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Wendy (Chance)
Bonjour. Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue dans ce live métier en coulisses pour découvrir ensemble le métier de responsable de production cinématographique et audiovisuelle avec Rosalie. Bonjour Rosalie.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Bonjour.
Wendy (Chance)
Je vois qu'on est déjà 17 personnes de connectées. On va peut-être quelques secondes, mais je vous laisse dire bonjour dans le chat et peut-être nous dire d'où vous venez, pourquoi vous venez écouter ce live. Est-ce que c'est simplement par curiosité ou peut-être que vous êtes intéressé par le métier, que vous exercez déjà à peu près ce métier aussi ? Bonjour. Bonjour, Marie. De l'Ile de Poissy. De Lyon. Attendez, j'ai un petit écho, je reviens un instant. Pardon, excusez-moi. Bonjour, Toulouse, Lyon, Paris, Poissy. Super, bonjour, enchantée et bienvenue à toutes et à tous. Déjà, un grand merci, Rosalie, d'avoir répondu oui pour donner 30 minutes de ton temps pour aider les autres et parler de ton métier et nous raconter un petit peu ton parcours et partager tes différentes expériences. Je me présente, moi, je m'appelle Wendy, donc je travaille chez Chance en tant que Product Designer et je suis heureuse de découvrir cette voie professionnelle aujourd'hui. Et juste avant de commencer l'interview, je vous propose quelques petits mots sur Chance pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas. Chance, c'est une communauté d'entraîne professionnelle et une méthode qui aide chacun, chacune à trouver sa place dans le monde du travail et donc dans la société.
Wendy (Chance)
On a plusieurs programmes d'accompagnement. Peut-être que certains ou certaines me connaissent déjà, le plus connu, c'est le bilan de compétences. Et dans cette méthode, il y a plusieurs phases et une phase d'exploration qui propose aux personnes d'aller se confronter à la réalité des métiers pour justement peut-être enlever les fantasmes qu'on peut avoir sur certains métiers, que ce soit positif ou négatif d'ailleurs. Et c'est toujours enrichissant et hyper intéressant de parler avec des professionnels. Et on peut vite aussi se rendre compte si le métier va résonner ou motiver, ou alors si, au contraire, ça va nous enlever toutes les projections. Cette semaine touche à sa fin, mais encore quelques live jusqu'à ce soir. Mais on a exploré cinq quand ce métier est différent. Donc, c'était super intéressant. Je vous incite à les consulter, ils seront disponibles sur YouTube. Pour commencer, Rosalie, encore merci de te rendre disponible. Est-ce que tu Peut-être nous te présenter, nous parler de ton métier, ton parcours, comment tu en es arrivé là et qu'est-ce qui a fait qu'aujourd'hui, tu es responsable de production cinéma et au Daujitaine ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Bien sûr. Bonjour à toutes et tous et ravie d'être là aussi. Je suis Rosalie et je vais prendre mon parcours depuis le départ. J'ai fait des études. J'ai fait un an d'Hippocagne en nt d'un bac S. Ensuite, j'ai intégré Sciences Po Lyon, qui est une formation assez pluridisciplinaire et dans laquelle, finalement, on peut un peu tout et rien faire puisqu'on est un peu spécialisé de tout et ça s'affine au fur et à mesure. Et au cours de mes études, je viens de Clermont-Ferrand et j'allais tous les ans au Festival du Courmétrage, qui est, il faut le savoir, le plus gros festival au monde de courts métrages à Clermont-Ferrand. Donc, le hasard a bien fait les choses. Et chaque année, j'étais bénévole là-bas. Ça m'a permis de rencontrer les équipes des films et de me dire quand même, ce milieu a l'air assez intéressant, assez stimulant. Et donc, à la suite de ça, j'ai un peu multiplié et resserré toutes mes expériences pour aller dans cette direction. Donc, j'ai fait toujours au sein de Sciences Pollion un master de gestion culturelle/relation internationale et j'ai fait un stage de fin d'études dans une structure qui a été assez importante pour la suite de mon parcours, qui s'appelle Caïman Productions, qui est une société de production qui fait à la fois des contenus audiovisuels puisqu'il y avait deux émissions de flux, ce qu'on appelle de flux, donc c'est des émissions hebdomadaires qui sont Viva Cinéma et Court-Circuit, respectivement sur Ciné+ et RT, et aussi des cours à côté.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Une fois que j'ai terminé ce stage, ça a été des courts métrages destinés au Festival au cinéma, mais on y reviendra un peu plus tard. Et après, j'ai intégré l'équipe de Autour de Minuit, qui est une société qui fait des courts métrages et séries d'animation, qui est assez spécifique dans le milieu, puisque Au sein du cinéma, il y a l'animation qui est pas à part, mais qui est une spécificité, on va dire. Donc, je suis restée là-bas pendant un an et demi et je me suis dit qu'après, j'avais plus envie de me tourner vers ce qu'on appelle le live, donc la prise de vue réelle avec des équipes où tout est tourné en direct et tout ça. Aussi parce que c'est des temps de tournage beaucoup plus réduit puisque les films d'animation peuvent prendre jusqu'à sept ans, on va dire, pour se faire. Donc, c'est pas rien. Après, j'ai fait six mois, j'ai Céline. Je ne sais pas si ça a parlé à certains ou certaines d'entre vous, mais c'est la productrice qui a fait les films de Céline Siamma, Portrait de la jeune fille en feu, Tom Boy, Bande de filles, entre autres, et qui faisait aussi des documentaires à côté.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
C'était six mois hyper formateur. Et derrière, j'ai fait une autre formation, qui est une formation professionnelle continue, qui s'appelle l'Atelier Lisebourg Paris, qui est une formation entre l'Afemis et la Film Academy Baden-Wittenberg, donc entre la France et l'Allemagne. C'était cool de bosser avec Céline Siama. Après ça, j'ai fait cette formation d'un an, qui est une formation professionnelle continue, qui est une formation qui est financée par Europe Creative Media, donc c'est sur concours et c'est un an. Pendant cette année, j'ai pu produire un court métrage qui était diffusé sur Arte et rencontrer énormément de monde et aussi faire une formation entre la France, l'Allemagne et un petit bout en Angleterre. C'était hyper formateur. En nt de cette formation, mon collègue actuel est venu me chercher. C'est l'Atelier Ludwigsburg-Paris. Je pourrais la mettre à l'écrit à la fin. C'est une formation qui est proposée par la Fémis en France et qu'on intègre de côté français par la Fémis et qui s'adresse à des personnes, je précise, de moins de 30 ans, qui avaient un minimum de deux ans d'expérience en production cinématographique ou dans des milieux qui s'en rapprochent. Après, il y a aussi des gens qui sortent de la banque.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Merci Wendy pour le lien. C'est un peu un pont communiquant et c'est vraiment pour la production cinématographique à proprement parler. Et donc, à la suite de ça, comme je le disais, mon collègue avait fait cette formation il y a quelques années avant et il cherchait quelqu'un pour le poste de responsable de production. Il m'a proposé, à la fin de ma formation, de prendre un café, tout simplement. C'est souvent comme ça que ça se fait dans ce milieu. J'ai fait un premier café, un le soutien derrière et j'ai intégré deux semaines après avoir terminé la formation. Donc ça s'est bien enchaîné.
Wendy (Chance)
Je ne sais pas si je réponds direct aux questions ou pas. Je te laisse finir ta présentation et si tu veux, moi, je lirai les questions comme ça, on va les intégrer ensemble. Mais beaucoup de questions, c'est super.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Non, mais du coup, j'ai terminé. Maintenant, le poste que j'occupe aujourd'hui, c'est ça, c'est responsable de production et c'est au sein de Icy. C'est les films de Mounia Medbouh, notamment Papicha et Ouria, les films de Marc Dugain, qui est plus connu pour ses écrits, puisqu'il a fait La Chambre des Officiers, entre autres. On fait à la fois des longs métrages qui sont à destination de la salle, du cinéma, mais aussi pas mal de projets télé. On se soule de plus en plus à des projets audiovisuels, donc pour la télévision. On a fait notamment un film qui s'appelle Seul et qui sera diffusé à l'automne sur France Télévisions avec Samuel Lebihan. Et deux documentaires pour Canal+. Merci beaucoup Élise. Ok.
Wendy (Chance)
Hyper intéressant. Merci beaucoup pour tout ce partage. Pour rebondir sur la question d'Isabelle et Est-ce que tu as en tête peut-être des formations pour des personnes qui feraient une reconversion post 30 ans ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Je sais que la Fémis offre d'autres formations qui sont très intéressantes et qui sont plus larges, il me semble. Après, pour les personnes de plus de 30 ans, je ne sais pas exactement, mais ce que je conseillerais aussi, c'est la production, mine de rien. Il y a des profils extrêmement variés qui intègrent ce ces lieux-là. Il y a pas mal de formations qui sont, mine de rien... Après, ça dépend, je ne sais pas à quel point c'est possible ou pas, mais il y a des formations qui sont en alternance et qui sont plus intéressantes aussi parce que ça permet de se mettre directement dedans. Je ne l'ai pas vraiment dit tout à l'heure, mais pour moi, à mon sens, le poste d'assistant de production, c'est quand même important de passer par là à un moment ou à un autre pour avoir vraiment la réalité de ce que c'est de mettre les mains dans le cambouis, de faire un dépôt d'aide, de demandes de financement et tout ça. Mais pour l'instant, je pourrais faire une petite recherche et compléter le live en regardant les formations qui s'ouvrent aux personnes de plus de 30 ans, mais il y en a pas mal quand même.
Wendy (Chance)
Ok. Merci beaucoup. Est-ce que tu peux peut-être, avant de répondre à la question sur les qualités et les compétences, nous décrire déjà en quoi consiste ton métier ? En off, je sais que tu m'as dit qu'il n'y avait pas vraiment de journée type, mais je ne sais pas si tu peux nous raconter une ou deux journées avec des missions et des tâches que tu fais.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Oui, bien sûr. Je pense que ça va vraiment aussi dépendre d'une structure à l'autre et de l'organisation d'une structure à l'autre, de la définition des postes et rôles de chacun. Moi, par exemple, pour vous décrire la journée que j'ai eue là aujourd'hui jusqu'à présent, j'ai eu pas mal d'échanges avec une auteur avec laquelle je prépare un dossier de financement pour le CNC, donc le Centre National du cinéma et de l'image animée, qui est un peu vraiment notre principal interlocuteur en termes de financement public. Mon rôle, ça va vraiment être d'accompagner les auteurs dans leur préparation à ces dossiers. Eux vont faire l'écriture, mais je vais les guider. Si je devais faire un comparatif avec le poste de de producteurs ou de productrice, c'est de faire de la maillotique, donc accoucher d'un projet et aider l'auteur à accoucher d'un projet. Il y a vraiment cet accompagnement quotidien avec les auteurs dans la préparation de réunions, dans la préparation aussi de... Moi, je vais quand même gérer pas mal le planning de la société et en lien avec les auteurs qui vont me faire remonter à la fois les besoins et en lien avec l'exercice financement où je vais voir aussi quand est-ce qu'il y a tel ou tel dépôt qui va être nécessaire pour la construction du financement du film.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Et aussi le prod' qui va prendre les décisions, mais à qui se faire monter toutes les informations nécessaires pour les prendre, on va dire. Et il y a aussi évidemment tous les partenaires extérieurs qui sont hyper nombreux sur des films, qui soient pour le cinéma ou pour la télévision. Mais à chaque fois, on va avoir différentes personnes de la chaîne avec qui on va être en contact. Et ça, c'est vraiment quelque chose qui est propre à la production, c'est d'être vraiment au cœur de la matrice de A à Z sur le film. C'est C'est pour ça que je trouve ça intéressant. Parce qu'on va avoir les chaînes qui vont être en contact avec nous, ce qu'on appelle les distributeurs, donc c'est les personnes qui vont permettre au film de se sortir en salle, les vendeurs internationaux qui vont permettre de faire vivre le film à l'international. Toutes ces personnes vont concentrer les questions vers nous, puisqu'on est l'interface aussi... Il y a aussi des personnes très importantes qui sont les agents, que vous avez, j'imagine, dû voir dans la série 10%, mais avec lesquelles on parle aussi pour les auteurs et qui font mine de rien quand il y a des questions d'argent de contrat, etc.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Tout va passer par eux.
Wendy (Chance)
Ok, donc des missions.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Je ne sais pas si vous me voyez bien, mais... Exactement. C'est beaucoup de coups de fil, beaucoup d'échanges. Moi, je travaille avec un assistant de production qui m'épaule et m'aide énormément au quotidien, notamment justement, là, cette semaine, il est en cours parce que justement, lui, il est en alternance, mais c'est lui qui va aussi s'occuper de, par exemple, tous les contrats de techniciens. Je vais lui dire: On a telle personne à embaucher de tel moment à tel moment. Donc, il y a une grosse administrative. Et après, sur le reste, nous, on a la particularité, dans la société dans laquelle je suis, d'être en lien direct avec la postproduction qui est dans les mêmes locaux que nous. Donc, ça va être aussi sur des documentaires de montage, un gros suivi à faire. Et sur les tournages, on va un peu plus passer la main à des équipes de tournage, mais on va être là avant, après, pendant, à distance. Je peux vous détailler les étapes de la production après, s'il y a des questions là-dessus, parce que ça peut ne pas être très clair sur tous les déroulés, toutes les étapes de la vie d'un film.
Wendy (Chance)
Ok, super. On va voir si on a un peu le temps à la fin. Il y a des questions sur les compétences et les qualités nécessaires pour être responsable de production. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Et Clément nous interroge sur la part de créativité aussi dans ton poste.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Je trouve que c'est ça qui est intéressant avec le cinéma et les structures dans lesquelles on est, c'est que justement, dans les petites structures, et ça, ça va être différent dans des gros groupes, on est amené à avoir un peu un aspect couteau suisse. Donc moi, par exemple, à mon poste, évidemment qu'il faut que je sois quand même assez créative puisque je vais aussi m'occuper d'écrire la note de production, de relire tous les scénarios des auteurs, leurs notes. Il faut quand même que j'ai un regard là-dessus, que j'ai un regard qui soit construit, que je sache lire un scénario, que je sache regarder un montage, même si ce n'est pas forcément à chaque fois, toute l'équipe le fait. Mon regard est important, mais au même titre ou même un titre un peu en dessous de celui du producteur, par exemple. Donc, ça va dépendre vraiment de la configuration dans laquelle on est. Mais en tout cas, pour moi, c'est vraiment au cœur parce que J'aime particulièrement dans mon travail, le travail du développement, mais à chacun de faire son poste aussi. Il y a des gens qui, par exemple, vont beaucoup plus être intéressés par la partie financière, qui est aussi très importante, et la partie juridique, qui sont un peu le nerf de la guerre à chaque fois aussi.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
C'est savoir suivre et lire un budget, savoir suivre et lire un contrat. C'est des choses qui sont multiples, mais nécessaires. Après, c'est souvent où des producteurs bossent ensemble et vont combiner leurs qualités et leurs forces. Donc, certes dans une petite équipe, il va y avoir besoin de cet aspect couteau suisse, mais dans des groupes plus gros, on peut, selon nos intérêts, aller côté créativité, côté plutôt business affaire, etc.
Wendy (Chance)
Ok, merci Il y a une petite question d'Axelle, par curiosité. Tu parlais de souvenirs d'enfance avec le Festival du cours à Clermont-Ferrand, mais est-ce que ça a toujours été un rêve pour toi d'exercer ce métier-là ? Ou du moins dans ce domaine-là, peut-être ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Oui, je pense que j'ai toujours été intéressée par le cinéma depuis petite. Je dirais qu'il y a eu deux moments un peu fondateurs. Le premier, c'est con, mais c'est le dispositif lycéen au cinéma comme quoi ça marche, mais dans lequel j'ai vu des films qui m'ont vachement bousculé, interrogé. Je me suis dit: C'est incroyable de pouvoir faire ça et de pouvoir contribuer à ça et de pouvoir voir ça aussi, tout simplement. De pouvoir accéder à ce contenu, c'est une chance. Et derrière, au Festival du court métrage, justement, tout le monde dans ce festival se retrouve après les séances et dans les mêmes soirées. C'est un peu l'avantage de ce festival-là, c'est que c'est hyper démocratique. Et donc je me retrouve dans une soirée à Villey avec plein de gens qui travaillent dans le cinéma. Et à un moment, je n'étais pas très intimidée, mais je vais voir deux producteurs et puis je leur dis: Mais quand même, qu'est-ce que c'est votre travail ? Parce que c'est souvent un peu un truc un peu à peu près pour les gens de: Qu'est-ce qu'ils font les producteurs ? Est-ce qu'ils ramènent des sous ? Est-ce que c'est que ça ? Ils me font pas du tout, ce n'est pas du tout que ça.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Ce n'est pas du tout que ramener de l'argent. On est évidemment très impliqués sur la partie créative. On est le partenaire numéro un de l'auteur et la personne avec qui il va dialoguer, avoir un lien de confiance en premier aussi. Et moi, c'est ça qui m'a donné envie. Je me suis dit: Mais c'est trop bien, on est au cœur du réacteur et on aide des gens hyper créatifs à avancer et à aller amener leur projet à bien. Moi, c'est ça qui m'a donné envie.
Wendy (Chance)
Super. Merci. En tout cas, ça donne énormément envie. C'est hyper inspirant. On sent beaucoup de passion. Une question d'Élise concernant les agents. Est-ce que tu as peut-être plus d'informations à nous donner sur cette relation que tu peux peut-être avoir avec eux ou leur rôle ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Pour le coup, c'est plus mon collègue qui va être en direct avec eux sur les négociations de contrats, etc. Moi, je m'occupe moins de tout ce qui va être niveau de contrat et business à faire, justement, c'est plus lui qui va être là-dessus. Mais sur les agents, ils ont un rôle qui est assez sain parce que théoriquement, des fois, ça ne marche pas toujours comme ça, mais l'idée d'un agent, c'est de de faire une espèce d'interface entre l'auteur et le producteur pour ne pas avoir à parler de sous directement entre prod et auteur, parce que ça va aussi permettre aux auteurs de bien se défendre, faire valoir leurs intérêts aussi, encadrer tout le travail de production et protéger un côté et l'autre du métier. Tout est assez réglementé, mine de rien. Tous les contrats qu'on fait sont derrière mis au CNC, donc ça permet aussi d'avoir une espèce de gendarme pour vérifier que tout est dans les clous. C'est au registre des contrats du CNC. À chaque fois, tout est quand même assez encadré. Les agents vont aussi intervenir et pour les auteurs et pour les comédiens Ça va être exactement la même chose qui va se passer.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Souvent, les mêmes agents peuvent à la fois représenter des gens qui écrivent et des gens qui jouent. Après, il y en a qui sont plus ou moins spécialisés. C'est C'est mine de rien aussi des postes importants parce que c'est aussi à eux... C'est important d'avoir des bonnes relations avec les agents puisque c'est aussi eux qui représentent énormément de monde, qui vont se dire: OK, en fait, telle personne, elle serait super pour tel rôle, tel acteur a refusé, mais en fait, là, C'est ce que je sais que c'est bien à cette disponibilité. Donc, je ne sais pas si c'est clair ou pas sur les agents.
Wendy (Chance)
Ok, je pense que tu as répondu. En tout cas, Elise, n'hésite pas à dire si tu as un complément d'informations. Pas de questions. Je vais enchaîner, je suis désolée. Benjamin a une question, en vrai, deux questions, mais comment vous pouvez estimer le succès d'un court métrage ou d'un documentaire et de quel projet as-tu la plus fière ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Pour les courts métrages et pour les documentaires, ça ne va pas être les mêmes manières d'évaluer le succès puisque ça ne va pas être les mêmes canaux de diffusion. Pour les courts métrages, un gros indicateur, ce sera vraiment les festivals Festival. Après, ça va dépendre aussi de la manière dont on l'a financé. Souvent, on finance des courts métrages avec des préachats télé. Donc, s'il y a déjà un préachat à la clé, c'est signe d'un intérêt et ce n'est pas systématique quand ils sont produits. C'est quand même quasiment systématique qu'il y ait un plusieurs derrière. Et après, ça va vraiment être le circuit en festival, les prix que le court métrage va recevoir. Et en fait, ça va être souvent un effet boule de neige parce que plus le court métrage va en festival, plus il va être vu. Au sein même des festivals, il y a différentes catégories, il y a des catégories A et B, et ça va vraiment permettre de le faire vivre. Après, il y a aussi différents dispositifs en France qui sont liés à l'agence du court métrage, qui est une agence qui permet vraiment de faire vivre le format court.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Ils peuvent être notamment intégrés dans des dispositifs éducatifs, liés avec les écoles et tout ça. Ça, ça va être un peu des signaux forts pour les cours. Derrière, il y a aussi maintenant de plus en plus des ventes internationales sur les courts métrages, donc ça va aussi participer à ça. S'il y a des diffusions à l'étranger du cours, c'est quand même un signe de très bonne santé du programme, mais ça reste encore assez limité sur le format cours. Pour les documentaires, ça va être un petit peu la même chose, mais à une autre échelle. Ça va être peut être ce système de festival, selon là où le documentaire va faire sa première. Et le fait d'avoir différents partenaires aussi, mine de rien, ça va... Dès la construction du film, les partenaires vont être déterminants. Donc par exemple, avoir un vendeur interfort, ça va très déterminant pour la suite. Et après, il y a aussi évidemment le rôle, et là, je parle pour le long, aussi le rôle des critiques de la presse qui va donner quelque part le diapason pour la suite.
Wendy (Chance)
Et le projet dont tu es le plus fière ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Je pense que ça reste quand même le cours que j'ai produit parce que mine de rien, on l'a produit à deux avec une fille qui s'appelle Rumena Ivanova et qui avait fait l'atelier avec moi. C'était systématiquement un binôme de producteurs. C'est un cours qui fait huit minutes. Disons que je pense que j'en suis très fière parce que mine de rien, c'était un cours où on avait un budget extrêmement réduit, où il fallait mettre en scène une enfant au milieu d'une fête techno avec je ne sais pas combien de figurants et tout ça avec 13 000 € de budget. Donc vraiment, c'était un truc... Donc, le mener à bien et faire vivre cette foule et la faire vivre de manière crédible et tout ça, c'était quand assez chouette. Ok, trop bien.
Wendy (Chance)
Merci beaucoup. Elisa, qu'est-ce qui te donne le plus d'énergie dans l'exercice de ton métier ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Je pense que... Après, c'est un truc qui est assez personnel, mais moi, je fonctionne vachement à l'affect et aux gens. Et mine de rien, le cinéma, ça reste aussi de l'humain. Et moi, c'est ce que je trouve cool dans la de production, c'est que mine de rien, le côté qui pourrait être un peu frustrant, c'est qu'on n'a pas de... C'est difficile d'avoir les retours à chaud en nt de la salle des gens de manière générale, mais on peut quand même les avoir au moment des avant-premières, ces moments-là. Et de voir que ça fait écho chez les gens, que ça les touche, etc. C'est quand même hyper chouette. Et aussi ce côté où, mine de rien, bosser avec un auteur sur un texte et à la fin de la journée, se dire: Putain, là quand même, c'est vachement bien ce qu'il a fait. Voir la première version de montage et se dire: OK, ça va marcher, ça va avoir de la gueule, c'est chouette.
Wendy (Chance)
Ok, merci beaucoup. J'enchaîne sur les questions. Après avoir parlé de motivation, est-ce que peut-être, il y a des difficultés dont tu voudrais parler, des choses, des obstacles ou des doutes ? Je pense que tu peux rencontrer.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Oui. Les côtés négatifs qui sont quand même à prendre en compte. Il y a à la fois le revers de ce truc-là très positif qui est l'humain, peut aussi être le revers négatif qui est l'humain. Parce que gérer des auteurs, c'est aussi des fois... Des auteurs et des gens dans le cinéma, de manière générale. J'ai à la fois rencontré les personnes les plus extraordinaires que j'ai pu voir de ma vie et en même temps, des personnes qui sont aussi compliquées. C'est beaucoup d'ego à gérer, beaucoup de timing et d'intérêt contradictoire à gérer dans des temps resserrés souvent. Donc ça, c'est assez difficile de la concilier, mais en même temps, c'est chouette quand on y arrive. Il y a aussi, je pense, le revers de tous les métiers de la culture qui sont sous couvert de métiers passion. En fait, il ne faut pas compter ses heures, il ne faut pas compter sur des salaires mirobolants quand on commence. C'est aussi travailler beaucoup pour des salaires qui ne sont pas toujours rémunérateurs. Et là, je ne parle pas que de la société dans laquelle je travaille et tout ça. C'est vraiment un truc qui est assez généralisé dans le cinéma.
Wendy (Chance)
Merci. Tu parlais du rythme de travail. Justement, il y a une question d'Alice qui évoque la balance entre la vie perso et la vie pro et qui te demande aussi si tu as souvent amené à des déplacements ou des tournages loin de chez toi.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Alors, moi, en travaillant en CVI dans une société de production, pas tant que ça. Je vais faire un mini détour personnel, mais je travaille avec mon... Non, avec mon copain qui travaille aussi dans le cinéma et qui lui, il en a plus que moi parce qu'il travaille plus côté festival, donc il est plus amené à voyager là-dessus. Et je trouve que mine de rien, c'est chouette qu'il bosse dans le ciné parce que l'équilibre vie-boulot-perceau, on peut aussi en parler. Sans que ce soit réellement du travail, j'ai aussi une compréhension et un soutien par rapport à ça. Mais oui, il y a des moments où, là, par exemple, juste avant Cannes, on avait un documentaire qui y est allé et c'était hyper intense. Je n'ai quasiment pas eu de mais ce n'est pas du tout un truc qui est généralisé. Mais c'est souvent où en fait, oui, mon boss aime bien dire: La prod, c'est 24h/24, 7j/7. Oui et non. Il y a des moments où on peut aussi lui rappeler. Mais disons qu'il peut y avoir des urgences parfois le soir, quand on bosse sur un sujet avec les États-Unis. Oui, il y a 23h00, il y a le partenaire des États-Unis qui va nous poser une question et où d'un coup, il faut répondre rapidement.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Mais ce n'est pas du tout un truc qui est quotidien, j'ai tiré ça.
Wendy (Chance)
Ok, merci.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Donc c'est C'est...
Wendy (Chance)
Merci beaucoup pour ta transparence. Je vois que l'heure défile. Je vais prendre les trois dernières questions avant de conclure. Axelle demande si tu as des envies de passer devant la caméra.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Non. Je l'ai déjà fait sur un projet étudiant, mais franchement, je fais du théâtre à côté et j'adore faire ça. C'est mon sas de décompression complet une fois par semaine et c'est génial. Mais non, je pense que c'est compliqué d'être comédien. C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de résilience, beaucoup d'acharnement. Je pense que ce serait très compliqué pour moi à gérer.
Wendy (Chance)
D'accord. Merci beaucoup. Elise, savoir si tu as des recommandations en termes de personnes ou d'organismes ou des conseils vis-à-vis du métier d'agent. Ça, je ne sais pas si tu peux en avoir maintenant spontanément, mais sinon peut-être que... Je ne sais pas si tu serais d'accord d'être contacté sur LinkedIn pour répondre aux questions auxquelles on n'aurait pas eu le temps de répondre. Bien sûr. Oui, voilà.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Bien sûr, il n'y a pas de problème.
Wendy (Chance)
Et Patrice qui nous demande si tu as déjà été amené à intervenir ou proposer des modifications, peut-être sur les scénari ou les contenus de tes projets.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Oui. Tout le temps ? Cotidiennement. Je donne vachement mon avis aussi et mine de rien, mes boss me font aussi confiance là-dessus, donc plus ça va et plus je prends les devants souvent pour les retours sur les scénarios.
Wendy (Chance)
Ok.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Pas scénari, Si on est d'accord.
Wendy (Chance)
Et Serène s'interroge sur le fait d'avoir une grande culture cinématographique pour travailler dans ce milieu-là. Est-ce que c'est nécessaire ou est-ce qu'en étant intéressée, attirée, ça suffit ou il faut être vraiment passionné ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Alors, on ne va pas se mentir, ça aide d'avoir quand même une bonne culture cinématographique, tout simplement parce que pour pouvoir parler de films, il faut aussi en avoir vu pas mal et savoir faire la différence. Mais après, c'est aussi des choses qui s'apprennent sur le tas et qui viennent au fur et à mesure. Mais c'est sûr que c'est quand même un plus. Typiquement, oui, on est tout le temps en train d'aller chercher et mobiliser des exemples d'autres films existants, d'aller chercher des C'est quand même un art qui se repose sur des choses préexistantes. Donc oui, ça compte.
Wendy (Chance)
Allez, dernière question.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Benjamin, est-ce que tu as déjà fait le Festival de Cannes ?
Wendy (Chance)
Et est-ce que tu as déjà monté des marches ?
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Oui, Benjamin, j'ai déjà eu l'occasion de faire ça. Je l'ai fait trois fois. Et les montées des marches, c'est assez... Merci. C'est assez marrant. Ce n'est pas tellement comme on s'imagine parce que c'est assez blindé et donc tout le monde se bouscule dessus. Parce qu'il y a deux choses différentes. Il y a faire la montée des marches avec le protocole et faire la montée des marches pour aller voir les films qui sont diffusés dans la grande salle. Mais c'est assez stylé parce que mine de rien, on est juste à côté des équipes des films qui ont réalisé tout ça et de voir les réactions directes, c'est quand même assez tripant.
Wendy (Chance)
Merci beaucoup pour toutes ces réponses. On a déjà dépassé d'une minute, pardon, mais je pense qu'on pourrait rester encore longtemps à discuter, à échanger. Merci vraiment pour ton temps précieux parce que comme on a pu l'entendre, c'est rare aussi. C'était hyper intéressant. Merci aussi à toutes les personnes qui ont assisté à ce live. Merci pour votre présence, votre écoute et toutes vos questions, votre enthousiasme. Pour finir, si vous aussi, à votre tour, vous voulez apporter un petit coup de pouce professionnel, à Chance, on a lancé il y a quelques semaines une initiative qu'on appelle 3 minutes pour les autres. C'est gratuit. Et puis, vous pouvez apporter des renseignements sur des expériences, des métiers ou bien aussi solliciter la communauté pour obtenir de l'aide également. Ça marche dans les deux sens. Je vous glisse le lien dans le chat. N'hésitez pas à aller faire un tour. Vous verrez, c'est assez facile et enrichissant d'échanger comme ça avec des professionnels comme toi aujourd'hui. Donc, merci beaucoup. Et si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à ajouter Rosalie sur lundi.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Merci pour toutes nos questions.
Wendy (Chance)
Merci. Bonne fin de journée.
Rosalie Gleyze (Responsable de production cinématographique et audiovisuel)
Merci beaucoup. Merci. Bonne fin de journée. Merci encore.
Wendy (Chance)
Salut.
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