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Nicolas Rabaud, Responsable administratif & financier

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Margot (Chance)

Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue pour ce nouveau live des métiers avec Nicolas et moi, Margot de Chance. Je vous laisse nous faire un petit message dans le chat sur la droite pour vérifier que tout le monde m'entend bien. Et si Nicolas, tu pouvais juste dire Bonjour à ce stade-là pour vérifier que tout le monde t'entend aussi.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Bonjour à ce stade-là.

Margot (Chance)

Parfait, merci Nicolas. Bonjour Marie-Pierre, merci beaucoup. On va voir s'il y a d'autres questions. Gaëlle est en train d'écrire: Super Super. Bienvenue pour ce live qui démarre la journée. On est matinaux en espérant que tout le monde est réveillé pour écouter ce que Nicolas aura à nous dire. Je rappelle juste pourquoi on se retrouve. Aujourd'hui, c'est la semaine des métiers chez Chance. C'est la troisième édition qu'on organise, donc vous avez des live toute la semaine. Les replays seront accessibles. Bien sûr, n'hésitez pas à poser vos questions sur le chat que vous avez découvert. On se fera un plaisir d'y répondre avec Nicolas. Chance, c'est une communauté d'entraide et c'est aussi pour ça qu'on se retrouve. Il y a une cinquantaine de personnes comme Nicolas qui ont pris de leur temps pour venir échanger, présenter leur métier dans un vrai souci d'entraide et d'altruisme pour vous permettre de découvrir de manière plus un métier qui pourrait vous intéresser. Donc vraiment, sentez-vous libre de poser toutes vos questions. Ça sera avec grand plaisir. Et aussi, chance, au-delà de sa communauté, c'est également un bilan de compétences, c'est des offres aux entreprises pour permettre à tout un chacun de réfléchir au sens qu'il souhaite donner à son travail.

Margot (Chance)

J'espère que l'échange qu'on aura avec Nicolas vous permettra de voir, justement, si c'est un sens qui peut vous intéresser pour la suite. Nicolas, pour démarrer ce petit échange de 30 minutes, je t'invite et à te présenter, déjà, dans un premier temps.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Bonjour à tous, Nicolas Rabaud. Merci de venir à cette présentation, sachant que le métier de RAFE ne fait pas toujours rêver. Je me demandais un petit peu qui allait pouvoir venir. Moi, j'ai un parcours un peu particulier parce que j'ai réalisé une reconversion il y a trois ans. Je l'ai démarré il y a cinq ans, Auparavant, j'étais directeur d'un réseau de salles de cinéma, des cinémas de proximité, des cinémas municipaux à Réessay. J'ai été en contrat avec les mairies. Et puis, je me suis reconverti tout simplement parce que j'avais envie de changer de secteur, de changer de métier, avant tout par curiosité, parce que je n'aime pas trop le train-train. Et puis, j'ai quitté mon Mon entreprise précédente, je me suis formé pendant un temps aux méthodes agiles et ensuite, je suis arrivé chez Simplon. Simplon qui est un organisme de formation spécialisé dans les métiers du numérique et qui est une entreprise sociale et solidaire. C'est-à-dire qu'on s'adresse à des personnes qui sont éloignées de l'emploi, on a des objectifs sociaux ou qualitatifs qui nous différencient un peu de nos concurrents. Et puis, je suis arrivé dans ce métier en tant que chargé administratif et financier.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Et puis, j'ai un peu gravi les échelons pour devenir responsable administratif et financier de la zone Nouvelle-Aquitaine Et depuis le 1ᵉʳ septembre dernier, j'ai rajouté la région Occitanie à mon vibe.

Margot (Chance)

Super. Quel parcours ! Merci pour cette présentation hyper claire. Par où ça commence quand on est directeur de cinéma et qu'on se dit: J'ai envie de changer ? Comment on trouve ? Là, beaucoup de personnes sont là aujourd'hui pour savoir si ça les intéresse. Raph, est-ce que toi, tu as rencontré des responsables administratifs et financiers ? Après, ce n'est pas le métier que tu as fait tout de suite en changeant de parcours, mais ça démarre par quoi ?

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Pour être un peu plus précis, et puis je vais répondre à Marie-Pierre, comme ça, je reprends dès le début de mon parcours. Moi, j'ai fait des études longues et inutiles, clairement. D'ailleurs, j'ai fait des études un peu de communication, un petit peu d'anglais, un petit peu de cinéma. Mais c'était des études de cinéma qui étaient plus tournées vers la production et la réalisation, qui étaient des choses qui ne m'intéressaient pas. Notamment un truc tout bête: moi, j'ai intrinsèquement besoin d'avoir un peu de sécurité dans mon emploi et le modèle de l'intermittence du spectacle ne me convenait pas du tout. Et en fait, c'est à la fin de mes études, donc j'ai un bac plus 5, où j'ai beaucoup, beaucoup glandé, où dans les études, j'ai beaucoup glandé. À part ça, je travaillais beaucoup à côté pour la Caisse à Auchan et tout ça. Enfin, ça ne m'a jamais fait peur. J'occupais mon temps, mais les études ne m'ont jamais trop intéressé, mais j'ai fait quand même un bac +5. Et à la fin de mon bac +5, j'ai eu un monsieur qui s'appelle Yuen Bernard en tant qu'enseignant, et qui a dit à l'école où j'étais, à Bordeaux: C'est quand même aberrant, vous faites de la production, de la réalisation, vous voyez toutes les étapes d'un film, mais jamais la fin, c'est-à-dire ce qui est l'exploitation du film, les salles de cinéma.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Et ça, ça m'a parlé. Je suis arrivé un peu par la petite porte, même carrément par la petite porte, chez lui. Il était directeur d'un complexe à Bordeaux, le Méga-Rama de la Bastide, pour ceux qui connaissent. Et j'ai fait mon stage de fin d'études là-bas et ça m'a plu. Et au final, j'ai été embauché. Mais donc j'ai été embauché, j'étais responsable accueil, clairement. Et c'est pour ça que ça fait un peu le lien avec Auchan avant. Je pense que tout se valorise quand même. Même les moments où on se perd un peu, ça se valorise. Et donc j'ai fait deux ans là-bas. Et puis ensuite, Yohann Bernard, lui, est parti du pour acheter un réseau de salles de cinéma municipaux, des salles où l'entreprise était en contrat avec les municipalités pour exploiter leurs salles de cinéma. Et là, il m'a fait venir en tant qu'assistant de programmation. Très vite après, six mois après, je suis devenu responsable d'exploitation. En gros, c'est celui qui est sur les routes parce que je gérais 17 cinémas qui sont répartis sur tout le territoire néo-adultin. Enfin, plus tôt. Et puis, on me faisait aussi beaucoup de prestations techniques, des festivals, des pleinaires, des trucs comme ça.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Donc, j'étais toujours sur la route. Et ensuite, je suis devenu directeur assez rapidement également à gérer à gérer une équipe de 25 personnes qui était répartie sur tout le territoire. C'était absolument captivant. Je faisais un petit peu tout, notamment parce que mon patron, lui, est parti vers un autre projet qui était la construction d'un complexe sur fonds propres, à Saint-Ange-et-Cubsac, dans le nord de la Gironde. Il m'a laissé les clés du camion, c'est-à-dire que je faisais par l'administratif, le financier, les RH, les relations avec les mairies, Et puis aussi, la conversion des salles de cinéma, parce qu'on en a réhabilité certaines, on en a construit des nouvelles. Je me suis un peu improvisé chef de chantier. Comme je vous disais tout à l'heure, moi, le train-train m'ennuie. Là, je faisais un petit peu de tout et ça m'a vraiment plu. Ça a été une période absolument géniale. Absolument géniale, mais aussi crevante sur le plan personnel. J'ai été père assez jeune. J'ai deux enfants que j'avais du mal à voir parce que mes journées de travail, c'était en gros de 8h00 à 20h00, sauf que mon activité, c'était le soir et le week-end. Donc, j'étais plus à 6 à 7 jours de Je travaille par semaine.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Mes petites semaines, c'était 50 heures. Donc, je me suis pas mal fatigué, mais j'y suis resté neuf ans quand même. J'y suis resté neuf ans, je voulais partir plus tôt et mon patron m'a dit: Attends, je construis mon complexe. Là, j'ai besoin de tout encore au camion. On reste un peu. Et puis, je suis resté un an, deux ans de plus pour lui permettre de faire ça. Et puis ensuite, il m'a permis de partir assez confortablement. Là, effectivement, pour revenir, Margot, sur ta question, ça a été une période de choix parce qu'il m'a proposé de racheter sa boîte, mon patron. Donc, soit je restais dans le secteur que j'avais toujours connu les salles de cinéma, et en gros, j'y restais parce que acheter ma boîte, j'y restais au moins 10 ans. Soit, je partais sur quelque chose tout à fait nouveau. Moi, j'ai eu envie de changer parce que déjà là, c'est une activité assez cyclique, le cinéma. Vous attendez les vacances scolaires. Alors parfois, il y en a qui sont déceptives, il y en a où sort Tabata, ou sort le nouveau Daneboon, ou sort un grand film à réessayer aussi. Vous dépendez un petit peu de ce que proposent les distributeurs.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Mais ça reste quand même cyclique, les festivals qui reviennent chaque année, tout ça. Et moi, j'ai besoin de découvrir d'autres choses. Et puis, je pense que j'étais en confiance aussi parce que c'était une période où, vous l'aurez compris, je touchais un peu à tout. Et donc, tout le monde me disait, quand je faisais part de mon envie de départ: Mais toi, de toute façon, tu vas te trouver du taf tout de suite parce que tout ce que tu fais, ça marche bien et tout ça. Et j'y ai un peu cru. J'y ai un peu cru, même si je ne déborde pas d'une confiance en moi énorme, j'y ai un peu cru. Et là, je me suis confronté à J'ai arrêté le 1ᵉʳ juillet 2019, je crois. Oui, c'est ça. Et j'ai commencé par me reposer parce que j'étais épuisé. Puis, j'ai enchaîné avec une formation de trois mois aux méthodes agiles. Pendant ce temps-là, je cherchais du boulot, assez sérieusement, mais j'avais vraiment besoin de souffler et de me former. Là, est arrivé que j'ai trouvé un boulot, mais ce n'est pas allé au bout parce que je devais démarrer le 6 mars 2020. Je ne sais pas si vous vous souvenez, ça coïncidait à une période de confinement.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Donc c'était mort pour moi. Et puis, au final, j'aurais passé un an et demi au chômage. Un an et demi qui ont été difficiles, clairement. Enfin, la fin a été difficile parce que je pensais trouver du travail plus rapidement. Et ça a été difficile, mais en même temps, encore une fois, ça a été assez formateur de l'état d'esprit dans lequel j'ai évolué ensuite. Et puis, ma formation en agilité aussi apporte de la souplesse, de la souplesse d'esprit aussi qui m'a permis de passer au-dessus de ça. Et en fait, je me suis rendu compte que plus qu'une reconversion, plus qu'une transition, dans cette période-là, il m'avait fallu lâcher des choses auxquelles je tenais dans mon ancien travail et que je n'aurais pas dans mon nouveau. Parce que, vous l'aurez compris, je ne suis pas parti de mon ancien travail fâché ou quoi que ce soit. C'est juste, j'avais fait le tour. C'est un truc tout bête, mais vous parlez des salles de cinéma, vous avez des étoiles dans les yeux parce que forcément, vous y arrivez parce que vous êtes un passionné de cinéma. Vous êtes à une soirée, il y a des gens que vous ne connaissez pas.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

La première question, c'est: Qu'est-ce que tu fais toi dans la vie ? Je travaille dans les cinémas, c'est parti pour une heure. Et ça, c'est quelque chose de plaisant. Clairement que j'ai abandonné quand je dis aujourd'hui que je suis RAF dans un organisme de formation, tout le monde s'en fout. Tu fais des dossiers, des chiffres et tout le monde s'en fout. Mais c'est quand même un deuil que j'ai dû faire sur cette période-là. Un truc tout bête, quand vous passez des entretiens de sélection, on sait qu'il y a un truc à ne pas faire, c'est débiner l'ancien employeur, c'est quelque chose à ne pas faire en entretien. Mais dire que l'ancien employeur ou l'ancien secteur a été tellement beau, tellement chouette et tout ça, que c'était génial, les recruteurs vont vous dire: Vous avez encore la tête à votre ancien secteur, à votre ancien emploi.

Margot (Chance)

Nicolas, ça veut dire que vous avez évolué tout de suite sur la question de Marie-Pierre. Est-ce que cette envie, pardon, de suivre, a voulu évoluer vers ce métier de RAF ou en tout cas, le domaine qui tient de l'administratif et du financier par tes compétences acquises de par la variété de tes missions ? Ou est-ce que tu t'es formé ? Est-ce que dans cette période de questionnement, tu as dû analyser un peu ce qui te plaisait plus qu'autre chose ou c'était plus parce que c'était un métier porteur ? Qu'est-ce qui, d'un seul coup, dans cette période difficile que tu nous évoquais, et merci pour cette transparence, Tu as amené à faire cet entretien de recrutement ? Et comment, quand tu arrives devant un recruteur, tu dis: Moi, je me suis formé. La méta d'Agile, est-ce que ça t'es utile aujourd'hui, même si c'est très intéressant ? Est-ce que tu avais déjà cette notion-là quand tu t'y es formé ?

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

La notion, non pas du tout. Quand je manageais mes 25 collaborateurs, c'était avec bienveillance, je veux le croire, mais avec aucune méthode. J'avais essayé de me former un peu, mais je n'avais pas trop le temps, donc une petite formation de trois jours ici, trois jours là. J'ai aussi eu une progression dans le type des emplois auxquels j'ai postulé. C'est-à-dire qu'au tout début, j'ai postulé à des métiers de directeur, sauf que Il manquait quelques cordes à mon arc et je pense une certaine stature, une certaine assurance pour convaincler les recruteurs. Donc très vite, je suis parti à me présenter comme assistant de direction ou adjoint de direction. Et en fait, on se rend assez vite compte que ces missions-là, ce sont des missions administratives et financières, que souvent, c'est des métiers de second couteau où vous avez un directeur un peu flamboyant, un peu dynamisant pour l'équipe, pour les projets, tout ça, et qui est parfois un peu rêveur, clairement. Et derrière, il a besoin de quelqu'un qui a les pieds sur terre et qui lui dit: OK, tu as promis ça. Sauf que ça, ça implique ça, ça, ça. Donc, ça veut dire du recrutement ou ça veut dire de l'organisation comme ça: Tu l'as promis pour la semaine prochaine, mais ce n'est juste pas possible.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Et moi, c'est ma place et ça me convient plutôt bien. C'est un petit peu celle que j'avais quand j'étais dans les cinémas, même si j'ai d'autres casquettes, un peu plus de représentation une fois que j'étais plus en confiance. Mais ça me convenait bien d'être un peu en second couteau. Et puis, les compétences administratives et financières, ce sont effectivement des compétences que j'avais probablement plus développées dans mon ancien métier qu'auparavant. Aussi des compétences vers lesquelles je Je voulais aller beaucoup plus. Je manageais une équipe de 25 personnes, mais le management, ce n'est pas quelque chose que j'ai trop choisi, que ça m'a plu de le faire, mais je n'avais pas de méthode et j'avais moins en appétence, par exemple. Donc, je savais que j'avais moins d'envie d'aller faire le management. Et pour répondre encore à Marie-Pierre- Tu peux me parler du coup sur cette partie-là ?

Margot (Chance)

Ou c'est par acquis d'expérience ?

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Ouais, ouais, ouais. Non, non, j'ai appris- Ça a été demandé par les recruteurs, en fait.

Margot (Chance)

Ton expérience, forcément, de gérer des cinémas, t'avais amené la légitimité de le porter.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

C'est considéré comme acquis parce qu'effectivement, J'avais tous les aspects administratifs parce que vous déposez des dossiers, des demandes de subventions, des choses comme ça. Parce que vous faites des budgets prévisionnels et puis que derrière, vous me donnez ces budgets. Parce qu'en tant que manager de 25 personnes, forcément, vous y connaissez un petit peu en droit du travail. Donc, au niveau juridique. Vous êtes attaqué de toutes parts quand vous êtes dans un domaine concurrentiel, donc vous connaissez un petit peu la légalité, le droit. J'avais fait mes armes comme ça. Quoi qu'il en soit, je suis rentré en tant que chargé administratif et financier. Donc, grosso modo, je suis rentré pour faire les petites mains. Rentrer les factures fournisseurs sortir les factures de vente, organiser un petit peu l'activité, tout ça. Si je suis devenu RAF, c'est parce qu'un peu naturellement, j'ai pris des sujets qui, moi, me semblaient normaux à prendre dans mon giron administratif et financier, mais qui ne m'étaient pas dévolus au tout début. Je suis rentré par la petite porte. C'est un peu l'histoire de mon expérience pro. Je suis rentré par la petite porte. Et puis, à force d'investissement, de travail et puis, je pense, de qualité de travail, j'ai gravé les échelons et aussi à force de, je pense, de franchise.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

J'ai eu cette chance-là d'avoir des patrons qui savaient écouter, qui savaient entendre. J'ai peut-être aussi une bonne façon de le dire, mais qui savaient entendre que des mes collaborateurs pouvaient leur dire non. Et j'ai eu cette chance-là et je pense que ça m'a créé une crédibilité vis-à-vis d'eux et qui m'a permis un petit peu de monter dans les échelons.

Margot (Chance)

C'est super. Ça soulève pas mal de questions sur justement l'aspect quelles sont les tâches financières que tu disais en tant que RAF, un peu plus dans le détail, en quoi consiste être RAF de Marie-Pierre et Alexandre qui aussi demandait si la compétence... Je vais l'arriver. Comptabilité. Merci, c'est difficile à dire, qui n'était pas au cœur de tes expériences apparemment. Est-ce que c'est un frein quand tu veux devenir RAF ?

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Ok.

Margot (Chance)

Sur quelque chose de plus technique, mais est-ce que tu peux rentrer un peu plus dans le concret de tes missions et des compétences qui peuvent en être reliées ?

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Mes compétences sont plus budgétaires que comptables. À Saint-Planc, on est quand même une entreprise assez importante. On est un peu plus de 200 personnes, je crois. On a des services centraux qui font de l'expertise comptable, qui font de la compta, on a un contrôleur de gestion et tout ça, qui sont des termes dont je parle aujourd'hui, mais que je ne comprends qu'à peine. Moi, je minimise un peu, je comprends un peu, mais je ne saurais pas faire. Moi, mes vraies missions sur le plan financier, c'est plus la partie budgétaire, la partie budgétaire, la partie trésorerie aussi. Au niveau du budget, c'est du budget préparatoire, prévisionnel, que ce soit pour chaque action de formation ou que ce soit pour l'activité globale de 2024, par exemple. Là, on est en train d'avancer sur ça, sur un budget prévis de tout 2024, donc c'est quelque chose à construire. Donc, connaître un petit peu quelles vont être nos sources de revenus ou quelles vont être les projets que l'on va pouvoir mener pour faire rentrer du cash. Quels vont être nos coûts ? Est-ce qu'il va falloir ? Est-ce qu'on aura besoin d'augmenter ces coûts-là. Ça veut dire très concrètement recruter un nouveau collaborateur, c'est-à-dire changer de locaux.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Tout ça, c'est la partie budgétaire. Et derrière, il y a mon siège qui vérifie au niveau comptable que je ne me sois pas planté, qui vérifie au niveau contrôle de gestion que ce que j'ai écrit soit équilibré et soit dans les objectifs que nous ont fixé le siège. Ça, c'est la partie financière. Il y a aussi une grosse part administrative et particulièrement dans les organismes de formation formation, parce que la formation professionnelle est un milieu, j'allais dire spécifique, mais tous les milieux le sont. Disons que c'est très mouvant comme contexte juridique, comme contexte administratif, c'est assez politique. Vous avez des conditions de financement qui peuvent évoluer à chaque 1ᵉʳ janvier en fonction de ce que le gouvernement va décider, soutien ou pas à la formation professionnelle, à partir de quel âge. C'est très concret, c'est des subventions aux entreprises, tout simplement. Il y a deux ans, les subventions étaient de 8 000 € pour les apprentis, aujourd'hui, elles sont de 6 000 €. Si jamais le 1ᵉʳ janvier 2024, elles passent à 2 000, c'est clair que pour nous, ce sera plus difficile d'avoir des apprenants qui vont trouver leur apprentissage. Ce sont des choses à prendre en compte et qui, pour moi, ont des incidences administratives aussi.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Parce que si vous avez moins de revenus de telle manière, il va falloir trouver de quelle autre manière trouver des revenus. Sachant que nous, on a en plus la particularité d'être un organisme de formation qui est gratuit pour tous ces apprenants, qui est pris en charge. On préfère ce mot-là, prise en charge. On n'est pas gratuit, c'est juste qu'on est rémunéré par les opco, les opérateurs de compétences, éventuellement par d'autres financeurs, subventionneurs et tout ça. Ce sont des dossiers à déposer, des projets à défendre ensuite à l'écrit, à l'oral. Et puis après, les subventions publiques, c'est parfois difficile d'aller les débloquer.

Margot (Chance)

Il y a tout ça. On voit bien les enjeux derrière tout ça, justement. Stéphanie nous demande par rapport à Saint-Plon, ton entreprise. Tu nous as parlé de ta recherche qui a été plutôt longue par rapport à ce que tu pensais. Est-ce que c'est un choix de ta part d'aller vers une entreprise plutôt solidaire, parce que tu le disais, plutôt proche des pouvoirs publics, avec une vraie mission de réinsertion, de retour à l'emploi ? Et si oui, ou alors si ce n'a même pas été le cas, mais comment cibler, identifier cette entreprise ? C'est quoi les critères que tu as pu avoir par rapport à ça ? La diversité de tes missions et les enjeux qu'il y a derrière.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

La réponse est oui, clairement, je visais une des entreprises qui soit... J'ai toujours fait du service public, mais via des entreprises privées. Dans les cinémas, c'était des cinémas publics municipaux, mais mon entreprise était privée. La même chose, on travaille à la réinsertion de demandeurs d'entente emploi. Globalement, c'est quand même 80, 90% de ça parce qu'on fait aussi de la formation pro pour les employés en entreprise. Mais on travaille beaucoup sur ça et donc on fait de l'insertion à l'emploi. Et je cherchais effectivement ça. Je ne vous cache pas qu'au bout d'un an et demi, j'ai cherché tout. J'ai bradé mon salaire, clairement. J'ai postulé à des offres d'emploi qui étaient à temps partiel et qui étaient payées au SMIC. À partir d'un moment, vous avez un principe de réalité qui dit: Il ne me reste plus que six mois de chômage. Parce qu'à l'époque, c'était deux ans. Je pense que c'est plus compliqué aujourd'hui de maintenir des allocs pendant deux ans. Mais voilà, j'ai postulé à tout et je me suis quand même confronté là aussi à un mur. Déjà, à un mur de reconversion, je vous ai parlé de moi, le nécessaire deuil de mon ancien travail que j'ai dû faire.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Et aussi un mur vis-à-vis des recruteurs que je n'avais pas du tout anticipé. C'est-à-dire que j'ai eu à deux entretiens, mot pour mot, ces mêmes mots. Nous, on n'est plus dans le cinéma, mais le caviar, il faut agréable le champagne, il va falloir arrêter. Et j'étais sidéré qu'eux voient mon travail comme quelque chose qui consistait juste à recevoir Jean Dujardin et à bouffer des petits fours. Parce que clairement, c'était 99% de mon travail, c'était autre chose. Donc, ça a été C'est une période un petit peu compliquée. J'ai digressé pour dire que c'était- Quand le choix, c'est comment est-ce que tu as...

Margot (Chance)

Quels étaient tes critères pour repérer les entreprises qui étaient plutôt solidaires ou en tout cas dans Les OSS.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

L'algorithme LinkedIn aide pas mal à ça, selon vos centres d'intérêt. Moi, mes centres d'intérêt, c'est le social, c'est l'environnement et le culturel, en gros. Donc, Très vite, vous arrivez dans des entreprises de ce type-là. Après, il y a du réseau. Et ensuite, je ne sais pas Je ne sais pas comment dire. Ça dépend aussi de ce que vous espérez avoir dans l'ESS. Il y a des entreprises qui... Enfin, dans vos entreprises, est-ce que vous recherchez du respect de l'humain pour vous ? Est-ce que vous cherchez une mission dans l'entreprise ? Si vous arrivez à avoir les deux, c'est très bien. Mais voilà, il y a des grosses entreprises qui n'ont rien de SS, mais qui, par contre, respectent très bien leurs employés en termes salarial, en termes de rythme de vie, en termes de conditions sociales, etc. À voir. En termes de mission, au final, avec l'algorithme et avec tout simplement, vous vous renseignez sur les métiers. Et puis moi, pour Saint-Pierre, ça a été une- Justement, Alexandre, tu voulais savoir si c'était une offre d'emploi ou du réseau. Oui. En fait, j'ai une amie de ma formation d'agilité qui faisait juré pour Saint-Pierre et qui m'en a parlé.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

J'ai fait: Saint-Pierre, je ne connais pas. Je regarde un peu et je me dis: Tiens, Saint-Pierre, ça a l'air intéressant. Et genre, huit jours après, je tombe sur Saint-Pierre, sur le logo et je pense que je serais... Ne connaissons Je ne connaissant pas l'entreprise, je serais peut-être passé à côté à ce moment-là. Et là, j'ai dit: Ça fait quand même deux fois que Saint-Pierre me tourne autour, entre guillemets, qui m'arrive, et je me dis: Allez, creuse un peu. Et j'y suis allé, j'ai bien travaillé. C'est un peu un basique, qu'on a dû vous dire plein de fois, mais il faut faire un CV, une lettre de motivation pour chaque entreprise dédiée. La méthode, j'envoie 150 CV qui sont tous identiques, moi, je pense que ça ne fonctionne pas. En tout cas, pour moi, ça n'a pas fonctionné. Donc, j'ai retravaillé ma candidature. Avant Saint-Planck, j'avais déjà passé 13 entretiens de sélection. Donc d'un côté, on peut me dire: Dis donc, tu as eu du succès, tu as été retenu. D'un autre côté, on peut me dire: Tu dois être très mauvais en entretien de sélection. Parce que 13 entretiens ratés, ce n'est quand même pas bon.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Et celui-ci, je l'ai travaillé. Il se trouve qu'on est très bien accompagnés en France, que ce soit par Pôle emploi, par l'APEC de mon côté, par les deux, et par des associations qui gravitent autour. Et là, en l'occurrence, il y a une femme d'une association qui faisait travailler spécifiquement sur la prise de parole et sur les entretiens de sélection et qui m'avait proposé de retravailler avec moi un un entretien qui me tenait à cœur. Je lui ai dit: Celui-ci, je veux bien. Et on l'a retravaillé et elle a terminé en me disant: Là, tu es prêt. Et ce n'était pas: Tu es prêt à parler, c'était: Tu es prêt dans la tête. J'avais fait ma transition. Il a fallu, il faut bien le dire, une Sophie Cohenday qui était ma directrice à Saint-Plon et qui a donné sa chance à quelqu'un qui ne connaissait rien à la formation professionnelle et qui n'était pas d'un métier de RAF, à la base, spécifiquement RAF. Il a fallu une personne comme ça pour aller à l'encontre de sa propre direction et pour me retenir moi.

Margot (Chance)

C'est super. Ça rappelle tout ce qu'on dit, l'importance du réseau, l'entraide, saisir sa chance et surtout que parfois, ça se joue sur une rencontre. Merci Nicolas, en tout cas de le rappeler. Il est 9h30, malheureusement. On va devoir se laisser sur ces belles paroles. Merci beaucoup Nicolas. Si tu en es d'accord, j'invite tout le monde, s'il le souhaite, à te contacter, parce qu'on voit vraiment le partage que tu as, l'ouverture, la sincérité que tu nous as donné, le parcours très inspirant que tu as et la persévérance qu'on a pu sentir et que tu dois appliquer tous les jours dans l'ESS. On sait que ce n'est pas évident tous les jours de pouvoir faire de porter la mission qu'on a. Félicitations encore pour cette belle reconversion et ce très beau parcours. Je passerai le bonjour à Sophie, qui travaille désormais chez Chance. Vraiment ravie d'avoir pu échanger avec toi sur le sujet. Très bonne journée.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Merci à tous et merci à Chance pour la surprise de crise de Paris.

Margot (Chance)

Merci beaucoup. N'hésitez pas pour la suite si votre métier vous intéresse. Il y a toute la semaine, il y en a à peu près un qui démarre dans 15 minutes. On en a toute la journée, toutes les 15 minutes. Très belle journée. Encore merci Nicolas.

Nicolas Rabaud (Responsable administratif & financier)

Merci Chance. Merci.

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