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Transcription complète
Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouveau live métier avec Kaya. Bonjour Kaya.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Bonjour.
Marine (Chance)
Enchantée et merci de nous avoir invités.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Bonne invitation.
Marine (Chance)
Bonjour à toutes et à tous. L'idée de ce live, c'est qu'on soit interactifs, donc n'hésitez surtout pas à utiliser le prêtre pour poser vos questions. Vous pouvez aussi nous dire d'où vous nous écoutez, pourquoi vous êtes venus, est-ce que vous êtes déjà RH ou est-ce que c'est une voix que vous envisagez ? Et on y répondra avec plaisir. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Chance, c'est un bien de compétences, une communauté d'entraide pour vous aider à trouver votre voie professionnelle ou alors à réajuster ce qui ne vend pas dans votre travail. Parce que parfois, on veut tout bazarder et tout mettre à la poubelle, mais on se rend compte en faisant le parcours que ce n'est pas forcément le métier qui pose problème, mais ça peut être plein de choses: la manière dont on l'exerce, l'environnement de travail, etc. L'idée aujourd'hui, c'est d'explorer un peu le champ des de découvrir plein de métiers. Cette semaine a été fantastique parce qu'on a vu plein de profils différents. Et aujourd'hui, c'est Kaya qui va nous raconter la réalité de son métier de RH. Pour commencer, Kaya, est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours dans les grandes lignes et comment tu es arrivée à exercer cette profession ?
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Absolument. Bonjour à toutes et à tous. Ravie de participer à cet événement qui a dû être très sportif pour toi, Marine. Alors moi, j'ai ce qu'on appelle en France un parcours atypique, parce qu'effectivement, j'ai eu plusieurs vies professionnelles dans ma vie et elles se sont toutes nourries les unes des autres. Donc là, c'est quelque chose qui, moi, m'enthousiasme aussi par la suite et pour la suite, parce que je me dis qu'il y a encore plein d'autres opportunités qui m'attendent. Alors moi, je suis Polonaise, je vis en France depuis un un peu plus de 20 ans et je suis arrivée en France pour faire mon lycée. Et puis ensuite, je suis restée. On a fait la même école avec Marine, on s'est rencontrés lors de nos master. Et moi, j'étais très convaincue pendant mes études et au début de ma vie professionnelle que je voulais absolument faire de la communication. J'avais un vrai faible pour les métiers de l'événementiel et c'est effectivement là-dedans que j'ai commencé ma carrière. J'ai travaillé dans les relations publiques, dans les relations presse et dans l'événementiel pendant plusieurs années. Mais au bout d'un certain temps, je me suis rendu compte qu'autant le métier me plaisait énormément, il était très enthousiasmant, créatif, on avait la possibilité de travailler avec des très belles marques, avec des beaux messages, avec des personnes passionnantes.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Mais ce qui me plaisait le moins, c'était la dynamique de ce secteur d'activité dans lequel je ne me retrouvais pas. Je ne me retrouvais pas dans les rapports de force qu'il pouvait y avoir entre les prestataires, les marques, les différents acteurs de ce milieu. Et donc, j'ai eu une première remise en question de mon parcours professionnel qui, pour le coup, s'est fait non-accompagner du tout. Et en fait, un peu par hasard, si on peut parler de hasard dans ces domaines-là, j'ai bifurqué vers un poste de happiness manager. C'était un petit peu le début de ces postes nouveaux liés au développement du monde de la startup en France.
Marine (Chance)
Là, est-ce que moi, je ne sais pas si c'est pareil pour vous dans le chat, mais il y a comme un bruit de...
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Oui, un bruit de fond, c'est très bizarre. Je ne sais pas Ça va ? Oui.
Marine (Chance)
Ça va ? Si on te rapproche, on t'entend un peu mieux.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Je me rapproche un petit peu. Je ne sais pas d'où ça vient, mais j'ai entendu aussi, effectivement.
Marine (Chance)
On l'a entendu passer et on t'entend mieux.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Ok, super. Merci la technologie. On n'y est pas encore. Je suis devenue happiness manager ou chief happiness manager. J'ai exercé ce métier dans deux entreprises différentes. Et en fait, j'ai retrouvé justement dans ce métier ce qui me manquait un petit peu dans le métier de la communication, c'est-à-dire la relation avec des collaborateurs et puis aussi vraiment un métier lié à l'interne, donc à la vie de l'entreprise, aussi un petit peu au sens de la vie, de la vie professionnelle et de la vie de l'entreprise. Et puis, j'ai gardé des aspects des métiers de communication qui me plaisaient beaucoup. Cette partie événementielle, parce que je faisais beaucoup d'événements en interne. Et puis aussi, j'ai pu exploiter mes compétences de communicante parce que j'animais la vie de l'équipe, je faisais passer des messages, j'exploitais aussi des messages existants, etc. En fait, c'était un peu une rupture, mais c'était quand même dans la continuité. Et puis, j'ai exercé ce métier pendant un petit peu plus de deux ans et la vie faisant, j'ai quitté la dernière startup où je travaillais et j'ai eu l'opportunité de rejoindre l'entreprise dans laquelle je suis aujourd'hui. Je suis au sein du Crédit Mutuel, donc ce n'était pas du tout ni le secteur d'activité ni le type d'entreprise que j'aurais envisagé pour mon parcours professionnel.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
En plus, c'était un poste moitié RH, moitié happiness manager. Pour moi, c'était un peu le grand saut parce que je passais d'une petite structure vraiment très contemporaine, si on peut dire ça, dans une très grande banque, une entreprise avec une image un peu plus traditionnelle, avec des interlocuteurs plus traditionnels, etc. Parfois, il ne faut pas se fier aux apparences. Je débarquais dans cette entreprise-là et très rapidement, je me suis rendu compte que les attentes des collaborateurs étaient liées plutôt à une expertise RH et pas vraiment une expertise soit de communicant, soit de happiness manager. Ça leur a beaucoup plu d'avoir quelqu'un avec une casquette happiness manager parce qu'ils se sont dit: On a envie de prendre soin de nous. Il y a quelqu'un qui va nous accompagner dans notre quotidien, mais ils avaient beaucoup de problématiques plutôt RH. Me voilà embarquée dans un métier nouveau pour lequel je n'ai jamais été formée d'un point de vue classique. Donc, j'ai dû apprendre au quotidien. J'ai eu la chance aussi d'être formée, mais j'ai surtout appris qui est au côté de ma DRH, qui est toujours mon manager aujourd'hui, depuis un peu plus de cinq ans, et qui est une personne qui sait transmettre ses compétences, qui est vraiment extrêmement bénéfique et puis surtout très opérationnelle.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
C'est-à-dire, il y a la théorie d'une part, mais il y a tout de suite l'application. Et pour quelqu'un qui n'a jamais occupé un métier, qui occupe un nouveau métier, c'est vraiment très agréable d'avoir quelqu'un comme ça, un mentor. Moi, je dis souvent que j'ai eu jusqu'à présent trois métiers dans ma vie. Et en fait, j'ai le sentiment d'avoir eu une espèce de gradation. Il y a eu toujours quelques degrés de changements qui se sont opérés. En fait, j'ai encore une fois toujours utilisé les compétences acquises dans mes précédents métiers, dans le métier que j'utilise aujourd'hui. Par exemple, dans le cadre de mes missions de RH aujourd'hui, il y a bien évidemment beaucoup de missions de communication, parce que quand on est RH, on est bien évidemment communicant. On passe notre vie à transmettre des messages. C'est plutôt de la communication interne. Pas que, parce qu'on peut aussi être ambassadeur de la marque employeur. Moi, je fais du recrutement, donc clairement, mon public est plutôt externe. Je vais transmettre les valeurs de mon entreprise, les engagements de mon entreprise. Je vais devoir donner envie à quelqu'un de venir rejoindre l'équipe ou rejoindre l'entreprise. Donc, les compétences sont vraiment très transversales.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Et ça me rassure aussi un peu parce que ça veut dire que je ne me suis pas complètement trompée, pas complètement éloignée de ce que j'ai voulu faire initialement.
Marine (Chance)
Merci Taïa pour ce premier partage. Moi, ça résonne un peu quand je parle, vous me direz si c'est pareil pour vous aussi. Je ne veux pas que je vous abîme vos oreilles. Merci beaucoup pour ce partage. C'était super inspirant, le parcours, pour toutes celles qui sont là Je ne vais pas parler très longtemps, alors. Ça me fait mal à l'oreille. Je vous montre qu'on peut transférer des compétences et qu'on peut se réinventer. Oui, peut-être Kaya. Voilà, super. Merci. Merci pour le tips, Maïlys. Qu'on peut transférer des compétences et que tout ce qu'on apprend, ce n'est jamais perdu. On peut le réinvestir dans le nouveau métier et qu'il y a des passerelles qui se font. Ce qui est drôle, c'est que Kaya nous a montré qu'à chaque niveau, il y a une passerelle de sa première vie de communicante à Happyness Manager, qui a été une autre passerelle pour le métier de RH. C'est hyper enthousiasmant. Comme le dit Kaya, et peut-être que dans cinq ans, il y en aura encore dans notre métier. C'est ça qui est génial quand on sort des croyances limitantes et des blocages qu'on se met nous-mêmes. C'est ce qu'on fait dans le parcours Chance, de justement réussir à débloquer toutes les bailleurs qu'on se met nous-mêmes internes.
Marine (Chance)
Quand on se sent dans une situation professionnelle sans issue, il y a toujours une issue. Il faut juste réussir à débloquer ça. Dans les premières questions, je vois dans le chat qu'on te demandait, Kaya, est-ce que tu peux nous dire, même si tu l'as un peu évoqué, quelles sont tes missions tous les jours ? Quel est ton périmètre ? Pour qu'on voit un peu c'est quoi une semaine type de Kaya.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Deux semaines type, ça n'existe pas. Je fais un métier de gestion humaine et mon quotidien est vraiment à 80% lié à la gestion de demandes entrantes. Elles peuvent être vraiment très diversifiées. Moi, je travaille peut-être dans un environnement un peu particulier parce que je suis dans une petite équipe RH. On est aujourd'hui six personnes et on gère une équipe d'environ 300 personnes. Donc, effectivement, on est forcément obligé d'être très polyvalent dans notre quotidien. Il y a des entreprises où les fonctions RH sont vraiment très spécialisées, c'est-à-dire qu'il y a des personnes responsables uniquement de l'administratif, des personnes responsables uniquement du recrutement, il y a des personnes uniquement qui font de la stratégie RH, par exemple, il y a des personnes qui gèrent tout ce qui est budget, etc. Et puis, il y a des personnes qui font, par exemple, du disciplinaire, des choses comme ça. Moi, dans mon équipe, et c'est ça que j'aime bien, mais c'est propre à ma personnalité, c'est justement de toucher un petit peu à à toutes ces spécificités-là. Je dis souvent que j'ai plusieurs casquettes, voire des casquettes et des chapeaux et des... Bref, plein de choses différentes. Parce que quand j'ai rejoint l'équipe, j'avais, comme je vous le disais, une double casquette, c'est-à-dire d'une part, je m'occupais de l'animation de l'équipe, donc vraiment, communication interne, politique interne, un peu avoir un œil sur la QVT, donc la qualité vie au travail, etc.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Et par ailleurs, je faisais du recrutement. Donc, le recrutement, ce n'est pas que faire passer des entretiens, c'est aussi définir une stratégie sur un budget, gérer des prestataires s'il y en a, c'est animer parfois une filière recrutement, parce qu'on peut ne pas être seuls à le faire, ce qui est mon cas aujourd'hui. C'est aussi quelqu'un me demander: Est-ce qu'il y a du campus management ? Est-ce qu'il y a des relations école ? Tout à fait, il y a aussi tout ça. Donc, effectivement, le recrutement, c'est un métier en soi. C'est un métier qui... Le métier de RH de manière générale, mais le métier de recruteur, c'est aussi un ensemble de compétences juridiques parce qu'on doit connaître les règles. Celles auxquelles on pense, c'est peut-être la non-discrimination, bien évidemment. Ce sont des règles juridiques, donc il faut les respecter. Mais il y a aussi le droit du travail, il faut quand même le connaître dans dans les grandes lignes. Est-ce que je peux recruter une personne en contrat de CDD ? Est-ce que je peux recruter un stagiaire ? Qu'est-ce que je dois respecter comme règles ? On vit aussi dans des contextes internationaux. Est-ce que je peux recruter un ressortissant étranger, par exemple ?
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Des choses comme ça. Il y a des compétences spécifiques. On peut les acquérir au fur et à mesure du temps, bien évidemment. C'est ce qui s'est passé pour moi. J'ai fait des formations dans le recrutement, mais j'ai aussi commencé à faire du recrutement en essayant de m'en sortir avec les connaissances que j'avais ou les connaissances que mes collègues m'ont transmises. Après, il y a des techniques de recrutement et ça aussi, c'est des compétences qu'on peut acquérir, qu'on peut développer. Il y a beaucoup de stratégies, il y a l'écoute active, il y a comment on pose les questions, est-ce qu'elles sont pertinentes, etc. Et puis après, bien évidemment, on recrute les personnes pour des raisons très spécifiques. Donc, il faut aussi arriver à obtenir les informations qu'on veut obtenir. Un échange de recrutement, ce n'est pas juste une discussion sur qu'est-ce que tu aimes faire dans ta vie, même si ça tourne beaucoup autour de ça. Ça, c'était mes premiers deux métiers. Et puis, depuis ça, j'ai développé des compétences dans toute la partie administrative. Donc, effectivement, je suis capable de répondre à des questions très très administratives ou légales, parce que le droit du travail français, c'est une montagne qui se multiplie, qui fait des petits bébés montagne.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Ça, c'est quelque chose sur quoi on doit se former en permanence, c'est de la veille, c'est de l'acquisition de compétences, etc. Je suis devenue également référente handicap. Ça aussi, c'est tout un ensemble de compétences spécifiques, qu'elles soient liées à tout ce qui est diversité/inclusion, c'est-à-dire déjà comment on accueille ces personnes et comment on travaille avec elles, comment on les encourage à rejoindre notre entreprise aussi, comment on leur permet d'avoir les bonnes conditions de travail, les bons postes, etc. Ça, c'est déjà beaucoup de... Il faut engager beaucoup d'acteurs au sein de l'entreprise pour que ça fonctionne. Il y a aussi des règles légales Il y a des exigences légales, etc. Il faut les connaître. Je suis responsable formation. Pareil, la formation, c'est un domaine de compétences spécifiques. J'ai des interlocuteurs, bien évidemment en interne, qui m'accompagnent, etc. Je ne suis pas toute seule, mais il faut gérer un budget, créer un plan de formation, le suivre, encourager les collaborateurs à se former, leur permettre d'atteindre leurs objectifs, etc. C'est passionnant Non, mais voilà. C'est aussi un aspect complémentaire. Et puis, je continue, et j'aime beaucoup ça, à faire de l'innovation RH. Je pense que le métier de RH, c'est celui qui suit vraiment de très près l'évolution de la société.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
La manière dont on vit l'entreprise aujourd'hui ou le monde du travail de manière plus générale, ce n'est bien évidemment pas la dont on vivait sa vie professionnelle il y a 10 ans ou 20 ans ou peut-être même 5 ans. Nous, RH, on doit capter ces signaux venant des collaborateurs ou du monde extérieur et les implémenter ou en tout cas faire du changement pour que ça se passe bien en interne. Donc, effectivement, le recrutement est une excellente manière, justement, de capter des signaux faibles et de comprendre qu'est-ce que les gens attendent de l'entreprise, qu'est-ce qu'ils vont venir chercher, quelles seront leurs attentes, etc. Nous, on doit parfois faire bouger les lignes avec les décideurs, avec les managers, avec les collaborateurs, pour que l'entreprise reste attractif, pour qu'elle reste à to date, en fait, et qu'elle évolue aussi rapidement que la société, ce qui n'est vraiment pas évident.
Marine (Chance)
Génial. Si tu peux recouper. Merci. Et j'ai compris que c'était mieux aussi que moi, je le coupais quand tu parlais. Merci beaucoup, Kaya, pour ce partage. Donc déjà, j'ai envie de te redire encore merci de nous donner une demi-heure de ton temps, parce que quand tu nous racontes tout ce que tu fais, je me dis: Ouah, elle a 45 minutes et en un. Et effectivement, c'est aussi la richesse de l'approche RH comme tu la pratiques. Quand tu as la chance de pouvoir avoir tout un panel d'expertises, ce qui te permet toi aussi de découvrir, d'apprendre ce qui peut être très stimulant. Après, effectivement, il y en a qui préfèrent être vraiment expert sur un domaine. C'est chouette de voir qu'un même métier peut être exercé de manière très différente selon la structure dans lequel tu l'exerces. C'est d'ailleurs ce qu'on explique chez Chance. Toi, tu serais peut-être malheureux si tu étais dans un groupe où tu étais uniquement sur une partie, là où des personnes sont très heureuses et que là, tu t'épanouis. C'est justement ça qu'on cherche à mettre à jour dans le parcours. Je vois qu'il y a pas mal de questions qui sont arrivées aussi pendant que tu que tu nous racontais.
Marine (Chance)
Clémence, par exemple, qui nous dit quelles sont les qualités à avoir pour faire ce métier. Et moi, j'avais une question aussi sur les formations que tu évoquais. Est-ce que c'est des formations qui sont financées, j'imagine, par ton entreprise ? Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu les qualités pour le métier et comment tu te formes ?
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Je pense que ce n'est peut-être pas une compétence, mais c'est peut-être une manière de vivre la vie et l'autre. Je pense qu'il faut vraiment aimer les gens. On ne peut pas être RH si les gens, ça nous embête. Le métier de RH est principalement de l'accueil de l'autre. C'est-à-dire que ça peut être des demandes très opérationnelles: Comment je fais pour traiter mon arrêt maladie ? D'accord, mais ça peut être aussi des demandes plus compliquées sur Je ne sais pas, je suis touché par une maladie chronique. Comment je fais pour concilier cette situation personnelle avec ma vie professionnelle ? Est-ce que c'est possible ? Est-ce que je vais continuer à être intégré dans la société par le travail, etc. Ça peut être parfois des sujets compliqués. On est toujours à la limite de la vie personnelle et professionnelle, forcément. Donc, il faut savoir accueillir les choses sans en être atteint aussi. Ce n'est pas toujours évident. Moi, je suis une personne extrêmement empathique. Ça a vraiment été un gros travail pour moi d'arriver à prendre de la distance, parfois, sur des sujets un peu compliqués. Ça peut être de la gestion de conflits. Ça peut être deux collaborateurs qui viennent me voir ou voir quelqu'un de mon équipe en me disant: Ça se passe pas bien, on n'arrive plus à se parler, on arrive plus à travailler ensemble.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Et là, je suis correct. Ça peut être beaucoup plus violent. Ça peut être aussi des personnes qui viennent vous voir parce elles sont victimes d'une situation de harcèlement ou d'une situation où elles considèrent qu'elles sont traitées de manière injuste ou inadaptée, etc. Il faut savoir toujours, ou en tout cas essayer, parce que c'est parfois très difficile de rester juste, de garder la tête froide, de prendre de la distance, etc, de questionner, de poser les bonnes questions pour comprendre la situation. Il faut avoir cette capacité à s'investir parce qu'il faut s'investir pour comprendre l'autre et On est face à des êtres humains, donc c'est ça qui est essentiel pour nous, c'est qu'on garde cette relation humaine et qu'on accorde de l'importance à ça, mais il faut aussi prendre de la distance pour parfois faire respecter un cadre, faire respecter des règles d'entreprise. C'est ça qui est vraiment très difficile. C'est que parfois, l'intérêt collectif ou l'intérêt de l'entreprise et l'intérêt individuel, ils ne coïncident pas très bien, en tout cas du point de vue personnel. Donc, il Il faut rééquilibrer les choses. Parfois, il faut dire des choses qui ne sont pas agréables à entendre: Non, tu n'auras pas une augmentation cette année.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Ça, c'est une phrase qu'on dit parfois. Il faut aussi apprendre à accueillir ou gérer la frustration de la personne qui va être en face de nous. Moi, en tout cas, ce qui me semble un peu difficile, parce que je n'ai pas toujours fait ce métier-là, c'est la crainte parfois, mais aussi le manque de confiance, ce n'est pas le bon terme, mais un petit peu la suspicion que provoque le métier, la fonction de RH dans l'entreprise. Alors moi, aujourd'hui, je suis encore une fois dans une entreprise très classique où il y a un peu une vision historique du métier de RH, qui est celui qui va toujours tenir le bâton et être là pour virer les gens ou faire ce genre de choses, alors que Très sincèrement, je ne sais pas si j'ai déjà viré quelqu'un depuis cinq ans et demi. Non, je n'ai viré personne d'ailleurs depuis cinq ans et demi. Donc, on se traîne une espèce d'opinion très dans la sanction, alors que très sincèrement, 90% de mon métier, de mon quotidien, c'est de la construction. On parlait de la formation. Justement, la formation, c'est quelque chose qui existe pour faire avancer nos collaborateurs, pour les faire grandir, peut-être pour les faire évoluer dans leur métier ou pour les faire changer de métier.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Donc, c'est vraiment du positif. Quand j'embauche quelqu'un, je considère aussi que c'est quelque chose d'assez positif, c'est d'avoir une nouvelle opportunité. La majorité de politiques RH existent pour faire avancer l'entreprise et faire avancer les collaborateurs, mais ce dont on se souvient souvent, c'est la sanction ou le recueil. Moi, je trouve ça assez difficile dans mon quotidien professionnel. Mais après aussi, la manière dont on va exercer sa fonction RH est vraiment très, très liée à la culture de l'entreprise. Et ça, c'est parfois difficile à identifier avant de rejoindre une entreprise. C'est-à-dire, il y a un dirigeant ou une dirigeante au-dessus de nous qui va donner le ton et qui va laisser une place à la fonction RH. Et c'est vrai que la place ne sera pas toujours la même dans toutes des entreprises. Et il y a effectivement des entreprises où la fonction RH, c'est vraiment un peu des automates, malheureusement, parce que le système l'impose, entre guillemets, et il y a au final peu de place pour la construction. Mais il y a des entreprises comme le Crédit Mutuel, et c'est absolument génial, où on a justement des moyens, du temps, de la place pour accompagner nos collaborateurs et pour leur construire les meilleures conditions de travail possibles.
Marine (Chance)
Merci beaucoup, Kaya. Merci beaucoup, Kaya. Merci pour ton partage, c'est hyper intéressant et hyper riche. Et tu réponds aussi effectivement à la question: Quelles sont les parties plus difficiles de ton travail ? Parce que le but de la Métie en coulisse, c'est vraiment de donner une réalité de terrain, donc avec les choses positives et négatives, même si c'est subjectif, parce que chacun aura des différences là-dessus, mais c'est hyper important pour savoir en toute conscience comment se passe ce métier. Et effectivement, comme tu le dis très justement, la fonction de RH et la place qu'on lui donne dépend beaucoup des structures. Et c'est pour ça que même si c'est difficile, comme tu le dis, d'essayer de quand même percevoir des signaux, ça peut être, par exemple, d'appeler des personnes qui travaillent dans l'entreprise pour leur dire: Je postule à cette entreprise. Est-ce que tu aurais quelques minutes LinkedIn ? Tu me permets ça maintenant assez facilement. Et je sais que moi, il y a des gens, parfois, qui me le font, qui sont en train de postuler chez Shanks et qui me contactent sur LinkedIn en me disant: Je suis en train de postuler chez Shanks, j'aime beaucoup l'entreprise.
Marine (Chance)
Est-ce que tu serais dispo pour en parler quelques minutes, pour avoir ton retour dans l'intérieur ? Et en fait, je comprends et je trouve la démarche saine parce que je pense qu'on a tous, ou si ça ne vous est pas arrivé, vous avez de la chance. Ou alors si on a des amis où on peut déchanter en arrivant. Et donc tous ces signaux faibles qu'on peut essayer d'aller voir, percevoir avant de rejoindre une entreprise, est super. Et d'ailleurs, moi, je sais qu'à mon niveau, je propose toujours, par exemple, Quand je recrute une alternante, je lui dis: Tiens, je te propose de faire aussi un appel avec l'autre alternante qui va bientôt partir, et juste toutes les deux. Comme ça, ça permet de libérer la parole. C'était un petit conseil. Il y a une question de Céline qui est un petit peu répondu, mais c'est important peut-être de la reposer. Céline dit: Une amie avait changé de voie et est devenue RH, mais elle a vite déchanté car son quotidien était finalement la gestion de plans sociaux licenciement. J'avoue que c'est quelque chose qui me fait peur qui me fait douter sur le quotidien du métier. Tu y as un petit peu rebondi, mais peut-être que tu veux ajouter un mot sur cette question, Kaya ?
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Bien évidemment, le contexte économique de l'entreprise a une très grande influence sur le métier de RH. Il y a des choses qui sont prévisibles, il y a des choses qui ne sont pas prévisibles. On ne peut pas toujours anticiper une mauvaise passe ou une problématique qui peut arriver. Même dans une entreprise où, a priori, tout se passe bien, on peut avoir de la gestion de crise. Effectivement, quand on doit massivement licencer des collaborateurs, c'est extrêmement traumatisant que vous fassiez votre métier depuis trois ans ou 20 ans. Je vous assure que recevoir des gens, 5, 10 personnes par jour pour leur dire: Excusez-moi, je suis désolée de vous annoncer cette information, mais ça va se passer comme ça, c'est extrêmement difficile et personne ne le fait de de cœur, bien évidemment. Après, quelqu'un a posé la question de, effectivement, comment concilier sa sensibilité avec les directives de l'entreprise. Je pense que, en fait, et c'est là où le champ, c'est très fort, c'est avant de mettre les pieds dans une entreprise, c'est de vérifier si ses propres valeurs sont alignées avec les valeurs de l'entreprise. Bien évidemment, c'est extrêmement subjectif et on ne peut pas toujours tout percevoir pendant les entretiens.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Comme tu disais, interroger des personnes qui sont dans de l'entreprise, c'est extrêmement intéressant et très parlant. Et en fait, à partir du moment où on est à peu près aligné avec les valeurs de l'entreprise, ça va être plus facile d'appliquer les règles qui régissent la vie de l'entreprise parce qu'on ne va pas avoir de problèmes pour défendre ces valeurs-là ou pour les faire appliquer. Après, très sincèrement, il y a des choses qui sont très désagréables à faire dans ce métier-là, parce qu'encore une fois, c'est difficile de pas se mettre à la place de l'autre. Si on recadre un collaborateur, on se dit: Moi, je n'aimerais pas trop qu'on me le fasse. Donc, ce n'est pas facile, mais moi, je pense toujours au bien commun. C'est-à-dire, je considère que l'entreprise est un organisme et pour qu'un organisme fonctionne bien, il faut que toutes les microcellules de l'organisme fonctionnent bien. Il suffit d'un micro grain de sable pour que toute une organisation très efficace s'effondre, entre guillemets, ou en tout cas qu'elles fonctionnent moins bien. Donc, il faut que tout le monde, tout en exprimant leur individualité et en étant les personnes qu'elles sont, respecte cette communauté et que chacun fasse un micro effort pour que ça se passe bien.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
C'est pour ça que parfois, il faut recadrer, que parfois, il faut dire à quelqu'un: Je pense que tu n'es pas à la bonne place. Mais ça nous fait autant de peine qu'à toi. Mais c'est juste que tu n'es pas la bonne personne au bon endroit. Est-ce que tu veux évoluer ? Est-ce que c'est possible ? Et sinon, on se sépare. Mais c'est vraiment... Moi, j'ai la chance d'être dans une entreprise où c'est extrêmement rare de se séparer de ses collaborateurs. Mais il y a d'autres entreprises où il y a des cultures un petit peu plus immédiates où on va laisser un peu moins de temps aux gens et donc on va se séparer plus rapidement. Je pense que les structures un peu plus établies, elles vont accompagner les collaborateurs sur du plus long terme. C'est aussi intéressant. C'est aussi ça qu'il faut se dire, à mon avis, quand on envisage ce métier, c'est: Dans quelle temporalité j'ai envie de m'inscrire ? Est-ce que j'ai envie des choses qui sont extrêmement efficaces et qui vont très vite ? On va plutôt aller vers des cultures à l'anglo-saxonne, entre guillemets. Ou est-ce que j'ai plutôt envie de construire des programmes, des projets sur le long terme et disons que les structures françaises, elles sont peut-être un petit peu plus là-dedans ?
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Pardon, on me pose la question sur la digitalisation aussi. C'est effectivement une question qui nous anime beaucoup. Moi, je crois bien qu'il y a un seul métier qui ne disparaîtra jamais, c'est le métier de RH. Tant qu'il y a des êtres humains qui travaillent, il faudra des êtres humains pour les gérer. Un être humain, c'est jamais zéro et un ou noir et blanc, etc. Une personne peut pendant 20 ans agir d'une certaine manière et soudainement, il se passe quelque chose et ça change complètement. Et toute personne est différente. Il Il n'y a jamais de situations qui se ressemblent. Il faut toujours aborder des situations avec de l'ouverture d'esprit sans a priori. On ne sait jamais ce qui se passe dans la vie des gens. Il y a des gens qui vont le dire, il y a des gens qui ne vont pas le dire et il faut toujours appréhender chaque situation avec un esprit ouvert. Et moi, ma DRH qui a 30 ans de métier, de temps en temps, je lui dis: Est-ce que tu commences à te nuyer dans ton métier ou dans ce que tu fais ? Elle m'a Mais enfin, depuis 30 ans, toutes mes journées ont été différentes.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Tous les jours, j'ai eu une situation que je n'ai jamais vue auparavant et que je n'ai jamais eu à gérer. Et c'est ça qui est génial aussi. On apprend tous les jours. Bon, parfois, c'est un peu compliqué, mais c'est super créatif.
Marine (Chance)
Merci beaucoup, Kaya. Je mets ton LinkedIn dans le chat parce que je suis désolée, nous allons devoir rendre l'antenne parce qu'on enchaîne les live métiers. Je suis désolée Ingrid. Je t'ai mis le LinkedIn de Kaya, si tu veux cliquer sur le lien avant que la fenêtre se ferme pour pouvoir, si vous avez encore des questions, pouvoir échanger. Kaya, j'imagine, te connaissant que ce sera OK. Un immense merci. L'anecdote, c'est qu'avec Kaya, on ne s'était pas revu depuis des années, des années, des années et on se revoit dans ce live, donc ça me fait super plaisir de te revoir. Et j'adore la manière dont tu racontes ton métier. C'était passionnant. Je vois que tu as des tonnes de mercis dans le chat. Merci à tout le monde pour toutes vos questions, votre intérêt. Et un immense merci Kaya. Et à très, très bientôt après le live.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Avec plaisir. Merci à toi pour vos questions.
Marine (Chance)
Merci, au revoir.
Kaja Jablonska (Responsable Ressources Humaines)
Bye bye.
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