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Albert Pereira-Lazaro, Réalisateur d'Animation

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Nicolas (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce live métier. Je suis Nicolas. Je travaille pour Chance dans l'équipe Produits en tant que Head of Design. Et je suis content de pouvoir animer aujourd'hui cette conversation avec Albert, qui est réalisateur de films d'animation. Merci d'être là avec nous, Albert, de prendre le temps entre midi et deux.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Avec plaisir. Bonjour à tous.

Nicolas (Chance)

Avant de commencer, je vais donner un petit peu de contexte parce que tout le monde ne connaît pas forcément Chance. Chance, c'est un bilan de compétences, c'est une communauté d'entraide qui permet de vous aider à trouver la voie professionnelle qui est faite pour vous ou simplement pour vous aider à redonner du sens à votre travail. Dans le cadre du parcours Chance, si jamais vous réalisez que vous n'êtes pas forcément satisfait de votre métier, on va vous inviter à explorer d'autres métiers, à parler avec des professionnels pour leur poser des questions, pour découvrir un petit peu la réalité de leur métier. Et c'est donc un petit peu l'idée du live d'aujourd'hui et de toute la semaine qu'on organise avec les live métier. Aujourd'hui, on va parler du métier de réalisateur de films et d'animation avec Albert. Petite information également. L'idée, c'est que ça soit un live interactif. Donc, si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser dans le chat. Je me chargerai de les relayer pour Albert. Avant de commencer, peut-être, on aime bien vous poser une question histoire de s'échauffer un petit peu les doigts. Est-ce que vous pouvez nous écrire pour nous dire d'où vous nous écoutez ?

Nicolas (Chance)

Ça nous permet de savoir d'où nous suivent les gens. Pour ma part, je suis à Maison Alphore, actuellement, en région parisienne. Est-ce que tu peux nous dire, Albert, où tu es actuellement ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Je suis à Clichy, là, en ce moment, dans les locaux de Quad, pour qui je travaille en ce moment. Ça marche.

Nicolas (Chance)

On a donc Alexandra de Montrouge, Manon de Saint-Ouen. On me suit aussi à Juvisy. Maison Alfort aussi. Ce matin, j'avais aussi quelqu'un de Maison Alfort. Banlieue parisienne, Paris 19. Je crois que vous êtes nombreux déjà. Merci pour vos réponses. On va commencer le live avec les questions. Avant de parler de ton parcours, Albert, est-ce que tu peux nous dire en quelques mots en quoi consiste ton métier de réalisateur de films d'animation ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Réalisateur de films d'animation, ça veut dire que je bosse essentiellement dans le dessin animé. Dessin animé, ce qu'on appelle l'animation, il y a beaucoup de différentes techniques. Il y a ce qu'on appelle la 2D, la 3D, les films faits maintenant avec Du coup, vraiment, tout est fait aujourd'hui en numérique, avec des ordinateurs, mais ce qu'on appelle 3D, c'est-à-dire en volume, c'est ce sur quoi je travaille en ce moment. Moi, j'ai démarré avec la 2D. Donc moi, j'ai un parcours de dessinateur à la base. Et le réalisateur, pour résumer, pour simplifier, on va dire que c'est un peu le chef d'orchestre des équipes, chacun des différents musiciens étant des gens qui y font, qui travaillent chaque instrument étant correspondant à des étapes et à des postes. On va dire, c'est soit chef d'orchestre, soit colonel d'armée, selon la version qu'on veut prendre plus ou moins guerrière. Même si guerrière, ce n'est pas trop le délire en ce moment. Mais en tout cas, ça donne une idée du côté de la rigueur qu'il faut pour que tout le monde aille dans le même sens, pour aboutir à un résultat à l'unition.

Nicolas (Chance)

D'accord, super. On parle C'est une équipe de combien de personnes environ pour réaliser un film, qu'un film puisse voir le jour comme ça ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

C'est variable, mais c'est beaucoup de gens et c'est très long. L'animation, c'est un travail vraiment ce qu'on qualifie de stack and novice. C'est-à-dire que pour donner une idée, pour faire une seconde d'animation. Il faut entre 12, on va dire, entre 8 et 25 dessins pour faire une seconde. Donc, quand c'est fait à la main, c'est très Parfois, en une journée, on ne fait même pas une seconde d'animation. C'est-à-dire que c'est sur des durées qui sont longues. C'est-à-dire que les projets se font entre deux et trois ans, que ce soit une série ou un long métrage. Là, en ce moment, je travaille sur un long métrage. Donc c'est trois ans de production et avec des équipes qui aussi, au final, toutes les spécialités confondues, on va dire, entre 120 300 personnes. D'accord. Pendant trois ans, donc c'est très long et ça coûte très cher, donc l'animation.

Nicolas (Chance)

Ça marche. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ton parcours ? Comment tu en es arrivé où tu es aujourd'hui ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Oui. Alors moi, j'ai fait une école qui s'appelle Goblin, qui est une école qui est d'animation, vraiment de dessin animé. Ça, c'est-à-dire que moi, j'ai un background de dessinateur. Donc, j'ai toujours beaucoup dessiné. Et donc Goblin, c'est une école d'animation qui est réputée comme étant une des, et même en ce moment, puisqu'il y a des classements maintenant pour tout, comme étant la meilleure école d'animation au monde. Parce qu'en fait, il y a Il y a beaucoup d'écoles maintenant. C'est devenu même un business, ces formations, concernant l'animation. Et donc moi, j'ai fait une formation d'animateur. C'est une formation qui, à l'époque, était en deux ans, qui aujourd'hui, maintenant, est en trois, voire cinq ans. Donc, j'ai fait ça en 95-97. C'est comme ça que je suis rentré dans le milieu de l'animation. Et donc, j'ai J'étais animateur, dessinateur, à la base sur papier. Comme vous voyez, comme les flipbooks, vous pouvez voir où vous mettez des dessins d'images l'une après l'autre et vous faites bouger un petit peu. Tous ces trucs de mouvements. Donc, C'était ça, mais à l'époque avec des moyens traditionnels. Et donc après, ça a évolué vers du numérique.

Nicolas (Chance)

Ok, super. Et du coup, qu'est-ce qui fait que tu as choisi ce métier ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

En fait, j'ai toujours dessiné. C'était vraiment quelque chose pour lequel j'avais des facilités, j'étais doué. Et en fait, quand on parle de rencontres ou de moments un peu déterminants qui peuvent avoir un impact sur ce que vous avez envie de faire dans la vie. Moi, la chance que j'ai eue, c'est qu'en troisième, lorsqu'on fait les stages en entreprise d'une semaine, moi, j'avais envie d'en profiter pour essayer de voir s'il n'y a pas moyen de faire quelque chose qui soit lié au dessin. Et dans la ville où habitent mes parents, qui sont à Argueuil, dans le Val de Marne, il y avait une entreprise qui n'existe plus aujourd'hui, qui s'appelait Pixibox, et dont j'avais découvert, qui faisait de l'animation, des dessins animés, à l'époque, déjà en numérique d'ailleurs, sous Photoshop et autres. Et donc j'aurais écrit. J'ai fait une petite lettre de motivation de collégiens. Ils m'ont reçu, j'ai montré les dessins que je faisais. Et donc j'ai été pris en stage pendant une semaine. Et ça, ça m'a donné la découverte qu'ils Il y avait vraiment un métier. On m'a mis un bureau avec une table lumineuse, avec des feuilles. Dans mon dossier, j'avais, entre autres, un dessin de Tortu Ninja.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Ils ont dit: Tiens, tu vois ta Tortu Ninja, là, que tu as dessiné ? Tu vas l'animer. Tu vas lui donner vie, tu vas la faire bouger tout ça. Et donc, je me suis retrouvé en une semaine, en cinq jours, à faire plus de dessins que peut-être j'avais fait dans ma vie jusque-là. Parce que je me suis retrouvé, en fait, vraiment de dessins aboutis, j'entends. Je me suis retrouvé à faire plus d'une centaine de dessins en cinq jours, chose que je n'avais jamais fait. À tel point que ma Tortue Ninja, après le troisième jour, le quatrième jour, j'ai commencé à le faire se transformer en loup-garou. Finalement, j'en avais marre de dessiner des Tortues Ninja. Mais en tout cas, ça m'a donné l'occasion de découvrir que c'était un métier et qu'il y avait une école, qui était, entre autres, l'École de Gob, qui formait à cela. Je me suis dit: C'est ça que j'ai envie de faire. C'est incroyable. On peut être payé à ça. Et puis tous les gens, en plus, étaient hyper adorable et c'était un environnement avec que des créatifs. C'était génial pour le collégien de troisième que j'étais. C'est ce qui m'a fait découvrir cette formation, cette école.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Et à partir de là, je suis allé aux journées portes ouvertes tous les ans, jusqu'à ce que je sois en âge de passer le concours. C'est-à-dire qu'il fallait avoir 18 ans révolus au moment de rentrer dans l'école et avoir un minimum niveau bac.

Nicolas (Chance)

C'est génial. Tu fais partie des histoires de stages de troisième qui ont vraiment déterminé la suite. C'est génial. Juste un petit appel pour les personnes qui nous regardent. N'hésitez pas à commencer à nous Je vais te poser des questions dans le chat. Je les relaierai tout à l'heure. En attendant, j'enchaîne avec quelques questions. Est-ce que tu peux nous raconter une journée type dans ton travail ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Il n'y a pas vraiment de journée type parce que la particularité de l'animation, c'est qu'on est constamment en train de... C'est comme une industrie de prototypes, on va dire. C'est ce qui se rapproche le plus. C'est-à-dire qu'on fasse un film ou qu'on fasse une série. Quand c'est une série, il y a des épisodes. Donc chaque jour, si je prends le cadre d'une série, il y a plusieurs épisodes à faire. Par exemple, dans les séries que j'ai fait, essentiellement, il y a des formats, 52 épisodes de 11 ou 13 minutes. C'est-à-dire que chaque semaine, à peu près, on doit finaliser un nouvel épisode. Donc qui dit un épisode, dit une histoire. Donc une histoire qui va avoir ses forces et ses faiblesses et ses spécificités techniques, artistiques, de création, de décor, de création de personnages, d'accessoires. Et donc, Il y a tout ça à gérer, tout ça est nouveau, finalement, toutes les semaines. On remet un peu son titre en jeu. On a beau avoir fini un épisode, il faut redémarrer sur un nouveau. C'est très différent. Moi, je suis en interaction avec tous les différents, on va dire, les différentes équipes, avec les différentes spécialités, comme des corps de métier.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

C'est-à-dire que les gens qui travaillent sur les décors, les gens qui travaillent sur les personnages, sur la couleur, Les gens qui travaillent à l'écriture, à la mise en scène, les storyboardeurs, le monteur. Et en parallèle de ça, comme les épisodes se font en quinconce, pendant qu'on est en train, on sur une étape préliminaire sur un épisode, je me retrouvais aussi en train de finaliser un épisode, ce qu'on appelle en postproduction, c'est-à-dire sur la musique, sur les bruitages, sur le mixage, ou à l'étape d'avant, en termes de montage aussi, ou être en train de traiter en même temps la finalisation des rushs, puisque tout cela est fabriqué. C'est-à-dire que c'est très très variable en fonction de où on en est en termes de planning sur l'avancée. Est-ce qu'on est sur les étapes qu'on appelle la préproduction, où on est vraiment dans le travail créatif préliminaire, création du monde, de tous les personnages, ou voire même les étapes antérieures d'écriture, de conception. C'est quelque chose que je fais aussi. Depuis presque une quinzaine d'années maintenant, j'écris aussi. Je suis auteur scénariste. Il y a tout ce travail sur lequel on peut être en train de bosser. En même temps, on peut être en train de travailler sur l'idée, ce qu'on appelle les pitchs, des idées qui vont être la base d'un nouvel épisode, en même temps que d'être en train de finaliser un mix dans la même journée.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

C'est très, très variable.

Nicolas (Chance)

Ok. Génial. On a quelques questions qui sont arrivées dans le chat. On a notamment Alexandra qui demande si le long métrage Kitten, qui est en préprod, si elle a bien compris, sera fabriqué en France. Et elle m'indique qu'elle fait du compositing.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Du compositing, oui. Alors, tout à fait. Le long métrage qui tienne sur lequel je travaille en ce moment, est C'est fait en France, complètement en France. Et le compositing sera fait a priori, donc absolument aussi en France. On travaille avec un studio qui s'appelle de jungler. Donc j'invite Alexandra, c'est ça ? Tu m'as dit ?

Nicolas (Chance)

Oui, c'est ça, Alexandra.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Donc j'invite Alexandra à se rapprocher de jungler, si c'est quelque chose qui l'intéresse, en sachant qu'encore une fois, on en est vraiment aux étapes. Là, on n'a pas encore démarré l'animation, on en est encore au storyboard, l'animatique. L'animatique étant le storyboard, comme une bande dessinée, la mise en image du scénario, filmer, donc timer, monter avec, pour l'instant, des voix témoins. Nous, on en est là. Ça veut dire que le compositing démarrera quelque part après la mise de début du compositing, après la mi-2025, si je ne dis pas de bêtises, ou courant 2025. Donc, c'est pas pour tout de suite.

Nicolas (Chance)

Ok, il y a encore un peu de temps pour se positionner.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Voilà, exactement.

Nicolas (Chance)

On a une question de Diego. Les questions sont assez pointues, je trouve. Vous travaillez dans les œuvres de Wizz, pour l'interrogation. Quelle est la différence entre Quad et Wizz pour l'animation ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Nous, on travaille pas avec Wizz. Wizz est une des C'est une filiale du groupe Quad, qui fait de la 3D. Nous, on travaille pas avec Wizz, justement, comme je le disais. Là, on bosse avec jungler. C'est-à-dire que Quad coproduit le film avec SND. Snd, c'est le groupe M6. Mais on est vraiment indépendant. On est un peu comme une cellule à l'intérieur de ce groupe. Il y a un groupe qui a plein d'entités, mais on n'a pas du tout d'obligation de de bosser avec Wizz, qui est par ailleurs un excellent studio, mais qui n'a pas été, par rapport au spécificier du film Keaton, le choix retenu.

Nicolas (Chance)

D'accord. On a encore ensuite une question de Garance qui te demande: Le métier de réalisateur est alors plus gestion d'une équipe que de la technique.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

C'est un combo. C'est-à-dire que tu ne peux pas être réalisateur ou réalisatrice si tu ne sais pas gérer de l'humain. En fait, c'est une espèce de, comme je disais, le côté chef d'orchestre. Donc, c'est une direction artistique. C'est s'assurer que Tout le monde va dans le même sens, à savoir le sens, a priori, que toi, tu veux impulser au projet. Donc, être capable d'amener tout un tas de gens très différents. Déjà, les choisir pour que ça soit les bonnes personnes pour le projet. Parce qu'il y a des gens qui sont très compétents et dont les profils ne vont pas correspondre forcément à ce que tu veux faire artistiquement, en termes de style ou autre. Et donc, t'assurer que tous ces gens vont tous aller dans le même sens. C'est que ça ne va pas partir, c'est par pillé partout. C'est-à-dire que ce n'est pas juste de la... C'est de la gestion de gens, de l'humain. C'est de l'organisationnel, même s'il y a toutes les équipes de production qui sont là, bien sûr, pour gérer tout ça, pour appuyer. Mais donc, il faut avoir cette conscience de planning, de production, mais ça, ça ne doit jamais venir prendre le dessus sur l'artistique.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

De savoir qu'il ne faut jamais être noyé par le côté organisationnel et que ça vienne finalement tuer la créativité. C'est toujours dans cet équilibre entre gérer le temps, les gens, le planning, l'argent et également avoir une vision artistique qui soit claire et les compétences techniques pour être en mesure de discuter, d'échanger de manière vraiment très précise et pointue, puisqu'en animation, on crée tout, il n'y a pas de Il n'y a pas de coup de pot. Si on n'a pas pensé les choses, ça n'existe pas. On a plutôt tendance dans le process à avoir de la perte au fur et à mesure. Donc, il faut vraiment pousser la barre très haut pour qu'à la fin, on essaye plutôt d'avoir quelque chose qui s'améliore plutôt que des pertes successives. Et donc, pour ce faire, il faut avoir ces compétences techniques et artistiques. C'est un tout. On va dire que réalisateur, en principe, c'est un poste auquel tu accèdes. Après plusieurs années d'expérience, il faut que... C'est important de connaître un peu tous les postes et d'y avoir touché pour savoir de quoi on parle avec les gens et pas leur demander des choses qui soient aberrantes.

Nicolas (Chance)

D'accord. Tu parlais tout à l'heure de ta formation Gobelins. Je me demandais, justement, pour les personnes qui nous écoutent, quelles sont les formations pour ce métier ? Je suppose qu'il y a peut-être d'autres écoles que les Gobelins, même si les Gobelins, du coup, a l'air très cotées. Pour quelqu'un qui serait intéressé, peut-être, justement, comme tu le dis, pas forcément pour devenir tout de suite réalisateur, mais il y a différentes étapes. Comment est-ce qu'on s'y prend ? Quelle formation commence ? Ensuite, quel métier on peut peut-être viser pour commencer avant peut-être de devenir plus tard réalisateur ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Il y a plusieurs points d'entrée. C'est-à-dire qu'après, il faut savoir: est-ce qu'on est dans la partie artistique ? On va dire, est-ce qu'on a des validités artistiques ou est-ce qu'on est plus dans l'organisationnel ? Il y a beaucoup de choses. Encore une fois, il y a plein de corps de métiers dans l'animation. Faire un dessin animé, ce n'est pas juste avoir que des animateurs. Il faut avoir des gens qui ont des C'est un profil très différents, des spécialités. Il y a plein de spécialités, que ça soit que vous ayez mis dessiné... Si c'est côté artistique, que vous ayez mis dessiné des personnages, que vous fassiez plutôt des décors, que vous soyez plutôt dans de la couleur, dans de la technique, dans la 3D. Il y a plein de choses possibles. On parlait tout à l'heure avec Alexandra du compositing. Le compositing, par exemple, c'est une étape où on prend toutes les couches, on va dire comme un sandwich, on essaye de faire un bon sandwich avec tout ce qu'on a préparé comme éléments, des décors, des personnages, de l'animation, de la couleur, des effets spéciaux. On va mettre tout ça ensemble et faire en sorte que ça soit beau et que ça corresponde à l'image qu'on veut, le rendu final qu'on veut obtenir.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Ça, c'est un poste qui demande et des qualités techniques, donc il faut savoir utiliser l'outil, mais également des qualités artistiques, parce que ça veut dire qu'il faut avoir un œil, il faut être capable de comprendre une demande, d'analyser une référence et d'être capable de la suivre. Il y a différents types de compétences, donc il y a beaucoup de choses qui sont possibles. Pour ma part, moi, je suis vraiment rentré côté dessin et spécialisé vraiment sur l'animation, donc sur du personnage. Moi, j'ai fait Les Gobelins en 95, c'était différent. Encore une fois, c'était il y a longtemps maintenant, c'est au siècle dernier. Et du coup, à l'époque, j'ai pu rentrer dans cette école. J'ai passé deux fois le concours. C'est un concours qui est très difficile. Pour vous donner une idée, il y a 2 000 personnes qui viennent aux portes ouvertes. À mon époque, il y avait environ 2 000, il y avait 700 personnes qui passaient le concours. Il y avait 50 ou 60 personnes admissibles. On venait aux entretiens. Et moi, dans ma promo, on était 19. Donc ça fait 19 h 00, 2000. Donc c'est beaucoup. Et je pense que ça n'a pas changé.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Ça n'a pas changé, ça s'est plutôt même aggravé. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si on parle juste des Gobelins, et après, il y a d'autres possibilités. Aujourd'hui, ce sont des écoles qui attirent même des étudiants internationaux, des gens qui viennent de différents pays, puisque l'école est prestigieuse. Pour accéder à ce type d'école, que ça soit Gobelins ou autres, parce que comme tu l'as dit, Nicolas, il y a plein d'écoles différentes. Il y a des écoles préparatoires qui existent Il faut que vous vous renseignez par rapport à ça. Vous tapez école d'animation, vous allez voir, il y en a plein. Globalement, le niveau est bon. Il faut que vous regardiez les travaux d'élèves et vous allez voir ce qui vous plaît le plus, ce qui vous semble correspondre le plus à votre sensibilité et voir les sites sont bien faits. Parce que vous allez voir tout ce que ça demande. À savoir qu'aujourd'hui, comme il y a beaucoup de concurrence, on va dire. C'est-à-dire que c'est difficile d'envisager de rentrer dans ces écoles sans avoir fait des classes préparatoires. Pour se mettre à niveau en termes de dessin anatomique, de perspectives, de couleurs, d'exécutions. C'est un gros travail préalable pour la partie artistique et pour la partie, on va dire, en plus, production, en tant qu'assistant de production, chargé de production.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Il y a aussi, et Gobelins et d'autres écoles, qui forment aussi à ces métiers. C'est-à-dire que si vous êtes passionné d'animation, que c'est quelque chose que vous avez envie de faire, mais que vous n'avez pas forcément le niveau artistique, vous ne pouvez pas forcément rentrer là-dedans, il y a moyen de rentrer aussi par le biais de la production. Et ça demande aussi des qualités, déjà d'organisation, être carré. Il y a plein de possibilités.

Nicolas (Chance)

Ok, génial. Je découvre tout un tas de métiers grâce à ton intervention. On a encore quelques questions dans le chat. On a une personne qui nous demande si le métier de réalisateur d'animation est plus technique que celui de réalisateur de fiction. Il ou elle entend par là fiction en cette espèce de vue réelle.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Apparemment, oui. Moi, j'ai eu l'occasion de faire de la prise de vue réelle. J'ai fait un film qui s'appelle La vraie vie des profs, je crois, qui est encore sur Netflix ou sur Prime en 2013. Pour moi, c'était... La différence, c'est que, encore une fois, l'animation, c'est sur du du très long terme. C'est comme conduire un énorme paquebot. Chaque déci, on comprend, les choses bougent très, très, très, très lentement. Et donc on peut bouger, changer d'avis et tout ça. Ça, c'est faire un film d'animation en termes de comment les choses se passent. Et pour moi, quand j'ai fait ce long métrage, La vraie vie des profs, c'était plus en train de conduire à un hors bord. En mode genre... Et au moindre truc qui Qu'on change dans la journée, ça peut vraiment partir en sucette. Puisque au jour le jour, comme les tournages font selon les films, on va dire entre 25, 30 jours ou 5 30, 60, selon les films, à chaque demi-journée, quart de journée où il y a des choses qui se passent pas bien, où le temps est pas là, où il y a des problèmes techniques, l'impact sur le film est énorme.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Sur trois ans, vous avez le temps plus de vous tromper, de changer d'avis. Ça, c'est un élément qui est très important. Ça demande des compétences, on va dire que ce n'est pas les mêmes muscles. C'est comme du marathon ou du sprint, pour prendre une autre métaphore. Après, en termes de technicité, c'est difficile à dire. Moi, ce que j'ai beaucoup entendu, c'est que quand même, en animation, c'est difficile de donner le change. Si vous n'avez pas les compétences techniques, vous allez être vite complètement noyé. Alors qu'en prise de vue réelle, par exemple, on voit régulièrement des acteurs qui se retrouvent à réaliser des films. Il y a un appui technique, des gens qui vont prendre le relais, qui vont suivre et qui vont assurer le quotidien. Ça, c'est quelque chose qui est possible. En animation, c'est beaucoup plus rare d'avoir des gens qui ne sont pas des techniciens, qui n'ont pas une expérience très marquée, de les voir réaliser des films d'animation. Sinon, les résultats, parfois, ça peut être délicat.

Nicolas (Chance)

Ok. On a une autre question de Julie qui te demande si tu as commencé en tant que réalisateur sur un court métrage et éventuellement avec un co-réalisateur.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Non, moi, j'ai bossé comme animateur. Ensuite, je me suis retrouvé à bosser comme à être chef de storyboard, en fait, à la direction de storyboard sur une série, ce qu'on appelle du press school. C'est-à-dire que ce sont les séries pour les enfants en âge presque scolaire. C'est-à-dire une série pour les deux, cinq ans. Et donc moi, j'ai appris, j'ai travaillé aussi comme deuxième assistant réalisateur, donc toujours lié à l'animation. Et c'est comme ça que j'ai découvert le storyboard, la mise en scène. Je me suis retrouvé à devoir gérer des storyboards sur... Donc c'était sur une grosse prod très complexe, là où j'étais deuxième assistant réalisateur. Et je me suis retrouvé à avoir l'opportunité d'être chef storyboardeur sur une série pour enfants, qui était plus simple, sur laquelle j'ai appris tous ces métiers. Et dans la foulée, on m'a proposé de la co-réaliser. Moi, je ne suis jamais passé par le court métrage pour réaliser, mais c'est une super option. C'est ce que vous faites aujourd'hui dans les formations qui sont en trois, quatre, cinq ans. Vous vous retrouvez à réaliser des films, parfois plusieurs, et quand c'est plus long, à faire vos propres films. Donc ça, c'est un super point d'entrée, effectivement, pour la réalisation.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Mais ce n'est pas ce que moi, j'ai fait.

Nicolas (Chance)

Ça marche. Garance qui nous qui te demande s'il t'arrive d'animer certains plans de tes longs métrages ou séries étant toi-même animateur à la base.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Ça m'est arrivé il y a longtemps, une série sur la première série que j'ai justement réalisée en solo, qui s'appelait Pablo, le Petit Renard Rouge. Il m'est arrivé de reprendre des plans dont je n'étais pas content et donc de récupérer les pochettes et de faire ça le soir, la nuit, en plus de mon travail qui est déjà... Qui prend beaucoup de temps, mais c'est quelque chose qui n'est pas vraiment faisable. C'est-à-dire que je sais que Miyazaki, par exemple, le fait énormément, mais c'est un extraterrestre, surtout. Encore plus à l'âge qu'il a, c'est quelque chose qu'on a dû faire. Donc c'est très difficile. Ça demande trop d'énergie. Il y a trop de choses à gérer. C'est-à-dire qu'il faut savoir qu'en tant en tant que réalisateur, il faut être conscient que les choses ne seront pas jamais exactement comme vous l'auriez fait, vous. Et donc, il faut accepter que bosser avec une équipe, c'est aussi accepter qu'ils apportent des choses, qu'ils fassent aussi un peu les choses à leur façon, c'est-à-dire que ça aille dans le sens. Il ne faut pas que ça aille dans un sens différent de ce que vous vouliez, mais si ça va dans le même sens, forcément, ce ne sera pas la même chose que vous voulez, mais ça fait partie de l'expérience et de la compétence de réalisateur de prendre ça, se nourrir de ça et d'accepter que quand on fait quelque avec une équipe de 150 ou 300 personnes, forcément, ce n'est pas vous qui allez faire tout ou qui allez tout reprendre à chaque fois et que c'est important d'avoir une relation de confiance avec les gens.

Nicolas (Chance)

Super. Merci beaucoup. Le live touche bientôt à sa fin puisqu'on a déjà les 30 minutes qui sont passées. Et pour des personnes qui n'auraient pas eu le temps de te poser des questions, est-ce qu'on peut te contacter en ligne ? Et si oui, est-ce que tu as des moyens pour te contacter, que tu préfères ? Est-ce que LinkedIn, Twitter ou X, je ne sais pas ?

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Je ne vois pas se mentir, c'est difficile. Encore une fois, moi, je suis en pleine production, donc c'est compliqué. Pour être clair, moi, je ne vais pas pouvoir prendre des gens en stage ou des choses comme ça, c'est-à-dire que... Ou répondre à tous les gens individuellement, même si quand on m'écrit, j'essaie de le faire. Vous pouvez essayer par LinkedIn, mais essayez déjà par vous-même de regarder Google et votre ami, il y a plein de réponses déjà. Donc, m'écrivez pas pour me demander: Comment il faut que je fasse pour aller au Gobelin ou je sais pas quoi. C'est quoi les formations et tout ça ? Il y a plein de choses que si vous êtes motivé. Il y a un truc qui est important, c'est que si vous avez envie de faire ce que vous êtes motivé, il y a moyen. Moi, je ne connaissais personne, encore une fois. Quand j'ai découvert par le stage en entreprise, en troisième, j'ai fait toutes mes recherches tout seul à une époque où il n'y avait pas Internet. Aujourd'hui, il y a plein de ressources qui sont possibles. Donc si vous me contactez, faites en sorte que ce soit pour quelque chose soit pertinent ou pas pour juste me demander du boulot parce que je n'aurais pas forcément le taf, mais j'essaierai de répondre aux gens.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Donc vous pouvez essayer par LinkedIn, mais avec Avec parcimonie et vous ne vexez pas si je ne vous réponds pas immédiatement ou si je n'ai pas eu le temps de vous répondre.

Nicolas (Chance)

Ça marche. Merci beaucoup, en tout cas, pour ton temps, Albert, aujourd'hui. C'était super précieux, je pense, pour notre communauté. Un petit mot avant de se quitter. Il faut savoir que tous ces live métiers qui ont lieu cette semaine, c'est pour nous des actes d'entraide professionnelle. Comme je le disais au tout début du live, je sens que c'est une communauté d'entraide. Si vous souhaitez, à votre tour, aider éventuellement professionnellement des personnes ou demander de l'aide, n'hésitez pas. Je vous ai partagé un lien dans le chat et vous pouvez vous inscrire pour rejoindre notre communauté. Merci beaucoup encore Albert pour ton temps et je te souhaite un bon après-midi à vous qui nous suivez également.

Albert Pereira-Lazaro (Réalisateur d'Animation)

Merci, bon après-midi à tous.

Nicolas (Chance)

Salut.

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Un rythme flexible 100% en ligne
70% des personnes font le bilan tout en étant en activité
Un accompagnement personnalisé
Un coach personnel choisi sur mesure parmi 350 coachs certifiés