l'enseignement des enfants. Elle est là pour apporter peut-être parfois un peu plus de rondeur, pour guider, pas faire à leur place. Donc, ce qui va être compliqué, c'est vraiment de faire comprendre à l'ATSEM comment on fonctionne et ce que j'attends. Mais après, c'est de la communication. Un exemple pareil, je demande de faire une peinture ou quoi que ce soit, je n'attends pas que ce soit l'ATSEM qui prenne la main de l'enfant et qui trace le trait pour que le terrestre soit bien droit. Ça n'aurait pas de sens.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Donc, c'est vraiment après... Moi, de ma carrière, ça s'est toujours très bien passé. Tout n'est que communication. On explique, on discute, on met en place Et pareil, plus une relation s'installe, plus il y a un fonctionnement. On se connaît, on sait tel atelier, etc. Et c'est une très grosse aide aussi au niveau de l'autonomisation des enfants. C'est elle qui va être là, enlever les chaussures, on met les chaussures on passe aux toilettes, etc. Donc, on est très complémentaires dans une classe.
Camille (Chance)
Merci. Je fais le lien avec la question de Caroline qui demande si c'est un métier qui nécessite d'avoir un niveau d'énergie important et une patience avérée.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Oui, et oui, vraiment. Oui, parce que parfois, il faut savoir se mettre dans sa bulle. C'est un métier en maternelle, déjà, c'est bruyant. Il faut se dire que c'est bruyant. Notre public, cette année, par exemple, j'ai 24 élèves. Imaginez-vous dans une pièce plus ou moins grande avec 24 enfants de quatre ans. Forcément, c'est bruyant. C'est bruyant, ça bouge On a la responsabilité de ces 24 petits-enfants. Donc, on a une responsabilité quant à, déjà, leur sécurité. Donc, ne serait-ce que ça, au-delà de l'enseignement, je dois en permanence veiller à ce que tout se passe bien dans la classe, à ce qu'il n'y en ait pas un qui tombe, qui se fasse mal, la mise en sécurité, etc. Ce poids-là, finalement, quand la journée de cours s'arrête, on souffle. Énergie, oui, parce qu'il faut être entraînante, il faut être souriante. Comme dans n'importe quel métier, par contre, il y a des jours où on est plus fatigués, il y a des jours où on n'a pas le moral. Sauf que là, les enfants, ils ne comprennent pas. On ne peut pas rentrer se poser devant son ordi et se dire: Aujourd'hui, je travaille, mais je parle à personne.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Non. Aujourd'hui, je dois arriver avec la même envie, le même... Souvent, c'est eux, parfois, qui nous redonnent le sourire, l'envie, parce qu'on les voit et puis on oublie les soucis, on oublie la fatigue. Et voilà, la journée se fait. Mais oui, il faut de l'énergie et oui, il faut de la patience. Je pense, avec le recul, qu'avoir été maman avant d'avoir été maîtresse. Ça m'a apporté un éclairage. Alors pas indispensable, parce qu'il y a sûrement beaucoup de professeurs des écoles qui ont cette sensibilité, alors même qu'ils ne sont pas parents. Mais Mais oui, ça demande de la patience parce qu'il va falloir prendre sur soi, il va falloir réexpliquer une notion quand elle n'est pas comprise. Il va falloir travailler sur des règles de vie. Pour certains, c'est vraiment leur deuxième année de collectivité, sachant que la petite section, on met en route tout ça, mais finalement, on ne travaille pas en même temps. Alors qu'en moyenne section, on doit travailler en même temps sur la collectivité, l'être ensemble, la tolérance, le respect, etc. Et en même temps, on va devoir travailler des vraies compétences. Donc, c'est ce mixte-là. Donc oui, beaucoup de questions.
Camille (Chance)
Merci Sabine. Sabine, est-ce que ça vous convient si on prolonge le live d'une petite dizaine de minutes, puisque nous avons beaucoup de questions dans le chat ? Ça va.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Avec Avec plaisir.
Camille (Chance)
Super, parce que nous n'avons pas d'autres live en suivant, donc j'en profite. Laura a également une question. Pour le concours, comment se déroule le concours ? Est-ce que c'est par matière ? Est-ce que c'est une épreuve unique ? Est-ce que c'est sur les attendues de la maternelle au CM2 ? Comment ça se passe ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
J'aurais dû potasser avant le live pour vous dire comment c'est aujourd'hui, mais consciemment, ça ne doit pas être si différent d'un moment où je l'ai passé, même si vous avez fait le calcul, ça date. Pour le concours, on doit connaître tout le programme dans toutes les matières jusqu'en troisième, alors que pour autant, je vous l'ai dit tout à l'heure, on n'enseigne que jusqu'au CM2 au maximum. Vous avez des épreuves écrites d'admissibilité qui sont des épreuves, des problèmes de mathématiques, des sciences, du français, etc. Vous êtes admissible. Si vous êtes admissible, vous passez des euros. Des euros sur de la pédagogie, un petit peu quand même, mais très peu. Et ça, il faut le savoir aussi. À mon époque, en tout cas, peut-être que maintenant, ça a changé dans le master, mais on ne vous apprend pas vraiment à enseigner. Ça, vous le découvrez quand vous en stage et en observation. Mais sinon, sur le papier, comment apprendre à enseigner, comment apprendre tout ça. Ça paraît fou. Donc, les oraux, la pédagogie, on avait des options et on devait, par exemple, présenter un album de jeunesse. On lit l'histoire, on explique l'exploitation pédagogique, on va en faire avec les élèves, etc.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Et un grand oral au cours duquel on a un jury en face et on doit les convaincre qu'on sera une bonne maîtresse et qu'il faut nous prendre dans ce secteur-là.
Camille (Chance)
Ok, donc c'est finalement beaucoup... C'est du terrain. On vous demande beaucoup de terminer.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Après, en devenir enseignant, ça ne s'apprend pas en passant le concours. Voilà, clairement. Non, ça s'apprend. Par contre, ce qui est paradoxal, justement, c'est que la première année, on passe le concours et la deuxième année, on est professeur des écoles stagiaire et ce n'est qu'à l'issue de la deuxième année qu'on est titulaire. Et au cours de cette deuxième année, il y a énormément de gens qui abandonnent. Pourquoi ? Parce que c'est le premier moment, finalement, où on met un pied dans l'école. Et si ça se trouve, on s'est dit: Je veux être professeur des écoles, je veux être maîtresse, je passe le concours, je réussis mon concours parce que je sais potasser, je sais bachoter, je suis ça. Et puis là, on arrive dans une classe et on se dit: C'est pas comme dans mes souvenirs, en fait. Non, mais je ne vais pas y arriver ou non, ce n'est pas ce que j'imaginais. Et donc, on a quand même pas mal de personnes qui, malgré le fait qu'elles aient réussi si le concours, abandonnent parce que se rendre compte de ce que c'est que d'être dans une classe. Finalement, il vaut mieux le faire à ce moment-là.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Peut-être que plus tard, c'est moins perdre de temps. Et encore, on apprend toujours d'une expérience, même si elle s'arrête brièvement.
Camille (Chance)
Ok, merci. Laura poursuint en demandant si, selon les affectations et l'équipe pédagogique du cours, on n'enseigne pas de la même façon en maternelle. C'est très variable.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Selon les écoles, c'est ça ?
Camille (Chance)
Selon les affectations et selon l'équipe pédagogique.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Les affectations, oui, et l'équipe pédagogique, oui aussi. Comme je l'ai dit, ou je ne l'ai peut-être pas dit, mais je l'ai pensé, on enseigne, si on en a parlé, on enseigne seul ou on enseigne au sein d'une équipe. Dans sa classe, on est seuls, mais au sein de l'école, on est une équipe. Donc oui, l'équipe, ça va jouer. On va peut-être se mettre d'accord sur: OK, on va faire une semaine consacrée à ça à l'école. Donc ça va jouer, forcément. Moi, j'ai une collègue avec laquelle je m'entends très bien en moyenne section. Tous les ans, on fait un projet de fin d'année et on embarque nos deux classes, les deux familles, les familles des deux classes, etc. Voilà, si c'est plus sympa, effectivement, donc ça change. Et selon les affectations aussi, bien évidemment. J'ai envie de vous dire, la première année où j'ai enseigné dans le quartier de la Goutte d'Or, dans Paris, un CM2, vous me donnez un CM2 dans Là, dans le 92 où j'enseigne actuellement, pourtant, c'est le même niveau, mais ça ne sera jamais la même manière d'enseigner. Le public qu'on a en face de nous est différent et nous-mêmes, on doit s'adapter.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Mais comme je l'ai dit tout à l'heure, on doit déjà s'adapter à chaque individualité de la classe. Donc, a fortiori, vous passez un stade au-dessus, ça va être le niveau. Si vous passez un stade au-dessus, ça va être le quartier, etc. Donc, on doit s'adapter à tout ce qui est externe aux petits enfants qui sont dans nos classes.
Camille (Chance)
Super. Merci. J'ai toujours trouvé ce métier très impressionnant. Je ne sais pas si je serais capable de le faire. Je suis très heureuse de parents d'élèves après avoir passé la journée de fin d'année, la fameuse sortie scolaire de fin d'année, les parents, ils rentrent, ils sortent du car, ils disent: Je ne sais pas comment vous faites.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
C'est beau, mais je n'aurais jamais pu.
Camille (Chance)
Oui, ça doit être épuisant. Sabrina a deux questions. Tout d'abord, demande si une fois qu'on a obtenu un poste permanent dans un niveau, que ce soit maternelle ou élémentaire, on est susceptible d'y faire toute sa carrière si on ne demande pas de changement ? Oui.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
À partir du moment où on est titulaire, on est titulaire d'un poste au sein d'une école. Par contre, le niveau peut changer. On est titulaire d'un lieu. Donc moi, j'aurais toujours mon poste. Si je ne demande pas à changer, j'ai toujours mon poste dans mon école. Par contre, après, la hiérarchie peut imposer qu'on change un petit peu nos classes parce qu'elle estime qu'il faut bousculer nos habitudes, etc. Mais voilà. Et après, si on veut changer d'établissement, si on veut quitter la maternelle pour aller en élémentaire ou inversement, il faut participer à ce qui s'appelle le mouvement, auquel cas, on s'est reparti, on fait des vœux, on dit: Je voudrais telle école. Pas le niveau, mais: Je voudrais telle école. Et c'est un système de points. Donc, plus l'expérience donne des points, les inspections, ça ne s'appelle plus comme ça, ça s'appelle des rendez-vous de carrière, mais on est plus ou moins évalués et ça Ça rentre dans le positionnement pour obtenir telle ou telle école. Mais à partir du moment où on est titulaire d'une école, on peut y rester si on a envie toute sa carrière.
Camille (Chance)
Et du coup, est-ce qu'on peut évoluer d'un niveau à l'autre dans la même école sans forcément faire partie de ce mouvement ? Le mouvement, c'est ça ? Oui.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Au sein de l'école, sauf si la hiérarchie l'impose, c'est l'équipe pédagogique qui décide Déjà, une structure d'école peut évoluer parce qu'en fonction du nombre d'élèves, il y a une capacité qui est maximale. Moi, par exemple, ça fait 10 ans que je suis dans cette école, la structure d'école a changé quatre ou cinq fois parce qu'il a fallu faire des doubles niveaux, parce qu'on n'avait pas assez pour faire une troisième classe entière de moyenne section. Donc, on a dû faire un double niveau, petite section, moyenne section. Et donc, forcément, là, quelqu'un est obligé de céder sa classe. Si je ne peux plus être enseignante que d'une classe fixe, il va bien falloir que ça bouge. Et puis là, tant mieux. Si les relations entre équipes sont bonnes, on discute, on se met d'accord, il y a quelqu'un qui se propose, etc. Donc, on en revient à ce qu'on disait. Oui, par contre, l'ambiance d'équipe est importante. Comment ça se passe au sein de l'école entre collègues, c'est important, notamment sur ce type de questions-là.
Camille (Chance)
Ok, merci. Sabrina, j'espère que ça a répondu à ta question puisque tu demandais si, lorsqu'on Ça fait que tu es en élémentaire, on passe du cycle 2 au cycle 3 régulièrement. Je ne suis pas sûre d'avoir compris la question.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Si je parle cycle 2 et cycle 3, c'est toujours au sein de l'élémentaire. Donc oui, on peut passer régulièrement. Si on est en CP et puis que finalement, on se dit: Le CP, je n'aime plus, je préfèrerais CM1, CM2, donc cycle 3, il faut, en conseil de cycle, au sein avec ses collègues, en réunion, les réunions qui sont fixes, les heures obligatoires qu'on doit faire, corps élève, etc, on exprime le veut. On dit: Moi, j'aimerais bien changer de classe. Est-ce que quelqu'un est OK pour permuter ? Avec de la chance, quelqu'un est OK pour permuter. Pas de chance, on se dit: OK, cette année, je continue en CP, mais l'année prochaine, j'aimerais vraiment. Par contre, si on a fait la demande plusieurs années et que rien ne se passe, on peut solliciter la hiérarchie en disant: Maintenant, j'aimerais bien que vous veniez mettre votre grain de sel, parce que ça fait plusieurs années que je demande à passer du cycle 2 au cycle 3 et que ça ne bouge pas. Help.
Camille (Chance)
Ok, merci beaucoup. Je vais prendre la dernière question de ce live. Nous avons déjà dépassé le temps en partie. Je crois que vous le savez, Sabine, mais chez Chance, on estime qu'un projet professionnel, ça doit aligner quatre piliers: métier, finalité, environnement et impératif personnel, un projet professionnel qui vous correspond et qui donc correspondra au sens, à l'alignement de ces quatre piliers. Pour vous, finalement, ce métier, quel est le le sens de ce métier pour vous ? Qu'est-ce que cela vous apporte ?
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
Le sentiment de mettre une pierre dans la construction du monde de demain. Parce que le monde de demain, c'est nos jeunes d'aujourd'hui qui vont le décider, qui vont le construire, qui vont le façonner. Et si, à mon petit niveau, je leur apprends les valeurs de tolérance, les valeurs de respect, les valeurs de prendre soin de la nature parce qu'on va dans le parc à côté, on ramasse des trucs, etc. Quelque part, je commence déjà à leur construction en espérant que ça évolue toujours dans le bon sens et que nos futurs dirigeants de demain qui seront un jour passés en maternelle, gardent en tête les choses qu'on a pu leur vouloir leur transmettre, en tout cas.
Camille (Chance)
On va croiser les doigts sur ça. Merci Sabine. Avec plaisir. Je vais mettre dans le chat live un petit lien vers notre site Internet, puisque vous le savez, c'est live sans l'occasion de faire du give-back, de faire de l'entraide. On a tous eu des rencontres qui nous ont marquées dans nos vies professionnelles et l'idée, c'est justement de rendre l'appareil envers le reste du monde. Donc, n'hésitez pas à rejoindre la communauté Chance, qui est cette fameuse communauté d'entraide, via le lien que je vais vous mettre dans le chat. Merci encore Sabine d'avoir pris le temps. Merci pour ce très beau live. Merci à tous pour votre questions. Et Sabine, je vous dis à bientôt et je souhaite à tout le monde une très belle soirée.
Sabine Abehsera (Professeure des écoles)
À bientôt. Au revoir.
Camille (Chance)
Au revoir.
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