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Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous et merci de nous retrouver pour ce nouveau live en coulisses avec Marie. Bonjour Marie, qui va nous présenter son métier de psychologue du travail. Ce chat est interactif donc n'hésitez pas à l'utiliser pendant le live pour poser toutes vos questions. Pour Marie, on y répondra au fur et à mesure. Bonjour Sarah, je vois que les gens commencent à arriver. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore chance, je vais commencer par une petite introduction et un bilan de compétences. Et aussi et surtout une communauté d'entraide pour vous aider à trouver la voie professionnelle qui est faite pour vous, ou alors à redonner du sens à votre travail et à réajuster ce qui doit l'être par rapport à votre quotidien. Et dans ce parcours chance, on a une partie qui s'appelle l'exploration. Et dans cette partie là, en fait, on invite tout le monde à ouvrir le champ des possibles, à explorer. Et c'est ce qu'on va faire aujourd'hui avec Marie pour le métier de psychologue du travail et j'ai trop hâte. Marie, est-ce que pour commencer, tu peux nous raconter ton parcours et comment tu es arrivée à exercer ce métier ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Oui, alors moi initialement après le bac, je me suis orientée vers des études médicales. Donc j'ai fait la première année, enfin le concours on va dire M1 qu'on faisait à l'époque et je l'ai passé du coup deux fois, deux fois j'ai raté et je me suis retrouvée au mois de janvier en me disant ben mince, j'ai raté, qu'est ce que qu'est ce que je vais faire maintenant ? A l'époque, je sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui, mais à l'époque on avait le droit qu'à deux inscriptions, enfin trois inscriptions en fac donc il me restait une dernière chance, je devais pas me planter en plus. Du coup j'avais perdu ma bourse puisque j'avais redoublé une fois. Et en parallèle à ça, il fallait absolument que je me trouve un logement pour des raisons perso et du coup il fallait que j'ai un salaire. Donc je me suis dit ok, comment est ce qu'on va s'organiser ? Et je me suis dit bah quand même, j'ai pas envie de ne pas faire d'études supérieures, je vais regarder ce qu'on peut faire en études à distance.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Et à l'époque, il n'y avait pas le choix comme on a aujourd'hui. Là, franchement, on peut faire beaucoup de choses. À l'époque, c'était un peu plus compliqué. Et donc, mise à part du droit, je crois qu'il y avait de l'informatique aussi qu'on pouvait faire. Et bien sûr la psycho. Je me suis dit bah en vrai, la psycho, il y a des matières qui ressemblent quand même à ce qu'on pouvait faire en première année de médecine. Bon, c'était connu à l'époque, pour voilà, c'était un peu facile on va dire. Mais en fait c'est pas si facile que ça. Je me suis dit allez go, on y va et puis on verra ce que ça donne. Et en fait, j'ai j'ai adoré. Enfin vraiment, la première année, j'ai adoré. Donc je me suis dit bah on continue. En fait, il n'y a pas de raison de changer. Et le format distanciel m'a beaucoup plu. Alors ça, ça ne plaît pas à tout le monde du coup, mais moi ça me convenait parfaitement.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Et du coup, j'ai pu. Alors après, en deuxième année, j'ai trouvé Trouver un autre boulot qui me permettait du coup en semaine d'être libéré. Et du coup, j'ai fait énormément de stages et c'est comme ça que j'ai continué en fait. En psycho, on choisit sa spécialité à l'époque en fin de troisième année de licence pour passer en master. Et donc là, effectivement, je me suis retrouvée en psychologie du travail. En fait, je savais pas trop quoi faire parce qu'il y a beaucoup de spécialités en psycho, il y a de la neuropsychologie, de la psychologie clinique, etc. On pourrait expliquer ça par la suite. Et en fait voilà, c'est par la rencontre d'un ancien collègue en stage qui m'a dit mais en fait non, ce que tu me racontes, ce que tu veux faire, c'est de la psycho, du travail. Et effectivement, moi j'étais assez. J'aimais beaucoup tout ce qui était psychologie sociale, etc. Et j'ai fait bah banco, on y va ! Et j'ai adoré Et je ne regrette pas du tout.
Marine (Chance)
Génial ! Que de rebondissements déjà !
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Ouais !
Marine (Chance)
Trop chouette ! Et est ce que tu peux nous raconter une fois que tu as donc choisi ta spécialité, ton master ? Comment s'est passé le début dans la vie active. Quel type de travail tu as réussi à avoir ? Dans quelle structure ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Ouais, alors j'ai fait énormément de stages pour le coup parce que je. Et encore aujourd'hui, c'est toujours ce que je recommande, c'est de faire des stages, des petits, des longs, des moyens, tout ce qu'on veut, mais en tout cas de faire des stages, d'aller dans les structures, de parler avec les gens, de pouvoir les suivre même une journée pour voir leur quotidien. Parce que c'est vraiment comme ça qu'on se rend compte en fait, du boulot. Et donc j'ai commencé tout au début par des stages en plus, quand en licence c'est un peu on est un peu du mal quand même à trouver des stages, c'est difficile. Donc j'ai commencé par faire des stages en entreprise parce que c'est ce qui recrutait en fait le plus facilement. Donc j'ai fait pas mal de stages en tout ce qui est recrutement, évaluation du personnel, formation. J'ai fait aussi des stages, un bon stage en ce qu'on appelle en clinique donc. Du coup pas en entreprise, en individuel. Donc là c'était pour les personnes victimes de violences en unité médico-judiciaire.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
OK, j'ai réussi mon coup, je suis rentrée en master on va dire. Et là je me suis vraiment dit allez entreprise, entreprise sachant que je voulais travailler aussi en cabinet. Mais je m'étais dit c'est plus intéressant quand même dans un premier temps d'avoir de l'expérience en entreprise, Si derrière on veut aller vendre un peu la bonne parole auprès des autres. Il faut quand même savoir un peu de quoi on parle. Et donc pas mal de stages, toujours en recrutement, en évaluation du personnel, en formation. Et mon premier poste, en fait, ça a été dans la continuité de mon stage de fin d'année, donc je m'occupais dans une société d'assurance, je m'occupais de ce qui était l'évaluation des risques professionnels. Donc on connaît beaucoup les risques psychosociaux, par exemple, la partie aussi déménagement, aménagement, ergonomie. Et puis on avait aussi du coup une partie développement de la qualité de vie au travail. On l'avait appelé comme ça quand je suis rentrée avec plutôt l'accompagnement individuel, les enquêtes pour harcèlement, etc etc.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Donc en fait mon DD ouais.
Marine (Chance)
Ah super, tu as vu la vidéo qui a été coupée ? Mais c'est revenu.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Donc voilà, mon premier post, c'était dans le prolongement de mon stage de fin d'année CDD après cdi.
Marine (Chance)
OK très clair. Il y a plusieurs questions qui sont arrivées dans le tchat. Chloé demande Est-ce que c'est possible de faire des stages en psycho si on n'est pas étudiant en fac de psycho ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Ça va être compliqué, ça va être compliqué. En fait, quand on fait un stage, il faut une convention de stage déjà. Donc je sais que Pôle emploi en donne des conventions de stage, donc faudrait voir avec eux. Mais si vous êtes déjà salarié et qu'il n'y a pas d'école ou de personne qui peut signer, la convention vous prendra pas, ou alors en off auprès d'une structure privée. Après les entreprises, elles font un peu ce qu'elles veulent.
Marine (Chance)
Mais les entreprises, pour être cotées entreprises, ont besoin d'une convention de stage aussi pour valider le.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
C'est ça. Normalement on n'est pas couvert. Tout ce qui est assurances, etc. C'est compliqué s'il n'y a pas de convention de stage. Après peut être qu'un tout petit cabinet où ils sont trois, ils ont besoin de quelqu'un pour faire du recrutement ou je ne sais pas. On peut regarder, mais normalement s'il n'y a pas de convention de stage, on ne prend pas.
Marine (Chance)
Ouais euh. Je regarde. Ouais, c'est ce que disaient les gens dans le chat, c'est ça ? Euh super. Et est ce que tu peux nous raconter un peu le quotidien de ton métier ? C'est quoi tes missions ? A quoi ressemble une semaine type de mari ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors donc moi je peux vous raconter la semaine type en entreprise par exemple sur le poste que j'occupe donc en entreprise. En fait, c'est c'est très large et c'est ça qui est top dans ce métier là, c'est que c'est très large. Donc, moi, aujourd'hui, je m'occupe de tout ce qui est développement de la qualité de vie au travail et du handicap. Donc alors, la semaine type, ça varie, mais en gros, c'est s'occuper de la partie relation sociale en fait, en psychologie du travail. Vous allez avoir la partie individuelle, donc accompagnement individuel, burn out, etc, risques psychosociaux, etc. Où ça c'est un peu plus une partie clinique on va dire. Donc c'est une petite formation aussi complémentaire, enfin petite, pas si petite que ça en vrai. Et la partie organisationnelle. OK, donc sur la partie organisationnelle, c'est ça où généralement tous les masters préparation en psychologie du travail. Et donc là ça va être à l'écoute des salariés. Donc forcément, les relations avec les représentants du personnel, ce qui signifie donc beaucoup d'activités autour des relations sociales.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Donc, moi, je suis aussi amenée à travailler avec Ben, je suis rattachée à la DRH, donc avec la DRH sur la négociation d'accords d'entreprise, les commissions C-2, SCT. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'ancien CHSCT, donc c'est tout ce qui est en gros tout ce qui est lié aux risques psychosociaux, etc. Et puis ça va être donc dans un premier temps, cette étude là, donc avec la remontée des des éléments chiffrés, du qualitatif aussi, si on fait passer des questionnaires, des enquêtes internes, etc. Pour arriver à faire une synthèse, en fait, pour arriver à tout ça. C'est là où, en fait, où est notre plus-value, donner du sens à tout ça et faire des recommandations. En gros, c'est ça. Donc au quotidien, ça va être le suivi des données sociales, donc absentéisme, on va avoir le turn-over, on va avoir les absences, on va avoir les maladies professionnelles, enfin tout ce genre de choses. On va avoir aussi les remontées spontanées des salariés qui viennent nous voir.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Je voudrais dire ça, il y a un truc qui ne va pas. Ah ok, d'accord. Les relations avec le médecin du travail, avec les infirmières, avec tous les services de santé au travail, si ce n'est pas unique à l'entreprise. On a tous ces reports là. Et puis ensuite, sur la partie vraiment plus relations sociales, négociation, ça va être aussi les relations avec les fédérations par exemple, les relations aussi avec tout ce qui est, on va dire prestataires. Par exemple dans le cadre du handicap, je travaille beaucoup avec Cap Emploi, etc etc. Donc en fait c'est hyper vaste, c'est beaucoup d'interactions. Alors en plus aujourd'hui, depuis la crise sanitaire, c'est beaucoup de visio, de téléphone. Il y a aussi pas mal d'administratif, on travaille beaucoup par mail, mais au final, l'objectif vraiment de tout ça, c'est de se dire comment faire en sorte pour que le salarié, quand on est dans le privé soit bien. Alors c'est pas cui-cui les petits oiseaux non plus, mais en tout cas, qu'ils puissent travailler dans de bonnes conditions de travail, c'est vraiment ça l'objectif.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Et après les moyens, ça dépend des entreprises, ça dépend du budget, pas du budget. S'il y a des accords, pas d'accord, s'il y a des projets en cours ou pas de projet, par exemple le mois de juin, on a ce qu'on appelle la semaine pour la qualité de vie au travail. En novembre, on a la semaine pour le handicap. Donc ça par exemple, c'est des semaines un peu types où pour le coup, c'est vraiment de la pure gestion de projet, on fait appel à nos prestas, on gère notre budget, etc. Donc la semaine type, en vrai c'est ça qui est bien dans ce boulot, c'est qu'il n'y a pas.
Marine (Chance)
Ouais c'est trop chouette. Et pour comprendre toi sans donner le nom de ton entreprise, c'est pas le sujet. Mais j'imagine que pour que l'entreprise dédie du budget à une psychologue du travail en interne, on est sur des entreprises assez grosses, non ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors effectivement assez grosses. Et après il y a la compétence en psychologie du travail et le poste aussi en vrai qu'on peut avoir, sachant que ces compétences là, même si on n'a pas un intitulé psychologue du travail, c'est mieux d'avoir ces compétences, sinon c'est compliqué de faire du bon boulot quoi. Après on peut aussi travailler beaucoup en services de santé au travail où là, pour le coup, il est missionné par le médecin du travail et on a plusieurs entreprises avec lesquelles on peut travailler. Donc ça aussi, c'est super intéressant. On peut faire de l'évaluation, on peut faire de la prévention, des RPs, de la formation, on peut, on peut aussi intervenir en cas de crise majeure. C'est vraiment vaste. On peut travailler aussi en cabinet. Donc là, cabinet, soit on est à son compte et on fait aussi ce qu'on appelle de la clinique. Donc on va avoir un patient qui va venir pour des problématiques liées au travail. Donc, c'est une formation complémentaire où là, du coup, la, la la, la journée type, c'est je sais pas, par exemple, le matin, on a tous nos patients d'une heure de séance et ensuite l'après 12 h on peut proposer des formations aussi.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Par exemple, on peut proposer du conseil et on peut aussi travailler au sein de cabinets privés. Même en freelance aussi, ça se fait beaucoup où là pour le coup, on va aussi avoir la partie commerciale à avoir, ce qui n'est pas forcément notre formation initiale, mais on va devoir la prendre. Après, on a fait de la psycho sociale, donc on sait quand même un peu comment ça se passe. Donc ça dépend vraiment des structures.
Marine (Chance)
Ouais, et ça répond à la question de Sarah dans Le chat qui demandait si on pouvait faire ce métier en freelance à son compte. Tu viens d'y répondre. En fait, tu as toutes les configurations possibles. Super ! Chez Chance, on dit qu'un travail, ce n'est pas qu'un métier, c'est un métier. Certes, les missions que tu viens de nous expliquer, mais c'est aussi un environnement. Donc tu nous as dit qu'il y avait plein de manières de l'exercer. Il y a aussi la la finalité, euh quelle est l'utilité et le sens que tu y trouves toi, au quotidien ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors moi ce qui me plaît dans ce métier, c'est qu'on est vraiment pour le coup. Alors c'est un peu bateau de dire ça, mais c'est de l'humain en fait. C'est à dire que même si on travaille sur l'organisation, on est obligé de partir de ce que les salariés de ce que les gens disent. En fait, seul dans notre coin, c'est pas c'est pas possible. Enfin c'est possible, mais on fera pas du bon travail. Donc on a vraiment besoin de ces personnes là, on a besoin de les écouter et je. Enfin en tout cas là, sur ces dernières années, c'est vraiment régulièrement qu'on me dit Mais en fait, c'est rare quand je parle de mon travail, de ce que je fais vraiment, on dit un peu oui. Alors voilà, j'envoie des mails, j'envoie des machins, mais concrètement de comment je le fais, etc. C'est rare. Et en fait, cette manière d'aborder le travail, en fait par la parole, ça permet aussi de faire réfléchir la personne, même si c'est pas le but premier, mais la personne, elle se dit ah ouais mais je fais ça comme ça.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Ah ouais mais c'est pas con. Donc en fait, on a quand même un impact, même si dans un premier temps c'est pas l'objectif initial et on peut l'avoir de cette manière là. On peut aussi l'avoir quand on a une personne en face à face qui va pas bien, parce que des fois aussi des personnes viennent vous voir quand ça ne va pas bien, mais elles peuvent aussi venir nous voir quand ça va bien aussi, mais qu'on veut en savoir un petit peu plus sur nous. Ben comme sur Chance quoi. Voilà, ça va, mais je voudrais découvrir un peu ce que je pourrais faire, autre chose, etc. Donc en fait, on a vraiment l'humain au centre, même si on touche à de l'organisation, ça reste du l'humain, c'est pour la personne. Et ça moi je trouve en tant que psychologue du travail, là on a vraiment cette capacité de se dire on joue sur les deux tableaux en fait. Et moi, c'est vraiment ça qui me plaît.
Marine (Chance)
Très clair. J'ai une question de Cloé et Marine qui disent Vous dites que vous êtes rattachés à la DRH. Étant moi même dans les RH, je connais un peu. Est ce que vous vous sentez écouté et est ce que vos recommandations sont prises en compte ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors est ce que je me sens écoutée ? Ça va dépendre des sujets. Est ce que je me sens écoutée ? Oui et non. C'est à dire que oui, je comprends que la personne entend ce que je lui dis. Par contre, quand il faut mettre en œuvre les actions, ça c'est plus compliqué. Et c'est là où en fait, il faut aussi être assez malin pour le coup, c'est que il faut aussi comprendre quelle est la limite de l'entreprise, quels sont les moyens qu'on a, quels sont vraiment les limites. Parce que ben oui, on peut faire un plan d'action magnifique. Enfin voilà, moi au début je faisais des trucs incroyables, c'est trop bien, j'étais trop contente. Sauf qu'en fait on ne faisait rien parce que c'était trop pointu, c'était trop fort. Donc il faut être patient, il ne faut pas être trop frustré non plus. C'est pour ça qu'il y a beaucoup de personnes qui partent après ailleurs qu'en entreprise, parce que c'est vrai que ça peut être vraiment frustrant. Et puis c'est sûr que dans une grosse entreprise, il y a plus de budget parce que le sujet est là, il y a plus de budget que dans une petite boîte où ils sont 50, ça, c'est clair.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Donc, en fait, il faut vraiment trouver sa place, être à l'aise aussi avec ce qu'on fait. Et dans tous les cas, Il y a énormément de choses à faire, même sans budget. Donc en fait, ce qui va vraiment compter, c'est au niveau de la direction générale. C'est quoi l'orientation en fait ? C'est ça qui compte. Et si la direction générale se dit allez go, on y va, on va pouvoir faire des choses. Si elle dit ouais, c'est intéressant, mais non. Bon, mais on peut tester. Par exemple, pendant certaines années, moi c'était oui, mais tu peux tester, Ben on va s'appuyer sur les directions qui sont ok pour tester. On fait toujours quelque chose. D'accord. Et après, il ne faut pas se leurrer non plus, c'est pas parce qu'on met une action en place que c'est magique tout ce qui est communiqué. En fait, c'est répéter. Donc faire quatre fois la même action à tous les coups. Il y a la moitié qui disent Ah mais on n'a jamais fait ça !
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Ben si en fait, ça fait déjà quatre fois que je vous le dis, mais bon. Donc au final, même avec peu, on peut quand même faire pas mal de choses parce que, en termes d'organisation du travail, mis à part effectivement la sensibilisation, la formation qui coûte en vrai toucher à l'organisation, c'est gratuit. En fait, c'est juste du temps. Donc on est plutôt avec notre balle, notre bâton de pèlerin, à aller parler aux uns, aux autres, à serrer des mains, à faire des repas, etc. Moi, je trouve que ça a plus d'impact que juste parler à la DRH en vrai. Donc en plus ça vient généralement des managers, ça passe mieux ou plus vite. Et après effectivement, c'est à nous de s'adapter.
Marine (Chance)
Non mais super, très clair. Et effectivement, c'est ce qu'on appelle avec des guillemets parce que parfois c'est connoté négativement, c'est de la politique interne ou en tout cas de de comprendre comment ça fonctionne pour réussir à à faire passer son son projet. J'ai une question de Mathilde Est-ce que parfois tu te sens coincée entre les attentes de l'employeur et celles des salariés ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Oui, tout à fait, tout à fait souvent même d'ailleurs, parce que il y a effectivement ce qu'on voit, ce qu'on sait en tant que psychologue, du travail sur l'organisation, comment il faut qu'elle soit, etc. Ce qu'on nous apprend à l'école. Et puis ben en vrai, le business et en fait c'est c'est toujours la même question, c'est comment naviguer entre les deux ? Comment faire pour que le salarié puisse, encore une fois, c'est s'épanouir, c'est travailler dans de bonnes conditions. Déjà c'est bien, mais comment répondre aux attentes business ? Donc exemple souvent c'est on a une équipe de cinq personnes, il y en a trois qui sont en arrêt maladie. Comment on fait pour que les deux autres, ben ça fonctionne bien, surtout si on travaille avec les. On regarde les absences des trois autres, ils sont absents toutes les deux semaines donc on ne peut pas remplacer. Voilà. Exemple. Donc c'est vraiment. C'est vraiment des situations concrètes au quotidien, vraiment des demandes manager parce qu'en vrai tout le monde veut bien faire.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Enfin, je veux dire, que ce soit manager a toujours des exceptions, mais en vrai, tout le monde veut bien faire. Comment est ce qu'on fait ? Quels moyens on a pour arriver à faire coïncider les deux ? Et en fait, le boulot au quotidien, c'est ça, c'est c'est quand on parle, voilà, les risques psychosociaux, ça va être des, des, des projets vraiment qu'on mène, mais toute l'année, quoi, C'est pas juste en janvier, on va faire ça et puis le reste, on fait autre chose. Ça, c'est plutôt des enquêtes interne pour harcèlement, pour choses comme ça où là c'est rare quand on a on en a dix par an, une ou deux déjà c'est oulala ça suffit. Mais sinon c'est ça le quotidien en fait, c'est vraiment des problématiques concrètes et avec le handicap aussi, bah ça amène beaucoup de choses aussi pour les managers etc. Donc c'est voilà, c'est vraiment comment faire coïncider les deux.
Marine (Chance)
J'ai une question d'Emilie sur quels types de sujets sont abordés en entreprise avec toi ? Est ce que c'est on pense au burn out, aux relations, aux autres, aux autres relations interpersonnelles. Enfin, quel type de sujet tu ? Tu. Tu touches et Mathis demande s'il est possible de de se spécialiser sur un type de sujet précis.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors on va toucher. En fait, ça va dépendre en fonction des entreprises. C'est à dire qu'il y a des personnes qui vont être seules sur le sujet. Il y a des entreprises où c'est carrément une équipe qui s'occupe de ça. Et donc au sein de l'équipe, il y en a qui vont être plus sur les enquêtes internes. Enfin, quand on est 30 000, forcément c'est compliqué d'être tout seul. Donc moi aujourd'hui je m'occupe, donc je parle pour moi, je m'occupe de tout ce qui touche en fait à la prévention des risques. Je m'occupe pas des risques physiques, je m'occupe plus plutôt des risques physiques et je m'occupe plus des risques routiers parce qu'on a des personnes qui prennent leur voiture. Donc ça, je m'occupe plus, donc plutôt des risques psychosociaux. Donc, c'est ce que je disais en fait, du suivi des données jusqu'à la réalisation des divers animations des groupes de travail, formation, sensibilisation. Ça va être réaliser des supports de com aussi, ça va être toutes les relations avec les parties prenantes, la présence aux commissions, le suivi, le suivi des commissions aussi, la présence, le suivi, ça va être tout ce qui est sujets autour du handicap également.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Donc sachant qu'il y a aussi des accords d'entreprise qui existent. Donc là le handicap c'est pareil, ben le salarié t'appelle parce que il veut savoir comment remplir un document. Ou alors le salarié il t'appelle parce qu'il a un problème dans son, dans son, dans son service. En fait, il a un problème d'audition, il n'entend pas les réunions et son manager l'a mis insuffisant. Enfin voilà, c'est vraiment hyper large. Quoi d'autre ? Ça peut être les élus du personnel aussi qui viennent nous voir, enfin qui viennent me voir en me disant ben voilà, dans ce service là, il y a un souci. Je voudrais t'en parler. OK. Des managers qui ont besoin d'aide, c'est hyper vaste. Mais l'idée c'est que ce soit toujours en lien avec les conditions de travail. Par exemple, dans certaines entreprises, on touche aussi à l'égalité professionnelle. Moi j'y touche pas. OK ok. Il y en a qui récupèrent aussi tout le sujet du RSE. En vrai, c'est super vaste le RSE. Moi je touche pas.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
On a quelqu'un pour le faire. Donc ça dépend vraiment des entreprises.
Marine (Chance)
OK, très clair. Dans les lives, en coulisses, l'idée c'est d'aider aussi à enlever les fantasmes positifs ou négatifs sur des métiers. Est-ce que toi tu pourrais nous dire qu'est ce que tu adores vraiment ? Et à l'inverse, quelle est la partie qui te saoule un peu, que tu aimes moins ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors la partie que je préfère. Bah ça va être, on va dire, en fin de projet, en fin de projet. Quand on mène les actions et que les salariés viennent nous voir en disant ah, c'était trop bien, mais c'est super, on devrait le refaire, mais pourquoi on en fait pas plus ? Mais comme à la fin des groupes de travail Oh là là ! Mais j'adore parler de moi ! Mais c'était super intéressant, On le fait jamais. Ça c'est super parce que du coup on se dit alors déjà intérieurement on se dit bah oui, j'ai raison de vouloir le mettre en place, donc euh et puis et puis en plus, avec ces retours positifs, ça prend de la valeur aussi sur les recommandations qu'on peut faire en disant bah voilà les retours, moi je demande toujours des retours écrits, voilà ce que j'ai fait. Retour. Donc vous voyez que c'est pas moi qui invente quoi, c'est pas moi qui ait boosté mon truc, c'est c'est du réel. Et du coup, ce que j'aime moins c'est voilà, devoir répéter toujours les mêmes choses, devoir passer.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Enfin faut pas se leurrer, certains pour certains projets c'est six mois, un an voire deux ans, donc ça peut être vraiment très long. Donc c'est pour ça tout ce qui est frustration sur certains sujets. C'est vraiment compliqué ça. Il faut être prêt, il faut être prêt à à le, à le gérer, à l'entendre et Et c'est pour ça que souvent, enfin c'est rare en tout cas, quand on reste toujours dans la même structure ou dans le même mode d'organisation, on aime bien changer. Aller en cabinet, en cabinet, pareil. Le souci c'est qu'on n'a pas de suivi du coup des plans d'action, on fait les recommandations mais on ne sait pas comment ça finit. Donc ça pareil. Frustration. Il y a aussi de la partie commerciale. Généralement on n'aime pas trop cette partie commerciale. Euh voilà, ça va dépendre à chaque fois. Pareil en libéral, ça peut être très intéressant, mais si on ne travaille pas, on n'a pas de salaire.
Marine (Chance)
Ouais.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Et puis en libéral, il y a une. On travaille vraiment pour soi, donc ça c'est super, il y a beaucoup moins du coup d'échange, etc. Mais il faut être au taquet. Donc voilà, à chaque fois il y a des plus, il y a des moins, mais moi je trouve en tout cas dans l'entreprise, effectivement savoir gérer cette frustration, ces délais, ça c'est. Ouais, ça pour moi, c'est la partie compliquée.
Marine (Chance)
Je comprends. Et c'est ce qu'on explique chez Chance, c'est que, bon, parfois c'est le métier qui est qui pose problème parce qu'on a plus envie et on est intéressé par d'autres choses, mais parfois on pense que c'est le métier, c'est pas du tout le métier, c'est comment on l'exerce. Et comme tu l'as dit, parce que toi c'est un bon exemple, tu peux le faire à peu près dans plein de configs différentes salarié, entrepreneur, conseil, entreprise. Euh et en fait ça va dépendre de qu'est ce qui est le plus important pour chacun, et la réponse ne sera pas la même. Il y en a qui ne supporteront pas la le côté administratif et le nom de l'entreprise. D'autres supporteront pas l'insécurité financière liée au freelance ou à l'auto-entrepreneuriat. Donc c'est hyper intéressant. Une question qu'on n'a pas abordé encore et qui est importante dans le choix d'une voie professionnelle, c'est la rémunération. Sans nous donner ton salaire, est-ce que tu peux nous dire à peu près en fourchette, selon là où tu exerces, à combien tu peux plus ou moins prétendre ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors c'est la fourchette, elle est énorme. Parce qu'en fait, le là où on peut avoir des bas salaires, ça va être surtout. Alors, c'est pas cool, mais ça va être dans la fonction publique, notamment à l'AP-HP. C'est des grilles en fait, donc elles sont disponibles sur Internet où là les salaires sont, sont, sont sont bas pour le coup, pour un master, en tout cas, je crois, de mémoire. Alors je parle en brut toujours, on doit être autour de 1000, 7000, 6000, 7008, faudrait regarder pour être sûr. Donc voilà, c'est. Alors le métier est hyper intéressant, mais voilà, niveau rémunération on est on est léger. Alors maintenant il y a des primes qui s'ajoutent, des en entreprise, alors pareil, petite entreprise, grosse entreprise, ça dépend. En PME, de toute façon, c'est rare quand il y a une psychologue du travail, parce que généralement, on préfère plutôt prendre quelqu'un qui fait le boulot, le cœur du boulot on va dire.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Donc généralement on tape sur des entreprises un minimum de 1000 personnes et les salaires. J'ai envie de dire quelque chose qui ne serait pas déconnant. Ce serait aller du or toujours brut annuel du 30 000 en 30 000, franchement c'est correct. Après, plus l'entreprise est grande et effectivement on va pouvoir avoir plutôt du 35, du 40. C'est quand même au bout d'un an, deux ans, sans compter les primes qu'il pourrait y avoir, les avantages, etc. Et après la fourchette haute, En vrai ça dépend, ça dépend du poste qu'on a, ça dépend des missions qu'on a, ça dépend si on est manager ou pas. Parce qu'on peut être psychologue et puis manager une équipe de dix personnes, ça ne gêne en rien. On peut aussi être psychologue du travail et puis se former en parallèle dans les ressources humaines, et puis avoir un poste de responsable de relation sociale ou même, pourquoi pas de DRH dans de petites boîtes. Enfin, c'est possible aussi. Donc en fait, il n'y a pas de il n'y a pas de Max, j'ai envie de dire.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Et puis pareil, en libéral, on peut extrêmement bien gagner sa vie. Enfin, moi j'ai des collègues qui gagnent vraiment, vraiment beaucoup, beaucoup qui peuvent se permettre de partir deux mois en vacances. Donc voilà, en base, effectivement, ce serait plutôt fonction publique. Et sinon en moyenne je dirais franchement 30 35 c'est correct en début de rentrée c'est correct.
Marine (Chance)
OK super, merci beaucoup. Il y a Nathalie qui demande Est-ce que tu peux nous donner le nom de l'organisme en ligne où tu t'es formé ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors moi c'était l'université Paris huit.
Marine (Chance)
Oui, c'est effectivement celle que j'avais en tête. C'est la.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Seule université. Alors avant, ce n'était pas la guerre comme ça, parce que je suis toujours sur le site Facebook ou je vois qu'au bout de deux minutes il y a déjà plus d'inscriptions possibles. À l'époque, il y avait quand même moins de personnes, mais il y a Paris huit qui forme à distance. Je crois que il y en a une autre.
Marine (Chance)
Une à Toulouse de mémoire.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
C'est possible, C'est possible. Après il faut voir aussi si ils font juste la licence ou jusqu'au master. Ouais. Je ne crois pas que le CNED forme là-bas, mais moi j'ai fait Paris huit. Et après il y a aussi la possibilité d'être formé au CNAM. Alors c'est toujours psychologue du travail, mais c'est une orientation spécifique et là on peut. Alors, c'est en présentiel pour le coup, mais on peut le lier avec une activité pro, mais il faut être sur Paris, c'est sur Paris.
Marine (Chance)
Ça me fait une très bonne transition parce qu'il y avait une question dans le tchat sur ça. Auriez vous pu exercer vos fonctions avec le diplôme du CNAM et non le parcours faculté ? Bac plus cinq ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Alors le diplôme du CNAM, c'est un vrai diplôme de psychologue du travail. Psychologue du travail du CNAM, Mais c'est un vrai diplôme de psychologue du travail. Et pour le coup, ce qui est intéressant. Alors oui, ils ont une orientation spécifique, mais enfin c'est hyper rare, vraiment que on a un psychologue avec un seul master, soit on a fait plutôt des diplômes universitaires en complément, ou alors on fait une autre formation en complément. OK. Donc on peut exercer tout de suite avec un diplôme CNAM. Après, il faut savoir que vous avez de toute façon le titre de psychologue du travail et que, en vrai, dans les entreprises, ils ne font pas forcément la distinction. Franchement, pour eux, psychologue du travail, psychologue du travail, c'est vrai qu'au final, après ça va être vous dans la manière d'aborder les choses. Mais au CNAM, on est très bien formés. Enfin voilà, tout ce qui est activité, etc. Vous êtes formés. Votre mémoire c'est un vrai mémoire. Enfin, c'est pas une formation moins bonne que les autres.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Elle est différente, mais vous pouvez tout à fait exercer avec ça sans problème.
Marine (Chance)
Super ! Merci beaucoup Marie, Je vois qu'on a un peu dépassé le temps parce que ça passe trop vite 30 minutes, mais c'était vraiment trop trop chouette ! Tu expliques super bien et tu donnes, tu es passionné, ça se voit donc ça donne envie. Euh je vois que tout le monde te remercie dans le chat, est ce que c'est Si jamais des personnes veulent continuer ou d'autres questions pour toi après c'est possible.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Bien sûr, pas de problème.
Marine (Chance)
Tu préfères donner le mail. Le LinkedIn ?
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Le mail ? Aller go direct.
Marine (Chance)
Très bien. Alors attends, je regarde si je pense que je l'ai. Hop, dans le tchat. Donc je vous le mets dans le chat pour ceux qui sont connectés. Si jamais il y avait des questions qu'on n'avait pas encore abordées. Je vois que tout le monde te dit un grand merci. J'en ai profité aussi pour vous remettre dans le tchat le lien vers la communauté Chance. Si vous aussi vous voulez aider en racontant votre métier comme Marie l'a fait. Et je te remercie Marie encore beaucoup parce que je le rappelle, c'est bénévole. Tous les speakers de cette semaine le font parce qu'ils ont envie d'aider et de partager leur métier et ça aide beaucoup, beaucoup. Alors un immense merci Marie !
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Et bien avec plaisir !
Marine (Chance)
Merci beaucoup, à bientôt.
Marie Chamontin (Psychologue du travail)
Au revoir. Au revoir. Au revoir.












