Maya Saenz-Arnaud, Responsable éditoriale

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Marine (Chance)

C'est bon, on est live. Bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup d'être venu à ce live des Métis en coulisses. Merci Maya d'avoir répondu présente. N'hésitez pas dans le chat à nous dire d'où vous nous regardez. C'est toujours chouette de savoir où vous êtes. Je sais qu'à chaque fois, c'est un peu partout en France, voire même à l'étranger. Donc n'hésitez pas à nous dire et à poser aussi vos questions dans le L'idée, c'est que ce soit interactif. Là, je vois qu'il y a Emilie qui nous regarde de Grenoble. Bonjour Emilie.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Bonjour Emilie.

Marine (Chance)

Pour commencer, Maya, est-ce que tu peux nous raconter un petit peu Bonjour Catherine de Bordeaux, Véronique de Montpellier. C'est bon, les gens commencent à arriver. Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours et comment tu es arrivée au métier que tu occupes aujourd'hui et les éventuelles rencontres marquantes, personnes qui t'ont aidé, conseillers, pour exercer le métier que tu exerces aujourd'hui ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Alors oui, j'ai suivi des études de lettres de manière assez classique. J'ai fait un master de littérature comparé à la Sorbonne. Et puis, j'ai enchaîné assez rapidement par des stages pendant presque un an, un an et demi. À l'époque, on pouvait avoir pas mal de conventions de stage. Je crois qu'aujourd'hui, c'est un peu plus compliqué. Mais voilà. Donc, j'avais réussi à enchaîner presque un an et demi de stages dans divers maisons d'édition parisiennes, dans le beau livre, la jeunesse, la littérature générale, le documentaire. J'avais un petit peu exploré différents secteurs de l'édition. Et puis, de grosses maisons d'édition, d'ailleurs, à une petite plutôt indépendante. Et puis, à l'issue du dernier stage que j'ai fait, on m'a proposé un CDD. Donc, j'ai pris évidemment ce CDD qui s'est renouvelé plusieurs fois, je crois, pendant un an, quelque chose comme ça. Et puis, finalement, je suis restée dans ce poste-là d'éditrice en jeunesse chez Hachette Livre pendant cinq ans, si je ne dis pas de bêtises. Puis, j'ai démissionné et il y avait une création de postes dans une petite maison à l'époque qui était indépendante d'édition aussi jeunesse qui s'était créée. Donc, j'ai pris ce poste qui était vraiment une créa pour monter une collection de romans jeunesse où tout était à faire.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Je suis restée presque six ans dans cette maison. Ensuite, j'ai fini par partir aussi et à me lancer en freelance à mon compte. C'est ce que je fais aujourd'hui.

Marine (Chance)

Génial. Et pour qu'on puisse avoir une réalité un peu plus concrète de ton métier, est-ce que tu peux nous raconter à quoi ressemble une journée ou une semaine type de Maya ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Oui, alors être éditeur, on consulte ses mails, c'est la première chose qu'on fait le matin. On vérifie s'il y a des urgences. Là, par exemple, si je donne les deux heures de travail que j'ai commencées avant le live, j'ai envoyé un rétroplanning à un graphiste, j'ai validé un réasseur sur une série qui avait besoin d'un réassort sur les prochains mois, j'ai fait un brief pour un illustrateur, relu un texte. On peut faire aussi toutes les parties commerciales, donc faire des textes de quatrième de couvertureou ça, c'est obligatoirequand on est éditeur et faire des argumentaires commerciaux aussi. Et puis après, c'est beaucoup de relectures de textes, parce que l'éditeur, c'est vraiment le chef d'orchestre entre l'auteur, l'illustrateur, quand c'est de l'édition jeunesse notamment, ou en tout cas illustré, et puis la maison d'édition. Donc, on reçoit des textes, on doit aller retravailler, faire des prépas de copies avec les auteurs, faire beaucoup d'allers-retours entre l'auteur, la maison d'édition, son travail et sa perception du texte en tant qu'éditeur externe. Encore une fois, parce que là, moi, je parle en tant qu'externe, quand on est en interne, c'est sensiblement le même travail. C'est simplement qu'on a des responsabilités un peu différentes parce qu'on est vraiment en prise directe avec tous les secteurs de la maison tous les métiers de la maison, que ça soit le budget avec la partie financière, le marketing, la communication, les graphistes, évidemment.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

C'est des parties qu'on voit un petit peu moins quand on est externe. On travaille avec surtout des auteurs, des illustrateurs, des graphistes, un peu le marketing et la com quand même. Mais les budgets sont à louer, donc on a moins de prise là-dessus. En revanche, en tant qu'éditrice externe, c'est quand même moi, souvent, qui négocie des budgets avec les auteurs, les illustrateurs. Mais peut-être qu'il faut que je refasse un petit point sur qu'est-ce que le métier d'éditeur ? Ça sera peut-être intéressant pour les gens qui ne connaissent pas du tout. L'éditeur, comme je le disais, c'est celui qui est un petit peu le chef d'orchestre, qui fait en sorte que le livre arrive en librairie. Et avant que le livre arrive en librairie, il y a beaucoup d'étapes, ce qu'on appelle la chaîne du livre, et beaucoup d'intervenants différents: un auteur, un illustrateur, un graphiste, un éditeur qui vient mettre de l'huile là-dedans pour que les rouages soient bien fluides, mais aussi un contrôle de gestion qui va définir un budget pour que le livre ait un coût, évidemment, et rapporte un certain... Enfin, une économie du livre à bien garder en tête, savoir à quel prix mettre le livre, dans quelle collection l'insérer, quand le sortir, s'il répond à une saisonnalité forte.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Je dis n'importe quoi, en jeunesse, les livres d'anniversaire, on sait que le pic des naissances, c'est entre avril et juin. Les livres sur les anniversaires sortent souvent entre mai et juin. Et puis, parfois, il y a des livres de fond, évidemment, qui sortent à peu près à n'importe quel moment de l'année. Mais ça peut être aussi des livres qui vont coûter plus cher en fabrication, qui auront demandé un travail esthétique, graphique, de fabrication plus fort, donc qui vont être plus forts en prix de vente public et donc qui vont sortir plutôt en période de Noël, parce que c'est là que les gens font des cadeaux de Noël avec des livres. Il y a tout un tas d'étapes extrêmement importantes entre le manuscrit de démarrage et ce qui arrive à la fin dans les librairies et ce que les lecteurs peuvent voir dans les vitrines et sur les rayonnages. Et en tant qu'éditeur free, Il y a quand même plusieurs casquettes, parce qu'à certains moments, on est apporteur de projets. C'est-à-dire que moi, avec l'expérience que j'ai, ça fait plus de 15 ans maintenant que je travaille dans l'édition, je peux arriver avec des projets dans les maisons d'édition pour dire: Cet auteur a une idée super, voilà comment est-ce que je l'imagine.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Quel serait l'illustrateur qui pourrait parfaitement correspondre avec cette thématique, avec ce sujet-là ? Voilà comment est-ce qu'on pourrait l'imaginer chez vous et dans quelle collection. Ça, c'est vraiment la partie apporteur de projets. Qui n'est pas la partie principale, parce qu'elle n'est pas très rémunératrice ou en tout cas un peu compliquée à mettre en place à plein temps. Et puis, il y a aussi une partie un peu autre des missions qui serait: les maisons d'édition ont des programmes éditoriaux très riches, très forts, avec beaucoup de production. Ils ne peuvent pas tout faire en interne et ils font appel à des éditeurs comme moi en freelance et ils disent: Voilà, tel bouquin va sortir à telle date. Voilà notre budget. Est-ce qu'on a un auteur ? Est-ce qu'on a un administrateur ? Oui, non, ça dépend. Vas-y, débrouille-toi. Et on C'est plusieurs réalités du métier, on va dire.

Marine (Chance)

Génial. Passionnant de découvrir les coulisses de ce produit qu'on connaît tous, à savoir le livre. J'ai Je pense que quand on parle d'un travail, on dit que c'est quatre piliers. Tu connais ? Il y a le fameux pilier métier, qui est donc tes actions au quotidien, ce que tu viens de nous raconter, les missions concrètes du job. Il y a aussi le pilier environnement. Ça, je trouve ça hyper intéressant parce que souvent, les gens, quand ils arrivent chez Chance, ils ont parfois une envie de changement radical parce que ça se passe mal dans leur travail et parce qu'il y a un gros mal-être. Ils se disent: Il faut que je change de métier, c'est une catastrophe. En fait, ce qu'ils peuvent découvrir au fil du travail chez Chance, c'est qu'un travail, ce n'est pas qu'un métier, c'est aussi d'autres éléments. Là, je prends l'environnement parce que je trouve que tu as un bel exemple. Parce qu'éditrice, j'imagine que la réalité peut être assez différente si tu es dans un grand groupe en salarié comme tu as été au début, ou si tu es à ton compte. Et ça m'intéresserait que tu nous racontes un peu quelles sont les différences entre les deux.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Bien sûr, pour répondre à cette question, c'est sûr que Là, j'ai un point de vue qui peut être intéressant. J'ai travaillé plus de 10 ans, si je fais bien les comptes, en entreprise, dans une très grosse entreprise, AchatLivre, et une maison qui maintenant a énormément grossi, mais qui, à l'époque, était vraiment... Je ne sais pas, on était 20, 25, c'était vraiment une petite maison. Donc, face aux 2 000 salariés chez AchatLivre, c'était un peu différent. Oui, la réalité de l'environnement est très différente. Ce qui est certain, c'est que dans dans les très grosses entreprises et dans les grosses maisons d'édition, surtout que en ce moment, le panorama de l'édition est en train de changer parce qu'il y a des rachats, des OPA, peut-être que certains en ont entendu parler. Les réalités sont très différentes. On a souvent beaucoup de moyens. Dans les maisons que j'ai traversées, il y avait pas mal de moyens. En revanche, on a un levier d'action qui est quand même assez drivé par la hiérarchie. Et puis, les décisions prennent un petit peu de temps à être prises. Ça dépend. C'est bien sûr à moduler en fonction des maisons d'édition, mais quand on a une idée, ça peut prendre des mois à être mis en place, même si l'idée est formidable et même si tout le monde, les directeurs, tout le monde est emballé, ça prend un peu de temps.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Et et puis moi, j'avais un petit peu le sentiment: J'ai tout appris chez Hachette. C'était une expérience formidable. Toutes les personnes que j'ai croisées m'ont appris énormément. J'ai compris mes lacunes aussi dans ce métier, toutes les choses sur lesquelles je pouvais m'améliorer, mais j'étais un peu vraiment une petite fourmi. Donc, j'aurais pu continuer là-bas et petit à petit grandir. Ce n'est pas incompatible, mais j'ai vraiment l'impression d'être microscopique fourmi dans cette superbe fourmilière qui était très dynamique. Mais à l'échelle personnelle, ça me manquait un petit peu. Donc, je suis allée voir ailleurs. J'ai commencé dans cette maison qui était vraiment plus petite à l'époque. Et là, c'était tout l'inverse, c'est-à-dire que les décisions se prenaient en cinq minutes, quasiment. C'était épuisant aussi parce qu'on était une machine à prendre des idées. Il fallait toujours avoir des nouvelles idées, toujours être plus curieux, toujours plus dynamique, toujours plus créatif. Donc c'était assez formidable, un peu épuisant aussi, mais il y avait tout à faire. On était une équipe extrêmement soudée. Tout le monde se connaissait. J'ai gardé des contacts formidables et ce sont des amis aujourd'hui aussi dans cette maison. On apprend aussi une forme de flexibilité d'être très couteau suisse quand même, parce qu'il faut penser à tout, ne jamais oublier qu'un livre pour être lu doit être acheté.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Et donc, on n'est pas un éditeur dans sa petite tour d'ivoire à concevoir des livres de manière très théorique avec ses auteurs. Ça, ça ne marche pas. Ça n'est pas du tout la réalité du métier. Il faut au plus près des libraires, des équipes commerciales aussi. Ça, c'est le chénon juste avant. Et c'est très important de garder ça en tête. Et dans l'environnement, ça se ressent vraiment. Par exemple, dans ma deuxième boîte, j'étais très proche. Je connaissais personnellement l'équipe commerciale, les représ qui défendaient nos livres et c'était eux qui nous apportaient parfois des idées aussi. C'était vraiment très intéressant. Je ne dis pas que ça n'existe pas forcément dans les grosses maisons, mais les rouages sont un peu plus lents parce que c'est des gros mastodontes. Il y a un contact plus humain. Et aujourd'hui, dans le freelance, la grosse différence, c'est qu'on est quand même beaucoup plus seuls. Et c'est pour ça aussi que j'ai entamé le parcours Chance, c'est C'est que c'est exactement ce que tu disais Marine au démarrage, c'est que je sentais que j'aimais toujours autant mon métier, mais je crois que je ne l'aimais plus trop comment je le faisais.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Et j'étais beaucoup derrière mon ordinateur. En plus, le COVID est passé par là, donc moins de réunions à Paris, en tout cas dans les bureaux, ça s'est ouvert très lentement. C'est qu'à partir de fin 2021, j'ai trouvé qu'on pouvait retourner dans les bureaux avec les éditeurs. Ça m'a manqué, ce contact me manquait. Et puis, le sentiment quand même de faire un petit peu les choses dans dans le coin. Ça peut être très confortable aussi parce que moi, je suis responsable éditoriale, éditrice, donc je suis très autonome, je connais bien mon travail, je connais bien mon métier, mais on a peu de retours quand on est free quand même. Le seul retour qu'on a finalement, c'est qu'on nous rappelle et que les clients sont toujours là, mais on nous dit pas souvent quand même: C'est super, tu as monté ça. On a un petit peu moins de retours que quand on est en interne. La différence, c'est ce que je dis toujours: il n'y a pas forcément plus de liberté quand on est autonome. Ça, je pense que c'est vraiment quelque chose qu'il faut avoir en tête. On est peut-être plus flexible parce que c'est sûr que si j'ai un rendez-vous chez le médecin, si j'ai un souci de garde pour mon enfant, je suis évidemment flexible.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Je ferme l'ordinateur et ce n'est pas très grave, je travaillerai le soir. C'est le lot de tous les fric qui connaissent bien ça. Mais on a quand même des délais à respecter, des échéances. Les rétroplanings que moi, je passe mon temps à faire, je dois bien les respecter, ce sont les miens. Ce sont sur lesquels je me suis engagée avec les intervenants avec lesquels je travaille, les auteurs, les illustrateurs, etc. Donc, on n'est pas forcément plus libre, on n'est plus flexible. Donc ça, ça n'a pas de prix. Et je sais que je ne me suis pas dit: Tiens, je retournerais bien en salariat. Je me le suis un peu dit, mais rapidement. Après, je me suis dit: Non, il faut que je garde quand même cette forme de liberté. En revanche, c'est l'idée d'équipe et de collectif qui me manquait beaucoup en free. Et c'est pour ça que j'ai juste décidé d'ajouter une corde à mon arc à la fin du parcours-chance plutôt que de virer complètement et de faire un virage à 360. Je ne sais pas si j'ai répondu à la question.

Marine (Chance)

Si, bien sûr. Et par curiosité, tu peux nous raconter quelle est la corde que tu ajoutes ou c'est encore... ? Oui.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

En fait, on va rester dans le domaine du livre. Ce que je n'ai pas dit, c'est que maintenant, je suis aussi autrice pour les enfants. J'ai écrit des livres jeunesses depuis deux ans, donc j'ai plusieurs livres qui ont été publiés ces derniers temps et ça continue, donc je suis très contente de ça. Ça, ça m'a aussi ouvert une grande respiration à un grand bol d'air dans mon travail d'éditrice. En plus, j'essaie de devenir libraire aussi à mes heures perdues, parce que je n'ai pas d'heures perdues, en fait. Là, l'année 2024 va être un gros challenge pour moi pour essayer de peut-être trouver un poste, une formation en librairie. Là, je vais faire un stage cet été. Je suis très contente, de mes 41 ans, j'ai un stage en librairie. Je suis enchantée. C'est une super librairie en plus, donc je suis ravie. Je vais apprendre petit à petit ce nouveau métier qui m'a toujours passionnée. Je me l'étais un peu interdit en me disant: Non, tu es éditrice, tu ne peux pas être libraire, ce n'est pas possible. Je crois que d'être devenue aussi un petit peu autrice, ça m'a ouvert aussi une croyance un peu limitante de me dire: Non, tu es qui d'étrice ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Ça n'est pas possible d'être autrice. Maintenant, je serai peut-être l'année prochaine autrice, éditrice et libraire. Ça serait super. Je vais essayer d'aménager mon emploi du temps pour pouvoir garder les trois activités. Le groupe, le commun et le collectif, je pense, je vais pas mal le trouver dans la partie librairie. Et puis, je vais découvrir encore un métier, donc ça, je trouve ça formidable. Et puis, je vais vraiment connaître la réalité des livres qu'on conçoit, nous, en tant qu'éditeur, leur vraie vie ensuite sur les tables de librairie, parce que je connais un petit peu ça, je l'imagine et je le connais un petit peu, mais en fait, je ne l'ai jamais vécu vraiment à la place d'un libraire et je pense que ça va être source de remises en question aussi beaucoup dans mon travail d'éditeur, de mieux comprendre la vie du livre jusqu'au bout.

Marine (Chance)

C'est génial. On se retrouvera peut-être pour un live métier libraire.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

J'espère C'est encore un peu flou, mais j'espère.

Marine (Chance)

Il y a une question d'Émilie qui nous demande: qu'est-ce qui a été le déclencheur que tu te lances dans l'entrepreneuriat ? Parce que j'imagine, ça fait un peu peur, non, après tant d'années de salarié ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Oui, Je n'avais pas trop peur, finalement. Non, ça allait. La grande chance que j'ai eue, et ça, c'est une question de hasard quand même, c'est que je suis ressortie très forte de ma dernière expérience en en fait. C'est-à-dire que j'ai mis presque neuf mois à quitter mon boulot parce que même s'il y avait des choses qui n'allaient plus globalement, j'étais très bien dans mon équipe, je m'entendais bien avec mon responsable. Il y avait des choses, on savait tous que j'étais arrivée un peu à la limite. Mais je pense que c'est par J'ai mis neuf mois à partir, donc c'était un peu long. Et en fait, j'étais quand même, je crois, très épanouie. J'étais conscience de mes forces aussi parce que la collection que j'avais lancée avait besoin encore de développement, bien sûr, mais vivait sa vie. Je crois qu'on était tous très fiers de ce qu'on avait réussi à faire tous ensemble. Je parle évidemment des équipes en interne parce que je n'étais pas toute seule du tout à mener cette collection. Je suis ressortie quand même de ce poste assez forte, je crois, de mes compétences. Ça ne m'a pas empêché d'avoir beaucoup de doutes et j'ai eu très peur.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Quand même, la première année, ça a été très fluctuant. Mais ce qui m'a poussée à partir du salarial là, c'était vraiment l'envie de découvrir d'autres méthodes de travail avec d'autres maisons d'édition. Parce que mine de rien, quand on reste un certain temps dans une maison, et même si celle-ci était très dynamique et vraiment, on avait tout à faire un peu, c'était un peu startup, du coup, il y avait quand même ce truc de me dire: Je commence à me mettre dans un moule, je commence à être dans quelque chose de très confortable. C'est super. Mais j'avais un peu l'illusion, parce que finalement, ça ne s'est pas trop passé comme ça, mais j'avais un peu l'illusion de me dire: Là, je vais travailler avec plein qui ont toutes des fonctionnements différents et je vais apprendre forcément. C'est quand même le cas, j'ai quand même appris beaucoup, mais en fait, en tant que free, on n'est quand même jamais dans la maison d'édition. Donc, le côté collectif, je me suis vite rendu compte que je ne l'avais pas en tant que freelance. Donc, il y a plein d'autres de qualité dans le free. C'est ce que j'ai expliqué tout à l'heure.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Mais voilà, c'était ça qui me poussait, en tout cas, à me mettre à mon compte, notamment.

Marine (Chance)

Ok, très clair. Merci beaucoup. Et il y a Véronique qui demande: Vous a-t-il été facile de négocier vos contrats freelance ou est-ce que vous avez eu des surprises ou un des déconvenues ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Oui, en fait, quand on est free, on est bien organisé. On essaye d'avoir un taux journalier, se dire: Non, il ne faut pas que je descende en dessous de ça. On calcule ses taxes, on calcule tout: la com, les jours perdus, à faire de la communication, du démarchage et tout ça. Ça, c'est la version théorique. Pas rêvée, je dirais pas rêvée, théorique. Et ensuite, on se confronte au grille tarifaire des éditeurs. Donc, qui, parfois, n'est pas en adéquation avec ce qu'on avait imaginé. En réalité, tout est négociable et je crois qu'il faut toujours négocier ces contrats, sauf si vraiment la proposition est impeccable, ça rentre nickel, évidemment, allons-y. Mais c'est quand même C'est quand même important de négocier aussi parce que les éditeurs, je pense que c'est comme tout client, quand ils voient que vous êtes bon marché, ils finissent par toujours vous proposer des missions bon marché. Et puis, une fois qu'on a accepté une mission bon marché, une deuxième, une troisième, c'est très compliqué. Il y a toujours le piège du début de se dire: Il me faut quand même des... Et c'est normal, il me faut des nouveaux clients. On démarre, on a besoin de ça pour commencer.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Il faut trouver une sorte d'équilibre, se dire: Ça, je le prends. Moi, maintenant, je dis beaucoup plus facilement non. Avant, j'avais du mal à dire non. Maintenant, je le fais pour deux raisons. D'abord parce que je considère que mon travail a une valeur et que je ne veux pas l'abrader non plus. Et je réponds vraiment souvent à ce truc de me dire: Est-ce que j'apprends quelque chose de nouveau ? Et si j'apprends quelque chose de nouveau, j'accepte la mission. Alors, sauf si c'est un tarif absolument indécent, ça, je ne le fais pas. Mais si le tarif est peut-être un tout petit peu inférieur à ce que j'imaginais, mais que vraiment, je sens que ça va être une belle collaboration, que je vais apprendre beaucoup de choses, j'y vais. Vraiment. Même aujourd'hui, après presque six ans de freelance, j'y vais. Et ça, ce n'est peut-être pas un bon conseil, je ne sais pas. Et ce n'est pas du tout parce qu'on est dans un métier passion, parce que je déteste cette expression et je crois qu'elle veut tout dire. Et puis surtout, elle veut dire qu'on peut se Ça a un peu marcher sur les pieds et c'est dommage.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Mais je crois quand même qu'on est obligé de garder une forme de curiosité, une forme de nouveauté, de fraîcheur dans ce métier. Et c'est quand même en acceptant des nouvelles missions qu'on peut garder ça aussi. Il n'est pas question d'accepter des missions indécentes, ça, c'est sûr que non. Et je l'ai fait. J'ai eu des mauvaises surprises parfois, des déconvenues, comme disait cette personne. Ça, je les blackliste, clairement, je n'y retourne plus. Vraiment, on parle souvent des éditeurs qui blacklistent leurs auteurs ou en tout cas les personnes avec qui ils travaillent. Ça peut tout à fait être dans l'autre sens. Et moi, ce qui m'a aidé, c'est que j'avais créé un petit groupe Facebook quand je me suis lancée, avec quelques éditrices freelance que je connaissais plus ou moins de contacts et de réseaux. Et en fait, on sait quand même... C'est un groupe qui fonctionne et qui vivote, mais mine de rien, on continue à se poser des questions, à se dire: Tiens, est-ce que là, il faut y aller ? Toi, tu as accepté combien pour telle mission ? Parce que le freelance, c'est quand même... En tout cas dans l'édition, c'est très opaque. On n'a pas trop d'infos sur les tarifs, sur ce qu'on peut accepter, ce qu'on ne doit pas accepter.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Et ce petit groupe m'avait pas mal aidé à l'époque. Voilà.

Marine (Chance)

Super. Et effectivement, c'est toujours, je pense que la costoie le métier d'avoir des groupes avec des confrères, consœurs. Ça aide, ça reboost, ça rassure.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Et l'édition est très là-dessus et très posé sur la compétition et surtout, on ne parle pas des tarifs, on ne parle pas. Et de mettre un petit coup de pied quand on peut. J'entends, je suis loin d'être une révolutionnaire, mais de rendre les choses un peu plus transparentes C'est bénéfique pour tout le monde, je crois.

Marine (Chance)

Génial. Je vais essayer de retrouver ton LinkedIn, parce que je vois qu'il y a des gens qui demandent. Il y a une question de Anna: quelle formation allez-vous suivre pour votre nouveau challenge en tant que libraire et combien de temps doit-on compter ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Je me suis renseignée et je me suis rapprochée notamment d'une école, parce qu'en fait, en librairie, il n'y en a pas mille. Ça s'appelle tout simplement l'École de la Librairie. Ils sont basés à Maison Alphore, ils proposent des formations en présentiel ou à distance et ils ont pas mal de modules. Alors soit vous faites une reconversion complète, soit vous faites des petits modules. Moi, je vais voir ce à quoi j'ai droit, puisque je ne suis pas libraire et donc je ne suis pas certaine aujourd'hui que j'ai le droit à prendre juste des modules qui peuvent m'intéresser. Et pour être très honnête avec toi, Anna, je vais surtout réfléchir après l'expérience que j'aurais eue en stage cet été. J'ai beaucoup discuté, je pense, avec avec la libraire qui est ma tutrice, et je vais lui dire: Quel est le bilan à la fin de ce mois de stage ? Est-ce que tu penses que je peux me lancer comme ça en poste, sur des postes de débutant, en CDD en plus, et quelques heures par semaine ? Et j'y vais parce que tu as le sentiment que je suis prête, que j'ai encore à apprendre, mais que je suis prête ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Ou est-ce que tu penses que vraiment m'asseoir mes compétences avec une formation, ça peut vraiment être un gros plus et je trouverai plus facilement du boulot en 2024 ? Je vais un peu suivre ces conseils, ceux du reste de l'équipe aussi. C'est un peu ce que je me suis donnée comme objectif. J'avais déjà contacté cette école qui a l'air très reconnue dans les librairies. J'en ai parlé à plusieurs libraires qui m'ont dit: Oui, c'est un peu le sésame des librairies et des libraires. Je ne savais pas, mais c'est un métier, en fait, c'est un corps de métier où il y a vraiment de tout. Il y a vraiment des gens qui se sont formés à la librairie et il y a aussi des anciens représ commerciaux, des personnes qui viennent d'autres horizons et qui se lancent. Parce que c'est un métier de commerçant, quand même, aussi, la librairie. C'est cette formation qu'on m'a recommandée.

Marine (Chance)

Tu peux me redonner le nom, que je le note ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Je ne dis pas de bêtises. Oui, l'École de la Librairie. Ok, exactement. Elle avait un nom avant.

Marine (Chance)

Trop chouette. Merci beaucoup. Il y a une question d'Émilie qui demande si tu peux un exemple de mission que tu fais en ce moment ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Oui. Je travaille sur pas mal de séries différentes. Je travaille sur des séries de premières lectures pour un éditeur jeunesse parascolaire. Je lance des créations de séries. Là, par exemple, il y a une série qui est venue de l'éditeur, qui a eu envie de faire des livres jeux pour enfants. On a imaginé une nouvelle série, on avait l'auteur, on n'avait pas l'illustrateur, donc je leur ai proposé plusieurs illustrateurs. Je leur ai proposé plusieurs illustrateurs. J'ai fait de la veille... Je n'en ai pas parlé tout à l'heure, mais je fais beaucoup de veilles concurrentielles et beaucoup de veilles d'illustrateurs et d'auteurs. Je lis beaucoup, bien sûr, ça va de soi, pour trouver des nouvelles voix, etc. Là, j'ai travaillé sur tout ce projet-là qui sortira en 2024. Il y a quatre tomes qui vont sortir. C'est toute la chaîne du livre qui se met en place, trouver un graphiste ou travailler avec les graphistes des maisons d'édition. Je travaille aussi sur la réécriture d'un un roman. Ça, c'est un peu entre l'éditeur et l'auteur, parce que c'est un entre deux. C'est, on va dire, une grosse prépa de copie, mais là, il y a beaucoup de choses à retravailler, donc ça va presque dans la partie écriture.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Je suis en train de boucler quatre romans. C'était de la licence chez Nathan, une petite licence qui se termine là. Et puis, on va boucler, on va envoyer en fabrication les quatre livres. Là, je n'ai plus que les maquettes à relire. La maquette, c'est vraiment le fichier du graphiste avec les textes, les images. Tout est mis en ordre parfaitement et après, on envoie au fabricant qui appuie sur un bouton et ça part en fabrication chez l'imprimeur. Qu'est-ce que je fais en même temps ? Oui, je fais une traduction aussi de l'espagnol pour un autre éditeur. Et qu'est-ce qu'il y a d'autre en cours ? J'étais trop mémoire, tout à coup. Non, et après, j'ai plein de livres comme ça où j'ai vraiment un suivi éditorial, ce qu'on appelle classique. Relecture de maquette, brief à l'illustrateur. Plein de choses différentes. Moi, je suis vraiment spécialisée jeunesse. Je ne l'ai pas dit depuis le début, mais mon dada, c'est la jeunesse.

Marine (Chance)

C'est une question que j'avais pour toi. Est-ce que vous avez tous une spécialité ou pas ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Non. On a des préférences, on a des majeurs. C'est-à-dire que là, j'ai des amies d'Idriss Freelance qui travaillent en jeunesse, mais en jeunesse, elles sont assez calées pour tout ce qui est loisirs créat, pratiques. En fait, le loisir créant, on peut très bien le retrouver en pratique adulte, donc elle peut très bien... Si elle sait faire, je dis n'importe quoi, des livres de cuisine pour les enfants, a priori, elle saura les faire pour les adultes. On a tous des dominantes, on va dire. Moi, la À la base, c'était plutôt le roman. J'étais sur la tranche d'âge 8-12 ans, donc après les premières lectures et jusqu'avant la fin de la fin de la fin, enfin, adolescente, on va dire. Et puis après, on a ce qu'on appelle le young adult, le jeune adult. Ça, c'est quelque chose que je faisais un petit peu moins. Je travaille aussi sur des premières lectures. Là, c'est vraiment amener les enfants à leur premier livre de lecture. C'est après les albums pour les petits, avant 6 ans. Ça, je fais un petit peu moins les albums. J'en ai écrit, mais par contre, je ne les édite pas. Donc non, on a...

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Oui et non, on peut avoir... Moi, je connais des éditrices qui travaillent sur plein de pans différents, qui font du roman, de la première lecture, des tout petits, des livres de bains, des albums, du roman. Mais quand même, au bout d'un moment, ils se dessinent qui signe quand même un chemin. Mais après, dans les grands secteurs, c'est sûr que quelqu'un qui est spécialisé en jeunesse, oui, il peut faire du beau livre, évidemment, il peut faire de la littérature. Mais souvent, les éditeurs viennent nous chercher parce qu'on a une expérience dans un certain secteur.

Marine (Chance)

Je comprends. Je vois qu'il est l'heure. Moi, j'ai encore cinq minutes. Si tu as le temps aussi, Maïa, je ne sais pas. Bien sûr. Super. Parce qu'exceptionnellement, je peux dépasser parce qu'il n'y a pas de live juste après. Donc, profitons-en, parce que je vois qu'il y a encore pas mal de questions pour toi. D'accord. Il y a Céline qui demande: Est-ce que tu es parfois contactée directement par des auteurs pour lancer le projet sans passer par la maison d'édition ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Non, ça, ça va être de l'auto-édition et moi, Je ne m'occupe pas de ça du tout. Moi, je suis vraiment en contact avec les éditeurs, donc si je pense qu'il y a un gros potentiel sur un projet, je vais le proposer à des contacts d'éditeurs, mais je ne travaille pas en auto-édition. Il y Il y a des agences qui font ça, je crois, pour aider les auteurs à les accompagner et pour qu'ensuite, ils s'autoéditent.

Marine (Chance)

Génial, merci. Il y a Catherine qui demande: Est-ce que tu peux expliquer la différence entre le travail de relecture de l'éditeur et celui d'un lecteur le rédacteur.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Pour schématiser, l'éditeur, il va avoir en tête vraiment l'histoire, les personnages, l'intrigue. On parle de fiction, par exemple. C'est vraiment son point c'est la cohérence de l'histoire. Comment est-ce que l'histoire est vraisemblable ? Pas forcément réaliste, mais vraisemblable. Donc, tout ce qui va s'articuler dans le récit, les dialogues, les auteurs, les personnages, les voix des personnages, le ton, c'est très important. Il a aussi en tête, ça, c'est le côté micro, comment cette histoire va s'intégrer dans telle collection, voire dans telle maison d'édition. Il y a cet entonnoir que fait le... Enfin, plutôt un voire inversé, que fait l'éditeur et il aura vraiment ça en tête. Le correcteur-relecteur, ce que je ne suis absolument pas, lui, il est sur la conjugaison, l'orthographe, donc son idée. Bien sûr qu'il a des propositions stylistiques à certains moments, évidemment. Dire: Tiens, cette phrase, elle est vraiment étrangement construite. Je vous propose plutôt ça. Mais lui, ce qui va vraiment compter pour lui, c'est l'orthographe, la conjugaison. Et puis, il va évidemment voir des incohérences, c'est sûr. Dans l'histoire, il peut lui dire: Attendez, là, il a un T-shirt vert, il a un tee-shirt rouge, pas deux pages plus loin, ça ne va pas.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Mais il est vraiment sur ses règles typographiques et son bécherelle, entre guillemets. Et lui, il est vraiment garant du texte impeccable, qui n'est pas de coquille, pas de faute, entre autres. Et c'est évidemment aussi, en tant qu'éditeur, on est garants de ça aussi, mais disons qu'on se repose un petit peu quand même sur le correcteur. Et malheureusement, il y a de plus en plus de maisons d'édition qui ne font plus appel à des correcteurs.

Marine (Chance)

Pour terminer, Parce que malheureusement, on ne peut pas raser toute la journée avec toi, même si c'est passionnant. Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ton métier et qu'est-ce que tu aimes le moins ? Ou tu prends moins de plaisir ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Je dirais, je crois quand même que c'est la découverte des textes. Ça, c'est quand même la première fois qu'on découvre un texte, qu'ensuite on va relire 45 fois. Au bout d'un moment, j'en ai marre, ça, c'est sûr. Mais la découverte du texte, ça, c'est quand même... Je crois que c'est ce que je préfère quand l'auteur m'envoie son texte et que je me frotte les mains en disant: Ça y est, je l'imprime, je vais le lire. C'est super. Ça, c'est vraiment une émotion qui reste toujours la même pour moi. Ce que j'aime moins, je viens de le dire, c'est de relire 45 fois la même maquette de 150 pages, vraiment au bout d'un moment. Et en plus, ce n'est pas ma force, donc ça me saoule, on peut le dire. Heureusement, je ne suis pas toute seule à lire. Je ne sais pas si c'est ce que j'aime le moins, mais disons que ça serait peut-être la chose qui me fait parfois un peu plus peur, c'est de ne pas pouvoir se renouveler. Parce que comme je disais, on doit garder une énergie, une curiosité. Quand on se balade en salon, en librairie, on a l'impression que tout a été fait et en même temps, il faut toujours se dire que tout reste à faire et qu'il y a toujours des nouvelles voies à dénicher, qu'il y a toujours des nouveaux projets à proposer, des nouveaux concepts.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

C'est parfois très énergisant et très fatigant et un peu démotivant aussi. Moi, j'adore être en salon, j'adore être en foire, mais je suis toujours un peu dans ce sentiment double qui est: C'est formidable, on a une diversité incroyable éditoriale. Qu'est-ce que je viens bien pouvoir proposer de nouveau ? Ça, c'est la partie, peut-être, qui comprend.

Marine (Chance)

C'est très vrai pour plein de choses dans la vie.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Exactement, bien sûr.

Marine (Chance)

Comme les chansons, comme les...

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Oui, notamment tous les métiers un petit peu propres à la création, même si on n'est pas que dans la création, évidemment. Quand on est éditeur, on répond à beaucoup de contingences et beaucoup de contraintes, mais c'est très agréable. Moi, ce que j'aime faire, c'est fabriquer un livre dans un cadre de contraintes. C'est ça qui me plaît, vraiment.

Marine (Chance)

Dernière question et après j'arrête. Quel sens tu y trouves ?

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Quelle sens j'y trouve... Ouh là là !

Marine (Chance)

Je vais garder la plus dure pour la fin.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Moi, j'ai un rapport au livre qui est là depuis toute petite. C'est totalement bateau, mais j'ai vraiment besoin des livres. Comme tout le monde, j'ai des périodes où je vais moins lire ou plus lire, mais je crois que c'est une échappée, une ouverture En fait, les livres, c'est que des questionnements, ce n'est pas tellement des réponses, c'est surtout que des questionnements. Et on apprend tellement de soi que je suis très heureuse de transmettre à mon petit niveau toutes ces histoires au lecteur et en l'occurrence aux enfants. Je ne sais pas comment y répondre. C'est complètement nul ce que je réponds. J'adore aller plein de fois en livret en semaine. J'adore parler des livres à mes amis, conseiller des livres, discuter avec mes amis, éditeur-éditrice. Je ne sais pas, c'est le sens. Je ne pourrais pas trop faire autrement. Donc, la transmission fait partie de... Le sens, c'est peut-être la transmission On va dire ça comme ça. Excusez-moi pour cette dernière réponse.

Marine (Chance)

C'était le bonheur de découvrir et de t'échapper dans l'histoire et de la faire découvrir à d'autres.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Oui, vraiment. Me transmettre.

Marine (Chance)

Effectivement, donne super envie. Mille merci Maya pour ton temps, pour aider les autres qui voulaient découvrir ton métier. Tu fais partie de la communauté Chance, n'hésite pas. On peut t'aider d'une manière ou d'une autre vers tes nouvelles explorations sur la librairie. Je vois que tu as eu 100 000 mercis dans le chat. Merci beaucoup pour ton partage. Ça se voyait que tu étais animée et ça fait beaucoup de bien. C'était un super live.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Mercihésitez pas. C'est une communauté, je pense. Donc, soyons dans le collectif.

Marine (Chance)

Merci beaucoup, Maïa. Merci.

Maya Saenz-Arnaud (Responsable éditoriale)

Bonne journée, à bientôt.

Marine (Chance)

Au revoir.

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