Samra Abaïdia Seddik, Sage-femme

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Marine (Chance)

Bonjour à toutes et à tous et heureux de vous retrouver pour ce nouveau live en coulisses avec Samra pour le métier de sage-femme. Bonjour Samra.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Bonjour Marine. Bonjour à toutes et tous.

Marine (Chance)

L'idée est que ce chat soit interactif pour que vous puissiez poser toutes vos questions que vous aurez pour Samra. Donc n'hésitez pas à écrire dans le chat et aussi à nous dire d'où vous nous écoutez. C'est toujours chouette de savoir est-ce que vous êtes à Paris, Lyon. Je sais qu'il y a des gens qui nous écoutent de partout en France et parfois même depuis l'étranger. Donc n'hésitez pas. Je vois que ça commence à taper dans le chat. On va pouvoir commencer. Il y a Anna de Paris. Anna, je crois que je t'ai déjà croisée dans d'autres live. Tu découvres plein de métiers, c'est chouette. J'ai Anaëlle de Salon. Anaëlle, je t'avoue, je ne sais pas où est Salon. Bonjour Samra

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Fatima à Marseille. Je crois Salon de Provence, un truc comme ça, je pense.

Marine (Chance)

Dans le sud, alors. Tu as chance. Fatima à Marseille, Stéphanie à Grenoble, Aminata à Paris, de partout. Pour commencer, est-ce que tu peux nous raconter un peu, Samra, ton parcours et comment tu es arrivé exercer ton métier aujourd'hui de sage-femme ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Je suis sage-femme, maintenant diplômée, depuis 2008. J'ai fait le parcours classique. Je suis passée par médecine. À la base, je ne voulais pas du tout faire sage-femme. Je ne connaissais pas du tout ce métier, même. J'ai connu ce métier lors de ma première année du concours de médecine, qui est commun aux études de dentiste et il y a les médecins, les sages-femmes. Aujourd'hui, il y a eu tellement d'évolutions depuis que... Je vous parlerai un petit peu des évolutions en cours. Je faisais partie de la deuxième promotion qui passait par médecine. Parce qu'avant, pour faire sage-femme, il fallait faire un concours spécifique quand on était en terminale, s'inscrire dans une école, faire passer le concours. Et après, depuis 2001, ça passe par la première année. On était à peu près 1 500. On était une centaine de prix sur les 1 500, c'était un concours très, très sélectif. Et en fonction du classement, on avait plus ou moins le choix. Plus on était classé, plus on avait le choix entre les trois métiers. Ensuite, j'ai eu sage d'âge. Ensuite, on est suivi quatre ans d'école. Me concernant, c'était l'école de Reims, dans le Nord-Est. Maintenant, aujourd'hui, c'est passé à cinq ans d'école depuis cette année.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Ensuite, on a alterné dans stage et cours pratique. C'était vraiment en gros moitié-moitié. On a pu, dès les études, dès le plus jeune âge, dès 18 assister aux premiers accouchements, aux premières réanimations bébé, etc. Ensuite, suite à mon diplôme, j'ai exercé dans une petite maternité dans le Nord-Est, qui faisaient réaliser 300 accouchements par an. C'était très formateur parce qu'on était toutes seules sur place, il n'y avait pas de médecin, personne. Après, peut-être qu'on rentrera dans les détails sur en quoi consiste exactement le métier. Ensuite, Un an et demi après, j'ai travaillé dans une structure qui ouvrait à Paris, qui s'appelle l'hôpital mère-enfante d'Est-Parisien, où là, il n'y avait pas du tout d'accouchement, mais uniquement du suivi médico-psychosocial des femmes. Pour vous dire à quel point le métier ne se limite pas qu'aux accouchements, mais est très large. Ensuite, en parallèle, à un moment donné, les accouchements me manquaient quand même. Donc j'ai exercé à Paris dans une maternité très physiologique, avec les accouchements dans l'eau, accouchements sans péridurale, etc. Là aussi, c'était top. J'alternais les deux en même temps. Puis après, moi-même, j'ai eu des enfants. Du coup, je me suis un petit peu posée en libéral.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Et depuis le libéral, je fais des échographies. Et comme les accouchements commençaient par me manquer. Je ne voulais plus trop retourner à l'hôpital. Donc, je me suis mise à pratiquer les accouchements à domicile.

Marine (Chance)

Génial. Tu as pu expérimenter plein de manières d'exercer le métier de sage-femme.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Oui, tout à fait.

Marine (Chance)

Ça va être super intéressant. Et tu as raison, on peut peut-être commencer par: est-ce que tu peux nous dire en quoi consiste le métier ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Le métier de sage-femme. Pareil, il a énormément évolué depuis que je suis étudiante. Quand j'étais étudiante, on ne faisait pas du tout de suivi gynécologique. Et maintenant, en gros, la sage-femme, c'est la personne qui va s'occuper de la jeune fille jusqu'à la femme ménopausée qui n'a pas de complications médicales. Donc, on va tout faire chez la femme. Le suivi de prévention gynécologique. Je vais commencer peut-être par les adolescents. On va faire de la prévention. Il y a une consultation qui s'appelle Contraception et prévention pour ces jeunes filles et les jeunes hommes maintenant, à partir de 2024, où on va expliquer en gros comment fonctionne le corps, la contraception, laquelle choisir, parler de la vaccination également, concernant le HPV, dont on entend pas mal parler ces derniers temps. Toutes les vaccinations, même maintenant, depuis cette année, on fait toutes les vaccinations à tout le monde. Même, on ne s'est pas étendu qu'aux femmes, en réalité. Et puis, on va également, concernant la femme en général, à partir de 25 ans, faire le suivi des frottilles pour dépister, vous savez, le cancer du col de l'utérus, donc la contraception, le dépistage du cancer du sein, tout ce qui est suivi de prévention.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Dans Contraception, on fait également des prescriptions de stérilet, d'implant pharmacologique psychologique, les pauses, les retraits, etc. Les consultations préconceptionnelles, c'est-à-dire quand les parents ont des désirs de bébé, on les voit avant pour voir comment accueillir au mieux la grossesse, des conseils de prévention en nutrition, les sérologies, les prises de sang, etc. Qu'est-ce qu'il faut manger, pas manger, etc. Ensuite, on les voit pendant la grossesse, dès le début, après, jusqu'au post-partum. Les échographies également, on peut passer des diplômes complémentaires quand on est sage-femme, notamment celui d'échographie, ce qui nous permet de réaliser toutes les échos, de suivre de grossesse et gynécologique également, chez toutes les femmes. Après, voilà, ça, c'est les principales. Et puis bien sûr, l'accouchement. Du coup, j'en oublie un petit peu. Pourquoi le métier le plus connu ? Le suivi du travail, donc chez la femme enceinte, l'accouchement, etc. Et donc tout ça, quand tout se passe bien qu'il n'y a pas besoin de médecin. Dès qu'on voit qu'il y a une pathologie qui apparaît, hypertension, diabète, etc, là, on passe le relais ou on suit en coordination avec le médecin gynécologue obstétricien et médecin généraliste. Il y a également des sages-femmes qui travaillent dans des structures particulières en protection maternelle et infantile, donc là, qui vont faire le suivi de femmes enceintes à peu de proximité dans des secteurs qui vont accompagner les femmes, parfois en difficulté, en précarité sociale.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Parce que le suivi de grossesse, il y a certaines femmes qui n'ont aucune couverture sociale et donc qui peuvent faire le suivi en PMI et qui ne payent rien. Il y a également parfois des psychologues dans ces structures quand elles ont besoin. Qu'est-ce qu'on peut faire aussi ? Tout ce qui est IVG, tout ce qui est en rapport avec régulation des naissances. Les sages-femmes travaillent les centres de planification d'éducation familiale et donc peuvent pratiquer les IVG en ville en signant des conventions avec des hôpitaux médicamenteuses. Là, ils sont en train de tester les IVG chirurgicales également en hôpital pour les sages-femmes. Je crois que je ne sais pas. J'ai peut-être oublié certainement certaines choses concernant le métier.

Marine (Chance)

C'est déjà un large panel et effectivement bien au-delà de l'accouchement, comme tu l'expliquais. Ce qui est super, c'est que tu as pu le pratiquer à l'hôpital, en libéral, dans plusieurs structures. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu pour toi, qu'est-ce que tu as aimé et moins aimé dans chacun des manières d'exercer ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

À l'hôpital, comme vous le savez, je ne vous apprends rien, l'hôpital va mal. On a énormément d'activités. Il n'y a pas suffisamment de sages femmes en hôpital, ce qui fait qu'on peut vite arriver à être débordé tout le temps. On va en garde le matin, on est tout le temps, tout le temps, tout le temps, on n'a même pas le temps de prendre de pause. Donc, on peut parfois suivre trois, quatre patientes en même temps pour l'accouchement. Sachant que c'est quand même un domaine très intime, très important pour ces femmes qui viennent, c'est parfois souvent pour l'un des plus beaux jours de leur vie. Et j'ai trouvé très frustrant l'hôpital, le fait qu'on n'ait parfois ne vois pas le temps de tout faire, de bien accompagner correctement les patientes avec humanité. C'était la chose un peu la plus compliquée. Énormément de travail. Le soir, on rentre chez soi, on se dit: Est-ce que je n'ai pas oublié quelque chose On se dit: Tant mieux, tout le monde est vivant, mais est-ce que j'ai oublié quelque chose ? L'hôpital, c'est vraiment de la pression, énormément de pression, énormément de travail. Puis en même temps, les salaires qui ne suivent pas par rapport aux responsabilités qu'on a.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

N'hésitez pas à me poser des questions, d'ailleurs, sur les salaires et tout, je n'ai aucun tabou. L'hôpital, c'était surtout ça. Il y a aussi une manière totalement différente de travailler. Il y a beaucoup de hiérarchie à l'hôpital, beaucoup de protocolaires, On doit toujours des comptes à tout le monde au-dessus. Ce n'est pas du tout la même manière. En libéral, on est vraiment libre. On a une profession médicale, ça, je ne l'ai pas précisé dès le départ, mais c'est-à-dire qu'on est une profession indépendante et autonome. Autonome, on fait nos propres prescriptions selon ce qui est le meilleur pour la patiente, pour le bébé, pour le conjoint. L'hôpital, c'est vrai qu'il faut toujours un décompte au-dessus. Il y a les réunions les matins où on dit pourquoi on a fait ça, etc. Ce qui s'appelle des staff. Alors qu'en libéral, on est fou. Bien sûr, s'il y a un souci, on est lié à des hôpitaux de proximité avec lesquels on travaille en collaboration où nos patients vont à coucher, etc. Donc si besoin, on réfère aux hôpitaux. C'est beaucoup du travail en réseau aussi.

Marine (Chance)

Et quand tu te lances en libéral, comment tu fais pour trouver ta clientèle ou patientèle ? Je ne sais pas comment tu appelles.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Patientèle ? En fait, déjà, il faut voir où on s'installe. Il vaut mieux s'installer dans un endroit où il n'y a pas dix sages-femmes déjà d'installées. Moi, c'était un critère. Je me suis installée dans une zone où il y avait zéro sages-femmes, où il y avait même la sécurité sociale qui nous encourageait à nous installer. Après, selon où on s'installe, si on est dans une maison de santé où il y a déjà des médecins installés, etc, la patientèle, c'est forcément les patientes des médecins qui vont venir nous voir. Après, il y a des logiciels de prise de rendez-vous qui nous donnent aussi de la visibilité. C'est-à-dire que quand la patiente cherche une sage-femme dans un secteur, elle va t'appeler le moteur de recherche, le nom, et puis là, on va apparaître. Après, c'est beaucoup aussi le bouche-à-oreille. Beaucoup, beaucoup le bouche-à-oreille, les copines des patientes, les filles des patientes, etc.

Marine (Chance)

Il y a une question d'Aminata qui dit: L'exercice en hôpital est un passage obligé ? Est-ce que c'est un passage obligé ? Est-ce que les conditions sont meilleures dans les cliniques ? Et est-ce que tu as la même pression et la peur d'être maltraitante avec les patients en hôpital ou en clinique ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

L'exercice en hôpital, ce n'est pas un passage obligé, mais fortement quand même conseillé. C'est clair que pour acquérir de l'assurance en libéral, surtout quand on fait des accouchements à domicile et tout, il faut savoir déjà gérer les urgences, etc. Il n'y a rien de mieux que l'hôpital pour nous former. Il faut faire de la clinique. L'hôpital, c'est vraiment du sage-femme Tu fais des actes tout le temps, tout le temps, tu enchaînes. Des réanimations bébés, des hémorragies, de la délivrance à gérer, etc. Il faut en faire pour pouvoir être à l'aise le jour où ça t'arrive et quand tu es toute seule. Également pour les consultations de suivi en libéral. C'est vrai que les hôpitaux, c'est très protocolaire, etc. Tu as toujours quand même un modèle qui est bien dans ta tête, quand tu as déjà fait de l'hôpital avant, pour pouvoir bien l'appliquer aussi en libéral et ne pas faire d'erreur ou ne pas faire d'oubli.

Marine (Chance)

Il y a Amélie qui nous demande: Comment envisager une reconversion vers le métier de sage-femme en termes de temps et en termes de financement ? Et j'ajoute: Est-ce que toi, tu connais des femmes qui se sont reconverties dans ce métier ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Oui, j'en connais. J'avais une amie qui était manipulatrice radio, qui a fait ce qu'on appelle une passerelle. Donc, en fonction du diplôme que vous avez, si c'est Master, si c'est Doctorat, etc, il y a possibilité de passer soit en deuxième année d'école directement, soit en troisième année d'école. Bien sûr, c'est conseillé quand même de rattraper les cours avant, si vous passez directement dans une année supérieure. Après Sinon, il faut obligatoirement passer par la première année de médecine et avoir le concours. Vous vous rapprochez du coup des facs de médecine de vos régions. À Paris, il y en a plusieurs. Il y en a également à Poissy, etc. Sinon, il y en a qui ont tenté le concours à plusieurs reprises, qui ne l'ont pas eu parce qu'on est limité. Même aujourd'hui, c'est autre chose encore. Ce n'est pas CES, là. Hélas, c'est encore d'autres choses. En gros, pour Pour vous faire simple, c'est que vous allez arriver en première année, vous allez savoir tout de suite que vous voulez faire sage-femme. Deux possibilités: soit vous avez le concours du premier coup, soit vous n'avez pas le concours et vous avez la moyenne, et vous passez en deuxième année d'autres choses: de droit, de sciences économiques et sociales, etc.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Une filière qui n'a absolument rien à voir. Et après, dans cette deuxième année, il va falloir bosser pour repasser un concours qui est commun à tous ceux qui sont dans cette année et où il faudra avoir de très bonnes notes dans le domaine maïotique. En gros, c'est ça. Soit il y en a qui ciblent dès le départ de l'avoir du premier coup, soit il y en a qui savent dès le départ qu'ils vont passer en deuxième année. C'est un petit peu un parcours à rallonge, mais qui arrive finalement au même objectif. Et puis, il y en a d'autres qui passent par la Belgique, qui n'ont pas eu le concours en France. Dans les écoles belges, 90% des études en sages-femmes sont françaises.

Marine (Chance)

Parce qu'il est un peu plus facile ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Oui, ce n'est pas un concours, déjà. Je crois que c'est un examen d'entrée, il me semble. Examen d'entrée, oral et tout ça. Oui, les études semblent plus simples et plus... Ils sont vachement branchés. Physiologie, c'est l'équivalent. Au final, le diplôme, ils peuvent l'exercer en France sans problème.

Marine (Chance)

Il y a une question d'Alix. Je pense que malheureusement, la réponse est d'ordre politique, mais Pourquoi le nombre de places est limité alors qu'on manque de sages-femmes ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Il y a eu une époque, à mon époque, où on n'était pas du tout en manque de sages-femmes, quand j'ai commencé. Excusez-moi, quand j'ai commencé, si, tout au début de la première année, on est venu nous chercher à l'école pour nous proposer des contrats avec des hôpitaux, ils nous donnaient des bourses, etc. Puis après, quand je suis arrivé à Paris en 2010, là, il n'y avait pas du tout de manque de sages-femmes, il y avait trop de sages-femmes par rapport au nombre de postes. Limite, on nous dénigrait quand on allait postuler. On nous refusait parfois en fonction. Moi, j'étais jeune diplômé, je n'avais pas assez d'expérience dans le CV, donc il y a des hôpitaux qui ont refusé de me prendre. Aujourd'hui, la tendance est totalement inversée. Là, vraiment, ils vous prennent directement en nt de l'école, ils vont vous chercher. Maintenant, même, ils ont augmenté à fond leur salaire à l'hôpital. Ils ont vraiment beaucoup valorisé. Je crois même que ça a doublé depuis que j'ai eu le diplôme, donc ce n'est pas négligeable. La tendance, elle n'est jamais stable. Il y a des fois, ils vont manquer, des fois, ils ne vont pas manquer.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Je pense qu'ils n'ont pas le fait d'ouvrir trop le concours pour qu'au final, il y ait trop de postes. Il y en a beaucoup qui partent également en libéral, dès le départ, des jeunes diplômés qui ne veulent absolument pas travailler en hôpital vu les conditions qu'ils ont pu apercevoir durant leur stage. Après, je suis sûre aussi, il y a quand même une composante politique, ça, c'est sûr.

Marine (Chance)

Ça me fait une bonne transition. Il y a Aminata qui demande: Est-ce que tu peux nous parler des salaires dans les différents environnements ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Ok, quand même. En hôpital, aujourd'hui, je pense qu'on doit être à peu près à 4 000 € par mois, environ, en net. Je parle toujours en net. À mon époque, c'était 1 600 €. Ça a vraiment évolué. En fait, c'est des grèves, je crois l'année dernière, parce que c'est vraiment après le Covid, quand on a tous pété un plan à l'hôpital. Il y a même parfois des intérims qui nous appellent et qui nous payent 500 € la garde de 12 heures. Après, En libéral, ça va beaucoup dépendre de l'activité que tu as. Si tu as une activité plutôt gynéco, suivi de grossesse classique, etc, en net, je dirais, tu peux monter à 5 000 €, 5 000, 6 000. Après, ça dépend si tu fais du temps plein, etc. Mais c'est beaucoup mieux payé en libéral, c'est sûr. Et si tu fais des échographies, ça peut monter beaucoup plus. Parce que les échographies, on a les mêmes cotations que les médecins. Quand on est sage-femme et qu'on fait des échos, on a les mêmes cotations. À la différence que nous, on ne fait pas de dépassement d'honoraires. On n'a pas le droit de faire de dépassement.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Du coup, on est à peu près à 8 000 € peut-être en net quand tu fais des échos en tant que sage-femme et que tu ne fais que ça en tant que.

Marine (Chance)

Il y a une question de Fatima sur: La passerelle se fait obligatoirement... Tu sais, tu parlais des passerelles pendant les études. Les questions bougent. Est-ce que ça se fait obligatoirement quand on est dans un secteur médical ? Ou tu peux avoir des équivalents si tu as des études hors secteur médical ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Dans le secteur médical, en tout cas, c'est sûr que quand tu es dentiste ou médecin — il y en a un qui ont fait ça — tu peux passer directement en troisième année. Quand tu es dans un autre Un secteur, même vétérinaire — on a déjà eu une vétérinaire aussi — quand tu es un docteur, comme je disais tout à l'heure. Mais il me semble que non, les passerelles, peu importe le secteur où tu es. Le principal, c'est que tu aies un master ou un doctorat.

Marine (Chance)

Ok, donc même si tu as un master en communication ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Ouais. Tu peux essayer de passer en deuxième année.

Marine (Chance)

Ok. Et il y a Fatima qui demande dans le cas où tu es infirmière.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Pareil, il y a des passerelles aussi.

Marine (Chance)

Oui, OK.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Infirmière, je crois que ça va être la passerelle pour la deuxième année, il me semble.

Marine (Chance)

Super. Il y a Delphine ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Delphine, oui. Je sais que des infirmières ont fait la passerelle.

Marine (Chance)

Ok. En tout cas, c'est encourageant de savoir que Il y a peut-être une année qui peut être gagnée.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Voilà, c'est surtout le concours.

Marine (Chance)

Oui, parce qu'il est connu pour être sacrimentio. Ça me fait penser, pendant ces cinq ans d'études, Vu que tu commences à travailler à l'hôpital en stage, est-ce que tu as un peu de rémunération sur une partie des cinq ans ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Oui. La rémunération, je me rappelle, c'était 90 € par mois, quand on était en deuxième année à peu près. Je ne sais pas du tout si ça a évolué depuis. En dernière année, on était contentes parce qu'on était payés 200 € par mois.

Marine (Chance)

Ok, donc c'est anecdotique.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

C'est ça. Après, il y a aussi, pendant les études, ce que j'ai fait, c'est de travailler parce qu'on a des équivalences. Une fois qu'on passe la deuxième année de sage-femme. Je vais parler en études. Première année, on va dire que c'est la première année de médecine, deuxième année, c'est la première année de sage-femme. Quand on a eu la deuxième année, on a l'équivalent aide-soignante. Du coup, moi, j'ai beaucoup travaillé en maison de retraite pendant mes études en tant qu'aide-soignante et ça compensait bien. Ok.

Marine (Chance)

J'ai une question sur les salaires que tu donnais tout à l'heure. Est-ce que c'est uniquement en région parisienne ou est-ce que c'est les mêmes salaires en province ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Je pense dans les zones où il y a du manque de sage-femme, où tu as beaucoup de patientes.

Marine (Chance)

Ok.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Voilà. Après, c'est les mêmes cotations dans toute la France. Donc, si ton planning est très rempli, que tu es dans une zone, oui, c'est ça.

Marine (Chance)

Ok. J'ai Céline qui demande... Évidemment, tout le monde te remercie pour toutes ces informations. Céline demande: La reconversion est-elle envisageable dans un cadre familial où je suis seule avec deux enfants ? Ou est-ce que la charge serait trop importante ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Tout est possible. À mon sens, il faut juste une bonne organisation. Et puis avoir une bonne nounou aussi. J'en connais qui ont eu des enfants et qui, dans le mari, travaillent énormément, donc qui n'étaient presque jamais là et qui ont quand même bien réussi à allier. C'est très fatigant ces années-là, mais elle ne le regrette pas avec le temps. Elle faisait même les allers-retours en Belgique avec des enfants en bas âge en plus. C'est tout à fait possible. Ça dépend du soutien que tu as à côté et de la nounou et de l'organisation. Mais après, il n'y a pas de problème. Ça passe vite en réalité. Honnêtement, ça passe vite.

Marine (Chance)

Ouais. Ou d'avoir la chance d'avoir sa mère, ses parents à côté.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

C'est ça.

Marine (Chance)

Ça peut beaucoup aider.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Ça peut beaucoup aider, mais c'est provisoire. Ce n'est pas toute ta vie que tu vas galérer comme ça. Tu te prends quatre, cinq ans. Cinq ans, ça dépend en quelle année tu passes. Après, tu te mets à fond. Et les vacances, tu profites bien. Parce qu'on a des vacances aussi. Tu profites bien avec les enfants. Tu rattrapes.

Marine (Chance)

Chez Chance, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un bilan de compétences et une communauté d'entraide. Justement, là, ce qu'on est en train de faire, tu aides des personnes en témoignant sur ton métier. On dit qu'un travail, c'est un métier, c'est les tâches que tu fais au quotidien. C'est des impératifs personnels, notamment le salaire, et c'est aussi la finalité. Ça m'amène à la question du sens. Quel sens, pour toi, tu trouves dans ton métier ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Franchement, j'y trouve beaucoup de sens. Quand le matin, je suis contente de me lever pour aller travailler, parce que déjà, toutes les journées ne se ressemblent pas. Même des fois, d'une minute l'autre, tu vois une patiente et tu en vois une autre, ça ne se ressemble absolument pas. Tu vas voir une mamie de 80 ans qui vient pour son dépistage. Juste après, tu vas voir la petite ado qui vient parce qu'elle ne sait pas trop quelle contraception débutait. Puis après, tu vois une femme enceinte. Puis après, tu vois des choses un peu moins cool comme des grossesses qui s'arrêtent ou des choses comme ça, mais ça fait partie de la richesse du métier. Et tout ce que tu apportes à ces dames, ça donne du sens. Quand après, elles t'écrivent, elles te disent: Merci pour les mots que vous avez eus ce jour-là. Je vais mieux aujourd'hui, etc. Ça donne du sens. Puis les accouchements à domicile, c'est le summum. Avoir la chance et le privilège d'assister à des naissances, à des nouveaux petits êtres qui viennent sur Terre, il n'y a rien de plus pour donner du sens à sa life, je crois.

Marine (Chance)

Cette question, je la pose à tout le monde, donc je te la pose. Il y a des métiers où c'est un peu plus évident. Il y a Céline qui nous demande sur la fameuse école en Belgique. Est-ce que ça implique de faire tous les jours les allers-retours pour aller à l'école ?

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

C'est mieux d'avoir un petit appart là-bas quand tu as les cours. Je ne peux pas faire. Après, ça dépend si tu es à la frontière ou pas. Tu peux mettre à la frontière le temps deux, la frontière belge. Après, ça ne fait pas trop loin. Je pense que ça peut faire 40 minutes de route, on connaît la plus proche. Et après, les stages aussi. Après, tu as beaucoup de stages, ça, il ne faut pas l'oublier. Donc, celles qui font leurs études en Belgique et qui sont français, souvent, elles font tous leurs stages en France.

Marine (Chance)

Super.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Et il y a une question sur...

Marine (Chance)

Et après, on va devoir malheureusement terminer. Je sais, c'est frustrant, mais Samra, je pense que tu seras OK si jamais il y a d'autres questions.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Il y a mon mail en dessous, donc n'hésitez pas à me contacter.

Marine (Chance)

Je vais mettre ton mail dans le chat. Comme ça, les personnes qui ont encore des questions.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Quand tu cliques dans Participant, on voit mon mail en dessous.

Marine (Chance)

Super. Du coup, quand vous cliquez dans Participant, vous pouvez trouver le mail des Samras. Merci beaucoup. Il y avait une question de Fatima sur quelles sont les différentes matières que tu étudies pendant le cursus.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

La première année de médecine, ça va être toutes les matières: physiologie, tu auras des statistiques, des maths parfois, tu auras de la biophysique, de la chimie, etc. Beaucoup d'anatomie, évidemment, biologie cellulaire, etc. Après, pendant le cursus, tu as à peu près les mêmes matières en plus light et avec, en plus de l'obstétrique, de la gynécologie à fond, de la pédiatrie, des cours sur l'allaitement. Et tu as beaucoup aussi en deuxième partie de cursus de la psychologie. Il y a beaucoup de sciences Humaine et sociale, psychologie, etc. La sexologie aussi en dernière année. Tu as la physique. Après tout ça, je crois qu'on en... Je ne sais pas aujourd'hui, mais en tout cas, à mon époque, il n'y en avait plus. Je vous rassure. Physique-chimie, c'est fini après. Donc, tout ce qui vraiment va nous servir directement. La pharmacologie, évidemment. Pharmacologie, on en a beaucoup aussi. Après, il y a sûrement des matières hyper importantes que j'oublie, mais je pense que ça vous donne déjà une bonne idée.

Marine (Chance)

Ça donne un bon aperçu. Merci à toutes et à tous. Je suis désolée, je vais devoir rendre l'antenne parce qu'il y a d'autres live qui s'enchaînent. Je vous ai donné l'adresse de Samra, donc n'hésitez pas si jamais vous avez encore des questions. Je vous ai mis aussi le lien vers la communauté d'entrée de chance. Si vous aussi, vous voulez aider d'autres personnes en racontant vos métiers, parce que l'idée, c'est d'aider et d'être aidé. Un immense merci à Samra qui a pris 30 minutes gratuitement, bénévolement de son temps pour témoigner, répondre à toutes vos questions sur son magnifique métier. Je vois que tu as plein de mercis dans le chat, Samra. Mille mercis, c'était trop chouette de découvrir ton quotidien.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Merci à vous pour cette belle initiative. J'espère que ça va susciter des vocations chez certains, certaines. Il y a des hommes aussi, ça, je n'ai pas précisé, mais il y a des hommes, sages-femmes, si vous voulez nous rejoindre. Merci beaucoup. Super comme projet, initiative. Franchement, c'est super.

Marine (Chance)

Merci beaucoup, Samra. J'aurais adoré la voir quand j'étais plus jeune. Merci beaucoup, Samra.

Samra Abaïdia Seddik (Sage-femme)

Bonne journée, à bientôt.

Marine (Chance)

Merci, au revoir. À bientôt. Au revoir.

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