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Aliénor, Responsable Communication en association

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Charlène (Chance)

Bonjour à toutes et tous. Merci d'être là ce matin pour assister au live d'Aliénor sur le métier de responsable communication en association. Je suis Charlène, je travaille chez Chance et c'est moi qui vais animer ce live. Je vous propose peut-être, pour la minute qui vient, afin de faire un peu connaissance, de nous dire d'où vous nous écrivez. C'est toujours C'est toujours sympa de savoir d'où viennent les petits curieux ici présents. Moi, je suis à Paris, pas très original. Aliénor, d'où tu nous parles ?

Aliénor (Responsable communication en association)

Moi, je suis à Paris aussi.

Charlène (Chance)

Dans la grisaille. Merci encore d'être ici. Le but de ce live, c'est que ce soit interactif. Donc n'hésitez pas, via le chat, à poser toutes les questions qui vous passent par la tête. Aliénor, elle nous fait l'honneur d'être là ce matin pour Sarah et pour présenter son métier. Donc n'hésitez pas. Pour introduire un peu Chance, pour ceux qui ne connaissent pas, même si j'imagine que vous nous connaissez un minimum si vous êtes là aujourd'hui. Chance, on est une communauté d'entraide professionnelle. Notre but, c'est que chacun trouve sa place dans le monde professionnel et ainsi dans la société. Pour cela, on a créé et on anime des méthodes pour aider les personnes à trouver leur place. La méthode la plus connue, notre outil le plus connu, évidemment, c'est notre bilan de compétences. Compétences. C'est vrai qu'il y a une étape de notre bilan de compétences qu'on appelle l'exploration métier, où on invite les personnes qui font le bilan à explorer des domaines professionnels, des métiers qui pourraient leur faire envie en contactant des professionnels, en interviewant des personnes pour connaître la réalité du terrain, le quotidien de certains jobs, et voir si ça pourrait coller à leurs aspirations.

Charlène (Chance)

C'est ce qu'on essaye de vous proposer à travers ces live. Justement, d'interviewer des personnes pour qu'elles nous présentent leur métier et leur quotidien professionnel. Et voir comment ça peut coller avec vos aspirations personnelles. Merci encore Aliénor d'être là ce matin. Et puis, je te laisse la parole peut-être pour te présenter et nous dire ce que tu fais aujourd'hui.

Aliénor (Responsable communication en association)

Merci à toi Charlène. Moi, aujourd'hui, je m'occupe de la communication pour l'association Lazard. Lazard, c'est des colocations solidaires entre des sans abri et des jeunes actifs. On construit des maisons, on les retape et on y met des colocations. Et la moitié des gens en colocation, c'est des personnes qui sortent de la rue et l'autre moitié, C'est des personnes qui ont un travail, qui ont pour la plupart entre 25 et 35 ans. Aujourd'hui, on a 11 maisons en France et quatre à l'étranger. Une maison, ça peut aller jusqu'à 45 personnes. Moi, je vivais dans la maison de Nantes, dans laquelle il y avait plusieurs colocations. Et les colocations, c'est en général une dizaine de personnes. Donc ça va assez vite. Tu as une famille qui vit là pendant trois ans. Tu as des colocations d'hommes, des colocations de femmes, des studios. La maison de Nantes, par exemple, c'est 45 personnes. Et on ouvre quatre maisons cette année en France: à Nancy, Clermont, Montpellier et Lorient. Et puis on se développe tous les soit à l'étranger. Là, on a des projets à Montréal et à Londres. Et on a déjà des maisons en Espagne, en Belgique, en Suisse et au Mexique.

Aliénor (Responsable communication en association)

C'est un projet qui grossit. Et moi, Je m'occupe en particulier de la communication. La communication a, on va dire, deux, trois objectifs principaux. Le premier, c'est de trouver des jeunes qui sont prêts à aller vivre dans nos maisons au moins un an. Le deuxième, c'est de trouver des dons pour financer l'ouverture de nouvelles maisons, sachant qu'une fois que les maisons sont ouvertes, c'est les loyers des colocs qui permettent de les financer. Et le troisième, c'est de faire changer le regard de la société en faisant savoir qu'elles existent et que c'est possible de vivre ensemble et que la vie intergénérationnelle est riche et fait grandir les uns, se reconstruire les autres.

Charlène (Chance)

Trop intéressant Trop inspirant. Merci Aliénor. Est-ce que dans un premier temps, tu pourrais déjà nous parler de ton poste à toi en tant que responsable communication ? Comment ça se passe, ton quotidien, etc. ?

Aliénor (Responsable communication en association)

Moi, ça fait quatre ans que je suis sur ce poste. C'est un poste où il y a plein de choses à faire et à découvrir. J'ai commencé par faire pas mal de témoignages. Je me suis dit que soit les gens qui donnent ou les gens qui vont Ils vivent dans les maisons, il faut qu'ils voient l'intérieur de la maison parce qu'il y a beaucoup de préjugés sur ce qu'on vit. Je pense que tant que les gens n'ont pas vu l'intérieur de nos maisons qui est propre, le fonctionnement qui est pro, etc, on s'imagine que les gens vivent tous dans un dortoir, sur des matelas par terre ou sur des lits picots. Ce n'est pas la réalité de ce qu'on vit. Il y a une vie organisée, en colocation, on a des beaux appartements, chacun a sa chambre. Après, évidemment, on partage salle de bains, etc. C'est de faire comprendre ça un peu aux gens. Quand on parle de ces colocations, on pense tout de suite à la violence ou au risque. Évidemment, ils existent, ce n'est pas toujours tout rose, mais c'est aussi beaucoup de joie, beaucoup d'humour. C'est une vie qui est riche. Ce n'est pas que du don et du sacrifice, c'est aussi une vie dans laquelle tu peux recevoir beaucoup.

Aliénor (Responsable communication en association)

Moi, mon rôle, c'est ça, c'est d'écrire des vidéos pour montrer ce qu'on vit, susciter des témoignages sur LinkedIn, sur scène, trouver tous les moyens d'aller investir des milieux qui ne nous connaissent pas. Là, on a un champion de MMA qui est devenu fan de nous sur LinkedIn et qui veut mettre un logo sur son short et parler de nous avant ses matchs. Il a fait un reportage de 20 minutes dans un média. Il y a 10 minutes qui sont juste sur nous et donc tu as déjà 200. Je pense 200 000 vues dessus, un truc comme ça. Je me suis retrouvé à faire un TEDx avec un de mes colocs il y a deux, trois ans. Là, pareil, c'est un autre exercice. En fait, c'est assez divers. C'est vraiment en fonction des idées qu'on a.

Charlène (Chance)

Justement, on a une question de Charlotte qui te demande si tu es responsable de la stratégie de communication avec les messages clés, etc. Ou est-ce que tu fais surtout de l'opérationnel ?

Aliénor (Responsable communication en association)

En fait, je suis toute seule sur la communication, donc tout ce qui sort, que ce soit la refonte de chartes graphiques, les messages, etc. Oui, c'est moi qui les conçois et qui C'est moi qui les imagine. Quand je suis arrivée il y a quatre ans, il n'y avait pas beaucoup de com à l'origine. Il n'y avait pas un poste dédié là-dessus. C'était quelques postes de temps en temps qui ressemblaient plutôt à des flyers d'heures qu'on me postait. Quand je suis arrivé, je me suis dit... Je lui ai dit en coloc et je me suis dit: Ce qui est fou, c'est l'humour qu'on a dans les maisons, c'est la joie. J'aimerais que cette communication, elle transmette cette joie parce que Je trouvais que ce que les gens me disaient quand je disais que je vivais en coloc, c'était: Bravo pour ce que vous faites, je ne pourrais pas, etc. En fait, ça ne reflétait pas du tout ce que je vivais. Moi, j'avais le sentiment d'avoir de la chance d'être là et de rire tous les jours et de vivre des situations absurdes que j'ai envie de partager. Donc la stratégie de com', on va dire le ton, etc, c'est plutôt moi qui l'ai conçu.

Aliénor (Responsable communication en association)

Et après, je fais de l'opérationnel dans le sens où c'est moi qui écrit toutes les vidéos, qui fais un peu tout. J'étais longtemps seule sur ce poste. Là, je suis en train de recruter une personne, justement, pour la partie un peu opérationnelle, puisqu'on fait beaucoup de postes limitin, etc. Et moi, j'ai envie, justement, de monter un tout petit peu plus, d'avoir plus de temps sur la stratégie, pour pouvoir prendre un un petit peu plus de recul. Mais bon, du coup, c'est assez flexible, on va dire.

Charlène (Chance)

Trop bien. Il y a plein de questions qui s'enchaînent. Je pense que ta situation est très inspirante. Mathilde nous demande: Quand on travaille pour une cause sociale, comment on arrive à préserver sa vie personnelle ?

Aliénor (Responsable communication en association)

Je pense qu'il faut être assez rigoureux et il faut aussi bien choisir l'équipe dans laquelle on va travailler. Moi, j'avais la chance d'avoir Loïc comme délégué général, qui est un ancien avocat et qui était hyper carré sur nos ordres de travail, etc. Ça ne veut pas dire que je n'ai jamais travaillé le week-end ou le soir, mais par exemple, je récupérais bien mes jours quand je travaillais le week-end, c'était exceptionnel. Quand on travaille le soir, il sait qu'on va arriver plus tard le matin, etc. C'est même lui qui était garant de ça. Je pense que ce n'est pas le cas dans toutes les causes sociales. Et puis on peut très vite un peu nous dire: Déjà, tu travailles pour un Tu as un travail qui a du sens, tu ne vas pas en plus demander un salaire correct ou des week-ends. Ça, je le vois aussi dans les assos dans lesquels d'autres travaillent. Ça, je pense qu'il faut vraiment faire attention avec qui on va travailler. Et Pour soi-même être assez rigoureux. Moi, j'ai fini par demander d'avoir un téléphone pro que je puisse laisser au travail le soir parce que les responsables de maisons, les volontaires, ils travaillent en journée et ils nous posent des questions le soir.

Aliénor (Responsable communication en association)

Et moi, je n'en pouvais plus d'avoir tout le temps, tout le temps, au hasard, toutes les heures du jour et de la nuit. Donc, je laissais mon téléphone au boulot et je le retrouvais le matin et tant pis. Il n'y a rien d'urgent. Moi, je ne gère pas. Nous, on a une partie aussi qui gère... Là, il y a eu un incendie vendredi, il y a eu un problème, un gars qui a mis le feu à son studio, etc. Ça, oui, ça, c'est des cas où on va se lever à 2h00 du matin, mais ce n'est pas forcément en communication. Ils m'ont prévenu le lendemain pour qu'au cas où il y avait un journal local qui faisait quelque chose dessus, je puisse répondre. Mais en revanche, moi, je ne suis pas en front sur ces sujets-là. Du coup, tout ne peut pas être urgent, mais quel que soit le travail qu'on fait, même quand on vend des couches, il y a toujours un manager qui va vous dire que c'est urgent de répondre et d'envoyer le programme ce soir. Donc c'est à soi un peu de savoir dire stop et de couper les écoutilles quand il faut.

Charlène (Chance)

J'ai l'impression qu'on a un peu cette idée reçue qui peut être fondée d'ailleurs, que ce soit dans l'associatif, le SS, etc, que finalement, c'est beaucoup de travail, beaucoup d'investissement personnel, beaucoup de débrouilles pour parfois beaucoup de contraintes avec beaucoup de travail à donner, beaucoup d'énergie, peut-être du temps pris sur sa vie perso et un salaire qui ne suit pas forcément derrière. Je pense que c'est aussi pour ça qu'on a la question de Charlotte qui dit C'est une question un peu délicate, mais quelle est la fourchette salariale de ton poste en asso ?

Aliénor (Responsable communication en association)

Je suis nulle en salaire annuel brut, etc. Je sais combien je gagne par mois, mais moi, je pense que je suis autour de 40 000, un truc comme ça. Nous, on a une asso qui paye bien, justement parce que Loïc, mon délégué général, a décidé de ne pas lésiner là-dessus. Il prend des gens qui ne viennent pas pas seulement de l'associatif, mais souvent du privé et il les paye correctement. Après, moi, j'ai perdu en salaire quand j'étais chez Danone, mais nous, il nous conserve vraiment comme des ressources. Donc quand il y a une dépense à faire, il part du principe qu'on l'a fait, quand c'est vraiment intéressant pour l'association, parce qu'on gagne plus derrière en don, etc. Ils nous considèrent vraiment comme des investissements. Ça m'est arrivé aussi de ne pas avoir le de sous-titrer des vidéos parce que je n'en pouvais plus que les pays me demandent de sous-titrer toutes les vidéos en espagnol, en mexicain, tout ce que vous voulez. Ils me disait: En fait, ce n'est pas grave, on va prendre un freelance, ça me coûtera moins cher en taux horaire que toi. Je préfère que tu travailles sur des sujets importants.

Aliénor (Responsable communication en association)

Je sais qu'il y a des assos où les gens sont quasiment au SMIC. Moi, je ne trouve que ce n'est pas très juste quand on sert une cause sociale Je crois que c'est un ticket for change qui disait... Chez Ticket, ils disent que quand on est entrepreneur, il y a deux solutions. Soit tu pars de... Je ne sais pas, tu dis: J'ai 20 000 € à investir et après, je me serre la ceinture pour que ça rentre dedans. Ou alors j'ai besoin de temps pour faire ce que j'ai à faire et je vais trouver l'argent à côté et je trouverai une solution pour le gagner. Ils disaient que le deuxième, c'était quand même plus simple comme façon de fonctionner. Nous, je pense qu'on est plutôt dans cette logique Se dire: Les moyens, on va les trouver si ce qu'on veut faire est important. Je n'étais pas obligée de vivre dans la coloc. Je l'ai fait parce que moi, je faisais juste un remplacement de congé maternité à l'origine où je n'ai que quelques mois. J'avais envie que ce soit hyper intense. J'avais envie de très vite comprendre ce qui se vivait de l'intérieur. Et puis, j'avais très envie de vivre en coloc.

Aliénor (Responsable communication en association)

Ce n'était pas une obligation. Finalement, je suis restée un an, j'ai été confinée dans la coloc. Et puis, sur mon poste, je suis restée Là, ça fait quasiment cinq ans que j'y suis. C'est que ça se passe bien, mais ce n'était pas prévu. Et tous les salariés n'ont pas forcément vécu là. Mais il faut aimer le concept, je trouve. Sinon, c'est difficile de le vendre aux autres. Et moi, je n'avais pas d'expérience dans l'associatif. Je n'avais pas d'expérience salariale dans l'associatif. Je venais de chez Danone, j'avais fait le même Lyon. Non, j'ai des collègues qui ont été chez Bouygues pendant 20 ans avant. Donc, c'est plutôt des changements, c'est un peu des reconversions. Mais en revanche, j'avais fait pas mal d'associatives avec des personnes handicapées surtout. J'étais impliquée à vert à fond la vie, etc. Je passais beaucoup de vacances avec des personnes comme ça et j'adorais ça. Je pense que c'est ça aussi qui m'a fait passer le pas. Je me suis dit: J'adore mes vacances à faire des trucs de dingue, mais avec des personnes hyper vraies, authentiques, etc. C'est dommage que ma vie pro ne soit pas aussi comme ça. Je ne sais pas comment, mais je l'ai trouvée à faire en sorte que ma vie pro soit aussi du kif.

Charlène (Chance)

Trop bien. Ça rassurera Margot, je pense, avec sa question sur: Est-ce que les expériences bénévole peuvent suffire ? C'est chouette, c'est encourageant. On a pas mal de questions sur le contenu de ce que tu fais, finalement. On a Lucille qui nous Dans tes missions, est-ce qu'il y a des missions que tu préfèrerais ne pas avoir à faire et pourquoi ?

Aliénor (Responsable communication en association)

Non, moi, je pense que j'aime bien tout ce que je fais. Mais avant, je travaillais sur un projet de livraison d'eau à domicile, donc c'était du e-commerce. Je faisais de la finance, de la logistique, de la tech, plein de choses. Et là, je pense que je me suis recentrée sur les missions qui me plaisait le plus dans ce que je faisais avant, c'est-à-dire tout l'aspect créa, avis graphique, vidéo, etc. Je pense que ça, c'est un truc qui est génial aussi quand on arrive à se dire: Je peux me concentrer sur ce sur quoi je suis hyper forte et ce que j'aime vraiment. Ça donne beaucoup d'énergie. À l'asar, il y a des gens qui font de la compta, de la gestion RH et tout. Souvent, on se dit entre nous: Moi, je n'aimerais pas faire ce que tu fais. Je ne sais pas comment tu fais pour faire de la compta toute la journée. Et vice versa, celui qui fait de la compta, il me dit: Je ne sais pas comment tu fais. Je ne pourrais pas.

Charlène (Chance)

Parce que tu nous as dit que ton parcours, scolairement, tu as fait l'EM Lyon, c'est ça ? Mmm-hmm. Tu avais une spécialisation comme créa ou parce que j'ai l'impression que ce que tu faisais chez Danone avant, c'était très différent quand même.

Aliénor (Responsable communication en association)

Non, c'est assez généraliste. L'em, tu fais une prépa et après, tu as des cours de marketing, de finance, etc. Après, moi, j'avais un peu plus choisi des cours de marketing, ça m'intéressait, communication. Je pense que c'est quelque chose que j'ai toujours aimé. C'est des postes que je prenais plutôt dans les assos étudiantes. J'allais plutôt sur les postes comme parce que j'avais facilement des idées. Mais en fait, je n'ai pas de formation là-dedans. Mais après, tu te formes un peu... Là, j'ai des questions sur est-ce que c'est moi qui fais le graphisme ? Je peux toucher un peu Photoshop, InDesign, Illustrator. J'ai appris un peu toute seule. Mais en revanche, quand il s'agit de refaire le logo ou faire le rapport d'activité, tout ça, on a des prestataires. Je les guide sur ce que je veux et je On fait des allers-retours, mais je ne vais pas aller à ce point sur le graphisme. Ça m'arrive de monter des vidéos aussi, mais quand j'ai une vraie vidéo où je pense qu'elle peut cartonner, j'investis 1 000, 2 000 € dessus parce que derrière, je sais qu'elle nous ramène beaucoup coup de dons.

Charlène (Chance)

Est-ce que tu fais de l'événementiel aussi ?

Aliénor (Responsable communication en association)

Oui, là, on a un Vendée Globe qui part en novembre. Je me suis retrouvée. Ce qui est génial en com', c'est que dans des petites équipes comme ça, c'est que tu touches un peu à tout. Notamment, il y a Tanguy, le mari de Clarisse Crémert, qui est une skippeur du Vendée Globe, qui est venu nous voir il y a deux ans en disant: J'ai un bateau, j'ai emprunté un million pour acheter un bateau et j'aimerais faire le Vendée Globe, mais avec votre nom dessus. Il faut qu'on arrive à convaincre des sponsors de non seulement de mettre de l'argent dessus, mais en plus de vous céder leur visibilité. Nous, évidemment, on n'a pas mis un euro là-dedans. Comme il savait que j'aimais écrire des vidéos, etc, il m'a dit: Il faut que tu m'aides à lancer le truc parce que sinon, on ne trouvera pas de sponsor. Donc j'ai écrit une vidéo qu'on a faite sur les pontons et là, elle était partagée énormément sur LinkedIn. Et c'est comme ça qu'on a commencé à trouver des sponsors. Et puis, depuis trois ans, on fait des vidéos. Et là, on a bouclé le budget et il part le 10 novembre.

Aliénor (Responsable communication en association)

Donc il y a trois semaines de Village qu'on va animer. C'est des millions de personnes qui vont passer sur le village. Et donc là, c'est l'événementiel en mode stand, animation à trouver des moments sur la grande scène, des animations sur le stand. Il faut qu'on trouve des trucs à faire un peu tous les jours et puis même pour le départ. Et il y il y a deux ans, on a fait une soirée au Bataclan aussi avec Clarisse, la femme de Tanguy, sur le thème de l'aventure. Là, j'ai écrit un peu tout. Moi, je ne voulais pas que ce soit une conférence un peu classique avec un animateur et juste Clarisse qui parlait. Je voulais que ce soit vraiment une expérience d'aventure et qu'à la fin, les gens aient énormément d'énergie. On a fait un truc un peu à l'appui du fou avec une voix qui démarrait. Il y avait de la danse, il y avait du chant. Il y avait 1 000 personnes et je crois que les gens ont vraiment apprécié. Donc moi, j'ai écrit pas mal les transitions. J'ai écrit un peu le spectacle, on va dire. On a fait l'affiche aussi avec un photographe qui était magnifique.

Charlène (Chance)

Trop bien. L'aspect créa ressort bien dans tout ce que tu racontes.

Aliénor (Responsable communication en association)

La création, il y a plein de trucs. C'est ça que je veux dire.

Charlène (Chance)

Je pense que tu as plus ou moins déjà répondu à cette question, mais Louise nous dit: Penses-tu qu'il soit possible, dans le cadre d'une reconversion, d'arriver à ton poste sans avoir d'expérience dans la com, mais en ayant des expériences de bénévolat social et quelques talents relationnels, commerciaux et vidéos ? J'ai l'impression que c'est un peu ton cas. Oui, carrément.

Aliénor (Responsable communication en association)

Oui, je pense qu'en fait, il y a plein de postes. Je pense que tous les responsables com ne tiennent pas leur poste de la même façon. Il y a aussi des gens qui font de la com plus institutionnelle, qui vont faire beaucoup de, je ne sais pas, moi, de support pour aider les gens à qui vont prendre ce qu'ils font, qui vont faire du lobbying politique, on va dire aussi au niveau européen. Ça dépend vachement de l'assaut et puis ça dépend de ton style. Et de ce que tu aimes faire, il y en a pas mal qui vont faire de la com interne. Je pense qu'il y a autant de types de postes que de types de profils. Moi, j'adore écrire des sketchs, etc. C'est de la com un peu drôle, un peu sympa, mais franchement, d'autres à mon poste, ça aurait été complètement différent. Et là, la personne que je viens de recruter dans mon équipe, c'est un ingénieur à la base. Il a fait agro ParisTech. C'est aussi un pari, on l'a pris sur le poste. Ça fait deux ans qu'il est en coloc, il a été à Marseille. Il a été à Marseille et il met tellement la coloc qu'il a été à Angers.

Aliénor (Responsable communication en association)

Il bosse à l'ADEM, donc là, plutôt sur des problématiques écologiques. Mais en fait, lui, son bilan de compétences lui faisait dire qu'il était très créat et que c'est quelque chose dans lequel il pouvait s'épanouir. Je l'ai déjà vu faire des sketchs sur scène. Il a une énergie de dingue. Donc oui, moi, je pense vraiment que c'est plutôt ça, en fait, l'enjeu.

Charlène (Chance)

Nathalie nous demande quel type de profil tu cherches à recruter, mais du coup, j'ai l'impression que comme tu le dis, c'est plus une question de feeling et donc le potentiel que la personne peut dégager, finalement.

Aliénor (Responsable communication en association)

Oui, c'est ça. Moi, je vais regarder aussi si la personne a bien compris, si elle connaît bien la sauce, si elle a bien compris de l'intérieur, comment ça se passait. J'ai besoin de quelqu'un qui s'y retrouve. Si la personne me dit: Non, moi, je ne me serais jamais mise en coloc parce que ça ne me parle pas, je suis introvertie, je n'aime pas le concept de colocation. Même si elle a plein de compétences en digital, qu'elle est hyper pointue, je me dis que ce n'est pas forcément sur ce poste qu'il faut qu'elle se projette. Quelqu'un qui a bien saisi le ton aussi, qui a de l'intuition et qui a du bon sens. Je sens que Je vais lui demander un peu quelle idée elle aurait de campagne pour voir un peu si on est en phase sur l'idée qu'on a de la com. Et voir aussi s'il n'y a pas d'autres idées qu'on n'a pas envisagées finalement.

Charlène (Chance)

Trop bien. J'ai l'impression qu'en fait, ce que tu nous expliques, c'est qu'il n'y a pas un job dans la com. Il y en a des milliers, un petit peu en fonction de la structure dans laquelle tu travailles, de son esprit. Et du coup, ça introduit bien, je trouve, la question d'Isaline qui nous dit: Quelles sont, selon toi, les différences les plus notables entre le secteur privé dans lequel tu as précédemment travaillé et le domaine associatif ?

Aliénor (Responsable communication en association)

En fait, je n'ai eu que deux postes. Donc, je ne vais parler que d'une entreprise et une asso. Et je ne sais pas. Moi, j'étais chez Danone. J'aimais beaucoup travailler chez Danone. Il y avait un super esprit, belle culture de boite, etc. Après moi, ce qui m'a En plus, mon poste était particulier puisque je gérais un petit business au sein d'une grosse équipe et de fonction support. C'est vrai que je souffrais un peu parfois du manque d'agilité dans le fonctionnement. Je trouvais que parfois, j'avais du mal à avoir des réponses ou il y avait des strates de validation qui me freinaient un peu dans mes objectifs. Et moi, j'avais mon chiffre d'affaires qui tombait au jour le jour. Ce n'était pas une fois par an ou tous les trois mois. Ce n'est pas la même durée. Donc, je travaillais en temps court avec plein de gens qui travaillent dans ton non. Après, tu as une espèce de sécurité salariale qui est sympa, parfois dans le secteur privé. En tout cas, quand tu travailles dans un grand groupe qui est quand même bien établi, pas mal d'avantages à ce niveau-là. Ce qui me pesait parfois, c'était l'aspect politique, le fait que c'était parfois plus important, le fait de savoir que de faire savoir ce que tu faisais plutôt que les résultats que tu avais et d'avoir de bonnes relations avec tes supérieurs, avec les RH, etc.

Aliénor (Responsable communication en association)

Ça, parfois, ça me pesait un peu, je pense, même si finalement, ça se passait bien pour moi et Les gens étaient quand même plutôt bienveillants. Et après, sur l'associatif, je ne sais pas si on est très représentatifs du monde de l'associatif. Je pense qu'on a un fonctionnement un peu en mode startup. On n'était pas très nombreux. Quand je suis arrivé, on était cinq. Là, on va bientôt être quinze. Donc c'est tout le temps en mouvement, ça évolue. Je n'ai pas de career path, comme on disait chez Danone. C'est-à-dire que chez Danone, tu as un peu une évolution, tu as une hiérarchie. Je crois que c'est noté par chiffre. Tu es à un niveau neuf, puis huit, puis sept, machin. Nous, on n'a pas ça. On a une organisation en râteau. Tu as un délégué général et en dessous, il y a chaque fonction un peu cloisonnée. Et là, on commence à manager des gens. Là, la structure change. C'est assez mouvant. Mais ce n'est pas du tout pareil à la Croix-Rouge, dans des grosses associations comme ça, qui sont plus structurées, qui vont peut-être plus ressembler à un grand groupe dans le fonctionnement, j'imagine. Mais après, en termes de sens, je pense, l'associatif, c'est vraiment...

Aliénor (Responsable communication en association)

Moi, ça me donne beaucoup d'énergie quand Quand tu as un contact avec le terrain. Nous, nos bureaux, ils sont à Nantes, ils sont en bas de la maison de Nantes et au-dessus, tu as tous les colocs qui sont en colocation. En fait, tous les jours, il y a quelqu'un qui toque à la fenêtre, qui nous parle de son RSA, avec qui on peut aller finir sur nos pauses. Ce n'est pas du tout la même chose. Et du coup, ça, tu as beaucoup d'énergie aussi à côtoyer des vraies personnes. Moi, je pense que ce qui me manquait aussi avant, c'était le côté hyper lisse. On parle en On ne dit jamais trop de mal de la boite au cas où il y a quelqu'un qui n'est pas d'accord. Il ne faut pas avoir des opinions trop différentes des autres au niveau politique, religieux, etc. Il faut faire très attention à ce qu'on dit. Aussi, c'est des profils assez similaires qui vont être recherchés. C'est-à-dire que comme il y a une culture d'entreprise forte, ils disaient: C'est le jeu de jambes. Ils avaient un peu des critères pour recruter telle ou telle personne. Du coup, c'est quand même des gens assez similaires qui ont fait une école de commerce, qui ont 27 et 30 ans.

Aliénor (Responsable communication en association)

Et puis, le jour où tu ne rentres plus trop dans le cadre, c'est compliqué.

Charlène (Chance)

Très clair. Merci beaucoup Aliénor. Je crois qu'on a Louis qui est en train de poser une dernière question et après, On clôturera parce qu'il est déjà 10 h 58, ça passe ultra vite. J'attends la question de Louis. S'il y a des points négatifs, lesquels seraient-ils ?

Aliénor (Responsable communication en association)

Déjà, moi, je ne peux pas me plaindre en termes de salaire, mais c'est vrai que si j'étais dans une autre boite, c'est sûr que j'aurais quasiment Absolument doubler mon salaire depuis le temps. Là, je suis en train, au bout de quatre ans, à peine de rejoindre le niveau que j'avais en partant de chez Danone, juste au moins, sans compter les participations à l'intéressement, les primes, etc. Mais bon, Je vivais à Nantes, donc les loyers étaient moins chers jusque-là. Ça a été largement compensé par la richesse de ce que j'ai appris, le réseau aussi que je me suis fait, parce qu'en fait, l'air de rien, quand tu es bon dans ton poste, que tu as un boule au cas du sens, etc, tu as un vrai impact sur les gens et même dans le domaine privé. En termes de carrière, je n'ai pas eu l'impression de régresser, au contraire. Je suis bien. Après, Je ne sais pas si c'est un point négatif. C'est un point positif, je pense, mais je suis beaucoup plus impliquée dans mon poste, donc émotionnellement parlant, on a des trucs qui se passent toutes les semaines, joyeux, parfois triste. Là, On a vécu un week-end national.

Aliénor (Responsable communication en association)

On était invités par le Bellembra. Il y avait 350 colocs, c'était génial. On fait ça tous les ans. Là, on se retrouve tous. Et deux jours après, il y a la fille d'Hélène, Hélène qui est une coloc qui a connu la galère de Nantes, qui est disparue en mer. Elle était sur un bateau qui a coulé. Il y a huit personnes dont... Il y en a six qui s'en sont sorties. La fille d'Hélène ne s'en est pas sortie, elle n'a jamais été retrouvée. On peut vivre des moments hyper forts en joie et deux jours après, devoir se serrer les coudes et on est complètement abattus par une nouvelle. Cette même maison vient de vivre un incendie parce qu'il y a un colloque qui a un peu débloqué Vendredi. On ne sait jamais. Parfois, on a l'impression qu'il y a un espèce de cycle où la même maison se prend plein de trucs dans la figure et il faut se serrer autour d'eux. Et puis, en même temps, il y a des moments de joie intense, des colloques qui retrouvent un logement, qui retrouvent leur famille, qui se mettent à s'ouvrir. Il y a de super belles histoires et ça, c'est un peu tout le temps.

Aliénor (Responsable communication en association)

C'est une montagne russe, il faut arriver à prendre un peu de recul, mais c'est hyper riche. Et moi, une dernière chose que je pourrais dire pour expliquer un peu mon parcours, c'est... En fait, chez Danone, j'avais de bons managers, j'aimais bien les gens, mais juste, je les aimais bien. Et en fait, j'étais célib, je me disais: Mais en fait, si là, les gens que je vois 80% du temps, je n'apprends pas à les aimer plus, en fait, je ne vais pas progresser. En fait, j'ai envie de progresser au niveau professionnel, mais j'ai aussi envie de progresser dans l'amour, dans le fait d'apprendre à aimer, puisqu'on est sur Terre pour ça. On est très mimétiques, donc il faut que les gens autour de soi nous tirent vers le haut aussi là-dessus. Je me suis entourée de gens qui allaient pouvoir m'apprendre ça. Je pense que là, je suis au bon endroit pour ça. Je progresse là-dedans et je me dis que je suis au bon endroit pour apprendre un peu mieux à aimer, même si ce n'est pas toujours facile.

Charlène (Chance)

Super inspirant. Merci beaucoup Aliénor. Franchement, c'était un parfait mot de la fin. Merci encore pour ton témoignage et ton histoire. C'est un super parcours. Cette session était enregistrée, donc si vous voulez la re-regarder en replay, vous allez la recevoir très prochainement et elle sera dispo' sur YouTube à partir de la semaine prochaine. Merci encore Aliénor. Moi, je vous invite à rejoindre la communauté d'entrée de chance si vous Je n'ai pas encore fait. Je vous poste le lien juste en dessous dans le chat. Si vous souhaitez aider en donnant des coups de pouce professionnels, ça peut être un café, ça peut être un coup de fil, ça peut être une mise en relation très simple. Ou bien si vous-même, vous avez besoin d'aide pour vous faire du réseau, poser des questions, comme on vient de le faire avec Aliénor, n'hésitez pas à rejoindre la communauté, c'est gratuit, c'est rapide et ça peut changer des vies. Donc voilà. Merci à tous. Merci encore Aliénor. À bientôt, j'espère. Et puis, on vous dit à bientôt aussi dans nos prochains live. Merci à tous. Bonne journée. Merci Aliénor.

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